Correspondance de Napoléon Ier – Janvier-Février-Mars 1799

13 nivôse an  VII  (2 janvier 1799).

J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite ; je l’ai lue avec le plaisir que l’on éprouve toujours lorsqu’on pense à des gens que l’on estime et sur l’attachernent desquels on compte.

Dans peu de jours je serai au Caire.

Je m’occupe dans ce moment-ci à faire faire les opérations nécessaires pour désigner l’endroit par où l’on peut faire passer les eaux pour joindre le Nil et la mer Rouge. Cette communication a existé jadis, car j’en ai trouvé la trace en plusieurs endroits.

J’ai appris que plusieurs pelotons d’ Arabes étaient venus commettre des vols autour de la ville. Je désirerais que vous prissiez des informations pour connaitre de quelle tribu ils sont , car mon intention est de les punir sévèrement. Il est temps enfin que ces brigands cessent d’inquiéter le pauvre peuple , qu’ils rendent bien malheureux. Croyez, je vous prie, au désir que j’ai de vous faire du bien.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Belbeys, 14 nivôse an VII (3 janvier 1799)

Vous ferez partir le Ier bataillon de la 9e demi-brigade, une pièce de 8 avec un obusier, demain 17 , pour Sàlheyeh.

Vous ordonnerez au restant de la demi-brigade de partir de Sàlheyeh pour Qatell aussitôt l’arrivée du Ier bataillon de la dmi-brigade.

Vous ordonnerez à la compagnie d’Omar de partir de Sàllleyeh , avec la 85e  demi-brigade , pour Qatyeh.

Recommandez cette compagnie turque à une surveillance de police sévère et immédiate le général Lagrange.

Le général en chef recommande de bien établir vos communications avec le général de brigade Lagrange afin de pouvoir le secourir à Qatyeh , s’il y était attaqué , ce qui serait très-possible.

Recommandez au commandant de Sàlheyeh d’avoir des espions qui puissenl le prévenir de ce qui pourrait se passer dans le désert et à Qatyeh.

Faites partir demain un officier d’état-major de votre division , pour reconnaitre la route, qui doit être considérée comme route de l’armée, de Sàlheyeh à Qatyeh.

Par ordre général en chef.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Belbeys, 16 nivôse an VII,  5 janvier 1799

Vous ferez partir demain , à cinq heures du matin , les guides à pied, 100 hommes de la 9e  et une pièce de 3 avec un double attelage, sous le commandement du citoyen Dupas. Ils se rendront au village d’El-Menàyr, où ils recevront de nouveaux ordres. Cette troupe portera du pain pour deux jours et des cartouches.

Vous ferez partir, à six heures , le chef d’escadron Barthélemy avec toute sa cavalerie, qui se trouve Belbeys. Elle se rendra également à El-Menàyr  II laissera 10 guides des mieux montés et les 40 hommes de cavalerie qui sont arrivés hier, qui partiront avec moi.

Le quartier général partira à sept heures.

Les bagages seront escortés jusqu’à El-Menàyr par 25 hommes de la 9e.

 

Au général Marmont, à Alexandrie

Quartier Général, au Caire, 18 nivôse an VII (7 janvier 1799)

À mon retrour d’une course dans le désert, je reçois vos lettre des 21, 25 et 28 frimaire, et 4 et 6 nivôse.

J’approuve les mesures que vous avez prises dans les circonstances essentielles où vous vous êtes trouvé.

Vous sentez bien que le moment d’augmenter la garnison d’Alexandrie n’est pas celui dans lequel vous êtes, d’autant plus que, la saison vous débarrassant des Anglais, vous êtes tranquille de ce côté-là.

Que la caravelle parte le plus tôt possible, que le Lodi parte lorsque le citoyen Arnaud sera guéri.

Multipliez vos relations avec Damanhour, où se trouve le quartier général de la province. Vous recevrez l’ordre de l’état-major pour que l’adjudant général Leturcq vous rende compte exactement.

Le citoyen Boldoni part.

J’attends les 4 500 matelots que vous m’avez annoncés, et surtout les Napolitains.

.le donne ordre pour que le village du chérif d’Alexandrie lui soit donné.

Je vous autorise à envoyer un parlementaire aux Anglais : vous leur direz que vous avez appris qu’ils avaient la peste à bord, et que, dans ce cas, vous leur offrez tous les secours que I’humanité pourrait exiger. Envoyez un homme extrêmement honnête, qui soit peu parleur et qui ait de bonnes oreilles. Si Lavallette était à Alexandrie et que vous eussiez l’idée de l’y envoyer, ce n’est point mon intention ; il faut y envoyer un homme qui ait le grade tout au plus de capitaine, qui leur pourra porter les gazettes, et qui tâchera de tirer des gazettes d’Europe, s’ils en ont et s’ils veulent en donner. Recommandez que l’officier seul monte bord, de manière qu’à son retour dans la ville il n’y soit pas fait de caquets , et qu’il vous confie seul tout ce qui se sera passé.

Tous les engagements que vous avez pris avec le divan seront ponctuellennent exécutés.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DUGUA , A DAMIETTE.

Quartier général au Caire, 18 nivôse an VII (7 janvier 1799).

J’ai reçu , Citoyen Général , à mon retour d’une course dans le désert, vos différentes lettres.

Je vous prie d’activer, par tous les moyens possibles, la rentrée des chevaux , et de les envoyer à Boulàq.

Les explications que vous a données le citoyen Poussielque me paraissent extrèmement claires.

Par le terme générique du myry , l’on comprend le revenu qui était payé au Grand Seigneur par toutes les terres de l’Egypte , quels que soient les propriétaires ;

Les droits extraordinaires, qui se distinguent par différents noms et qui sont payés par toutes les terres, quels que soient les propriétaires, et qui doivent former le revenu des beys, kàchefs et Mameluks ;

Et enfin le droit sur les feddàns , que les villages ne payent qu’à leurs propriétaires.

Or, la République n’est propriétaire que des deux tiers à peu près des villages de l’Egypte. L’autre tiers appartient à des hommes dont on exige, pour constater la propriété, le droit d’enregistrement. Ainsi donc l’état , que vous a envoyé le citoyen Poussielgue, des portions de biens fonds qui sont exemptés des droits de myry, n’est autre chose que l’état des villages ou parties de villages qui ne sont point propriétés nationales ; et , dès lors, le droit de feddàn appartient aux propriétaires.

Veuillez bien vous faire rendre un compte exact de ce qui existe dans votre province, et me faire connaitre si cela est conforme à l’exposé que je viens de vous faire.

BONAPARTE.

 

Au général Leclerc, à Qelyoub

Quartier Général au Caire, 18 nivôse an VII ( 7 janvier 1799)

J’ai reçu , Citoyen Général , votre lettre datée de Myt-Ghamar, du 9 nivôse.

J’imagine qu’à mon retour vous serez en marche pour débarrasser le général Verdier et la province de Qelyoub des Arabes qui la désolent.

A mon retour de Suez, j’ai poursuivi les Arabes de la tribu d’Abou-Syr ; ils ont été dispersés et on leur a pris des chevaux et leurs chameaux.

BONAPARTE.

 

A l’adjudant Valentin, à Suez

Quartier Général, au Caire, 18 nivôse an VII (7 janvier 1799)

Je reçois, Citoyen, votre lettre du 14.

Je vois avec le plus grand plaisir que la caravane de Thor va arriver au Caire et nous apporter du charbon, dont nous avons grand besoin.

Avez soin qu’elle soit munie d’un passe-port , afin qu’elle ne soit  pas arrêtée par les patrouilles que nous avons dans le désert.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRA BERTHIER,  Á GYZEH

Quartier général,  au Caire, 19 nivôse an VII (8 janvier 1799)

.le ne vois pas d’inconvénient à ce que vous accordiez aux villages dont vous êtes sûr , et ont à craindre l’invasion des Arabes, la permission d’être armés. Vous y mettrez seulement la clause qu’ils se joindront à vous dans le cas où vous auriez à repousser ces Arabes.

BONAPARTE

 

AU CITOYEN POUSSIELGUE.

Quartier général au Caire, 19 nivôse an Il (8 janvier 1799).

Je vous préviens, Citoyen , que le général en chef a ordonné au commandant de la place de faire couper la tête à Abou-Chayr, membre du divan de Qelyoub , convaincu de trahison envers l’armée française; il a ordonné également que ses biens seraient confisqués au profit de la République. Vous voudrez bien ordonner les mesures nécessaires à l’exécution de cet ordre.

Par ordre du général en chef.

 

AU CITOYEN POUSSIELGUE

Quartier Général au Caire, 19 nivôse an VII (8 janvier 1799)               .

Vous donnerez l’ordre pour que tout ce que les femmes des Mameluks, les négociants de Damas et le sâghâ doivent, soit payé surle-champ, afin de pouvoir payer le prêt de l’armée.

BONAPARTE

 

Ordre du jour

Quartier général, au Caire, 19 nivôse an VII (8 janvier 1799)

Tout officier de santé qui quitterait le lieu désigné pour l’ambulance, devant l’ennemi, sans ordre, ou qui, dans une maladie contagieuse , se refuserait à porter aux malades ses secours, sera arrêté , traduit devant le conseil militaire et traité selon l’article de la loi relative aux soldats et militaires qui ont fui devant l’ennemi. Aucun Français ne doit craindre la mort, quel que soit l’état qu’il ait embrassé.

Le citoyen Boyer, chargé des blessés à Alexandrie , qui a été assez lâche pour refuser de donner des secours à des blessés qui avaient eu contact avec des malades supposés atteints de maladies contagieuses 1)Bonaparte n’osait pas encore de parler de peste, est indigne de la qualité de citoyen français. Il sera habillé en femme, promené sur un âne dans les rues d’Alexandrie, avec un écriteau sur le dos, portant : Indigne d’être citoyen français, il craint de mourir. Après quoi, il sera mis en prison et renvoyé en France sur le premier bâtiment.

Le commandant d’ Alexandrie enverra un exemplaire dudit ordre du jour au président de son  , avec invitation de le rayer de la liste des citoyens français.

Par ordre du général eu chef.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier  Général, au Caire, 20 nivôse an VII (9 janvier 1799).

Le citoyen Louis , guide à cheval , est nommé brigadier. 2)Ce guide avait sauvé le général Caffarelli, dont le cheval s’était abattu au passage de la mer Rouge.

II lui sera remit présent d’un sabre sur lequel sera écrit, sur un côté Le général Bonaparte au guide à cheval Louis , sur l’autre côté , Passage de la mer Rouge.

BONAPARTE.

 

Quartier général  au Caire , 20 nivôse an  VII  (9 janvier 1799).

ARTICLE Ier  — Il sera créé un régiment de dromadaires, qui sera composé de deux escadrons ; chaque escadron, de quatre compagnies ; chaque compagnie , d’un capitaine, d’un lieutenant , d’un maréchal des Logis chef, de deux maréchaux des logis, d’un brigadier-fourrier, de quatre brigadiers , d’un trompette et de cinquante dromadaires.

ART. 2. Chaque escadron. sera commandé par un chef d’escadron; le régiment , par un chef de brigade, avec un adjudant-major, un quartier-maitre et les chefs d’ouvriers nécessaires.

ART. 3. — Les hommes seront montés sur dromadaire, armés de fusil, baionnette, giberne, comme l’infanterie, et d’une très-longue lance. Ils seront habillés de gris , avec un turban et un manteau arabes, conformément au modèle qui sera fait.

ART. 4. L’ordonnateur en chef, les chefs de brigades Bessières, Duvivier, se concerteront pour faire confectionner un modèle de harnachement et d’habillement complet, qui sera remis à l’état-major général le 23 nivôse au plus tard.

BONAPARTE.

Le Général en chef ordonne que les 13 e , 18e demi-brigades de ligne , la 21e légère, les guides à pied , fourniront chacun 10 hommes.

Les 9e, 19e 61e , 85e, 88e demi-brigades de ligne, les 4e et 22e légères , fourniront chacune 10 hommes pour le fond de la formation du régiment de dromadaires.

Ces hommes devront avoir moins de vingt-quatre ans , plus de quatre ans de service, au moins cinq pieds quatre pouces , et être d’une bravoure reconnue  . Ils seront envoyés sur-le-champ au Caire Le commandant de la place établira leur caserne sur la place Ezbekyeh.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier Général,  au Caire, 21 nivôse an VII (10 janvier 1799).

La légion maltaise et la légion nautique fourniront chacune 10 hommes pour le régiment des dromadaires.

Les officiers seront pris parmi les officiers à la suite de l’armée moitié parmi les officiers à la suite de l’infanterie, moitié parmi ceux à la suite de la cavalerie. Le chef de l’état-major général en présentera le travail au plus tard le nivôse au en Général en chef.

Les sous-officiers seront pris parmi les sous-officiers existant actuellement dans les corps qui en ont plus qu’il ne leur est nécessaire.

Les commandants des provinces feront fournir par leurs provinces un nombre de dromadaires conforme à l’état ci-joint ; ils les enverront dans le plus court délai au Caire.

Ballyreh.15

Rosette.10

Gharbyeh 20

Menouf 20

Mansourah 20

Damiette . . . .20

Qelyoub .15

Charqyeh. . .20

Gyzeh   10

Atfyeh  10

Fayoum  20

Beny-Soueyf  20

Minyeh  20

Abou-Gyrgeh 20

Syiut  10

Par odre du Général en Chef

 

AU GÉNÉRAL AU BERTHIER.

Quartier Général, ( 10  juillet 1799).

Je suis extrêmement mécontent de ce que le général Menou a retenu la Revanche, qui avait reçu l’ordre de se rendre à Damiette. Je vous prie de lui écrire une fois pour toutes qu’il se conforme aux ordres qu’il reçoit. En retenant la Revanche, le général Menou a dérangé des mesures importantes.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL  BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 21 nivôse an VII ( 10 janvier I T99).

Vous donnerez l’ordre que la canonnière la Bourlos fasse pour deux mois de vivres, et parte le 23 pour se rendre, par le Nil et par le canal, à MehaIlet—eI-Kebyr, et de là dans le lac de Bourlos, pour  croiser à l’embouchure, empêcher aucune communication avec les Anglais, et prévenir les généraux commandant à Rosette et à Damiette de tous les mouvements de la côte qui pourraient survenir. Le commandant recevra des ordres directement du commandant des armées à Rosette et correspondra plus particulièrement avec le général commandant à Rosette, d’où il tirera ses vivres et tout ce dont il pourrait avoir besoin.

Vous ferez embarquer dessus 20 hommes de la 4e d’infanterie légère ou d’un des trois bataillons qui sont à Alexandrie, ou de la 19e, et, s’il n’en existe pas au Caire, vous prendrez ces 20 hommes d’une des demi-brigades qui sont à Damiette.

BONAPARTE.

Au général Berthier

Quartier général . au Caire , 21 ni\ôse an VII (10 janvier 1799).

Vous voudrez bien donner l’ordre au général de brigade Junot de partir le 26, pour se rendre à Suez et y prendre le commandement de cette ville.

Vous donnerez ordre à la moitié de la légion maltaise de partir pour Suez le 26.

Vous donnerez l’ordre au contre-amiral Ganteaume d’envoyer par ce convoi tous les objets dont la marine de Suez a encore besoin.

Vous préviendrez pour le même objet les générau.x d’artillerie et du génie et l’ordonnateur en chef.

Vous donnerez l’ordre au détachement de la 32 e , qui est Suez et à Ageroud , de se rendre au Caire.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL MURAT.

Quartier  Général, au Caire, 22 nivôse an VII  (11 janvier 1799)

Vous partirez demain , Citoyen Général , à huit heures du matin. Vous sortirez comme pour aller à Belbe}s ; en dehors de la ville , vous gagnerez le Moqattam ; vous vous enfoncerez deux lieues dans le désert , et vous vous dirigerez , en suivanl toujours le désert, sur le village de Gennnàzell, province d’Atfyeli , où se trouvent les tribus des A’ydy et des Masé, qui ont 100 hommes montés sur des chameaux et qui sont des tribus ennemies.

Le citoyen Venture vous donnera un conducteur qui est un des grands ennemis de ces tribus.

Vous combinerez votre marche de manière à vous reposer pendant la nuit à deux ou trois lieues de ces Arabes, et pouvoir, à la pointe du jour, tomber sur leur camp, prendre tous leurs chameaux, bestiaux, femmes, enfants, vieillards et la partie de ces Arabes qui sont à pied.

Vous tuerez tous les hommes que vous ne pourrez pas prendre.

Comme le village où ils sont n’est pas éloigné du Nil, vous ferez embarquer sur des djermes , pour nous les envoyer, les femmes, bestiaux et tous les prisonniers. Vous vous mettrez à la poursuite des fuyards, qui nécessairement se porteront du côté de Gandely et de Taouàheh; vous irez dans l’un et l’autre de ces endroits; de là vous irez jusqu’à la mer Rouge, et vous vous trouverez pour lors à peu près à trois lieues de Suez, au commandant duquel vous écrirez un mot.

Vous mènerez avec vous le chef de brigade Ledée, avec 80 hommes du 18e et du 3e. Vous le chargerez, avec ce détachement, de la garde des prisonniers et du détail de l’embarquement, de la conduite des prisonniers et de tout ce que vous aurez pris.

Indépendamment de quatre jours de vivres que vous avez eu l’ordre d’emporter sur des chameaux , faites-en prendre pour deux jours à la troupe ; ce qui vous fera pour six jours.

Dans toute votre marche dans le désert, vous pousserez toujours sur votre droite et sur votre gauche, une lieue, un officier et 15 hommes de cavalerie, et vous marcherez sur tous les convois de chameaux que vous rencontrerez dans votre route. Je compte que votre course en produira plusieurs centaines.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Quartier général , au Caire , 22 nivôse an VII  (11 janvier 1799).

Je vous prie, Citoyen Général, de nommer un officier du génie pour accompagner le général Murat dans la course qu’il va faire dans le désert. Il part demain à six heures du matin. Cet officier prendra note de la route, des puits et autres objets remarquables.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAI, REYNIER, A Belbeys

Quartier Général, au Caire, 22 nivôse an VII   (11 janvier 1799).

Le chef des Arabes de la tribu d’El-Ayd, qui s’était réfugié chez les Bily , vient de se présenter ici. Je lui ai ordonné, à lui et à son oncle , de se présenter à vous. Il dit que, si son oncle s’est éloigné, c’est parce que votre interprète lui a demandé 5.000 talari, qu’il est hors d’état de partir et qu’il ne doit pas payer. Effectivement, dans l’état des impositions, il n’est porté que comme devant donner quelques chevaux et des moutons. Faites-vous rendre compte de cette affaire, et instruisez-m’en.

BONAPARTE.

 

AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME

Quartier Général, au Caire, 22 nivôse an VII  (11 janvier 1799).

Je vous prie de donner les ordres , Citoyen Général , pour que les batiments le Cerf, le Sans-Quartier, l’Éclair et la Revanche soient approvisionnés pour deux mois de vivres, leur équipage mis au grand complet , et se tiennent prêts, au 1er pluviôse, à partir pour une mission de mer ; le citoyen Stendelet aura le connnandement de toute la division.

Vous donnerez l’ordre à l’aviso la Torride et un autre aviso qui, comme lui , peut entrer dans le lac Bourlos , de partir le plus tôt possible , pour se rendre dans le lac Bourlos. L’artillerie de terre fera mettre à leur bord deux mortiers à la Gomer de 12 pouces, quatre mortiers à la Gomer de 8 pouces , approvisionnés chacun à 150 coups, quatre pièces de 24, approvisionnées à 200 coups par pièce , deux grils à boulets rouges , et tout ce qui est nécessaire pour construire trois batteries.

Si ces deux avisos ne suffisaient pas , vous feriez choisir un ou au plus deux bâtiments qui pourraient entrer dans le lac Bourlos. Vous aurez soin que ces deux bâtimenls soient armés en guerre; les équipaqes seront au grand complet, les batiments dans le meilleur état possible. Vous donnerez l’ordre pour qu’un capitaine de frégate distingué prenne le commandement de cette flottille.

Vous donnerez tous les ordres nécessaires pour faire cet armement, en ayant soin que l’on tienne extrêmement secret le lieu où il doit se rendre. L’officier que vous désignerez pour commander cette flottille aura un pli à lire en mer, dans lequel vous lui direz d’aller mouilIer au lac Bourlos.

Bonaparte

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Quartier Général, au Caire 22 nivôse an VII ( 11 janvier 1799).

Je désire, Citoyen Général, qu’au Ier pluviôse il y ait en marche, pour Qatyeh, 600 sapeurs avec les outils nécessaires, afin que, le 5 pluviôse, une partie puisse se mettre en marche sur El-A’ryeh.

 

A  L’ADJUDANT GÉNÉRAL VALENTIN, A SUEZ.

Quartier Général , au Caire. 22 nivôse an VII (11 janvier 1799).

Je reçois à l’instant , Citoyen Général , votre lettre du 19.

Un général de brigade va se rendre Suez pour prendre le commandement de cette place, ce qui vous mettra à même de retourner à votre division.

Faites préparer , je vous prie, une grande maison où l’on puisse loger 200 galériens.

Le 26, il part d’ici une caravane de 5 ou 600 hommes, avec de l’artillerie et d’autres effets, pour se rendre à Suez; il y a des ouvriers, des forçats , des troupes, de l’artillerie et des vivres.

Il sera utile de donner des ordres pour que, le 29, il y ait à Ageroud de l’eau. J’imagine qu’à l’heure qu’il est le puits est organisé de manière à pouvoir fournir de l’eau pour les animaux. Organisez ce service de manière qu’il y ait toujours une des citernes extérieures pleine.

BONAPARTE.

 

ORDRE.

Quartier général, au Caire. 22 nivôse an VII (11 janvier 1799).

Tout cavalier devra avoir deux petites outres portant chacune 10 livres d’eau, avec les courroies nécessaires pour les attacher sous le porte-manteau.

Les commandants de dépôts commenceront par fournir lesdites outres aux escadrons qui sont actuellelnent à Boulàq ; après quoi , ils en enverront aux escadrons qui sont dans la haute Égypte.

Il y aura par peloton une poche de cuir capable de contenir 30 livres d’eau.

Le commissaire ordonnateur en chef fera un abonnement avec les  commandants des dépôts, pour les mettre à même de subvenir à cette nouvelle dépense.

On fera boire de l’eau saumâtre à tous les chevaux qui sont à Boulàq; les chevaux qui ne voudraient pas en boire seront accoutumés en ne leur donnant pas d’autre eau pendant plusieurs jours.

BONAPARTE.

 

Au général Andréossy, à Gyzeh

Quartier général, au Caire,     23 nivôse an VII (12 janvier 1799).

Je désirerais, Citoyen Général , que vous partissiez le 26 , avec 80 hommes d’infanterie , pour faire une tournée dans la partie nord de votre province et achever la rentrée du myry, des chevaux et des dromadaires.

Vous partirez de Terràneh pour vous rendre aux lacs Natroun, visiter tous les monastères, reconnaitre le fleuve sans eau marqué sur les cartes, et le lieu d’où les Arabes tirent la paille pour faire les paillassons.

Vous emmènerez avec vous le citoyen Marco Calavagi , agent de la République à Terràneh.

 

Au général Reynier, à Belbeys

Quartier Général, au Caire, 23 nivôse an VII (12 janvier 1799)

On me rend compte, Citoyen Général, que les denrées qui étaient à Sàn y sont toujours et s’y gâtent. Veuillez, je vous prie, prendre les mesures pour mettre en réquisition, dans la province de Charquyeh un nombre assez grand e chameaux pour pouvoir transporter rapidement ces objets à Salheyed et à Qatyeh.

L’intendant copte, l’aqent français et le payeur doivent vous accompagner dans les tournées que vous faites pour faire rentrer les impositions.

Si vous ne pouvez pas vous rendre vous-même à San , envosez-y l’adjudant général Cambis, pour rassembler promptement, de cinq à six lieues à la ronde, les moyens de transport.

BONAPARTE.

 

 

AU CITOYEN POUSSIELGUE.

Quartier Général, au Caire , 23 nivôse an VII (12 janvier 1799).

Vous ferez prévenir les marchands du Caire que, le 26, il part une caravane pour Suez, escortée par un gros corps de troupes. Ceux qui auraient à y envoyer des marchandises n’auront qu’à se trouver, le 26, à neuf heures du matin, au fort Sulkowski.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DE BRIGADE JUNOT.

Quartier Général. au Cair, 23 nivôse an VII ( 12 janvier 1799).

Vous partirez, Citoyen Général , le 26, du Caire pour aller coucher à Birket el—Hàggy. Vous aurez avec vous 150 hommes de la légion maltaise , les galériens dont vous trouverez ci—joint l’état nominatif, deux pièces de 12, deux pièces de 8 que le général Dommartin vous remettra , 2500 rations de biscuit, le contre-amiral Ganteaume, le citoyen Lepère, ingénieur des ponts et chaussées, et plusieurs autres membres de la commission des arts.

Vous irez coucher, le 26, à Birket el-Hàgqy, d’où vOus partirez à deux heures du matin pour aller coucher, le 21, le plus loin qu’il vous sera possible.

Vous irez coucher, le 28, à Ageroud, où vous trouverez de l’eau, et vous arriverez, le 29, avant midi, à Suez.

Les Européens qui sont Suez exigent une grande surveillance et une discipline extrêmement sévère. La police de la terre et de la mer est également sous vos ordres. Vous assignerez un poste fixe à tous les Européens, en cas de générale.

Vous favoriserez le nivellement, que j’ordonne, du canal de Suez. Le général du génie a donné à l’officier qui commande cette arme  à Suez différents ordres qu’il vous communiquera, et qui vous feront connaitre les travaux que j’ai ordonnés ; le premier et le plus essentiel est une tour contenant deux pièces de canon à établir sur un des mamelons de la fontaine Moise, afin d’être maitre de cette eau.

Vous donnerez des ordres pour qu’une des citernes du fort d’Aacroud soit toujours pleine d’eau et que le puits soit toujours en état , de manière que, tous les huit jours, vous puissiez envoyer des chameaux pour tourner au puits et remplir la citerne.

Vous vous procurerez du Caire deux filets pour pêcher, et vous organiserez deux bonnes barques de pêche, ce qui doit vous être d’une bonne ressource.

Laissez la plus grande liberté au commerce ; prenez dès votre arrivée les renseignernents nécessaires , afin de pouvoir vous opposer à la contrebande au moment où la flotte de Djeddah arrivera.

Je donne l’ordre à la marine de convertir l’un des plus grands bateaux en citerne, afin de pouvoir servir à approvisionner Suez d’eau , soit en la prenant à la fontaine de Moise , soit même, si l’on pouvait avoir un bâtiment qui contint beaucoup d’eau , en la faisant venir de Thor.

Maintenez une bonne intelligence avec les Arabes de Thor. J’ai envoyé la chaloupe canonnière la Cisalpine, qui ne tardera pas à être de retour. L’officier que j’y ai fait embarqner vous donnera tous les renseignements nécessaires. Nommez un Grec pour faire à Thor les fonctions de commandant et vous rendre comple de ce qui se passe.

Faites connaître aux habitants du mont Sinai qu’ils sont sous votre conunandement, et prenez toutes les rnesures pour tirer du mont Sinai et de Thor des fruits, du charbon et même de l’eau, qui y sont en abondance.

Ayez soin que les bâliments marchands de la flotte de Djeddah soient traités avec les plus grands égards, et que personne ne commette aucune avanie. Comme je désire que vous représentiez , vous jouirez du traitement de table accordé aux généraux de division.

Emportez du Caire les meubles qui vous sont nécessaires pour meubler décemment votre maison ; s’il vous en manquait quelques-uns, je vous les ferais fournir du magasin.

Cinquante hommes de la légion maltaise partiront le 27 et arriveront à Suez , par un autre chemin , avec un officier du génie, qui doit le mesurer.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

Quartier   au Caire , 23 nivôse an VII (12 janvier 1799)

Il y a , Citoyen Général , entre Sàlheyeh et Qatsell , un pont sur canal qui a besoin d’être raccommodé ; dans ce moment-ci , ni l’artillerie ni les chameaux chargés ne peuvent y passer, ce qui oblige, pour se rendre de  Qatyell à Sàlheye, de faire un détour de plus de huit lieues.

Il y a aussi plusieurs lacs où il n’y a que deux pieds d’eau , qu’il sera nécessaire de rendre plus praticables en en faisant jalonner les gués.

Faites partir, je vous prie, dans la journée de demain, un officier intelligent, avec deux escouades de pontonniers et tout ce qui peut être nécessaire pour cet objet.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier général, au Caire, 23 nivôse an VII ( 12 janvier 1799).

Vous voudrez bien donner l’ordre au chef de brigade Duvivier de partir demain avec 60 hommes de cavalerie. Il prendra le Moqattam au-dessus de la citadelle et fera cinq bonnes lieues. Il se fera éclairer, à trois quarts de lieue de sa droite et de sa gauche, par un maréchal des logis et 6 hommes, afin de découvrir un grand espace de terrain. Il arrêtera toutes les caravanes de chameaux et les Arabes qu’il rencontrera.

Il sera accompagné d’un officier du génie, qui lèvera un croquis de la route par où il passera.

Vous ferez connaitre au chef de brigade Duvivier que j’espère qu’il nous amènera, demain au soir , une soixantaine de chameaux.

S’il rencontrait la caravane des Arabes de Thor, il la laisserait passer tranquillement.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire , 23 nivôse an VII (12 janvier 1799).

Vous donnerez l’ordre au citoyen Croizier, mon aide de camp, chef d’escadron, et à 60 hommes de cavalerie , de partir demain, pour se rendre à Birket el-Haggy, en s’enfonçant dans le désert jusqu’à perte de vue des arbres.

Il tiendra , à une lieue sur sa droite, un maréchal des logis avec 5 ou 6 hommes, afin d’embrasser un grand espace de terrain.

Il courra sur toutes les caravanes de chameaux et les Arabes , et s’en emparera, hormis celles qui viendraient de Suez avec des marchandises pour le Caire ou celles des Arabes de Thor.

Si , dans la journée, il parvient à s’emparer de chameaux, il retournera au quartier général ; sans quoi, il ira coucher à Birket el-Haggy, d’où il repartira après-demain , à la pointe du jour, et s’enfoncera dans Ie désert, entre Birket et le désert. Il parcourra toute cette partie du désert comprise entre Belbeys, Suez et le Caire, jusqu’à ce qu’il se soit procuré 50 chameaux. Sa troupe prendra des  vivres pour quatre jours ; ses chevaux prendront de l’orge à Birket

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Quartier général, au Caire, 23 nvôse an VII (12 janvier 1799).

Mon aide de camp Merlin a ramené de Belbeys, avec lui, un piquet de 23 hommes du 3e régiment de dragons; il y avait déjà un piquet de 25 hommes venus avec moi. Vous donnerez l’ordre au citoyen Lambert de partir avec ces 30 hommes après-demain ; il ira jusqu’à Belbeys avec les pontonniers ; à Belbeys, il prendra 25 hommes du 3e et huit jours de vivres pour les hommes et chevaux.

Il entrera dans le désert, ira coucher au premier puits de l’Ouady, près d’Abou-Béchabé ; de là il ira coucher au puits de Saba’ Bhàr ; de là, il ira à Qantarah . 3)Quantarah el’Kasneh

Dans toutes ses marches , il se fera éclairer sur la droite et sur la gauche à deux lieues de distance, afin de pouvoir découvrir les convois de chameaux , qui sont très-fréquents sur cette route. Il enlèvera tous les chameaux ou les Arabes qu’il rencontrera trois lieues dans le désert ou dans l’Ouady.

Il y a à Qantarah une petite partie de la tribu des Haouytàt avec leur chef ; il combinera ses mouvements de manière à pouvoir les surprendre, afin de les prendre avec leurs bagaqes et leurs troupeaux.

Si, dans ces différentes courses, il a pris 100 chameaux aux Arabes, il les ramènera au Caire ; sans quoi , il se reploiera sur Koraym, restera quelques jours pour rafraichir ses chevaux , y prendra des vivres pour ses chevaux pour huit jours , passera à Sàlheyeh , où il prendra les vivres pour huit jours pour les hommes , et parcourra toute la route de la montagne, de Saba’ Byar à Qalyeh , en reconnaissant tous les puits et pâturages et repoussant les Arabes jusqu’à El-A’ràs, où se retirent souvent les tribus en révolte contre le gouvernement. II sera accompagné d’un officier du génie, qui tirera des croquis de toute la route.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI

Quartier Général, au Caire,  23 nivôse an VII (12 janvier 1799).

Je désirerais, Citoyen Général , qu’on lançât le ballon le 25,  jour  de l’anniversaire de la bataille de Rivoli. Vous feriez écrire dessus Bataille de Rivoli, et les noms des braves morts dans cette bataille. Je vous prie de le faire annoncer nıorls (lans cetle l)’ltaille.

Je vous prie de le faire annoncer demain dans la ville.

BONAPARTE

 

ORDRE

Quartier Général au Caire, 23 nivôse an VII (12 janvier 1799)

Article Ier . — II sera suspendu, à dater du 1er pluviose, au milieu des rues du Caire, à la distance de 10 à 20 toises l’un de l’autre, suivant les localités, un luminaire de quatre lampes.

Art. 2. — La dépense de ces luminaires sera supportée par les gens aisés , possesseurs de boutiques, de maisons et okels. 4)En Égypte on donne le nom d’okel aux édifices du genre de ceux que les Turcs et les Persans appellent caravansérails. L’okel est à la fois un bazar, un magasin, un atelier et une auberge où se rendent les voyageurs et de préférence les marchands. Les okels étaient nombreux au Caire et dans les principales villes d’Égypte. – Merci Jakub

Art. 3. — Les clıeiks des rues et des quartiers sont chargés de prendre toutes les mesures et de faire toutes les dispositions pour ledit éclairage , en désignant chaque particulier qui doit contribuer aux frais des luminaires.

Art. 4.  — Toutes les fois que ces luminaires ne seront pas bien entretenus, on s’adressera aux cheiks des rues ; toutes les plaiııtes seront portées au divan, qui est chargé de faire toutes les dispositions pour que l’éclairage ne soit pas à la charge du pauvre et ne devienne pas un objet de vexation.

Art. 5. –  Le commandant de la place veillera à l’exécution du présent ordre.

BONAPARTE.

 

Au général Caffarelli

Au Caire, 24 nivôse an VII (13 janvier 1799)

Vous verrez, Général, par l’ordre du jour de demain, qu’une commission se rend avec une forte escorte dans la haute Égypte.

II part le 26 une cravane pour Suez

Il partira le 1er pluviose quatre bâtiments armés pour aller à Qaseyr et dans d’autres ports de la mer Rouge

Le général Andréossy part le 26 pour se rendre aux lacs Natroun et visiter les monastères et la rivière sans eau.

Ceux de la commission des arts qui désirent se rendre dans ces divers endroits en sont les maîtres.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Quartier général, au Caire, 24 nivôse an VII (13 janvier 1799)

J’ordonne au payeur, Citoyen Général , de vous solder, avant demain à midi, l’ordonnance de 23, 000 francs que je vous ai donnée. Mon intention est que les travaux reprennent toute l’activité possible. ele désire qu’avant le pluviôse l’hôpital d’Ibrahim-Bey puisse contenir Inalades ;

Que le fort Camin soit en état ;

Que l’orillon du fort de l’Institut soit en état de défense ;

Que la communication du fort Sulkowski au quartier général soit achevée et intérieure au canal ;

Que la communication de la plate Ezbekyeh à Boulàq, en passant par le petit pont, soit, ce qui est commencé, achevée , et le reste tellement tracé, qu’elle devienne la route de tout le monde, et qu’on puisse, au 10 pluviôse, prohiber l’autre aux Français ;

Que la communication du quartier général à la maison d’Ibrahim-Bey soit absolument achevée ; nous avons manqué aujourd’hui de nous casser le cou ;

Enfin que la place Ezbekyeh soit fermée conformément au plan que nous avons arrêté l’autre jour.

Mettez la plus grande activité dans les travaux sans regarder à l’argent ; je vous en fournirai autant qu’il vous en faudra.

Faites-moi connaitre la personne que vous aurez chargée des communications en place du citoyen Lepère 5)Ingénieur en chef des ponts-et-chaussées alors en mission à Suez .

BONAPARTE.

 

ORDRE DU JOUR.

Quartier Général,  au Caire,  24 nivôse an VII  (13 janvier 1799)

ARTICLE . I er . — Le caporal Girardeau et le grenadier Antoine, de la 32e demi-brigade , seront fusillés aujourd’hui , à midi , comme ayant assassiné trois  femmes 6)On lit dans le journal d’ Abd-al-Rhaman : Dans la nuit du 27 redjebh, des Francais cassèrent une fenêtre de la maison Mohammed  Gerheri Ezbckyeh, près la porte El-Vona. Ils s’y introduisirent, y trouvèrent trois femmes; ils les battirent et en tuèrent une.

ART. 2.  – Les officiers , sous-officiers et grenadiers de la compagnie, qui étaient de service au quartier général dans la nuit du 14 au 15 sont cassés.

ART. 3. — Le général de division me présentera des officiers et sous-officiers pour commander cette compagnie ; il choisira de bons sujets et des hommes capables de maintenir la discipline.

ART. 4. — Les nommés Dupont, François Campredon , Dorat , Delhomme , Lamontagne , Aureille, Giraud , Lacombe, Geneste, Bousquet, Prudhonune, Vanille, Laurent , Lachique , Croisette, ainsi que tous les sous-offciers destitués par l’article précédent, seront incorporés comme simples fusiliers dans les autres demi-brigades de l’armée.

L’état-major recommandera au chef de la brigade où il les enverra d’avoir sur eux une surveillance particulière, afin de punir sévèrement le premier acte d’indiscipline qu’ils commettraient.

BONAPARTE.

 

ORDRE  JOUR

(EXTRAIT)

Quartier général, au Caire. 24 nivôse an VII ( 13 janvier 1799) .

Le général en chef destitue de leurs fonctions les citoyens Guilhaudin et Santon, capitaines au 3e bataillon de la 25e demi-brigade pour avoir joué avec des soldats à des jeux de hasard; ils sront remplacés à leur corps.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier Général, au Caire, 24 nivôse an VII (13 janvier 1799) .

ARTICLE I et . — Tous les délits commis par les habitants du pays , et qui ne sont pas du ressort du conseil militaire, seront jugés par le cadi.

ART . 2 . — Lorsque ces délits compromettront la sûreté publique, ou que les circonstances seront telles que le général commandant la province croira devoir les faire juger par un tribunal français, il formera une commission composée des trois premiers officiers en grade qui sont dans la province, du commissaire des guerres, du président du divan ; l’agent français fera les fonctions de rapporteur. Lorsque cette commission prononcera la peine de mort, elle ne pourra être exécutée qu’après l’approbation du général en chef.

