François Bontemps, baron d’Abaumont (1753-1811)

François Bontemps naît le 1er juin 1753, à Saumur, dans une famille d’artisans. Sa maison natale existe toujours de nos jours, 11 rue Jean-Jaurès, mais elle est en très mauvais état. Les parents de François fabriquent des objets en cuivre et en bronze: chaudrons, bassinoires, des chandeliers…

Les parents destinent l’enfant à la prêtrise. Il fait donc des études au collège de l’Oratoire à Saumur, puis au Séminaire d’Angers. Mais, à 19 ans, il tourne le dos à la robe, pour s’engager dans l’infanterie. 

C’est au régiment du Roi-infanterie qu’il devient soldat. Puis il franchit les échelons : caporal le 21 septembre 1773, sergent le 1er octobre 1774, sergent de chasseurs le 13 août 1778, fourier-écrivain le le 21 mai 1782. Sous les couleurs du Roi, c’est le maximum qu’il peut espérer.

Alors, le 4 mai 1784, il obtient son congé. Il reprend son habit d’ecclésiastique. Lorsque la Révolution éclate, il est confesseur des religieuses fontevristes, dans les environs de Meaux.

Bontemps accueille les idées du début de la Révolution (celles d’avant la Terreur), favorablement. Il demande bientôt à être enrôlé comme aumônier dans un bataillon de volontaires de l’Eure, qu’il rejoint en 1792.

Ça commence mal: à un officier qui lui crie un jour :À bas la calotte ! Bontemps répond « Le prêtre vous pardonne, mais le citoyen demande raison. Le différent se réglera lors d’un duel au cours duquel le soldat tue l’officier…

Est-ce la conséquence ? Bontemps est élu lieutenant par ses hommes, le 1er octobre 1792.

Il sert alors dans l’armée du Nord. En avril 1793, il est nommé lieutenant-colonel, commandant le 11e bataillon des Vosges, puis, le 15 mars 1794, chef de brigade (175e de bataille). De 1794 à 1797, il est à l’armée de Sambre-et-Meuse. Puis il passe à l’armée d’Allemagne (septembre 1797), à celle de Mayence (1798), du Danube (1799).

Partout, François Bontemps est de toutes les batailles et montre à de multiples occasions des coups de force invraisemblables. Ses soldats le surnomment Bayard.

C’est d’ailleurs cette année là (1799) qu’il est nommé général de brigade sur le champ même de la bataille de Stockach, le 26 mars 1799.

Sa carrière se poursuit à Zurich, à l’armée du Rhin.

Le 1er juin il traverse le Rhin, dans la division Lorges, sous les ordres de Moreau. Le 3 mai 1800, à Engen, alors qu’il combat contre les autrichiens de von Kray, il est blessé : un boulet lui abîme la cuisse.

Il est encore, deux jours plus tard, à Mooskirch, pour de nouveau battre les autrichiens. Mais sa blessure est sans doute plus grave qu’il ne le pensait, et, de plus, il tombe malade. Il est alors mis “à la suite” de l’armée le 12 mai. On le retrouve, une courte période de temps (février – 8 avril 1801) dans la division Molitor.

Il est finalement mis en non-activité le 23 septembre 1801.

Il revient au pays la même année. Il achète une maison à Chaintres, puis un hôtel particulier à Saumur, sur l’actuelle place Allain-Targé.

Le 14 juin 1804, François Bontemps est fait commandant de la Légion d’honneur, puis, le 10 novembre de la même année, admis à la retraite.

En août 1808, Napoléon, accompagné de l’Impératrice, fait une courte halte à Saumur. L’empereur donne à son fidèle soldat une tabatière en argent et un titre de baron d’Abaumont que l’intéressé ne portera jamais.

François Bontemps décèdera à Saumur, le 29 octobre 1811. Il fut solennellement inhumé au cimetière de Varrains, où la commune, en souvenir de ses exploits guerriers et de sa générosité pour les pauvres de la commune, fit édifier une pyramide de pierre qui se trouve encore au cimetière. La chronique d’alors raconte que Bontemps avait souhaité, dans ses dernières volontés – recevoir le feu des salves funèbres -. En clair: les soldats, désignés pour la cérémonie funèbre,  ouvrir le feu sur son cercueil, avec des cartouches réelles  !

La tombe de François Bontemps, au cimetière de Varrains (49), près de Saumur,  rénovée en 2009

Robert Ouvrard
(avec mes remerciements à Jean Berthaud et Marie-Noëlle Provost)


Six. Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire, Paris, 1934.
François Bontemps, prêtre et général. Article paru dans le Courier de l’Ouest du 20 novembre 2000.