Plébiscite – Introduction

Tant certains témoins ou acteurs, dès l’époque, que les historiens depuis, ont confirmé les manipulations dont les résultats du plébiscite firent l’objet. Celles-ci, cependant, ne remettent pas en cause le résultat global. Tout confirme, en effet, que la majorité de la population fut, dans l’ensemble, assez satisfaite de l’instauration d’une monarchie nouvelle, rétablissant un gouvernement en principe stabilisé par l’hérédité mais maintenant les principaux acquis de la Révolution.

Toutes les analyses convergent également pour affirmer que la fraude, si elle est avérée dans bien des cas, n’a pas de commune mesure avec celle pratiquée en l’an VIII sous la direction de Lucien Bonaparte, ni même avec celle pratiquée en l’an X 1)Sans parler de la fraude pratiquée sous les deux régimes républicains précédents, en 1793 ou en l’an III.. Néanmoins, toute analyse sérieuse du scrutin doit tenir compte de cette fraude et, après l’avoir circonscrite, l’intégrer dans l’analyse tant de la participation que des votes positifs ou négatifs en faveur – officiellement – de l’hérédité impériale et – de facto – de l’Empire lui-même.

Nous n’analyserons ici que les résultats départementaux, laissant de côté ceux des armées, dont le simple énoncé, tels qu’ils figurent dans les tables officielles, suffit à démontrer toute l’inanité. Les armées de terre et de mer auraient, en bloc, voté positivement de manière unanime (respectivement 400.000 et 50.000). Les seuls votes militaires oppositionnels reconnus sont ceux de… la garnison de l’Île d’Elbe ! En fait, l’armée aurait très peu voté 2)Frédéric BLUCHE, op. cit., p. 514, donne 120.302 “oui” pour l’armée de terre, 16.224 pour la marine. N’oublions pas, en outre, que le plébiscite a lieu à peine le procès Moreau terminé. Et l’on sait que ce n’est pas le seul et tout aussi récent maréchalat d’Empire qui fera définitivement renoncer une série de chefs militaires (Brune, Jourdan, Bernadotte, Masséna notamment) à leurs penchants républicains. Quant à la troupe, ce sont encore les victoires républicaines de Valmy, Rivoli, les Pyramides ou Marengo qui font ses souvenirs, Austerlitz et son soleil impérial ne les surpassant qu’un an et demi plus tard., marquant ainsi son républicanisme maintenu. Notre analyse va s’appuyer sur trois cartes : carte de la participation, carte des “NON” et carte “par points”


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1. Sans parler de la fraude pratiquée sous les deux régimes républicains précédents, en 1793 ou en l’an III.
2. Frédéric BLUCHE, op. cit., p. 514, donne 120.302 “oui” pour l’armée de terre, 16.224 pour la marine. N’oublions pas, en outre, que le plébiscite a lieu à peine le procès Moreau terminé. Et l’on sait que ce n’est pas le seul et tout aussi récent maréchalat d’Empire qui fera définitivement renoncer une série de chefs militaires (Brune, Jourdan, Bernadotte, Masséna notamment) à leurs penchants républicains. Quant à la troupe, ce sont encore les victoires républicaines de Valmy, Rivoli, les Pyramides ou Marengo qui font ses souvenirs, Austerlitz et son soleil impérial ne les surpassant qu’un an et demi plus tard.