1812 – Le siège de Burgos

1)Extrait de J. Belmas – Journaux des sièges faits ou soutenus par les Français dans la péninsule de 1807 à 1814

Le duc de Wellington
Le duc de Wellington

Après la bataille des Arapiles, lord Wellington, ne laissant qu’un faible corps en observation sur le Douro, s’était porté sur Madrid. Le général Clausel, qui avait remplacé le maréchal Marmont dans le commandement de l’armée de Portugal, s’était retiré à Burgos. Profitant du répit qui lui était donné, il s’empressa de réorganiser son armée, et, avec les renforts qu’il reçut de l’armée du Nord, il se trouva, dès les premiers jours du mois d’août, à la tête de vingt mille hommes d’infanterie et de deux mille de cavalerie. Il reprit alors l’offensive, réoccupa Valladolid, et détacha le général Foy, avec deux divisions, pour secourir Astorga et re­tirer les garnisons des postes de Toro et de Zamora.

Lord Wellington, réveillé par l’attitude offensive de cette armée, qu’il avait crue pour longtemps hors d’état de rien entreprendre, quitta Madrid le 1er septembre, laissant trois divisions en observation sur le Tage, et se porta avec le reste de ses trou­pes sur Valladolid.

Le général Castanos
Le général Castanos

Le général Clausel évacua cette ville le 7 septembre, et se retira de nouveau sur Burgos, suivi de près par lord Wellington, qui fut renforcé, le 14, par l’armée espagnole de Ga­lice, forte de quinze mille hommes, sous les ordres de Castaños. Le général Clausel resta en position en avant de Burgos toute la journée du 17; mais le lendemain, à trois heures du matin, il continua sa retraite sur Briviesca, où le général Souham, arrivant de France, prit le commandement de l’armée comme plus ancien en grade que le général Clausel. La ville de Burgos n’était entourée que d’un faible mur de clôture; le général Dubreton, qui y était resté avec deux mille hommes, se renferma dans le château. Lord Wellington occupa la ville le 18 à midi, et voulant s’emparer du château pour barrer le passage à nos troupes et s’assurer d’un lieu de dépôt favorable à ses opéra­tions, il en fit l’investissement avec deux divisions; le reste de son armée alla prendre position à Monasterio pour couvrir le siège,

Burgos est situé sur la rive droite de l’Arlanzon, à l’embranchement des routes de Reynosa et de Valladolid avec la grande route de Bayonne à Madrid. Dès le commencement de la guerre, l’Empe­reur, sentant l’utilité d’occuper ce point impor­tant, avait ordonné de fortifier le château pour protéger la ville, où se trouvaient les grands dé­pôts de l’armée; mais les travaux entrepris dans ce but n’avaient pu être achevés, faute d’argent, d’ouvriers et de moyens de transport. Ce châ­teau, situé sur une hauteur attenante à la ville, était bien placé pour battre les ponts de l’Arlanzon et les routes qui s’y croisent. Il offrait trois enceintes, dont l’une, servant de réduit, renfer­mait un vieux donjon et l’église de la Bianca. La première enceinte seule était revêtue : elle était surmontée d’une fraise, et avait un fossé de dix mètres de large. À deux cent cinquante mètres au nord, se trouvait, sur la hauteur de Saint-Michel qui domine le château et n’en est séparée que par un ravin profond, un grand ouvrage à cornes eu terre non encore achevé, et dont l’Empereur avait lui-même arrêté le projet. Les deux branches de cet ouvrage n’avaient pas de fossé. Un avait com­mencé un réduit à la gorge et une communication à travers le ravin, mais ces travaux étaient à peine ébauchés.

La garnison du château se composait de deux bataillons du trente-quatrième de ligne, d’un ba­taillon du cent trentième, d’un détachement de la garde de Paris, d’une compagnie et demie du sixième régiment d’artillerie à pied, et d’une com­pagnie de pionniers faisant le service des sapeurs.

Le matériel d’artillerie consistait en neuf pièces de gros calibre, onze pièces de campagne et six mortiers ou obusiers. Les  approvisionnements de guerre étaient considérables. On avait beaucoup de blé, mais sans autres moyens de mouture que sept petits moulins à bras. On manquait de vin et de vinaigre, et l’on se trouva bientôt à court d’eau. On n’avait pas les bois nécessaires aux travaux du génie, et les magasins étaient dépourvus de sacs à terre, de gabions, de fascines, de charbon et de clous. Les troupes n’avaient d’autre abri qu’une caserne pouvant contenir cinquante hommes, établie dans l’église de la Bianca, où se trouvait aussi la manutention des vivres. L’ancien donjon avait été blindé, et renfermait le magasin à poudre, celui des vivres, un petit hôpital et quelques chambres pour l’état-major.    

Pour suppléer à l’insuffisance du casernement, le premier soin du général Dubreton, en se renfer­mant dans le château, fut d’y faire construire quelques baraques avec les matériaux des maisons se trouvaient au pied du glacis; mais l’ennemi, à son entrée dans la ville, nous priva de cette res­source. Les troupes furent donc obligées de bi­vouaquer dans les différents postes qui leur furent assignés. Le bataillon du cent trentième fut placé dans l’ouvrage à cornes de Saint-Michel; une com­pagnie de grenadiers en fut détachée pour défendre les deux redans avancés qui éclairaient les pentes du terrain.

Un bataillon du trente-quatrième occupa l’église de San-Koman, poste important attenant au château du côté de la ville : quinze hommes fu­rent détachés de ce poste pour garder une maison crénelée qui se trouvait en avant, et d’où l’on pou­vait surveiller les abords de la ville du côté de l’Arlanzon. L’autre bataillon du même régiment forma la garnison du château, ayant deux com­pagnies dans la première enceinte, trois dans la deuxième, et le reste dans le réduit.

Le détache­ment de la garde de Paris fut adjoint à l’artillerie, dont le personnel était insuffisant pour le service des batteries.

La compagnie de pionniers fut spé­cialement affectée aux travaux du génie, pour les­quels les autres corps de la garnison fournirent aussi des détachements. On éleva des masques au-devant des portes; on construisit des nierions dans les batteries, qui presque toutes étaient à barbette ; on ferma par une ligne de palanques la gorge de l’ouvrage à cornes de Saint-Michel, et l’on escarpa les longues branches de cet ouvrage que l’artillerie arma de neuf bouches à feu. D’autres batteries furent préparées sur divers points de l’enceinte du château, pour être armées de pièces mobiles au moment du besoin. La principale bat­terie dite de Napoléon, construite sur la plate-forme des bâtiments blindés du donjon, fut armée de deux pièces de 16 et de six de 12.

De son côté, lord Wellington réunissait ses moyens de siège; mais ne considérant le château de Burgos que comme une bicoque capable tout au plus de résister à des guérillas, il ne fit venir de Santander que trois pièces de 18 et cinq obusiers de 24 avec un approvisionnement à trois cents coups, quinze barils de poudre de quatre-vingt-dix livres et douze cents outils. Comme il n’avait qu’un très-petit nombre d’ingénieurs, et peu de troupes exercées aux travaux des sapes et des mines, il y suppléa par des officiers et des soldats choisis dans l’infanterie.

