Jean-Baptiste Broussier (1766 – 1814) – Le Consulat et le Premier empire

Né le 10 mai 1766, à Ville-sur-Saulx (Meuse), Jean-Baptiste Broussier était destiné, par sa famille, à l’état ecclésiastique, il fait des études ecclésiastiques au séminaire de Toul. Mais, en 1791, il s’enrôle dans le 3e bataillon des volontaires de la Meuse, dont il est élu capitaine la même année (6 septembre). Il fait ses premières armes sous Beurnonville à l’armée du Centre, puis de la Moselle, étant grièvement blessé à Wavren, le 14 décembre 1792.

Le 15 février 1794, il est nommé chef de bataillon, et rejoint, dans la 34e demi-brigade de bataille l’armée de Sambre et Meuse (26 avril 1794) et combat sur le Rhin. Le 20 février 1796 il rejoint le 43e de ligne (division Colaud) et, à la fin de cette année là, est blessé à la tête. Il passe en 1797 à l’armée d’Italie. Il se distingue à la prise de la Steppiza, pénètre un des premiers dans le fort de la Chiusa, près de Tarvisio dont il fait lui-même prisonnier le général autrichien. Bonaparte le nomme, à titre provisoire, chef de brigade à la suite de la 43e brigade de ligne.

Entré à l’état-major de la division Duhesme à l’armée de Rome le 24 octobre 1798, il est au siège de Civita del Tronto le 7 décembre, à la prise de Pescara, puis il s’empare de Bénévent, le 18 janvier 1799. Promu général de brigade, il participe à la conquête de Naples (21-23 janvier).

Il est nommé par Championnet, le 23 janvier 1799, à titre provisoire, général de brigade (grade confirmé par le Directoire le 15 février 1799). Entré à la division Duhesme, il est chargé de la lutte contre les insurgés de la Pouille (prises d’Andria – 20 mars – et de Trani – 2 avril). Inquiété un temps, avec Championnet, par le Directoire, qui l’accusait de concussion, et qui le destitue le 19 mars 1799, il est sauvé par les Journées de Prairial et retrouve, le 30 prairial An VII, son commandement.

Nommé commandant de la place de Valenciennes, le 25 novembre 1799, Broussier passe à l’armée de réserve, le 29 mars 1800. Au sein de la division Loison, il est au fort de Bard, le 25 mai, tient le blocus de Pizzighettone, le 5 juin, au passage de l’Adda, le 12 juin. Le lendemain, il s’empare de Crémone. Après un passage au camp d’Amiens, il rejoint l’armée d’Italie le 12 octobre 1800. Nommé gouverneur de Milan, il reste à ce poste de 1801 à 1803. Cette année là il est nommé, le 22 septembre, commandant d’armes de la place de Paris. Le 7 novembre, il devient chef d’état major de l’Armée du Nord.

Nommé général de division le 1er février 1805, Broussier commande, en février 1806, la division de réserve sous Lefebvre. Il passe à l’Armée d’Italie, remplaçant Sébastiani, en juillet. Puis il est mis à la tête de la 2e division, en mars 1809, sous les ordres du Prince Eugène. Battu à Diagano le 11 avril, il commande la gauche française à Sacile, le 16 avril, où il couvre la retraite. Le 28 avril, il est nommé commandant de la 1e division du coprs de Macdonald, avec laquelle il combat à la Piave (8 mai), Villanova (11 mai), Präwald (16 mai), Tarvisio (18 mai). Le 21 mai il s’empare de Laibach, puis il conduit le blocus de la forteresse de Graz.

Après les évènements de Graz, il participe activement à la bataille de Wagram, dont il est l’un des principaux acteurs (il fait partie, avec ses hommes, de la célèbre “grande colonne”)

Fait grand officier de la Légion d’honneur le 21 juillet, puis comte de l’empire en octobre de la même année, il repart en Italie. Il y commande, en 1810, commande la 2e région militaire du royaume d’Italie, puis la 2e division du corps d’observation d’Italie (20 avril 1811)

Il participe à la campagne de Russie sous le commandement d’Eugène, à la tête de la 14e division d’infanterie du IVe corps. Il combat notamment à Ostrowno (27 juillet), à la Moskova (7 septembre), Majolaroslawetz (24 octobre), Krasnoe (15 novembre). Pendant la campagne de 1813, il commande la 3e division du corps d’observation de Mayence. En novembre il est nommé commandant supérieur de Strasbourg et de Kehl.

En juin 1814, il est nommé à la tête du département de la Meuse.

Nommé chevalier de l’Ordre de Saint-Louis le 29 juillet 1814, Jean-Baptiste Broussier meurt d’apoplexie le 13 décembre 1814, à Bar le Duc, âgé de 48 ans.