Correspondance de Napoléon – Septembre 1805

Saint-Cloud, 12 septembre 1805

A M. Talleyrand

Monsieur Talleyrand, il faut prévoir le cas où la Prusse n’aurait pas le courage de persister dans sa première opinion. Dans ce cas, je désirerais un projet de traité avec la Prusse, fait sur les anciens errements, par lequel je mettrais à sa disposition le Hanovre pendant la guerre, à condition qu’elle me payerait six millions par an pour me tenir lieu des contributions; et, au moment de la paix, elle tiendra cet électorat à ma disposition, afin qu’il entre en compensation pour les conquêtes que les Anglais pourraient avoir à stipuler.

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1805

A M. Talleyrand

Monsieur Talleyrand, je prendrai à ma solde un corps de 600 hommes du Valais, composé de quatre compagnies de 150 hommes et qui sera commandé par un chef de bataillon. Autorisez mon chargé d’affaires à Sion à conclure sur-le-champ ce traité. Je désire que ce corps se réunisse à Gênes sans délai. Concertez-vous-en avec le ministre de la guerre. Il y a longtemps que cela traîne. Ce corps peut m’être très-utile pour la défense de cette place. Je vous recommande le recrutement des Suisses. Veulent-ils entrer au service français ? Dans ce cas, il faut commencer par se recruter.

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1805

Au maréchal Berthier, ministre de la guerre

Je viens de parcourir l’état que vous m’avez remis de l’armée d’Italie. Je n’y vois point le 13e de ligne, le 3e d’infanterie légère et le 67e, les deux bataillons du train; et dans la récapitulation artillerie et génie, vous ne portez que 900 chevaux. Vous en oubliez 1.400. Le 3e bataillon suisse, qui est à Rochefort et qui doit se rendre à Alexandrie, manque également. Il est désormais nécessaire de comprendre dans l’état de l’armée d’Italie tout ce qui se trouve dans les 27e et 28e divisions militaires, et soit le régiment de dragons qui est à Milan, soit la demi-brigade qui est à Mantoue, soit les différentes compagnies d’artillerie, de sapeurs et de pontonnier, qui sont dans les différentes places d’Italie, à la disposition du général commandant l’armée.

Je remarque que vous ne portez dans l’état de situation de l’armée de Naples que 640 chevaux d’artillerie, il y en a plus de 1.000.

(Lecestre).

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1805

ORDRE

Donnez ordre à la 51e compagnie et à la 7e compagnie du 7e régiment d’artillerie qui sont à Metz et à la 10e compagnie du même régiment qui est à Luxembourg, de se rendre à Strasbourg.

Donnez ordre au dépôt du 5e régiment d’artillerie de se rendre à Metz ; et, aussitôt que les compagnies qui sont à Boulogne seront remplacées, réunissez les compagnies des régiments qui ne sont point destinés à faire partie de la Grande Armée, pour qu’on puisse, dans les circonstances, tirer de ces régiments pour les places du Rhin, destinant spécialement pour cet objet et pour renforcer la Grande Armée les 1er, 5e et 71e régiments d’artillerie de ligne.

Donnez ordre aux 6e et 7e compagnies du régiment d’artillerie de ligne qui sont à Gênes, de se rendre à Mantoue pour y tenir garnison ; à la 1e compagnie du 41e qui était à Livourne et qui a eu ordre de se rendre à Alexandrie, de se rendre également à Mantoue pour y tenir garnison ; à deux autres compagnies du dépôt de ce régiment qui sont à Grenoble, d’en partir pour se rendre à Gênes et à une troisième compagnie pour se rendre à Alexandrie.

(Lecestre)

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1805

Au prince Murat, lieutenant de l’Empereur, à Strasbourg

Je reçois votre dépêche télégraphique; j’attendrai l’arrivée de vos courriers pour prendre un parti. En attendant, faites  armer et faites faire un service sévère à Belfort, Huningue et Neuf-Brisach. Deux régiments de cuirassiers doivent être arrivés à Schelestadt ; vous pourrez en disposer pour garnir ces deux places. La garde nationale, d’ailleurs, fera le service. On prendra toutes les précautions pour que ces places ne soient point surprises. Vous vous tiendrez prêt, avec le 18e, les trois régiments de dragons qui sont à Strasbourg, le ler de hussards arrivant le 28, et quelques pièces d’artillerie, à passer le Rhin, si, après la réception des dépêches de M. Otto, je le juge convenable.

J’imagine que vous envoyez des agents en Allemagne et à Donaueschingen, aux différents débouchés de la forêt Noire, aux environs de Kempten et Stockach. Vous aurez soin de bien faire traiter à Strasbourg tous les Bavarois qui s’y réfugieraient. Instruisez-moi de tous les mouvements de l’ennemi.

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1805

L’empereur au prince Murat

J’attends votre courrier avec des détails sur l’entrée des Autrichiens à Munich. Préparez l’artillerie qu’il faut pour occuper Kehl, si cela est nécessaire. Faites armer Huningue, Belfort, Neuf-Brisach et Schelestadt. Que les canons y soient placés sur les remparts; que les portes ne s’ouvrent plus de nuit, et que les gardes nationales y fassent le service. Envoyez un régiment de cuirassiers à Neuf-Brisach et un autre à Huningue.

 

Paris, 13 septembre 1805

Au général Marmont, commandant en chef le 2e corps de la Grande Armée

L’Empereur me charge de vous donner l’ordre, Général, de vous rendre, sur-le-champ et en poste, à Mayence, où vous devez être arrivé le plus tôt possible. Vous prendrez le commandement de cette place; vous veillerez à ce qu’on arme la place et que l’on tente l’inondation des marais. Vous ordonnerez également qu’on fasse les préparatifs nécessaires pour pouvoir travailler avec la plus grande activité aux ouvrages de Cassel, du moment où l’Empereur aura ordonné le passage du Rhin. Ce qui empêche Sa Majesté de l’effectuer, ainsi qu’elle le désirerait, dans cinq ou six jours, est le défaut de troupes en nombre suffisant. Si, sans fatiguer un ou deux régiments de votre armée, vous pouvez gagner quelques jours de marche sur leur itinéraire, ce serait une chose convenable et utile.

Lorsque vous serez arrivé à Mayence, vous vous mettrez en correspondance avec le maréchal Bernadotte, qui doit arriver du 1 au 5 vendémiaire -(23-27 septembre) à Würzburg, venant de Göttingen.