Le 19, à onze heures et demie du matin, une forte reconnaissance, envoyée par lui sur le plateau de Saint-Michel, s’empara des deux redans situés en avant de l’ouvrage à cornes, et s’avança par le revers du plateau jus­qu’à portée de pistolet de l’ouvrage lui-même.

Lord Wellington, jugeant que cet ouvrage n’était pas à l’abri d’un coup de main, fit ses dispositions pour l’enlever.

 

1e Nuit, du 19 au 20 septembre.

À six heures et demie du soir, l’ennemi se pré­senta devant l’ouvrage à cornes au moment où le chef de bataillon Thomas, avec le second batail­lon du trente-quatrième, venait d’y relever le ba­taillon du cent troisième. Une colonne, qui se porta contre la demi-lune et le demi-bastion de gauche, fut repoussée; mais deux autres, qui s’avancèrent à la droite et à la gauche, gravirent le talus en terre des longues branches et pénétrèrent dans le terre-plein. Une quatrième colonne, qui attaquait par la gorge, fut arrêtée par les palissades et perdit la moitié de son monde sous le feu du châ­teau.

Cerné de toutes parts, écrasé par le nom­bre, le bataillon du trente-quatrième ne put se maintenir, mais il parvint à s’ouvrir un passage les armes à la main, et rentra au château, où déjà on le croyait perdu. Nous eûmes dans cette affaire cent trente-neuf hommes de tués ou de pris, et cinquante-neuf de blessés, au nombre desquels se trouva le chef de bataillon Thomas. La perte de l’ennemi fut de soixante et onze hommes tués et de trois cent quarante-neuf blessés.

Maîtres de l’ouvrage à cornes, les Anglais s’éta­blirent dans le fossé du front opposé au château, et débouchèrent de la poterne dans le terre-plein, où ils s’avancèrent en zigzag jusqu’à la gorge der­rière les palissades, qui servirent à les abriter. Ils protégèrent ces travaux par le feu de tirailleurs, embusqués tant sur la hauteur de Saint-Michel que dans les maisons de la ville voisines du châ­teau.

Notre artillerie tira toute la nuit et tout le jour sur l’ouvrage à cornes, mais ne put parvenir à détruire les palissades de la gorge qui couvraient l’ennemi. Une des pièces de 16 de la batterie Na­poléon creva dans l’action, et mit hors de combat plusieurs canonnièrs. Le gouverneur fit placer trois pièces de 3 et un obusier sur la courtine du front 1-2, et ordonna de construire sur la plate-forme du magasin aux vivres une nouvelle batterie de deux pièces de 8 et d’un obusier, pour renforcer la batterie Napoléon. Comme le terre-plein du ré­duit était petit, et qu’on devait prévoir qu’il deviendrait inhabitable lorsque l’ennemi ferait jouer son artillerie, le chef de bataillon Pinot, commandant du génie, fit entreprendre, du donjon à l’église de la Bianca, une communication A-A qui pût en même temps servir de retranchement in­térieur.

On enterra sous le massif de ce retran­chement un grand nombre de voitures, d’affûts et de caissons qui encombraient le château, et dont on ne savait que faire. On fit aussi une communication du château à l’église de San-Roman, pour y aller à couvert des tirailleurs ennemis embusqués dans les maisons de la ville. Le manque d’eau détermina le gouverneur à réduire la ration du soldat; et, pour n’avoir pas à abreuver les bœufs, il les fit tuer et saler.

 

2e Nuit, du 20 au 21 septembre.

L’ennemi poussa un cheminement en dehors de l’ouvrage à cornes, et commença la batterie n° 1, de deux pièces de 18 et de trois obusiers de cam­pagne, pour battre à la fois les trois enceintes du château du côté de l’église de la Bianca, qu’il choi­sit pour point d’attaque comme offrant le plus pe­tit front ; il pensait d’ailleurs que quelques heures de feu suffiraient pour ruiner les fraises et les pa­lissades des deux premières enceintes, et qu’il pourrait ensuite tenter immédiatement l’escalade. Il fit élever des barricades dans la ville au débou­ché des rues du côté du château, pour arrêter au besoin nos sorties.

La garnison continua ses travaux de défense, et dans la journée elle entreprit, sur la contrescarpe des saillants 12 et 13 de la deuxième enceinte, une espèce de chemin couvert entaillé dans la contres­carpe, et assez grand pour recevoir une quaran­taine d’hommes. On mit en état une casemate attenante au bastion 2, au pied du donjon, qui donnait communication aux enceintes inférieures.

Nous n’eûmes, dans les vingt-quatre heures, qu’un homme de blessé.

 

3e Nuit, du 21 au 22 septembre.

L’ennemi déboucha de la gorge de l’ouvrage à cornes de Saint-Michel par une portion de tran­chée qu’il ouvrit à la gauche de sa batterie n° i, afin d’appuyer cette batterie : ce travail, que nous entendîmes, devint le point de mire de notre artil­lerie. Un caisson de munitions fit explosion dans l’une des batteries de la deuxième enceinte et nous blessa quelques hommes.

Notre feu continua toute la journée sur les tra­vaux de l’ennemi. Nous aperçûmes plusieurs grou­pes d’officiers anglais qui venaient en reconnaissance sur la hauteur de Saint-Michel, et nous vîmes arriver des charriots chargés de gabions et de fascines.

Nous eûmes huit hommes de blessés. 

 

4e Nuit, du 22 au 23 septembre.

L’ennemi entreprit une nouvelle batterie n° 2 de six pièces, pour contrebattre l’artillerie du donjon, et il arma la première qu’il avait construite. Mais, sans même attendre que cette batterie ouvrit son feu, lord Wellington, impatient de s’emparer du château, voulut, dès le soir même, donner l’escalade à la première enceinte, dont l’escarpe n’avait que vingt-trois pieds de hauteur.

À onze heures du soir, quatre cents hommes munis d’échelles débouchèrent du faubourg de San-Pedro, et, favorisés par un chemin creux qui existait au pied de la muraille, ils s’approchèrent des redans 21 et 22 pour tenter l’escalade : la moitié de cette colonne se répandit en tirailleurs sur le pen­chant de la hauteur, afin d’empêcher les défen­seurs de se présenter sur les parapets.

À l’appro­che de l’ennemi, nos sentinelles allumèrent avec un boutefeu qu’elles tenaient à la main les obus disposés sur le parapet, et les roulèrent dans le fossé. Quelques-uns des assaillants parvinrent jus­qu’au sommet de la muraille, mais ils furent ren­versés par les braves du trente-quatrième qui défendaient la première enceinte, et qui montèrent eux-mêmes sur le parapet pour mieux faire feu sur les Anglais entassés dans le fossé. Ceux-ci res­tèrent quelque temps indécis, recevant la mort sans pouvoir avancer et sans vouloir se retirer. Enfin au bout d’une heure, ils rentrèrent dans leurs positions, laissant dans le fossé une quarantaine de morts et cinq échelles qui furent enlevées par nos soldats.

Pour favoriser cette attaque, un bataillon por­tugais, débouchant de la ville, s’était porté contre la branche gauche du redan 17; mais cette co­lonne, signalée par le poste de la maison crénelée, située en avant de la demi-lune du front 10-11, fut reçue par un feu si vif des ouvrages, qu’elle s’arrêta sur la contrescarpe et regagna bientôt les maisons de la ville.

