Ils ont dit

Talleyrand

Pour que cela aille bien, il faut que chacun parte mécontent et ait dû faire des sacrifices. C’est de ces sacrifices partiels que doit naître l’accord de tous, le bien général.

Je serai souple, conciliant, mais ferme. Je ne parlerai que de principes et ne m’en écarterai pas.

Plus que de secrétaires, c’est de casseroles dont j’ai besoin.

S’il faut être espionné, autant choisir soi-même les espions.

L’Autriche est le boulevard de l’Europe et chacun doit être intéressé à ce que la Cour de Vienne prospère.

En fait, si je n’étais pas là, je vous manquerais. Je suis bien le seul qui ne réclame rien.  Respect et reconnaissance, c’est tout ce que je demande pour la France. Je le répète : je ne réclame rien, et vous apporte infiniment beaucoup.

Le Congrès l’a enterré (le prince Ligne) sans s’arrêter de danser.

 

Pozzo di Borgo

Mêmes ses compliments (il s’agit de Talleyrand) sont des prêts qu’il faut rembourser avant que le jour ne finisse.

 

Archiduc Jean.

C’est un pitoyable marchandage de pays et d’hommes ! Nous avons maudit Napoléon et son système, et avec justesse; il a dégradé l’humanité, et ces même princes qui l’ont combattu, marchent sur ses traces.

Rien que des visites et encore des visites. Dîners, feux d’artifice, illuminations : je n’ai absolument rien fait depuis 8 à 10 jours ! Quelle vie !

Comte de la Garde

Jamais, sans aucun doute, des questions importantes et compliquées n’ont été discutées au milieu de tant de festivités. Au cours d’un bal, un royaume est agrandi ou mis en morceaux; au cours d’un dîner des indemnités sont acceptées, une loi sur la chasse esquissée; et  quelques fois un bon mot permet la conclusion d’un traité, que de nombreuses conférences et un échange de lettres n’auraient qu’avec peine mené à bien.

Metternich

Plus personne n’a ici le sens commun, car on n’a jamais réveillé une ville au son du canon, juste pour l’informer qu’un souverain s’en trouve encore à 40 lieues

Comtesse Berndorf

Il y avait de nombreuses fêtes pour les invités; elles coûteraient, dit-on, 500 000 guldens par jour. Le café était tout simplement préparé dans une immense chaudière. D’innombrables cuisiniers étaient à l’œuvre. Par dessus tout, les écuries engloutissaient des sommes incommensurables, car pour chaque prince, petit ou grand, un équipage était prêt. Jamais l’hospitalité n’a été montrée à une telle échelle qu’à cette époque, par l’empereur d’Autriche.

 

Rapport secret de la police impériale

Bonaparte, sur son île d’Elbe, peut bien rire, s’il apprend de Vienne, que le Congrès se comporte comme dans une école juive; que le Congrès est la tour de Babylone, qui ne fut jamais construite, où les uns et les autres ne se comprennent pas, que l’on ne pense pas aux règles de gouvernement, que l’on ne pense pas aux principes, que le Congrès est une farce, où l’on échange des coups.

 

Alexandre I de Russie

Les diplomates décident, et nous, les soldats, nous devons nous faire tirer dessus pour eux !

Si je n’étais pas le tsar de Russie, je ne voudrais pas d’autre place que celle de général en Autriche.

La fête est belle, mais après celle de ce matin (note: un parade militaire) on ne devrait pas en donner d’autres. Le bal est beau. La salle est grande et belle. Mais il y a toujours de la diplomatie là-dedans, et je n’aime pas ce qui est faux

 

Prince de Ligne

Le Congrès ne marche pas, il danse !

 

D’un agent anonyme

La mort du prince de Ligne a fait une profonde impression à Vienne et sera ressentie dans toute l’Europe, où il était connu, considéré et aimé. Il était foncièrement bon, et s’il avait assurément des travers et même des défauts, il avait un charme, une amabilité, une dignité, un esprit que nul ne possédait et ne possédera peut-être à un pareil degré.

 

Frédérique Guillaume de Prusse

Mon Dieu ! Avec tout cet argent on aurait pu mener trois campagnes !

 

L’Aiglon

Cher Grand Papa, vous ne ferez pas de mal à mon papa, n’est-ce pas ?