Rouelle, Pierre Michel (1770-1833)

Pierre Michel Rouelle, naît au Hâvre-de-Grace 1)Aujourd’hui Le Havre, le 21 juin 1770.

Il s’enrôle, le 6 septembre 1791, dans le bataillon des volontaires natio­naux du Havre ( 9e bataillon de la Seine Inférieure), et y est fait capitaine au  choix de ses compagnons d’armes, le 26 du même mois. Employé avec son bataillon, en 1793 et 1793, à la frontière du Nord, il se trouve, en 1793, au combat devant Berg-op-Zoom ; à l’affaire d’Odemborn et à la prise de Breda par le général Dumouriez, le 24 février. Il combat aussi aux affaires de Poperingue et de Turcoing; à la prise de Fumes, le 31 mai, et à la bataille de Hondscoote. Il se trouve à la prise de Menin, le 30 avril 1794 et prend part à la conquête des Pays-Bas et de la Hol­lande par le général Pichegru, en 1794 et 1790.

Il sert dans l’armée de l’intérieur, et se trouve à Paris, lorsque son régiment est incorporé, en 1796, dans la 29e demi-brigade d’infanterie de ligne, qui devient ensuite 14e régi­ment de la même arme. Employé à l’armée d’Italie, il prend part au combat sur le Lavis, le 20 mars 1797, et se trouve, avec la division Joubert, dont son régiment fait partie, à l’affaire de Botzen, ainsi qu’à plusieurs autres combats que cette division livre ou soutient, en traversant le Tyrol et la Carinthie.

Il continue de servir à l’armée d’Italie, en 1798 et 1799, et y combat à l’affaire de Mondovi, à l’affaire de San-Juliano, le 16 mai 1799, et à la bataille de Novi, le 16 août suivant. La conduite qu’il tient à cette der­nière affaire le fait remarquer par le général Moreau, qui le nomme chef de bataillon sur le champ de bataille.

Il se trouve ensuite à plusieurs combats livrés sur la rivière de Gènes. D’après un ordre qui lui est donné, il quitte l’ar­mée d’Italie, le 1er octobre  1799, pour aller prendre le commandement d’un des bataillons du  14e régiment de ligne, alors détaché à Vannes, en Bretagne. Il soutient avec ce bataillon plusieurs combats contre les Vendéens, jus­qu’au moment où l’amnistie générale est publiée.

Em­ployé, en 1800, à la 2e armée de réserve, commandée par le général Brune, il fait les campagnes de 1800 et 1801 dans le pays des Grisons, sous les ordres de Macdonald, se trouvant au mémorable passage du Splugen, et marche sur Trente, dont on s’empare de vive force.

Il sert avec son régiment, en 1802, dans l’intérieur de la France, et fait partie du camp de Boulogne, en 1803 et 1804.

Il marche avec la Grande Armée à la campagne con­tre l’Autriche, en 1805; concourt à la prise de Memmingen, 1e 11 octobre, et combat, le 2 décembre suivant, à la célèbre bataille d’Austerlitz, où il est blessé.

Nommé, le 19 avril 1806, major du 40e régiment d’infanterie de ligne, il commande le dépôt de ce corps jusqu’au 10 novembre 1807, époque à laquelle il est fait major comman­dant le 5e régiment provisoire d’infanterie.

Il fait les campagnes de 1808, 1809, 1810, 1811 et 1812 à l’armée d’Espagne. Il se trouve à l’affaire de Madrid, le 2 mai 1809. Le 18 juillet suivant, il reçoit l’ordre de partir de Madrid et de se rendre au Corps d’armée que le général Dupont commande; mais, ayant appris à Madridejos la capitu­lation de Baylen, il revient à marches forcées, ramenant à Madrid un bataillon dont le colonel avait été tué par les insurgés à Madridejos, et 150 malades qu’il est parvenu à tirer de cette ville, où ils se trouvent cernés de tout côté par des paysans armés ; cette expédition fît le plus grand honneur au major Rouelle , qui eut à contenir une multitude d’insurgés.

