Jean Aubry Léonard dit Léonard Huard – Général de brigade (1770–1812)

Portrait du général Huard datant probablement de 1810 et peint à Udine. Ce portrait est photographié vers 1863 à la demande de son neveu Antoine Aristide Huard qui a aussi hérité de son titre de baron de l'Empire. C'est une reproduction de cette photo qui est représentée ici. Elle est réalisée par F. Carlier 23 Place Napoléon à Vannes. Celui-ci est photographe et photosculpteur "représentant du Panthéon de l'ordre impérial de la Légion d'honneur pour le département du Morbihan".
Portrait du général Huard datant probablement de 1810 et peint à Udine. Ce portrait est photographié vers 1863 à la demande de son neveu Antoine Aristide Huard qui a aussi hérité de son titre de baron de l’Empire. C’est une reproduction de cette photo qui est représentée ici. Elle est réalisée par F. Carlier 23 Place Napoléon à Vannes. Celui-ci est photographe et photosculpteur “représentant du Panthéon de l’ordre impérial de la Légion d’honneur pour le département du Morbihan”.

Jean Aubry Léonard est le troisième fils de Thomas Huard, de Thomas Huard, officier de gendarmerie et de Marie Renée Anne Lemonnier des Rochers, tous les deux nés à Villedieu-les-Poêles en Normandie (Manche). Né le 11 janvier 1770 dans cette même ville, il est baptisé le 18 octobre 1771. Son parrain est Guillaume Auber, prêtre et cousin, sa marraine est sa grand-mère maternelle Marie Anne Le Herpeur.1)Jean-Baptiste-Guillaume, né en 1765 à Mortain fera lui aussi une carrière militaire qui se terminera, après qu’il ait notamment participé aux campagnes d’Espagne et de Russie,  à Leipzig, où il décèdera de ses blessures aux deux jambes ayant nécessité une fatale amputation Jean , né le 5 janvier 1767, également à Mortain sera lui négociant, que le Blocus contraindra à la faillite  en 1811. Il finira sa vie comme fonctionnaire, décédant le 12 octobre 1821 à Lorient. Les époux Huard eurent également une fille, Marie-Magdelaine, né à Villedieu-les-Poêles, et qui mourut le 28 avril 1859 à Saint-Servan. En ce qui concerne les prénoms du général Huard, 2 documents présents dans sa succession dont des précisions :

– l’un du banquier Giblain (28/2/1822) disant que les prénoms de Huard “dans les bureaux du domaine” sont Jean Aubry Léonore et non Léonard.

– le modèle des quittances des héritiers du général Huard (28/9/1823) rédigé en principe après vérification des actes de naissance, porte la mention “héritier de Jean Aubry Léonard Huard, baron de Saint-Aubin”.

Quant à l’extrait de l’acte de naissance, figurant dans le dossier du général Huard à Vincennes, il date du 27/10/1795 et ne mentionne que le prénom de Léonard : “Le vendredi 18 octobre 1771 ont été suppléées les cérémonies du baptême à Léonard Huard né le 11 de janvier de l’année 1770 et ondoyé le même jour par permission du sieur curé de ce lieu, fils de Thomas Huard cavalier de maréchaussée et de Anne Renée Le Monnier sa femme, de ce lieu…” (Pour sa mère le prénom Marie manque.)

Tous les documents militaires et familiaux portent le prénom de Léonard, sauf le plus ancien document militaire de son dossier à Vincennes : lors de son élection à la tête du 4e bataillon de volontaires le 9 septembre 1792, il a le nom de Léonore Huard.

Georges Six indique, dans son Dictionnaire : Léonard Huard de Saint-Aubin. Ce “Saint-Aubin”, vient de sa nomination comme baron de l’Empire “baron Saint-Aubin”. De son vivant, Huard n’a jamais utilisé ce nom, ni dans les documents militaires ni dans les documents familiaux. Son neveu Antoine Aristide par contre signait Huard Saint-Aubin ou Baron Huard Saint-Aubin. 

 

Volontaire au 4e bataillon de la Manche le 8 août 1792, il est élu capitaine le 24 août 1792 à ce bataillon puis chef de ce bataillon, c’est-à-dire lieutenant-colonel le 9 septembre 1792. Son élection est obtenue par 392 voix sur 611.

A l’armée de Moselle puis de Rhin-et-Moselle, il est nommé chef de bataillon à la 26e demi-brigade le 28 mars 1794 qui devient la 108e demi-brigade  le 12 mai 1796. Son régiment est affecté à l’armée de Sambre et Meuse puis de Mayence puis du Danube. Il participe aux combats en Allemagne sous les directions de Moreau, Hoche, Jourdan, Masséna.