BONAPARTE.

 

 AU GÉNÉRAL MARMONT, ALEXANDRIE.

Quartier Général, au Caire, 25 nivôse an VII     (13  janvier 1799).

Je ne conçois pas , Citoyen Général , comment les consuls étrangers ont pu recevoir une lettre de l’amiral anglais sans que vous en soyez instruit, et je conçois encore moins comment , l’ayant reçue, ils l’ont publiée sans votre permission. 7)Cette lettre prévenait les consuls les navires des neutres pourraient désormais sortir librement du port d’ Alexandrie, en justifiant toutefois de la régularité de leurs papiers de bord.

Faites-vous rendre compte par les consuls, demandez-leur qui leur a remis cette lettre, et faites-leur connaitre que si ,à l’avenir, ils ne vous remettaient pas , toutes cachetées , les lettres qu’ils recevraient, vous les feriez fusiller. Si ce cas se représentait , vous m’enverriez la lettre toute cachetée.

Vous ferez mettre le scellé sur tous les effets du nomné .lenovich, capitaine impérial , qui s’est rendu à Alexandrie, et vous me l’enverrez Itii-nlònoe, sous bonne escorte , au Caire ; vous aurez soin de le faire mettre nu et de prendre tous ses habillements, que vous ferez découdre pour vous assurer qu’il n’y a rien dedans. Vous lui ferez donner d’autres habits. L’envoi de cet homme à Alexandrie parait suspect : du reste, je suis fort aise qu’il y soit, puisqu’il vous donnera des nouvelles du continent; mais qu’il ne parle à personne.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL LAGRANGE , A GIZEH

Quartier Général, au Caire,  26 nivôse an VII (14 janvier 1799).

J’ai reçu, Citoyen Général, votre lettre qui m’annonça votre arrivée à QatsTh ; j’ai été fâché de vous voir avec si peu de monde ; la 15e demi-brigade a ordre de s’y rendre.

J’ai donné ordre à un détachement de pontonniers de se rendre sur le chemin de Sàlheyeli à Qats eh pour rétablir le pont. Le général du génie a donné les ordres pour rétablir la route.

Je désire que vous me fassiez connaitre la distance de Qatyeh à El-A’ryell , et le nombre de puits qui s’y trouvent.

J’ai donné ordre que l’on vous envoit un millier de pieux.

Activez les ouvrages des fortifications ; faites venir des pièces de Sàlheyeh, trois ne suffisent pas. Prenez toutes les mesures pour être, sous peu de jours, à l’abri de toute attaque de la part des Turcs.

Mettez-moi au courant de toutes les nouvelles que vous pourriez avoir de Syrie.

,l’ai donné mille et un ordres pour votre approvisionnement.

 

 

AU GÉNÉRAI,

Quartier Général, au Caire, 23 nivôse an VII ( 14 janvier 1799)

Demain , Citoyen Général , le général Junot part pour Suez.

Je désire que la position du puits qui se trouve vers la moitié du chemin soit déterminée ; que les ingénieurs se munissent de tout ce qui sera nécessaire pour descendre dans ce puits ; qu’ils reconnaissent si l’on a creusé jusqu’au roc et s’il serait possible de creuser davantage; enfin qu’ils mesurent la distance du Caire à Suez.

Après-demain d’autres ingénieurs partiront, escortés par un détaehement de 110111tnes que le général Junot laisse à cet effet ; ils mesureront aussi la distance du Caire à Suez par le chemin de la vallée de l’Égarement.

BONAPARTE.

 

Quartier Général, au Caire, 25 nivôse au VII ( 14 janvier 1799) .

ARTICLE I er. Le citoyen Conté fera faire , dans le plus court délai possible, cinq caisses pour les caractères de l’imprimerie arabe.

ART. 2. — Le général Caffarelli remettra à la disposition du directenr de l’impritnerie nationale cinq enfants sachant lire, pour apprendre le métier de compositeur.

ART. 3. — Le citoyen Venture fournira à l’imprimerie arabe cinq ouvriers turcs ; il fixera leur traitement.

ART. 4. — L’ordonnateur en chef fera rembourser toutes les dépenses qu’a faites le directeur de l’imprimerie nationale.

ART. 5. — L’imprimerie arabe sera directement sous l’inspection du citoyen Venture ; on ne pourra rien imprimer que par son ordre. Tous les jours, le directeur lui rendra cornpte de ce qu’il aura imprimé et des plaintes qu’il aurait former contre les ouvriers.

ART. 6 . — L’mprimerie française sera sous l’inspection immédiate du citoyen Fauvelet-Bourrienne; elle n’imprimera rien que par son ordre. Le directeur lui rendra compte, tous les jours, de ce qu’il aura imprimé et des plaintes qu’il aura à faire contre les ouvriers.

BONAPARTE.

 

ORDRE DU JOUR

Quartier général , au Caire; 25 nivôse au VII ( 14 janvier 1799).

Le Général en chef ordonne que chaque attelage d’artillerie, composé de quatre chevaux ou mulets, devra porter avec lui quatre-vingts à cent livres d’eau.

Chaque brigade devra avoir une poche capable de contenir trente livres d’eau.

Le général d’artillerie présentera le plus tôt possible au général en chef le nombre d’outres qui remplisse le but ci-dessus.

Chaque pièce d’artillerie devra avoir deux pelles et une pioche. Le directeur du parc de l’armée et les commandants de l’artillerie des divisions sont responsables de l’exécution du présent ordre.

Les générax de division passeront une revue extraordinaire de leur artillerie et enverront à l’état-major général l’état de l’approvisionnement, de l’attelage et des harnais.

Chaque pièce doit avoir cent cinquante coups à tirer et deux harnais de rechange.

BONAPARTE.

 

 

AU GÉNÉRAL MARMONT, à Alexandrie,

Quartier Général, au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799)

Six officiers de santé partent pour Alexandrie, Citoyen Général ; le citoyen Blanc m’assure avoir envoyé tous les conservateurs qu’il avait à sa disposition. Vous vous trouvez dans des circonstances difficiles, où, par des soins et de l’activité . vous pouvez acquérir une nouvelle gloire.

BONAPARTE.

 

Au général Menou, à Rosette

Quartier général, au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799)

Je suis instruit , Citoyen Général, qu’un nommé Abd-Allah-Bacha doit se rendre à Edkon, pour aller à bord des Anglais. Le signal dont ils se servent ordinairement pour faire venir les chaloupes est de battre un briquet ou de brûler des amorces.

BONAPARTE.

de la {luerre.

 

AU GÉNÉRAL REYNIER, à Belbeys

Quartier général. au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799).

La province de Charqyeh, Citoyen Général , doit fournir assez de moyens de transport pour suffire à l’approvisionnement des troupes qui sont Qatyeh et former les approvisionnements de réserve que je désire avoir dans cette place. Comme cet objet est très-important, je vous prie de ne pas Ie perdre de vue.

BONAPARTE.

 

AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME.

Quartier  Général, au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799).

Vous vous rendrez à Suez, Citoyen Général ; vous passerez une inspection rigoureuse de tous les établissements de la marine de Suez. Vous donnerez les ordres pour que tous les magasins et établissements soient conformes au projet  que j’ai d’organiser et de maintenir à Suez un petit arsenal de construction.

La chaloupe canonnière la Castiglione sera sans doute de retour ; si les trois autres chaloupes canonnières sont prêtes, bien armées et dans le cas de remplir une mission dans la mer Rouge, vous partirez avec.

Vous vous rendrez à Qoseyr, vous vous emparerez de tous les bâtiments appartenant aux Mameluks qui sortiraient de ce port,

Vous vous emparerez du fort, et vous le ferez mettre sur-le-champ dans le meilleur état de défense.

Vous tâcherez sur-le-champ dee correspondre avec le général Desaix. Vous laisserez en croisière, devant le port de Qoseyr, une partie de vos chaloupes canonnières.

Vous ferez tous les règlements que vous jugerez nécessaires pour l’établissement de la douane, pour la formation des magasins nationaux, la recherche de tout ce qui appartenait aux Mameluks, et pour le commerce.

Vous écrirez à Vanbo, Djeddah et Moka, pour faire connaitre que l’on peut venir en toute sûreté commercer dans le port de Suez ; que toutes les mesures ont été prises pour l’organisation du port et pour pouvoir fournir aux bâtiments tous les secours dont ils auront besoin.

Vous embarquerez sur chacune de vos chaloupes canonnières 80 hommes, dont 40 de la légion maltaise, 10 canonniers, que vous laisserez en qarnison à Qoseyr , et 30 hommes de la 32e demi-brigade.

Je ferai partir dans deux jours un officier du génie et un officier de terre que je destine à commander à Qoseyr.

Vous ferez embarquer deux pièces de 4 de campagne , que vous laisserez pour armer le fort de Qosesr, si on n’y en trouve pas.

Au reste , vous combinerez votre marche de manière que, autant que les vents pourront le perntetlre , vous soyez , de votre personne, de retour au Caire du 15 au 20 pluviôse.

Je vous enverrai, par l’officier qui part dans deux jours, des plis pour Mascate el Djeddah, que vous ferez passer.

Si les quatre armements n’étaient pas achevés , vous enverriez alors les trois qui seraient prêts, avec les nouvellles instructions que je vous donne ; mais vous resteriez à Suez et donneriez le commandement à un capitaine de frégate.

BONAPARTE.

 

AU COMMANDANT DES ARMES A BOCLAQ.

Quartier  Général, au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799)

Vous voudrez bien , Citoyen , raire embosser une des demi-galères le plus près possible de Gyzeh, et vous concerter à cet effet avec le commandant du génie. Elle sera placée de manière à flanquer le pont du Nil, le Meqyàs et l’entrée du petit canal.

Vous ferez embosser Le Tonnant près de Gyzeh, de rnanière qu’il flanque le front de la rnaison de Mourad-ltev.

Enfin vous ferez placer le Pluvier à l’endroit qui sera désiqné par le commandant du génie, mais de manière qu’il défende la sortie du canal qui sépare l’ile de Roudall de la maison d’Ibrahim-Bey , de manière que ce bâtitnent protége et soit protégé par la batterie nord de cette ile.

BONAPARTE.

 

ARRÊTÉ.

Quartier Général, au Caire, 26 nivôse an ( 13 janvier 1799).

ARTICLE Ier. — Il sera formé, chez l’administrateur des finances, un conseil des finances qui se réunira demain , à deux heures après midi, Il sera cmnposé des citoyens Monge, Caffarelli , Blanc, James, et de l’ordonnateur en chef.

ART. 2. — Ce conseil s’occupera , 1° du système et du tarif des monnaies et des changements possibles à y faire les plus avantageux à nos finances ; 2° des opérations que, dans la position actuelle de l’Egypte, on pourrait faire pour procurer de l’argent à l’armée et accroitre ses ressources ; du plan raisonnable que l’on pourrait adopter pour, sans diminuer sensiblernent les revenus de la République , donner aux soldats de l’armée une récompense qu’ils ont méritée à tant de titres.

ART. . — Ce conseil fera un règlement pour l’heure, la tenue de ses séances, et son travail.

BONAPARTE.

 

AU CITOYEN POUSSIELGUE.

Quartie Général, au Caire, 26 nivôse an VII ( 15 janvier 1799)

Nous avons le plus grand besoin d’argent. Les femmes 8)Des Mameluks. doivent 6, 000 talari. le sàghà 1,000, les négociants de Damas 700; voyez à les faire payer dans les vingt-quatre heures.

Vous me ferez demain un rapport sur nos ressources et nos moyens d’avoir de l’argent; tâchez de nous avoir 2 à 300.000 livres.

Les deux bàtiments de cafés qui sont arrivés à Suez doivent avoir payé quelques droits ; faites-vous-en remettre le montant.

Vous trouverez ci-joint un ordre pour que les Coptes versent demain 10,000 talari ; après-demain , 10,000 autres ; le Ier pluviôse, 10,000 autres ; le 3 pluviôse, 10,000 autres ; le pluviôse, 10,000 autres : en tout 30,000 talari. Vous hypothéquerez, pour dudit argent, les blés qui sont dans la haute Égypte et vous leur ferez connaitre qu’il est indispensable que cela soit soldé, parce que j’en ai le plus pressant besoin.

Vous ferez demain un rapport sur la quantité d’obligations qu’a en ce moment l’enregistrement, en comptant depuis aujourd’hui, décade par décade.

Enfin vous me ferez un rapport sur la quantité de villages et de terres qui ont été affermés , et sur les conditions desdits affermages.

Vous demanderez deux mois d’avance à tous les adjudicataires des différentes fermes.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BON.

Quartier Général, au Caire, 26 nivôse an VII (15 janvier 1799j.

La 32e demi-briqade, Citoyen Général , a être affectée du soupçon qui a un instant plané sur tous les individus de la demi-brigade ; mais aujourd’hui tous les coupables ont été reconnus et punis.

Faites connaitre aux officiers supérieurs qui commandent ce corps, et surtout au chef du 3e bataillon , combien il est nécessaire de ne pas se relâcher de la discipline; car, si événement pareil se renouvelait , cela pourrait jeter une tache sur un corps aussi distingué et qui a rendu d’aussi grands services.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL MARMONT, A Alexandrie

Quartier Genéral, au Caire . 27  nivôse an VII ( 16 janvier 1799))

Vous devez , Citoyen Général , vous concerter avec le divan pour prendre toutes les mosquées isolées et propres recevoir des convalescents où à faire des magasins , et qui ne seraient pas indispensables aux musulmans pour leur service. Ici , j’en ai converti en forts , en magasins , etc., personne ne l’a trouvé mauvais.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL MARMONT, A ALEXANDRIE.

Quartier Général, au Caire, 21 nivôse an VII (16 janvier 1799)

Je reçois , Citoyen Général , votre lettre du 17.

Envoyez—moi tous les jours l’état nonmnatif des hommes qui meurent. Faites-vous fournir des bestiaux par l’adjudant général Leturcq, qui se trouve sous vos ordres à Damanhour. L’ordonnateur prend de nouvelles mesures pour que vous ayez de la viande.

Je donne ordre à l’ordonnateur Le Roy de vous remettre 3,000 livres , que vous enverrez au commodore Hood, pour faire passer aux prisonniers qui sont à Rhodes.

Ayez bien soin que le fils du capitaine de la caravelle ne vous échappe pas.

L’adjudant général Leturcq vous envoie des blés par terre; ne pourriez-vous pas , en retour, envoyer des vins , que l’on vendrait à Damanhour ? Au reste , je vous autorise à envover à Rosette, par mer, comme vous le proposez.

Faites faire, tous les cinq jours, une visite des hôpitaux par un officier supérieur de ronde, qui prendra toutes les précautions nécessaires à cet effet, qui visitera tous les malades, et fera fusiller sur-le-champ, dans la cour de l’hôpital, les infirmiers ou employés qui auraient refusé de fournir aux malades tous les secours et vivres dont ils ont besoin. Cet officier, en sortant de l’hôpital , sera mis pour quelques jours en réserve dans endroit particulier.

Vous avez bien fait de faire donner du vinaigre et de l’eau-de-vie à la troupe; épargnez l’un et l’autre ; il y a loin d’ici au mois de juin.

BONAPARTE

 

AU CITOYEN LE ROY.

Quartier général, au Caire , 27 nivòse an VII (16 janvier 1799).

Puisque tout le monde pense devoir armer la Carrère avec du 12, je ne m’y oppose pas ; mais je crains qu’elle n’en marche pas mieux et qu’elle ne perde un grand avantage. Faites donc là-dessus ce que vous croirez le plus utile.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL MENOU,

Quartier Général, au Caire, 27 nivôse an VII ( 16 janvier 1799).

Vous ne me faites pas connaitre , Citoyen Général , le nom de la tribu d’Arabes qui vous inquiète à Rosette. Nous sommes parvenus , dans le reste de l’Egypte, à nous en débarrasser en faisant des marches de trois jours dans le désert sur leurs camps, avec 200 hommes : ce qui les effraye au point de donner des otages, faire la paix et vivre en honnêtes gens, ou de fuir cinq ou six journées dans le désert, et alors ils ne sont plus dangereux. Des gens du pays vous indiqueront leur camp. Envoyez-y de nuit 250 hotnmes , et alors vous n’en entendrez plus parler.

BONAPARTE.

 

A L’ADJUDANT GÉNÉRAL LETURCQ , A DAMANHOUR

Quartier Général, au Caire , 27 nivôse an VII ( 16 janvier 1799).

Le myry ni les chevaux de votre province ne sont pas encore levés; vous avez cependant plus de 300 hommes à vos ordres.

Les Arabes inquiètent les environs de Rosette; prenez des mesures,  1° pour tomber sur le camp des Arabes ; 2° pour faire lever le myry et les chevaux ; vous nous en avez envoyé fort peu.

Alexandrie a besoin de bestiaux ; venez au secours de cette place.

BONAPARTE.

 

ORDRE.

Quartier général . au Caire, 27 nivôse an VII ( 16 janvier 1799).

Article Ier  — L’administration de l’enregistrement , sous sa responsabilité , fera rentrer, d’ici au 30 nivôse , les 205,500 livres dues pour l’enregistrement, et les 19,982 dues pour les rachats des femmes.

Art. II. – . L’état-major mettra , à dater de demain , un chef de bataillon et 100 hommes à la disposition de l’administration de l’enregistrement, pour les contraintes nécessaires.

BONAPARTE.

 

ORDRE DU JOUR

Quartier Général , au Caire, 27 nivôse an VII (16 janvier l1799).

Le général en chef est satisfait du zèle des conservateurs et employés de l’administration sanitaire à Alexandrie. Le citoyen Blanc leur répartira 1500 livres de gratification.

Il y aura à l’ambulance de chaque division cinq chameaux portant des paniers; comme les gens du pays s’en servent pour porter les femmes, ils serviront à transporter les blessés ; l’ordonnateur en chef en fera faire sur-le-champ un modèle. Il y en aura dix à l’ambulance

 

ORDRE DU JOUR.

Quartier Général, au Caire, 28 nivôse an VII ( 17 janvier 1799).

Le général en chef ordonne au général de division Kleber de se rendre à Damiette, pour prendre le commandement de son ancienne division et celui de la province.

Il verra le général en chef, qui lui remettra une instruction particulière de lui sur ce qu’il aura à faire.

Par ordre du général en Chef.

 

AU  GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier général , au Caire, 29 nivôse an VII (18 janvier 1799).

Vous voudrez bien donner l’ordre au général Menou de laisser le commandement de la province de Rosette à l’adjudant général Jullien , et de se rendre au Caire. Vous lui enverrez cet ordre par un adjoint. Vous lui ferez pressentir que mon intention est qu’il me remplace au Caire , si des circonstances militaires m’obliqeaient à me rendre dans la haute Égypte, dans le désert ou en Syrie.

Comme il serait possible que les mauvais temps empêchassent le général Menou de remonter le Nil , il pourrait venir par terre avec la légion nautique, le détachement de la 25e ou tout autre en nombre suffisant pour que cela lui formât une escorte sûre. Il en profiterait pour traverser tout le Delta et recueillir tous les renseignements qu’il pourrait sur cette province.

BONAPARTE.

 

Au général Berthier,

Quartier général, au Caire, 29 nivôse an VII ( 18 janvier 1799).

Vous voudrez bien faire donner un sauf-conduit à la tribu des Saouàlhàt. Ils pourront habiter, comme par le passé, les environs d’Abou-Za’beI , à condition qu’ils vivront tranquillement, n’inquièteront point les fellahs et ne commetront aucun pillage. Quant aux prisonniers , soit hommes , soit femmes, qui leur ont été faits , ils ne leur seront rendus que lorsqu’ils amèneront autant de chameaux qu’il a de prisonniers. Les deux cheiks donnent, l’un , son neveu , l’autre, son fils en otage. Vous prendrez leur signalement, et vous les confierez à la garde de Zoulfiqàr, qui en devra répondre sur sa tète.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Quartier Général, au Caire, 29 nivôse an VII (18 janvier 1799).

Si , le 15 pluviôse , la ville du Caire s’insurqeait, la citadelle, les forts Dupuy , Sulkowski , la Prise d’eau , Ibrahim-Bey, les forts de l’Institut , Carnin , Gyzeh , seraient en mesure et n’auraient besoin que de lever leurs ponts-levis.

Les hòpitaux sont ou à Gyzeh, ou Ibrahim-Bey, ou à la citadelle.

Les magasins sont ceux de l’artillerie à Gyzeh, ceux du génie à la maison d’Ibrahim-Bey.

La manutention, au Meqyàs, à la citadelle et à Gyzeh.

Les magasins d’habillement et les logements de l’état-major et des différents employés de l’armée soit dans le quartier de l’Institut ou à la place Ezbekyeh.

Les dépôts et magasins des corps sont placés à la citadelle, à Gyzeh ou au Meqyàs.

Dans l’un et l’autre de ces endroits , ils s’y trouvent protégés par la redoute de l’Institut ou par le fort Camin , par leur nombre et les maisons qu’ils occupent.

1° Par quels débouchés la populace pourrait-elle se porter sur eux ?

2° Quels sont les coupures , retranchetnents ou batteries que l’on pourrait faire, pour assurer que l’un et l’autre de ces quartiers soient à l’abri de toute insulte ?

Quels moyens pourrait-on prendre pour que les comtnandants des différents forts connussent les limites des quartiers français , afin que, s’ils étaient obligés de tirer, ils ne tirassent pas indistinctement sur tous les quartiers ?

4° Par quels débouchés les Arabes du dehors pourraient-ils se porter sur ces quartiers ?

Dans quelle situation seront les forts de l’Institut et Carnin ?

Je vous prie, Citoyen Général, de me remettre, le 3 pluviôse, un mémoire sur ces questions.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 29 nivôse an VII (18 janvier 1799).

Vous voudrez bien , Citoyen Général , donner l’ordre pour que l’on organise prompternent deux compagnies de vétérans, qui feront le service à la citadelle. Je désire que ces deux compagnies soient organisées pour le 4 pluviôse an VII

Le 6 pluviôse , le bataillon de la 69e, qui est à la citadelle, descendra en ville. Il sera placé dans une caserne sur la place

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Quartier   Général au Caire , 29 nivôse an VII (18 janvier 1799).

Toutes les portes de la citadelle du Caire, Citoyen Général, seront bouchées, hormis celle qui est désignée pour l’entrée, et la porte de secours qui sera jugée être la meilleure pour communiquer avec le fort Dupuy. La porte de la tour des Janissaires sera condamnée ; derrière la porte, on fera une légère muraille de 18 pouces, de manière qu’en défaisant cette muraille la porte puisse servir.

BONAPARTE .

 

AU GENÉRAL VERDIER

Quartier Général, au Caire, 29 nivôse an VII  (18 janvier 1799).

Je reçois , Citoyen Général, vos lettres des 24 et 25. J’ai appris avec intérêt l’expédition que vous avez faite contre les Arabes de Derne.

Le cheik du village de Myt-Ma’sarah est extrêmement coupable ; vous le menacerez de lui faire donner des coups de bâton, s’il ne vous désigne pas l’endroit où il y aurait d’autres Mameluks et d’autres pièces qu’il aurait cachés ; vous vous ferez donner tous les renseignements que vous pourrez sur les bestiaux appartenant aux Arabes de Derne qui pourraient être dans son villaae ; après quoi, vous lui ferez couper la tête , et la ferez exposer avec une inscription qui désignera que c’est pour avoir caché des canons.

Vous ferez également couper la tête au Mameluk 9)Mameluk qui, prisonnier, avait son gardien, un moment après avoir obtenu l’aman. , et vous enverrez à Gyszeh les trois pièces de canon que vous avez trouvées dans ce village. Faites une proclamation dans la province pour que tous les villages qui auraient des canons aient à les envoyer dans le plus court délai.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL LECLERC.

Quartier général, au Caire. 29 nivôse an VII (18 janvier 1199).

Vous devez avoir reçu, Citoyen Général, les souliers et capotes que vous demandez pour la troupe sous vos ordres.

Le général Verdier me marque qu’il a donné de nouveau la chasse aux Arabes de Derne. Ils n’ont donc pas passé dans le Delta? Voyez à savoir où ils sont, et à leur faire beaucoup de mal, si vous le pouvez.

Des chevaux et de l’argent. 

BONAPARTE.

 

AU CITOYEN GUIBERT, AIDE CAMP DU GÉNÉRAL EN CHEF.

Quartier  Général, au Caire, 29   nivôse an VII (18 janvier 1799).

Vous partirez demain, Citoyen, avec un convoi de 140 chameaux. Vous aurez avec vous, indépendannnent d’un corps d’infanterie, 50 hommes du 3e ; vous vous rendrez avec ledit convoi à Qatieh.

Arrivé à Sàlhevell , vous vous assurerez qu’il qu’il n’y a plus Sàn aucune farine et que tout y a été transporté ; vous verrez si l’on travaille à raccommoder le pont qui est entre Sàlheveh et Qatyeh.

Arrivé à Qatyeh, vous vous rendrez au bord de la mer ; vius visiterez dans le plus grand détail les magasins , les fortifications , les différents points.

Si le général Lagrange désire garder les hommes de cavalerie que vous avez avec vous, vous les lui laisserez , et vous reviendrez avec une bonne escorte d’infanterie.

Vous m’écrirez de Belbevs , de Sàlbeyeh et de Qatyeh , pour me faire connaitre ce qu’il y aurait de nouveau dans ces différentes places, et vous me communiquerez les observations que vous auriez faites.

Vous resterez à Qatyeh tout au plus trois ou quatre jours. Mon intention est que vous soyez ici du 10 au 12 pluviôse.

Vous aurez bien soin de vous informer, d+ans votre route de Sàlhevell à Qatyeh et de Qatyeh à la mer, de tous les puits et s’il n’y en a point à droite ou à qauche. Vous apporterez ici, si cela est possible, des échantillons d’eau des différents puits et surtout des lacs.

Si , en route , vous appreniez quelque chose d’intéressant, soit du général Lagrange, soit du citoyen Lambert, qui a été dans le désert avec 60 hommes , vous m’en feriez part en m’expédiant un Arabe.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL LAGRANGE , A QATYEH

Quartier Général, au Caire. 29 nivôse  an VII (18 janvier 1799)

J’espère qu’à l’heure qu’il est, Citoyen Général, vous vous trouvez à couvert de toute entreprise des Mameluks.

Aujourd’hui il part, avec l’aide de camp Guibert, un convoi de 130 chameaux chargés de biscuit, qui se rend directement à Qatyeh.

La 75e a reçu l’ordre de se rendre à Qatyeh : j’imagine qu’elle sera prête à y être rendue lorsque vous recevrez celte lettre.

Par la lettre du chef de brigade Sanson, du 25, que me communique le général Caffareili , je vois que le convoi de Damiette est déjà arrivé Tyneb ; ainsi, je puis espérer qu’il y est rendu à l’heure qu’il est.

Le général Dugua a ordre de vous envoyer beaucoup de choses de Damiette. J’espère que tout cela pourra débarquer directement au bord de la mer.

Le général Kléber part ce soir pour Damiette , afin d’activer le départ de tous les convois nécessaires à l’approvisionnement de Qatyeh.

Faites parcourir la côte, afin de parvenir à découvrir une anse où les djermes se trouvent à l’abri des mauvais temps.

Employez tous les chameaux que le pays peut vous procurer, à transporter vos denrées de Salheyeh et de Tyneh.

Faites—moi connaitre les nouvelles de Syrie.

Je donne ordre au payeur de la division de vous faire passer 3,000 livres pour subvenir aux dépenses extraordinaires que vous serez dans le cas de faire.

Envoyez-moi tous les renseignements que vous pourrez sur la route de Qatyeh à El—A’rych , et surtout sur l’eau qui s’y trouve.

Vous recevrez, par le convoi qui part aujourd’hui, 1,000 pieux et 1,000 porte-pieux pour la 85e. Par le prochain convoi , vous recevrez 1,000 bidons et 1,000 pieux pour la 75e Faites connaitre à Maugras 10) Chef de la 77e que les capotes et les bonnets pour sa demi-brgade partent aujourd’hui pour Damiette ; qu’il les envoie prendre.

BONAPARTE.

 

Quartier général. au Caire, 29 nivôse an VII (18 janvier 1799).

Le général en chef, d’après les témoignages rendus par le général de division Kleber sur la conduite distinguée qu’a tenue , au débarquement de l’armée en Egypte, le citoyen Fortuné Devouges, chasseur à cheval du 14e régiment, qui, ayant un congé, a suivi volontairement l’armée, avec la permission du général Kleber, nomme le citoyen Fortuné Devouges sous-lieutenant au 22e régitnent de chasseurs.

Par ordre du général en Chef

 

AU GENÉRAL CAFFARELLI.

Quartier général , au Caire,  30 nitôse an VII ( 19 janvier 1799).

Je vous prie, Citoyen Général, de me faire connaitre le jour positif  où nous aurons un moulin.

 

AU GÉNÉRAL DUGUA, À DAMIETTE

Quartier Général, au Caire, 30 nivôse an VII ( 19 janvier 1799).

Je reçois, Citoyen Général, votre lettre du 26. Je vois avec plaisir que le premier convoi, parti le 21 de Damiette , est arrivé à Tynell.

Vous aurez reçu la reconnaissance qu’a faite le général Lagrange sur le bord de la mer. La côte est très—douce , et je pense qu’il faudrait que les convois partissent  pour se rendre droit derrière Qatyell.

Faites charger de paille quelques djermes; excitez tous les habiiants de la province à porter à Qatyeh des poules, des oeufs, et d’autres denrées.

Je désirerais également que vous pussiez encore envoyer un troisième convoi portant 3,000 boisseaux d’orge, toute la paille, l’herbe ou le son que vous pourrez envoyer.

Faites-moi , je vous prie, un rapport détaillé sur la situation de Lesbé, concentrez-y le plus tôt possible votre hôpital, les magasins et dépôts de votre division.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 1er pluviôse an VII (20 janvier 1799)

Vous voudrez bien donner l’ordre au général Murat de partir, trois heures avant le jour, avec 120 hommes de cavalerie et 100  hommes de la 69e, pour se rendre à Qelyoub, tomber sur le camp des Arabes Haouytat, enlever les chameaux, femmes, enfants, vieillards, les amener au Caire, et tuer tout ce qu’il ne pourra pas prendre. Il obligera tous les villages qui auraient des bestiaux à ces Arabes de les livrer ; il se fera désigner les deux villages qui appartiennent au cheik des Haoustàt; il prendra tous les bestiaux , brûlera la maison du cheik des Haouytàt, et lui fera tout le mal possible, il préviendra le cheik-el-beled qu’il doit verser le myry dans la caisse de sa province.

Cette troupe prendra du pain pour demain et après-demain. S’il prévoit pouvoir faire du mal à cette tribu des Haouytàt ou des A’ydy, il pourra rester dehors toute la journée d’après-demain. Il me préviendra par un Arabe de ce qu’il aura fait et de la résolution qu’il aura prise, demain au soir.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier   Général, au Caire, Ier pluviôse an VII (20 janvier 1799).

Vous donnerez l’ordre , Citoyen Général , au général Rampon de régler ses mouvements de manière à être rendu au Caire avec toute sa colonne le 9 au soir. Indépendamment des chevaux et du myry qu’il doit lever dans sa province, vous lui enverrez l’ordre du jour de demain, qui lui fera connaitre qu’il doit lever encore dix chevaux. Il emportera avec lui toul l’argent provenant du myry. Il laissera le commandement au commandant turc 11)Hassan Tchorbadj, avec une instruction qui lui fasse connaitre la conduite qu’il doit tenir. Il lèvera dans sa province deux bons chevaux pour l’artillerie de sa division. Il recommandera au divan de maintenir une bonne police ; sans quoi, il le punirait à son retour.

Vous ordonnerez au général Zajonellek , commandant la province du Fayoum , de régler ses mouvemenls de manière à être rendu à Gyzeh avec toute sa colonne le 12 au soir. Vous lui recommanderez d’activer de tous ses moyens le recouvrement en entier du myry et la levée de tous les chevaux que doit fournir sa province. Il lèvera dans sa province quatre bons chevaux propres l’artillerie. Il recommandera, en partant, au divan de maintenir une bonne police dans la province, et aux cheiks d’ Arabes de se bien comporter; sans quoi, à son retour, qu’il annoncera être dans quinze jours, il les punirait.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL MENOU, A ROSETTE.

Quartier Général, au Caire. Ier pluviose an VII  (20 janvier 1799).

Vous avez su, Citoyen Général, vous attirer la confiance des Turcs de votre province : vous saurez  vous attirer la confiance de ceux du Caire. L’état-major vous donne l’ordre de vous y rendre le plus tôt possible. Les fréquentes absences que je suis obligé de faire dans les différents points de l’armée exigent un général de division qui ait de l’expérience et la connaissance des hommes, pour me remplacer ici. Avant de partir de Rosette , donnez au citoyen Jullien toutes les instructions que vous croirez nécessaires.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAI, BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 1er pluviôse an VII (20  janvier 1799).

A dater du 5 pluviôse, le commandanl et la garnison du fort Dupuy  y logeront. Il y aura de garnison canonniers et 25 hommes.

Le commandant et la garnison du fort Sulkowski y logeront ; Il y aura de garnison 10 canonniers et 60 hommes.

Toutes les fois que des Arabes viendraient rôder à portée de canon de ces forts, les commandants pourront leur tirer des coups de canon. Lorsque de l’un de ces forts on verra dans la plaine plus de 50 hommes, le commandant fera un signal en arborant un drapeau rouge et blanc ; toutes les fois qu’il en verra dans la plaine plus de. 100, il fera signal en arborant un drapeau rouge et en appuyant son pavillon d’un coup de canon.

Il sera donné la consigne la plus sévère de ne laisser entrer aucun Turc ni dans l’un ni dans l’autre de ces forts.

Vous donnerez des ordres pour que le service de la ville soit réduit de manière qu’il n’y ait pas plus de 80 hornmes, tous les jours, sans compter la citadelle, les forts Dupuv et Sulkowski.

Vous donnerez l’ordre à l’ordonnateur en chef de faire fournir à chacun des forts des drapeaux tricolores qui , à dater du 5 pluviôse , seront arborés sur la partie la plus élevée de ces forts: Le général du génie y fera placer un arbre d’une hauteur convenable.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

Quartier  Général, au Caire, Ier pluvôse an VII  (20 janvier 1799).

Je vous prie, Citoyen Général , de faire faire un modèle de lance pour le régiment de dromadaires, une de 15 pieds, une de. 18 pieds, une de 21 pieds.

BONAPARTE.

 

ORDRE DU JOUR.

( EXTRAIT.)

Quartier Général. au Caire, Ier pluviôse an VII (20 janvier 1799).

Les généraux commandant les provinces feront une lettre circulaire en arabe aux différents cheiks-el-beled des villages de la province : il y a des canons enterrés dans les maisons appartenant ci-devant aux Mameluks; qu’ils accordent dix jours pour faire les déclarations , et que, passé ce délai, les cheiks des villages où seraient trouvés des canons seront punis de mort.

Dans les provinces de Menoul, Charqyeh, Mansourah et dans quelques provinces de la haute Egypte, les généraux commandant ces provinces ont découvert des canons qu’ils ont laissés dans les villages : le général en chef leur ordonne de prendre tous les moyens pour faire conduire ces canons à Gyzeh , et ce , dix jours après la réception du présent ordre.

Par ordre du général en chef.

AU GÉNÉRAL KLEBER

COMMANDANT LA PLACE DE DAMIETTE.

Quartier Général, au Caire, 2 pluviôse an VII (21 janvier 1799).

Vous trouverez à Damiette, Citoyen Général, le Cerf, l’Êtoile, le Sans-Quartier et la Revanche. Ces quatre bâtiments ont eu ordre de faire deux mois de vivres et de se tenir prêts pour une mission de mer. Vous en passerez la revue. Vous ferez arborer le pavillon du capitaine de frégate Stendelet sur un de ces quatre bâtiments, et, s’ils le peuvent, vous leur ferez prendre, au lieu de deux mois, pour trois ou quatre mois de vivres. Si leur équipage n’était pas au complet , vous le compléterez en diminuant un peu l’équipage des chaloupes ou barques du lac Menzaleh et de celles qui sont destinées à rester sur le Nil.

L’aviso l’Etoile a besoin de quatre pièces de 6 qu’il a débarquées dans la haute F.gspte. J’ai donné ordre que l’on prit les quatre pièces de 6 qui sont sur le bâtiment I’Éclair, qui est à Rosette.

Vous me ferez connaitre si les quatre bâtiments peuvent sortir du Nil , combien il leur faudrait de jours pour passer la barre. Vous prendrez aussi à Damiette tous les renseignements et mouillaqes du golfe d’El-A’ryrieh, de Gaza, Jaffa, Saint-Jean-d’Acre, el sur la marine de Gjezzar-Pacha.

Si , le 12 du mois, les canons n’étaient pas arrivés, vous feriez prendre à l’aviso l’Étoile deux pièces de6 et deux pièces de 3 , que vous prendriez sur les autres bâtiments qui restent dans le Nil.

Vous ferez transporter à Lesbé les hôpitaux , magasins et dépôts de la division. Vous ordonnerez l’officier du génie de travailler de préférence aux points de l’enceinte les moins avancés, afin que le dépôt de la division qui doit tenir garnison à Lesbé soit en sûreté et puisse empêcher la ville de communiquer avec la mer.

Je fais réorganiser une demi-galère , qui partira dans cinq ou six jours pour être stationnée à Damiette. La chaloupe canonnière l’ Hélène, qui porte une pièce de 21 , s’y trouve également, et , lorsque la flottille sera partie , la chaloupe canonnière la Victoire arrivera à Damiette. Ces trois bâtiments et les djermes armées qui vont et viennent du Caire à Damiette suffiront pour obliger cette ville à rester tranquille, puisque au moindre événement on la priverait de la communication du Nil.

La 2 e d’infanterie légère doit être arrivée Mansourah , où je l’ai envoyée pour lui faire changer d’air ; la 75e arrivera le 5 à Qatyeh.

Indépendamment des trois convois qui doivent être partis de Damiette pour Qaty’eh , vous ferez encore partir tout l’orge, la paille ou le son que vous pourrez trouver, jusqu’à concurrence de à 6,000, boisseaux. Vous demnderez dans la province de Damiette, comme contribution , tous les chameaux qui peuvent être nécessaires à votre division.

Vous activerez, pendant le peu de jours que vous resterez à Damiette, autant qu’il vous sera possible, la rentrée du myry et des chevaux.