Instruisez-moi souvent, par des courriers extraordinaires, de ce qui se passera dans cette partie de l’Allemagne. Envoyez des espions, même des officiers, à Nuremberg et dans la Franconie, pour connaître et surveiller les mouvements des Autrichiens sur le Danube. Mettez-vous en correspondance avec l’agent de l’Empereur à Francfort, et recommandez-lui de vous faire connaître, par estafettes, les nouvelles qu’il apprendrait, et de les transmettre également à M. le maréchal Bernadotte, à Würzburg.

En cas d’événements, il n’y a aucun doute que vous ne deviez manœuvrer pour vous joindre au mouvement du maréchal Bernadotte afin de le soutenir.

A Mayence, vous serez dans une position à savoir tout ce qui se passera et à en instruire l’Empereur. Au surplus, vous serez à même de recevoir des ordres avant que votre armée se trouve réunie Mayence.

Je dois vous faire observer que la guerre n’est pas déclarée, mais que les mouvements des Autrichiens ne laissent pas de doute qu’ils sont dans l’intention de ne rien ménager.

Le maréchal Berthier, par ordre de l’Empereur.

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, il parait que les Autrichiens ont passé l’Inn, le 23 fructidor (10 septembre). L’électeur de Bavière s’est retiré sur Würzburg. Cela me paraît assez important pour que je vous expédie un courrier extraordinaire, afin que vous vous teniez sur vos gardes. Faites part de cela au maréchal commandant mon armée en Italie, afin qu’il active ses mouvements et se tienne sur ses gardes, et mette définitivement une garnison à Legnago, dans le château de Vérone, et se tienne à l’abri de toute surprise.

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1805 (date présumée)

NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE.

QUEL A ÉTÉ MON BUT DANS LA CRÉATION DE LA FLOTTILLE DE BOULOGNE.

ARTICLE 1er. – Je voulais réunir 40 ou 50 vaisseaux de guerre dans le port de la Martinique, par des opérations combinées de Toulon, de Cadix, du Ferrol et de Brest; les faire revenir tout d’un coup sur Boulogne; me trouver pendant quinze jours maître de la mer; avoir 150,000 hommes et 10,000 chevaux campés sur cette côte, 3 on 4,000 bâtiments de flottille, et aussitôt le signal de l’arrivée de mon escadre, débarquer en Angleterre, m’emparer de Londres et de la Tamise. Ce projet a manqué de réussir. Si l’amiral Villeneuve, au lieu d’entrer au Ferrol, se fût contenté de rallier l’escadre espagnole, et eût fait voile sur Brest pour s’y réunir avec l’amiral Ganteaume, mon armée débarquait, et c’en était fait de l’Angleterre.

ART. 2. – Pour faire réussir ce projet, il fallait réunir 150,000 hommes à Boulogne, y avoir 4,000 bâtiments de flottille, un immense matériel; embarquer tout cela, et pourtant empêcher l’ennemi de se douter de mon projet : cela paraissait impossible. Si j’y ai réussi, c’est en faisant l’inverse de ce qu’il semblait qu’il fallait faire. Si 50 vaisseaux de ligne devaient venir protéger le passage de l’armée en Angleterre, il n’y avait besoin d’avoir à Boulogne que des bâtiments de transport; et ce luxe de prames, de chaloupes canonnières, de bateaux plats, de péniches, etc., tous bâtiments armés, était parfaitement inutile. Si j’eusse ainsi réuni 4,000 bâtiments de transport, nul doute que l’ennemi eût vu que j’attendais la présence de mon escadre pour tenter le passage. Mais, en construisant des prames et des bateaux canonniers, en armant tous ces bâtiments, c’étaient des canons opposés à des canons, des bâtiments de guerre opposés à des bâtiments de guerre, et l’ennemi a été dupe. Il a cru que je me proposais de passer de vive force, par la seule force militaire de la flottille. L’idée de mon véritable projet ne lui est point venue; et lorsque, les mouvements de mes escadres ayant manqué, il s’est aperçu du danger qu’il avait couru, l’effroi a été dans les conseils de Londres, et tous les gens sensés ont avoué que jamais l’Angleterre n’avait été si près de sa perte.

QUE CONVIENT-IL DE FAIRE AUJOURD’HUI DE LA FLOTTILLE DE BOULOGNE ?

ART. 3. – Le projet a été démasqué : l’ennemi voit que le plan était d’arriver sous la protection de mes escadres. Les travaux, faits à Boulogne et aux ports de Wimereux et d’Ambleteuse, qui lui sont parfaitement connus, lui ont prouvé d’ailleurs que la flottille ne pouvait appareiller dans une seule marée, et qu’elle ne saurait passer un coup de vent dans la rade de Boulogne. Dès lors l’Angleterre n’a plus la crainte que la flottille veuille passer par ses propres forces puisque les combinaisons de l’amiral Villeneuve ont prouvé que j’ attendais son arrivée pour passer, et que la connaissance de la côte a montré l’impossibilité de faire sortir la flottille dans une seul marée. Aussi , depuis ce temps, les mêmes hommes qui avaient déclaré qu’on ne pouvait empêcher la flottille de débarquer disent maintenant que rien ne peut empêcher l’arrivée de 100 ou 150 bâtiments, ce qui fait une expédition de 15 ou 16,000 hommes, mais qu’il n’est pas probable qu’une expédition plus considérable pût trouver des chances de réussir.

ART. 4. – Dans cette situation de choses, la rade de Boulogne n’étant point propre à instruire mes matelots, et la flottille ne pouvant plus donner à l’Angleterre l’inquiétude de lui voir faire le passage de vive force, il faut reprendre le projet qui a été manqué, avec sur les hauteurs de Boulogne une armée de 60 à 80,000 hommes, avoir 500 bâtiments pouvant porter 40 à 50,000 hommes et plusieurs milliers de chevaux; n’avoir qu’une partie des matelots nécessaires pour l’armement de ces bâtiments, et, au moment où, nos escadres commenceraient leurs mouvements, faire une levée de pêcheurs et de matelots sur les côtes; rétablir la ligne d’embossage, embarquer l’artillerie et le matériel, faire enfin toutes les démonstrations nécessaires pour faire voir qu’on n’attend que la présence d’une escadre pour passer.

AVANTAGES DE CE PLAN

ART. 5. Les avantages de ce plan sont immenses. D’abord, j’aurai toujours le prétexte d’avoir 80 ou 100,000 hommes campés dans une position saine, facile à approvisionner, et d’où ils peuvent se porter promptement en Allemagne; et une aussi grande quantité de troupes qui sera en vue de la côte d’Angleterre,, avec un nombre de bâtiments qui permettra d’opérer la descente, si je suis quelques jours maître de la mer, aura une double influence en Angleterre : 1° elle l’obligera à tenir des troupes pour se garder et se précautionner contre la descente qui est devenue possible; 2° elle l’obligera à tenir en réserve, dans les Dunes ou dans la Tamise, une portion de ses escadres pour ce cas inattendu.