 

Nous eûmes neuf hommes de tués et treize de blessés.

L’ennemi, obligé d’en revenir à la marche lente des cheminements, déboucha cette nuit même du faubourg de San-Pedro; et, à la faveur d’un che­min creux qu’il rendit défensif, il s’avança jusqu’à cent dix mètres de la première enceinte.

Dans la journée, et sur la demande d’un parlemen­taire envoyé par lord Wellington, une suspension d’armes eut lieu pour retirer du fossé de la première enceinte les Anglais qui y avaient été tués : le gou­verneur les fit porter par un détachement de la garnison à cent mètres de la contrescarpe, où ils furent reçus par les troupes assiégeantes qui les enterrèrent.

5e Nuit, du 23 au 24 septembre.

L’ennemi continua de cheminer en avant du faubourg de San-Pedro au moyen des chemins creux, et il ouvrit une portion de parallèle à cent cinquante mètres seulement du fossé des redans 20 et 21. Notre artillerie lança des pots à feu et des obus sur ce travail, mais elle ne put l’arrêter.

Au jour, l’ennemi plaça des tirailleurs dans sa parallèle, dans l’église et dans les maisons crénelées du faubourg San-Pedro, et il fît un feu si vif qu’il rendit quelque temps inhabitables nos batteries de la première enceinte ; mais nous y élevâmes plusieurs traverses avec des caisses remplies de terre, et bientôt nos canonniers purent reprendre leur tir. Le chef de bataillon Leydet, du trente-quatrième, chasseur adroit, se plaça en embuscade derrière des palissades, où, secondé par quelques hommes, il devint l’effroi des assiégeants, qui, plongés dans les tranchées, à cause du commandement considé­rable du château, furent obligés de les faire très-étroites et de leur donner jusqu’à six pieds de profondeur 2)Le lieutenant-colonel du génie John Jones, dans sa relation du siège de Burgos, parle ainsi de ce fait : « Nous avons eu une grande quantité de nos soldats inexpérimentés tués par un seul tirailleur français embusqué et tirant à coup sûr. Il se tenait derrière un parapet, le bout du canon de son fusil passé dans une petite ouverture. Alors ses camarades cherchaient sur différents points à attirer l’attention de nos hommes, soit en élevant un shako, soit en jetant des pierres ou en faisant quelque bruit; ceux de nos hommes qui se montraient, oubliant le fatal fusil, étaient aussitôt atteints. ».

Nous eûmes quatre hommes de tués et quinze de blessés.

 

6e Nuit, du 24 au 25 septembre.

L’ennemi poussa un boyau en avant de sa pa­rallèle jusqu’au bord de la contrescarpe du redan 21, où il entreprit un puits de mine pour passer sous le fossé de la face droite de ce même redan. Dans la crainte qu’il n’eût attaché immédiatement son mineur à l’escarpe, nous jetâmes toute la nuit dans le fossé des obus et des artifices. Le gouverneur fit retirer, de la première enceinte, les pièces qui n’avaient plus d’action à cause de la proximité de l’ennemi, et qui auraient pu être prises dans un assaut. Il fit établir au bord du fossé des redans 11 et 12 une ligne de palissades jointives, afin de pouvoir communiquer par la poterne du redan 11 jusqu’au petit chemin couvert des redans 12 et 13, à l’abri des feux des tirailleurs ennemis logés dans les maisons du faubourg de San-Pedro. Les bat­teries du réduit continuèrent à battre la gorge de l’ouvrage à cornes de Saint-Michel, où l’ennemi travaillait à sa batterie n° 2.

Au jour, nous reconnûmes que l’ennemi, bien que logé sur la contrescarpe, n’avait cependant pas occupé le fossé, et nous jugeâmes à la quantité de terre qu’il avait placée sur le revers de la tranchée, ainsi qu’à sa couleur, qu’il était entré en galerie pour faire sauter le saillant du redans, le commandant du génie fit aussitôt entreprendre dans le terre-plein du redan 20 un retranchement intérieur B-B, formé d’un parapet de deux mètres cinquante centimètres de relief et précédé d’un fossé, et le commandant d’artillerie fit placer dans le redan 14 une pièce de 4, dirigée sur le débou­ché probable de la brèche. Des obus furent disposés sur les parapets pour être jetés dans le fossé au moment de l’assaut ; et comme on craignait que l’ennemi ne cherchât à s’emparer de l’église de San-Roman pour battre de revers tout le front 11-12, le long duquel se trouvait l’unique chemin que nous avions pour communiquer avec la partie gauche de la première enceinte, huit pionniers intelligents furent chargés de creuser une petite galerie de mine dans chacun des quatre piliers du clocher de cette église, pour y placer un fourneau de deux cents livres de poudre.

Dès le matin, l’ennemi commença à tirer de sa batterie n° 1 avec une pièce de 16 et une pièce de 18 contre la branche droite du redan 13 de la deuxième enceinte, afin d’en détruire les palissades et le parapet, ce qui nous fit connaître le projet qu’il avait de pénétrer par ce point. Notre batterie du donjon lui riposta vivement, et parvint en moins d’une heure à faire taire son canon, mais sans pouvoir empêcher qu’il n’eût déjà détruit les palissades et fait ébouler le parapet sur une lon­gueur de dix mètres. Une vive fusillade eut lieu de part et d’autre toute la journée.

Nous eûmes six hommes de tués et seize de blessés, dont un officier.

 

7e Nuit, du 25 au 26 septembre.

L’ennemi chemina par plusieurs zigzags sur la pente de la hauteur de Saint-Michel, pour gagner la crête d’un petit mamelon inférieur assez bien placé. Il continua la galerie de mine qu’il avait commen­cée contre le redan 21, laquelle avait déjà une longueur de cinq mètres quarante centimètres, et où les terres étaient assez fermes pour qu’il pût travailler sans coffrage.

Nous entreprîmes, en arrière de la brèche ou­verte à la branche droite du redan 13, un retran­chement intérieur C-C, appuyé à l’escarpe du ré­duit. Ce fut en vain que nous essayâmes de recon­naître sur quel point du redan ai l’ennemi diri­geait sa galerie de mine.

Nous eûmes deux hommes de tués et deux de blessés.

8e Nuit, du 26 au 27 septembre.

L’ennemi continua à cheminer sur la pente de la hauteur de Saint-Michel; et, à l’attaque de San-Pedro, il s’avança par un double zigzag jusqu’à vingt-trois mètres du redan 19, contre lequel il commença, à la pointe du jour, une galerie de mine.

La garnison entreprit un second retranche­ment D dans le terre-plein delà première enceinte en arrière de celui B, et l’on couvrit par une pa­lissade la communication de ce nouveau retranche­ment avec la poterne du redan 11 de la deuxième enceinte.

Nous eûmes un homme de tué et deux de blessés.

 

9e Nuit, du 27 au 28 septembre.

L’ennemi découvrit dans la ville un dépôt d’outils que nous y avions caché«, et il reçut des pou­dres de Santander, ce qui lui permit de pousser ses attaques avec activité. Il entreprit un grand boyau de communication pour lier l’attaque de Saint-Michel à celle de San-Pedro, et ses mineurs continuèrent à travailler à la galerie qu’ils creu­saient sous le fossé du redan ai.