Après la bataille de Zurich, il est blessé au combat de Muotathal et est fait prisonnier par les Russes le 1er octobre 1799. Libéré, il retrouve l’armée du Rhin dirigée par Moreau, le 29 mars 1800. Nommé provisoirement chef de brigade de la 42e demi-brigade le 18 juillet 1800, il se distingue à la bataille d’Hohenlinden et est confirmé dans son grade le 8 février 1801.

Le maréchal Michel Ney
Le maréchal Michel Ney

Après un passage à l’armée d’Helvétie dirigée par Ney, il est nommé à l’armée de Naples en mai 1803, sous la direction de Gouvion-Saint-Cyr. Il participe à la campagne de 1805 en Vénétie puis à la conquête du royaume de Naples en 1806. Après avoir participé à la bataille de Maida, perdue par Reynier, il se signale en décembre 1806 au siège d’Amantea 2)Amantea grâce à sa position forte fait partie des points de résistance, sous la conduite de Rodolfo Mirabelli. Le général Verdier est chargé de la prise de la ville. Un premier assaut le 27 septembre 1806 est repoussé. Un deuxième assaut avec des renforts dont le 42e régiment de Huard est tenté le 3 décembre. La résistance est acharnée et Verdier est obligé de se replier le 8 décembre. Le 1er janvier 1807, Verdier encercle à nouveau complètement la ville d’Amantea et tente encore un assaut le 15 janvier qui est à nouveau repoussé. Verdier est rappelé à Naples et Peyri est nommé à sa place. Le 6 février 1807 ce dernier lance un nouvel assaut qui est encore un échec. Mais la garnison d’Amantea, à cours de nourriture et de munitions, capitule le soir même. La ville est investie le 7 février. Mirabelli et une partie de ses hommes sont autorisés à fuir en Sicile. en Calabre sous les ordres de Verdier. Il est nommé général de brigade le 1er mars 1807 et est affecté à Salerne puis à Chieti dans la division des Abbruzes. Le 20 mai 1808, il est nommé commandeur de l’ordre des Deux-Siciles.

Le maréchal Macdonald
Le maréchal Macdonald

Le 20 février 1809, il est nommé commandant de la 1e brigade de la 4e division de l’armée d’Italie, sous les ordres de Lamarque. Après la victoire sur la Piave, l’armée d’Italie entre en Autriche. Huard se signale le 18 mai 1809 au combat de Lohitsch près de Laybach (Ljubljana) contre le général autrichien Kalnassy qui perd 600 hommes. Il participe à la charge de la colonne Macdonald à Wagram (1e brigade de la division Lamarque), où il est blessé le 6 juillet 1809. Il est nommé commandant de la Légion d’honneur le 27 juillet 1809 et baron de l’Empire par décret du 15 août 1809 avec une dotation de 4000 Francs sur le Hanovre, à compter du 1er juillet 1809.

Le 20 avril 1812, il est placé à la tête de la 1e brigade de la 13e division du 4e corps de la Grande Armée sous les ordres de Delzons. Durant le combat d’Ostrowno le 26 juillet 1812, sa brigade résiste victorieusement à l’attaque des Russes de Konovnitzyn 3)Peter Petrovich Konovnitzyn (1764 – 1822) , issu d’une famille noble très en vue : son père avait été Gouverneur de Saint-Petrsnourg sous Catherine II. Durant la campagne de Russie il commande la 3e division du 3e corps d’arméee de la 1e armée de l’Ouest, combattant notamment à Ostrovno et Smolensk. A Borodino (Moskowa) il est à la tête de la 3e division du corps de Tuchkov et est envoyé renforcer Bagration., qu’il remplace provisoirement après la mort de celui-ci. Il est également blessé durant cette bataille. Durant la retraite de la Grande Armée, il sera attaché à Kutuzov comme aide-de-camp. (The Russian Officer Corps in the Revolutionary and Napoleonic Wars. Alexander Mikaberidze. Savas Beatie, 2005.).

Mais le 7 septembre 1812, à la bataille de la Moskova, il est tué par un biscaïen.4)A Moscou, le 19 septembre 1812, ses biens sont vendus aux enchères, avec ceux des généraux Plauzonne et Roussel et de ceux du colonel Demay. La sœur, les neveux et nièces du général Huard reçoivent cet héritage en juin 1825. 

Le général n’a pas écrit de mémoire mais il nous a laissé 12 lettres dont 5 écrites durant ses campagnes militaires, qui sont remarquables.