ART. 6. – Si ma flotte de l’Escaut, de Toulon ou de Brest, débarquait 30,000 hommes en Irlande, quelle crainte n’aurait pas l’Angleterre qu’après les avoir débarqués elle ne continuât son mouvement, se réunît sur un point donné avec mes autres escadres, et revînt sur Boulogne pour jeter une expédition sur les côtes d’Angleterre ! Si mes escadres portaient la guerre aux Grandes Indes ou aux Indes occidentales, les Anglais auraient également la crainte que, s’ils se dégarnissaient de leurs flottes, elles ne revinssent sur Boulogne, et que, se trouvant à leur arrivée maîtresses de la mer, comme nous l’avons été après le combat d’Ouessant, elles ne couvrissent le passage d’une expédition dont tous les préparatifs étaient aperçus d’Angleterre.

QUE COÛTERONT CES AVANTAGES ?

ART. 7. – Les principaux frais de cette grande diversion consistent dans l’entretien de l’armée de terre dans ses camps; mais on a déjà dit les avantages attachés à cette présence des troupes sur ce point, sous le point de vue continental; et dans l’obligation de garder une grande quantité de troupes pour le maintien de ma considération, il est indifférent de les entretenir à Boulogne ou ailleurs. Les 500 bâtiments, nous les avons; il suffira d’avoir des équipages pour un quart de ces bâtiments, et l’entretien de ces équipages sera donc tout ce qu’il en coûtera à la France pour avoir ce moyen d’inquiéter et d’attaquer son ennemi.

ART. 8. – Supposons une armée de 40 vaisseaux de ligne arrivant devant Boulogne, et y trouvant une armée de 100,000 hommes avec 10,000 chevaux : que pourra-t-elle faire ? Combien de temps ne lui faudra-t-il pas pour transporter en Angleterre les hommes, les chevaux et le matériel : il lui faudra plus de dix voyages. Supposons à présent 40 vaisseaux de ligne arrivant devant Boulogne, et y trouvant 500 bâtiments, prames, péniches, chaloupes canonnières, etc., armés ou sans canons, tous les objets d’artillerie, les hommes et les chevaux embarqués, prenant à son bord une partie des hommes que la flottille ne peut porter; voilà, dans peu de jours , toute l’expédition débarquée en Angleterre. Cela obligera donc l’Angleterre à avoir une armée de terre, et à tenir en réserve une armée de mer. De tous les moyens qu’on peut proposer pour nuire à l’ennemi dans cette lutte, on n’en peut imaginer un moins dispendieux pour la France et plus désastreux pour l’Angleterre.

ART. 9. – Ayant ainsi fait connaître au ministre de la marine le rôle que je veux faire jouer à la flottille de Boulogne, je désire qu’il me propose les modifications nécessaires pour qu’elle atteigne mon but en me coûtant le moins possible.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1805

Instructions au vice-amiral Villeneuve

Monsieur le Vice-Amiral Villeneuve, ayant résolu d’opérer une diversion puissante en dirigeant dans la Méditerranée nos forces navales réunies au port de Cadix, combinées avec celles de Sa Majesté Catholique, nous vous faisons savoir que notre intention est que, aussitôt les présentes reçues, vous saisissiez la première occasion favorable pour faire appareiller l’armée combinée, et vous porter dans cette mer.

Vous pourvoirez à ce que chaque bâtiment sous vos ordres soit pourvu d’au moins deux mois et demi de vivres, et plus, s’il est possible, soit par les approvisionnements qui ont dû être faits depuis votre arrivée, soit par une répartition proportionnelle sur tous les bâtiments de l’armée de ce que quelques-uns de nos vaisseaux, ou de ceux de Sa Majesté Catholique en peuvent avoir de surabondants.

Vous vous porterez d’abord vers Carthagène pour y faire rallier l’escadre espagnole qui se trouve dans ce port.

Vous vous dirigerez ensuite sur Naples, et vous débarquerez, sur un point quelconque de la côte, les troupes passagères qui sont à bord, pour rejoindre l’armée aux ordres du général Saint-Cyr.

Si vous trouvez à Naples quelques bâtiments de guerre anglais ou russes, vous vous en emparerez.

L’armée navale sous votre commandement restera dans les parages de Naples tout le temps que vous le jugerez nécessaire pour faire le plus de mal à l’ennemi et intercepter un convoi qu’il a le projet d’envoyer à Malte.

Après cette expédition, l’armée se rendra à Toulon pour se ravitailler et se réparer.

Notre intention est que, partout où vous trouverez l’ennemi en forces inférieures, vous l’attaquiez sans hésiter et ayez avec lui une affaire décisive.

Il ne vous échappera pas que le succès de ces opérations dépend essentiellement de la promptitude de votre départ de Cadix, et nous comptons que vous ne négligerez rien pour l’opérer sans délai; et nous vous recommandons dans cette importante expédition l’audace et la plus grande activité.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, je ne tarderai pas à me rendre à Strasbourg. Il sera essentiel alors que mes courriers passent par le Simplon et le Saint-Gothard. Il faut donc, dès aujourd’hui, prendre des mesures pour organiser des relais par le Simplon; faites-les fournir par les postes de mon royaume d’Italie jusqu’à Brigg, et depuis Brigg faites un marché, soit avec les postes d’Italie, soit avec les Suisses jusqu’à Bâle. Il faudrait avoir des moyens suffisants pour que trois ou quatre courriers puissent passer par jour. Quant au Saint-Gothard, faites préparer des relais jusqu’aux confins du royaume d’Italie. Écrivez au général Vial, mon ministre à Berne, pour qu’il fasse les arrangements pour les points de communication seulement jusqu’à Bâle. Je vous laisse le soin de cette affaire, dont les frais seront supportés, partie par le royaume d’Italie, partie par la France. Faites tout cela en secret et à petit bruit, et rendez-moi compte des dispositions que vous aurez faites; il me suffit que cela soit prêt au 6 vendémiaire. (28 septembre).

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Vous devez me tenir exactement informé de tous les mouvements des régiments autrichiens, avec leurs noms; aussi vous devez faire tenir un travail là-dessus, et m’en envoyer régulièrement le résultat.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, j’ai envoyé de France beaucoup de fusils; plus de 60,000 ont passé cet été le mont Cenis, le mont Genèvre, et ont été déposés à Gênes. J’ai ordonné que 10,000 soient transportés à Mantoue; faites-vous rendre compte de ce qu’il en est passé à Plaisance; activez leur arrivée autant qu’il vous sera possible. Écrivez au général Menou, et veillez à ce qu’aucun fusil ne reste en route sur le Pô, et que, dans un mouvement rétrograde que ferait l’armée, ils ne tombent point dans les mains de l’ennemi ou des paysans. Chargez le général Menou de vous prévenir de leur départ et de la route qu’ils suivront, afin que vous puissiez les faire surveiller par des officiers de gendarmerie italiens, qui vous en rendront compte, et que soyez à même de lever tous les obstacles et de les faire arriver promptement. Il ne doit pas y avoir de plaintes sur l’armement de mon armée, puisque j’ai envoyé une si grande quantité de fusil.

