8 février 1807 – Eylau

De Iéna à Eylau

Une semaine après les défaites d’Iéna et d’Auerstaedt, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume arrive à Kustrin, bien décidé à accepter la paix. Mais les conditions en sont sévères : abandon des territoires prussiens situés sur la rive gauche de l’Elbe (à l’exception de Magdebourg et Attmark), cessation des alliances avec les autres états allemands, et une indemnité de guerre s’élevant à quelques 100 millions de francs. Il a une semaine pour accepter.

Du coté français, en réalité, on se prépare à en finir avec la Prusse. D’Italie, des réserves de cavalerie sont rappelées. On mobilise les renforts. En sous-main, on travaille les polonais de Prusse et de Russie. Quant aux maréchaux, ils continuent de pourchasser les restes de l’armée de Frédéric, au cœur du territoire prussien, s’avançant vers la Vistule. Les garnisons se rendent, les unes après les autres.

Le roi de Prusse est confronté à une situation dramatique, dont va dépendre le sort de son pays. Le 16 novembre, Napoléon, après la chute de Magdeburg et de Lübeck, ne réclame pas moins que l’évacuation totale du territoire prussien jusqu’à la Vistule, l’abandon des places situées sur celle-ci, ainsi que le départ de toutes les troupes russes. Autour de Frédéric, on serait prêt à accepter, mais la reine Louise tient bon. D’ailleurs, le roi ne verrait pas de gaieté de cœur son alliance avec le tsar Alexandre menacée, ainsi que ses troupes engagées dans une guerre contre l’armée russe.

Des Russes qui, pourtant, n’ont pas vraiment l’air d’être pressés de venir lui prêter secours, tout en poussant à la résistance. Le tsar et son entourage, et notamment les chefs de l’armée, qui semblent ne rien avoir retenu de la leçon d’Austerlitz, sont prêts à en découdre. N’ont-ils pas 120.000 hommes prêts à se battre jusqu’au dernier souffle pour la Sainte-Russie ? Parmi eux, le général Bennigsen, assassin de Paul Ier, mais ami personnel d’Alexandre, est lui-même à la tête  de 60.000 hommes.

Quant aux Autrichiens, le souvenir de leur défaite l’année passée, justement, à Austerlitz, les poussent à refuser d’entrer dans une nouvelle coalition, tant ils ont la crainte de voir toutes les troupes de Napoléon leur tomber dessus. S’il faut vraiment se battre, que ce soit le plus tard possible.

Alors, le 22 novembre, c’est le refus de signer une telle paix.

Pourtant la Prusse se trouve dans un état désespérant, peu propice à une nouvelle confrontation avec la France. Cette magnifique armée, il y a peu forte de 150.000 hommes, est réduite à un seul corps d’armée, à Osterode, fort d’au maximum 30.000 soldats, placé sous le commandement du maréchal Kalckreuth. Cette grande armée prussienne a disparue comme un brouillard d’automne au lever du soleil. Il n’en reste plus rien. Et l’on vient de perdre inutilement un mois, alors qu’on aurait pu profiter de ce temps à mobiliser les réserves, organiser les bataillons des dépôts, recruter de nouvelles troupes.

Fin octobre, cependant, les russes ont commencé de passer la frontière. Mais, comme cinq de leurs divisions ont été envoyées contre les turcs (Napoléon a « invité » le sultan Selim III à s’insurger contre les Russes, et ce dernier s’est empresser de déclarer la guerre au tsar) et qu’une sixième est restée à Saint-Pétersbourg et en Finlande, il n’en reste donc que 8 de ce coté. Quatre d’entre elles : la 5e (Tuchkov), la 7e (Doctourov), la 8e (Essen III) et la 14e (Kamenskoi) ont, sous le commandement de Buxhowden, participé à la campagne de 1805, et n’ont pas vraiment réparé leurs cicatrices. Les quatre autres : la 2e (Ostermann-Tolstoi), la 3e (Sacken), la 4e (Galitzen), emmenées par Bennigsen, entre en Prusse le 29 octobre, par Surburg, Olita, Grodno et Jalowka. Elles continuent sur Pultusk où elles font leur jonction avec Kalckreuth le 16 novembre.