Vous partirez le 12 de Damiette avec le détachement du 18e de cavalerie, l’artillerie de votre division , les deux bataillons de la 25e et les troiss bataillons de la 2e d‘infanterie légère , pour être rendu à Qatyeh le 16 ou le 1 7 ; vous y trouverez des ordres pour le mouvement ultérieur.

Le général de briaade Lagrange est à Qatyeh , avec la 775e et la 85e  ; vous en agirez avec lui comme avec votre avant-garde , en lui portant tous les secours que les événemenfs pourraient nécessiter. En cas de retraite forcée, je lui ai laissé la liberté de l’effectuer sur Peluse ou Sàlheyed , selon qu’il le jugerait propos ; dans l’un et l’autre cas, vous chercheriez à le joindre pour pouvoir secourir Sàlheyed , si l’ennemi n’était pas nombreux , ou vous trouver en mesure de vous réunir aux autres divisions de l’armée.

BONAPARTE.

En passant à Mansourah , vous préviendrez le Général Verdier que vous lui retirerez bientôt sa demi-brigade , et qu’il est nécessaire qu’il profite du peu de temps qui lui reste pour hâter la levée du myry et des chevaux.

 

Au Citoyen Poussielgue

Quartier général,  au Caire, 2 pluviôse an VII   (21  janvier 1799).

Je vous prie, Citoyen , de vous faire donner par la compagnie d’Égypte le reçu de dix actions, mon intention étant de les donner en gratification à différents individus de l’armée.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL MARMONT , A ALEXANDRIE

Quartier Généal, au Caire, 3  pluviôse  an VII (22 janvier 1799)

Je reçois , Citoyen Général , votre lettre du 22.  Envoyez-moi tous les matelots que je vous ai demandés par mes différentes lettres, en leur faisant faire quarantaine à Alexandrie. On leur en fera faire une également, d’observation , à Boulàq. Vous sentez combien il est essentiel de débarrasser votre place des bouches inutiles qui , dans un événement, ne feraient que vous être à charge.

Je vous recommande de faire passer le plus promptement possible au Caire tous les objets relatifs à l’imprimerie.

J’espère que les derniers froids qu’il a fait vous seront favorables. Immédiatement après le combat d’Aboukir, il a été distribué 6,000 fusils ; faites, je vous prie, une visite sur tous les bâtiments de guerre et dans la ville d’Alexandrie, pour faire retirer tous les fusils qu’il vous sera possible,

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAI CAFARELLI

Quartier Général, au Caire. 3 pluviôse an VII   (22  janvier 1799) .

Le château de Tyneh n’a point d’eau ; il ne peut donc pas être une position militaire centrale pour une armée ou une division.

De Damiette à Qatyeh, il n’y a point d’autre port pour les djermes que Tyneh.

Entre Qatseh et El-Arieh, il y a un lac. Offre-t-il un port pour les djermes aussi avantageux que Tyneh ?  Voilà la première question à résoudre.

S’il offre un port aussi avantaqeux que Tyneh , nul doute qu’il ne faut rien faire Tyneh, et qu’il faut pourvoir défendre le port du lac. Dans le cas contraire, il faudra alors défendre le port de Tyneh, pour qu’il soit à l’abri du côté de la mer et du côté de la terre.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAI, DOMMARTIN.

Quartier   Général  au Caire, 3 pluviôse an  VII (22 janvier 1799).

J’espère pouvoir vous fournir, entre demain et après-demain , une soixantaine de chameaux. Faites acheter des mulets le plus que vous pourrez. Faites vos envois de Suez par des  chameaux de louage. Remplacez les deux pièces de 12 qui vous manqnent par les deux pièces de Rosette, et, si celles-là ne vous arrivent pas à temps , par deux pièces de 8. Remplacez l’obusier de 6 pouces par un mortier de 8 pouces, ou par deux de 5 pouces 6 lignes, et, si cela n’est pas possible, par une pièce de 8.

Indépendamment de ces douze pièces, il est indispensable que le parc ait au moins 150,000 cartouches à sa suite. Prenez vos mesures pour qu’au 16 pluviôse il y en ait 200,00 à Qateh, y compris les 150,000 que je vous demandais de Damiette. Ayez-en 300,000 à Sàlheyeh et 300,000 à Damiette, et au moins 100,000 à Belbeys.

L’époque du 12 , que je vous ai fixée, est de rigueur.

BONAPARTE.

 

 AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 3pluviôse an VII (22 jantier 1799).

Le général Reynier me mande qu’il a donné ordre à la compaagie Omar de revenir au Caire. Le général Reynier ne devait pas faire ce mouvement sans ordre, Vous lui expédierez à Belbeys, par un Arabe, l’ordre à cette compagnie de se reposer trois jours et de retourner à Qatyeh. Vous ferez savoir au général Reynier et au général Lagrange que je n’ai pas approuvé leur conduite dans cette occasion. Quand une compagnie est par ordre dans un endroit, on doit l’y garder, à moins de raisons supérieures.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

Quartier Général, au Caire. 4 pluviôse an VII ( 23 janvier 1799).

J’ai lu avec la plus grande attention , Citoyen général, votre rapport sur les approvisionnements des forts du Caire.

J’adopte toutes les mesures que vous avez proposées pour augmenter l’artillerie et l’approvisionnement de la citadelle.

Toutes les pièces de 5, en général , ne sont pas approvisiornées ; donnez les ordres pour que, le 10, l’artillerie de tous les forts soit approvisionnée au moins à 100 coups par pièce , soit à boulet, soit à mitraille , soit à grenades , à 100 coups par mortier en bombes , et , à défaut de bombes , en cailloux et en paniers, pour s’en servir comme pierriers.

Faites-moi connaitre ce que vous comptez mettre au fort Sulkowski, et si je puis compter qu’au 10 les chanqements que vous avez proposés seront exécutés et lesdemandes ci-dessus remplies.

BONAPARTE

 

AU  GÉNÉRAL  DOMMARTIN.

Quartier Général, 3 pluviôse an VII (23 janvier 1799)

Je vous prie , Citoyen Général , de faire mettre dans les différents forts du Caire des artifices pour pouvoir éclairer les remparts pendant la nuit.

Faites-moi connaitre , par un rapport particulier, la partie du matériel de l’équipage de pont que vous pourriez mettre à la suite de l’artillerie.

Il faudrait aussi une centaine de flambeaux pour éclairer les convois pendant la nuit.

BONAPARTE.

 

J’ai visité hier la maison d’Ibrahim-Bey. J’ai été extrêmement mécontent de voir les fusils dans les salles de la maison. Veuillez donner les ordres pour que, sous deux ou trois jours, la salle d’armes de cet hôpital soit en état.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 3 pluviôse an VII (23 janvier 1799)

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Général , la réclamation de deux officiers qui ont été destitués à l’ordre du jour pour avoir joué avec des soldats. Voulant prendre en considération la situation de ces ofticiers , mon intention est que vous les mettiez tous les deux, avec les appointements et le grade de capitaine, dans une place; et si , à la fin de la campaqne , ils ont maintenu une bonne discipline , je pourrai les attacher à une demi-brigade.

BONAPARTE

 

. A                                           COMMISSAIRE l’ItÈs I.E

Quartier Général, au Caire, 3 pluviôse an VII (23 janvier 1799)

Vous trouverez ci-joint la liste des femmes arabes qui ont été prises par l’aide de camp du général en chef 2 . Le général en chef ordonne qu’elles soient placées dans maison où vous les ferez garder. Vous voudrez bien pourvoir à ce qui est nécessaire à leur subsistance. Les dépenses que vous ferez vous seront remboursées. L’intention du flénéral en chfr est l’on ait le plus gtrand soin de ces femmes, ainsi que de leurs enfants. Ces femmes ont été prises au villaqe de Kalr el-Han1se11 ,  d’Abou-Za’beI.

Vous remettrez à l’état-major général , tous les cinq jours, l’état de leurs dépenses , ainsi que de celles des quatorze autres femmes.

Par ordre du général cher. la guerre.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER 12)Cette mission n’eut pas de suite; le général Berthier, malade, avait obtenu l’autorisation de rentrer en France ; mais en apprenant le départ de l’armée pour l’expédition de Syrie , il rendit son passe-port au général en chef et se mit à sa disposition.

Quartier Général, au Caire , 5 pluviôse VII (25 janvier 1799)

Vous partirez , Général , le 10 pluviôse, pour vous rendre à Alexandrie; vous vous embarquerez sur la frégate la Courageuse, vous aurez avec vous deux bâtiments du convoi , bons voiliers , que j’ai fait arranger à cet effet.

Dès l’instant que vous aurez rencontré quelque bâtiment qui vous aura donné des nouvelles , vous m’en expédierez un sur Damiette, le lac Bourlos , ou même sur Alexandrie, si les vents l’y portaient. Vous m’expédierez l’autre dès l’instant que vous aurez appris d’autres nouvelles ; ce que je désirerais être fait avant que vous ne touchassiez aucune terre d’Europe.

Le plus sûr parait ètre de vous diriger sur les côtes d’Italie, du côté du golfe de Tarente, du port de Crotone, et, si le temps le permet , de remonter le golfe Adriatique jusqu’à Ancône ; soit que vous touchiez Corfou ou à Malte, ou dans un point quelconque, ne manquez pas de m’envoyer toutes les nouvelles que vous pourriez avoir, en m’expédiant des bâtiments auxquels vous donnerez l’instruction spéciale de se diriger sur Damiette.

Vous prendrez aussi des mesures pour que l’on nous envoie de l’une des places des sabres , des pistolets, des fusils , dont vous savez que nous avons besoin.

Vous aurez bien soin que la frégate qui vous portera , dès l’instant qu’elle sera approvisionnée de ce qui pourrait lui manquer, reparte sur-le-champ , se dirigeant sur Jallh, et là elle saura où je suis. Arrivée à Jaffa , elle mouillera au large , et avec précaution , afin de s’assurer si l’armée y est ; et s’y elle n’y était pas, elle se dirigerait sur Damiette.

Si vous pouvez faire charger sur la frégate quelques armes , vous le ferez ; si les événements qui se passeront dans le continent font que votre présence n’y soit pas nécessaire, vous rejoindrez l’armée pour la prochaine mousson.

Vous remettrez les paquets ci-joints au Gouvernement, et vous remplirez la mission dont vous êtes chargé

BONAPARTE.

 

AU COMMANDANT DE LA PROVINCE ROSETTE.

Quartier Général, au Caire, 6 pluviôse an VII (23 janvier 1799).

Je vous prie, Citoyen , de me faire connaitre pourquoi le tribunal de commerce de Rosette n’a point été formé dans cette ville. Prenez des rnesurespur qu’il le soit sans délai.

BONAPARTE.

 

AU SULTAN DE LA MECQUE.

Quartier Général, au Caire,   an VII   (  janvier 1799).

J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite , et j’en ai compris le contenu. Je vous envoie le règlement que j’ai fait pour la douane de Suez , et mon intention est de le raire exécuter ponctuellement. Je ne doute pas que les négociants (111 Hedjaz ne voient avec gratitude la diminution des droits que j’ai faite pour le plus grand avantage du commerce, et vous pouvez les assurer qu’ils jouiront ici de la plus ample protection.

Toutes les fois que vous aurez besoin de quelque chose en Egypte, vous n’avez qu’à me le faire savoir, et je me ferai un plaisir de vous donner des marques de mon estime.

BONAPARTE.

 

A L’IMAM MASCATE.

Quartier général, au Caire. 6 pluviôse an VII (25 janvier 1799).

Je vous écris cette lettre pour vous faire connaitre ce que vous avez déjà appris sans doute , l’arrivée de l’armée française en Egypte.

Comme vous avez de tout temps été notre ami, vous devez être convaincu du désir que j’ai de protéger tous les bâtiments de votre nation et que vous les engagiez à venir à Suez, où ils trouveront protection pour leur commerce.

Je vous prie aussi de faire parvenir cette lettre à Tippoo-Sahib par la première occasion qui se trouvera pour les Indes.

BONAPARTE.

 

A TIPPOO-SAHIB.

Quartier général, au Caire, 6 pluviôse an VII (25 janvier 1799)

Vous avez déjà été instruit de mon arrivée sur les bords de la mer Rouge, avec une armée innombrable et invincible, remplie du désir de vous délivrer du joug de fer de l’Angleterre.

.le m’eempresse de vous l’aire connaitre le désir que j’ai que vous me donniez, par la voie de Mascate et de Moka , des nouvelles sur la situation politique dans laquelle vous vous trouvez. désirerais môme que vous pussiez envoyer à Suez, on au Grand Caire, quelque homme adroit, qui eût votre confiance, avec lequel je pusse conférer.

BONAPARTE

 

AU  GÉNÉRAL  KLEBER.

Quartier Général, au Caire , 7 pluviôse   an VII (26 janvier 1799).

J’ai reçu, Citoyen Général , votre lettre du 3. Comme les lettres que je reçois de Mansouralo me font craindre que la maladie de la 2e demi—brigade ne soit contagieuse, je crois qu’il serait dangereux de la mettre en libre communication avec les autres demi-brigades. Faites-vous faire un rapport détaillé sur la situation de cette demi-brigade, et, dans le cas où la maladie serait contagieuse, vous pourriez la renvoyer à Mansourah ; je la ferais remplacer à votre division par un bataillon de la 23e demi-brigade.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général, au Caire, 7 pluviôse an VII  (26 janvier 1799).

Vous voudrez bien faire arrêter les officiers et sous-officiers du détachement qui a été chargé de ramener un troupeau de moutons pris aux Arabes par le général Murat, et qui non-seulement n’a pas empêché qu’on le pillât, mais a été le premier à le piller. Vous enverrez au payeur les noms des officiers , sous-officiers et soldats qui composaient ce détachement, afin qu’il retienne sur la solde le prix des moutons qui ont été pillés. L’ordonnateur en chef fixera ce prix.

BONAPARTE.

 

ORDRE.

Quartier général. au Caire, pluviôse an VII    ( janvier

ARTICLE Ier . — Il sera formé un conseil d’administration des hôpitaux.

A IIT . 2. — Ce conseil sera composé de l’adjudant général Grezieu, Desgenettes, Larrey, Boudet, Costaz, Brulé, oflicier du génie, I)elgat, chef de bataillon de la I SC, du chef de briqade I,ed逕, et d’un commissaire des guerres, nommé par l’ordonnateur en chef.

ART. 3 . — Le conseil se réunira, le 8 à Hiidi , chez l’adjudant général Grezieu.

ART. 4. — L’agent en chef des hôpitaux remettra, le 9 , au conseil , l’état, certifié du payeur général, des sommes qu’il a reçues depuis l’entrée de l’armée en Egypte, et l’état de ce qui lui serait dû, en spécifiant le nombre des journées de malades qu’il y a eu dans chaque hôpital.

ART. 5 . — Il remettra, le 10, son état de dépenses, en distinguant ce que lui a coûté chaque hôpital. Il spécifiera ce qu’il a donné à chaque directeur ou économe des hôpitaux pour les frais desdits hôpitaux.

ART. 6 . —  L ‘ordonnateur en chef enverra au-dit conseil le marché qui a été passé avec l’agent en chef des hôpitaux.

ART. 7. — Le conseil remettra, le 12 , à l’ordonnateur en chef, les comptes de I’agent en chef des hopitaux, arrêtés par lui, il mettra à chaque article les observations qu’il croira devoir faire.

ART. S. — Le conseil portera une juste sagacité dans l’examen des comptes d’une administration qui est liée si intimement à l’existence du soldat.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier général, au Caire, 7pluviôse an VII (26 janvier 1799) .

ARTICLE. I er. — Il y aura au Caire, à Gyzeh, à Alexandrie, à Rosette, à Damiette, à Belbeys, un cimetière uniquement destiné aux individus de l’armée qui mourront.

ART. 2. — Les généraux cornmandant ces places choisiront les mêmes endroits qui servaient de cimetières aux Mameluks, on les fera entourer de murs s’ils ne l’étaient pas.

ART. 3. — Les généraux veilleront ce qu’aucun individu qui ne ferait pas partie de l’armée ne soit, sous aucun prétexte, enterré dans ces cimetières.

Aiti’. 4. — Il y aura des fossoyeurs turcs attachés à ces cimetières. On aura soin que les fosses soient très-profondes.

ART. 5.    Les généraux commandanls auront soin que les corps transportés dans ces cimetières le soient avec décence.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier Général au Caire, 8 pluviôse an VII   (27 janvier 1799).

Vous donnerez l’ordre au 2e bataillon de la 32e qui part aujourd’hui pour Belbeys, d’escorter le convoi jusqu’à Sàllleyeh.

Vous donnerez l’ordre au général Reynier de partir le 11 avec la demi-brigade, tout l’état-major de sa division , son artillerie, pour être rendu le 16 à Qatyeh.

Vous donnerez l’ordre au bataillon de la , qui est à Belbeys, de partir le 12 pour Sàllleyeh; au bataillon de la 18e , de partir le 11 au matin, du Caire, pour se rendre à Belbeys.

Vous ferez connaitre au général Reynier que mon intention est qu’en partant de la province de Charqeyh il emmène avec lui les riz, biscuit , orge, etc., nécessaires pour nourrir sa division pendant dix jours ; qu’il réunisse à cet effet tous les moyens de transport qu’il pourra , et qu’il fasse prendre tous les vivres qui sont å Sin. Vous ferez connaitre au chef de bataillon Souhait, auquel jai confié le commandement de la province de Charqyeh , qu’il est indispensable qu’il se rende à Sin , pour faire filer sur Silheyeh et Qatyeh, après le départ du général Reynier, tous les vivres qui s’y trouvent, et qu’il presse la rentrée du myty et des chevaux dans toute la province de

BONAPARTE.

 

Au Général Berthier

Quartier Général, au Caire. 8 pluviôse an Vll (27 janvier 1799).

Le général Reynier, Citoyen Général , partira le 7 de Qaheh , pour se rendre El-A’ryeh. Il est indispensable qu’il ait avec lui au moins 250 sapeurs el le plus d’ouvriers et de litacons possible , et la quantité d’officiers du génie, des ponts et chaussées et nécessaire pour, 1° construire à El-A’rych un fort de la dimension de celui de Qatreh , à l’exception que je désirerais qu’il fut en pierre et qu’on tire parti de celui qu’on dit exister; 2° pouvoir faire la reconnaissance du local environnant, consolider les côtes et lever la carte du pays.

BONAPARTE.

 

AU CITOYEN POUSSIELGUE.

Quartier Général, au Caire. 8 pluviôse an VIl (27 janvier 1799).

J’ai besoin pour l’arlillerie de 80 mulets.

Vous ferez connaître, aux Coptes , qu’il faut que dans la journée d’aprés-demain 10 ils s’arrangent entre eux pour m’en fournir

Aux marchands de Damas , qu’il faut qu’ils m’en fournissenl 15 ; aux marchands de calö, qu’ils m’en fournissenl 15 ; aux Juifs, qu’ils m’en fournissent 15.

Ils mèneronl ces mulets chez vous, un officier d’artillerie ou un expert se trouveront, dès huit heures du matin, pour les recevoir, en donner des reçus et en faire l’estimation. Ils seront payés.

 

AU GÉNÉRAL MARMONT, A ALEXANDRIE

Quartier Général, au Caire, 9 pluviôse an VII (28 janvier 1799).

J’imagine, Citoyen Général, que vous aurez changé la manière de faire le service d’Alexandrie. Vous aurez placé aux différentes batteries et aux forts de petits postes stables et permanents. Ainsi , par exemple, à la hauteur de l’Observation , à la batterie des Bains, vous aurez placé 12  hommes qui ne devront pas en sortir, et que vous tiendrez là sans conununication. Ces 12 à 15 hommes fourniront le factionnaire nécessaire pour garder le poste. La position de la mer vous dispense d’avoir aujourd’hui une grande surveillance ; vous vous trouvez ainsi avoir besoin de fort peu de monde. Pourquoi avez-vous des grenadiers pour faire le service en ville Je ne conçois rien à l’obstination du commissaire des guerres Michaux à rester dans sa maison , puisque la peste est là ; pourquoi ne va-t-il pas se camper sur un monticule , du côté de la colonne de Pompée ?

Tous vos bataillons sont, l’un de l’autre , au moins une demi-lieue. Ne tenez que très-peu de chose dans la ville, et , comme c’est le poste le plus dangereux , n’y tenez point de troupe d’élite. Mettez le bataillon de la sous ces arbres où vous avez été longtemps avec la d’infanterie légère ; qu’il se baraque là en s’interdisant toute communication avec la ville et mettez le bataillon de la 83e du côté du Marabout ; vous pourrez facilement l’approvisionner par mer. Quant à la rnalheureuse demi-brigade d’infanterie légère , faites-la mettre nue comme la main , faites-lui prendre un bon bain de mer ; qu’elle se frotte de la tête aux pieds ; qu’elle lave bien ses habits, et que l’on veille à ce qu’elle se tienne propre.

Qu’il n’y ait plus de parade ; qu’on ne monte plus de garde que chacun dans son camp. Faites faire une grande fosse de chaux vive pour jeter les morts.

Dès l’instant que, dans une maison française , il y a la peste, que les individus se campent ou se baraquent ; mais qu’ils fuient cette maison avec précaution et qu’ils soient mis en réserve en plein champ. Enfin ordonnez qu’on se lave les pieds, les mains, le visage tous les jours , et qu’on se tienne propre.

Si vous ne pouvez pas garantir la totalité des corps contre cette maladie qui s’est déclarée, garantissez au moins la majorité de votre garnison . Il me setnble que vous n’avez encore pris aucune grande mesure proportionnée aux circonstances. Si je n’avais pas à Alexandrie des dépôts dont je ne puis me passer, je vous aurais déjà dit  Partez avec votre garnison et allez camper à trois lieues dans le désert ; je sens que vous ne pouvez pas le faire ; approchez-en le plus près que vous pourrez. Pénétrez-vous de l’esprit des dispositions contenues dans la présente lettre ; exécutez-les autant que possible , et j’espère que vous vous en trouverez bien.

BONAPARTE.

 

AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME , A SUEZ.

Quartier Général, au Caire, 9 pluviôse an VII (28 janvier 1799).

Ecrivez, Citoyen Général, par Moka, au commandant des frégates de l’ile de France en croisière devant Aden ; instruisez-le des événements qui nous ont rendus maitres de l’Egypte, et du désir que j’ai qu’il m’envoie à Suez une frégate ou un bâtiment , pour se mettre en correspondance avec moi. Envoyez copie de votre lettre par Mascate , Moka et Djeddah. Faites-lui connaitre que j’ai appris avec plaisir les prises qu’il a faites sur les Anglais.

BONAPARTE.

 

ORDRE.

Quartier général. au Caire, 9 pluviôse an VII (28 janvier 1799).

ARTICLE Ier . — Il sera embarqué à Damiette , sur des bâtiments capables d’aller par mer jusqu’à Gaza et qui seront prêts à partir du 20 au 30 pluviôse, 300 quintaux de riz, rations de biscuit, 500 quintaux de làrine , 300 quintaux de blé.

ART. 2 . — L’officier coni ielte, le commandant de la marine et le commissaire des guerres tiendront un conseil pour parvenir à l’exécution du présent ordre. Ils mettront sur-le-champ à exécution les mesures qu’ils auront arrêtées, et me les feront connaitre, ainsi qu’à l’ordonnateur en chef.

ART. 3 . — L’état-major enverra le présent ordre à l’ordonnateur en chef, à l’adjudant général Alineras et au commandant de la marine à Damiette.

BONAPARTE

 

AU  GÉNÉRAL BERTHIER

Quartier général, au Caire, 9 pluviôse an VII (28 janvier 1799).

Près de 200 aveugles, Citoyen Général , partent aujourd’hui pour Rosette ; mon intention est de les faire partir pour la France. Ils se rendront à Aboukir ; de là ils se rendront à un quart de lieue des avant-postes d’Alexandrie ; ils tourneront toute la ville pour bivouaquer un quart de lieue de la batterie des Bains. Là le commandant de la marine et l’ordonnateur Le les feront embarquer sur les deux bâtiments que j’ai désignés, et ils partiront par le premier bon vent.

Vous donnerez les ordres en conséquence au général Menou , au général Marmont , à l’ordonnateur Le Roy et au commandant des armes à Alexandrie.

 

AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME, A SUEZ.

Quartier Général, au Caire , 9 pluviôse an VII (28 janvier 1799).

Je reçois , Citoyen Général , votre lettre du 5. L’intention où vous êtes de vouloir suivre vous-même l’expédition de Qoseyr fait honneur votre zèle ; mais j’ai besoin de vos lumières pour une expédition plus considérable. Vous savez que, lorsque je vous ai envoyé à Suez, j’espérais que vous seriez de retour du 20 au 30 ; nous sommes au 10, et vous n’êtes pas encore parti. Les accidents arrivés à la Castiglione me persuadent qu’une fois parti je ne vous aurais plus d’ici à deux mois, et les événements sont tels que je ne puis me passer de vous. Donnez les instructions nécessaires à l’officier qui commandera l’expédition , et rendez-vous de suite au Caire, où je vous attends avant le 15. Vous pouvez ramener mes 25 guides. J’écris au général Junot de compléter votre escorte au moins à 50 ou 60 hommes.

Donnez au commandant des armes et à Féraud toutes les instructions nécessaires à votre départ. Je désirerais que la construction de la goelette être tellement en train d’ici au 20, que le citoyen Féraud et un petit détachement d’ouvriers pussent être disponibles pour se porter ailleurs.

Un gros brick anglais a fait côte à Bourlos. Sur 56 hommes d’équipage , 40 se sont noyés, et 16 sont en notre pouvoir. Je les attends à chaque instant ; ils nous donneront des renseignements sur les mouvements des Anglais. II parait que , cette année, les temps sont terribles.

BONAPARTE.

 

Au général Berthier

Quartier Général, au Caire, 10 pluviôse an VII ( 29 janvier 1799)

Voııs donnerez l’ordre pour que l’hôpital de Rosette , les dépôts, la manutention, et les magasins, soient transportés dans le fort de Rosetle.

Vous ferez connaître au général qui commande cette place que, si janıais cette ville se révoltait, et qıı’il craignit de succomber, il devraİt faire sa retraile sur ce fort ; il doit donc être pourvu et armé convenablement.

BONAPARTE

 

Au général Berthier

Quartier Général, au Caire, 10 pluviôse an VII (29 janvier 1799).

Vous avez dû donner l’ordre précedemment à l’adjudant général Leturcq, de partir, avec l’un des bataillons de la 4e, qui sont à Damanhour

Vous expédierez par un adjoint, l’ordre à l’autre bataillon de partir, douze heures après la réception du présent, en toute diligence, par terre, pour se rendre à Damiette, où il est indispensable qu’il soit arrivé le 19. Le quartier général de la province de Damanhour se rendra à El-Ramanyeh, où ce bataillon laissera 50 hommes dans la redoute jusqu’à ce qu’ils soient relevés par des hommes qui doivent venir d’Alexandrie, en cas qu’il n’y ait pas de chaloupe canonnière vis-à-vis  El-Ramanieh; dans le cas contraire , 15 himmes d’équipagede cette canonnière tiendront garnison dans la redoule , jusqu’à ce que les troupes soient arrivées d’ Alexandrie.

Voııs donnerez l’ordre au général Marmont de faire partir 300 hommes du bataillon de la 75e, avec deııx pièces d’arlillerie, pour se rendre Damanhour. Dèş l’instant qu’ils y seront arrivés, le quartier général de la province y retournera, et le 50 hommes de la 4e qui seraient restés dans la redoııle se mettront en marclıe pour Damiette.

Le général Marmoııt aura soin d’écarter du bataillon de la 73e tous les hommes qui seraient malades ou qui auraienl un indice quelconque qui pourrait les faire soupconner d’avoir la peste. Il profitera de cette occasion pour faire partir la compagnie de canonniers de la marine qui lui a été demandée , et les 4 à 500 matelots qui sont destinés à se rendre au Caire.

Tous ces individus feront leur quarantaine à Damanhour, et ne seront renvoyés au Caire qu’après que le préposé de la santé qui , du Caire , doit se rendre à Damanhour, l’aura jugé à propos.

Vous préviendrez le citoyen Blanc, de ces dispositions , pour qu’il fasse partir demain un préposé pour Damanhour, afin que les présentes mesures , que la nécessité m’oblige d’ordonner, n’aient pas de conséquences.

Lorsque le détachement de la 4e arrivera , si Damanhour est en quarantaine , mon intention est qu’il fasse quarantaine, et, lorsque les marins arriveront , ils seront encore soumis à une forte quarantaine d’observation à Boulàq. Le citoyen Blanc préviendra ses agents à Damiette, pour que, lorsque le bataillon de la 4e arrivera, ils se fassent rendre compte par le chef s’il n’y a aucun malade, et fassent visiter les malades qu’il pourrait avoir par les officiers de santé,

L’adjoint que vous aurez envoyé cet effet suivra le mouvement de ce bataillon ; il emportera à cet effet, demain, tout son équipage de guerre.

BONAPARTE

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Quartier Général, au Caire, 10 pluviôse an VII (29 janvier 1799).

Vous enverrez l’ordre, par un exprès, à Rosette, pour qu’on fasse partir, douze heures après la réception du présent ordre, les trois compagnies de grenadiers de la 75e avec les deux pièces de 12 , si elles n’étaient pas encore parties, et, si elles étaient parties, avec deux ou au moins une pièce de 8 que l’on ferait atteler sur-le-champ. Le commandant d’artillerie et l’officier supérieur commandant à Rosette prendraient les mesures les plus positives pour procurer les chevaux nécessaires auxdits attelages.

Cette troupe se rendra à Damiette, où il est indispensable qu’elle soit arrivée le 16, ou, au plus lard , le 17 à midi.

Ils trouveront à Damiette les ordres sur leur destination ultérieure. Vous préviendrez l’officier supérieur commandant à Damiette que, le 16 ou le 17, trois compagnies de grenadiers de la 19e, avec deux pièces de canon, arriveront à  Damiette et qu’après un jour de séjour il est indispensable qu’elles repartent pour étre arrivées , au plus tard le 22 à midi , à Qatyeh , où elles trouveront des ordres pour leur destination ultérieure.

BONAPARTE.

 

 

ORDRE.

Quartier Général, au Caire, 10 pluviôse an VII (29 janvier 1799).

ARTICLE 1er. Il sera embarqué sur le Pluvier, à Boulàq, 1 200 quintaux de farine ou de biscuit , et sur la Revanche, 200 quintaux de farine ou biscuit.

ART. 2. — Ces bàtiments partiront , le 13, de Boulàq , pour se rendre à Damiette , rejoindre le reste de la flottille.

ART. 3.  — L’aviso l’Etoile chargera , à Damiette , 800 quintaux de riz ; le chebec le Cerf, 200 quintaux de riz ; le Sans-Quartier, 400 quintaux de riz.

ART. 4 . — Tous ces bâtiments chargeront en place de lest , et de manière que cela ne change rien à leur marche et leurs manœuvres de guerre.

ART. 5. — Tous ces chargements seront faits de manière que la flottille puisse partir du 21 au 30 pluviôse.

ART. 6. — Le commissaire ordonnateur en chef, l’officier supérieur commandant à Damiette, les commandants de la marine Boulàq et à Damiette , sont chargés de prendre toutes les mesures pour l’exécution du présent ordre.

BONAPARTE.

 

 

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Quartier Général, au Caire, 10 pluviôse an Vll (29 janvier 1799).

Votre frère, qui vient d’arriver, Citoyen Général, me fait part du désir que témoignent de vous suivre dans l’expédition les cheiks des tribus Nefv’àt et d’El-Hayd-Fàt. Ils peuvent vous être utiles, et j’approuve fort qu’ils vous suivent seuls, ou avec 30 hommes à cheval chacun. Vous sentez combien il serait  bon qu’ils vous procurassent, chacun , une quarantaine de chameaux de louage.

BONAPARTE.

 

 

AU DIVAN

Quartier généra, au Caire, 11 pluviôse an VII ( 30 janvier 1799).

J’ai reçu votre lettre du 10 pluviôse. Non-seulement j’ai ordonné à l’aga des janissaires et aux agents de la police de publier que l’on jouira, pendant la nuit du Ramazan 13)Ramadan ?, de toute la liberté d’usage, mais encore je désire que vous-même fassiez tout ce qui peut dépendre de vous pour que le Ramazàn soit célébré avec plus de pompe et de ferveur que les autres années.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier  Général, au Caire,  11 pluviôse an VII (30 janvier 1799).

ARTICLE Ier . — Il sera formé une province du Caire, qui sera composée ,

1°   de la ville du Caire ;

2° de tous les villages qui composent aujourd’hui la province d‘Atfyeh;

3° De Ions les villages de la province de Qelyoub qui sont en deçà du canal de Moueys.

ART . 2 . L’intendant et l’agent français de la province d’Atfyeh se rendront au Caire pour résider près du commandant de cette province, qui sera incessamment nommé.

BONAPARTE

 

ORDRE

Quartier  Général, au Caire,  11 pluviôse an VII (30 janvier 1799).

ARTICLE. 1er. La province de Quelyoub sera bornée au midi par le canal de Aloueys : tous les villages qui sont en deçà de ce canal devront former la province du Caire.

ART. 2. L’intendant et l’agent français de cette province se rendront près du gnléral Lanusse , à Menouf. Ce général prendra le commandement de ces deux provinces ; il suppléera au nombre par les marches et l’activité ; il aura soin que les impositions et le miry soient payés.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier  Général, au Caire,  11 pluviôse an VII (30 janvier 1799).

ARTICLE Ier. — L’agent français et l’intendant de la province de Mansourah se rendront à Mehalett-el-Kebyr, près du général Fugière.

ART. 2. Indépendamtnent du commandement de la province de Gharbyeh , le général Fugière aura celui de la province de Mansourah. Ce général fera alternativement la tournée de l’une et de l’autre, pour faire rentrer le myry ; il suppléera au nombre par l’activité et le mouvement.

ART. 3, — II n’y aura pas d’hôpital à Mellallet-el-Kebyr ni à Mansourah ; celui de Mansourah sera évacué sur Damiette, et celui de Mellallet-el-Kebyr sur le Caire.

BONAPARTE

 

 

ORDRE.

Quartier général. au Caire, 11 pluviôse an VII [30 janvier 1799) .

ARTICLE I er . — La province de Beny-Soueyf et celle du Fayoum seront sous les ordres du général Zajonchek.

ART. 2. — Ce général se rendra sur-le-champ à Beny-Soueyf; les agents et intendants des provinces du Fayoum et de Beny-Soueyf se tiendront près de lui. Il se portera alternativement dans l’une et dans l’autre de ces provinces pour faire sa tournée, et suppléera au nombre par l’activité et le mouvement ; il fera dans l’une el l’autre la levée du myry et des impositions.

BONAPARTE.

 

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

ORDRE

Quartier  Général, au Caire,  11 pluviôse an VII (30 janvier 1799).

Comme on ne peut pas se procurer les trompettes nécessaires pour les dromadaires, on y suppléera par des tambours.

BONAPARTE .

 

AU GÉNÉRAL MENOU

OU, EN SON ABSENCE, A L’OFFICIER COMMANDANT A ROSETTE.

Quartier Général, au Caire , 11 pluviôse an VII ( 30 janvier 1799 ) .

Le général en chef ordonne au général Menou de faire passer à bord du bâtiment qui porte les aveugles le citoyen Casabianca, neveu du capitaine de l’Orient, qui a eu les cuisses fracassées ; il l’adressera à I’amiral Perrée, qui le fera placer d’une manière convenable. Il est nécessaire que ce jeune homme parte sur-le-champ pour se rendre à bord , en suivant les dispositions faites pour les aveugles, afin qu’il ne fasse pas quarantaine à Alexandrie, ce qui arriverait, s’il y entrait.

Par ordre du général en chef.

 

AU CITOYEN POUSSIÈLGUE

ORDRE

Quartier  Général, au Caire,  11 pluviôse an VII (30 janvier 1799).

La femme Silly Neliseh , veuve d’Ali-Bey et femme aujourd’hui de Mourad-Bey, conservera la partie de ses biens qui lui vient d’Ali-Bey, voulant par là donner une marque d’estime à la mémoire de cet homme célèbre.

BONAPARTE.

 

Au général Berthier

Quartier  Général, au Caire,  12 pluviôse an VII (31 janvier 1799).

Vous voudrez bien , Citoyen  Général , envoyer, par un adjoint , à Qats eh , l’ordre au général Reynier de partir le 17, avec les avec les 85e, 75e et 9e demi-brigades, le quartier général de sa division et son artillerie, pour se rendre à El-A’rych.

Le général Lagrange fera l’avant-garde avec au moins 1,500 hommes et trois pièces d’artillerie. Il se tiendra toujours à quatre heures en avant du reste de la division, afin de ne pas épuiser les puits.

Cependant, le général Reynier réglera ses mouvements de manière qu’il arrive en même temps à El-A’rych.

Arrivé à El-A’rych, le général Reynier fera sur-le-champ travailler à construire un fort, soit dans le genre de celui de Qalyeh, soit en rétablissant celui qu’on dit y être. Il aura à cet effet avec lui un officier supérieur du génie, 300 sapeurs, des maçons et tous les ouvriers nécessaires.

Le général Reynier se trouvera sous les ordres du général Kleber.

Si le général Kleber pensait que le général Reynier n’est point assez fort pour s’emparer d’EI-A’rych, et que les circonstances fussent telles, que l’inconvénient de porter à El-A’rych un corps de troupes tellement nombreux que la subsistance devînt difficile fût couvert par les avantages militaires qui en résulteraient, il se porterait avec tout son monde à El-A’rych.

Arrivé là, il pourra, selon qu’il le jugera à propos, s’étendre jusqu’aux confins de l’Égypte, c’est-à-dire jusqu’à Khân-Younès. Il prendra toutes les mesures pour faire filer sur El-A’rych,
1° Tous les vivres qui sont à Qatyeh;
2° Le convoi de djermes venant de Damiette, qui doit se trouver dans le canal de Tyneh. Il fera choisir, le plus près d’El-A’rych, un point où ils doivent débarquer.

Si tous les renseignements qu’aura le général Kleber le portent à penser que le général Reynier est assez fort pour occuper El-A’rych, le général Kleber ne marchera sur El-Arych qu’après y avoir fait filer assez de vivres pour être assuré d’être à l’abri de la disette.

Si le général Kleber s’empare de Khàu-Younès, il fera également travailler sur-le-champ à la construction d’un fort ou à la réparation de celui qu’on dit y exister.

Le chef de bataillon Sanson partira le plus tôt possible pour tous ces différents ouvrages de fortification. Arrivé à EI-A’rych, il renverra sur-le-champ un jeune officier du génie qui viendra par Qatyeh, la route du pont et Sàlbeyeh, pour porter au général du génie le croquis de sa reconnaissance.