Au jour, le général Dubreton, jugeant par la masse des terres qui avaient été retirées des galeries, et par le temps qui y avait été employé, que les Anglais feraient bientôt jouer leurs fourneaux, fît ses dispositions pour repousser l’assaut. Il retira les troupes de la partie du parapet du redan ai, qu’il supposait devoir sauter, et à vingt pas en arrière il plaça deux réserves, qui, au moment de l’assaut, devaient s’élancer à la baïonnette sur l’ennemi. D’autres troupes furent placées à portée pour soutenir les premières, et une section de la compagnie de pionniers se tint prête à faire une barricade au sommet de la brèche, au moyen de caissons qui étaient restés dans le terre-plein.

 

10e Nuit, du 28 au 29 septembre.

L’ennemi continua de travailler à la grande com­munication qu’il avait entreprise pour lier l’attaque de Saint-Michel à celle de San-Pedro.

Le 29, dans la soirée, les mineurs de la galerie dirigée contre le redan a1 atteignirent les fonda­tions de l’escarpe, où ils placèrent douze barils de poudre de quatre-vingt-dix livres. Ces mineurs avaient employé cent huit heures pour faire dix-huit piètres de galerie, c’est-à-dire à peu près le double de ce qu’il aurait fallu rigoureusement; mais ils n’étaient pas exercés, n’ayant été tirés que depuis très-peu de temps des rangs de l’infante­rie. Quant à la galerie dirigée contre le redan 19, elle se trouvait encore à plus de quinze mètres du pied de l’escarpe.

Nous eûmes, dans les vingt-quatre heures, un homme de tué et quatre de blessés.

 

11e Nuit, du 29 au 30 septembre.

À une heure et demie du matin, l’ennemi fit jouer le fourneau établi sous la face droite du re­dan ai : l’explosion fut violente, et l’escarpe fut renversée, mais les poudres n’ayant pas été pla­cées assez avant sous le terre-plein, les terres se sou­tinrent à pic de manière à rendre la brèche impra­ticable, et le parapet resta intact, à cela près de quelques gerçures qui eurent lieu au pied de la banquette. Au signal donné par l’explosion, trois cents hommes, que l’ennemi avait réunis dans sa parallèle, se présentèrent au pied de la brèche; n’ayant pu la gravir, ils furent obligés de rentrer dans leurs logements sous le feu meurtrier du châ­teau. Une autre colonne insultait en même temps le front qui fait face à la ville, mais elle fut aussi repoussée avec perte.

 

Il était resté sur l’un des contreforts attenants à la brèche un petit logement en maçonnerie, d’où l’on voyait très-bien le pied de cette brèche. On y mit trois ou quatre hommes pour rouler des obus, et l’on y fit une communication en sacs à terre; mais à la pointe du jour, l’ennemi ruina ce logement avec les pièces qu’il démasqua à sa batterie n° 1.

Dans la journée, les mines que nous préparions dans les piliers de l’église de San-Roman furent chargées, étrésillonnées et garnies de leurs saucissons.

Nous eûmes un homme de tué et neuf de blessés.

 

12e Nuit, du 30 septembre au 1er octobre.

Pour suppléer à la première mine qui n’avait pas produit l’effet qu’il en attendait, l’ennemi poussa activement la deuxième galerie dirigée sous le redan 19; et, afin que le succès ne dépendît pas uni­quement de cette galerie, il entreprit une nouvelle batterie de brèche n° 3 pour trois pièces de 18, qui fut établie très-près de la première enceinte et sous la plongée des feux de nos ouvrages supérieurs, ce qui le détermina à n’y faire qu’un épaulement en sacs à laine à l’épreuve de la balle.

Au jour, cette batterie se trouva terminée et armée et commença à tirer; mais nous parvîn­mes à la battre d’écharpe par la face droite du redan 18 que nous armâmes d’une pièce de 6 et d’un obusier : avant la fin du jour, le parapet de cette batterie se trouva ruiné, et les affûts de deux de ses pièces furent brisés ainsi que les tourillons de la troisième.

Nous eûmes, dans les vingt-quatre heures, trois hommes de tués et quatre de blessés.

 

13e Nuit, du 1er au 2 octobre.

Espérant toujours pouvoir faire brèche par le ca­non à la première enceinte, l’ennemi retira ses piè­ces de la batterie n° 3 et construisit un peu plus à gauche une batterie n° 4, à laquelle il fit un épaulement à l’épreuve du canon. Il continua ses zig­zags à la descente de Saint-Michel, et termina la grande communication qui liait cette attaque à celle de San-Pedro.

Au jour, nous reconnûmes à la couleur des débris placés sur le revers de la tranchée que l’ennemi dirigeait une galerie souterraine contre le redan 19. À la fin de la journée, elle avait vingt-deux mètres de longueur, et devait être prolongée encore de quatre mètres pour atteindre les fondations de l’escarpe. À la profondeur où elle se trouvait, le travail y était devenu très-difficile par le manque d’air : souvent on ne pouvait tenir un flambeau al­lumé, et l’on était obligé d’interrompre le travail pour donner à l’air le temps de se renouveler. Dans l’après-midi, la pluie tomba avec violence, et rendit presque impraticables les tranchées de l’ennemi.

 

Notre feu se maintint avec activité, et tourmenta tellement la batterie n° 4 que les Anglais, renon­çant à l’achever, en retirèrent les pièces qu’ils ra­menèrent la nuit suivante à la batterie n° i.

Nous eûmes six hommes de tués et huit de blessés.

 

14e Nuit, du 2 au 3 octobre.

La pluie tomba toute la nuit, et empêcha de part et d’autre les travaux.

Dans la journée, le temps s’étant amélioré, nous terminâmes les travaux de la première enceinte. Nous nous occupâmes aussitôt des perfectionnements de la deuxième enceinte sur les fronts de la ville, afin d’assurer la retraite des postes chargés de la défense des fossés sur les fronts 7-8 et 8-9. On ferma le fossé du bastion 10 par une palanque avec barrière, et l’on fît à la tour Saint-Gil atte­nante au bastion 7 une petite poterne, dont le dé­bouché fut couvert par une traverse.

Nous eûmes un homme de tué et deux de blessés.

 

15e Nuit, du 3 au 4 octobre.

Dans la crainte que l’ennemi n’entreprit une nouvelle attaque souterraine contre la première enceinte, nous jetâmes des pots à feu et des arti­fices dans le fossé. Néanmoins nous ne pûmes rien découvrir, bien que l’on pût juger par le bruit que faisaient les Anglais qu’ils ne cessaient pas de travailler au pied de l’escarpe du redan 19. Pen­sant que c’était là qu’ils étaient entrés en galerie, le commandant du génie fit commencer un retran­chement intérieur E-E à la gorge de ce redan.

Au jour, l’ennemi démasqua à la fois six pièces de campagne et un obusier qu’il avait placés sur la rive droite de l’Arlanzon, ainsi que sa batte­rie n° 1, qu’il avait réarmée de deux pièces de 18 et de trois obusiers de 24. Cette dernière batterie tira sur la brèche du redan 21 ouverte précédem­ment par la mine; elle en fit ébouler les terres, et ruina le parapet en sacs à terre que nous y avions élevé le soir, cette brèche se trouva praticable sur une largeur d’environ vingt mètres.

