Charles-Tristan, comte de Montholon (1783-1853)

 

Le général de Montholon
Le général de Montholon

Le comte de Montholon nait à Paris le 21 juillet 1783, au sein d’une famille noble : son père, le marquis de Montholon, était mestre de camp de cavalerie, colonel du Penthièvre-Dragons, premier veneur de Monsieur, qui destine son fils à la carrière des armes. Ce dernier a cinq ans lorsque son père décède. Il sera adopté, en 1790, par le second mari de sa mère, Louis Huguet de Sémonville.

Lorsque la révolution éclate, il est encore trop jeune pour entrer dans l’armée, mais il est em­barqué sur la frégate la Junon, sous les ordres de Truggiet, plus tard amiral. Il fait ainsi l’expédition contre la Sardaigne, et reste dans l’armée de mer jusqu’en 1797, époque à laquelle on lui fait abandonner la marine pour entrer, comme adjoint du génie, dans les troupes au sol. En 1799, il est nommé adjoint du génie par Championnet.

Grâce à sa bravoure, Montholon se fait bientôt remar­quer et il ne tarde pas à être élevé au grade de lieutenant et nommé aide de camp du général Augereau, en ventôse An 8 (1800). Il fait alors les campagnes d’Italie et celles de Hollande.

Au moment du 18 brumaire (1799), il est à Paris. Plein d’admiration pour le vain­queur de Rivoli, de Castiglione et des Pyra­mides, il se dévoue avec la plus complète abnégation au général Bonaparte, son héros. Celui-ci lui délivre un sabre d’honneur pour sa bravoure à Hohenlinden, et ne le perd dès lors plus de vue.

Pendant la campagne de 1800, Montholon est successivement aide de camp des généraux Klein et Macdonald (qui est devenu son beau-frère) en 1802. Il est employé à l’armée des côtes de l’Océan.

Placé le 17 décembre 1803 auprès du major général Berthier, il fait avec la plus grande distinction les guerres d’Allemagne, de Prusse et de Pologne, en 1805, 1806 et 1807. Le 14 mars 1806, il reçoit la croix de la Légion d’honneur. A Iéna, il avait été mis à l’ordre du jour pour la bravoure avec laquelle il avait chargé les carrés prussiens, à la tête de la brigade de cavalerie Colbert. Il est d’ailleurs grièvement blessé dans cette affaire.

Le 9 janvier 1807, Montholon obtient l’épaulette de chef d’escadron, et, guéri de sa blessure, rejoint le 15e régiment de chasseurs à cheval. Le 6 septembre de la même année, il reprend auprès du prince de Neuchâtel ses fonctions d’aide de camp, et à la sanglante journée d’Heidelberg, il rend de grands services en concourant à dé­gager quelques bataillons compromis fortement de la division du générai Savary, que la cavalerie russe était parvenue à rompre.

Après la paix de Tilsit, Montholon est envoyé à l’armée d’Espa­gne. Il se distingue dans Madrid (il commande à ce moment les Marins de la Garde), au combat du 2 mai 1808, contribuant même puissamment à la prise de l’arsenal, dernier refuge des habi­tants insurgés de la capitale.

Il quitte l’Espagne en 1809, lors de la levée de boucliers de l’Autri­che, et fait toute la campagne d’Allemagne. A la bataille d’Eckmühl, le 22 avril 1809, il conduit une belle charge à la tête de la cavalerie wurtembergeoise. L’empereur le nomme adjudant-com­mandant, et un peu plus tard, le 13 mai, baron de l’empire. Après Wagram, son titre de baron est changé pour celui de comte, avec une dota­tion et la clef de chambellan. Napoléon, qui aime et apprécie le caractère, la bravoure et l’esprit de Montholon, le nomme son ministre plénipotentiaire près du grand-duc de Wurtzbourg (oncle de l’impératrice Marie-Louise), le 20 janvier 1812, à l’époque où déjà la France, d’une part, la Russie, de l’autre, se préparent à la lutte.

Montholon, dans cette posi­tion nouvelle, est fort utile au gouvernement français en donnant l’éveil sur la coalition qui se forme contre lui. Le 10 décembre 1812, après les désastres de la retraite, il est placé en dispo­nibilité (une sorte de disgrâce, suite à son mariage avec Albine de Vassal, sans autorisation de l’empereur), puis le 4 décembre 1813 mis à la dispo­sition du général Decaen. Il fait ensuite la cam­pagne de France, et reçoit, le 2 mars 1814, en même temps que sa nomination au grade de général de brigade, le commandement du département de la Loire. Abandonné par Augereau, il tient en échec, du 25 mars au 17 avril, la division autrichienne Hoardeck, et ne quitte sa position qu’en acquérant la certitude que Napoléon a abdiqué. Remettant son commandement au colonel Genty, du 8e de ligne, il se rend immédiatement auprès de l’empereur à Fontainebleau pour lui faire des offres de service et protester de son dévouement.  Mais après le départ de Napoléon pour l’île d’Elbe, et sous la pression de sa famille, il rejoint Louis XVIII.