Instruisez par toutes les occasions possibles et fréquemment le cardinal Fesch de la situation des choses. Ayez la même attention pour la princesse de Lucques, et, au moindre événement important, expédiez-lui un courrier.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1805

Au prince Eugène

Mon cousin, dès l’instant que vous aurez pourvu aux places de Mantoue, Peschiera, vous devez vous occuper de la place de Pizzighettone, sous le rapport soit de son armement, de son approvisionnement, soit des travaux de campagne et provisoires à y faire pour la mettre en état de se défendre.

Je désire, lorsque vous en aurez le temps, que vous visitiez la sortie de l’Adda du lac de Como, et que vous fassiez travailler tout doucement à faire rétablir la tête du pont de Lecco.

Vous ne m’avez pas rendu compte que la citadelle de Ferrare ait été démolie ; il serait bien malheureux que, n’étant pas armée, elle tombât au pouvoir de l’ennemi. J’imagine que n’avez pas oublié un objet aussi important.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

NOTE SUR L’ORGANISATION DES GARDES NATIONALES

Organiser les gardes nationales.

Y créer des compagnies de grenadiers et de chasseurs pour former la réserve des gardes nationales.

La première réserve serait composée des compagnies de chasseurs et de grenadiers des départements de l’Ourthe, des Forêts, de la Roër, de la Sarre, de la Meuse- Inférieure, de Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre. Elle serait commandée par le maréchal Lefebvre, qui aurait le commandement général des gardes de ces départements.

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

La seconde réserve serait composée des grenadiers et chasseurs des départements du Haut-Rhin , du Bas-Rhin, des Vosges, de la Meurthe, de la Moselle et de la Meuse. Elle serait sous les ordres du maréchal Kellermann, qui aurait le commandement général de ces six départements.

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

La troisième réserve serait composée des grenadiers et chasseurs des départements du Doubs, du Jura, de la Marne, de la Côte-d’Or et de Saône-et-Loire. Elle serait sous les ordres du sénateur Aboville.

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

La quatrième réserve serait composée des grenadiers et chasseurs du Léman, du Mont-Blanc, de l’lsère, de la Drôme et des Hautes-Alpes. Elle serait sous les ordres du sénateur Dedelay d’Agier.

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

La cinquième réserve serait composée des grenadiers et chasseurs des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse, des Basses-Alpes et des Alpes-Maritimes. Elle serait sous les ordres du sénateur. . . .

Le chef-lieu serait à. . . . . . . ,

La sixième réserve serait composée des grenadiers et chasseurs de la Seine-Inférieure, de la Somme, de l’Aisne, du Pas-de-Calais et du Nord. Elle serait sous les ordres du sénateur Rampon.

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

La septième réserve serait composée des grenadiers et chasseurs des départements de la Belgique. Elle serait sous les ordres du sénateur . . . . . . .

Le chef-lieu serait à . . . . . . .

Les différentes réserves pourraient comprendre au moins six départements chacune.

On déterminerait le nombre des bataillons composant les gardes nationales de chaque département. Chaque bataillon fournirait au moins deux compagnies désignées pour la réserve.

On n’admettrait dans ces compagnies que des officiers ou soldats ayant solde de retraite ou traitement de réforme, et les citoyens les plus aisés faisant partie de ce qu’on appelait la bonne bourgeoisie et en état de se procurer leur uniforme.

La réunion des compagnies de réserve devrait former deux bataillons par département frontière, et un bataillon, par département de seconde ligne, ce qui porterait chaque réserve de 5 à 6,000 hommes.

En cas d’événements imprévus et urgents, les réserves seraient appelées et se rendraient à Mayence, Strasbourg, Besançon, Chambéry, Marseille ou Toulon, Boulogne ou le Havre, Anvers, Ostende.

Les commandants des réserves de gardes nationales seraient autorisés à les convoquer; ils demeureraient au chef-lieu pendant le temps nécessaire; ils feraient des inspections pour le bon établissement des compagnies; ils concourraient en même temps au mesures propres à assurer la conscription et n’auraient pas d’autre service extraordinaire.

Indépendamment de ces dispositions, qui n’auront lieu que dans les circonstances d’événements extraordinaires, la garde nationale d’Anvers, Boulogne, Besançon , Strasbourg, Mayence et de toutes les places fortes de l’extrême frontière du Rhin, sera organisée de manière qu’elle puisse faire le service de place en attendant le secours de l’armée.

Il faudrait porter en même temps un soin particulier à l’organisation de la garde nationale de Rouen, de celle de Lille et des grandes villes du nord afin que, si les Anglais menaçaient Boulogne, on pût tout de suite avoir un corps considérable pour se porter sur ce point et le défendre. Tout ceci a besoin d’être mûri.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

NOTE

Envoyer des projets de sénatus-consultes au Sénat :

l° Pour l’organisation des gardes nationales; M. Regnaud ferait un discours, qui serait imprimé;
2° Pour la réunion de Gênes; M. de Ségur ferait un discours qui serait imprimé.

L’Empereur irait au Sénat le dernier jour complémentaire. Le ministre des relations ferait un rapport de notre situation
actuelle.

Sa Majesté, dans un discours, déclarerait en peu de mots ses principes.

Le Sénat, dans une adresse concise, manifesterait, au nom de la nation, l’intention de soutenir la gloire et les droits du peuple français.

Les mêmes communications seraient faites au Tribunat.

Il n’y aurait pas là de déclaration de guerre. La question ne serait envisagée que sous deux points de vue.

“Deux puissances du continent se sont réunies à l’Angleterre; elles ont fait des armements; elles ont commencé des hostilités contre mes alliés, envahi la Bavière et violé le territoire du Corps germanique. Elles m’ont en même temps déclaré, avec le ton de la menace et de la plus excessive arrogance, qu’il fallait que j’envoyasse des négociateurs, ou qu’elles me feraient la guerre. Elles ne m’ont fait connaître ni sur quelles bases devaient être établies les négociations, ni les moyens qu’elles ont pris pour obliger l’Angleterre à entrer en négociation sur ces bases, ni quelle est la portion de mon territoire et de mes droits qu’elles ont vendue à l’Angleterre pour prix des subsides qu’elles ont reçus.