Vous ferez connaître au général Kleber et au général Reynier que le quartier général sera le 21 à Sàlheyeh.

L’adjoint qui portera cet ordre suivra le général Lagrange jusqu’à El-A’rych, et reviendra par Qatyeh et Sàlheyeh et la route du pont, pour me rendre compte.

L’adjoint chargé de porter ces dépêches sera chargé d’un seul ordre pour le général Kleber, en cas que le général Kleber soit à Qatyeh, et dans cet ordre sera celui au général Reynier, pour lui faire connaître qu’il est sous les ordres du général Kleber et qu’il doit exécuter tous les ordres qu’il lui donnera ; et, dans le cas où le
général Kleber ne serait pas encore rendu à Qatyeh, il y aura, outre l’ordre ci-dessus, un ordre particulier pour le général Reynier, dans lequel vous lui prescrirez d’exécuter la partie de l’ordre ci-dessus qui le regarde, ordre que l’adjoint ne donnera au général Reynier que dans le cas où le général Kleber n’y serait pas. Il faut que l’adjoint règle sa marche de manière à être arrivé le 16 à Qatyeh. Vous annoncerez, par un Arabe, au général Reynier, qu’un adjoint part pour lui porter l’ordre de se rendre à El-A’rych; que cet adjoint n’arrivera probablement que vingt-quatre heures après l’Arabe : qu’il fasse donc ses préparatifs pour pouvoir partir peu d’heures après l’arrivée de l’adjoint. Vous ferez connaître à l’Arabe qu’il aura dix piastres de gratification s’il arrive le 15 avant midi.

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL KLEBER, A DAMIETTE.

Quartier général, au Caire, 12 pluviôse an VII (31 janvier 1799).

L’état-major, Citoyen Général, vous fait passer l’ordre du mouvement pour l’occupation d’El-A’rych. Pour y arriver, vous avez deux ennemis à vaincre, la faim et la soif, et les ennemis qui sont Gaza , et qui , en deux jours, peuvent retourner à El-A’rych.

Vous direz aux gens du pays que vous pourrez rencontrer que vous n’avez ordre d’occuper qu’El-A’rych, Khân-Younès, et de chasser Ibrahim-Bey; que c’est à lui seul que vous en voulez.

Les moyens de transport que vous avez dans ce moment-ci à Qatyeh peuvent seuls décider de la quantité de troupes que vous pourrez envoyer à El-A’rych. L’avant-garde du général Reynier épuisera tous les moyens de transport; car il est indispensable que les soldats portent pour trois jours sur eux, et qu’il ait avec lui un convoi qui assure la subsistance pour douze jours.

Arrivé à Khân-Younès, vous pouvez écrire à Abd-Ullah-Pacha que le bruit public nous a instruits que le Grand Seigneur l’avait nommé pacha d’Égypte; que, si cela est vrai, nous avons lieu d’être étonnés qu’il ne soit pas venu; que nous sommes les amis du Grand Seigneur; que vous n’avez aucune intention hostile contre lui; que
vous n’avez ordre de moi que d’occuper le reste de l’Egypte et de chasser Ibrahim-Bey; que vous ne doutez pas que, s’il me fait connaître l’ordre qui le nomme pacha d’Egypte, je ne le reçoive avec tous les honneurs dus à son poste; que, du reste, vous êtes persuadé que, s’il est véritablement officier de la Sublime Porte, il n’a rien
de commun avec un tyran tel qu’Ibrahim-Bey, à la fois ennemi de la République française et de la Sublime Porte.

Les divisions Bon et Lannes, la cavalerie et le parc de réserve sont en mouvement; je compte partir moi-même le 17. Je suivrai la route de Birket el-Hàggy, Bclheys, Koràrm, Sàlheyeh, le pont d’El-Khazneh et Qatyeh. Vous m’enverrez par cette route les rapports que vous aurez à me faire.

BONAPARTE.

Au général Berthier

Quartier général . au Caire, 13 pluviôse an VII (1er février 1799)

La compagnie Omar marchera avec l’émir-hadji et recevra les ordres directernent de lui. L’émir-hadji, avec une centaine d’hommes turcs à cheval et un nombre d’honnnes pied , avec plusieurs membres du divan , devant suivre l’armée , campera toujours à part. Il recevra tous les jours l’ordre de l’état-major. II y aura parmi ses officiers un de ses gens qui sera toujours avec l’état-major et un autre faisant fonctions de commissaire; il y aura un adjoint d’état-major qui marchera toujours avec lui. L’ordonnateur en chef mettra auprès de lui un commissaire des guerres pour lui faire fournir ce dont il aura besoin.

L’état-major et l’ordonnateur en chef enverront aujourd’hui un ofticier et un commissaire des guerres pour prendre les noms de tous les hommes armés, de ceux qui ne le sont pas, des domestiques, des chevaux, des chameaux, afin de connaitre le nombre de rations dont ils auront besoin .

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier général . au Caire, 13 pluviôse an VII (1er février 1799)

ARTICLE Ier. –  Les marchands de riz et autres qui , dans les branches de Damiette et de Rosette , font les avances nécessaires pour la culture des rizières , feront ces avances comme par le passé.

ART. 2. Ils sont solidairement chargés de la culture des rizières appartenant à la République.

ART. 3 — Ils percevront le produit de l’ousyeh , lequel leur appartiendra en entier, sauf, 1° la partie due aux cultivateurs pour leur travail ; 2° le revenu dû à la République, comme succédant aux droits des propriétaires et à ceux de l’ancien gouvernement.

ART. 4. Ils seront remboursés des avances qu’ils feront pour les feddàn autres que ceux de l’ousyeh dans les qyràt qui appartiennenl à la République, et de celles qui seront faites pour les qyràt des particuliers , de la manière et aux époques ordinaires, et en percevant l’intérêt usité.

ART. 5. — Au moyen des profits résultant des articles 2 et 3, lesdits marchands de riz verseront dans les caisses publiques une somme égale aux revenus des ousyeh , du mal-el-hour, du barràny et autres droits usités.

BONAPARTE.

 

ORDRE.

Quartier au Caire . 13 pluviôse an VII (ler février 1799).

ARTICLE  I — L’administrateur général des finances liquidera les divers emprunts forcés qui ont eu lieu sur les marchands de café, sur les Coptes , sur les marchands damasquins , sur les marchands d’Alexandrie, de Rosette, de Foueh et de Damiette, et sur les diverses autres corporations au Caire.

ART. 2. –  Il est autorisé à en faire le remboursement en maisons, okels, bains , emplacements, jardins , feddans d’ousyeh appartenant à la [République, sans que le revenu puisse excéder, pour les terres, 1 pour 20 du capital , et pour les maisons, okels, bains et emplacements, 1 pour 10 du capital.

ART. 3. — Les prêteurs payeront comptant la plus-value que pourrait avoir l’objet donné en remboursement.

ART. 4 . — Le titre de propriété leur sera délivré par l’administraleur général des finances.

ART. 5. — Ils seront tenus de faire enregistrer et de payer le droit d’enregistrement; l’administration de l’enregistrement et des domaines leur délivrera le titre de garantie ordinaire.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier au Caire . 13 pluviôse an VII (ler février 1799).

ARTICLE I er . — La maison qu’occupe. le général Lannes dans l’ile de Boudah, et 20 feddán, 1 0 de chaque côté, lui sont donnés en toute propriété.

La maison qu’occupe le général Dommartin et le jardin qui est vis-a-vis, à gauche d’un nouveau chemin, lui sont donnés en toute propriété.

La maison qu’occupe le général Murat lui est donnée en toute propriété.

ART . 2 — L’ile de Roudah sera partagée en dix portions. Seront exceptées la partie sud , où est le Meillàs, et la partie nord, où  il y a une batterie, avec un arrondissement convenable.

AltT . ,3. – L’ile vis-à-vis Boulàq , où est le lazaret , sera partagée en dix portions.

AICT. 4. — Le général en chef se réserve de donner ces portions à des officiers de l’armée qui le mériteront.

ART. 5. L’administrateur des finances fera rédiger, dans la journée de demain , par le bureau de l’enregistrement , les actes de propriété de ces différents officiers , et prendra les mesures pour exécuter, d’ici au 20 pluviôse , l’article I er du présent ordre. Les actes de propriété seront remis chez le payeur.

ART. 6. Le chef de l’état-major général fera connaitre aux généraux Dommartin, Lannes et Murat, que ces biens leur sont donnés en gratification extraordinaire pour les services qu’ils ont rendus dans la campagne et les dépenses qu’elle leur a occasionnées.

BONAPARTE.

 

ORDRE DU JOUR

Quartier Général, au Caire  14 pluviôse an VII (2 février 1799).

ARTICLE I er . — Il sera accordé, pour récompense, aux tambours qui se distingueront, des baquettes d’argent ; il ne pourra pas y en avoir plus de vingt-cinq dans l’armée.

Il sera accordé, pour récompense, aux trompettes qui se distingueront, des trompettes d’argent ; il ne pourra pas y en avoir à l’armée plus de cinq.

Il sera accordé aux canonniers pointeurs qui se distingueront par la justesse du tir une petite grenade en or, qui sera fixée sur leur baudrier ; il ne pourra pas en avoir plus de quinze.

Il sera accordé aux soldats qui se distingueront des fusils garnis en argent; il ne pourra pas y en avoir plus de deux cents.

ART. 2.  —Tout soldat qui aura obtenu une trompette ou baguette d’argent, la grenade d’or ou le fusil garni en argent, aura deux sous par jour de haute paye.

ART. 3. Les officiers ou soldats qui se distingueront par des actions de bravoure extraordinaire ou par des services essentiels rendus à l’armée auront un des cent sabres accordés en Italie, et dont vingt-cinq sont à donner.

ART. . — Tous les officiers el soldats de l’armée qui ont obtenu un des cent sabres enverront, dans le plus court délai , au chef de l’état-major, copie, certfliée par le conseil d’administration , du titre qui le leur accorde et de l’inscription qui a été mise dessus. L’état général sera imprimé et mis l’ordre du jour.

BONAPARTE.

 

 

AU GÉNÉRAL DESAIX.

Quartier Général, au Caire  15 pluviôse an VII (3 février 1799).

Votre dernière lettre, que j’ai reçue hier, Citoyen Général , est datée du 16 nivôse. Je n’ai eu depuis aucune nouvelle de vos opéralions ultérieures.

Le général Davout m’a écrit de Syout, le 23 nivôse. Il m’a annoncé les succès qu’il a obtenus sur les diférenIs rassemblements de fellahs qui s’étaient révoltés.

Depuis le 3 nivôse , nous sommes à Qatyeh et nous avons établi un fort et des magasins assez considérables. Le général Reynier part le 16 de Qatyeh pour se rendre à  El-A’rych. Une grande partie de l’armée est en mouvement pour traverser le désert et se présenter sur les frontières de la Syrie. Le quartier général va incessamment se mettre en marche.

Mon but est de chasser Ibrahim-Bey du reste de l’Égypte, dissiper le rassemblemenl de Gaza et punir Djezzar de sa mauvaise conduite.

Le citoyen Collot , lieutenant de vaisseau , est parti de Suez avec quatre chaloupes canonnières portant 80 hommes de débarquement. Il a ordre de croiser devant Qoseyr et même de s’en emparer. Dès l’instant qu’il aura effectué son débarquement, il vous en préviendra en vous expédiant des Arabes. De votre côté, expédiez d’Esné des hommes pour pouvoir être instruit de son arrivée, correspondre avec lui , et lui envoyer des vivres, dont il pourrait avoir besoin.

Défaites-vous, par tous les moyens et le plus tôt possible , de tous ces vilains Mameluks.

BONAPARTE.

 

ORDRE

Quartier Général, au Caire  15 pluviôse an VII (3 février 1799).

Le général en chef, par les différents mouvements qu’ont faits les troupes composant l’armée d’Italie , n’ayant eu connaissance que dans ce moment des noms des quatre grenadiers de la 69e demi-brigade, qui , par leur sang-froid et leur bravoure , ont empêché les Autrichiens de surprendre les postes avancés du camp retranché de Saint-Georqes , après que le général Provera eut passé l’Adige à Porto-Legnago , au moment où l’arniée française gagnait la bataille de Rivoli,

Accorde au citoyen Pierre Gavard , un des quatre arenadiers de la 69e qui ont eu part à l’action dont il vient d’être parlé , un des deux cents fusils garnis d’argent , destinés par l’ordre du général en chef à récompenser les officiers ou soldats qui se distingueront ou qui auront rendu un service essentiel à l’armée.

En conséquence , aussitôt que les fusils seront faits , il en sera adressé un au citoyen Pierre Cavard.

II jouira, à dater de ce jour, des deux sous par jour de haute paye dont, conformément à l’article 2 de l’ordre du 14 pluviôse, doivent jouir ceux auxquels le général en chef accorde un des deux cents fusils garnis d’argent.

Par ordre du général en chef.

 

AU DIRECTOIRE EXÉCUTIF.

Quartier Général, au Caire  17 pluviôse an VII (5 février 1799).

Plusieurs généraux et officiers m’ayant fait connaitre que leur santé ne leur permettait point de continuer à  servir dans ce pays-ci, surtout la campagne redevenant plus active , je leur ai accordé la permission de passer en France.

Je vous ai expédié ces jours-ci plusieurs bâtiments avec des courriers; j’espère que quelques-uns vous arriveront.

L’on nous annonce à l’instant l’arrivée à Alexandrie d’un bâtiment  chargé de vin et porteur de lettres pour moi de Gènes et d’Ancòne; depuis huit mois, c’est la première nouvelle qui nous arrive. Je ne recevrai ces lettres que dans deux ou trois jours ; et je désire bien vivement qu’il y en ait de vous, et du moins que je puisse être instruit de ce qui se passe en Europe , afin de pouvoir guider ma conduite en conséquence.

 

Au général Marmont, à Alexandrie

J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite le 7, m’annonçant l’arrivée du citoyen Hamelin, à Alexandrie. Toutes les troupes dans ce moment-ci traversent le désert, et j’étais moi-même sur le point de partir ; je retarde mon départ pour voir le citoyen Hamelin , ou recevoir au  moins les lettres de Livourne et de Gènes que vous m’annoncez.

Vous ferez sortir un parlementaire par lequel vous préviendrez le commandant anglais que plusieurs avisos anglais ont , à différentes époques, échoué sur la côle; que nous avons sauvé les équipages ; qu’ils sont dans ce moment détenus au Caire, où ils sont traités avec tous les égards possibles ; que, ne les regardant pas comme prisonniers, je les lui enverrai incessamment.

 

 

AU GÉNÉRAL KLEBER.

Quartier Général, au Caire  17 pluviôse an VII (5 février 1799). 

Nons avons recu enlfin, Citoyen Général, des nouvelles de France. Un bâtiment ragusin chargé de vin est arrivé , ayant à son bord les citoyens Hamelin et Livron. Ils apportent des lettres que je n’ai pas encore reçues, parce que Marmont m’a écrit par un Arabe.

Jourdan a quitté le corps législatif et commande l’armée sur le Rhin. Le congrès de Rastadt était toujours au même point ; on y parlait beaucoup sans avancer.

Joubert commande l’amiée d’Italie. Schauenburg commande à Malte 14)Schauenburg cornmandait alors en Helvétie. . Pléville est parti pour Corfou. Passwan-Oglou a complètement détruit l’armée du capitan-pacha et est maitre d’Andrinople.

La Marguerite, expédiée après la prise d’Alexandrie, et la Petite Cisalpine , expédiée de Rosette un mois après le combat d’Aboukir, sont toutes deux arrivées.

Descorches était en route pour Constantinople.

Au commencentent de novembre , l’ambassadeur turc à Paris faisait encore ses promenades à l’ordinaire.

Les Espagnols , au nombre de 21 vaisseaux , se laissent bloquer par 18 vaisseaux anglais.

On a pris des mesures pour recruter les armées; il parait que l’on a requis tous les jeunes gens de dix-huit ans, que l’on a appelés les conscrits.

Les choses de l’intérieur sont absolument dans le même état que lorsque nous sommes partis; on ne remarque pas, dans l’allure du Gouvernement, le changement qu’a pu y apporter le nouveau membre qui est entré. 15)Treilhard

Le général Humbert, avec 1 ,500 hommes, est arrivé en Irlande ; il a réuni quelques Irlandais autour de lui , et , quinze jours après , il a été fait prisonnier avec toute sa troupe.

On arme en Europe de tous còlés ; cependant on ne fait encore que se regarder.

Je retarde mon départ de deux jours, afin de recevoir des lettres avant de partir.

La 32e doit être à Qatyeh ; le général Bon , avec le reste de sa division, est à Sàlhewh. Si des événements pressants vous rendaient un secours nécessaire , vous lui écririez ; il n’aurait pas besoin de mon ordre pour marcher vers vous.

 

AU GÉNÉRAL  BERTHIER.

Quartier Général, au Caire  17 pluviôse an VII (5 février 1799).

Vous voudrez bien écrire, Citoyen Général, aux commandants de la citadelle , des forts Dupuy, Sulkowski , Ibrahim-Bey, de la Prise d’eau et de Gyzeh, pour qu’ils m’envoient demain dans la journée une réponse à ces questions :

Si , le 16 , ils avaient été bloqués de manière à ne plus pouvoir communiquer, combien de bouches avaient-ils à nourrir ? Combien de jours auraient-ils pu se défendre ?

Qu’est-ce qui les empêcherait de tenir plus longtemps ?

Et, s’ils avaient été attaqués, combien de coups de canon pouvaient-ils tirer?

Qu’est-ce qui leur manquait ?    

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN

Quartier Général, au Caire  17 pluviôse an VII (5 février 1799).

Vous trouverez ci-joint , Citoyen Général , l’ordre au commandant de la marine à Boulàq pour qu’il mette à votre disposition six pierriers de 3 livres, avec le nombre de boulets nécessaire. Les pierriers seront disposition du commandant de la place , pour défendre les issues des rues et protéger le quartier français.

Je vous prie également de faire placer une pièce de 3 sur le petit minaret qui est au quartier général , pour battre la place Ezbekieh et le chemin de Boulàq , et de faire placer une pièce de canon d’un calibre quelconque à la porte des Pyramides, et une autre la porte du Delta.

BONAPARTE

ORDRE DU JOUR

Quartier Général, au Caire  18 pluviôse an VII (6 février 1799).

Le Général en chef, vu la nécessité de constater d’une manière légale , pour les Français non militaires , les actes de naissance, de mariage et de mort , et tous autres actes civils qui intéressent l’état des citoyens et la tranquillité des familles , ordonne que le registre des actes civils sera tenu par les commissaires Français près les divans des diffèrentes provinces, lesquels rempliront, à cet égard, les mêmes fonctions qui étaient attribuées au consul français au Caire.

Par ordre du Général en chef.

 

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

Quartier général, au Caire, 19 pluviôse an VII (7 février 1799).

Je suis extrêmement mécontent, Citoyen Général, d’apprendre qu’il n’y a pas encore un seul boulet au fort Dupuy.

Je vous prie d’envoyer, dans la journée, un armurier à la maison d’Ibrahim-Bey, afin de mettre en état les 106 fusils qui sont dans le magasin de l’hôpital. A la maison d’Ibrahim-Bey, il n’y a que trente coups par pièce, soit à boulet, soit à mitraille. Je croyais que, depuis le 10, il y en avait cent.

Les affûts du fort de l’Aqueduc sont absolument hors de service. Ils ne sont pas en état de tirer dix coups chacun.

Tout ce que vous m’avez annoncé dans votre rapport comme devant être placé, le 10, à la citadelle, ne s’y trouvait pas le 16.

Il y a à la citadelle deux pièces de 4, et il n’y a que trente cartouches de ce calibre; il n’y a que vingt-cinq obus par obusier.

Il manque au fort Sulkowski des dégorgeoirs, des refouloirs, des esses et des boute-feux. Je vous prie d’envoyer à la citadelle 150 fusils, qui seront tenus en réserve, et pour être distribués seulement dans des moments extraordinaires.

BONAPARTE.

 

 

ORDRE DU JOUR.

Quartier général, au Caire, 19 pluviôse an VII (7 février 1799).

Le général en chef témoigne sa satisfaction au commissaire des guerres Michaux sur l’heureux changement qui, depuis son arrivée, s’est opéré dans les administrations d’Alexandrie, et sur l’activité qu’il met à assurer la subsistance du soldat : un commissaire des guerres actif, probe et ferme, est le véritable père du soldat et a des titres réels à la reconnaissance nationale.

Par ordre du général en chef.

 

QUESTIONS DU GÉNÉRAL BONAPARTE AU CITOYEN HIUIELLV.

Quartier général, au Caire, 20 pluviôse an VII (8 février 1799).

DEMANDES.

Quand avez-vous appris, pour la première fois, que le roi de Naples avait déclaré la guerre à la France?

Je l’ai appris, le 23 décembre, d’un bâtiment qui venait de Cività-Vecchia à Navarin. Il m’a dit que la guerre avait été déclarée par le roi de Naples à la France vers la fin de novembre.

De quelle nation était ce bâtiment?

Ragusin

Que disait ce bâtiment?

Que lorsqu’il était parti de Cività-Vecchia les Napolitains y étaient; qu’ils étaient aussi à Rome, qui avait été évacuée par les Français après un léger combat.

Avez-vous su la même nouvelle par d’autres voies?

Je l’ai sue par un bâtiment impérial venant de Livourne. Il est arrivé à Navarin environ huit jours après le ragusin.

Lorsque vous avez parlé à ce bâtiment, avait-il communiqué avec le bâtiment ragusin?

J’ai été à bord du bâtiment impérial dès qu’il a eu mouillé, et avant qu’il eût communiqué avec personne.

Depuis quand ce bâtiment manquait-il de Livourne?

Depuis environ vingt-cinq jours.

Y avait-il des passagers à bord de ce bâtiment?

Deux Grecs, qui allaient à Smyrne.

Que vous a appris ce bâtiment?

La même chose que le ragusin, c’est-à-dire que les Napolitains étaient entrés à Cività-Vecchia et à Rome; il a ajouté que différents rapports de bâtiments partis de Livourne depuis qui lui avaient appris que les Anglais avaient porté à Livourne un corps de Napolitains qui s’étaient emparés de cette ville.

Ce bâtiment ne vous a-t-il pas parlé des dispositions dans lesquelles l’Empereur était vis-à-vis de la France?

Non; mais un autre bâtiment impérial venant de Trieste lui a assuré que les négociations de paix s’avançaient de plus en plus vers leur terme.

Depuis quand ce bâtiment était-il parti de Trieste?

Aux environs du 1er nivôse.

Quel est le bâtiment qui vous a instruit que les vaisseaux d’Ancône étaient dans les îles de la Dalmatie?

Le même ; il a parlé au citoyen Lallemant, commandant ces troisvaisseaux ; celui-ci lui a dit que les Napolitains avaient envahi Rome et Cività-Vecchia.

Quel est le bâtiment qui vous a parlé de la prise d’Ancône?

Un ragusin venant de Tunis et allant à Baïrouth; il l’avait apprise d’un bâtiment rencontré dans le canal de Malte

Qui vous a dit que Passwan-Oglou était à Andrinople?

Le bey de Navarin et un capitaine de bombarde russe qui , détaché de l’armée de Corfou, allait dans l’archipelainsi que le consul impérial de Coron.

Que savez-vous de Corfou?

Après avoir passé à une lieue et demie de Corfou et avoir vu un grand
nombre de bâtiments, surtout à la passe du sud, nous avons eu des nouvelles plus précises par le capitaine de bombarde russe dont j’ai parlé plus haut.

Ils ont dit que Jes flottes turque et russe montaient à 62 voiles , parmi lesquelles il y avait huit vaisseaux , dont six russes; le reste était composé d’assez mauvaises embarcations. Ils avaient, en général, peu de troupes de débarquement. Ils avaient fait quelques tentatives, toujours malheureuses, sur un fort de la passe du sud. Ce capitaine
m’a fait voir ses ordres; ils étaient de l’amiral turc et visés par le comte Oczakoff, dont j’ai vu la signature.

Qu’est-ce qui vous prouvait que la Porte nous faisait la guerre?

Le blocus de Corfou, les relations du bey de Navarin, qui nous l’a assuré, et le dire de tous les bâtiments , sans exception, que j’ai rencontrés.

Quand croyez-vous que la Brune soit arrivée à Corcyre ?

Vers le 20 novembre

BONAPARTE.

 

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Quartier général, au Caire, 20 pluviôse an VII (8 février 1799).

Vous donnerez l’ordre à deux compagnies de dromadaires de se tenir prêtes à partir le 22, pour se rendre à Belbeys. Vous recommanderez au chef d’escadron de faire armer chacun avec une lance qui ait au moins 15 pieds de long, indépendamment du fusil, et de choisir les plus forts dromadaires. Je désire que vous en passiez la revue demain pour vous assurer qu’il ne leur manque rien de ce qui leur est nécessaire, et surtout des outres.

BONAPARTE.

 

Au général Berthier

Quartier général, au Caire, 20 pluviôse an VII (8 février 1799).

Vous donnerez l’ordre au général Rampon de partir le 24, avec le 2e bataillon de la 4e, pour se rendre à Sàlheyeh. Il aura avec lui une pièce de canon. Vous préviendrez de ce départ le commissaire ordonnateur en chef, les généraux d’artillerie et du génie, afin qu’ils profitent de cette occasion pour faire passer tout ce qu’ils auraient à envoyer à l’armée.

Il restera au Caire un adjudant général de l’état-major général, qui partira le 24 avec le général et portera toutes les dépèches qui pourraient être arrivées à l’état-major général et au général en chef d’ici au 24.

Vous donnerez l’ordre à la 2e division de l’escadron du 22e de chasseurs, qui est destiné à  marcher, de partir le 22 ; à la 2e division de l’escadron du 7e de hussards, de partir le 21.

Vous préviendrez les citoyens Monge et Gloutier que le quartier général part demain.

Vous donnerez l’ordre au chef de brigade des guides de faire seller ses chevaux et de se tenir prêt à partir demain midi. Il viendra à cette heure prendre mes ordres pour savoir l’heure laquelle on bridera.

BONAPARTE.

 

 

AU CITOYEN POISSIELGUE.

Quartier général, au Caire, 20 pluviôse an VII (8 février 1799)

Je donne ordre au payeur d’envoyer un de ses préposés , sur une djerme armée, à MehaIIeh-el-Kebyr et à Menouf. pour ramasser l’argent et le rapporter au Caire le plus promptement possible.

Donnez ordre à l’agent de la province de Gyzeh de se mettre en course pour lever le deuxième tiers du myry.

Pressez de tous vos moyens la rentrée du premier tiers que doivent payer les adjudicataires; joignez-y tout ce que rend la Monnaie et doit rendre l’enregistrement : car il est indispensable que vous ramassiez d’ici au ventôse francs , et que vous me les fassiez passer à l’armée. Ils seront escortés par un adjudant général de l’état-major, et le 3e bataillon de la 32e , qui ont ordre de partir le 30.

Envoyez des exprès de tous les côtés et écrivez pour qu’on active la rentrée des impositions.

Donnez ordre Damiette pour qu’on recouvre les 150,000 francs qui restent à recouvrer, que l’on fasse rentrer le deuxième tiers du miry

Donnez ordre également que les impositions se lèvent dans la province cle Charqveh, de manière l’on puisse nous envoyer, d’ici au 1er du mois prochain , 100,000 livres.

Vous sentez combien il est nécessaire que, surtout dans ce premier moment, nous ayons de quoi subvenir à l’extraordinaire de l’expédition.

BONAPARTE

 

Quartier Général, au Caire  20 pluviôse an VII (8 février 1799) .

Le général en chef s’est rendu au fort Dupuy; il a été mécontent de ce que les pièces de ce fort n’avaient pas encore été flambées; il

heures , aux arrêts le commandant dufort.

Il recommande aux commandants de tous les forts, qui n’auraienl pas fait flamber leurs pièces , de les faire flamber, de s’assurer que leur artillerie est en état , et d’avoir au moins 1 .3() coups par pièce, indépendamment de ce que le parc pourrait fournir dans l’occasion.

Le 23. le général commandant au Caire fera la visite de tous les forts , pour s’assurer que l’artillerie et tous les approvisionnements sont en règle.

 

 

AU   GÉNÉRAL MARMONT , A GYZEH

Quartier Général, au Caire, 21 pluviôse an VII (9 février 1799)

Vous verrez par du jour, Citoyen Général , que tous les Ibnds des provinces d’Alexandrie, de Rosette et de liahyrch, doivent être versés dans la caisse du payeur d’Alexandrie. Le citoyen Batille a été investi de toute l’autorité du citoyen Poussielgue.

Le commissaire Michaux est investi de toute l’autorité de l’ordonnateur en chef sur l’administration de ces trois provinces, dont les seront exclusivement destinés à pourvoir à vos services.

Ordonnez que le bataillon de la se réunisse , avec deux bonnes pièces d’artillerie, à Matnanhour; que cette colonne puisse se porter dans toute cette province et dans celle de Rosette pour lever les imposilions et punir ceux qui se comporteraient mal. Cette mesure aura l’avantage de tirer tout le parti possible de ces deux provinces, de tenir une bonne réserve éloignée de l’épidémie d’Alexandrie , et, selon les événemenls , vous la feriez revenir à Alexandrie où sa présence relèverait le moral de toute la garnison , car il est d’axiome , dans l’esprit de la multitude, que lorsque l’ennemi reçoit des renforts, elle doit en recevoir pour se croire en égalité de force; et enfin , s’il arrivait quelque événement dans le Delta, ce bataillon pourrait s’y porter et être d’un grand secours.

Mettez-vous en correspondance avec le général Lanusse, qui commande à Menouf, et le général Fugière, qui commande à Mehalleth-Kebyr. Ne vous laissez point insulter par les Arabes. Le bon moyen de faire finir votre épidémie est peut-être de faire marcher vos troupes. Saisissez l’occasion , et calculez une opération de 4 ou 500 hommes sur Maryout, cela sera d’autant plus essentiel que, partant demain pour me rendre en Syrie, l’idée de mon absence pourrait les enhardir.

Si des événements supérieurs arrivaient, le commandant de Rosette doit se retirer dans le fort de Qatyeh, qui doit être approvisionné pour cinq ou six mois. Maitre de ce fort, il le serait de la bouche du Nil , et dès lors empècherait de rien faire de grand contre l’Egypte. Faites donc armer et approvisionner le fort de Rachyd ; mettez dans le meilleur état celui d’Aboukir ; profitez de tous les moyens possibles , et du temps qui vous reste d’ici au mois de juin , pour mettre Alexandrie à l’abri d’une attaque de vive force pendant, 1 0 cinq à six jours, qu’une armée puisse débarquer et l’investir ; 20 quinze jours, qu’elle commence le siége; 3° quinze à vingt jours de siége.

Vous sentez que, lorsque cette opération pourrait être possible, je ne serais pas éloigné de dix jours de marche d’Alexandrie.

Faites lever exactement la carte des provinces de Bahyreh, Rosette et Alexandrie, et, dès l’instant qu’elle sera faite, envoyez-la-moi, afin qu’elle puisse me servir si votre province devenait le théâtre de plus grands événements. Dans ce moment-ci, la saison ne permet pas aux Anglais de rien faire de dangereux. Envoyez-moi des Arabes par Damiette et par le Caire, pour me donner de vos nouvelles ; dans ces deux villes, on saura où je me trouve.

Vous trouverez ci-joint la relation de la fête du Marnazàn et une proclamation du divan du Caire. Il est bon de répandre l’une et l’atire, non-seulement dans votre province, mais encore par les bâtiments qui partiront.

Je ne puis pas vous donner une plus grande marque de confiance qu’en vous laissant le commandement du poste le plus essentiel de l’armée.

Le citoyen Hamelin est arrivé hier ; j’ai trouvé beaucoup de contradiclion dans tout ce qu’il a appris en route , et j’ajoute peu de foi à toutes les nouvelles qu’il dit comme les ayant apprises en route : la situation de l’Europe et de la France, jusqu’au 10 novembre , me paraissait assez satisfaisante.

J’apprends qu’il est arrivé un nouveau bâtiment de Candie ; interrogez-le avec le plus grand soin et envoyez-moi les demandes et les réponses. Informez-vous de l’escadre russe.

Quoique je croie que nous sommes en paix avec Naples et l’Emperenr, cependant je vous autorise à retarder, sous différents prétextes, le départ des bâtiments napolitains, impériaux, livournais; concertez-vous avec le citoyen Le Roy, et envoyez-m’en l’état ; nous acquerrons tous les jours des renseignements plus certains.

BONAPARTE

Au général

Quartier Général, au Caire, 21 pluviôse an VII (9 février 1799)

Vous prendrez, Citoyen Général, le commandement de la province du Caire.

Les dépôts des divisions Bon et Reynier gardent la citadelle avec deux compagnies de vétérans.

Il y a à la citadelle des approvisionnements de réserve pour nourrir cinq à six mois la garnison et l’hôpital qui s’y trouvent.

Il y a au fort Dupuy détachement de la division libanaise et de canonniers.

Le fort Sulkowski est gardé par le dépôt du 7e de hussards et du de chasseurs.

Le fort Camin est gardé par un détachement du 14e de dragons.

La tour du fort de l’Institut  est gardé par un détachement des dépôts de la division Lannes, ainsi que le fort de la Prise d’eau et de la maison d’Ibrahim-Bey ; dans cette dernière est notre grand hôpital.

Tous les établissements d’artillerie sont à Gyzeh, ainsi que les dépôts de la division du général Desaix.

Tous les Français sont logés autour de la place Ezbekyeh. J’y laisse un bataillon de la 69e, un de la 4e d’infanterie légère et un de la 32e.

Le bataillon de la 4e partira le 21 ; une compagnie de canonniers marins, le 27 ; et le bataillon de la 32e  le 30 pluviôse. J’ai désigné le 30 pour le départ de ce bataillon , parce que je suppose que le général Menou sera arrivé à cette époque avec la légion nautique. Si elle n’était pas arrivée, vous garderez ce bataillon jusqu’à son arrivée , et , dans ce cas, vous ferez escorter le trésor qu’on doit envoyer à l’armée par un détachement qui ira jusqu’à Belbeys.

Je laisse à Boulàq tous les dépôts de dragons , ce qui, avec les dépôts des régiments de cavalerie légère, forme près de 300 hommes. Il leur reste à tous quelques chevaux ; il en arrive d’ailleurs journellement que vous leur ferez distribuer.

La première opération que vous aurez à faire est de réunir chez vous les commandants des différents dépôts, de passer la revue de leurs magasins et de prendre toutes les mesures afin que chacun de ces régiments puisse , en cas d’alerte, monter tant bien que mal un certain nombre de chevaux. Ce sont principalement les selles qui manquent. II y a à Boulàq un atelier, qui a déjà reçu 6,000 francs d’avance , et qui doit en fournir 400 , à 30 par décade. Vous ne recevrez que des selles très bonnes , puisqu’on les paye très cher. Le 14e de dragons a 200 selles qui sont en quarantaine à Rosette depuis vingt-cinq jours, et qui doivent être ici avant la fin du mois.

On doit monter à Gyzeh au moins cinq à six sabres par jour. Vous les ferez donner , à mesure, aux dépôts de cavalerie qui en ont le plus besoin. Vous passerez une réforme des chevaux, et je vous autorise à faire vendre, au profit des masses des régiments de cavalerie, tous les chevaux hors d’état de servir.

Il y a dans la province du Caire cinq tribus principales d’Arabes : les Bily : c’est la plus nornbreuse, elle est en paix avec nous, elle a, dans ce moment-ci, son chef et plus de 200 chameaux à l’armée ; les Saouàlhàt : nous sommes en paix avec eux ; les fils de ses deux principaux cheiks sont en otage chez Zouhiqàr, commissaire près le divan ; les Terràbyn : nous sommes en paix avec eux ; ils ont leurs cheiks et presque tous leurs chameaux dans les convois de l’armée ; enfin les Haouylàt et les A’ydy, qui sont nos ennemis : nous avons brûlé leurs villages, détruit leurs troupeaux ; ils sont dans le fond du désert ; mais ils pourront revenir faire des brigandages aux environs du Caire. Il faut que les forts Camin, Sulkowski et Dupuy leur tirent des coups de canon , quand ils s’approchent trop.

Il faut avoir toujours un bâtiment armé, embossé plus bas que la ville , près du rivage, de manière à pouvoir tirer dans la plaine.

Il faut, de temps en temps, envoyer 100 hommes à Qelyoub avec une petite pièce de canon, tant pour lever le myry que pour connaitre si ces Arabes sont retournés, et pouvoir les investir et surprendre leur camp.  Il faut aussi , de temps en temps, réunir une centaine d’hommes à Gyzeh, faire une tournée, dans le nord surtout de la province, lever le myry et donner la chasse aux Arabes. Je désirerais que, dès que le général Leclerc sera arrivé à Gyzeh, vous l’envoyassiez, avec 100 hommes de Gyzeh et 50 de la garnison du Caire, faire dans le nord de sa province une tournée de cinq à six jours. Vous régleriez sa marche de manière à être instruit tous les jours où il se trouverait, afin de pouvoir le rappeler, si les circonstances l’exigeaient.

Le divan du Caire a une influence réelle dans la ville et est composé d’hommes bien intentionnés. II faut le traiter avec beaucoup d’égards et avoir une confiance particulière dans le commissaire Zoulfiqàr et dans le cheik El-Mohdy.

L’intendant général copte, le chef des marchands de Damas, Mikhayl , que vous pourrez consulter secrètement , lorsque vous aurez quelque inquiétude, pourront vous donner des renseignements sur ce qui se passerait dans la ville.

S’il y avait du trouble dans la ville, il faudrait vous adresser au petit divan, réunir même le divan général : ils réussiront à tout concilier, en leur témoignant de la confiance ; enfin prendre toujours ses mesures de sûreté , telles que consigner la troupe, redoubler les gardes du quartier français, y placer quelques petites pièces de canon, mais n’arriver à faire bombarder la ville par le fort et la citadelle qu’à la dernière extrémité; vous sentez le mauvais effet que doit produire une telle mesure sur l’ Egypte et tout l’Orient.

S’il arrivait des événements imprévus à Alexandrie ou à Damiette, vous y feriez marcher le général Lanusse, et même le général Fugière.

Si vous veniez à craindre quelque chose de la populace du Caire, vous feriez venir le général Lanusse, de Menouf. Il viendrait sur l’une et l’autre rive, et son arrivée ferait beaucoup d’effet dans la ville.

J’ai donné des fonds au génie, à l’artillerie et l’ordonnateur , pour tout le mois de ventôse.