La Restauration, appréciant Montholon, le nomme chevalier de St-Louis le 8 juillet 1814, 1er veneur du comte d’Artois, maréchal de camp le 23 août de la même année; mais au retour de l’ile d’Elbe, Montholon, malgré les faveurs dont il a été l’objet de la part des Bourbons, quitte tout pour voler au-devant de l’empereur, qu’il rejoint à Fontainebleau. Il reçoit le commandement d’une partie des troupes qui venaient de rejoindre Napoléon. Le prince d’Eckmühl l’ayant désigné le 5 juin 1815 pour faire la cam­pagne du Nord comme aide de camp de l’empe­reur, il ne quitte plus Napoléon, à qui il fermera les yeux à Ste-Hélène, après avoir combattu à ses côtés à Waterloo, après avoir fait sur le Northumberland la traversée, et après avoir vécu une partie de sa vie sur l’aride roche de Ste-Hélène.

Montholon sera récompensé de son pieux sacrifice par la marque de confiance que lui donna l’em­pereur en le nommant l’un de ses exécuteurs testamentaires. Deux millions furent le prix qu’il reçut, en même temps, du dévouement qu’il avait toujours montré à l’illustre captif. (« Je lègue au comte de Montholon deux mil­lions de francs comme une preuve de ma satisfaction des soins filials (sic) qu’il m’a donnés depuis six ans. »)

Montholon quitte l’île Ste-Hélène le 13 mai 1821. Débarqué en France le 18 août 1822, il voyage par toute l’Europe, faisant tous ses efforts pour assurer l’exécution de la mission dont il a été chargé. Il avait été rayé, le 17 juillet 1815, des contrôles de l’armée. Il ne sera ré­tabli sur les cadres que le 11 mars 1831. Le 13 août 1839 on le met au cadre de réserve; cependant il obtient, le 16 septembre, d’être replacé dans la 1e section du cadre (activité). En 1828, il s’était officiellement séparé de son épouse Albine. En 1829, suite à une banqueroute, il est condamné à la prison, mais il s’enfuit en Suisse, où il conspire avec le futur Napoléon III. Il retrouve ce dernier en Angleterre à l’époque de la Monarchie de Juillet.

Montholon, écarté de la mission du Retour des Cendres, mais dévoué plus que personne à la fa­mille Bonaparte, sera un des compagnons du prince Louis dans l’affaire de Boulogne. A la suite de cette aventure, il est condamné, par la chambre des pairs, à vingt ans de déten­tion et à la perte de ses titres, grades et décora­tions. Il partage la captivité du neveu de l’em­pereur à Ham, et y reste jusqu’en juillet 1846 (année de l’évasion du futur empereur), époque à laquelle le gouvernement de Louis-Philippe lui fait remise du reste de son temps de détention.

En 1848 (année de la mort d’Albine), il fait partie du comité national de soutien à Louis-Napoléon Bonaparte pour l’élection présidentielle. L’année suivante, il se fait élire à l’Assemblée législative dans le département de  la Charente-Inférieure. La même année, il épouse Caroline O’Hara, dont il avait eu un enfant en 1843 et, le 13 mai 1850, il est mis à la retraite par le gouvernement du président de la république en qualité d’officier général, puis re­placé sur le cadre de réserve. Il ne jouera aucun rôle dans le coup d’État portant Napoléon III au pouvoir.

Le Comte de Montholon meurt à Paris le 23 août 1853 et est enterré à Bouray-sur-Juigne dans la partie réservée aux châtelains de Frémigny dans le vieux cimetière derrière l’église. Propriété privée, cet enclos est à l’abandon et ne se visite pas. Une procédure de constat d’abandon était en cours en 2010.

CAVEAU (DETAIL) Adresse : Place de l'Église, Bouray-sur-Juine, France
CAVEAU (DETAIL)
Adresse : Place de l’Église, Bouray-sur-Juine, France

Le 4 février 1967, le cercueil du général fut exhumé et les restes ré-inhumés dans le caveau de la chapelle de la famille Montholon-Sémonville, en présence des autorités municipales et de Monsieur et madame Malherbe, ses descendants. Une plaque d’argent porte sobrement:

Monsieur le Général,
Comte de Montholon-Sémonville
Né à Paris le 21 juillet 1783
Mort à Paris le 23 août 1853