J’ai contenu mon indignation en envisageant les maux dont tant de peuples allaient être les victimes. J’ai fait une réponse calme et telle qu’il convient à une grande puissance que les menaces ne peuvent irriter, et à qui elles inspirent un sentiment de pitié à l’égard de princes assez faibles et d’assez courte mémoire pour oser prendre des engagements que le moindre coup d’œil sur eux-mêmes et sur le passé leur ferait envisager comme le préliminaire de leur perte.

Que la Bavière soit évacuée; que les négociations soient basées sur les traités de Lunéville et d’Amiens; qu’en montrant de nombreuses armées prêtes à marcher contre la France, on fasse connaître aussi les nombreuses flottes, les moyens puissants réunis contre l’Angleterre pour la forcer à adopter ces bases, et alors, oubliant des menaces qui ne peuvent m’atteindre, je verrai avec plaisir l’adoption, l’interprétation même de ces traités, assurer l’équilibre du continent, la liberté du commerce et des mers.

J’ai dû répondre au vœu du peuple de Gênes et réunir son territoire à mon Empire, parce que, considérant cette réunion sous le seul point de vue des côtes et des matelots, elle entrait dans mon système maritime. Sous ce rapport, peut-on se plaindre d’un trop grand accroissement de puissance lorsqu’il s’agit de combattre une puissance qui a si constamment violé le droit des gens à l’égard de tous les peuples et si outrageusement attenté aux droits des nations à l’égard de l’Espagne ?

Je l’eusse fait, même quand je n’aurais considéré que ce qui se passait sur le continent. Je l’eusse fait pour équivaloir au système de l’Autriche, qui , par le droit d’épave et par celui d’incamération a changé l’équilibre de l’Empire; qui, en Souabe, a acquis un étendue considérable de territoire et de bons soldats; qui, enfin s’est procuré la place de Lindau, acquisition de la plus grande importance sous le rapport militaire.

Je l’eusse fait également pour équivaloir à l’accroissement d puissance que la Russie s’assure chaque jour par les traités exclusifs qu’elle impose à la Porte-Ottomane et par ses acquisitions dans la Morée.

Et ce que j’ai fait je le maintiendrai; et je ne signerai jamais un traité par lequel Gênes cesserait de faire partie du territoire français.

Mais si l’on veut de bonne foi un congrès; si les bases de la négociation sont l’évacuation de Malte et de Corfou, la séparation des couronnes de France et d’Italie, l’intégrité de l’Empire ottoman, la garantie de la Suisse et de la Hollande, et l’adoption de principes équitables sur le droit de blocus et la navigation maritime, je suis prêt à y adhérer. Il faut, avant tout, que l’ambition mal déguisée de l’Autriche soit réprimée; que la Bavière, objet perpétuel de l’ambition de cette puissance, soit aussi garantie, et qu’enfin les princes d’Allemagne jouissent d’une entière indépendance. Non, je n’avouerai jamais un traité qui laisserait l’Autriche empiéter sur le faible et attenter à l’existence ou aux droits d’un allié de la France.

Si, après ces explications, le sort des armes doit en décider, nos ennemis reconnaîtront peut-être que nous n’avons pas dégénéré; que nous sommes encore ce même peuple, ces mêmes soldats qui, par deux fois, furent les maîtres de renverser la Maison d’Autriche de son trône, de détruire sa puissance et d’en disperser les débris. Ils apprendront qu’il n’est point d’événement, point de revers, que moi, mon armée et mon peuple ne puissions supporter, plutôt que de consentir au déshonneur attaché à la faiblesse.”

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

NOTE

Faire une adresse à la nation.

“Français, j’ai passé le Rhin à la tête de mon armée pour rétablir sur son trône un de nos alliés, que l’injustice et l’ambition de la Maison d’Autriche viennent de chasser de ses États. Je marche pour repousser des attaques imminentes, soutenir mes justes droits, et punir un prince qui, deux fois comblé de la générosité française, n’a contenu sa haine que pour nous attaquer avec plus de perfidie.

Cent mille Russes, dit-il, soudoyés par l’or de l’Angleterre, viennent à son aide. Eh bien ! que cent mille Français viennent de plus se ranger sous mes drapeaux. Vivre sans commerce, sans marine, sans colonies, et soumis à l’injuste volonté de nos ennemis, ce n’est pas vivre en Francais.

Si la couronne que j’ai placée sur ma tête m’a été donnée par votre libre volonté; si vous avez alors pris l’engagement de la maintenir telle qu’elle fût digne de vous et de moi; si les sentiments d’amour et de confiance que vous m’avez montrés depuis tant d’années sont sincères, marchez à la voix de votre Empereur; venez au secours de vos enfants. Vous ne me reverrez que triomphant; vous ne me reverrez que quand j’aurai confondu l’orgueil de vos ennemis; que quand ils auront appris que nous sommes encore les mêmes hommes qui enlevèrent si longtemps la victoire à leurs étendards. Moi et mon armée nous ferons notre devoir; c’est à vous de faire le vôtre.

Je laisse peu de troupes dans l’intérieur; soyez vous-mêmes les gardiens de la tranquillité publique, de l’ordre et des lois. Que les 60,000 conscrits que j’ai appelés marchent avec empressement; que, dans toutes les familles, ils en reçoivent l’ordre de leurs pères, et qu’ils y obéissent. Je vous promets la victoire et une prompte paix.”

Lorsque cette proclamation aura été publiée dans Paris, des députations du Sénat, du Tribunat, de la Cour de cassation, de la Cour d’appel, des collèges électoraux et de la Ville, viendront à l’armée présenter des adresses en réponse.

Il en sera de même, dans tous les départements, de la part des collèges ou des conseils généraux.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805 (date présumée)

NOTE

Faire une notification à la diète de Ratisbonne, sur la marché des Russes, les menaces de l’Autriche et l’invasion de la Bavière.

