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Lord Cuthberth Collingwood (1750 – 1810)

Fils d’un marchand de Newcastle-sur-Tyne, Collingwood nait le 26 septembre 1750.

Il suit, de 1758 à 1760, les cours de la Royal Grammar School , puis, en 1761, entre dans la marine, sur les conseils de son oncle maternel, le capitaine Braithwate (qui deviendra amiral), sous lequel il va servir pendant plusieurs années.

En 1766 il est nommé middship (aspirant).

Affecté en mars 1772 sur le Lennox (capitaine Roddam), il se rend, en 1774, en Amérique, à bord du Preston, au sein de la flotte du vice-amiral Graves. L’année suivante, il est quatrième lieutenant sur le Somerset.

En 1776, Collingwood reçoit le commandement du sloop Hornet. Il a des rapports tendus avec son capitaine, Haswell, qui l’accuse de désobéissence et de négligence. Le 30 septembre 1777, il comparait devant une cour martiale, mais est lavé de ces accusations.

L’amiral Parker le fait alors transférer sur le Lowestoffe, comme lieutenant en second. C’est là qu’il rencontre Nelson, alors lieutenant. Les carrières des deux hommes vont suivre des courbes similaires, Collingwood prenant le commandement de navires que Nelson vient juste de quitter !

Il va ainsi successivement naviguer sur le Lowestoffe, le Badger, l’Hinchingbrooke, le Pellican (avec lequel il fait naufrage en août 1781) enfin le Sampson, de 64 canons, sur lequel il sert lorsque la paix survient en 1783.

Jusqu’en 1786, il commande le Mediator, avec lequel il s’empare de plusieurs navires de commerce américains.

Revenu en Angleterre, Collingwood reprend la mer, en 1790, année où il est envoyé sur les côtes d’Amérique, à bord du Mermaid, de 32 canons (flotte de l’amiral Cornish). Il y rencontre de nouveau Nelson, entrant même avec lui en compétition, les deux étant tombés amoureux de la même femme, une certaine Mary Moutrax.

En fait, cette compétition les rapprochera plus qu’elle ne les éloignera l’un de l’autre.

De nouveau de retour en Angleterre, il se marie, en juin 1791, avec Sarah Blackett, petite-fille de l’amiral Roddam (celui-là même qui commandait le Lennox, 9 ans plus tôt). Le couple s’installe à Morpeth, petit village non loin de Newcastle. Ils auront deux filles : Sarah, née en 1792 et Mary Patience, née en 1793.

En 1793, c’est la guerre avec la France révolutionnaire. Il prend le commandement du vaisseau de pavillon de l’amiral Bowyer, le Prince.

Il passe ensuite sur le Barfleur, avec lequel il participe, le 1er juin 1794, au combat d’Ouessant (The Glorious First of June – victoire de Lord Howe). Mais il a la désagréable surprise de voir qu’il est oublié par l’Amirauté dans la distribution de récompenses qui suit cette bataille.

Il commande ensuite l’Hector, puis, à partir de 1795, l’Excellent, en Méditerranée (amiral Keith) où, de nouveau, il croise la route de Nelson.

L'amiral Horatio Nelson
L’amiral Horatio Nelson

Il participe au blocus de Toulon, puis à la bataille du Cap-Saint-Vincent, le 14 février 1797. Il y joue un rôle tout aussi important que celui de son ami, amenant deux vaisseaux espagnols, le El Salvador del Mondo et le Santissima Trinidad, à se rendre, manquant de peu de capturer ce dernier, quatre ponts vaisseau amiral espagnol, venant même au secours de Nelson alors que celui-ci vient de subir les bordées de quatre vaisseaux espagnols. C’est à l’issue de cette bataille que Nelson remercie son ami du célèbre « Dear Collingwood, a friend in need, is a friend indeed !« .

Continuant de commander l’Excellent, au large de Cadix, il n’a pas l’occasion de participer à une quelconque action, jusqu’en janvier 1799, date à laquelle son navire est désarmé.

Le 14 février suivant, il est nommé contre-amiral (escadre bleue), et le 12 mai il fait hisser son pavillon sur le Triumph, rejoignant la flotte de Lord Keith en Méditerranée.

En juin 1800, Collingwood passe sur le Barfleur, participant au blocus de Brest, l’année suivante il est nommé contre-amiral (escadre rouge). Lorsque la paix d’Amiens est signée, il retourne dans sa famille, à Morpeth.

La guerre reprenant avec la France, il reçoit un commandement au sein de l’escadre de l’amiral Cornwallis et participe activement au blocage des ports français. Nommé le 23 avril 1804 vice-amiral (escadre bleue), il continue à bloquer le port de Brest.

En mai 1805, il est envoyé renforcer la flotte anglaise, sous Nelson, chargée du blocus du Ferrol et de Cadix.

Le 28 septembre 1805, après une période de congé en Angleterre, l’amiral Nelson reprend le commandement de la flotte anglaise. Le 21 octobre 1805, c’est la bataille de Trafalgar, durant laquelle Collingwood, à bord du Royal Sovereign, joue un rôle déterminant.

Après la mort, durant les combats, de l’amiral Nelson, Collingwood prend le commandement de la flotte anglaise victorieuse, qu’il ramène en Angleterre.

Le 9 novembre, il est nommé vice-amiral (escadre rouge), et fait par le roi, baron Collingwood, de Caldburn et Hethpool.

Après avoir été nommé commandant en chef de toutes les forces navales en Méditerranée, il est, en juillet 1807, aux Dardanelles. Malgré une santé qui se dégrade, Collingwood continue de commander la flotte de la Méditerranée.

18 mois durant, il reste au large des côtes espagnoles, puis se rend de nouveau aux Dardanelles. En 1807 et 1808 il est en Sicile, mais n’engage pas le combat contre la flotte du vice-amiral Ganteaume.

Il participe ensuite au déblocage de Corfou, revenant deux mois plus tard au large de Toulon. Il a plus de chance, en 1809, lorsque son action entraîne l’échec de tentative de ravitaillement de Barcelone.

La santé de Collingwood s’est entre temps terriblement dégradé. Il meurt à bord du Ville de Paris, le 7 mars 1810, au large de Minorque, alors qu’il se rendait en Angleterre pour s’y reposer définitivement.

Son corps est ramené en Angleterre, pour être enterré dans la cathédrale Saint-Paul, à côté de son ami Nelson.

 

LIEUX DE MÉMOIRE

  • À Newcastle upon Tyne, ville natale de Collingwood, dans la cathédrale Saint-Nicholas, se trouve le monument élevé à sa mémoire, en 1819, et œuvre du sculpteur John Charles Félix Bossi.

    Dans la ville, une colonne de pierre et une plaque marque l’emplacement où se trouvait la Royal Grammar School.
  • À Londres, la cathédrale Saint-Paul renferme, dans le transept sud, le monument à Collingwood. Son tombeau est dans la crypte.

St Paul's Cathedral;Monument to Lord Collingwood by Wren, Christopher at The Courtauld Institute

 

  • À Greenwich, au Painted Hall, ancien réfectoire de l’hospice d’invalides de la marine (King William Street), on peut voir au sol l’emplacement où fut déposé le cercueil de Collingwood, en 1810, avant son transfert à Londres
  • À Tynemouth, une colonne a été érigée en 1845, surmontée d’une statue de l’amiral, entouré de quatre canons provenant du Royal Sovereign
  • À Morpeth (Northumberland – 14 km au nord de Newcastle) se trouve la maison familiale de Collingwood, dans la plus vieille rue de la ville, Oldgate.