Vous correspondrez avec moi par des Arabes et par tous les convois qui partiront.

Quels que soient les événements qui se passent dans la province de Charqyeh, 25 hommes, partant de nuit, arriveront toujours à Birket-el-Haggy, à Belbeys et à Sàlheyeh.

Le commandant des armes à Boulàq vous remettra l’état des bâtiments armés que nous avons sur le Nil. Il est nécessaire que ces bâtiments fassent un service de plus en plus actif.

Le payeur a ordre de tenir à votre disposition 2,000 francs par décade, pour payer les courriers que vous m’expédierez.

Le directeur du parc de Gyzeh doit envoyer, le 24, une pièce de 8 au général Fugière : veillez , je vous prie, à ce qu’elle parte ; vous sentez combien il est nécessaire qu’il la reçoive ; il n’a que 200 hommes sans canons.

BONAPARTE.

 

Quartier général, au Caire, 21 pluviôse an VII (9 février 1799).

ARRÊTÉ.

L’imprimerie nationale recevra directement les ordres du citoyen Poussielgue.

ART . 2 . — Elle travaillera avec la plus grande activité à l’impression de la Décade.

ART. 3. — Le citoyen Fournier fournira les matières pour les n° 6, 7 et 8, qui doivent tous être imprimés dans le mois de ventôse.

BONAPARTE.

 

Quartier général, au Caire. 22 pluviôse an VII (10 février 1799).

AU DIRECTOIRE EXÉCUTIF.

Citoyens Directeurs , un bâtiment ragusin est entré le 7 pluviòse dans le port d’Alexandrie ; il avait à bord les citoyens Hamelin et Livron , propriétaires du chargement, consistant en vin , vinaigre, draps, eau-de-vie, etc. Il m’a apporté une lettre d’Ancône, du consul , en date du 11 brumaire ; elle ne me donne point d’autres nouvelles que de me faire connaitre que tout était tranquille en Europe et en France. Il m’envoie la série des journaux de Lugano, depuis le n o 36 (3 septembre) jusqu’au n o 43 (22 octobre), et la série du Courrier de l’armée d’Italie, qui s’imprime à Milan , depuis le no 219 (14 vendémiaire) jusqu’au n o 230 (6 brumaire).

Le citoyen Hamelin est parti de Trieste le 21 octobre, a relâché Ancône le 3 novembre, et est arrivé à Navarin , en Morée, d’où il est parti le 28 nivôse. J’ai interroqé moi-même le citoyen Hamelin , et il a déposé les faits ci-joints 1 . Les nouvelles sont assez contradictoires. Depuis le 6 juillet je n’ai pas reçu de nouvelles d’Europe.

Le 1er novembre, mon frère est parti sur un aviso ; je lui avais donné ordre de se rendre à Crotone ou dans le golfe de Tarente ; j’imagine qu’il est arrivé.

L’ordonnateur Sucy est parti le 26 frimaire.

Je vous ai expédié plus de 60 bâtiments de toutes les nations, et par toutes les voies ; ainsi vous devez être bien au fait de notre position ici.

Nous avons appris par Suez que six frégates françaises, qui croisaienl à l’embouchure de la mer avaient fait pour plus de 20 millions de prises aux Anglais.

Je fais construire dans ce moment-ci une corvette à Suez , et j’ai une flottille de quatre avisos qui navigue dans la mer Rouge.

Les Anglais ont obtenu de la Porte que Diezzar-Pacha aurait, outre son pachalik d’ Acre, celui de Damas. Ibrahim-Pacha, ,Abd-Ullah-Pacha et d’autres pachas sont à Gaza, et menacent I’Égypte d’une invasion. Je pars dans une heure pour aller les trouver. II faut passer neuf jours de désert sans eau ni herbe. J’ai ramassé une quantité assez considérable de chameaux , et j’espère que je ne manquerai de rien. Quand vous lirez cette lettre, il serait possible que je fusse sur les ruines de la ville de Salomon.

Djezzar-Pacha , vieillard de soixante et dix ans , est un homme féroce qui a contre les Français une haine démesurée. Il a répondu avec dédain aux ouvertures amicales que je lui ai fait faire plusieurs fois.

J’ai, dans l’opération que j’entreprends, trois buts :

1° Assurer la conquête de l’Egypte en construisant une place forte au delà du désert, et , dès lors, éloigner tellement les armées, de quelque nation que ce soit, de l’Egyple, qu’elles ne puissent rien combiner avec une armée européenne qui viendrait débarquer sur les côtes ;

2° Obliger la Porte à s’expliquer, et , par là , appuyer les néaociations que vous avez sans doute entamées, et l’envoi que je fais à Constantinople sur la caravelle turque, du consul Beauchamp ;

3° Enfin ôter à la croisière anglaise les subsistances qu’elle tire de Syrie, en employant les deux mois d’hiver qui me restent à me rendre, par la guerre et par des négociations , toute cette côte amie.

Je me fais accompagner, dans cette course, du mollah , qui est, après le mufti de Constantinople, l’homme le plus révéré de l’empire musulman , des cheiks des quatre principales sectes , de l’émir-hadji ou prince des pèlerins.

Le Ramazàn , qui a commencé hier, a été célébré de ma part avec la plus grande pompe ; j’ai rempli les mêmes fonctions que remplissait autrefois le pacha.

Le général Desaix est à plus de 100 lieues du Caire, près des Cataractes ; il fait des fouilles sur les ruines de Thèbes. J’attends à chaque instant les détails officiels d’un combat qu’il aurait eu contre les Mameluks, où Mourad-Bey aurait élé tué et cinq à six beys prisonniers.

L’adjudant général Boser a découvert dans le désert, du côté du Fayoum, des ruines qu’aucun Européen n’avait encore vues.

Le général Andréossy et le citoyen Berthollet sont de relour de la tournée qu’ils ont faite aux lacs de natroun et aux couvents coptes. Ils ont fait des découvertes extrèrnemenl intéressantes. Ils ont découverl d’excellent natroun, que l’ignorance des exploitants empêchait de découvrir. Cette branche de commerce de l’Égypte deviendra par là encore plus importante.

Par le prernier courrier, je vous enverrai le nivellement du canal de Suez , dont les vestiges se sont parfaitement conservés.

II est nécessaire que vous fassiez passer des armes, et que vos opérations militaires et diplomatiques soient combinées de manière que nous recevions des secours. Les événements de la guerre el les événements naturels font mourir du monde.

Une maladie contagieuse s’est déclarée depuis deux mois à Alexandrie ; 200 hommes en ont été victitnes. Nous avons pris des mesures pour qu’elle ne s’étende point ; nous la vaincrons.

Nous avons eu bien des ennemis à vaincre dans cette expédition : le désert, les habitants du pays, Arabes, Mameluks, Russes, Turcs, Anglais.

Si , dans le courant de mars , le rapport du citoyen Hamelin se confirme et que la France soit en armes conlre les rois, je passerai en France.

Je ne me permets, dans cette lettre, aucune réflexion sur la position des affaires de la République, puisque, depuis dix mois , je n’ai plus aucune nouvelle. Nous avons tous une confiance entière dans la sagesse et la vigueur des déterminations que vous prendrez.

 

Quartier général. au Caire. 22 pluviôse an VII (10 février 1799).

AU GÉNÉRAL DESAIX.

Je suis fort impatient de recevoir de vos nouvelles , quoique la voix publique nous apprenne que vous avez battu les Mameluks et que vous en avez détruit un grand nombre.

Les généraux Kleber et Reynier sont à El-A’rych ; je pars à l’instant même pour m’y rendre. Mon projet est de pousser Ibrahim-Bey au delà des confins de I’Egypte et de dissiper les rassemblements de pachas qui se sont faits Gaza.

Ecrivez-moi par le Caire et en m’envoyant des Arabes droit à El-A’rych.

Le citoyen Collot, lieutenanl de vaisseau , est parti le 12 de ce mois, avec un très-bon vent, de Suez, avec quatre chaloupes canonnières portant 80 hommes de débarquement, pour se rendre Qoseyr; on m’écrit de Suez qu’à en juger par le temps qu’il a fait il doit y être arrivé le 16. Ecrivez-lui par des Arabes et procurez-vous tous les secours que vous pourrez.

Les citoyens Hamelin et Livron sont arrivés le 7 pluviôse à Alexandrie. Ils étaient partis le 24 octobre de Trieste, le 3 novembre d’Ancône , et le 28 nivôse de Navarin , en Morée, où ils sont restés mouillés fort lonqtemps. Ils sont venus sur un bâtiment chargé de vin , d’eau-de-vie et de draps. A leur départ d’Europe, tout était parfaitement tranquille en France. Le congrès de Rastadt durait toujours. Le corps législatif paraissait avoir repris un peu plus de dignité et de considération , et avoir dans les affaires un peu plus d’influence que lorsque nous sommes partis. On avait avait fait une loi pour le recrutement de l’armée. Tous les jeunes gens, depuis dix-huit à trente ans, avaient été divisés en cinq conscriptions militaires.

Voulant activer les négociations de Rastadt , on avait envoyé Jourdan commander l’armée du Rhin , Joubert celle d’Italie, et on avait demandé dans la première conscription 200,000 hommes; cela paraissait s’effectuer.

Presque tous les avisos que j’avais en France étaient arrivés.

On avait appris en Europe la prise d’Alexandrie un mois avant la bataille des Pyramides , et la bataille des Pyramides dix jours avant le combat d’ Aboukir.

Le vaisseau le Généreux, qui s’était retiré à Corfou , a pris, en différentes occasions , deux frégates anglaises, et le vaisseau le Leander, de 64 ; ce dernier s’est battu quatre heures.

Au 3 novembre, la Cisalpine et deux autres avisos que j’avais expédiés étaient en rade à Ancône , attendant à chaque instant le retour de leur courrier, pour remettre à la voile et revenir ici.

Une escadre russe bloquait Corfou. Les habitants s’étaient réunis à la garnison , forte de 4,000 hommes. Le blocus n’a pas empèché, la frégate la Brune d’y entrer le 20 novembre. L’ancien ministre Pléville est à Corfou , où il cherche à réunir les restes de notre marine. Descorches est parti , le 1 5 octobre , pour Constantinople, comme ambassadeur extraordinaire.

Dès l’instant que l’on a su à Londres que toute notre armée avait débarqué en Egypte, il a eu en Angleterrre une espèce de délire. Nos dignes alliés les Espagnols avaient 24 vaisseaux dans le port de Cadix ; ils se laissaient bloquer par 16 vaisseaux.

L’Angleterre a déclaré la guerre à toutes les républiques italiennes. Le général Humbert, itnberl , que vous connaissez bien , a eu la bonté de doubler l’Ecosse et de débarquer avec 2 ou 300 hommes en Irlande. Après avoir obtenu quelques avantages, il s’est laissé investir et a été fait prisonnier. L’adjudant général Sarrazin était avec lui. Il me fâche de voir dans une opération aussi ridicule le brave 3e régiment de chasseurs. L’escadre de Brest était très-belle.

Les Anglais bloquent Malte; mais plusieurs bâtiments chargés de vivres y étaient déjà entrés.

On était très-indisposé à Paris contre le roi de Naples.

Ne donnez pas de relâche aux Mameluks ; détruisez-en le plus que vous pourrez et par tous les moyens possibles.

Faites construire un petit fort capable de contenir 2 ou 3000 hommes, et un plus grand nombre dans l’occasion, dans l’endroit le plus favorable que vous pourrez. Il faut le choisir près de pays fertiles.

Le but de ce fort serait de pouvoir réunir là nos magasins et nos bâtiments armés, afin que , dans le mois de mai ou juin, votre division devenant nécessaire ailleurs, on puisse laisser un général avec quatre ou cinq diermes armées, qui , de là , tiendra en respect une partie de la haute Egypte. Il y aura des fours el des magasins , de sorte que quelques bataillons de renfort le mettraient dans le cas de soumettre les villages qui se seraient révoltés, ou de chasser les Mameluks qui seraient revenus. Sans cela, vous sentez que, si votre division est nécessaire ailleurs , 100 Mameluks peuvent revenir et s’emparer de toute la haute Égypte, ce qui n’arrivera pas si les habitants voient toujours des troupes françaises, et dès lors peuvent penser que votre division n’est absente que momentanément. Je désires correspondre facilement avec Qosesyr.

Je fais construire, dans ce moment-ci , deux corvettes à Suez , elles porteront chacune douze pièces de canon de 6.

Mettez la main le plus possible à la construction de votre fort ; prenez sur vos barques armées le nombre de pièces de canon nécessaire pour armer ce fort. Je désire , si cela est possible, qu’il soit construit en pierre.

BONAPARTE.

 

Quartier général. au Caire. 23 pluviôse an VII (11 février 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous ferez battre la générale    six heures du matin. La division du général Lannes partira à sept heures pour Koràym, la cavalerie à huit heures, et se cantonnera dans les villaqes au delà de Qoràym , sur la gauche ; le commissaire des guerres ira en avant, avec un détachement, pour connaitre ceux où il y aurait le plus de subsistances.

Le quartier général partira à sept heures , les guides à cheval à huit heures.

Le bataillon de la 13 e partira le 21 , avec un convoi de farine et d’orge, composé de tous les chameaux qu’on pourra se procurer dans la journée de demain

Ordre par un dromadaire au bataillon de la 32e, qui est au Caire, de faire partir, le 25 , cent hommes, pour tenir garnison à Belbeys.

Recommandez à l’adjudant général Boyer de faire prévenir le directeur de la poste de faire partir toutes les lettres pour l’armée par toutes les occasions , spécialernenl le 24 par la 32e

Ordre au général Bon de partir le 24 , avec sa division pour se rendre Qatyeh. Il emportera avec lui, de Sàlheyeh, au moins pour six jours de vivres.

Vous lui recommanderez faire bien raccommoder le passage du canal de Qantarah par des pionniers.

BONAPARTE.

 

Quartier général. Belbeys, 23 pluviôse an VII (11 février 1799).

Au général Bon

Vous aurez reçu , Général , l’ordre de vous rendre à Qatyeh ; nous passerons sans doute par la route du pont où il y a de l’eau. Je suis arrivé ici hier au soir, et je repars ce matin. Je serai demain à Sàleyeh , où j’espère recevoir de vos nouvelles.

Plusieurs convois de chameaux sont en route et  vont arriver à Qatyeh, donnez les ordres pour qu’ils soient déchargés. Envoyez à Tyneh pour y prendre les vivres venant de Damiette qui seraient en dépôt, et faites-les fiIer le plus possible sur El-A’rich

 

Quartier général, Belbeys, 23 pluviôse an VII (11 février 1799).

AU  GÉNÉRAL KLEBER.

.le suis parti hier soir, à dix heures , et je suis arrivé à minuit à Belbeys. Je reçois votre lettre du 19 , et, deux heures après , celle  du 20, Le parc de l’artillerie est arrivé hier à Sàlhyeh. J’ai ordonné que le reste de la division Bon parte demain de Sàlhyeh pour se rendre à Qatseh. La division Lannes ira ce soir à Koràym, et demin à Sàlheyeh. Toute la division de cavalerie du général Murat , forte de plus de 1 ,000 chevaux , part égalemenl et sera demain soir à Sàlheveh. 200 chameaux chargés d’orge doivent être arrivés ou sont en chemin pour Qatseh. Nous ramassons dans le pays tous les chameaux nécessaires, et nous cherchons tous les vivres que nous pouvons. Si les officiers de marine ont trouvé un point de débarquement près d’El-A’rych, et que l’un des deux convois arrive, je crois que nous serons bien , grâce au mouvement que vous avez donné à Damiette pendant le peu de temps que vous y êtes resté.

Quand je suis parti du Caire, le général Desaix avait détruit une partie des Mameluks, à trois journées des Cataractes. On disait trois beys pris, et Mourad-Bey tué depuis trois jours. Cette nouvelle était  celle du Caire, et l’intendant général l’avait presque reçue officiellement. Ainsi il est sûr qu’il y a eu une affaire.

BONAPARTE

 

Quartier général, Salheyeh, 24 pluviôse an VII (12 février 1799).

Au général Barthier

Le chef de l’état-major expédiera un courrier à Belbeys, afin que le bataillon de la 13e, s’il n’est pas parti aujourd’hui , parte sans faute demain , avec le convoi qui serait prêt à deux heures du matin, et rejoigne à grandes journées.

Ecrivez au général Rampon , qui doit être ce soir à Birket el-Haggy, qu’il se rende à grandes journées à Sàlheyeh , où il est nécessaire qu’il arrive le plus tôt possible.

Envoyez l’ordre par duplicata au général Rampon , au commandant de Belbeyvs.

Recommandez au connnandant de Belbeys de bien approvisionner ses forts, d’y renfermer tous les Français et de faire filer, à grandes journées, toutes les troupes qui rejoiqnent l’armée; recommandez-lui de faire partir les vingt coups d’obusier appartenant aux guides, qui sont restés en arrière.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Qatyeh, 25 pluviôse an VII (13 février 1799).

AU CITOYEN STENDELET, COMMANDANT LA FLOTTILLE DE DAMIETTE

Le général Ganteaume a dû, Citoyen Commandant, vous envoyer l’ordre de partir de Damiette et de vous rendre à El-A’risch , où vous pouvez mouiller en toute sûreté , le général Reynier ayant fait reconnaitre la rade. Si des circonstances impérieuses et qu’on ne peut pas prévoir vous empêchaienl d’exécuter en entier cet ordre, l’intention du général en chef est que vous expédiiez de suite le Pluvier et le bâtiment gréé, chargé de vivres, qui sont du besoin le plus pressant pour les divisions qui se trouvent devant El-A’ryeh. Je vous préviens que le général en chef est arrivé aujourd’hui à Qatych.

 

Quartier général, Qatyeh, 26 pluviôse an VII (14 février 1799).

AU GÉNÉRAI CAFFARELLI.

Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l’ordre à un officier du génie de partir sur-le-champ pour se rendre aux puits de la route d’El-A’rych, de surveiller les travaux des sapeurs qui creusent ces puits ; ceux qui ont été faits aux palmiers sou comblés. Il serait aussi nécessaire d’envoyer un officier du génie surveiller les travaux que l’on fait aux paltniers les plus loin. Faites-vous rendre compte, par l’officier de sapeurs que vous avez chargé de creuser ces puits, pourquoi il a fait un si mauvais travail.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Qatyeh, 26 pluviôse an VII (14 février 1799).

AU GÉNÉRAL BON.

En conséquence des dispositions du général en chef, il est ordonné au général Bon de partir demain au jour, avec sa division , pour se rendre au second puits , sur la route d’El—A’rych , à environ cinq heures.

La division du général a reçu des vivres pour dix jours ; en conséquence, elle n’en recevra pas jusqu’au 3 ventôse. Il aura soin de porter l’eau qui lui est nécessaire.

Le général en chef ordonne au général Bon de laisser à Qatseh son payeur, ses quartiers-maîtres, ses bagages et tout objet d’un transport qui ralentirait sa marche. Il laissera pour leur garde un officier et les hommes qui ne seraient point en état de marcher.

Le général Bon laissera 100 hommes qui marcheront avec son artillerie pour le suivre le plus près possible.

 

Quartier général, Qatyeh, 26 pluviôse an VII (14 février 1799), 6 h 1/2 du soir

AU GÉNÉRAL MURAT.

En conséquence des dispositions du général en chef, il est ordonné au général Murat de partir demain , 27 du courant , à huit heures du matin , avec la cavalerie et son artillerie qui est arrivée ce soir, pour aller coucher à cinq lieues de distance de Qatyeh , aux trois citernes appelées Byr-El-Abd.

Le général Murat fera prendre pour deux jours de vivres et de fourrages, ce qui, joint aux vivres pour trois jours pris aujourd’hui , portera la cavalerie payée de ses vivres et de son fourrage jusqu’au 30 inclus.

Comme son artillerie marchera moins vite que la division de cavalerie , il lui laissera pour escorte ses chevaux les plus fatigués.

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

AU GÉNÉRAL KLEBER.

Le général Bon , avec le reste de sa division , Citoyen Général , part ce matin pour se rendre à la première journée.

La cavalerie part ce matin pour le même endroit.

J’ignore encore si le convoi par mer pour El-A’rych est parti ; je ne sais pas même si le convoi d’Oman-Fàreq est arrivé à Tyneh ; cependant je le présume, la journée d’hier ayant été favorable.

On a envoyé hier 40 chameaux à Tyneh; je les attends ce matin, et je ne partirai moi-même que lorsque je les aurai vus filer sur El-A’rych.

Je fais partir 200 chameaux appartenant au quartier général , qui viennent du Caire pour se charger à Tyneh de tout ce qui pourrait y rentrer, et dans le cas où le convoi ne serait pas arrivé Tyneh , ils iront jusqu’à Omm-Fàreg.

Vous devez avoir reçu un convoi commandé par l’adjudant général Gilly-vieux, un autre par l’adjudant général Fouler.

Voici le troisième Arabe je vous expédie sur un dromadaire depuis que je suis ici.

Je n’ai point de vos nouvelles depuis la lettre du général Replier, que vous m’avez envoyée il y a trois jours.

BONAPARTE

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

Au général Berthier

Le payeur mettra sa caisse dans le fort de Qatyeh.

Tous les souliers et effets d’habillement seront également mis dans le fort de Qatyeh.

Tout le quartier général carnpera , jusqu’à nouvel ordre, dans le fort de Qatyeh.

Tous les chameaux qui portent les bagages du quartier général , qui sont arrivés cette nuit au nombre de 260, partiront dans la matinée avec l’adjudant général Grezieu , 50 hommes d’infanterie et une compagnie du régiment de dromadaires , pour se rendre à Tyneh , y charger l’orge, le riz , le biscuit et autres objets dépendant des magasins de vivres qui s’y trouvent , et les transporter à Qatsmeh.

Si le convoi qui depuis huit jours est arrivé à Omm-Fareg, n’est pas arrivé à Tyneh, de sorte qu’il n’y ait pas à Tyneh de quoi charger tous les chameaux , l’adjudant général ira jusqu’à Omm-Fareg. Le général Andréossy, qui connait les localités , donnera une instruction sur la route à tenir.

Sur les 260 chameaux, chaque général de division pourra en garder deux; chaque général de brigade et adjudant général , un.

L’ordonnateur en chef restera à Qatyeh , afin de veiller lui-même et faire filer sur El-A’rych les approvisionnements nécessaires au service de l’armée.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

A l’adjudant général Grézieu

Vous allez partir pour Tynch, Citoyen , avec 200 chameaux et 50 hommes d’escorte et une compagnie de dromadaires. Arrivé à Tyneh , vous ferez charger sur ces chameaux tout l’orge, le riz et le biscuit que vous pourrez. Vous presserez le départ du bataillon de la 4e et des trois compagnies de grenadiers de la 19e. Vous écrirez à l’adjudant général Almeras, commandant à Damiette, et vous lui marquerez d’activer le plus possible le départ des convois de subsistances pour Tyneh.

Vous m’expédierez de Tyneh, un Arabe sur un dromadaire, pour me rendre compte exactemenl de la situation des magasins de Tyneh,  et me donner des nouvelles du Caire et de Damiette.

Vos chameaux chargés, vous vous rendrez à Qatyeh ; vous y trouverez un convoi de chameaux à vide d’El-A’ryeh ; vous ferez charger dessus 50.000 rations de riz , de biscuit; et, si le nombre des chameaux n’était pas suffisant, vous prendriez dans les 200 chameaux de quoi assurer le transport de ces rations ; vous partirez avec ce convoi pour El-A’rych , et vous remettrez les chameaux dont vous n’aurez plus besoin. Avant de partir, vous donnerez l’ordre au commandant de Qatyeh de faire filer continuellement sur El-A’rych les vivres qui arriveraient de Tyneh, et de m’envoyer des exprès pour m’instruire de sa situation , de celle de ses magasins et de celle de Tyneh.

BONAPARTE.

Si, à Tyneh, il avait des denrées pour charger plus de 200 chameaux , vous feriez un second voyage avec vos chameaux.

Le parc d’artillerie a ordre, dés l’instant qu’il sera arrivé , d’envoyer chameaux à Tyneh.

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

AU CITOYEN D’AURE.

Le général Grezieu, qui part avec 200 chameaux pour Tyneh, a ordre de faire un second voyage, si cela est nécessaire, pour l’entière évacuation des magasins de Tyneh. Le parc d’artillerie, qui arrive ce soir, enverra 100 chameaux  et , si cela est nécessaire, ces chameaux feront deux voyages.

Vous donnerez ordre au commissaire Sartelon de rester à Qatyeh jusqu’à nouvel ordre , et de faire filer avec la plus grande activité sur El-A’rych tous les objets de subsistance qui se trouveront à Qatyeh

Il doit avoir, à Damiette, Menouf, Mehallet-el-Kebyr, une grande quantité de son ; faites filer le tout sur Qalyeh ; ce point est le plus essentiel , tant pour avancer que pour la retraite , et doit être approvisionné par tous les moyens possibles.

Vous renouvellerez les ordres à Sàlheyeh, Belbeys et au Caire, de faire filer avec activité des convois de biscuit, orge, fèves, son et riz, sur Qatyeh.

BONAPARTE

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

AU CHEF D’ESCADRON LAMBERT,

COMMANDANT LES DROMADAIRES.

Vous partirez sur-le-champ pour rejoindre le général en chef , avec tous vos dromadaires, excepté les dix laissés à l’ordonnateur en chef et ceux partis avec l’adjudant général Grezieu.

 

Quartier général, Qatyeh, 27 pluviôse an VII (15 février 1799).

AU GÉNÉRAL LANNES.

D’après les dispositions du général en chef, vous voudrez bien , Citoyen Général , partir demain avec toute votre division , pour vous rendre le plus tôt possible à El-A’rych. Vous emporterez les vivres que vous avez pris Sàlheyeh et qui doivent vous mener jusqu’au 3 ventôse, si vous en avez pris pour dix jours , comme la division Bon , et comme il a été ordonné.

Prenez également l’eau qui vous sera nécessaire. Laissez à Qatyeh votre payeur et les gros bagages qui ralentiraient votre marche. Laissez l’escorte nécessaire pour votre artillerie, qui ne pourra pas marcher aussi vite que vous.

Par ordre du général en chef.

 

Au bivouac de Messoudiah, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

Il vous est ordonné d’envoyer sur-le-champ à la tente du général  en chef tous les chameaux que vous pouvez avoir portant des outres, avec les chameliers, afin de les envoyer au-devant de la division Lannes : ils vous rentreront dans deux jours. Envoyez directement ces chameaux au puits, où il a des ordres pour qu’ils prennent de l’eau, de préférence à tous autres. Les chameaux chargés se rendront à la tente du général en chef.

 

Au bivouac de Messoudiah, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU GÉNÉRAL DUGUA, AU CAIRE.

Les divisions formant .l’expédition pour marcher contre Ibrahim Bey se sont mises en mouvement de différents points pour marcher à El-A’rych , premier point où l’ennemi a été rencontré.

A El-A’rych, les Marmluks, renforcés d’un corps de troupes de Djezzar-Pacha et de Moghrebins, étaient postés. La division du général Reynier y est arrivée et a sur-le-champ attaqué les Mameluks, leur a tué environ 400 hommes , et elle tient le reste bloqué dans le château.

Le 23, un corps de Mameluks, arrivé de Gaza avec un convoi qu’il voulait faire entrer dans le fort d’El-A’rych , s’est présenté devant ce château; il a été vivement repoussé et obligé de se retirer et de prendre position à deux lieues ; ils y sont restés le 26 et le 27.

Le 27, minuit, le général Reynier a fait marcher un corps de troupes françaises qui est arrivé sur le camp des Mameluks, l’a investi , a taillé en pièces tout ce qui s’y trouvait.

Qassim-Bey et trois kàchefs ont été tués ; un kàchef et quelques Mameluks ont été faits prisonniers ; on leur a pris 100 chevaux , 90 chameaux, 8 drapeaux, leurs magasins de subsistances et de fourrages et une grande partie de leurs effets.

Les Mameluks et autres troupes qui sont cernées dans le fort ont tenté de s’évader ; mais elles sont investies de manière à ne pouvoir point s’échapper.

La tranchée est ouverte ; les pièces seront demain en batterie, et sous peu de jours ils seront forcés dans leurs retranchements. Le gros de l’armée continue sa route pour suivre l’ennemi.

 

Quartier général , devant El-Arych, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Le général en chef vous ordonne, Citoyen Général, de faire, cette nuit, deux bouts de tranchée à 40 toises des deux tours du front du fort d’El-A’rych opposé à celui où est la porte d’entrée, c’esi-à-dire du côté des monticules de sable vers la plaine. Ces bouts de tranchée doivent être tels , qu’ils puissent contenir au moins une centaine d’hommes à l’abri du feu du fort. Ce ne peut être qu’à l’instant où de grosses gardes seront établies dans ces deux morceaux de tranchée, qui feront place d’armes , que l’on pourra regarder le fort bloqué.

Le général en chef vous ordonne d’ouvrir, le plus tôt possible , la tranchée vis-à-vis la tour désignée comme la tour d’attaque , c’est-à-dire celle déjà annoncée par le général Lagrange, et d’y établir trois batteries, une de quatre pièces de 8 , battant au même pan de la tour, deux autres de chacune deux obusiers. La batterie de brèche devra être à une distance de 20 à 40 toises ; les deux d’obusiers, à une distance de 40 à 60 toises.

L’intention du général en chef est également qu’on place une pièce de canon contre la porte du fort. Vous ferez égalemenl ouvrir, cette nuit, un boyau pour attacher des mineurs au bas du remparl nous avons reconnu , ce matin , une poterne sur le front de l’est.

L’intention du général en chef est que vous lui fassiez connaitre . avant minuit , l’heure à laquelle les pièces pourront être en batterie contre le fort , et où on pourra les démasquer.

Vous vous concerterez avec legénéral Dommartin , auquel je. donne les ordres qui le concernent. Vous demanderez au général Reynier, chargé du siége , les hommes de corvée dont vous pourrez avoir besoin.

Je vous préviens que les divisions Bon , Kleber et la cavcalerie ont ordre d’employer la journée de demain pour se préparer à partir. Ils doivent se faire donner du pain pour le 1er et le 2 ventôse inclus : vous en ferez donner aux troupes de votre arme qui peuvent être dans le cas de suivre ces mouvements.

Je vous préviens que demain l’adjudant général Devaux part avec des chameaux pour Qatyeh, pour chercher des vivres. Si vous aviez quelque ordre à envoyer à Qatyeh , vous pouvez le lui donner.

Il part égalennent, ce soir, un Arabe dromadaire pour le Caire.

 

 

Quartier général , devant El-Arych, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

Au général Reynier

En conséquence des ordres du général en chef, le général Reynier est chargé de faire le siége du fort d’El-A’rych avec les troupes de sa division. En conséquence, il fera relever, dès ce soir, avec les troupes de sa division, tous les postes qui pourraient être occupés par les troupes des autres divisions.

L’intention du général en chef est que le général Reynier bloque le fort de manière que personne ne puisse s’échapper.

Il poussera le siège avec toute l’activité possible; il se concertera , à cet égard, avec les généraux d’artillerie et du génie auxquels le général en chef a déjà donné des ordres relativement ce siége.

Le général Reynier verra l’ordonnateur en chef relativement aux moyens de subsistance de sa division.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général , devant El-Arych, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Le général en chef me charge de vous donner l’ordre, Citoyen Général, que dans le cas que  les ennemis chercheraient trop à inquiéter les travailleurs de la tranchée, vous devez porter une patrouille d’une cinquantaine d’hommes, qui s’éparpilleront sur le front du côté côté de Qatyeh, afin de leur donner de l’inquiétude de ce côté et détourner leur attention sur le point de notre travail.

Le général en chef ordonne qu’avec des perches et un morceau en travers, sur le quel on mettra un mauvais sarrau de soldat et une espèce de bonnet ou chapeau, vous fassiez faire une vingtaine de mannequins qu’on placerait dans différents coins, pour faire croire à l’ennemei que ce sont des sentinelles ou des postes , leur faire consommer leurs munitions, et les dégoûter de tirer sur nos sentinelles lorsqu’ils commenceront à s’apercevoir qu’elles sont invulnérables.

Ordonnez à votre chef d’état-major, de m’envoyer l’état exact des hommes tués  des demi-brigades de votre division à l’attaque du village.

 

 

Quartier général , devant El-Arych, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU CITOYEN POLY, COMMANDANT DE LA PLACE DE QATYEH.

Vous aurez soin, Citoyen Commandant, de faire prendre, à tous les détachements que vous serez dans le cas d’envoyer de Qatyeh à El-A’rych, des vivres pour deux jours et de l’eau pour un jour. Les troupes iront coucher :

Le premier jour. au puits d’eau douce appelé Byr el-Abd , distant de Qatyeh d’environ cinq lieues

Le deuxième jour , à neuf lieues de Byr el-Abd , au milieu d’une plaine rase où toutes les divisions ont bivouaqué, et où l’on ne trouve point d’eau;

Le troisième jour, à El-A’rych; la marche est de six heures; le chemin est ferme pendant les deux tiers dfe la route. Une heure et demie avant d’
arriver àEl-A’rych, on trouve de l’eau douce en se dirigeant à gauche, vers la mer, lorsque l’on commence à rentrer dans les sables.

 

Quartier général , devant El-Arych, 29 pluviôse an VII (17 février 1799).

AU CITOYEN D’AURE.

D’après les dispositions du général en chef, vous voudrez bien , Citoyen Ordonnateur, faire distribuer les vivres aux troupes des généraux Bon, Kleber et à la division de cavalerie, pour le 30, si elles ne les ont pas reçus, et pour les 1 et 2 de ventôse inclus, ces divisions devant employer la journée de demain à partir au premier ordre.

La division Reynier est charaée de faire le siége du fort; vous la préviendrez de la manière dont vous pourrez lui faire les distributions.

Je donne ordre à l’adjudant flénéral Devaux de partir demain, avec tous les chameaux que vous pourrez mettre à sa disposition, pour aller chercher des vivres à Qatyeh.

J’ai ordonné au général Rampon , à l’adjoint Pinault , qui doivent arriver à Qatyeh avec des troupes , d’y prendre en passant des vivres pour six jours , et de réunir , à mesure qu’ils passeront , tous les moyens de transport pour apporter à El-A’rych le plus de subsistances qu’ils pourront pour l’armée.

Prévenez les administrations de ces dispositions, afin qu’elles concourent à leur exécution.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU GÉNÉRAL REYNIER.

L’artillerie des divisions éprouve, Citoyen Général, les plus grandes dillicultés dans sa marche, à cause des sables mouvants qu’elle rencontre, et cependant l’armée se trouve dans une position telle que les moindres retards peuvent lui devenir funestes; on n’a vu d’autres moyens de donner à l’artillerie un peu plus de mobilité que de bonifier l’organisation des attelages. En conséquence, je vous préviens que j’ai donné l’ordre au général Dommartin de retirer de votre division deux chevaux français par pièce et par caisson , pour être remis à l’artillerie de la division Kleber, en échange de pareil nombre de chevaux arabes.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH . 16) Ibrahim—Nizàn.

Dieu est clément et miséricordieux !

Le général en chef de l’armée française a reçu la lettre que vous lui avez envoyée par votre parlementaire.

Il me charge de vous répondre qu’il donnera sauvegarde de la vie à la garnison du fort d’El-A’rych, qu’il l’enverra dans un des ports de l’Egypte , pour que chacun retourne dans son pays. Vous remettrez le fort dans l’état où il était au départ de votre parlementaire.

Il est nécessaire que vous envoyiez un officier gradé pour traiter des détails de la capitulation.

Tous ceux de la garnison du fort d’El-A’rych qui voudront prendre du service dans la troupe de l’émir-hadji , au Caire , en auront la permission .

Par ordre du flénéral en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Le général en chef a envoyé l’adjudant général Fouler pour être avec le bataillon et la pièce de 3 que vous avez eu ordre de faire mettre en observation dans le cas où l’ennemi chercherait à s’évader du fort.

Dans le cas où l’on s’apercevrait que l’ennemi sortit du fort pour s’évader, vous ordonnerez que la pièce de 3 qui sera avec le batailIon tire trois coups d’alarme. Je préviens le général Murat qu’à ce signal il doit faire porter un corps de cavalerie à l’endroit où l’ennemi dirigerait sa fuite.

Je préviens également le général Bon qu’à ce signal il doit faire marcher une partie de sa division sur l’ennemi ; les tambours qui marcheront avec les bataillons battront légèrement de la caisse, afin de se reconnaitre ; mais pas assez fort pour empêcher qu’on entende les commandements.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

Au général Dugua, au Caire

Les quatre divisions d’infanterie el de cavalerie se trouvent réunies, Citoyen Général, devant El-A’rych , après avoir franchi le désert avec facilité, grâce aux dispositions qui avaient été faites. L’armée est prête à se porter en avant; elle a été retenue aujourd’hui par des négociations entre le commandant du fort et le général en chef; le premier a envoyé quatre parlementaires. La tranchée est ouverte devant El-A’rysch ; on chemine à peu de distance de la place, et les batteries de brèche sont prêtes à être établies. El-A’rych tombera inévitablement. Ce fort, très-intéressant par sa position, renferme en outre 1,900 hommes, beaucoup de chevaux , de chameaux, de dromadaires, du biscuit, de l’orge et de la paille. La prise d’El-A’rych et la manière dont on a passé le désert vont ouvrir brillamment la campagne et sont du plus heureux augure pour la suite de nos succès. Les troupes sont pleines d’ardeur e ont oublié déjà leurs fatigues.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH

Le général en chef a reçu , par les deux agas , la lettre que vous lui avez adressée. Ce deux agas ne se croient pas suffisamment autorisés pour traiter de la capitulation. Le général en chef ne peut consentir à laisser sortir les troupes qui sont dans le fort pour aller rejoindre l’armée de Djezzar-Pacha. L’intention du général en chef est de faire tout ce qui pourra vous convenir, mais sans nuire aux intérêts de l’armée qu’il commande. Si vous étiez 10,000 hommes, munis d’une bonne artillerie, qui tinssiez enfermés 12 ou 1500 Français dans une mauvaise forteresse dépourvue de canons, le général en chef croit que vous n’auriez pas la simplicité de laisser en aller ce corps qui , par sa position , se trouverait prisonnier. Vous devez avoir vu, du haut de vos murailles, que nous avons un grand nombre de pièces d’artillerie, et qu’aussitôt que le général en chef croira devoir commencer le feu , votre château s’écroulera en moins de douze heures , et alors les conditions de la capitulation deviendront beaucoup plus désavantageuses pour vous. Ainsi , voici les seules conditions que le général en chef puisse vous accorder :

ARTICLE 1er. -Le commandant du fort d’El-A’rych remettra le fortdans les mains du général de l’armée française, avec tout ce qui se trouve dedans.