Déclarer que tout peut s’arranger; que je ne puis m’irriter des menaces d’un prince qui, deux fois, n’a trouvé de salut que dans ma générosité; mais que, dans le même temps où l’on proposait des négociations à la France, on la provoquait par toute espèce de menaces; on attaquait un des premiers princes de l’Empire, sans avoir renvoyé son ministre et sans déclaration préalable. Souffrir de tels procédés, ce serait reconnaître, dans l’empereur d’Allemagne, le souverain du Corps germanique, et avouer que les électeurs qui le nomment sont ses sujets; ce serait renverser l’ordre public, et détruire, dans leurs fondements, l’indépendance des princes et les droits des nations et des gens;

Que mon ambassadeur a quitté Vienne, et que je marche avec mon armée, non par amour de la guerre, mais pour rétablir le prince de Bavière sur son trône, et contraindre un agresseur puissant à respecter désormais des voisins moins forts que lui;

Que, si les armées se rencontrent et si la guerre éclate, le sang qui coulera accusera la cour de Vienne, et amènera enfin le jour d’une vengeance éclatante, qui mettra pour jamais l’Allemagne à l’abri de ces violences inouïes et de semblables attentats.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

Au maréchal Berthier

La route que vous avez tracée au général Marmont passe à Simmmern : c’est l’ancienne route. J’en ai fait faire une autre qui passe le long du Rhin, beaucoup plus courte, puisqu’elle abrége de deux journées de marche. Quoique j’imagine que le général Marmont n’a pas besoin d’être prévenu, faites-lui cependant connaître l’avantage de passer par cette nouvelle route, puisqu’au lieu d’arriver à Mayence le cinquième jour complémentaire, il y arrivera le troisième.

Prévenez également le général Marmont que l’électeur de Bavière est arrivé à Würzburg le 25, et que là il réunit toutes ses troupes. Envoyez-lui un de vos officiers pour lui faire connaître qu’il est avec son corps de 20,000 hommes à Mayence, pour marcher sur Würzburg, pour se réunir au maréchal Bernadotte et se joindre à son armée.

Écrivez également à M. Otto, qui est à Würzburg, une lettre dans laquelle vous lui ferez connaître les dispositions que j’ai faites à Würzburg : que le maréchal Bernadotte, avec 20,000 hommes, et Marmont avec 20,000, qui seront augmentés d’un corps de 8,000 hommes du landgrave de Hesse-Darmstadt, formeront ma gauche, et que le gros de l’armée se trouve placé à Strasbourg, le long du Rhin , incontinent.

Dites à M. Otto qu’il est nécessaire de faire faire 300,000 rations de biscuit à Würzburg, et d’approvisionner la citadelle, afin de pouvoir donner aux opérations militaires toute la rapidité convenable; qu’il ne perde pas un moment; que, quant à l’argent, 300,000 rations ne sont qu’un objet de 200,000 francs; que Petiet, qui est à Strasbourg, a ordre de les payer comptant; mais, pour Dieu, qu’il ne perde pas un moment. Écrivez à M. Petiet que j’ai ordonné qu’on fit 300,000 rations de biscuit à Würzburg; que M. Otto, qui est près de l’Électeur, en est instruit; que, sans perdre un moment, il expédie l’ordre à un commissaire des guerres de Marmont de se rendre à Würzburg pour cet objet. Il sera muni des sommes nécessaires; qu’il le munisse, pour les premières dépenses, d’une somme de 50,000 francs. Il est très-nécessaire de ne pas perdre un moment pour avoir du biscuit. Je désire, par le retour du courrier, être instruit si j’aurai mes 600,000 rations à Strasbourg, et il faudrait en augmenter le nombre, s’il était possible.

Je désire, par le retour du courrier, savoir du général Songis la situation de toute mon artillerie.

Je désire aussi qu’il me fasse connaître combien il faut qu’il soit prévenu d’avance pour jeter trois ponts : un du côté de Spire, l’autre du côté de Phalsbourg, et l’autre sur le haut Rhin.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

Au général Bertrand

Je reçois votre dépêche. Reconnaissez, en grand détail, le château de Würzburg. Ne manquez pas de communiquer au général Marmont et au maréchal Bernadotte tout ce que vous apprendriez des mouvements de l’ennemi sur les deux rives du Danube. Parlez surtout pour que l’on confectionne le biscuit. Faites connaissance d’un ou deux ingénieurs bavarois qui connaissent bien le terrain. Soyez rendu à Strasbourg pour le 4 ou 5 vendémiaire.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

Au vice-amiral Decrès

Monsieur Decrès, je vous renvoie vos dépêches; il parait par leur contenu que, depuis quinze jours, la jonction avec l’escadre de Carthagène n’est pas faite; que l’amiral Villeneuve la juge dangereuse, et qu’il est à peu près bloqué par 11 vaisseaux de guerre anglais. Je désirerais que mon escadre sortît, se rendit devant Naples et débarquât sur un point quelconque le corps de troupes qu’elle a à bord, pour le joindre à l’armée du général Saint-Cyr. Elle pourrait prendre un vaisseau anglais et une frégate russe qui s’y trouvent; elle resterait dans les parages de Naples tout le temps qui serait jugé nécessaire pour faire le plus de mal possible à l’ennemi , et intercepter le convoi qu’il a le projet d’envoyer à Malte. Après cette expédition, l’escadre se rendrait à Toulon, où elle trouverait tout ce qui lui sera nécessaire pour la ravitailler et la réparer. L’existence d’une escadre si considérable à Toulon aura des résultats incalculables; elle me fera une puissante diversion. Voilà le parti le plus utile que je puisse tirer de cette escadre dans ces circonstances-ci. J’estime donc qu’il faut faire deux choses : 1° envoyer un courrier extraordinaire à l’amiral Villeneuve, pour lui prescrire de faire cette manœuvre; 2° comme son excessive pusillanimité l’empêchera de l’entreprendre, vous enverrez, pour le remplacer, l’amiral Rosily, qui sera porteur de lettres qui enjoindront à l’amiral Villeneuve de se rendre en France pour rendre compte de sa conduite. Si l’amiral Rosily trouve l’escadre, il en prendra le commandement; s’il ne la trouve plus (le cas ne sera pas prévu), il devra revenir et se rendre à Toulon pour en prendre le commandement à son retour. Le sang-froid avec lequel Villeneuve parle de l’escadre d’Allemand est remarquable.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

Au vice-amiral Decrès

Monsieur Decrès, donnez ordre à un équipage de 120 hommes du bataillon de matelots de ma Garde de se rendre sur-le-champ à Strasbourg.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1805

DÉCISON

Le ministre de la guerre propose à l’Empereur d’attacher au 7e corps d’armée, outre les deux compagnies du 3e d’artillerie à pied qui suivent son mouvement, deux compagnies à pied du même régiment, une du 6e d’artillerie à cheval et la moitié de la 6e compagnie d’ouvriers d’artillerie. Approuvé ces mouvements.