Dès le matin, les mineurs anglais achevèrent la galerie qu’ils dirigeaient sous le redan 19, ils for­mèrent en retour une chambre d’un mètre vingt centimètres, où ils placèrent douze barils de pou­dre de quatre-vingt-dix livres : ce fourneau joua à cinq heures et demie du soir, et ouvrit au redan 19 une brèche de trente mètres de large. Aussitôt plusieurs colonnes assaillirent cette brèche et celle du redan 21, et s’y logèrent. Les défenseurs aban­donnèrent le retranchement B, qui se trouvait pris à dos, ainsi que le retranchement E, qui n’é­tait qu’ébauché, et se retirèrent, partie dans le petit chemin couvert des redans 12 et 13, partie derrière le retranchement D. L’ennemi eut dans cet assaut trente-sept hommes de tués et cent quatre-vingt-seize de blessés; parmi ces derniers se trouva le lieutenant-colonel du génie John Jones qui dirigeait l’attaque.

Nous eûmes vingt-sept hommes de tués et quarante-deux de blessés.

 

16e Nuit, du 4 au 5 octobre.

L’ennemi fit un logement sur chacune des brè­ches de la première enceinte, et commença à che­miner de la brèche de gauche contre le redan 13, dont le parapet et les palissades étaient ruinés de­puis le 25 septembre. À deux heures du matin, il s’approcha de cet ouvrage pour le reconnaître ou pour l’insulter, mais notre feu le força de se retirer. Il fit aussi une tentative contre les fronts de la ville, et il occupa sans coup férir la maison crénelée, située en avant de l’église de San-Roman, qui, on ne sait par quel malentendu, ne se trouva pas gardée. L’occupation de ce poste fut pour lui d’un grand avantage, parce qu’il s’en était trouvé jusque-là beaucoup incommodé, il fît aussitôt une communication pour y arriver à couvert.

Au jour, le gouverneur apercevant les chemi­nements qu’avait faits l’ennemi dans le terre-plein de la première enceinte, les jugea trop menaçants pour les laisser continuer, et prépara une sortie pour les détruire. À la chute du jour, deux compagnies de voltigeurs et un détachement de pionniers débouchèrent de la deuxième enceinte, et se portèrent à la baïonnette sur les brèches des re­dans 19 et 21. Les Anglais furent culbutés dans le fossé, et leurs travaux furent rasés. Nos troupes rentrèrent ensuite dans la deuxième enceinte, em­portant les gabions et les outils abandonnés par l’ennemi.

Nous eûmes dix-sept hommes de tués et vingt et un de blessés.

 

17e Nuit, du 5 au 6 octobre.

L’ennemi réoccupa les brèches des redans 19 et 21, et reconstruisit une partie de ses logements dans le terre-plein de la première enceinte. Il ou­vrit l’escarpe du redan 22, et en déboucha par une portion de parallèle afin d’appuyer sa gauche.

Au jour, notre artillerie n’ayant pu pointer assez bas ses pièces pour battre la nouvelle parallèle en­treprise par l’ennemi, nous y dirigeâmes une fu­sillade très-vive, et nous fîmes rouler sur le glacis de grosses bombes qui firent sauter les gabions, et forcèrent les travailleurs à se retirer.

À midi, l’ennemi dirigea quatre obusiers de sa batterie n° 1 contre les palissades de la face droite du redan 13; en même temps sa batterie n° 2, armée de deux pièces de 18 et d’un obusier de 24, entreprit par la trouée du fossé du redan 16 une nouvelle brèche à la longue branche revêtue du demi-bastion 7, afin de pouvoir tourner la deuxième enceinte au moment où il l’attaquerait de front par la brèche du redan 13.

Le gouverneur fit aussitôt établir à droite de la nouvelle brèche et au pied du front i-a une tra­verse avec fossé, pour empêcher l’ennemi de s’é­tendre dans le demi-bastion 7, et à gauche une retirade en palanque pour isoler le redan 15. On planta aussi dans le fossé du redan 13 une palan­que de chaque côté de la brèche, afin d’empêcher l’ennemi de s’étendre et d’attaquer les redans voi­sins. Des puits de mine furent entrepris dans l’in­térieur des terre-pleins des redans 113, 14 et 15, pour les faire sauter lorsqu’on serait obligé de les abandonner.

Notre artillerie riposta vivement au feu de l’en­nemi, et les brèches du redan 13 et de la longue branche du demi-bastion 7 firent peu de progrès dans la journée.

 

18e Nuit, du 6 au 7 octobre.

L’ennemi perfectionna ses logements dans le terre-plein de la première enceinte, et poussa un cheminement jusqu’à trente mètres du fossé du redan 13.

Dans le château, on déblaya le pied de la brèche du redan 18, et l’on continua les puits de mine commencés dans les redans 13, 14 et 15. Ce der­nier travail avança peu, le terrain se trouvant très-dur et les travailleurs peu exercés ; on était d’ailleurs si mal approvisionné que, pour faire des saucissons et des augets, il fallut employer des draps de lit de l’hôpital et arracher des planches des baraques et les clous de vieux bois de démoli­tion.

Au jour, les batteries n° 1 et 2 continuèrent à tirer. L’escarpe, que battait cette dernière batte­rie par la trouée du redan 16 à la longue branche du demi-bastion 7, s’écroula à cinq heures du soir. Nous eûmes cinq hommes de tués et neuf de blessés.

 

19e Nuit, du 7 au 8 octobre.

L’ennemi ouvrit une portion de parallèle au pied du château du côté de Saint-Michel. Il continua celle qu’il avait entreprise dans le terre-plein de la première enceinte, et y commença des puits de mine contre les redans 13 et 14. Le général Dubreton voulant raser ces travaux, et présumant avec raison que cette fois l’ennemi se tiendrait sur ses gardes, commanda une sortie plus forte que la première. Trois compagnies de grenadiers, deux sections de voltigeurs et un détachement de tra­vailleurs débouchèrent à trois heures du matin des fossés de la deuxième enceinte, et se portèrent avec rapidité droit sur les brèches: tout ce qui se trouva d’ennemis entre les deux enceintes et sur les brèches fut tué à la baïonnette, hormis deux officiers et trente-six soldats qui furent faits prisonniers. Après avoir effacé les ouvrages et enlevé les outils, nos troupes firent leur retraite en bon ordre. L’ennemi eut deux cents hommes de tués ou de blessés.

Au jour, les Anglais, qui avaient réoccupé le revers du parapet de la première enceinte, firent une vive fusillade; mais ils renoncèrent à chemi­ner dans le terre-plein. Ils continuèrent de battre en brèche la longue branche du demi-bastion 7, et dans la soirée la brèche se trouva praticable. Le manque d’espace nous empêchant de faire un re­tranchement en arrière de cette brèche, nous en­terrâmes sous les décombres un chapelet de bom­bes liées par un saucisson. Nous terminâmes dans le terre-plein des redans 12, 13 et 14 les trois fourneaux, qui furent chargés chacun de deux à trois cents livres de poudre.

Nous eûmes onze hommes de tués et vingt-deux de blessés.

 

20e Nuit, du 8 au 9 octobre.