ART . -2. — La garnison sortira avec ses drapeaux , armes et bagages particuliers et tous les honneurs de la guerre.

ART.  3 . — Arrivée à cinquante pas du fort, elle posera ses armes et sera conduite par un officier français jusqu’à un port de l’Égypte, d’où elle s’embarquera pour se rendre dans un port quelconque de l’empire ottoman, autre que de la Syrie.

ART. 4. — Trente personnes , dont l’état sera donné par le commandant de la forteresse , conserveront leurs armes et pourront se retirer, si elles le jugent à propos. en Syrie, en promettant de ne point porter, de cette guerre, les armes contre les Français.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH

Le général en chef me charge de vous répondre qu’il est contraire aux usages de la guerre qu’une garnison soit bloquée dans un fort devant lequel la tranchée est ouverte sorte sans laisser ses armes et sans être prisonnière de guerre.

Ce n’est que par pure générosité que le général en chef a laissé les armes et les chevaux à trente chefs, avec la liberté de se rendre en Syrie. C’est également pour traiter votre garnison avec une faveur parliculière que le général en chef lui laisse la liberté de s’embarquer dans un des ports de l’Egypte pour se rendre dans l’empire ottoman.

Par-dessus tout cela , le général en chef vous accorde les honneurs de la guerre , qui consistent à sortir de la place jusqu’à 50 toises, les armes hautes et les étendards déployés.

Si , avant minuit, vous n’êtes pas d’accord sur ces conditions , le général en chef ne se tient plus à rien. Jamais il ne consentira à ce que vos troupes, qu’il regarde depuis trois jours comme ses prisonniers, aillent augmenter l’armée de ses ennemis.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 30 pluviôse an VII (18 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH

Dieu est clément et miséricordieux !

Le général en chef me charge de vous répondre que, la garnison du fort d’El-A’rych étant composée de Moghrbins et d’Albanais, nations vivant en bonne amitié avec la République française, il préfère vous conquérir par sa clémence plutôt que de vous faire sauter par les mines et vous détruire par les batteries. Vous trouverez ci-joint la capitulation telle qu’il veut bien vous accorder, afin que , le reste de votre vie, vous reconnaissiez qu’il vous a sauvés, comme un grand nombre de musulmans lui doivent leur liberté.

CAPITULATION  DU FORT D’EL-A’RYCH

Art- 1er La garnison d’ El-A’rych sortira du fort d’El-A’rych aujourd’hui , à trois heures après midi. Le fort sera consigné aux troupes françaises dans l’état et avec les approvisionnements qui se trouvent dans ce moment-ci.

ART. 2  La garnison sortira avec les honneurs de la guerre.

Arrivée à cinquante pas du fort , elle déposera ses armes, hormis trente chefs, qui auront la permission de garder leurs chevaux et leurs armes.

ART. 4. — Chaque aga ou commandant engagera sa parole d’honneur de ne plus servir, le reste de la guerre, contre l’armée française, et de s’en retourner à sa maison , chez lui , en vivant en  paix et ne prenant pas les armes contre l’armée française.

ART. 5.  — Chaque commandant de troupe fera jurer chaque soldat de ne pas porter les armes contre l’armée , et de s’en retourner chez lui , ou bien de prendre du service chez les pachas qui ne sont pas en querre avec l’armée française.

ART. 6. La garnison d’ Al-A’rysch ne passera ni par Jaffa, ni par Saint-Jean-d’Acre, mais s’en ira par Jérusalmn et Damas.

Par ordre général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych,1er ventôse an VII (19 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH

NOUVELLE OFFRE DE CAPITULATION.

ARTICLE 1er.  Le fort d’El-A’rych sera remis aux troupes francaises à quatre heures après midi.

ART. 2. La garnison se rendra, par le désert, à Bagdad , à moins qu’elle ne veuille aller en Égypte.

ART. 3. — A quatre heures , il sera remis un état nominatif des agas, avec la promesse , pour eux et leurs troupes, de ne point servir dans l’armée de Djezzar-Pacha , ni de prendre la route de Syrie.

ART. 4. — Il sera accordé,un sauf-conduit  et un drapeau  tricolore, avec lequel la garnison défilera.

ART. Elle laissera tous les approvisionnements et autres effets qui se trouveraieni dans le fort , ainsi que tous les chevaux.

Il sera fourni quinze chevaux pour les chefs. Les autres chevaux seront fidèlement remis.

BONAPARTE.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 2 ventôse an VII (20 février 1799)

AU COMMANDANT DU FORT D’EL-A’RYCH

Le général en chef me charge de vous faire connaitre que la brèche commence à être praticable ; que les lois de la guerre, chez tous les peuples, sont que la garnison d’une ville prise d’assaut doit être passée au fil de l’épée; que votre conduite , dans cette circonstance, n’est qu’une folie de laquelle il a pitié , et que la générosité l’oblige à Vous sommer pour la dernière fois ; qu’il ne doute pas qu’après la réception de cette lettre, si vous êtes dans votre bon sens, vous  n’envoyiez deux hommes de considération auprès de lui , chargés d’arrêter les détails d’une capitulation analogue à votre situation actuelle, et conforme à ce qui se pratique dans cette circonstance chez tous les peuples policés de la terre. Cette démarche peut seule sauver la vie aux hommes qui sont sous vos ordres, action dont vous serez responsable devant Dieu , qui veut que personne ne résiste à celui à qui il donne la force et la victoire.

Par ordre du général en chef.

 

Au Quartier général, devant El-A’rych, 3 ventôse an VII (21 février 1799)

AU GÉNÉRAL DUGUA ,

Je vous annonce, Citoyen Général , que le fort s’est rendu hier dans l’après-midi ; la garnison était de 1.500 hommes; la brèche était déjà praticable, et ce n’a été que par humanité et pour épargner le sang de ces malheureux que le général en chef a admis la garnison à capitulation.

Les troupes se rendent à Bagdad en prenant la route du désert ; quelques-uns retournent en Égypte pour leurs affaires.

Nous avons trouvé dans le fort des magasins considérables de biscuit , de riz et d’orge , des chameaux, des dromadaires et 300 beaux chevaux.

Par ordre   du général en chef.

 

Quartier général, El-A’rych, 3 ventôse an VII (21 février 1799)

Au Citoyen d’Aure

D’après les ordres du général en chef, vous voudrez bien, Citoyen Ordonnateur, faire prendre soin des blessés qui ont été trouvés dans le fort d’El-A’rych. Les six chameaux portés sur votre état seront remis aux Iransports , et les trois dromadaires à la compagnie de dromadaires.

On dressera un état des effets d’habillement et de casernement, et ces effets seront brûlés.

 

Quartier général, El-A’rych, 3ventôse an VII (21 février 1799)

Au général Kleber

Le général en chef ordonne au général Kleber de partir  aujourd’hui, avec toute sa division et celle de cavalerie commandée par le général Murat, qui est à ses ordres, pour aller coucher au premier puits, à environ cinq lieues sur la route de Khan-Youmes, à moins qu’il apprenne qu’il y ait des forces supérieures; alors il s’arrêterait et préviendrait le géenéral en chef.

Le général Kleber, formant l’avant-garde de l’armée, donnera au général Murat l’ordre du déaprt et ses instructions particulières, en lui faisant remattre l’ordre ci-inclus.

Le général Kléber a vu , par l’ordre du jour, que ses troupes doivent avoir des vivres pour les 3, 4, 5, 6, 7 courant.

 

Quartier général , devant El-Arych, 4 ventôse an VII (17 février 1799).

Au général Dugua, au Caire

Le chef de l’état-major doit vous avoir tenu au fait des différents évènements militaires qui ont eu lieu ici. Vous recevrez une quinzaine de drapeaux avec six kâchefs et une trentaine de Mameluks. Mon intention est qu’ils soient bien traités; on leur restituera Ieur maison; mais on exercera sur eux une surveillance particuluière Vous leur réitérerez la promesse que je leur ai faite de Ieur faire du bien si, à mon retrour, vous êtes content de leur condııite.

Je désire que vous voyiez le cheik El-Molidy et  les différents membres du divan , et que vous vous concertiez pour faire une petite fête à la réception des drapeaux , ou , si cela se peut faire, naturellement, de les placer dans la mosquée d’El-Azhar, comme un trophée de la victoire remportée par l’armée d’Égypte sur Djezzar et sur les ennemis des Égyptiens. Arrangez tout cela comme vous pourrez.

Faites filer du biscuit par toutes les occasions.

Faites dire à Ibrahim , cheik des Bily, que je désire qu’il vienne, ainsi que le kiàya des Arabes, qui est Moghrebin et serait utile.

Faites-nous passer, dès que vous le pourrez , 5 ou 600 cartouches à boulet de 8, et 3 ou 400 de 12.

Envoyez-moi les lettres de l’armée par des convois sûrs , et ne m’envoyez par les Arabes que des lettres par duplicata de ce que vous m’enverriez par des détachements. Le désert est fort long , et les Arabes viennent de piller toutes les dépêches que m’apportait le général Rampon, qu’il m’avait envoyées de Qatseh par des Arabes.

Je n’ai reçu de vous, depuis mon départ, qu’une seule lettre du 26. S’il venait surtout des lettres itnportantes, soit de la haute Eqypte, soit de France, ne les hasardez pas mais envoyez- les-moi par un officier et une bonne escorte, en prévenant en gros , par un Arabe , de ce qui serait parvenu à vôtre connaissance. Faites connaitre aux habitants du Caire el de Damiette qu’ils peuvent envoyer des caravanes en Syrie, qu’ils vendront bien leurs marchandises et que leurs propriétés seront respectées.

J’ai enrôlé 3 ou 400 Moghrébins, qui marchent avec nous. Vous trouverez ci-joint copie du serment que m’ont fait les six kâchefs.

BONAPARTE

 

Quartier général, El-Arych, 4 ventôse an VII (22 février 1799).

AU GÉNÉRAI, MARMONT, A ALEXANDRIE

J’ai , Citoyen Général, une lettre de vous du 19, par laquelle j’ai vu qu’une lettre prise par des Arabes est la longue lettre que vous m’annonciez sur le bombardement des Albanais. J’attends Lavallette, qui est encore en quarantaine au Caire, et qui me donnera sans doute les détails que vous m’écriviez.

Le chef de l’état-major vous instruira de nos opérations militaires ; nous avons pris, après quatre jours de tranchée ouverte, le fort d’El-A’rich ; nous y avons fait 1 ,200 prisonniers des meilleures troupes de Djezzar. Notre avant-garde est à Gaza.

Donnez-moi de vos nouvelles par le Caire et surtout par Damiette, puisque, par ce dernier point et Qatyeh , elles arrivent promptement.

S’il arrivait des nouvelles de France ou des événements intéressants, envoyez-moi un officier qui viendrait par Rosette, Damiette, le lac Menzaleh jusqu’à Tyneh ; de là, par terre, à Qatyeh, de Qatyeh  à El-A’rych, et d’El-A’rych à l’armée. Avec une escorte de 15 hommes, on peut passer partout.

BONAPARTE.

 

Quartier général, El-Arych, 4 ventôse an VII (22 février 1799).

AU GÉNÉRAL REYNIER.

L’intention du général en chef est , Citoyen Général, que vous gardiez ici la compagnie des Turcs : elle restera à El-A’rych jusqu’à l’arrivée de l’émir-hadji , qui doit venir dans trois jours ; alors cette compagnie prendra du service auprès de lui.

L’intention du général en chef est encore que vous choisissiez parmi les Arnautes tous les hommes de bonne volonté qui se présenteront , pour en former une compagnie, qui marchera à la suite de votre division. Vous ferez partir le restant le 7 au matin , après l’avoir désarmé. Vous leur direz qu’au lieu de se rendre à Bagdad le général en chef les autorise se rendre Damas , et de là à Alep. Vous laisserez les armes à tous les chefs ; mais de manière, cependant , qu’il n’y en ait pas plus de vingt armés.

Vous partirez avec votre division le 7, pour rejoindre l’armée. Vous aurez soin que le grand parc et les équipages du quartier général, qui doivent partir aujourd’hui de Qatyeh, aient filé avant vous. Si , demain ou après, il arrivait des convois , vous les feriez filer sur l’armée. Vous ferez combler les tranchées et ferez établir l’hôpital le mieux possible. Si l’émir-hadji n’était pas arrivé le 7, vous laisseriez ici 80 hommes pour garder les 100 Turcs jusqu’à son arrivée.

Par ordre du général en chef.

 

Près du puit de Zaouy, 6 ventôse an VII (22 février 1799).

AUX SOLDATS DE LA DIVISION KLEBER 17)Kleber, en marche sur Gaza, s’était égaré dans Ie désert et avait marché quinze heures sans s’apercevoir de son erreur. Le découragemcnl était tel parmi les soldats,que plusieurs avaient brisé leur fusil. Le général en chef, depuis la veille à la recherche de la division, la rallia, fit battre à l’ordre et prononça – Bertrand.)

Ce n’est point en vous mutinant que vous remédierez à vos maux; au pis aller, il valait mieux enfoncer sa tête dans le sable et mourir avec honneur que de se livrer au désordre et de violer la discipline.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Khan-Yonnès, 6 ventôse an VII ( 24 février 1799)

AUX CHEIKS ET ULÉMAS DE GAZA.

Arrivé à Khàn-Younès avec mon armée , j’apprends qu’une partie des habitants de Gaza ont eu peur et ont évacué la ville. Je vous écris la présente pour qu’elle vous serve de sauvegarde, et pour faire connaitre que je suis ami du peuple, protecteur des ulémas et des fidèles.

Si je viens avec mon armée à Gaza , c’est pour en chasser les troupes de Djezzar-Pacha et le punir d’avoir fait une invasion dans l’Égypte.

Envoyez donc au-devant de moi des députés, et soyez sans inquiétude pour la religion , pour votre vie , vos propriétés et vos femmes.

BONAPARTE.

 

Quartier Général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAI DUGUA , AU CAIRE.

L’armée a couché le 6 à Khàn-Vounès; le 7, à la pointe du jour, elle s’est mise en marche , et sur les neuf heures du matin, l’avant-garde a découvert l’armée de Djezzar réunie aux Mameluks, qui était en position au-devant de Gaza. Après différentes évolutions d’infanterie et de cavalerie, le général Murat s’est trouvé déborder la gauche de l’ennemi , qui , d’abord , a fait mine de vouloir soutenir la charge, et qui , ensuite, a battu en retraite : on l’a vivement poursuivi ; différenls détachements seuls se sont chargés; pendant ce temps-là le général Kleber prenait possession de la ville de Gaza. L’ennemi a , dans ce moment-ci , évacué la plus grande partie de la Palestine. La perte de notre côté a été fort légère, nous avons eu deux hommes blessés ; l’ennemi a eu quelques hommes tués. Le général en chef a été spécialement satisfait de la conduite de la 22e légère , de la division du général Lannes.

Nous avons trouvé dans le château de Gaza des magasins d’artillerie très-considérables , entre autres, 30 à 40 milliers de poudre et une grande quantité de boulets ensabotés 18)Ensaboter : mettre un projectile, un obus, un boulet, dans un sabot de bois posé sur la poudre au sommet, de la gargousse. à l’européenne , de grands magasins de biscuit et d’orge , une douzaine de pièces de canon et un magasin de tentes assez considérable.

Vous devez avoir reçu d’El-A’rych le détail de la prise de ce fort et de l’affaire du camp des Mameluks.

Par ordre du général en chef.

Même lettre au citoyen Venture, interprète de l’état-major général,

 

Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAL DUGUA ,    AU CAIRE.

J’ai reçu votre lettre du 24 avec celle incluse du général Menou et celle du chef de brigade Détrès. Je vois avec plaisir que tout est tranquille dans la haute Égypte. Quant aux Anglais , nous avons un allié puissant dans cette saison , qui est plus habile qu’eux et fera plus de mal que nos escadres réunies. D’ailleurs, vous savez que c’est assez l’usage des Anglais de bombarder sans autre dessein , comme ils ont fait, cet été , au Havre et autres endroits. Nous sommes ici dans l’eau et la boue jusqu’aux genoux ; il fait ici le même froid et le temps qu’à Paris dans cette saison. Vous êtes bien heureux d’être au beau soleil du Caire. Ce pays est plus beau que nous ne nous attendions, et nous y avons trouvé plus de magasins, soit de guerre , soit de bouche, qu’on ne pouvait le croire, beaucoup de boulets à l’européenne et beauecoup de poudre.

Je vois , par votre lettre du 27 , que le général Veaux est arrivé , chargez-le de nous conduire le premier convoi que vous aurez à nous envoyer.

Envoyez-nous 600 cartouches d’obusier, 600 cartouches de 8 et 600 cartouches de 12.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAL MARMONT, A ALEXANDRIE

L’état-major vous aura instruit des événements militaires qui ont eu lieu depuis le commencement de notre campagne. Depuis quatre jours nous sommes en Asie ; nous y avons trouvé le climat de Paris, beaucoup de pluie et de froid ; du reste, c’est un très-beau pays. Nous avons trouvé à Gaza de grands magasins, plus de 30 milliers de poudre et unegrande quantité de boulets ensabotés de 8 et de 5. Il fait un vent horrible ; depuis trois jours la mer est haute comme des montagnes, cela vous aura débarrassé de M. Cambridge.

Lavallette ne m’a pas encore rejoint. La dernière lettre que j’ai reçue de vous est du 19 ; celle que vous aviez écrite avant a été prise par les Arabes. J’ai reçu , par Damiette, un billet du général Menou, du 27. J’ignore encore si la caravelle est partie. Je suis curieux de connaitre les nouvelles qu’aura apportées la dernière croisière; vous m’aurez sans doute instruit de tout cela : les lettres se seront perdues.

Nous partons demain pour Jaffa, où il y a une bonne rade. Si les trois avisos que j’ai demandés pour le lac Bourlos n’étaient pas encore partis, faites-les partir pour Jaffa; ce qu’ils contiennent pourrait servir pour le siége de Saint-Jean-d’Acre. Je ne comprends pas trop bien pourquoi vos bombes n’attrapent pas les bombardes anglaises; il faut que vous ayez de bien mauvais canonniers. Pour être sûr d’attraper un bâtiment , il faut placer quatre mortiers à côté l’un de l’autre, les mettre sur un même angle, tirer avec le premier, augmenter ou diminuer la charge au deuxième, continuer l’épreuve au troisième, et l’on arrive à attraper au quatrième. S’ils s’approchaient assez près pour que vous pussiez leur tirer avec des mortiers de 8 à la Gomer, vous seriez beaucoup plus sûr. Ce bombardement me parait aussi insignifiant que celui du Havre; je désirerais que la peste ne vous fit pas plus de mal qu’il vous en fera , aux inquiétudes près que cela pourra vous donner.

Ne vous découragez point de leur faire tirer à boulets rouges dessus ; après avoir tiré cent coups inutiles, le cent et unième met le feu.

Dans tout le mois de mars , mon opération sera faite ici pour me mettre à l’abri de tout événement de ce còté. Envoyez-moi de vos nouvelles par Damiette. S’il part des bâtiments pour France, vous pouvez envoyer un paquet au Gouvernement avec les nouvelles de l’armée.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAL MENOU , A ROSETTE.

J’ai appris avec plaisir,  Général , par votre lettre du 27 , que vous aviez été dire la prière à la mosquée.

Le temps qu’il fait aujourd’hui , et qu’il doit faire pendant tout le mois de mars, me rend assez tranquille sur les entreprises des Anglais ; s’ils s’approchent, nos bombes et nos boulets rouges en feront raison ; s’ils se tiennent éloignés, le bombardement produira quelques accidents, mais, en dernier résultat, fera peu de mal. Dès l’instant que votre présence ne sera plus nécessaire à  Rosette , rendez-vous au Caire, faites passer Alexandrie tous les vivres et l’argent dont vous pourrez disposer. Montrez de la vigueur et châtiez ceux qui se soulèveraient en vous transportant sur eux par des marches promptes et secrètes. Il fait aujourd’hui très-mauvais temps ; cela nous fatigue un peu.

J’imagine que vous aurez fait partir les deux pièces de 12 pour Damiette ; nous en avons le plus grand besoin.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI

Le château de Gaza, étant susceptible de défense contre les Turcs, peut être mis dans une situation à soutenir un siége.

Je désirerais, 1° que les plates-formes des huit tours fussent rehaussées de manière que les canons à barbette passent par-dessus les merlons actuels; 2° un fossé de 8 à 10 toises autour ; employer les terres à former un glacis capable de couvrir, le plus possible, le fort ; 3° faire une porte par laquelle l’artillerie y puisse entrer facilement;  faire un pont-levis ; palissader le chemin couvert. Par la nature du terrain , il y a des endroits , du côté de la campagne, qui ne voient plus le fort : je désirerais alors construire, en très-bonne maçonnerie, de petites flèches crénelées qui éloignassent l’ennemi du fort et s’opposassent à son approche; démolir les murailles qui pourraient favoriser l’approche de l’ennemi, et raser les terrasses, les dômes, les minarets et les maisons à portée de fusil.

Je n’entre dans ces détails que pour vous faire connaitre le but que vous devez remplir.

Je désirerais que vous fissiez faire un projet de défense pour tout le plateau de Gaza.

Il doit y avoir à Gaza deux hôpitaux de 150 lits chacun , un pour les blessés et l’autre pour les malades ; on choisira les emplacements les plus près du fort.

On arrangera ces deux hôpitaux de manière qu’ils soient bien fermés et qu’ils puissent se défendre contre les habitants du pays ou les Arabes.

Tous les établissements et magasins d’artillerie seront contenus dans le fort ; il devra y avoir un emplacement pour une ambulance , un magasin de biscuit capable de contenir 200.000 rations, un autre pour contenir 2,000 quintaux de légumes, enfin un troisième capable de contenir 1,000 boisseaux d’orge, des logements pour un commandant, un adjudant, un commandant d’artillerie et un du génie , le commissaire des guerres de la place , 50 sapeurs , 50 canonniers, 150 hommes d’infanterie.

Il y aura trois fours de rations. Si vous n’aviez de l’emplacement que pour un four, vous feriez placer les deux autres avec les magasins de la ville. La maison de Hussein-Pacha est désignée pour le quartier général. L’okel du biscuit sera arrangé pour les convois, et l’on aura des casernes numérotées , capables de caserner six bataillons; il y en aura une spécialement destinée à l’artillerie et au génie.

Quant au fort d’El-A’rych , son importance est telle, que je désire que l’on n’épargne aucun moyen pour le mettre dans le meilleur état de défense. Ordonnez que l’on rase toutes les maisons qui peuvent en faciliter l’approche , et surtout tous les minarets ou terrasses qui seraient plus élevés que le fort. Faites faire un fossé tout autour, avec un massif de terre palissadé, des casemates dans les quatre tours ; autant de casernes que le local peut en permettre, un hôpital de 200 lits et des magasins.

BONAPARTE.

 

Quartier général, Gaza, 8 ventôse an VII (26 février 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER

La garnison de Gaza sera sera composée de 50 hommes de la légion maltaise , 40 sapeurs, 40 canonniers.

Chacune des divisions de l’armée laissera un officier avec 20 hommes qu’elles choisiront parmi les écloppés. Vous préviendrez les généraux Lannes et Bon d’ordonner à la moitié des  hommes qu’ils ont laissés à El-A’rych , qui seraient les plus reposés, de rejoindre leurs divisions.

II aura un commissaire des guerres.

J’ai donné les ordres au général du génie , et vous préviendrez le commandant de la place et le commissaire des guerres que la maison de Hussein-Pacha est destinée pour le quartier général ; qu’il doit y avoir deux hôpitaux , un pour les blessés et un pour les malades, capables chacun de contenir 150 lits; que tous les convois qui arriveront doivent descendre à l’okel où nous avons trouvé le magasin de biscuit ; que le commandant du génie, le commissaire des guerres, le commandant de la place doivent se concerter pour choisir des okels pour caserner six bataillons, afin que toutes les troupes de passage y soient logées, mon intention étant que personne ne bivouaque aux environs de Gaza, à moins que le corps de troupes ne soit si considérable qu’il ne puisse pas être caserné.

Le chef de brigade Ledie commandera le dépôt de la cavalerie; tous les chevaux écloppés ou tous les hommes montés de cavalerie formeront le dépôt. Il sera choisi , le plus près du fort , une maison avec des écuries pour ledit dépôt. Il sera laissé des artistes vétérinaires.

Vous donnerez l’ordre, à Qatyeh, pour qu’on laisse à la disposition des corps les chameaux qui leur appartiennent.

Plusieurs demi-brigades ont laissé à Qatyeh , avec leurs bagages, des détachements; vous donnerez l’ordre pour que ces détachements reviennent tous ensemble.

La route de l’armée sera :

I er jour , Birket el-àggy;  

2e jour, Belbeys, où l’on prendra des vivres pour deux jours;

3e jour : Koràym;

4e et 5 e , séjour Sàlheyeh, où l’on prendra des vivres pour quatre jours ; le pont d’El-Khazneh ;

7, Qatyeh , prendre des vivres pour deux jours ;

8e, le puits d’el-Abd, d’où l’on partira à deux heures du matin pour venir coucher à mi-chemin; la cavalerie viendra coucher au puits de Mesoudyah, c’est une journée forcée de quatorze lieues ;

Le lendemain, 10e  à El-A’rych ; on prendra à El-A’rych des vivres pour deux jours ;

11e, le puits de Reyfah , limites de l’Asie el de l’Afrique.

Le 12e      Gaza.

Les commandants des places de Sàlheyeh , Qatyeh , El-A’rych ne laisseront jamais partir aucun détachement , à moins d’une circonstance extraordinaire, qu’il ne soit fort de 40 ou 50 hommes. Chaque détachement, indépendamment  de ses bidons, devra se pourvoir d’une corde d’au moins 60 pieds, pour pouvoir puiser de l’eau dans certains puits qui sont très-profonds.

Les officiers du génie à Sàlheyeh, Qatyeh, El-A’rych, doivent avoir dans leur cabinet des croquis de la route , avec les distances et la position des différents puits, qu’ils communiqueront aux commandants des différents détachements.

Les convois de Damiette débarqueront à Omm-Fàreq, sans aller à Tynch ; ils iront par terre à Qatyeh. Le commandant du génie à Qatyeh fera faire une digue sur la barre de la bouche Pelusiaque.

Le commandant de Damiette tiendra à la bouche d’Omm-Farg plusieurs bâtiments armés.

Le commandant du génie à Damiette fera faire sur la rive droite de la bouche  un hangar avec un réduit palissadé ; il y sera mis une ou deux pièces de 3.

BONAPARTE.

 

Quartier général,  Gaza, 8 ventôse an VII (20 février 1799)

AU GÉNÉRAL DOMMARTIN.

L’artillerie des guides cédera un obusier et deux pièces de 8 à la cavalerie ; vous les ferez servir par des canonniers à cheval ; par là, la division de cavalerie sera composée de deux pièces de 5 , deux de 8 et un obusier, et l’artillerie des guides, de deux pièces de 8 et d’un obusier, en attendant que vous puissiez les faire remplacer.

Comme la cavalerie part demain à la pointe du jour, il est nécessaire de faire ce mouvement aujourd’hui. Tout le matériel est au camp de la cavalerie.

BONAPARTE.

 

Quartier général. Gaza. 8 ventôse an VII (26 février 1799).

 ORDRE DU JOUR.

Le général en chef a remarqué la conduite de la 22e d’infanterie légère au combat de Gaza. Cette demi-brigade, qui était à la queue de la colonne, malgré la fatigue d’une marche forcée , s’est trouvée en mesure de soutenir la cavalerie dans les différentes charges qui ont eu lieu , et d’y arriver avant les autres corps de l’armée.

Par ordre général en chef.

 

AU GÉNÉRAL DESAIX, A QOUS

Je n’ai point de vos lettres, Citoyen Général, depuis plus de quarante jours ; j’en ai indirectement par les commandants des provinces du Caire et de Beny-Soueyf. Nous voici, je crois, à près de trois cents lieues l’un de l’autre. L’état-major vous aura fait connaitre les évènements militaires qui ont eu lieu ici. Nous avons traversé soixante et dix lieues de désert, ce qui a été extrêmement fatigant ; de l’eau saumâtre, souvent point du tout. Nous avons mangé des chiens, des ânes et des chameaux. Depuis trois jours, il fait ici un vent horrible et il pleut à verse ; le ciel est couvert ; c’est le climat de Paris. Les citronniers, les forêts d’oliviers, les inégalités de terrain représentent parfaitement le paysage et l’on croit être du côté de Béziers. Nous avons trouvé dans le fort de Gaza plus de trente milliers de poudre et une grande quantité de boulets de tout calibre et ensabotés. Nous partons demain pour nous diriger sur Jaffa. Les Mameluks et Ibrahim-Bey sont réfugiés dans les montagnes de Naplouse. J’attends impatiemment de vos nouvelles.

BONAPARTE.

Donnez-nous des nouvelles de Thèbes.

 

Quartier Général, Gaza, 9 ventôse an VII (27 février 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous donnerez l’ordre au général Kleber de partir demain, une demi-heure avant le jour, pour se rendre à plus de demi-chemin d’ici Ramleh , au-delà du village d’Esdoud.

Vous donnerez l’ordre au (général Lannes de partir demain , à la pointe du jour, pour se rendre au village d’Esdoud , à demi-chemin de Ramleh. Vous le préviendrez que l’avant-garde marche devant lui. Vous donnerez l’ordre au général de partir demain, au jour, pour se rendre au village d’Esdoud, à demi-chemin de Ramleh.

Vous donnerez l’ordre au général Reynier et au parc de l’armée de partir demain, à une heure après midi, pour se rendre au village de Deyr-Esny. L’ordonnateur fera faire au général Reynier et au parc les distributions jusqu’au 11 au soir, comme au reste de l’armée ; il fera emporter demain du biscuit pour l’armée pour un jour, et du riz pour un jour. Par ce moyen, la subsistance de l’armée sera assurée jusqu’au 13 au soir.

Les bagages de l’armée, sous l’escorte des sapeurs et des guides à pied , et sous les ordres d’un adjudant général de l’armée , partiront demain à 7 heures , avec le quartier général.

BONAPARTE.

 

Quartier Général, Gaza, 9 ventôse an VII (27 février 1799)

AU CHEF D’ESCADRON LAMBERT.

Vous voudrez bien , Citoyen , faire partir demain, à la pointe du jour, tous les dromadaires, pour reprendre la route de Qatyeh, jusqu’à ce que vous rencontriez les équipages du quartier général qui sont restés jusqu’à nouvel ordre dans cette place et qui ont reçu celui de partir pour se rendre ici ; aussitôt vous les aurez rencontrés, vous reviendrez avec eux à Gaza, en leur servant d’escorte ; mais un officier et 40 dromadaires continueront leur route jusqu’au Caire. Vous remettrez à l’officier commandant ces 40 hommes les paquets ci-joints pour El-A’rych, Qatyeh, Sàlheyeh , Belbeys et le Caire.

Vous réglerez les journées du détachement de manière à arriver le plus promptement possible, sans trop fatiguer les dromadaires, et de manière à ne pas laisser de trainards.

Arrivé au Caire, cet officier séjournera un ou deux jours, prendra du général Dugua toutes les dépêches pour le général en chef, pour le quartier général et pour toutes les places qui se trouvent sur la route de Gaza; il repartira avec son détachement et tous les hommes des dromadaires qui peuvent être montés, et rejoindra le quartier général à Jaffa ou Saint-Jean-d’Acre.

Le citoyen Lambert remettra à l’officier qui va au Caire l’ordre ci-inclus 19)Ordre reproduisant ces mêmes instructions , et aussi celui pour le citoyen Cavalier.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier Général, Gaza, 9 ventôse an VII (27 février 1799)

ORDRE.

ARTICLE 1er. — Il sera organisé, au couvent des Récollets de Ramleh , un hôpital de 30 lits.

L’ordonnateur passera un marché avec les moines, qui se chargeront de tout fournir.

ART. 2 . — Tous les magasins, soit de biscuit, soit d’avoine, soit de farine, qui se trouvent à Ramleh ou au village de Lydda 20)Lodd seront transférés dans le couvent des Récollets.

Il sera construit dans l’enceinte dudit couvent deux fours.

ART. 3. — Le général du génie fera faire les petites réparations nécessaires audit couvent pour le mettre à l’abri d’un coup de main.

ART. 4. — Le chef de l’état-major nommera, pour commander à Ramleh, un capitaine qui, avec la garnison, logera dans ledit couvent.

BONAPARTE.

Quartier général. Ramleh, 12 ventôse an VII (2 mars 1799).

AU GÉNÉRAL KLEBER.

Je pense que la lettre que vous avez fait écrire par votre capitaine des Moghrebins pourra faire un bon effet ; joignez-y une sommation en règle pour leur faire sentir que la place ne peut pas tenir.

Si Vous pensez qu’un mouvement de votre division sur Jaffa en accélère la reddition, je vous autorise à le faire. Si vous entrez dans la ville, prenez toutes les mesures pour empêcher le pillage; vous placerez la cavalerie en avant , sur le chemin de Saint-Jean-d’Acre. Nous avons trouvé ici une assez grande quantité de magasins, surtout beaucoup d’orge.

BONAPARTE.

 

Quartier Général, Ramleh, 12 ventôse an VII (2 mars 1799).

AUX GÉNÉRAUX LANNES ET BON.

D’après les dispositions du général en chef, il est ordonné au général Lannes de partir demain, à sept heures du matin, avec tout ce qui compose sa division, pour marcher sur Jaffa rejoindre la division Kleber.

Ordre au général Bon de partir à sept heures et demie, et de suivre la division Lannes.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier Général, devant Jaffa, 14 ventôse an VII (4 mars 1799).

ORDRE DU JOUR

Le général en chef voit avec peine que les troupes brûlent, en quittant leurs camps, la paille et le bois qu’elles s’étaient procurés. Comme ces objets sont très-rares , et qu’ils peuvent être utiles aux troupes qui viennent après l’armée, il recommande aux chefs de corps d’empêcher toute consommation inutile.

Plusieurs commandants de poste se gardent négligemment, d’où il résulte qu’ils compromettent leur sûreté et celle de l’armée.

Un soldat de la division Bon a été tué cette nuit par un Arabe, parce que le poste était endormi. II doit y avoir tous les jours, dans chaque division, un officier supérieur de service qui doit faire des rondes la nuit, pour s’assurer que tous ces postes sont en règle.

Toutes les divisions, bataillons détachés, les guides de l’armée et les sapeurs camperont en carré, et mettront au centre leurs bagages, chevaux et bêtes de somme.

Il est recommandé aux généraux Bon et Lannes d’ordonner aux postes avancés qui bloquent la ville d’arrêter tout Turc qui aurait l’air d’en sortir ou de vouloir entrer, de le conduire au quartier général et d’empêcher particulièrement que rien n’entre dans la ville.

Chaque obus ct boulet qui sera apporté au parc établi près le quartier général sera payé cinq sous comptant.

Par ordre du général en chef

 

Quartier général, devant Jaffa, 15 ventôse an Vil (5 mars 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous mettrez aux arrêts l’adjudant général Grezieu, pour ne pas avoir envoyé ses chameaux avec le convoi du quartier général, et les avoir depuis fait partir sans ordre.

Vous ferez mettre aux arrêts le chef de bataillon d’artillerie Faure, pour avoir envoyé chercher au parc du génie des outils par un seul ouvrier, sans lui donner une escorte.

Vous ferez mettre en prison le cantinier des guides à cheval et les trois musiciens , pour avoir placé, la nuit, leurs chevaux hors de la prolonge, et, par-là, se les être laissé prendre par les Arabes. Il sera retenu sur leur solde de quoi les monter.

Vous ordonnerez qu’il soit fait une retenue sur les douze canonniers qui escortaient une forge, et qui y ont laissé, il y a trois jours, enlever sept chevaux ; cette retenue sera égale à la valeur des sept chevaux, qui sera réglée par le général d’artillerie.

Le général d’artillerie m’adressera la note des chevaux et des chameaux qu’on a laissé enlever dans les différentes divisions.

Vous ferez mettre aux arrêts l’officier chargé du détail de la cavalerie, pour ne pas avoir envoyé les chameaux de la cavalerie aux vivres avec ceux de la division Kleber, et vous l’exhorterez à prendre connaissance des règlements militaires, afin de ne pas faire escorter des convois par des brigadiers, mais bien par un piquet commandé par un chef d’escadron ou un capitaine.

Vous ferez mettre aux arrêts l’aide de camp Beaumont, pour s’être rendu à Ramleh avec huit dragons, au lieu de marcher avec le convoi.

Vous ferez mettre en prison le chirurgien qui était hier de service  à l’ambulance, pour ne pas s’y être trouvé au moment où l’on en a eu besoin.

Tout palefrenier qui laissera échapper des chevaux dans le camp sera mis en prison et condamné à payer amende de 30 livres.

L’officier commandant un convoi sera autorisé à faire donner des coups de bâton aux domestiques chameliers qui ne marcheraient pas au rang qui leur sera désigné. L’adjudant général de service au quartier général et les adjudants généraux des divisions sont autorisés à faire donner des coups de bâton aux charretiers qui ne tiendraient pas leurs chevaux à la prolonge ou aux endroits indiqués.

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, devant Jaffa, 15 ventôse an VII (5 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Vous donnerez l’ordre au général Andréossy de se rendre demain matin à l’avant-garde, avec la partie de l’équipage de ponts qu’il croira nécessaire pour faire jeter des ponts sur les différentes rivières qui sont dans le terrain que la cavalerie peut couvrir.

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, devant Jaffa, 16 ventôse an VII (6 mars 1799).

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

En conséquence des dispositions arrêtées par le général chef, relatives à l’attaque qui doit avoir lieu demain sur Jaffa, j’ai ordonné au général Dommartin :

1° De faire commencer à tirer demain, à sept heures du matin, la batterie de mortiers, à raison de dix coups par mortier et par heure.

2° Demain, à sept heures et demie du matin, la batterie Legrand commencera à tirer pour éteindre le feu de la maison convenue pour entrer dans la place ; elle tirera à raison de dix coups par heure et par pièce.

30 Demain, à huit heures du matin, la batterie Delignette commencera le feu ; elle tirera pour éteindre le feu de la tour désignée pour servir à établir le second logement; elle tirera des obus sur les maisons en arrière de la tour ; on tirera à raison de dix coups par heure et par pièce.

40 Demain, à huit heures et demie du matin, la batterie de brèche commencera son feu et tirera pour faire une brèche à la maison et à la tour par où on doit établir le logement, on tirera vingt boulets par heure et par pièce ; dans le cas cependant où l’on jugerait la brèche praticable, on ralentirait le feu.