(Lecestre)

 

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

A M. Lebrun

Mon Cousin, je suis fâché que vous ayez éloigné les officiers réformés français et autres qui étaient à Gênes. Dans les circonstances où nous sommes, ce sont de bons et vigoureux soutiens. D’ailleurs, il ne faut jamais prendre de ces mesures qui jettent de la défaveur sur le soldat. S’il y avait des mauvais sujets, il fallait les faire-arrêter et les punir; mais un officier réformé porte un caractère respectable. Non-seulement on ne peut lui interdire telle ou telle partie du territoire, mais même il doit y être protégé. C’est par de pareilles mesures que nos premiers législateurs ont déconsidéré l’armée et fait essuyer des affronts à nos étendards. Pensez-vous qu’il y ait un seul de ces officiers, fût-il mauvaise tête, qui ne soit prêt à exposer sa vie pour vous donner un avis utile, pour garder un poste ou faire une commission dangereuse ? Quant au nommé Gounaud , il faut le faire arrêter : c’est un misérable intrigant. Faites aussi arrêter le Corse qui s’est fait membre de la Légion d’honneur de sa propre autorité.

J’apprends avec plaisir qu’un bataillon du 20e est arrivé de Corse : qu’il parte pour l’armée.

Pour ne pas être étonné d’obtenir des victoires, il ne faut songer qu’à des défaites. Ne perdez point de vue la circonstance où mon armée d’Italie serait repoussée et obligée de se replier sur Alexandrie, même sur Gênes, et faites que l’artillerie, l’arsenal et les magasins de vivres, soient en état.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

A M. Lebrun

Mon Cousin, il faut organiser à Gênes une garde nationale. Vous nommerez tous les officiers, et vous ferez entrer dans la composition de chaque bataillon des grenadiers et des chasseurs. Par ce moyen, vous aurez, en cas d’événement, un corps de, 5 ou 6,000 hommes capables de défendre l’intérieur et de maintenir le pays libre et les routes sûres. Faites la même chose à Savone et dans toute la Rivière.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

Au maréchal Berthier

Donnez ordre au général Zajonchek, qui est en Italie, de se rendre Strasbourg pour le 10 du mois. Il ne partira cependant d’Italie que lorsque les généraux de division que j’y ai envoyés seront arrivés, et qu’il n’y sera plus nécessaire. Vous lui direz que je désire qu’il ait avec lui deux ou trois officiers polonais sur lesquels en puisse compter.

Faites connaître à Chasseloup que j’entends que, du moment que Legnago sera cerné, on se serve des inondations; que tout est prêt pour cela; qu’avec ce surcroît de défense le bataillon que j’y mets peut y tenir tant qu’il aura des vivres; or il en a pour un an. Je ne vois pas comment l’ennemi l’obligerait à se rendre. Écrivez, dans le même sens, au général Masséna.

Dans l’article 4 de vos instructions au maréchal Masséna, vous ne parlez pas de Legnago. Cependant, si, en cas, de siège, les inondations peuvent avoir lieu, comme je le pense, la garnison doit se défendre tant qu’elle aura des vivres ; et comme elle en a pour un an, elle doit pouvoir se défendre pendant un an.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin , je reçois votre lettre du 11 septembre. J’avais chargé M. Maret de vous envoyer copie d’un décret sur une réquisition de 3 ou 4,000 voitures, que j’ai ordonnée dans les départements de F’rance, et sur la manière de les embrigader. Je pense que vous devez faire la même chose pour le service de mon armée d’Italie. Ainsi, si 1’on avait besoin de 900 voitures, vous en feriez faire la répartition entre les départements, qui les fourniront et qui en seront payés exactement. Vous sentez qu’il est impossible de faire des achats de chevaux et de voitures; il faut six mois pour cela; les chevaux et les voitures de paysans ont toujours fait, dans tous les pays, ce service. Je ne puis approuver ce que vous me dites à cette occasion; il faut parler paix, mais agir guerre. Il ne faut rien épargner pour réunir mon armée et lui faire fournir tout ce dont elle pourrait avoir besoin. Donnez des ordres pour qu’on se concerte avec l’ordonnateur et qu’on requière des voitures, qu’on payera et qu’on embrigadera pour le service de l’armée. Vous avez fait louer 200 chevaux au général Lacombe Saint-Michel; qu’est-ce que c’est que 200 chevaux ? Si les Autrichiens étaient dans le royaume, ils ne se comporteraient pas avec tant de ménagement : c’est ce qu’ils font à Venise, c’est ce qu’on a toujours fait. Je ne vois pas pourquoi vous y trouvez de la répugnance; je suis surpris que le ministre de la guerre ne vous ait pas éclairé là-dessus. Dans toutes les circonstances semblables, on a fait des réquisitions de chevaux. Ce n’est pas 900 chariots que je prenais lorsque j’étais en Italie, mais 2,000, et ces réquisitions se faisaient en désordre, ce qui était alors vexatoire pour le pays. Il ne faut pas vous épouvanter des cris des Italiens; ils ne sont jamais contents. Mais faites-leur faire cette seule réflexion : comment faisaient les Autrichiens, comment feraient-ils ? Montrez de la vigueur.

J’apprends avec grand plaisir que mes places sont approvisionnées. Le général Miollis, que j’ai nommé gouverneur de la place de Mantoue, doit y être arrivé à l’heure qu’il est. Envoyez sur Mantoue toutes les compagnies de pionniers, de pontonniers, d’artillerie, qui vous sont inutiles, pour vous former un fond de garnison. Je vous ai écrit que les troupes autrichiennes étaient entrées à Munich. L’Électeur s’est retiré sur Würzburg, où il a rassemblé son armée, forte de 25,000 hommes. Il est avec moi, ainsi que la plupart. des petits princes d’Allemagne. Ceci est pour vous seul.

Duroc est à Berlin. Je suis bien avec la Prusse; mais la Russie lui fait une très-grande peur. Les Russes ne sont pas encore entrés en Galicie, mais probablement ils y seront à la fin de septembre. Mon armée sera digne de sa réputation et battra ce ramas de recrues, je l’espère. Si vous y étiez contraint, vous vous ploieriez avec tous nos amis sur Alexandrie. Gardez, à cet effet, votre régiment de dragons, quelques pièces d’artillerie, la gendarmerie d’élite et tous les gendarmes que vous appelleriez avec vous. Je ne pense pas que cela doive arriver qu’après qu’on aurait évacué l’Adige, le Mincio, l’Oglio et l’Adda. Cependant mon intention est que vous restiez à Monza. Arrangez-vous de manière à pouvoir toujours être le maître de la couronne de fer et à l’enlever sans qu’on s’en aperçoive. Enfin, soyez très-certain que, quoique je compte sur l’Italie, son destin est tout entier où je suis.