Malgré une pluie battante et un vent très-froid, la garnison resta sur pied jusqu’au jour dans l’at­tente de l’assaut. La brèche de la longue branche du bastion 7 fut couronnée d’un parapet en sacs à terre, et gardée par deux compagnies de grena­diers soutenues par une compagnie de voltigeurs. Une autre compagnie de grenadiers, soutenue également d’une compagnie de voltigeurs, fut chargée de défendre la brèche du redan 13. Ces brèches furent bordées de chevaux de frise faits à la hâte, et l’on y disposa des obus et des artifices qui devaient être jetés sur l’ennemi au moment de l’as­saut.

L’ennemi, que les échecs qu’il avait éprouvés rendaient défiant, n’osa rien tenter. Il continua de travailler à la parallèle entreprise la nuit précédente au pied du château, et il chemina en zigzag dans le fossé du redan 22, pour gagner le pied de la brèche ouverte à la longue branche du demi-bas­tion 7, il poussa dans le terre-plein du redan 19 un cheminement pour tourner le retranchement D et se rendre maître du débouché de la poterne du redan 11, par laquelle nos troupes, communiquant au petit chemin couvert des redans 12 et 13, pou­vaient à chaque instant renouveler leurs sorties. Dès que nous nous fûmes aperçus de ce dernier travail, nous entreprîmes à l’extrémité gauche retranchement D un crochet en retour, derrière lequel nous entreprîmes une fougasse pour faire sauter la tête de sape de l’ennemi.

Les Anglais tirèrent toute la journée à boulets rouges contre l’église de la Bianca et y lancèrent aussi des obus, sans toutefois mettre le feu nulle part. Les pièces de campagne qu’ils avaient sur la rive gauche de l’Arlanzon tirèrent aussi, mais sans plus d’effet.

Nous eûmes dix hommes de tués et onze de blessés.

 

21e Nuit , du 9 au 10 octobre.

La garnison, électrisée par ses succès, s’apprêta à repousser l’assaut, et le gouverneur prit les mêmes précautions que la veille. Un détachement de pionniers fut employé à escarper le pied de la brèche de la longue branche du demi-bastion 7. Le travail fut poussé avec une activité telle qu’à minuit on ne pouvait déjà plus monter sur la brè­che sans échelles.

L’ennemi travailla de son côté à vider l’eau de ses tranchées et à réparer ses batteries. Il continua à cheminer dans le fossé du redan 22. Ses mineurs commencèrent une galerie de mine à partir des maisons de la ville les plus rapprochées de l’église de San-Roman, pour faire brèche au mur de la ter­rasse sur laquelle cette église est située.

Au jour, l’ennemi continua de tirer à boulets rouges sur l’église de la Bianca. Il ruina cet édifice et mit le feu dans la toiture; mais cet incendie fut bientôt éteint. Voyant que la brèche de la longue branche du demi-bastion 7 avait été escarpée, il tira dessus tout le jour pour la rendre de nouveau praticable. Il reçut ce jour-là quarante barils de poudre de Santander.

Le temps était toujours fort mauvais, et les saucissons des fourneaux que nous avions préparés dans les redans 13, 14 et 15, se trouvant avariés, il fallut les changer : ceux que l’on mit à leur place furent disposés entre des tuiles creuses; néanmoins les pluies ayant continué, on se vit en­core obligé de les remplacer à la fin de la journée. Nous eûmes trois hommes de tués et quinze de blessés.

 

22e Nuit, du 10 au 11 octobre.

L’ennemi ne fît aucune attaque; il se contenta de pousser son cheminement dans le fossé du redan 22 jusqu’au tambour en palissades qui se trouvait à l’extrémité. Cette inaction de sa part nous fit penser que, comptant peu sur ses brèches et sur son artillerie pour les perfectionner, il travaillait à en ouvrir de nouvelles par la mine. En effet, maître du terre-plein de la première enceinte, il pouvait sans être vu et sans beaucoup de peine, à cause de la nature du terrain, pousser une gale­rie pour faire brèche à la fois aux deux redans 14 et 15 et au bastion i du réduit. Dans la crainte de cette attaque, le commandant du génie entre­prit dans le terre-plein du réduit un nouveau re­tranchement G-G, pour isoler le donjon, de l’église de la Bianca. Néanmoins, afin de pouvoir défen­dre cette église jusqu’au dernier moment, on cré­nela le mur du rez-de-chaussée, et l’on prépara sous l’édifice un système de fougasse pour le faire sauter lorsqu’on serait obligé de l’abandonner. La pluie, qui tomba toute la nuit, fit beaucoup souffrir la garnison.

Au jour, l’ennemi, bien que contrarié aussi par le mauvais temps, tira sur les brèches et sur l’église de la Bianca.

Nous eûmes quatre hommes de tués et quatre de blessés.

 

23e Nuit, du 11 au 12 octobre.

La nuit fut aussi mauvaise que le jour, et la garnison qui, dans l’attente de l’assaut, resta cons­tamment sur pied et sans abri, souffrit beaucoup. Des travailleurs continuèrent à escarper la brèche de la longue branche du demi-bastion 7. On net­toya aussi en arrière le pied de la courtine 1-2, dont l’escarpe commençait également à s’ébouler par l’effet du tir de l’ennemi.

Les Anglais, ayant poussé leur cheminement dans le fossé du redan 22 au-delà du tambour en pa­lissades, le terminèrent par un boyau parallèle à la longue branche da demi-bastion 7.

Au jour, l’ennemi recommença à tirer à boulets rouges sur l’église de la Bianca, et lança aussi quel­ques boulets creux sur les brèches. Il continua de pousser sa galerie de mine contra la terrasse de l’église de la Bianca. À la fin de la journée, cette galerie avait trente mètres de long, et elle devait être prolongée encore de dix-sept mètres pour at­teindre le pied de la muraille. La pluie continuant de tomber avec violence, le gouverneur fit encore renouveler tous les saucissons des fourneaux de mine et des chapelets de bombes.

Nous eûmes quatre hommes de tués et quatre de blessés.

 

24e Nuit, du 12 au 13 octobre

La nuit fut passable; néanmoins l’ennemi resta dans l’inaction. Nous supposâmes qu’il continuait à pousser une galerie de mine contre les redans 14 et 15 et le bastion i du réduit; et comme nous n’avions pas les moyens de faire des contre-mines, il fallut nous résigner à attendre ses entreprises.

On commença, au pied du front 5-6, sur la rampe aboutissant à la porte du réduit, une nouvelle coupure H, pour empêcher l’ennemi de s’étendre jusqu’à cette porte après la prise de la première enceinte.  

Nous eûmes quatre hommes de tués et quatre de blessés.

 

25e Nuit, du 13 au 14 octobre.

L’ennemi resta dans la même inaction que les nuits précédentes, bien que la brèche de la lon­gue branche du demi-bastion 7 fût praticable depuis cinq jours. La garnison continua de travailler à escarper le pied de cette brèche. Pendant la journée, l’ennemi ne tira que de quelques pièces de la batterie n° 1.

Nous eûmes un homme de blessé.       

 

 

26e Nuit, du 14 au 15 octobre.