50 Demain, à sept heures du matin , la batterie Thierry commencera son feu ; elle tirera jusqu’à neuf heures seulement sur le quai et sur le port; l’obusier tirera en ville; on tirera à raison de six coups par heure et par pièce.

On observera à la batterie Legrand que, lorsqu’elle aura éteint le feu de la maison, elle doit éteindre celui de la casemate, et qu’indépendamment du feu de la maison, elle doit encore éteindre le feu de la courtine.

Je vous fais connaitre ci-après les ordres que je donne aux généraux Bon et Lannes, dans lesquels il y a quelques dispositions qui vous concernent relativement aux sapeurs et ouvriers.

Le général Bon a ordre de soutenir la batterie de mortiers et la batterie Thierry par un corps de troupes suffisant pour les mettre l’abri des sorties de l’ennemi. Il placera différents bataillons de manière qu’ils ne soient pas dans le prolongement des feux , mais en mesure de soutenir les batteries. Il tiendra un bataillon sur la gauche, entre la batterie de mortiers et la batterie droite de l’attaque de gauche , que le général Lannes est chargé de protéger. Ce bataillon est destiné à se porter au secours de cette batterie, si elle se trouvait en avoir besoin.

Le général Lannes a l’ordre de placer demain, avant la pointe du jour, 100 hommes à la batterie Legrand , sur la droite et sur la gauche, de manière à mettre cette batterie à l’abri de toute insulte. Il tiendra un bataillon en réserve derrière la mosquée, lequel tiendra des postes le long de la marine, afin de pouvoir se porter rapidement au secours de la batterie Legrand, si elle était attaquée. Il tiendra 150 hommes placés dans des positions de manière à pouvoir soutenir la batterie Delignette.

Le général Lannes a également l’ordre de tenir demain, avant la pointe du jour, six compagnies de grenadiers à la batterie de brèche, deux officiers du génie, que vous mettrez à sa disposition , et deux officiers d’artillerie. Il y aura, avec les six compagnies de grenadiers, deux détachements d’ouvriers avec des outils, deux détachements d’artificiers, pour enfoncer les portes des maisons, les brûler, pour y pratiquer des logements. Donnez des ordres pour les deux détachements d’ouvriers, sapeurs, outils et échelles.

Le général Lannes doit placer des bataillons en échelons derrière des rideaux, pour soutenir les batteries. A midi, si les deux brèches sont praticables, il a ordre d’envoyer 200 hommes d’infanterie légère en trois détachements, qui partiront de la batterie Legrand, de la batterie Delignette et d’une position en arrière de la batterie de brèche, lesquels devront couvrir de feu tout le front de l’attaque.

Lorsque le feu de la place et de l’infanterie légère sera bien engagé, deux colonnes composées chacune de trois compagnies de grenadiers, des six placées à la batterie de brèche, partiront pour franchir la brèche; derrière eux marcheront deux détachements, les sapeurs, ouvriers et artificiers, qui pratiqueront leur logement dans la maison et dans la tour. Donnez des instructions en conséquence aux commandants de ces détachements de votre arme.

L’infanterie légère s’y introduira après eux : la partie qui entrera par la brèche de la maison se jettera sur le rempart à gauche, pour s’emparer des casemates de la mer et ouvrir les portes qui peuvent se trouver le long de la courtine ; vous ordonnerez aux sapeurs d’enfoncer les portes des maisons voisines et de celles qui enfilent les rues qui aboutissent sur la courtine. L’autre corps de chasseurs a ordre, arrivé à la tour, de gagner rapidement les deux maisons qui la dominent ; vous ordonnerez également aux sapeurs d’ouvrir les portes des maisons qui enfilent les rues.

Il se fera en arrière un mouvement successif de bataillons pour soutenir les grenadiers et chasseurs.

Recommandez surtout aux hommes de votre arme qu’on ne s’enfile pas dans les rues ; on doit s’emparer des débouchés et cheminer avec prudence de maison en maison.

Si les assiégés s’opiniâtrent à se défendre , on cherchera mettre le feu à trois ou quatre maisons différentes.

Il doit y avoir demain, avant le jour, dans la batterie de brèche, une pièce de 3, destinée être placée sur la brèche, ou au débouché qui paraitra le meilleur.

Recommandez aux hommes de votre arme de ne pas se livrer au pillage, ce qui les ferait égorger.

Je vous prie de m’accuser réception du présent ordre.

 

Même lettre au général Dommartin, commandant l’artillerie; même lettre aux généraux Lannes et Bon, chacun pour la partie qui le concerne.

Par ordre du général en chef.

 

 Quartier  Général, devant Jaffa, 16 ventôse an VII (6 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Vous donnerez l’ordre au général Junot de partir au 180 hommes d’infanterie des deux bataillons qui sont au quartier général, 20 canonniers, 60 hommes d’artillerie ; il se rendra cette nuit à Ebneh, par le chemin direct, et en partira avant le jour pour aller coucher à Gaza.

S’il rencontre en route les équipages du quartier général, il désignera la route qu’ils doivent suivre, et , s’il ne les croyait pas suffisamment escortés, il leur donnera la moitié de son détachement.

Si, le 19 au soir, ils ne sont pas rendus à Gaza, il laissera une lettre pour indiquer le chemin qu’ils doivent suivre ; après quoi , il partira après avoir fait charger les chameaux de cartouches de 8, de 7, d’obusiers, etc. Il ramassera tous les moyens de transport qu’il pourra, afin de porter le plus de riz et de farine possible. Il écrira au général Dugua, au général Marmont, à l’adjudant général Almeras, aux commandants d’El-A’rych et de Qatyeh, pour leur faire connaitre que nous sommes maitres de la Palestine et que nous assiégeons Jaffa.

Si des Arabes inquiétaient les environs de Gaza, ou que quelques villages se fussent mal conduits , il s’y portera pour les punir. En route, il tâchera égalemen[ de tomber sur quelque rassemblement d’Arabes à pied.

Il s’informera, entre autres, de la conduite des habitants de Khan-Younes, et ramènera avec lui de Gaza, 1° tous les chevaux de cavalerie qui seraient rétablis ; 2° tous les hommes ou détachements du dépôt qui seraient dans le cas de marcher.

BONAPARTE

 

Quartier  Général, devant Jaffa, 17 ventôse an VII (7 mars 1799).

A ABU-ALLAH-AGA , COMMANDANT DE LA PLACE DE JAFFA.

Dieu est clément et miséricordieux

Le général en chef Bonaparte me charge de vous faire connaitre qu’il ne s’est porté dans la Palestine que pour en chasser les troupes de Djezzar-Pacha, qui ne doivent pas y être, non plus que dans le fort d’El-A’rych , territoire d’Égypte ; il a, par l’occupation de ce fort, commencé lui-même les hostilités contre l’Égypte ;

Que la place dc Jaffa, est cernée de tous côtés ; que les batteries de plein fouet, bombes et de brèche, vont, dans deux heures, culbuter la muraille et en ruiner les défenses ;

Que son cœur est touché des maux qu’encourrait la ville entière en se laissant prendre d’assaut ;

Qu’il offre sauvegarde à la garnison, protection à la ville ; qu’il retarde, en conséquence, le commencement du feu jusqu’à sept heures du matin.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier  Général, devant Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

ORDRE DU JOUR

Le 30 pluviôse , le quartier général est à El-A’ryeh. Ce fort s’est rendu après trois jours de tranchée ouverte ; la brèche était praticable.

La garnison , forte de 1 ,500 hommes , a été faite prisonnière de guerre ; une partie a pris du service dans nos troupes auxiliaires.

Le 5 ventôse, le quartier général est au puits de Reyfah , près des débris des deux anciennes colonnes placées sur la limite de l’Afrique et de l’Asie.

Le 7 ventôse, l’armée est entrée à Gaza.

Le 11 ventôse, l’armée est entrée à Ramleh.

Le I7 ventôse, l’armée a pris d’assaut la ville de Jaffa, après quatre jours de tranchée ouverte ; plus de 4,000 hommes de troupes de Djezzar-Pacha ont été passés au fil de l’épée. On a trouvé dans la place plus de quatre-vingt pièces d’une très-belle artillerie et beaucoup de munitions.

Tous les chevaux qui ont été trouvés dans Jaffa seront conduits au quartier général et remis à l’officier chargé du dépôt de la cavalerie, qui donnera une gratification de 60 francs par cheval.

Tous les mulets pris seront conduits au parc d’artillerie, qui donnera une gratification de 60 francs par mulet.

Les généraux Bon et Lannes feront, après-demain matin , la revue de leurs divisions, pour s’assurer si cet ordre a été exécuté. Tout le monde doit sentir la nécessité de remonter nos attelages d’artillerie, ainsi que notre cavalerie, qui a eu plus de 40 chevaux écloppés dans la route.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier  Général, Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous ferez, Citoyen Général, venir le colonel des canonniers ; vous lui demanderez les noms des vingt principaux officiers des canonniers ; vous ferez prendre ces vingt officiers et les ferez conduire au village où est le bataillon qui doit partir pour le Caire. Là, ils seront consignés dans le fort jusqu’à nouvel ordre. Quand ils seront partis pour le village, vous ordonnerez à l’adjudant général de service de conduire tous les canonniers et autres Turcs, pris les armes à la main à Jaffa, au bord de la mer, et de les faire fusiller, en prenant ses précautions de manière qu’il n’en échappe aucun.

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI.

Le général en chef me charge de vous dire, Citoyen Général, que vous pouvez prendre 60 à 100 hommes parmi les Egyptiens pris à Jaffa, pour en faire une compagnie d’ouvriers ; ils seront commandés par un des Français trouvés à Jaffa et qui parle la langue.

Vous donnerez des ordres pour l’organisation, et préviendrez l’ordonnateur en chef pour qu’il fasse passer une revue et assurer leur solde.

Il faut désigner au plus tôt ceux que vous prendrez, parce que le restant doit partir ce soir pour le Caire.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier  Général, Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous ferez partir le bataillon de la 9e qui était l’ambulance avec les 10 dromadaires, un officier de l’état-major, les drapeaux et le courrier de l’armée, tous les Égyptiens qui ont été pris ici. Toul cela se rendra Gaza. Le bataillon séjournera un jour et retournera à Jaffa, et les dromadaires porteront les drapeaux et escorteront les Egyptiens jusqu’au Caire, d’où ils reviendront avec les lettres de l’armée .

Si, arrivé à Gaza, le commandant pensait qu’il fût besoin d’escorter jusqu’à Khàn-Younès , le commandant du bataillon aura ordre d’y aller. Il ne doit pas escorter plus loin que Khàn-Younès.

Vous devez recommander au citoyen Lambert de conduire son convoi en dérobant sa marche, et de ne s’arrêter qu’aux forts que nous occupons, tels qu’El-A’rych et Qatyeh.

Vous ferez connaitre au général Dugua que mon intention est que ces drapeaux soient déposés à la grande mosquée, et que, si les circonstances le permettent, il soit fait une petite fête pour leur réception.

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU GÉNÉRAL CAFFARELLI

Je vous prie, Citoyen Général , de donner les ordres pour que l’on déblaye la brèche et recherche les boulets. Le général Dommartin les fait chercher de son côté. On payera cinq sous pour chaque boulet

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous donnerez l’ordre au citoyen Gloutier de se rendre à Jaffa, de faire toutes les dispositions et prendre toutes les mesures pour faire séquestrer tous les magasins appartenant Djezzar, au gouverneur de la ville , enfin au gouvernement de Jaffa, ou à des particuliers qui auraient évacué la ville ou auraient été tués, et de prendre des mesures pour l’organisation des finances de la Palestine.

Vous donnerez l’ordre au contre-amiral Ganteaume de faire partir, dans la journée, une djerme pour Damiette avec un courrier de l’armée.

BONAPARTE.

 

Quartier  Général, devant Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799)

AU CONTRE-AMIRAL GANTEACME.

Vous donnerez l’ordre qu’on fasse partir d’Alexandrie tous les aveugles qui s’y trouveraient, sur les bâtiments de transport que l’on jugera les plus propices.

Vous donnerez l’ordre au contre-amiral Perrée, s’il peut sortir avec les trois frégates la Junon, l’Alceste, la Courageuse, et deux bricks, sans que l’ennemi s’en aperçoive, de se rendre à Jaffa, où il recevra de nouveaux ordres. Si le temps le poussait devant Saint-Jean-d’Acre, il s’informera si nous sommes : il est probable que nous y serons alors. Il embarquera avec lui, sur chacune de ses frégates, une pièce de 24 et mortier, avec 300 coups à tirer, et, sur chaque frégate, une forge pour rougir les boulets à terre. Il ne faut pas cependant que l’embarquement desdits objets retarde en rien son départ, si le temps était propice.

S’il pensait ne pouvoir sortir sans que l’ennemi eût connaissance de son mouvement, il tâcherait de m’envoyer à Jaffa deux bons bricks, teöls que la Salamine et l’Alerte.

Vous enverrez cet ordre par un officier de marine qui partira sur une djerme et débarquera à Damiette, et par le courrier qui part pour le Caire.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

Au général Kleber

Vous trouverez ci-joint , Citoyen Général , une lettre au cheik de Naplouse, que je vous prie de lui faire passer. Je vous prie d’en faire faire plusieurs copies, et de les envoyer successivement, afin d’être sûr qu’une d’elles arrive.

J’ai écrit à Djezzar-Pacha ; s’il prend le parti d’envoyer quelqu’un, comme je le lui propose, recommandez à vos avant-postes de le bien traiter.

A l’instant nous prenons deux bàtiments, un chargé de 2,000 quintaux de poudre et l’autre de riz.

La garnison de Jaffa était de près de 4,000 hommes ; 2.000 onl été tués dans la ville , et près de 2,000 out été fusillés entre hier et aujourd’hui.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

AU CHEIK DE NAPLOUSE.

Je me suis emparé de Gaza , Ramleh , Jaffa , et de toute la Palestine. Je n’ai aucune intention de faire la guerre aux habitants de Naplouse ; car je ne viens ici que pour faire la guerre aux Mameluks et Djezzar-Pacha, dont je sais que vous êtes les ennemis.

Je leur offre donc , par la présente , la paix ou la guerre. S’ils veulent la paix , qu’ils chassent les Mamneluks de chez eux et me le fassent connaitre , en promettant de ne commettre aucune hostilité contre moi. S’ils veulent la guerre, je la leur porterai moi-même. Je suis clément et miséricordieux envers mes amis, mais terrible comme le feu du ciel envers mes ennemis.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

AU  GÉNÉRAL DUGUA, AU CAIRE.

J’ai reçu , Citoyen Général , fort peu de lettres de vous ; elles ont, j’imagine, été interceptées par cette nuée d’Arabes qui couvrent le désert. La dernière que j’ai reçue est du 6 ventôse.

L’état-major vous instruira des détails de la prise de Jaffa. Les 4,000 hommes qui formaient la garnison ont tous péri dans l’assaut ou ont été passés au fil de l’épée. Il nous reste encore Saint-Jean-d’Acre.

Avant le mois de juin , il n’y a rien de sérieux craindre de la part des Anglais.

Quant à l’affaire de la mer Rouge, on ne comprend pas grand’chose au rapport qui vous a été envoyé ; il faut espérer que les officiers de marine qui s’y trouvaient en donneront un plus intelligible.

La victoire du général Desaix doit avoir tout tranquillisé dans la haute Egypte. Nos victoires en Syrie doivent apaiser les troubles de la province de Charqyeh.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

Au Cheiks, Ulémas et habitants des provinces de Gaza, Ramleh et Jaffa.

Dieu est clément et miséricordieux !

.le vous écris la présente pour vous faire connaitre que je suis venu dans la Palestine pour chasser les Mameluks et l’armée de Djezzar-Pacha.

De quel droit , en effet , Djezzar-Pacha a-t-il étendu ses vexations sur les provinces de Jaffa, Ramleh et Gaza , qui ne font pas partie de son pachalik ? De quel droit également avait-il envoyé ses troupes à El-A`rych ? Il m’a provoqué à la guerre, je la lui ai apportée ; mais ce n’est pas à vous , habitants, que mon intention est d’en faire sentir les horreurs.

Restez tranquilles dans vos foyers ; que ceux qui , par peur, les ont quittés , rentrent. J’accorde sûreté et sauvegarde à tous ; j’accorderai à chacun la propriété qu’il possédait.

Mon intention est que les cadis continuent cornme à l’ordinaire leurs fonctions et à rendre la justice ; que la religion surtout soil protégée et respectée, et que les mosquées soient fréquentées par tous les bons musulmans ; c’est de Dieu que viennent tous les biens ; c’est lui qui donne la victoire.

Il est bon que vous sachiez que tous les efforts humains sont inutiles contre moi , car tout ce que j’entreprends doit réussir. Ceux qui se  déclarent mes amis prospèrent. Ceux qui se déclarent mes ennemis périssent. L’exemple qui vient d’arriver à Jaffa et à Gaza doit vous faire connaitre que , si je suis terrible pour mes ennemis, je suis suis bon pour mes amis , et surtout cleément et miséricordieux avec le pauvre peuple.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

AU GÉNÉRAL MARMONT, A ALEXANDRIE

L’état-major vous aura instruit, Citoyen Général , des différents événements militaires qui se sont succédé et auxquels nous devons la conquête de toute la Palestine. La prise de Jaffa été très brillante; 4,000 hommes des meilleures troupes de Djezzar et des meilleurs canonniers de Constantinople ont été passés au fil de l’épée. Nous avons trouvé dans cette ville soixante pièces de canon , des munitions et beaucoup de magasins; ces pièces sont toutes fondues à Constantinople et de calibre français.

Jaffa a une rade assez sûre et une petite anse où nous avons trouvé un bâtiment de 150 tonneaux ; comme nous avons ici beaucoup de savon et autres objets , si quelques bâtiments du convoi , de 100 à 130 tonneaux , veulent se hasarder à venir, on les frétera.

Les dernières nouvelles que j’ai de Damiette sont du 4 ventôse; d’où je conclus qu’il n’y avait rien de nouveau à Alexandrie le Ier ventòse; il a fait des vents très-violents qui auront éloigné les Anglais.

Vous trouverez ci-joint une proclamation en arabe que j’ai faite aux habitants du pays. Si vous avez encore une imprimerie, faites-la imprimer, et répandez-la dans le Levant , la Barbarie, et partout où il sera possible. Dans le cas où vous n’auriez plus d’imprimerie, je donne ordre qu’on l’imprime au Caire et que l’on vous en envoie 200 exemplaires.

S’il partait des bâtiments pour la France , je vous autorise à écrire au Gouvernement ce que vous savez de notre position. Vous sentez qu’il ne doit rien y avoirrien de politique , mais seulement des faits.

BONAPARTE .

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Général, une lettre pour les habitants de Jérusalem ; faites-en faire huit à dix copies et envoyez-les par différentes occasions; une d’elles arrivera peut-être. L’état-major vous envoie également une proclamation aux habitants de la Palestine; faites-en répandre le plus qu’il vous sera possible.

Faites-moi connaitre si le chemin qui va de Ramleh à Saint-Jean-d’ Acre directement est bon, et quels sont les villages qui s’y trouvent.

Nous avons trouvé à Jaffa une assez grande quantité de canons. Il nous arrive tous les jours des bâtiments de Saint-Jean-d’Acre ; en ce moment, il en entre deux, un chargé de poudre et l’autre de riz.

La garnison de Jaffa était de 1,000 honnnes ; 2,000 ont été tués dans la ville, et près de 2,000 ont été fusillés entre hier et aujourd’hui.

BONAI’ARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

AUX CHEIKS, ULÉMAS ET COMMANDANT DE JÉRUSALEM.

Dieu est clément et miséricordieux !

Je vous fais connaitre par la présente que j’ai chassé les Marneluks et les troupes de Djezzar-Pacha des provinces de Gaza, Ramleh et Jaffa; que mon intention n’est pas de faire la guerre au peuple ; que je suis ami du musulman , que les habitants de Jérusalem peuvent choisir la paix ou la guerre : s’ils choisissent la première, qu’ils envoient au camp de Jaffa des députés pour promettre de ne jamais rien faire contre moi; s’ils étaient assez insensés pour préférer la guerre, je la leur porterai moi-même. Ils doivent savoir que je suis terrible comme Ie feu du ciel contre mes ennemis, clément et miséricordieux envers le peuple et ceux qui veulent être mes amis.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 19 ventôse an VII (9 mars 1799).

A DJEZZAR-PACHA

Depuis mon entrée en Egypte, je Vous ai fait connaitre plusieurs fois que mon intention n’était point de vous faire la guerre ; que mon seul but était de chasser les Mameluks : vous n’avez répondu à aucune des ouvertures que je vous ai faites.

Je vous avais fait connaitre que je désirais que vous éloignassiez Ibrahim-Bey des frontières de :l’Égypte; bien loin de là, vous avez envoyé des troupes à Gaza, vous avez fait de grands magasins , vous avez publié partout que vous alliez entrer en Egypte, vous avez effectué votre invasion en portant 2,000 hommes de vos troupes dans le forl d’El-A’rysch, enfoncé à dix lieues dans le territoire de l’Égypte. J’ai dû alors partir du Caire, et vous apporter moi-même la guerre que vous paraissiez provoquer.

Les provinces de Gaza, Ramleh et Jaffa sont en mon pouvoir. J’ai traité avec générosité celles de vos troupes qui s’en sont remises à ma discrétion. J’ai été sévère envers celles qui ont violé les droits de la guerre. Je marcherai sous peu de jours sur Saint-Jean-d’Acre. Mais quelles raisons ai-je d’ôter quelques années de vie à un vieillard que je ne connais pas ? Que sont quelques lieues de plus à côté du pays que j’ai conquis ? Et , puisque Dieu me donne la victoire , je veux, à son exemple, être clément et miséricordieux , non-seulement envers le peuple, mais encore envers les grands.

Vous n’avez point de raison réelle d’être mon ennemi , puisque vous l’étiez des Mameluks. Votre pachalik est séparé de l’Égypte par les provinces de Gaza , de Ramleh et par d’immenses déserts ; redevenez mon ami, soyez l’ennemi des Mameluks et des Anglais : je Vous ferai autant de bien que je vous ai fait et que je peux vous faire.

Envoyez-moi votre réponse par un homme muni de vos pleins pouvoirs, et qui connaisse vos intentions; il se présentera à mon avant-garde avec un drapeau blanc , et je donne ordre à mon état-major de vous envoyer un sauf-conduit que vous trouverez ci-joint.

Le 21 de ce mois , je serai en marche sur Saint-Jean-d’Acre, il faut donc que j’aie votre réponse avant ce jour.

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII (10  mars 1799).

L’ADJUDANT GÉNÉRAL ALMERAS , A DAMIETTE.

L’état-major vous aura instruit , Citoyen Général , de la prise de Jaffa, où nous avons trouvé beaucoup de riz , et nous en avions besoin , car notre flottille nous manque toujours.

Nous y avons trouvé une grande quantité d’artillerie, beaucoup d’obusiers, de pièces de 4 du calibre français.

Comtne il y a ici de I’huile, et du savon, et d’autres objets qui sont utiles à l’Egypte, et que la Palestine a besoin de riz , engagez les négociants de Damiette à ouvrir un commerce avec Jaffa. Assurez-les qu’ils seront protégés et n’essuieront aucune avanie.

Si la flottille n’était pas partie , prenez toutes les mesures pour la faire sortir. Envoyez-moi aussi des djermes avec du biscuit, droit à Jaffa.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII (10  mars 1799).

AU CITOYEN POUSSIELGUE.

Vous trouverez ci-joint une proclamation que j’ai faite aux habitants de ces provinces ; faites-la imprimer et répandez-la par tous les moyens possibles ; envoyez-en 200 exemplaires à Damiette et à Alexandrie , pour qu’elle se répande dans le Levant, à Constantinople et dans la Barbarie.

Je vous renvoie au Caire le chef des cheiks, celui qui avait la place que j’ai donnée au cheik El-Bekry. Vous assurerez ce dernier que cela ne doit l’inquiéter en rien, et que je dois mettre de la différence entre mes vieux amis et mes nouveaux.

Engagez les négociants de Damiette à venir vendre leur riz à Jaffa; nous avons ici une grande quantité de savon, engagez les négociants du Caire à venir en acheter : ils savent que je protége le commerce, ils n’ont à craindre ni avanies, ni tracasseries ; il y a ici des articles qui manquent en Egypte, tels que le savon, l’huile, etc. , qu’ils apportent en échange du blé et du riz. Prenez toutes les mesures pour activer autant que possible ce commerce.

Faites imprimer en arabe tout ce que Venture écrit au divan, en y faisant mettre les ornements que le cheik El-Mohdy jugera à propos, et répandez-le dans l’Egypte.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII 10  mars 1799).

Au général Caffarelli

 

Des personnes arrivées d’El-A’rych m’instruisent qu’on n’y a encore rien fait, pas même rétabli la brèche. Veuillez donner des ordres pour que les réparations d’un fort si essentiel n’éprouvent aucun retard. Vous sentez qu’il peut arriver des événements tels, qu’El-A’rych devienne notre tête de ligne, laquelle, pouvant tenir quinze jours ou un mois, pourrait donner des résultats incalculables.

BONAPARTE

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII (10  mars 1799).

Au général Berthier

Vous donnerez l’ordre au citoyen Ledée, commandant la province de Gaza, d’organiser un divan composé de sept personnes prises parmi les plus notables du pays ; il lui donnera la même organisation qu’aux divans d’Egypte.

BONAPARTE

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII (10  mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous donnerez l’ordre à l’adjudant général Grezieu de prendre le commandement de la province de Jaffa. Il organisera un divan et prendra toutes les mesures pour rassurer les habitants, protéger le commerce avec Damiette, et maintenir la confiance, la tranquillité et la paix dans les villages. La province de Ramleh sera également sous ses ordres.

Vous donnerez ordre au général de division Menou, qui est au Caire 21)Menou était resté à Rosette , de se rendre à Jaffa pour prendre le gouvernement de la Palestine. A son arrivée, l’adjudant général Grezieu rejoindra le quartier général.

Vous nommerez un capitaine à la suite de la 18e pour commander la place.

Le dépôt de la cavalerie sera transféré de Gaza à Jaffa. Vous donnerez , en conséquence , l’ordre au chef de brigade Ledée de s’y rendre avec tous les hommes du dépôt ; il accompagnera le premier convoi.

Vous donnerez l’ordre au chef de bataillon qui commande à Gaza de se rendre à El-A’rych, pour y prendre le commandement de cette place. Il laissera le commandement de Gaza au chef de bataillon du génie, qui commandera en même temps l’arrondissement de Gaza.

Vous donnerez l’ordre à l’officier qui commande El-A’rych de se rendre à Gaza, pour être chargé du détail de la place; il sera sous les ordres du chef de bataillon du génie qui commande tout l’arrondissement.

Vous donnerez l’ordre au général de brigade Junot de se rendre à l’avant-garde , pour remplacer le général Damas et y être employé sous les ordres du général de division Kleber.

BONAPARTE

 

Quartier général , Jaffa, 20 ventôse an VII (10  mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Il sera accordé une grenade en or au citoyen Mizière, sergent de la 11e compagnie du 4e régiment d’artillerie, pointeur d’un des mortiers, ainsi qu’au citoyen Mauque, canonnier de la compagnie n° 13 du 4e régiment, qui était pointeur d’une pièce de 12 au siége de Jaffa.

Vous me ferez remettre les états de services du capitaine d’artillerie Martin et du lieutenant Cocouret.

Le citoyen Magny , cher de bataillon de la 22e, sera promu à la place de chef de brigade.

Les citoyens Clavi, Augeteaux, Choquet et Lavaux, sapeurs, Girard et Floquet , mineurs, auront des fusils

Le citoyen Lacoste, lieutenant du génie, sera promu à la place de capitaine; le citoyen Aymé , capitaine du génie, à celle de chef de bataillon.

Vous me ferez remettre les états de services du citoyen Nelherwood, adjoint aux adjudants

Vous me ferez remettre les états de services du citoyen Lazouski, chef de bataillon du génie.

Vous demanderez au général Lannes le nom du sergent et des dix carabiniers   qui sont entrés les premiers à la brèche.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 22 ventôse an VII (11 mars 1799).

AU GÉNÉRAL REYNIER.

Il est nécessaire, Citoyen Général , que, tant que votre division restera à Ramleh , vous teniez un poste à Lydda , afin que les habitants rentrent et que l’on puisse oganiser cette ville et Ramleh ; car, avant que votre division sorte de Ramleh , il faut que ces deux villes soient à l’abri du pillage , qu’il y ait un cheik-el-beled et un divan à Ramleh pour maintenir la police.

BONAPARTE

 

Quartier général , Jaffa, 22 ventôse an VII (12  mars 1799).

Au général Berthier

Vous vous concerterez avec l’ordonnateur en chef pour que l’armée ait, dans la journée de deniain, des vivres jusqu’au 30 au soir. La division du général Reynier prendra ses vivres à Ramleh, si cela est possible ; sans quoi elle les enverra prendre à Jaffa; on profitera de l’arrivée des chameaux pour évacuer les grains, outres, etc. , et surtout l’hôpital de Ramleh sur Jaffa.

Vous préviendrez le général d’artillerie et l’ordonnateur en chef qu’il est possible que, le 24 au soir, il n’y ait pas un seul Français à Ramleh , et qu’il faut qu’ils se règlent en conséquence , afin qu’ils n’y laissent rien.

B0NA1’ARTE

 

Quartier général , Jaffa, 23 ventôse an VII (13  mars 1799).

AU DIRECTOIRE EXÉCUTIF.

Citoyens Directeurs, le 5 fructidor, j’envoyai un officier à Djezzar, pacha d’.Acre ; il l’accueillit mal , il ne me répondit pas.

Le 29 brumaire, je lui écrivis une autre lettre ; il fit couper la tête au porteur.

Les Francais étaient arrêtés à Acre et traités cruellement.

Les provinces de l’Egypte étaient inondées de firmans dans lesquels Djezzar ne dissimulait pas ses intentions hostiles et annonçair arrivée.

Il fit plus , il envahit les provinces de Jaffa , Ramleh et son avant-garde prit position à El-A’rych , où il y a quelques bons puits et un fort situé dans le désert, à dix lieues sur le territoire de l’Égypte.

Je n’avais donc plus de choix ; j’étais provoqué à la guerre, je crus  ne devoir pas tarder à la lui porter moi-même.

Le général Reynier rejoignit , le 16 pluviôse , son avant-garde,  qui, sous les ordres de l’infatigable général Lagrange, était situé à Qatyeh, situé à trois journées dans le désert, où j’avais réuni des magasins considérables.

Le général Kleber arriva le 18 pluviôse de Damiette, par le lac  Menzaleh, sur lequel on avait construit plusieurs barques canonnières, débarqua à Peluse et se rendit à Qatyeh.

COMBAT D’EL-A’RYCH.

Le général Reynier partit le 18 pluviôse de Qatyeh , avec sa division , pour se rendre à El-A’rych. Il fallait marcher plusieurs jours à travers le désert sans trouver de l’eau. Des difficultés de toutes espèces furent vaincues. L’ennemi fut attaqué, forcé, le villaae enlevé, et toute l’avant-garde ennemie bloquée dans le fort d’El-A`Rych.

ATTAQUE DE NUIT

Cependant la cavalerie de Djezzar, soutenue par un corps d’infanterie, avait pris position sur nos derrières à une lieue, et l’armée assiégeante.

Le général Kleber fit faire un mouvement au général Reynier. À minuit, le camp ennemi fut cerné , attaqué et enlevé ; un des beys fut tué ; effets, armes , bagages, tout fut pris. La plupart des hommes eurent le temps de se sauver. Plusieurs kàchefs d’Ibrahim-Bey furent faits prisonniers.

 

SIÉGE DU  FORT D’EL-A’RYCH.

La tranchée fut ouverte devant le fort d’El-A’rych ; une de nos mines avait été éventée et nos mineurs délogés. Le 28 pluviôse, une batterie de brèche fut construite , et deux batteries d’approche. On canonna toute la journée du 29. Le 30, à midi, la brèche était praticable ; je sommai le commandant de se rendre : il le fit.

Nous avons trouvé à El-A’rych 300 chevaux, beaucoup de biscuit, du riz, 500 Albanais, 500 Moghrebins, 200 hommes de l’Anatolie et de la Caramanie. Les Moghrebins ont pris service avec nous ; j’en ai fait un corps auxiliaire.

Nous partîmes d’El-A’rych le 4 du mois de ventôse ; l’avant-garde s’égara dans les déserts et souffrit beaucoup du manque d’eau ; nous manquions de vivres ; nous fûmes obligés de manger des chevaux , des mulets et des chameaux.

Nous étions, le 5, aux colonnes placées sur les limites de l’Afrique et de l’Asie.

Nous couchâmes en Asie le 6 ; le jour suivant nous étions en marche sur Gaza ; à dix heures du matin nous découvrimes 3 à 4,000 hommes de cavalerie qui marchaient à nous.

COMBAT DE GAZA

Le général Murat, commandant la cavalerie, fit passer différents torrents en présence de l’ennemi , par des mouvements exécutés avec précision.

Le général Kleber se porta par la gauche sur Gaza ; le général Lannes, avec son infanterie légère, appuyait les mouvements de la cavalerie, qui était rangée sur deux lignes ; chaque ligne avait derrière elle un escadron de réserve. Nous chargeâmes l’ennemi près de la hauteur qui regarde Hébron , et où Samson porta les portes de Gaza. L’ennemi ne reçut pas la charge et se replia ; il eut quelques hommes de tués , entre autres le kiàya du pacha.

La 22e d’infanterie légère s’est fort bien conduite ; elle suivait les chevaux au pas de course ; il y avait cependant bien des jours qu’elle n’avait fait un bon repas et bu de l’eau à son aise.

Nous entrâmes dans Gaza ; nous y trouvàmes quinze milliers de poudre, beaucoup de munitions de guerre, des bombes, des outils, plus de 200,000 rations de biscuit et six pièces de canon.

Le temps devint affreux ; beaucoup de tonnerre et de pluie ; depuis notre départ de France, nous n’avions point eu d’orage.

Nous couchâmes le 10 à Esdoud, l’ancienne Azoth. Nous couchàmes le 11 à Ramleh ; l’ennemi l’avait évacué avec tant de précipitation , qu’il nous laissa 100,000 rations de biscuit, beaucoup plus d’orge et 1,500 outres que Djezzar avait préparées pour passer le désert.

SIÉGE  DE JAFFA.

La division Kleber investit d’abord Jaffa, et se porta ensuite sur la rivière d’El-Ougeh , pour couvrir le siège. La division Bon investit les fronts droits de la ville, et la division Lannes, les fronts gauches.

L’ennemi démasqua une quarantaine de pièces de canon de tous les points de l’enceinte, desquels il fit un feu vif et soutenu.

Le 16, deux batteries d’approche , la batterie de brèche , une de mortiers , étaient en état de tirer. La garnison fit une sortie ; on vit alors une foule d’hommes diversement costumés, et de toutes les couleurs, se porter sur la batterie de brèche ; c’étaient des Moghrebins, des Albanais , des Kurdes , des Anatoliens , des Caramaniens , des Damasquins , des Alépins, des noirs de Takrour ; ils furent vivement repoussés et rentrèrent plus vite qu’ils n’auraient voulu. Mon aide de camp Duroc, officier en qui j’ai grande confiance, s’est particulièrement distingué.

A la pointe du jour, le I7, je fis sommer le gouverneur : il fit couper la tête mon envoyé, et ne répondit point. A sept heures , le feu commença; à une heure, je jugeai la brèche praticable. Le général Lannes fit les dispositions pour l’assaut ; l’adjoint aux adjudants généraux Netherwood, avec dix carabiniers, monta le premier, et fut suivi de trois compagnies de grenadiers de la 13e et de la 39e demi-brigade, commandées par l’adjudant général Rambeaud , pour lequel je vous demande le grade de général de brigade.

A cinq heures, nous étions maitres de la ville, qui, pendant vingt-quatre heures, fut livrée au pillage et à toutes les horreurs de la guerre, qui jamais ne m’a paru aussi hideuse.

4,000 hommes des troupes de Djezzar ont été passés au fil de l’épée ; il y avait 800 canonniers. Une partie des habitants a été massacrée.

Les jours suivants, plusieurs bâtiments sont venus de Saint-Jean-d’Acre, avec des munitions de guerre et de bouche ; ils ont été pris dans le port’, ils ont été étonnés de voir la ville en notre pouvoir ; l’opinion était qu’elle nous arrêterait six mois.

Abd-AIlah , général de Djezzar, a eu l’adresse de se cacher parmi les gens d’Égypte, et de venir se jeter à mes pieds.

J’ai envoyé à Damas et à Alep plus de 500 personnes de ces deux villes, ainsi que 4 à 500 personnes d’Égypte.

J’ai pardonné aux Mameluks et aux kàchefs que j’ai pris à El-A’rych ; j’ai pardonné à Omar-.Makram , cheik du Caire ; j’ai été clément envers les Égyptiens, autant que je l’ai été envers le peuple de Jaffa, mais sevère envers la garnison , qui s’est laissé prendre les armes à la main.

Nous avons trouvé à Jaffa cinquante pièces de canon , dont trente formant l’équipage de camnpagne, de modèle européen , et des munitions ; plus de 400,000 rations de biscuit, 200,000 quintaux de riz et quelques magasins de savon.

Les corps du génie et de l’artillerie se sontdistingués.

Le général Caffarelli, qui a dirigé ces siéges , qui a fait fortifier les différentes places de l’Égypte,  est un officier recommandable par une activité , un courage et des talents rares.

Le chef de brigade du génie Sanson a commandé l’avant-garde qui a pris possession de Qatyeh , et a rendu , dans toutes les occasions, les plus grands services.

Le capitaine du génie Sabatier a été blessé au siége d’El-A’rych.

Le  citoyen Aymé est entré le premier dans Jaffa, par un vaste souterrain qui conduit dans l’intérieur de la place.

Le chef de brigade Songis , directeur du parc d’artillerie , n’est parvenu à conduire les pièces qu’avec de grandes peines, il a commandé la principale attaque de Jaffa.

Nous avons perdu le citoyen Lejeune , chef de la 22e d’infanterie légère, qui a été tué sur la brèche. Cet officier a été vivement regretté de l’armée; les soldats de sonc orps l’ont pleuré comme leur père. J’ai nommé à sa place le chef de bataillon Mgny, qui a été grièvement blessé. Ces différentes affaires nous ont coûté 50 hommes tués et 200 blessés.

L’armée de la République est maitresse de toute la Palestine.