Au début de novembre, le tsar avait ordonné à Bennigsen de se placer sur la Vistule, entre Thorn et Varsovie, et, là, d’agir au mieux. Le roi Frédéric approuve les dispositions de Bennigsen, qui doivent permettre une bonne communication avec les troupes prussiennes : Ostermann-Tolstoy est à Plonsk, Sacken à Pultusk, Gallitzen à Prasnycz et Sedmoratzki à Varsovie. De son coté, Buxhowden atteint Byalitosk au milieu de novembre. Il assure la réserve de Bennigsen. Petit incident : Kalckreuth refuse d’être placé sous le commandement de Bennigsen, il est remplacé par le général Lestocq, qui a déplacé ses troupes en direction de la Vistule, vers Thorn.

Carte générale de la campagne
Carte générale de la campagne

L’arrivée des Russes et le refus de la Prusse de faire la paix amène Napoléon à donner l’ordre à Lannes, Davout et Augereau, ainsi qu’à la cavalerie de Murat, de marche sur Varsovie, de manière à y fixer Bennigsen, tandis que le reste de son armée passera la Vistule à Thorn, 200 kilomètres plus au nord, coupant les russes de son allié prussien. Pourtant, ses maréchaux ne présagent rien de bon dans une nouvelle campagne :

"Ce pays ressemble à celui que nous traversions lorsque nous marchâmes d'Égypte en Syrie, sauf qu'ici la boue rend les routes encore plus mauvaises. Il est impossible de rassembler ici une journée de vivres pour un corps d'armée." (Lannes)

Il y a tellement de boue que les chevaux enfoncent jusqu’au ventre :

"Nous traversons un désert qui ne nous fourni aucune ressource. Il faut bivouaquer, et la plupart de nos hommes n'ont pas de capote. Les routes sont épouvantables et la saison est rude." (Augereau )

Et la saison avançant, ces conditions ne vont certainement pas s’améliorer.

Bennigsen a bien vu la rapidité avec laquelle les Français concentrent leurs forces. Craignant d’être tourné, il retire ses troupes de Varsovie et de la Vistule, sur une position plus favorable, le long de l’Ukra et de la Narew. Il donne l’ordre à Lestocq de reculer sur Strasburg.

Quelques jours après, Murat, doté du titre de lieutenant général de l’Empereur (dame ! il est prince !) entre à Varsovie, où il fait acclamer sa tenue « carnavalesque ». Napoléon le rejoint le 18 décembre, après un voyage Posen-Varsovie rocambolesque. Davout occupe la petite ville de Praga, Ney s’empare de Thorn. Bennigsen, réalisant qu’il a reculé un peu précipitamment et espérant tomber sur les français éparpillés sur la Vistule et la Bug, donne l’ordre d’avancer… pour retirer son ordre presque aussitôt. Entre temps, Davout a installé une forte tête de pont à  Pomichove, sur la Narew. Finalement, le 22 décembre, l’ensemble des forces françaises a passé la Vistule, Ney (VI) et Bernadotte (I) sont passés à Thorn, se dirigeant sur Strasburg, précédés de la cavalerie de Bessières. Soult (IV) a franchi la rivière à Plock. Augereau (VII), qui n’a pu réussir à jeter un pont, fait passer ses troupes sur des bateaux à Zacroczyn.

Bessières repousse les Prussiens, qui tentent de se lier aux Russes, le 20 décembre, à Biezun. Bennigsen se trouve ainsi laissé à lui-même, entre l’Ukra et la Narew. Buxhowden est à plus de cent lieues, et les deux commandants russes sont dans l’impossibilité d’agir de concert, comme le voudrait le tsar, lequel, peu confiant dans ses deux généraux, leur a dépêché le général Tolstoi, créant ainsi un triple commandement. Pensant améliorer la situation, Alexandre crée un commandement général des forces alliées, en la personne du maréchal comte Kamenskoi : un homme de plus de soixante-dix ans, qui n’hésite pourtant pas à ordonner la marche en avant !

