Jean-François Curée – Comte de la Bédissière (1756-1835)

Jean-François Curée naît le 21 décembre 1756, à Saint-André, tout près de Lodève. Très tôt orphelin, il est élevé par un oncle, qui travaille dans le négoce.. Il fait des études de droit. Avocat à Saint-André de Sangonis, il ne peut cependant vivre de cette activité, et il retourne dans le négoce de son oncle.

Lorsque la Révolution arrive, il en épouse aussitôt tous les principes. Il est nommé, dès 1790, membre de la nouvelle administration départementale de l’Hérault.

En 1791, il est élu député de ce département à l’Assemblée Législative, où il votera toujours avec la majorité (on le voit alors dans la mouvance de Robespierre)

Il est de nouveau élu, en 1792, mais cette fois à la Convention. Noyé dans le Maris, sa seule apparition à la tribune se place au moment du procès de Louis XVI. Il s’oppose à la mort du roi, se déclarant en faveur de la réclusion en temps de guerre, au bannissement lorsque la paix serait revenue, ainsi qu’au sursis de l’exécution. Au moment du renouvellement de cette assemblée, il n’est pas réélu, et il retourne alors à Pezenas, à la fin de 1795.

Il proteste, le 7 janvier 1797, auprès du Conseil des Cinq-Cents, contre la loi qui l’avait contraint à s’exiler de Paris. Ayant obtenu  gain de cause, il est élu membre du Conseil (il représente l’Hérault), le 13 avril 1798

 

L’affaire de Radstadt

Au moment de l’affaire de l’assassinat des plénipotentiaires français à Rastatt, Curée présente l’éloge funèbre du ministre Bonnier, dont il réclame le maintien (et celui de Roberjot) sur la liste des représentants du peuple. Il fait également décréter, le 12 thermidor an VII, que la place de Roberjot, au Corps législatif, serait occupée par un mannequin recouvert d’un crêpe, et que, lors des appels nominaux, le Président, à l’appel de son nom, déclarerait ” Que le sang des plénipotentiaires français retombe sur la maison d’Autriche !”

Après le 18 Brumaire (son action semble avoir été en faveur du coup d’État), Curée entre, le 26 décembre 1799, au Tribunat. Lors de la séance qui voit l’annonce de la victoire de Marengo, il prend la parole pour faire l’éloge du Premier consul et de Desaix. Il est élu président du Tribunat le 10 juillet 1803, puis secrétaire le 24 novembre 1803.

On connaît son rôle dans l’attribution de la dignité impériale à Napoléon Bonaparte. (Motion Curée)

Napoléon Ier reçoit à Saint-Cloud le Senatus-Consulte qui le proclame empereur des Français. Georges Rouget. RMN
Napoléon Ier reçoit à Saint-Cloud le Senatus-Consulte qui le proclame empereur des Français. Georges Rouget. RMN

Ce dernier saura se montrer reconnaissant. Il est fait commandeur de la Légion d’honneur (il était membre depuis le 26 novembre 1803). Au moment de la suppression du Tribunat, il le nommera membre du Sénat conservateur, le 14 août 1807, et lui confère, le 15 juin 1808, le titre de comte de la Bédissière.

Blason de Curée, comte de la Bédissière
Blason du comte de la Béssière

Retiré de la vie politique et publique, Jean-François Curée meurt à Pézenas, le 6 avril 1835, à l’âge de 79 ans.