Nommé colonel du 116e régiment d’infanterie de ligne, le 28 octobre 1808, il se trouve, 1e 23 novembre suivant, à la bataille de Tudela, et y culbute le centre de l’armée espagnole.

Il concourt, le 20 décem­bre, à l’investissement de Saragosse, en attaquant les ou­vrages avancés de cette place. Il reçoit, le 12 février 1809, à ce siège, une blessure; mais n’en continue pas moins de servir avec beaucoup de zèle jusqu’à la réduction de Saragosse, qui a lieu le 20 de ce mois.

Il part, le 22 février, avec son régiment, qui conduit à Madrid les prisonniers faits à Saragosse, et séjourne dans la capitale de l’Espagne jus­qu’au 21 mars, époque à laquelle il est détaché pour aller à Astorga établir la communication avec le corps du ma­réchal Ney, qui se trouve à La Corogne : la reconnaissance des avant-postes se fait à Lugo, le 4 mai 1809.

Le colonel Rouelle rejoint ensuite son corps d’armée, au moment où il est aux prises avec l’ennemi à la bataille de Maria, le 15 juin. Il prend part à l’affaire de Belchitte le 17 du même mois, et au combat du 9 juillet suivant, vers Naval et Grao.

Le 6 mars 1810, le colonel Rouelle fait, avec son régiment, partie de la colonne qui mène les ennemis, tambour battant, depuis Sagonte jusque sous les murs de Valence.

Il part, le 10 du même mois, pour le siège de Lérida, où il commande l’avant-garde de troupes d’élite qui montent à l’assaut de la place, le 15 mai. Dans cette journée, le colonel Rouelle et le major Barbaroux, soutenus par 450 travailleurs munis d’outils et de gabions, franchissent le parapet de la tranchée, ainsi qu’un ruisseau qui se trouve en avant, et s’élancent sur les brèches. Rouelle y monte le premier, tue d’un coup d’épée une sentinelle qui lui avait porté un coup de baïonnette à la figure, et, malgré cette blessure, rompt l’ennemi sur tous les points, et enlève plusieurs retranchements. Ni le feu terrible des batteries de la place, ni la fusillade partant des maisons et des rues, ne peuvent arrêter l’audacieux cou­rage des assaillants, qui surmontent tous les obstacles.

Le colonel Rouelle est employé au siège de Tortose, où il fait échouer deux sorties entreprises par les assiégés, les 24 et 28 décembre 1810 : ces deux faits d’armes sont mentionnée à l’ordre de l’armée. Tortosa capitule, le 2 janvier 1811.

Le colonel Rouelle combat à l’affaire de Benicarlos, le 9 avril suivant. Il servit au siège de Tarragone, où il est grièvement blessé au bras gauche. Il se trouve au combat d’Ibi, le 20 juillet 1812; à celui d’Yecla, où il a un cheval tué sous lui, le 11 avril 1813; et à l’affaire de Castalta, le 13 du même mois.

II est promu au grade de général de brigade, le 28 janvier 1813. Le corps d’officiers du 16e régiment de ligne lui adresse alors une lettre, et l’accompagne d’une superbe épée, comme un gage de l’estime et de la reconnaissance que tout le régi­ment porte à son ancien colonel.

Le 2 juillet 1813, le général Rouelle est nommé gouverneur du fort de Sagonte et de la ville de Murviedo. Il y soutient 11 mois de siège par l’armée anglaise, refusant d’obtempérer à toutes les som­mations ou propositions que lui fait le général ennemi Ro­che, et ne sort de la place que lorsqu’il a reçu l’ordre de la remettre aux Espagnols. Il quitte alors l’Espagne pour revenir en France, et sait, chemin faisant, faire respecter les troupes qu’il est chargé de ramener.

En 1815, pen­dant les Cent-Jours, il commande le département de Saône et Loire.

Après la seconde Restauration, il est classé parmi les maréchaux de camp disponibles.

Le général Pierre-Michel Rouelle meurt au Hâvre-de-Grâce, le 13 février 1833


 

References   [ + ]

1. Aujourd’hui Le Havre