À l’extrême nuit, nous entendîmes le bruit d’une scie au pied du redan aa, d’où nous soupçonnions que l’ennemi poussait une attaque souterraine pour faire sauter à la fois les redans 14 et 15 et le bastion i du réduit. Nous supposâmes qu’il débi­tait des bois pour ses châssis de mine ou pour le bourrage de ses fourneaux, et le gouverneur se hâta de faire mettre en état de défense le retran­chement intérieur construit dans le terre-plein du réduit, et d’où l’on pouvait voir le débouché de la brèche présumée. On perça aussi d’embrasures le mur de la fausse braie du donjon, qui dominait le même point, et l’on y plaça six bouches à feu. Deux mortiers de ce donjon furent encore dirigés vers l’église de la Bianca, pour empêcher l’ennemi de s’y loger.

Les Anglais ayant reçu de Ciudad-Rodrigo les munitions qu’ils attendaient, armèrent leur bat­terie n° 2 de trois pièces de 18 et d’un obusier, et commencèrent à contrebattre notre batterie du donjon dite de Napoléon; mais en moins d’une demi-heure leurs pièces furent réduites au silence. De notre côté, une pièce de 12, placée sur la courtine 1-2, creva dans l’action, et mit hors de combat quelques canonnière.

Nous eûmes un homme de tué et deux de blessés.

 

27e Nuit, du 15 au 16 octobre.

Même inaction de la part de l’ennemi, qui se contenta de soutenir la fusillade.

La journée fut extrêmement pluvieuse. L’en­nemi dirigea les pièces de sa batterie n° 2 sur la brèche de la longue branche du demi-bastion 7. Il tira toute la journée, mais mollement, tant de cette batterie que de la batterie n° 1 et des pièces de campagne qu’il avait sur la rive gauche de l’Arlanzon. Nous eûmes sept hommes de blessés.

 

28e Nuit, du 16 au 17 octobre.

À l’extrémité du boyau dirigé dans le terre-plein de la première enceinte, l’ennemi voulut entre­prendre un cavalier de tranchée, pour plonger le crochet qui terminait à la gauche le retranche­ment D, mais ses sapeurs, qui n’étaient pas exer­cés, ne purent l’exécuter. Au bruit de quelques pièces de bois que nous entendîmes dans ce boyau, nous jugeâmes qu’il travaillait à quelque fourneau. À la pointe du jour, lu galerie qu’il dirigeait con­tre le mur de la terrasse de l’église de San-Roman se trouva terminée; il s’empressa d’y établir un fourneau de neuf cents livres de poudre 3)Dans son journal du siège du château de Burgos, le lieutenant-colonel du génie anglais John Jones fait remarquer que dans la galerie dirigée contre la terrasse de l’église de San-Roman, bien qu’elle fût beaucoup plus longue que celles qui avaient été faites contre la première enceinte,  les mineurs ne souffrirent pas de la rareté de l’air. Il attribue cette différence au peu d’enfoncement de la galerie, qui ne se trouvait qu’à six pieds de la surface du sol. .

À sept heures du matin, l’ennemi reprit avec une nouvelle activité le feu de ses batteries n° 1 et 2, qu’il avait renforcées de quelques-unes des pièces françaises restées dans l’ouvrage à cornes de Saint-Michel. Il chercha principalement à agran­dir la brèche de la longue branche du demi-bas­tion 7, et en commença une nouvelle en arrière, à la courtine du front 1-2 du réduit. Nous remar­quâmes des mouvements de troupes sur plusieurs points, ce qui nous fit présumer un assaut prochain.

À sept heures du soir, l’ennemi fit jouer contre le retranchement D une fougasse qui fut sans effet ; seulement nous ressentîmes une forte commotion, accompagnée d’un bruit sourd semblable à celui d’une détonation lointaine. Nous crûmes que l’en­nemi avait fait jouer une mine pour faire une nou­velle brèche, et qu’il allait donner l’assaut; mais il se contenta de reconnaître le retranchement D qu’il trouva intact, et il se retira après avoir échangé quelques coups de fusil.

Nous eûmes un homme de tué et quinze de blessés.

 

29e Nuit, du 17 au 18 octobre.

La brèche de la courtine du front i-a était très avancée ; pour en rendre l’accès difficile, des travailleurs de la garnison s’occupèrent d’en escarper le pied et de former avec les décombres un nou­veau parapet à la brèche de la longue branche du demi-bastion 7 qui se trouvait en avant.

L’ennemi tira toute la journée pour élargir ces deux brèches et détruire les chevaux de frise que nous avions placés au sommet. Dans l’après-midi, lord Wellington, jugeant qu’elles étaient praticables, dicta sur le terrain même ses ordres pour le dis­positif de l’assaut.

À quatre heures du soir, l’ennemi fit jouer la mine qu’il avait préparée sous la terrasse de l’église de San-Roman : l’explosion fit une brèche consi­dérable et fut le signal d’un assaut général pour lequel huit bataillons, divisés en trois colonnes, se trouvaient réunis dans les tranchées.

La première colonne s’élança sur la brèche de la longue branche du demi-bastion 7, la gravit avec beaucoup d’ardeur, et força les grenadiers qui la défendaient de se retirer derrière la palanque de droite. Les Anglais assaillirent alors la brèche de la courtine du front i-a, et parvinrent jusque dans le terre-plein du réduit devant le retranchement intérieur A-G; mais là, le capitaine des voltigeurs Vellermet, à la tête de sa compagnie, s’élance sur l’ennemi au cri de Vive l’Empereur, et l’attaque de front à la baïonnette, en même temps que les défenseurs des redans 14, 15 et 16 de la deuxième enceinte le prennent en flanc. Cette double atta­que eut un plein succès, et les Anglais furent culbu­tés au-delà des brèches avec une perte considérable.

La seconde colonne se porta contre les redans 12, 13 et 14. Elle descendit dans le fossé, et quel­ques hommes parvinrent jusque sur le parapet ; mais ils furent tués à coup de baïonnette par les défenseurs qui roulèrent des obus dans le fossé. Cette colonne, arrêtée de front et prise en flanc par le feu du retranchement D, fut obligée de se retirer comme la première, après avoir éprouvé une perte énorme.

La troisième colonne, qui s’était avancée con­tre l’église de San-Roman par la brèche de la ter­rasse, força la compagnie qui s’y trouvait de se retirer derrière la deuxième enceinte ; mais se trou­vant écrasée par un feu des plus vifs d’artillerie et de mousqueterie, tant de cette enceinte que de la demi-lune du front 10.11 qui la prenait en flanc, elle se précipita dans l’église de San-Roman pour se mettre à couvert. Le chef de bataillon du génie Pinot, saisissant le moment favorable, fit mettre le feu aux fourneaux préparés sous les piliers de cette église, qui soudain s’écroula avec le plus horrible fracas, ensevelissant plus de trois cents hommes sous ses ruines : le reste de la colonne s’enfuit épouvantée et alla se mettre à couvert derrière les maisons de la ville d’où elle avait débouché.  

Au bout d’une heure, l’ennemi était rentré dans ses logements. Il soutint encore un peu la fusil­lade, mais les pertes qu’il avait éprouvées le dé­goûtèrent d’un nouvel assaut. Les défenseurs, au contraire, animés par leur triomphe, se tinrent en position sur les brèches.

Nous eûmes onze hommes de tués et trente et un de blessés.

 

30e Nuit, du 18 au 19 octobre.

