Duhesme, Guillaume Philibert (1766-1815)

Né à Mercurey (Saône et Loire) le 7 juillet 1766, Guillaume Philibert Duhesme commande la garde nationale de son canton en 1789, poste qu’il occupe jusqu’en 1791, époque à laquelle il entre, comme capitaine, dans le second bataillon de Saône-et-Loire. Cette même année il équipe à ses frais un bataillon de 200 hommes, dont Dumouriez lui confie le commandement.1)Tradition : De retour de l’île d’Elbe, Napoléon s’arrête à Mercurey le 15 mai 1815. Un vigneron nommé Prieur le reçoit, et lui sert du vin de Mercurey, et Napoléon relate ces mots (inscrits dans les livres de l’empereur). « Napoléon dit : « Que ce mercurey est excellent, sa robe rappelle le ruban de la Légion d’honneur, quant à son bouquet, il est comme l’odeur enivrante de la victoire. ». Fièrement, Prieur répondit : « Sire, j’en ai du bien meilleur encore dans ma cave ». Étonné, Napoléon demanda : « Pourquoi ne l’as tu pas apporté ? » « Ah ! sire, c’est que celui-là, je le réserve pour les grandes occasions !

De 1792 à 1794, il sert à l’armée du Nord. Nommé lieutenant-colonel en premier du 4e bataillon franc du Hainaut, il commande la place de Ruremonde pendant que l’armée traverse la Meuse; après la bataille de Nerwinde, il brûle un pont, sur la Hoo, en présence d’une colonne ennemie. Le 6 juillet 1793, au combat du bois de Villeneuve, les grenadiers français se découragent et abandonnent leurs rangs. Duhesme, bien que blessé de deux coups de feu, parvient à rétablir l’ordre et à obtenir quelques avantages sur l’ennemi.

Ce trait de courage lui vaut provisoirement le grade de général de brigade, décerné par les Représentants du peuple, le 7 octobre 1793, grade qui sera confirmé le 12 avril 1794.

Guéri de ses blessures, il est mis à la tête de l’avant-garde et s’empara de la Capelle et s’y maintient. A la journée de Grandjean, il ramène au combat les troupes qui se replient en désordre, et, malgré la blessure qu’il a reçut, continue de commander la colonne qui protége la retraite.

A Charleroi, à la tête de sa brigade, il débouche d’un bois dans une plaine battue par la mitraille et défendue par une forte ligne de cavalerie ; apercevant quelque hésitation dans les rangs de ses grenadiers, il descend de cheval, saisit le fusil d’un soldat, se met en ligne avec un des pelotons les plus opposés, et, chargeant à la baïonnette, force l’ennemi à battre en retraite.

A l’attaque du pont de Marchiennes, défendu par une nombreuse artillerie, il emploie des espèces de matelas roulants qui permettent aux canonniers de faire avancer leurs pièces, et, malgré le feu de l’ennemi, il détruit leurs retranchements, effectuant ensuite le passage de vive force.

Il est à Fleurus, le 26 juin 1794, où il se distingue.

Passé á l’armée de Sambre et Meuse, avec toute sa division, il est au siège de Maëstricht, repoussant l’ennemi dans cinq sorties ; il est nommé général de division, le 8 novembre 1794.

Il fait un court passage en Vendée sous les ordres de Hoche, puis passe à l’armée du Rhin sous les ordres de Pichegru, se distinguant à Kehl, à Biberach, à Schussenvied. Durant la campagne de 1797, il est à l’armée de Rhin-et-Moselle, sous les ordres de Moreau.

Suspendu une courte période, sur une fausse accusation de lâcheté au combat, il retrouve une division, sous Desaix, en 1797. Il est blessé à la main droite à Diersheim, au moment où, devant ses soldats, il bat la charge sur un tambour avec le pommeau de son épée. En 1798, il apporte au Directoire les drapeaux pris par l’armée du Rhin, le 25 février 1798.

Il est en Italie, de 1798 à 1799, commandant l’aile gauche de Championnet. Il s’empare de Cerrita del Tronto, de Pescara, et contribue largement à la prise de Naples, les 20-22 janvier 1799. Championnet lui confie alors le commandement militaire de la Pouille et des Calabres: il y bat un parti de 12.000 hommes et se rend maître des villes insurgées.