Napoléon a également pris conscience de la position périlleuse où se trouve Davout, au-delà de la Narew. Il ordonne à Morand de lancer une attaque contre les troupes d’Ostermann, ce qui permet à la division Friant d’occuper tout le plateau de Czarnowo. Pendant ce temps, Augereau et Bessières continuent leur marche vers l’est, tandis que Ney rattrape Lestocq à Soldau, coupant les communications entre les deux alliés.

Kamenskoi perd déjà ses illusions. Nouveau changement à la tête des forces russes : Bennigsen reprend le commandement et ordonne le repli sur Pultusk. La retraite est particulièrement difficile, plus de 50 canons et une grande partie des bagages sont laissés dans la boue. Murat (il est à peine remis de fièvres) s’est lancé dans la poursuite et a détruit une colonne russe à Lopaczyn, s’emparant d’une autre partie de l’artillerie russe.

Napoléon a soigneusement étudié les cartes : sa conclusion est que les russes se sont retirés sur la ligne Ciechanow – Golymin – Pultusk, ayant peut-être 30 à 40.000 hommes à Ciechanow. Il ordonne à ses troupes de se concentrer à cet endroit, dans l’hypothèse d’une bataille décisive. Il envoie donc Soult à Augereau, tandis que Murat et Davout devront remonter du sud vers Golymin, Lannes par Pultusk, pour couper la retraite à vers l’est aux russes. Avec un peu de chance, Bernadotte, venant du nord, les menacera également.

Bennigsen a envoyé la plus grande partie de ses troupes vers Pultusk, alors que le prince Gallitzin, coupé du reste de ses alliés par l’avance française, a du se replier vers Strzegocin, où il a été rejoint par une partie du corps de Doktorov.. Ce dernier a arrêté sa marche en avant, selon les derniers ordres de Kamenskoi, qui étaient de fuir vers la Mère Patrie, où lui-même arrive le 26 décembre. En conséquence, Buxhowden s’est arrêté á Makow.

Le 26 décembre, Bennigsen a environ 37.000 hommes et 50 canons, dans une position défensive, au sud de la ville de Pultusk (carte). Sa gauche s’appuie sur la Narew, sa droite est à Moszyn. Devant lui, sur une faible pente, de petits bois. C’est de ceux-ci qu’émergent, le même jour, les forces de Lannes, environ 20.000 hommes. Celui-ci est résolu à attaquer, d’autant que, d’après Napoléon, il n’a devant lui qu’une « faible force hostile », ce que sa cavalerie lui a confirmé (en fait, les forces de Bennigsen sont dissimulées derrière Moszyn). En raison des conditions atmosphériques défavorables (il a énormément plut), qui rendent les routes presque impraticables, Lannes n’a pas pu amener son artillerie, et son attaque cafouille. Le mouvement d’encerclement lancé par les russes n’est stoppé que par l’arrivée providentielle de la division Gudin, du corps de Davout.

Au même moment, à Golymin (carte), Murat et Augereau se sont heurtés aux troupes du prince Gallitzin et de la division Doktourov. Dépourvus, eux aussi, d’artillerie, ils ont été repoussés. Les divisions de Davout arrivent en même temps que celles de Pahlen, venant de Ciechanow. Les 13.000 russes tiennent tête aux 27.000 français jusqu’à la nuit, avant de se retirer. Soult, peu après, entre dans Ciechanow sans opposition.

Bien que vainqueur, Bennigsen décide de retraiter, contre l’avis de ses conseillers prussiens. Il craint toujours de se voir envelopper par la droite avec la Narew dans son dos, sans être particulièrement confiant dans ce que peut faire Buxhowden.

À ce moment, Napoléon entrevoit un plan d’encerclement de Bennigsen, dont il pense qu’il va chercher refuge au nord, vers Königsberg, pour y faire sa jonction avec Lestocq. Ney et Bernadotte vont donc être chargés de l’intercepter. Ney parvient à repousser les prussiens à Niedenburg. La menace est ainsi écartée.