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Divry. Le général Huard Baron de l’Empire (1770 – 1812), Paris, Éditions Historiques Teissèdre, 2002
  • Fierro, A., Palluel-Guillard A., Tulard J. Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire, Paris, Robert Laffont, 1995
  • SIX G. : Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire, tome 1, Paris, G. Saffroy, 1934
  • Tulard J. Napoléon et la noblesse d’Empire, Paris, Tallandier, 2001
  • Service Historique de l’Armée de Terre (Château de Vincennes) : dossier Léonard HUARD (8Yd1116)

(Arnaud Divry)

LIEUX DE MÉMOIRE

  • Villedieu-les-Poêles (50800), sa ville natale, a nommé une rue du nom du général Huard

 

 

A Villedieu les Poêles
A Villedieu les Poêles

 

References   [ + ]

1. Jean-Baptiste-Guillaume, né en 1765 à Mortain fera lui aussi une carrière militaire qui se terminera, après qu’il ait notamment participé aux campagnes d’Espagne et de Russie,  à Leipzig, où il décèdera de ses blessures aux deux jambes ayant nécessité une fatale amputation Jean , né le 5 janvier 1767, également à Mortain sera lui négociant, que le Blocus contraindra à la faillite  en 1811. Il finira sa vie comme fonctionnaire, décédant le 12 octobre 1821 à Lorient. Les époux Huard eurent également une fille, Marie-Magdelaine, né à Villedieu-les-Poêles, et qui mourut le 28 avril 1859 à Saint-Servan. En ce qui concerne les prénoms du général Huard, 2 documents présents dans sa succession dont des précisions :

– l’un du banquier Giblain (28/2/1822) disant que les prénoms de Huard “dans les bureaux du domaine” sont Jean Aubry Léonore et non Léonard.

– le modèle des quittances des héritiers du général Huard (28/9/1823) rédigé en principe après vérification des actes de naissance, porte la mention “héritier de Jean Aubry Léonard Huard, baron de Saint-Aubin”.

Quant à l’extrait de l’acte de naissance, figurant dans le dossier du général Huard à Vincennes, il date du 27/10/1795 et ne mentionne que le prénom de Léonard : “Le vendredi 18 octobre 1771 ont été suppléées les cérémonies du baptême à Léonard Huard né le 11 de janvier de l’année 1770 et ondoyé le même jour par permission du sieur curé de ce lieu, fils de Thomas Huard cavalier de maréchaussée et de Anne Renée Le Monnier sa femme, de ce lieu…” (Pour sa mère le prénom Marie manque.)

Tous les documents militaires et familiaux portent le prénom de Léonard, sauf le plus ancien document militaire de son dossier à Vincennes : lors de son élection à la tête du 4e bataillon de volontaires le 9 septembre 1792, il a le nom de Léonore Huard.

Georges Six indique, dans son Dictionnaire : Léonard Huard de Saint-Aubin. Ce “Saint-Aubin”, vient de sa nomination comme baron de l’Empire “baron Saint-Aubin”. De son vivant, Huard n’a jamais utilisé ce nom, ni dans les documents militaires ni dans les documents familiaux. Son neveu Antoine Aristide par contre signait Huard Saint-Aubin ou Baron Huard Saint-Aubin.

2. Amantea grâce à sa position forte fait partie des points de résistance, sous la conduite de Rodolfo Mirabelli. Le général Verdier est chargé de la prise de la ville. Un premier assaut le 27 septembre 1806 est repoussé. Un deuxième assaut avec des renforts dont le 42e régiment de Huard est tenté le 3 décembre. La résistance est acharnée et Verdier est obligé de se replier le 8 décembre. Le 1er janvier 1807, Verdier encercle à nouveau complètement la ville d’Amantea et tente encore un assaut le 15 janvier qui est à nouveau repoussé. Verdier est rappelé à Naples et Peyri est nommé à sa place. Le 6 février 1807 ce dernier lance un nouvel assaut qui est encore un échec. Mais la garnison d’Amantea, à cours de nourriture et de munitions, capitule le soir même. La ville est investie le 7 février. Mirabelli et une partie de ses hommes sont autorisés à fuir en Sicile.
3. Peter Petrovich Konovnitzyn (1764 – 1822) , issu d’une famille noble très en vue : son père avait été Gouverneur de Saint-Petrsnourg sous Catherine II. Durant la campagne de Russie il commande la 3e division du 3e corps d’arméee de la 1e armée de l’Ouest, combattant notamment à Ostrovno et Smolensk. A Borodino (Moskowa) il est à la tête de la 3e division du corps de Tuchkov et est envoyé renforcer Bagration., qu’il remplace provisoirement après la mort de celui-ci. Il est également blessé durant cette bataille. Durant la retraite de la Grande Armée, il sera attaché à Kutuzov comme aide-de-camp. (The Russian Officer Corps in the Revolutionary and Napoleonic Wars. Alexander Mikaberidze. Savas Beatie, 2005.)
4. A Moscou, le 19 septembre 1812, ses biens sont vendus aux enchères, avec ceux des généraux Plauzonne et Roussel et de ceux du colonel Demay. La sœur, les neveux et nièces du général Huard reçoivent cet héritage en juin 1825.