Bien que la nuit fût très-pluvieuse, la garnison resta sous les armes dans l’attente d’un nouvel as­saut. Des travailleurs furent employés à escarper        la brèche de la courtine du front j-a et à creuser un fossé au pied. On forma aussi un nouveau parapet en arrière de la brèche de la longue branche du demi-bastion 7.

L’ennemi vint se loger dans les décombres de l’église de San-Roman que nous n’avions pas réoccupée, et fit en avant une gabionnade ainsi qu’une communication pour y arriver. De notre côté, craignant une attaque contre la courtine du front 10-11, nous entreprîmes en arrière un nou­veau retranchement intérieur II-H, couvrant le débouché de la demi-lune située en avant de cette courtine, et nous plantâmes plusieurs lignes de palissades au pied du bastion 3. Dans l’après-midi, le gouverneur, ne voulant pas laisser le temps à l’ennemi de diriger de l’église de San-Roman quel­que galerie de mine contre le front 9-10, y envoya un détachement de grenadiers qui chassèrent les Anglais et rasèrent leurs travaux après leur avoir tué quelques hommes.

 

31e Nuit, du 19 au 20 octobre.

À dix heures du soir, l’ennemi s’approcha en si­lence du retranchement D situé dans le terre-plein de la première enceinte, et chercha à l’escalader, mais accueilli par une vive fusillade, il se retira, abandonnant ses échelles qu’un de nos postes alla prendre et rentra dans le château. Il revint pour s’établir dans les ruines de l’église de San-Roman ; mais le gouverneur y dirigea de nouveau un détachement de voltigeurs qui l’en chassa, lui tua quelques hommes et lui fit un prisonnier. Un détachement de pionniers garda ce poste jus­qu’au soir, et prépara des fougasses sous quelques pans de muraille, afin de les renverser sur les assiégeants; il rentra ensuite dans le château.

Nous aperçûmes au loin de grands mouvements de troupes et de voitures, ce qui nous fit présu­mer que les armées françaises s’approchaient. En effet, la résistance longue et vigoureuse de la gar­nison avait donné le temps à l’armée de Portugal de recevoir des renforts, el dès le 17, elle comptait environ quarante mille hommes. Le général Souham, qui la commandait, voulant faire connaître aux troupes de Burgos qu’il était en mesure de les secourir, fit attaquer l’avant-garde anglaise par le général Maucune, et ordonna en même temps au général Foy d’emporter de vive force le poste de Poza, occupé par les troupes de Castaños. Ces deux attaques eurent un plein succès, et firent éprouver à l’ennemi une perte assez considérable. Le général Souham continua son mouvement of­fensif sur Burgos, tandis que les armées du Midi et du Centre, quittant le royaume de Valence, se portaient sur Madrid. Déjà lord Wellington avait retiré la plus grande partie des troupes du blocus pour renforcer son armée d’observation. Il ne res­tait plus devant Burgos, le 20 octobre, que la brigade du général Pack, forte de deux à trois mille hommes.

 

31e Nuit, du 20 au 21 octobre.

À l’entrée de la nuit, les Anglais ayant paru en grand nombre dans les tranchées, nous restâmes jusqu’au jour sous les armes dans l’attente d’un nouvel assaut. Nous continuâmes d’escarper les brèches et de perfectionner les retranchements intérieurs. L’ennemi revint dans les décombres de l’église de San-Roman, mais il ne s’engagea pas assez avant pour que nous fissions jouer les fougasses que nous y avions préparées.

 

Au jour, un de nos détachements chassa encore une fois l’ennemi des ruines de San-Roman, lui fit cinq prisonniers, et détruisit ses logements. Nous aperçûmes du donjon de nouveaux mouvements dans l’armée assiégeante, dont plusieurs divisions prenaient position sur la route de Vitoria. Nous ne doutâmes plus de notre prochaine délivrance.

Nous eûmes un homme de tué et huit de blessés.

 

33e Nuit, du 21 au 22 octobre.

L’ennemi resta dans ses tranchées, mais il con­tinua la fusillade comme de coutume jusqu’à qua­tre heures du matin, qu’il fit sauter un maga­sin à poudre à Saint-Michel, et commença sa retraite.

Au jour, le gouverneur envoya en reconnais­sance quelques détachements qui trouvèrent les tranchées évacuées. Deux compagnies d’élite pri­rent possession de la ville. L’arsenal était en feu, et plusieurs mines, chargées de vingt barils de poudre, étaient disposées sous l’ouvrage à cornes de Saint-Michel pour le faire sauter, mais elles ne firent pas explosion.

À dix heures du matin, la tête de l’avant-garde de l’armée française parut à Villafrias, et à onze heures elle fit son entrée dans la ville. Notre cava­lerie, envoyée à la poursuite des Anglais, trouva à une lieue une partie de leur artillerie de siège qu’ils avaient abandonnée, ainsi que les pièces qu’ils nous avaient prises à l’ouvrage à cornes de Saint-Michel.

Pendant ce siège, qui dura trente-trois jours, les Anglais firent jouer quatre mines et tirèrent quatre mille soixante-deux coups de canon, dont neuf cent trois avec des projectiles français. Ils ouvrirent cinq brèches et livrèrent cinq assauts, mais un seul avec succès. D’après leurs rapports, ils éprouvèrent une perte de deux mille soixante-quatre hommes tués ou blessés.

La garnison fit cinq sorties, toutes heureuses : elle eut cent quatre-vingt-seize hommes de tués et quatre cent quarante-trois de blessés. Au moment où elle fut délivrée, elle comptait encore douze cents hommes sous les armes ; elle avait un réduit intact et des vivres et des munitions pour plusieurs jours. Sa belle et vigoureuse défense fît perdre à lord Wellington le fruit de la bataille des Arapiles, en donnant à l’armée de Portugal le temps de se réorganiser et aux armées du Midi et du Centre celui de se concentrer sur le Tage pour agir avec la première, ce qui décida la retraite de l’en­nemi jusqu’en Portugal. Ce résultat mémorable couvrit de gloire le général Dubreton, si digne de commander à une pareille garnison.


References   [ + ]

1. Extrait de J. Belmas – Journaux des sièges faits ou soutenus par les Français dans la péninsule de 1807 à 1814
2. Le lieutenant-colonel du génie John Jones, dans sa relation du siège de Burgos, parle ainsi de ce fait : « Nous avons eu une grande quantité de nos soldats inexpérimentés tués par un seul tirailleur français embusqué et tirant à coup sûr. Il se tenait derrière un parapet, le bout du canon de son fusil passé dans une petite ouverture. Alors ses camarades cherchaient sur différents points à attirer l’attention de nos hommes, soit en élevant un shako, soit en jetant des pierres ou en faisant quelque bruit; ceux de nos hommes qui se montraient, oubliant le fatal fusil, étaient aussitôt atteints. »
3. Dans son journal du siège du château de Burgos, le lieutenant-colonel du génie anglais John Jones fait remarquer que dans la galerie dirigée contre la terrasse de l’église de San-Roman, bien qu’elle fût beaucoup plus longue que celles qui avaient été faites contre la première enceinte,  les mineurs ne souffrirent pas de la rareté de l’air. Il attribue cette différence au peu d’enfoncement de la galerie, qui ne se trouvait qu’à six pieds de la surface du sol.