Mais Bennigsen quant à lui recule sur Ostrolenka, tandis que les prussiens se replient sur Angerburg, après une cruelle défaite face à Ney, à Soldau. Bennigsen continue ensuite, après avoir brûlé les ponts d’Ostrolenka, ce qui lui coupe une possible liaison avec Buxhowden, dont il n’entend pas être le subordonné. A Novowgrod, cependant, le général von Knorring, envoyé pour temporiser entre les deux généraux, négocie une sorte de paix entre les deux leaders rivaux, et leur réunion à Johannisburg, où le tsar, en récompense des victoires de Bennigsen sur Napoléon, le nomme commandant en chef de toute les forces russes. Buxhowden, furieux, reprend la route de la Russie !

Les espoirs de Napoléon de vaincre de façon définitive se sont donc évanouis. Et, bien qu’il n’y ai pas eu d’engagement important, son armée est fatiguée. Sa décision est prise : il prend ses quartiers d’hiver.

Le 1er janvier 1807, rentre à Varsovie, d’où il organise ses quartiers d’hiver.  Bernadotte est le plus au nord, couvrant les sièges de Danzig, Graudenz et Kolberg, s’étendant, vers le sud, de Braunsberg à Hohenstein. Ney est concentré autour de Neidenburg, avec pour mission de contenir toute tentative de Lestocq de se réunir aux russes.  Soult, au sud-est de Ney, est placé autour de Prasznitz. Davout prolonge le dispositif, s’étendant, par-delà la Narew, jusqu’à Ostrolenka. La cavalerie de Lasalle et Milhaud patrouille entre ces différents corps. Augereau et Lannes sont au sud-ouest de Soult et Davout, respectivement autour de Plonsk  et Praga. La Garde a ses quartiers à Varsovie, la plus grande partie de la cavalerie se reposant autour de Thorn. Victor s’est vu confié la formation d’un nouveau corps d’armée (X), qui doit inclure les troupes polonaises, hessoises et badoises. Enfin, Lefebvre met le siège devant Danzig, où s’est réfugié le général Kalreuth, avec ses 18.000 hommes.

Mais Bennigsen a décidé de prendre l’initiative, et de s’attaquer à Ney et Bernadotte, avant que Napoléon n’ai le temps d’intervenir. Il projette ensuite de repousser les français sur la Vistule et de délivrer Danzig. La route de Berlin sera ainsi coupée à la Grande-Armée. Projet défendable, mais qui présuppose l’inaction de l’empereur des français ! Lestocq ayant donné son accord au plan de son collègue russe, les alliés se lancent vers l’ouest, en direction de Ney, alors à Bartenstein, à environ 80 kilomètres au sud de Königsberg.

"Les Russes étaient animés, dans cette campagne par le souvenir de la défaite d'Austerlitz et par la crainte de voir la Pologne leur échapper; aussi l'hiver ne les arrêta point, et ils résolurent de venir attaquer l'Empereur" (Constant)

De nouveau, le général russe concentre ses forces autour d’Ostrolenka. Il traverse peu après l’Alle à Allestein, Gutstadt et Heilsberg. Là, l’avant-garde commandée par Markov tombe sur des éléments de Ney, qui comprend vite la situation et se replie, tout en avertissant Bernadotte et Napoléon. Bernadotte, le 19, est lui aussi aux prises avec les russes, à Mohringen et se replie sur Osterode, où il rejoint Ney.

Napoléon a été informé des évènements, et il en déduit qu’il s’agit là d’une offensive majeure des russes. Il confirme l’ordre de repli sur Osterode et Hohenstein, tandis qu’il se met en marche vers le nord, à la rencontre des alliés. Son plan est de fixer Bennigsen et Lestocq devant les Ie et VIe corps. Bernadotte, au besoin, continuant de reculer vers Thorn, de manière à allonger leur ligne. Ainsi, on sera mieux à même de leur couper la route de Königsberg et de la frontière russe.