Duhesme est entraîné, en mars, dans la disgrâce de Championnet, mais est réintégré, en juin, et admis dans le corps de Grenier; au printemps de 1800, il passe à l’armée de réserve organisée à Dijon. Le 3 décembre, il commande l’aile gauche de l’armée gallo batave d’Augereau, contribuant aux succès de Burg, d’Éberach, de Bamberg, etc. ; il passe ensuite au commandement de la 19e division (Lyon), en septembre 1801.

En 1805, il commande la 4e division de l’armée d’Italie, est à Caldiero et au passage du Tagliamento, puis est chargé d’occuper l’Istrie à la fin de l’année.

En 1806, il fait partie de l’armée chargée de la conquête du royaume de Naples (3e corps d’armée). Il fait paraître à cette époque un Précis historique de l’infanterie légère, etc., qui sera réimprimé en 1814.

Il quitte, au début de 1808, l’armée de Masséna pour aller prendre, le 27 janvier, le commandement du corps d’observation des Pyrénées Orientales, entrant en Catalogne le 9 février. Nommé gouverneur de Barcelone, le 7 septembre, il quitte le commandement de la Catalogne, à la suite de graves accusations, de la part d’Augereau, d’abus de pouvoir et de malversations  et rentre en Paris, qu’il reçoit l’ordre de quitter dans les 24 heures, le 24 février 1810.

Après cette retraite forcée, il est nommé, en 1813, commandant supérieur à Kehl, puis commandant de la 3e division du 2e corps d’armée de Victor, le 25 décembre.

 En 1814, il commande une division dans le corps d’armée du duc de Bellune, et un décret de Napoléon Ier lui accorde le titre de Comte.

Il est à Brienne, le 29 janvier, à La Rothière, 1er février (sa division est presque entièrement prise), à Montereau, le 18 février.

Le 1er juin, Louis XVIII le nomme inspecteur général d’infanterie, puis chevalier de Saint-Louis.

Duhesme se rallie lors du retour de l’île d’Elbe de Napoléon, qui le nomme Pair de France, et lui donne le commandement de la jeune Garde. Il combat héroïquement le 18 juin 1815, à Plancenoit. Blessé mortellement à la tête, il est fait prisonnier par les Prussiens et transporté dans une maison (actuellement Auberge du Roi d’Espagne) de Genappe où il décède le 20 juin 1815. Il est enterré à Ways.

 

LIEUX DE MÉMOIRE

 

  • Mercurey (Saône et Loire), à 15 km au nord-ouest de Chalon sur Saône. Une plaque commémorative, place de Genappe, rappelle le souvenir du général Philibert-Guillaume Duhesme, né dans la maison familiale de la famille Michel Juillot, ses armes figurant sur la cheminée de la maison.
Plaque commémorative) Photo D. Timmermanns)
Plaque commémorative) Photo D. Timmermanns)
  • A Paris, à l’hôtel de Brienne, 14 rue Saint Dominique, se trouve un tableau de Diensbourg, représentant Duhesme à la bataille de Diersheim.
Duhesme à la bataille de Diersheim
Duhesme à la bataille de Diersheim
  • A Genappe (Belgique), Auberge du roi d’Espagne, une plaque commémorative rappelle la mort de Duhesme.
Auberge du Roi d'Espagne
Auberge du Roi d’Espagne
  • A Plancenoit (Belgique), plaque commémorative sur la façade de l’église Sainte-Catherine, à la mémoire de la Jeune Garde et du général Duhesme.
Église de Genappe
Église de Genappe
  • A Weys (Belgique), à 1 km de Plancenoit, sépulture du général Duhesme, élevée par sa veuve.
Tombe du général Duhesme
Tombe du général Duhesme

   

References   [ + ]

1. Tradition : De retour de l’île d’Elbe, Napoléon s’arrête à Mercurey le 15 mai 1815. Un vigneron nommé Prieur le reçoit, et lui sert du vin de Mercurey, et Napoléon relate ces mots (inscrits dans les livres de l’empereur). « Napoléon dit : « Que ce mercurey est excellent, sa robe rappelle le ruban de la Légion d’honneur, quant à son bouquet, il est comme l’odeur enivrante de la victoire. ». Fièrement, Prieur répondit : « Sire, j’en ai du bien meilleur encore dans ma cave ». Étonné, Napoléon demanda : « Pourquoi ne l’as tu pas apporté ? » « Ah ! sire, c’est que celui-là, je le réserve pour les grandes occasions !