BONAPARTE

 

Quartier général , Jaffa, 23 ventôse an VII (13  mars 1799).

A L’ADJUDANT GÉNÉRAL GHEZIEU.

Vous aurez , Citoyen, le commandement de la province de Jaffa et de celle de Ramleh.

Votre prentière opération sera de faire placer une pièce de canon sur chacune des tours, et de disposer les quatre plus grosses du côté du pont pour sa défense.

L’officier du génie a ordre de réparer sur-le-champ la brèche.

Vous vous assurerez que les portes puissent se fermer facilement; comme les deux qui existent sont très-rapprochées l’une de l’autre, il suffirait d’en tenir une ouverte.

Les Grecs doivent fournir des servantsà l’hopital des blessés.

Les Chrétiens Latins et Arméniens doivent fournir des servants à l’hôpüital des fiévreux.

Vous formerez un divan de sept personnes ; vous y mettrez des mahométans et des chrétiens.

Vous seconderez toutes les opérations du citoyen Gloutier, tendant à établir les finances et à procurer de l’argent à  la caisse.

Aucun bâtiment de ceux qui sont actuellement dans le port nedoit en sortir, sous quelque prétexte que ce soit.

Le commerce avec Damiette et l’Égypte sera encouragé le plus possible, Vous enverrez dans tous les villages  une proclamation, afin que les habitants vivent tranquilles. J’ai chargé le général Reynier d’organiser un divan à Ramleh.

Il reste ici un officier de marine.

Si vous avez des nouvelles très-intéressantes et que le temps soit beau, vous pourriez profiter à la fois de la terre et de la mer.

Toutes les fois qu’il y aura des occasions pour l’Égypte, vous ne manquerez pas de donner des nouvelles de l’armée à l’adjudant général Alméras à Damiette, et au général Dugua au Caire.

Ayez bien soin que les magasins soient tenus en bon état et ne soient pas gaspillés . Faîtes toutes les recherches possibles pour en découvrir de nouveaus.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Jaffa, 24 ventôse an VII (14  mars 1799).

Au général Berthier

Vous donnerez l’ordre au général Reynier d’évacuer sur Jaffa tous les malades qui sont à Ramleh ; de faire évacuerégalement tous les magasins de grains qu’il lui sera possible , et de faire mettre l’orge qu’il ne pourra pas évacuer, sous la garde des habitants de Ramleh, dans un seul magasin. Si les chrétiens de Ramleh et de Lydda ont besoin d’armes , j’autorise l’adjudant général Grezieu , qui reste Jaffa, à leur en donner sur l’état que le général Reynier lui enverra. Enfin il prendra toutes les mesures pour que la ville de Ramleh ne soit pas pillée pendant son absence. Après cela, il se rendra Jaffa, et de là il suivra le mouvement de l’armée sur Saint-Jean-d’ Acre. Le jour où il partira de Jaffa , il prendra des vivres pour six jours.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Mont-Carmel, 28 ventôse an VII (18  mars 1799).

AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME

Vous donnerez ordre , Citoyen Général , à la flottille commandée par le capitaine Stendelet, si elle n’est pas encore sortie de Damiette, de ne pas sortir : il fera seulernent sortir le Pluvier, chargé de riz et de biscuit, lequel se rendra à Jaffa , où il débarquera son chargement ; après quoi il s’en retournera.

Si la flottille était partie, vous lui enverriez l’ordre de rentrer, en déchargeant les denrées à Jaffa , si elle peut le faire sans éprouver aucun retard : elle ira à Damiette, ou , si elle le peut, à Bourlos.

Vous donnerez l’ordre au contre-amiral Perrée de ne pas opérer sa sortie , et, s’il l’avait opérée et qu’il ne trouvât votre ordre qu’à Jaffa, de faire une tournée du côté de Candie, afin de recueillir des nouvelles des bâtiments venant d’Europe , et de venir, quinze ou vingt jours après son départ de Jaffa , à Damiette , où il trouvera de nouvelles instructions ; dans l’intervalle du temps , il enverra à Damiette un brick pour faire part des nouvelles qu’il aurait pu apprendre.

BONAPARTE

 

Quartier général , Mont-Carmel, 28 ventôse an VII (18  mars 1799).

AU COMMANDANT DE CÉSARÉE.

Le cheik qui vous remettra cette lettre , Citoyen Général, me fait espérer qu’il pourra réunir assez de moyens de transport pour faire venir à Hayfâ le riz et le biscuit qui doivent être arrivés à Césarée : concertez-vous avec lui et donnez-lui toute l’assistance dont il peut avoir besoin.

Nous sommes maîtres de Hayfâ , où nous avons trouvé quelques magasins, et , entre autres, 3,000 quintaux de blé.

La route de Césarée à Saint-Jean-d’Acre passe par Hayfâ et va toujours le long de la mer. Le général Reynier doit avoir reçu l’ordre de laisser un bataillon à Césarée et de se rendre avec le reste Saint-Jean-d’Acre.

Faites passer la lettre ci-jointe à l’adjudant général Grezieu.

 

Quartier général , Mont-Carmel, 28 ventôse an VII (18  mars 1799).

A L’ADJUDANT GÉNÉRAL GREZIEU ,

COMMANDANT LES  PROVINCES DE JAFFA ET DE RAMLEH

Nous nous sommes emparés de Hayfà , où nous avons trouvé des magasins de coton et 3,000 quintaux de blé, prise d’autant meilleure que ce blé était destiné à l’approvisionnement de l’escadre qui bloque Alexandrie.

Le capitaine Smith , avec deux vaisseaux de guerre anglais, est arrivé d’Alexandrie à Saint-Jean-d’Acre. Ainsi , si notre flottille arrivait , vous feriez débarquer promptement les denrées ; vous feriez entrer dans la rade les bâtiments, tels que la Fortune, qui pourraient entrer, et vous renverriez sur-le-champ les autres prendre leur station à Damiette.

Nous avons eu une affaire , au village de Qàqoun , avec la cava!erie de Djezzar, réunie des Arabes et à des Arages et à des paysans. Après quelques coups de canon , tout s’est dispersé. La cavalerie de Djezzar a fait , en quatre heures , deux journées de marche ; elle est arrivée à Acre le mème jour de I’affaire , et y a porté la consternation et l’effroi ; la plupart de cette cavalerie est aujourd’hui dispersée. L’investissetnent d’ Acre sera fait ce soir. Faites connaitre ces nouvelles à Damiette et au Caire.

Envoyez-nous le plus de biscuit et de riz que vous pourrez , sur des bâtiments qui débarqueront à Sabourali ou Tantourah. Nous sommes bien avec les habitants de ce pays, qui sont venus au-devant de nous et se comportent fort bien.

BONAPARTE.

 

Quartier général , Mont-Carmel, 28 ventôse an VII (18  mars 1799).

AUX CHEIKS , ULÉMAS, CHÉRIFS, ORATEURS DE MOSQUÉES ET   HABITANTS DU PACHALIK DE DAKKA (ACRE)

Dieu est clément et miséricordieux !

Dieu donne la victoire à qui il veut ; il n’en doit compte à personne !

Les peuples doivent se soumettre à sa volonté !

En entrant avec   mon armée dans le pachalik  d’Acre, mon intention est de punir Djezzar-Pacha de ce qu’il a osé me provoquer à la guerre, et de vous délivrer des vexations qu’il exerce envers le peuple. Dieu, qui tôt ou tard punit les tyrans, a décidé la fin du règne de Djezzar est arrivée.

Vous, bons lmusulmans, habitants, vous ne devez pas prendre l’épouvante , car je suis l’ami de tous ceux qui ne commettent point de mauvaises actions et qui vivent tranquilles.

Que chaque commune ait donc à m’envoyer des députés à 1mon camp, afin que je les inscrive et leur donne des sauf-conduits, car je ne peux répondre sans cela du mal qui leur arriverait.

Je suis terrible vers mes ennems , bon , clément et miséricordieux envers le peuple et ceux se déclarent mes amis.

BONAPARTE

 

Quartier général , Mont-Carmel, 29 ventôse an VII (19  mars 1799), 6 heures du matin.

AU GÉNÉRAL LANNES.

Le général en chef vous ordonne, Citoyen Général , de laisser deux bataillons avec le parc d’artillerie, pour qu’il continue sa route pour rejoindre l’armée.

Vous marcherez, avec le reste de votre division , au village de Chafà-A’mr, où on dit qu’il y a 200 chameaux appartenant à Djezzar, des grains et des moutons. L’ordonnateur en donne une instruction pour s’emparer de tous ces objets.

Le général en chef vous recommande de mettre de l’ordre dans ce village, d’en bien traiter les habitants , qui sont nos amis et les ennemis de Djezzar.

Vous coucherez cette nuit dans ce village , et vous nous enverrez de vos nouvelles.

Vous formerez dans ce village un hôpital, dans la maison  qu’occupait le commandant de Djezzar. Vous resterez là jusqu’à nouvel ordre.

Ecrivez à Nazareth , à O’Bellyn et autres villaqes circonvoisins, pour qu’ils viennent à l’obéissance ; assurez-les de la protection et de l’amitié des Français; dites-leur qu’on leur payera exactement tout ce qu’ils fourniront pour l’armée ; engagez-les à porter des vivres au camp; enfin inspirez la confiance, maintenez la discipline , et vous rendrez un grand service à l’armée.

Faites mettre tous les moulins en activité, el qu’on fasse des farines pour l’armée.

Faisons-nous aimer, et que le peuple soit mieux avec nous que sous le régime de Djezzar.

 

 

Quartier général , devant Acre, 29 ventôse an VII (19  mars 1799).

AU CHEF D’ESCADRON LAMBERT.

Il est ordonné au chef d’escadron Lambert de partir ce soir pour se rendre à Hayfa et prendre le commandement de cette place.

Le général Dommartin fera partir ce soir un obusier et une pièce de 4 pour Hayfa. Le chef d’escadron Lambert se servira de ces pièces avec ménagement, afin d’économiser les munitions; s’il se présente des chaloupes canonnières , il les laissera approcher à portée de fusil, et alors tirera à coups sûrs pour les couler bas.

Dans le cas où des forces trop supérieures feraient une descente , et que le chef d’escadron Lambert ne jugeât pas avoir les moyens nécesssaires pour les repousser avec avantages ,il aurait soin de faire sa retraite dans le fort qui domine la ville.

Le chef d’escadron Lambert sentira l’importance de Hayfa, tant pour les magasins qui y sont que pour les services que peut nous rendre le port.

Le chef d’escadron Lambert verra l’ordonnateur, qui envoie ce soir un convoi à Hayfà , et le général Dommartin.

 

Quartier général , devant Acre, 29 ventôse an VII (19  mars 1799).

AU FILS D’OMAR-DAHER

Omar-Daher, qui pendant tant d’années a commandé à Acre, nun;tlldé à Acre, la Tibériade et dans toute la Galilée,  homme recommandable par ses grandes actions, les talents distingués qu’il avait reçu de Dieu, et la bonne conduite qu’il a tenue en tous temps envers les Français, dont il a constamment encouragé le commerce , a été détruit et remplacé par Djezzar-Pacha, homme féroce et ennemi du peuple. Dieu, qui tôt ou tard punit les méchants , veut aujourd’hui que les les choses changent.

J’ai choisi le cheik Abbas-el-Dàher, fils  d’Omar-Daher, en considération de son mérite personnel , et convaincu qu’il sera, comme son père, ennemis des vexations et bienfaiteur du peuple, pour commander dans toute la Tibériade, en attendant que je puisse le faire aussi grand que son père. J’ordonne donc par la présente aux cheiks-el-beled et au peuple de la Tibériade de reconnaitre le cheik Abbasel-Dàher pour leur cheik. Nous l’avons en conséquence revêtu d’une pelisse. J’ordonne également au cheik-el-beled de Nazareth de lui faire remettre les maisons, jardins et autres biens que le cheik Omar-Dàher possédait à Nazareth.

BONAPARTE.

 

Quartier général , devant Acre, 30 ventôse an VII (20  mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

L’état-major écrira aux villages de Zib, de Safed, Tabaryeh 22)Tibériade , Nazareth , Cana , et nominativement à tous les plus gros villages du pachalik d’Acre, pour leur faire connaitre qu’ils aient à envoyer des députés au devant Acre, 1° pour jurer obéissance et déclarer ce qu’ils auraient appartenant à Djezzar; 2° pour recevoir des sauvegardes pour leurs villages , ainsi que, pouvant les rnontrer aux différents détachements de l’armée qui passeront par là, ils soient traités en amis.

Il écrira également au commandant de la ville de Sour 23)Tyr qu’il ait à se soumettre et à envoyer des députés au camp d’Acre.

Il écrira au chef des Motouàly pour leur faire connaitre que je suis envoyé par Dieu pour réparer les injustices commises par Djezzar et restituer aux légitimes propriétaires les pays qui leur appartiennent ; qu’il ait à venir me trouver a camp, afin de se soumettre, parce que je veux être leur allié et les protéger.

BONAPARTE

 

Quartier général , devant Acre, 30 ventôse an VII (20  mars 1799).

ORDRE DU JOUR.

( EXTRAIT)

Le général en chef prévient l’armée que les villages qui environnent Saint-Jean-d’Acre sont composés de Druses, peuples amis des Français et ennemis de Djezzar, qu’ils apportent avec empressement des vivres pour I’armée, qu’ils s’arment pour notre parti : en conséquence, il ordonne que les personnes et les propriétés, dans tous les villages des environs , soient scrupuleusement respectées ; il ordonne de faire arrêter les pillards , qui seront fusillés. Le général en chef ordonne particulièrement au général cornmandant la cavalerie de prendre des mesures telles , que les partis et patrouilles qu’il enverra en reconnaissance ne pillent pas. Le général commandant la cavalerie serait responsable des pillages qu’il n’aurait pas fait réprimer.

Les succès de l’armée et son bien-être tiennent essentiellement à l’ordre et à la discipline , qui nous feront aimer d’un peuple qui vient au-devant de nous et qui est l’ennemi de nos ennemis.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général , devant Acre, 30 ventôse an VII (20  mars 1799).

A L’ÉMIR BECHIR.

Après m’être emparé de toutel’Égypte, j’ai traversé les déserts et suis entré en Syrie. Je me suis emparé des forts d’El-A’rych , Gaza et Jaffa , qu’avaient envahis les troupes de Djezzar-Pacha. J’ai battu et détruit toute son armée. Je viens de l’enfermer dans la place d’Acre, dont je suis occupé depuis avant-hier à faire le siége.

Je m’empresse de vous faire connaitre toutes ces nouvelles, parce que je sais qu’elles vous doivent être aaréables , puisque toutes ces victoires anéantissent la tyrannie d’un féroce qui a fait autant de mal à la brave nation druse qu’au genre htnnain.

Mon intention est de rendre la nation druse indépendante, d’alléger le tribut qu’elle paye , et de lui rendre le port de Bairoulh et autres villes, qui lui sont nécessaires pour les débouchés de son commerce.

Je désire que, le plus tôt possible , vous veniez vous-même, ou que vous envoyiez quelqu’un pour me voir ici devant Acre, afin de prendre tous les arrangements nécessaires pour vous délivrer de nos ennemis communs.

Vous pouvez faire proclamer , dans tous les villages de la nation druse, que ceux qui voudront porter au camp des vivres, et surtout du vin et de l’eau-de-vie, seront exactement payés.

BONAPARTE

 

Quartier général , devant Acre, 1er germinal an VII (21  mars 1799).

AU  GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous ferez commander un adjoint et un certain nombre de travailleurs par division , pour faire des fascines de jonc ayant 3 pieds de haut et 18 pouces de diamètre ; chaque division devra en avoir fait dans la journée de demain et d’après-demain qui seront portées à la queue de la tranchée.

Le général fournira quatre sous-officiers pour enseigner la manière de faire ces fascines.

BONAPARTE

 

Quartier général , devant Acre, 1er germinal an VII (21  mars 1799).

AU CHEIK MUSTAFA-BECHIR

Le cheik Mustafa-Bechir,  homme recommandable par son talent et son crédit , celui qui a mérité les persécutions d’Ahmeh-Pacha, qui l’a tenu sept ans dans les fers, est nommé commandant de Safel et du pont de Bnàt-Yakoub.

Il est ordonné à tous les cheiks et habitants de lui prêter main-forte pour arrêter les Mouselmyn , les troupes de Djezzar et autres qui s’opposeraient à l’exécution de nos ordres.

Il a été , à cet effet , revêtu d’une pelisse.

Il lui est expresséntent recommandé de ne commettre aucune vexation envers les fellahs , et de repousser avec courage tous ceux qui prétendraient entrer sur le territoire du pachalik d’Acre.

BONAPARTE

 

Quartier général , devant Acre, 2 germinal an VII (22  mars 1799).

AU GÉNÉRAL MURAT.

Le général en chef ordonne au général Murat de partir sur-le-champ avec 300 chevaux et une pièce de canon , pour se rendre au village de Chafà-.A’mr, où il protégera l’enlèvement des chameaux et des blés appartenant à Djezzar. Le général Murat joindra à ses troupes tous les habitants armés de Chafà-.A’mr, pour, conjointement aver eux, repousser les Naplousains. Il trouvera ci-joint la lettre des cheiks de Chafà-A’mr, qui lui fera connaitre l’objet de sa mission.

avec le {énéral Murat. Il rentrera au quartier général, avec sa troupe et son artillerie , quand sa mission sera remplie.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général , devant Acre, 2 germinal an VII (22  mars 1799).

AU CITOYEN D’AURE.

Je viens de faire la visite de l’hôpital ; on y manque de marmites et de vases pour laver les plaies.

Il ne faut , pour les blessés , que de l’orge et du miel pour faire la tisane, et il n’y en a point. Ces malheureux , qui ont tant de droits à notre intérêt, souffrent, et cependant l’on vend journellement dans le camp de l’orge et du miel.

Je vous requiers de faire acheter, le plus promptement possible, de l’orge, du miel et des vases , qu’il est aisé de se procurer dans la montagne.

Le linge et la charpie sont sur le point de manquer ; ordonnez également qu’on prenne des précautions sur cet objet.

BONAPARTE

 

Quartier général , devant Acre, 3 germinal an VII (23  mars 1799)

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Les généraux de l’artillerie et du génie, ayant fait la reconnaissance de la place d’ Acre , pensent que l’on doit diriger les attaques de la manière suivante :

1° Etablir contre les tours A et F une batterie cornposée de deux obusiers, une caronade , trois pièces de 12 et cinq pièces de 8 ;

2° Contre la tour C , une batterie de deux pièces de 8 ;

3° Contre les tours B et D, trois pièces de 8 et un obusier ;

4° Contre les bâtiments du port, deux pièces de 8 et deux obusiers ;

5° Contre les derrières du front d’attaque et le palais de Djezzar, trois obusiers ;

6°Cinq mortiers en deux batteries ;

7° Deux pièces de 4 à l’extrémité de la droite, et la batterie tellement disposée que , lorsque l’on sera logé dans la tour A , on puisse y placer les pièces de 12 pour battre le palais de Djezzar.

On pense, de plus, que l’ordre du travail doit être réglé comme il suit:

1° Faire la parallèle de droite, les batteries d’obusiers , petits mortiers et pièces de 4, la batterie du port ; occuper le Santon ; ces travaux , à commencer ce soir ;

2° Demain au soir, commencer les autres batteries ;

3° Gagner, par une sape, le saillant de la contrescarpe de la tour A ;

4° Le général du génie fera transporter la tranchée, dans la nuit du 5 au 6, les échelles de 16 pieds , quatre de 12, quatre de 8 ; le général d’artillerie, quatre de 12 et deux mantelets ;

5° Le chef de l’état-major général fera transporter, dans la même nuit , 3,000 fascines au dépôt de la tranchée.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 3 germinal an VII (23 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous voudrez bien donner les ordres sur-le-champ pour qu’il soit établi deux hôpitaux au village de Chalà-A’mr, un pour les blessés et un pour les fiévreux. Ces deux hôpitaux seront établis dans le château.

Demain midi , tous les fiévreux et blessés qui se trouvent dans ce moment-ci à l’ambulance et à l’hôpital du camp , et tous les malades qui seraient au camp , seront évacués sur ledit hôpital.

Il sera établi une pharmacie.

Un commissaire des guerres, les médecin et chirurgien en chef et le directeur des hôpitaux , se rendront sur-le-champ au village de Chafà-A’mr, pour organiser lesdits hôpitaux.

Le capitaine des dromadaires , qui est au quartier général , sera nommé cornmandant de ce village. Le 3° bataillon de la 18e, hormis la compagnie des grenadiers , y tiendra garnison.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 3 germinal an VII (23 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Vous donnerez les ordres, Citoyen Général, pour que les 50 hommes que le général Murat a laissés dans le villaqe de Chalà-A’mr y restent jusqu’à nouvel ordre; ils feront des patrouilles pour assurer les chemins d’ici là ; et , s’ils ont des nouvelles que les Arabes ou autres voleurs menacent d’inquiéter Nazareth , ils m’en feront prévenir en portant tous les secours qui dépendraient d’eux.

Vous ferez partir une patrouille de 30 hommes de cavalerie, qui se rendront la nuit à Hayfà, et seront sous les ordres du citoyen Lambert. Ils se porteront sur les chemins pour tâcher de rencontrer les Arabes qui commencent à se montrer et à infester la plaine.

Vous chargerez le chef d’escadron Lambert d’envoyer l’ordre du jour à Jaffa par un paysan qui ira le long de la mer. Vous instruirez l’adjudant général Grezieu que nous sommes ici dans l’abondance ; que nous espérons avoir Acre dans cinq à six jours ; qu’il doit avoir reçu l’ordre de ne plus exposer la flotille à aucun danger et de la faire entrer dans la darse.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 3 germinal an VII (23 mars 1799).

A M.  SIDNEY SMITH,

COMMANDANT L’ESCADRE ANGLAISE DANS LA MÉDITERRANÉE.

Le général en chef Bonaparte , commandant une des armées de la République française , me charge de vous faire connaitre , Monsieur, qu’en conséquence du cartel d’échange qui existe entre les deux nations, ils vous renvoie les prisonniers anglais faits à Hayfà.

Il a donné également l’ordre dans les différentes villes d’Egypte , dans les iles de la Réunion, ci-devant de France et de Bourbon , que tous les prisonniers anglais qui pourraient avoir été faits fussent renvoyés , soit à Alexandrie , soit à Saint-Jean-d’Acre, ou dans les possessions du roi d’ Angleterre dans l’Inde , selon que vous le désirerez.

Le général en chef de l’armée française vous prie de lui renvoyer au camp, devant Saint-Jean-d’Acre , les prisonniers français, spécialement ceux pris sur les derniers bâtiments , sous la condition qu’ils ne serviront pas contre les troupes de Sa Majesté Britannique jusqu’à l’échange total.

Le général en chef me charge de vous remercier de sa part du renvoi que vous lui avez fait d’un de ses courriers. Ne doutez pas, Monsieur le Commandant , du désir que j’ai de vous être agréable , ainsi que de mon empressement à saisir l’occasion d’être utile aux honnnes de votre nation que les hasards de la guerre rendraient malheureux.

J’ai l’honneur d’être, avec la plus haute considération , etc.

Par ordre du général en chef

 

Quartier général. devant Acre, 4 germinal an VII (24 mars 1799).

ORDRE DU JOUR.

(EXTRAIT,)

Il est recommandé aux généraux de division de ne point laisser sortir les soldats des gardes du camp. Cette surveillance est d’autant plus nécessaire qu’une fois sorti des gardes le soldat se répand dans la campagne, s’enfonce dans les gorges et s’expose à être assassiné. Deux grenadiers, dont un a été reconnu à ses boutons pour être de la 32e, ont été trouvés, hier encore, horriblement mutilés par des partis d’Arabes, à une lieue du camp , dans la gorge et sur la route qui conduisent à Nazareth.

Les chefs de corps doivent redoubler de soins pour empêcher les soldats de périr aussi misérablement.

Il est ordonné aux généraux des divisions d’établir une surveillance dans les gardes, en arrière du camp. Le général en chef est instruit que des partis de cavalerie ennemie ont le projet d’inquiéter nos derrières.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général. devant Acre, 5 germinal an VII (25 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Vous donnerez l’ordre au général de briaade Vial de partir sur-le-champ avec le bataillon de la 4e d’infanterie légère. Il se rendra au village de Chafà-A’mr; il y trouvera le bataillon de la 18e ; il demandera au cheik de ce village et ceux des villages voisins une soixanlaine d’hommes armés, et il se rendra avec eux au village de Geydà; de là ; il dissipera les rassemblements d’Arabes et Naplousains qui paraissent s’y être formés, et fera transporter à Chafà-A’mr le blé et l’orge qui sont à Geydà. Il aura soin de laisser à Chafà-A’mr une bonne garnison, qui mette notre hôpital à l’abri des Arabes.

Il se conduira de manière à n’avoir, autant que possible , aucune affaire de village.

Si les Arabes et Naplousains qui sont à Geydà sont moins de 300, ils ne se laisseront pas investir , et , à l’instant qu’il enverra des troupes sur les communications , ils évacueront le villaae.

S’ils se laissent investir, le général Vial les bloquera, afin de les obliqer à sortir en rase campagne ou se rendre prisonniers par capitulation.

BONAPRTE

 

Quartier général. devant Acre, 5 germinal an VII (25 mars 1799).

AU COMMANDANT DU 3e BATAILLON   DE LA 18e DEMI-BRIGADE , A CHAFA-A’MR.

Les cheiks du village de Chafà-A’mr, Citoyen , écrivent au général en chef pour se plaindre que les chèvres et bestiaux qui leur avaient été enlevés hier par les Arabes, et qui leur ont été repris par eux conjointement avec nos troupes, ne leur ont point été rendus ; qu’ils sont enfermés dans le fort, et que déjà une certaine quantité a été égorgée. Cette conduite est aussi répréhensible qu’inpolitique. Faites rétablir l’ordre sur-le-champ , afin d’ssurer la propriété de gens qi’il est si intéressant de conserver pour amis. Faites restituer aux propriétaires les chèvres reprises aux Arabes , et faites payer celles qui auraient été égforgées  Vous êtes responsable du bon ordre dans les env irons de Chafà-A’mr. La moindre plainte des habitants retomberait sur vous.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général. devant Acre, 5 germinal an VII (25 mars 1799).

AU COMMANDANT DU 3 e BATAILLON LA 18e DEMI-BRIGADE,

Il est ordonné au commandant du bataillon de la 18e , qui est Chafà—A’mr, de faire partir tous les soirs , à dater d’aujourd’hui , un détachement de 30 hommes, qui se rendra à l’hôpital ambulant, près Acre, et en repartira tous les matins pour conduire à Chafà-A’mr le convoi de blessés, de sorte qu’il aura tous les jours 30 hommes allant à l’ambulance sous Acre, et 30 hommes revenant de l’ambulance d’Acre à celle de Chafà-A’mr. Il recommandera aux détachements de marcher toujours parfaitement en ordre , afin d’être en garde contre les Arabes qui rôdent sur cette route.

Par ordre du général en chef.

 

Quartier général. devant Acre, 6 germinal an VII (26 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Vous donnerez l’ordre au général Murat de partir demain avec 200 hommes de cavalerie , deux pièces de canon , 500 hommes d’infanterie légère, pour se rendre à Safed , dissiper les rassemblements qui s’y trouvent et s’emparer du chàteau.

Il mènera avec lui le cheik Mustafa, que j’ai revêtu cheik de Safed ; il le mettra en possession dudit village.

Maitre de Safed , il fera faire des reconnaissances sur le chemin de Damas. Il mènera avec lui un ingénieur pour faire le croquis de la route et tenir note de tous les villages par où il passerait , ou que l’on découvrirait à droite et à gauche. Si le fort de Safed était occupé en force, et qu’il eût du canon , enfin qu’il crût ne pouvoir le forcer qu’en perdant du monde, il fera sommer le commandant et poussera jusqu’au pont de Benàt-Yakoub, pour contenir le fort et éclairer la route de Damas.

BONAPARTE.

 

Quartier général. devant Acre, 7  germinal an VII (27 mars 1799).

AU GÉNÉRAI BERTHIER

Vous donnerez l’ordre qu’à trois heures après minuit la tranchée soit relevée , savoir,

Tous les postes à droite de l’aqueduc , compris ceux qui sont à la batterie de brèche , par la division du général Kleber ;

Tous les postes à gauche de l’aqueduc, et dès lors comprenant les deux autres batteries et la batterie du port , par la division Reynier.

La division Bon se portera demain, dans la matinée, derrière la hauteur où était placé, pendant le siége, le poste du chef de brigade de réserve, où elle sera la réserve.

La division Lannes se rendra également, l’heure qui lui sera indiquée demain , pour se porter en réserve sur la droite, hors de la portée du canon.

Vous trouverez ci-joint l’ordre pour la force des batteries.

Lorsque les batteries auront fait la brèche et que le général en chef la jugera praticable , quinze carabiniers d’une bravoure distinguée , avec six sapeurs portant deux échelles , six ouvriers d’artillerie portant deux pinces , des haches et des pioches , et conduits par un adjoint l’état-major général, s’élanceront à la brèche par le chemin qui leur sera indiqué par l’officier du génie que désignera le général Caffarelli.

Cette avant-qarde sera soutenue par les trois compagnies de carabiniers , derrière lesquelles marcheront six échelles, une dizaine de sapeurs , six ouvriers d’artillerie avec des haches et tout ce qui est nécessaire pour enfoncer des portes et ouvrir des créneaux.

Après quoi , marcheront les grenadiers de la division Kleber, qui seront suivis par le reste des échelles, avec dix sapeurs avec les outils nécessaires pour enfoncer des maisons, et six ouvriers d’artillerie avec les outils nécessaires.

Après eux, selon les circonstances, on fera marcher les grenadiers de la division Reynier et le reste de la division Kleber.

Chaque prendra une ou deux fascines, ce qui lui servira à rendre plus accessibles les abords de la brèche.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 7 germinal an VII (27 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER.

ORDRE POUR LE TIR PIÈCES.

Cette nuit, pendant que l’on mettra les pièces de canon en batterie, les batteries de mortiers et d’obusiers bombarderont la place.

A quatre heures du matin , les deux petites batteries de gauche tireront afin d’essayer d’éteindre le feu de tout le front d’attaque. Elles tireront dix coups par heure, par pièce : d’abord quelques coups isolément pour s’assurer de la justesse du tir.

A cinq heures précises, la batterie de brèche tirera d’abord quelques coups isolément pour s’assurer de son tir, et , lorsqu’elle aura trouvé le point , elle tirera par salves de douze et de huit , à raison de dix coups par pièce , par heure.

Les mortiers et obusiers tireront depuis quatre heures du matin, à raison de cinq coups par heure, jusqu’à midi.

La batterie du fort fera tout son possible pour faire éloigner les avisos et porter la confusion dans le port.

La pièce de 4 ne se démasquera qu’au moment où on le croira nécessaire pour achever d’éteindre leur flanc.

BONAPARTE

 

 

Quartier général. devant Acre, 7 germinal an VII (27 mars 1799).

AU MOLLAH A DAMAS.

Je m’empresse de vous apprendre mon entrée en Syrie , afin que vous en fassiez part à vos compatriotes de Damas.

Djezzar-Pacha ayant fait une invasion en Egypte et ayant occupé le fort d’El-A’rych avec ses troupes , je me suis vu obligé de traverser les déserts pour m’opposer à ses agressions. Dieu, qui a décidé que le règne des tyrans, tant en Egypte qu’en Syrie, devait être terminé, m’a donné la victoire. Je me suis emparé de Gaza , Jaffa et Hayfà , et je suis devant Acre , qui , d’ici peu de jours, sera en mon pouvoir.

.le désire que vous fassiez connaitre aux ulémas, aux chérifs et aux principaux cheiks de Damas , ainsi qu’aux agas des janissaires , que mon intention n’est point de rien faire qui soit contraire à la religion , aux habitudes et aux propriétés des gens du pays. En conséquence, je désire que la caravane de la Mecque ait lieu comme à l’ordinaire ; j’accorderai à cet effet protection et tout ce dont elle aura besoin; il suffit qu’on me le fasse savoir.

Je désire que dans cette circonstance essentielle, les habitants de Damas se conduisent avec la prudence et la sagesse que les habitants du Caire. Ils me trouveront le même, clément et miséricordicux envers le peuple , et zélé pour tout ce qui peut intéresser la religion et la justice.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 9 germinal an VII (29 mars 1799).

Au général Berthier

Vous donnerez l’ordre au général Junot de partir Idemain avec 300 hommes d’infanterie légère et 150 hommes de cavalerie pour se rendre à Chafà-A’mr , de là à Nazareth ; dégager ces deux villages des Arabes qui les infestent et qui les empêchent de communiquer avec le camp; faire de là toutes les reconnissances  et prendre tous les rensegnement sur les rassemblements qui pourraient exister du coté de Naplouse.

Il y a à Chafà-A’mr, pour la garde de I’hôpital , un bataillon de la 18e , qui , en cas d’événement , pourrait lui prêter main-forte.

En passant  il prendra avec lui le fils de Dàher, par qui il se fera accompagner.

BONAPARTE

 

Quartier général. devant Acre, 9 germinal an VII (29 mars 1799).

AU GÉNÉRAL BERTHIER

Depuis notre arrivée devant Acre, Général , l’armée ne se ressent plus des privations qu’elle avait éprouvées dans les déserts qui la séparent maintenant de l’Egypte ; l’abondance règne dans les camps ; les villages situés dans les montagnes envoienl leurs denrées avec profusion et confiance. Le peuple de ces montagnes, courbé sous le joua de Djezzar, voit en nous ses libérateurs; de nombreuses députations sont arrivées de tous côtés ; les tribus arabes n’ont pas été les dernières à Imifesler leur contentement, tous désirent d’être délivrés de leur oppresseur, qui est resté renfermé dans Acre.

La tranchée a été ouverte devant cette ville. et les travaux sont poussés avec vigueur et avec toute la régularité d’un siége en forme. La batterie de brèche est établie; on a commencé à battre le mur; on espère que sous peu la place sera emportée.

Une croisière anglaise s’est montrée à la vue d’Acre, et a voulu essayer de seconder Djezzar ; ses tentatives ont tourné à sa honte : plusieurs chaloupes canonnières ont été coulées bas ou brûlées par nos batteries. Peu de jours auparavant, quelques chaloupes canonnières anglaises, ayant tenté de prendre à l’abordage , dans le port de Hayfà, des bâtiments que nous avons, le chef d’escadron Lambert, après les avoir laissées approcher à bonne portée, leur a fait un feu si vif de canon et de mousqueterie, qu’il leur a tué et blessé beaucoup de monde, et qu’il s’est emparé d’une des chaloupes armée d’une caronade de 36. Cette caronade a pris rang dans la batterie de brèche.

Je vous invite, Citoyen Général , à employer tous les moyens qui dépendent de vous pour accélérer les convois de munitions dont nous avons un grand besoin ; un siége en règle entraine beaucoup de consommation .

 

Quartier général. devant Acre, 10 germinal an VII (30 mars 1799).

Les généraux de division ordonneront que , dans la journée, tous les boulets de l’ennemi qui peuvent être soit dans le camp, soit dans les environs, soient portés au parc.

L’organisation des transports pour le service des subsistances et celui de l’hôpital ne pouvant suffire, pour le moment, aux moyens de transport considérables qu’exige l’activité de ces services , le général en chef ordonne que, provisoirement, les chameaux appartenant aux officiers ou employés quelconques aident ce service ainsi qu’il suit

ARTICLE I e r . — Tous les jours impairs , à dater du 11 , il partira du quartier général, à onze heures du matin, un convoi de chameaux pour chercher les grains à Hayfà. Ce convoi sera rassemblé devant la garde, en arrière du camp du quartier général, tous les jours impairs, à dix heures du matin.

ART. 2. Le quartier général fournira, tous les jours impairs, 100 chameaux, qui seront répartis d’après la liste arrêtée par le chef de l’état-major général et communiqué à chacun par le vaguemestre général.

Les divisions Kleber, Lannes , Reynier et Bon fourniront chacune 15 chameaux tous les jours impairs, avec, chacune , 15 hommes d’escorte, dont un adjoint à l’état-major général de l’armée aura le commandemenl. Le général de chaque division déterminera ceux qui doivent fournir les chameaux, d’après la proportion des chameaux existant à la division.

 

 

References   [ + ]

1. Bonaparte n’osait pas encore de parler de peste
2. Ce guide avait sauvé le général Caffarelli, dont le cheval s’était abattu au passage de la mer Rouge.
3. Quantarah el’Kasneh
4. En Égypte on donne le nom d’okel aux édifices du genre de ceux que les Turcs et les Persans appellent caravansérails. L’okel est à la fois un bazar, un magasin, un atelier et une auberge où se rendent les voyageurs et de préférence les marchands. Les okels étaient nombreux au Caire et dans les principales villes d’Égypte. – Merci Jakub
5. Ingénieur en chef des ponts-et-chaussées alors en mission à Suez
6. On lit dans le journal d’ Abd-al-Rhaman : Dans la nuit du 27 redjebh, des Francais cassèrent une fenêtre de la maison Mohammed  Gerheri Ezbckyeh, près la porte El-Vona. Ils s’y introduisirent, y trouvèrent trois femmes; ils les battirent et en tuèrent une.
7. Cette lettre prévenait les consuls les navires des neutres pourraient désormais sortir librement du port d’ Alexandrie, en justifiant toutefois de la régularité de leurs papiers de bord.
8. Des Mameluks.
9. Mameluk qui, prisonnier, avait son gardien, un moment après avoir obtenu l’aman.
10. Chef de la 77e
11. Hassan Tchorbadj
12. Cette mission n’eut pas de suite; le général Berthier, malade, avait obtenu l’autorisation de rentrer en France ; mais en apprenant le départ de l’armée pour l’expédition de Syrie , il rendit son passe-port au général en chef et se mit à sa disposition.
13. Ramadan ?
14. Schauenburg cornmandait alors en Helvétie.
15. Treilhard
16. Ibrahim—Nizàn.
17. Kleber, en marche sur Gaza, s’était égaré dans Ie désert et avait marché quinze heures sans s’apercevoir de son erreur. Le découragemcnl était tel parmi les soldats,que plusieurs avaient brisé leur fusil. Le général en chef, depuis la veille à la recherche de la division, la rallia, fit battre à l’ordre et prononça – Bertrand.
18. Ensaboter : mettre un projectile, un obus, un boulet, dans un sabot de bois posé sur la poudre au sommet, de la gargousse.
19. Ordre reproduisant ces mêmes instructions
20. Lodd
21. Menou était resté à Rosette
22. Tibériade
23. Tyr