Bennigsen continue sa marche vers le sud-ouest, prenant la précaution d’envoyer sa réserve pour protéger sa gauche et couvrir Königsberg. Sa ligne s’étend bientôt d’Osterode à Allenstein, en passant par Preussich-Eylau.. La chance lui sourit : le 27 janvier les messages de Napoléon à Bernadotte, détaillant toutes ses intentions, sont interceptés. Plus question pour lui de continuer son mouvement offensif : il reprend la route de l’est.

Napoléon pense tout d’abord que Bennigsen va concentrer ses troupes à Guttstadt, puis change d’avis, les croyant à Gettkendorf, décidés à passer à l’attaque. Il prépare alors un plan qui doit faire intervenir toutes ses troupes. Toutefois, comme seuls Soult et Murat sont là, il en retarde l’exécution, de manière à laisser le temps d’arriver à Ney. Ney n’apparaîtra pas, et le combat va se réduire à un duel d’artillerie, les russes se repliant à la nuit, une nouvelle fois, sur Jonkendorf.

Le 3 février, Soult, dans sa quête d’un moyen de passer l’Alle, tombe, à Bergfried, sur la 14e division de Kamenskoi et 3 fortes batteries prussiennes. Les canons commandent les abords du pont,  4 bataillons d’infanterie russe sont dans et devant la ville, les hauteurs restant inoccupées. À trois heures de l’après-midi, l’artillerie de Leval entre en action, pendant que son infanterie essaye de passer la rivière en-dessous la ville et d’occuper les hauteurs. Ce n’est qu’à la quatrième tentative, et au prix de pertes importantes, que les russes sont délogés de leur position. La brigade Guyot, continuant sur sa lancée, capture peu après leurs équipages.

"Un combat avec les Russes prend tout le jour, ils battent en retraite" (Guyot )

Mais, une fois encore, Bennigsen s’est échappé, profitant de la nuit, se dirigeant vers Wolfsdorf. Il a sur ses traces Soult et Murat. Il continue sur Landsberg, continuant à échapper à Napoléon

Le 6 février ce sont les combats d’Heilsberg et de Hof, qui permettent à Bennigsen de poursuivre sa retraite.

"L'armée russe se disposait à nous disputer le terrain; elle préluda le 6 février au combat de Hof, devenu célèbre par l'opiniâtreté de l'attaque et de la défense et le choc qui eut lieu entre les avant-gardes respectives (..) Commencé à deux-heures de l'après-midi, le 6 février (sic) 1807, ne cessa qu'à huit heures du soir. (..) J'eus, tant tués que blessés, sept cent trente sous-officiers, caporaux et chasseurs (...) Le lendemain, dès l'aurore, nous nous portâmes vers Eylau." (Pouget )

Bennigsen a atteint le village de Preussich-Eylau (Eylau dans la suite de ce récit).

Cette petite bourgade de 1500 habitants se situe au croisement de la route de Bartenstein à Königsberg, et de celle de Landsberg à Friedland, au centre d’une espèce de cirque dont les hauteurs, situées à l’est, dominent le village, offrant une bonne probabilité de défense. La route de Landsberg passe entre deux lacs, gelés et couverts de neige. (carte de la région d’Eylau)

"Les nombreux lacs parsemant le champ de bataille, couverts de neige, étaient traîtres, car ils offraient des surfaces planes apparemment idéales, mais en fait très dangereuses lorsqu'il s'agissait de déplacer de l'artillerie. Et les marécages apparaissaient encore plus difficiles, même pour l'infanterie." (Davidov )

Napoléon, à ce moment, gagne la conviction qu’une bataille décisive va avoir lieu ici. Il envoie à Ney, qui est à la poursuite de Lestocq, l’ordre de diriger sa marche sur Landsberg, ville vers laquelle se dirige également Davout. Bernadotte devrait s’occuper des prussiens en retraite, mais il a pris du retard sur son ordre de marche (en raison de l’interception des messages, mentionnée plus haut).