Je vous confie que, dans quinze jours, j’aurai passé le Rhin avec 180,000 hommes. Si jamais mon armée d’Italie était battue, je viendrai à son secours et je dégagerai Mantoue et les autres places. Faites reconnaître si les voitures peuvent passer par le Simplon. Vous aurez bien soin que, si quelques départements étaient envahis, les préfets et les administrations aient à se replier en ordre. Avec les dragons et les Français que je vous ai laissés, et quelques pièces d’artillerie, vous pouvez vous porter, soit sur des points de l’Adda, soit sur tout autre point, pour repousser les troupes légères de l’ennemi et donner le temps à l’armée d’arriver. Vous devez toujours vous retirer avec la décence convenable. Mes grands officiers et les personnes attachées à ma Maison doivent vous suivre; sans quoi, à mon retour, je les ferai fusiller comme des traîtres.

Vous sentez bien que ce n’est que par une extrême prévoyance que je pense à des choses de cette nature; car je ne puis penser que l’armée autrichienne puisse lutter contre la mienne, si elle est un peu habilement dirigée.

Le jour où vous quitterez Milan, vous ferez une proclamation pour annoncer que je serai de retour avant un mois. Vous ne manquerez pas, du moment où je commencerai ici à donner de la publicité au, affaires, d’en faire de même en Italie.

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P.S. Ayez soin que l’argent ne reste pas dans la caisse des départements frontières, mais que le ministre du trésor public le fasse verser à Milan, rapidement et tous les cinq jours. Je crois vous avoir écrit d’aller reconnaître la chute de l’Adda du lac; une bonne reconnaissance là peut vous être utile; poussez-la jusqu’à Pizzighettone. Les dépôts des régiments italiens doivent être à Lodi , Pizzighettone Faites-vous rendre compte de tous les hommes qui peuvent rejoindre. Établissez une police sévère au pont de l’Adda, pour empêcher qu’on ne puisse revenir de l’armée qu’avec un ordre. Écrivez à M. Moreau de Saint-Méry pour qu’il fasse la même chose à Plaisance. Il faut veiller avec grand soin sur les prisonniers; dans mes campagnes d’Italie il s’en échappait un grand nombre par la Suisse. Le service que peuvent vous rendre les gardes nationales de Brescia, de Côme et de Bergame, c’est de garder les portes et d’empêcher qu’aucun prisonnier ne se sauve. Faites-y établir aussi des postes de gendarmerie et préparer des locaux pour les contenir. Il serait convenable que les prisonniers n’entrassent jamais à Milan, mais qu’ils en passassent cependant assez à portée pour que le public pût les voir. Faites choisir, à une demi-lieue de Milan, un grand couvent pour leur servir d’étape; de là, on les dirigera sur Pavie, et de Pavie sur Alexandrie. La gendarmerie et la garde nationale les escorteront tant qu’ils seront sur le territoire du royaume.

Après cela, c’est l’affaire de la 27e division militaire. Écrivez-en au général Menou. Il faut aussi que toutes les fois que des prisonniers arriveront, vous ayez des hommes parlant leur langue, pour les interroger sur le nom de leur régiment, le corps d’armée auquel il appartient, sur le temps depuis lequel il est arrivé; enfin, sur les mouvements de l’ennemi. Vous sentez que j’ai besoin d’un contrôle aux exagérations des états-majors, afin de savoir positivement les faits. Ayez toujours un dépôt pour recruter les Polonais. Il pourrait être à Novare. On y enverrait de préférence tous les Polonais, et on y attacherait cinq ou six officiers polonais. Tout ce qui voudrait prendre de l’engagement dans ce dépôt augmenterait sur-le-champ la légion.

Je vois, par votre lettre du 9 septembre, qu’on travaille faiblement à Pizzighettone. Faites un des objets de vos soins particuliers de la mettre en bon état.

Dans les dispositions que j’ai faites pour la distribution des fonds du mois, j’ai affecté des sommes pour dépenses secrètes au général en chef, et à l’ordonnateur pour dépenses imprévues; j’ai mis 300,000 francs pour les transports. Ainsi, dans ma distribution de chaque mois, je ferai payer par mon trésor de France ce qui sera convenable.

Toutes les avances qu’a faites le trésor de mon royaume d’Italie doivent être remboursées. J’ai mis des fonds pour faire faire une paire de souliers à chaque régiment. Vous devez ainsi, sur les fonds d’Italie, avoir de grandes économies. Le corps d’armée que vous avez en France vous coûte peu; celui que vous avez à Naples vous coûte peu. D’ailleurs, la nouvelle imposition de six millions vous donnera encore des moyens. Je pense donc que vous devez faire confectionner cinquante mille paires de souliers avec le moins d’éclat possible, de manière que, dans les cas urgents, vous puissiez en envoyer à l’armée. Cinquante mille paires de souliers sont un objet de 2 à 300,000 livres de Milan, et le bien qui en résultera pour l’armée est incalculable; mais ce sont des souliers qu’il faut avoir, et non des cartons, comme c’est l’usage en Italie. Portez-y toute votre attention et toute votre sévérité. Faites en sorte d’avoir ce nombre de souliers pour vendémiaire, si toutefois vous pouvez vous flatter de les bien faire faire. J’imagine que la cavalerie a des bottes; si vous appreniez qu’elle en eût besoin, vous pourriez en faire faire un millier. Quelques bonnes marmites et quelques outils de campement pourront vous être utiles, en réserve; faites faire cela avec le moins de bruit possible, sans que les corps le sachent, pour ne point les empêcher de faire faire les leurs, et les autoriser à compter sur cette ressource. A la guerre, c’est de souliers qu’on manque toujours. Je pense aussi que les dépôts, à Milan, des quatre corps italiens qui sont à l’armée de Naples, pourraient leur faire faire des souliers. Faites-leur en faire une paire en gratification, et envoyez-les à Ancône, où ces troupes seront fort heureuses de les trouver.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

DÉCISIONS

Le maréchal Soult demande en faveur du colonel Marion, nommé au commandement de Plaisance, un secours pour se rendre avec sa famill `sa destination. Le ministre propose de fixer de secours à la somme de 3.000 frans Accordé
W. Wolff, ex-colonel du 14e régiment de cavalerie, demande à être réemployé dans son grade. Lui donner le premier régiment vacant.
L’ex-capitaine Petitjean, à qui Sa Majesté a fait grâce de quatre mois de prison et qui sert actuellement comme volontaire au 24e régiment de chasseurs, demande à être réintégré dans son grade Accordé
Le ministre de la guerre propose à l’Empereur de rapprocher des frontières du Rhin les dépôts de grosse cavalerie qui sont restés dans l’intérieur Approuvé

(Picard)

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

ORDRE

Vous trouverez ci-joint l’ordre au ministre de la marine de faire débarquer de l’escadre de Brest tout ce qui reste des 65e, 47e et 70e régiments. Vous donnerez ordre au 65e de réunir ses trois bataillons à Rennes, et vous ferez passer une revue de ce régiment qui soit être rendu mobile et s’attendre à partir au premier moment.

Il restera donc dans la 13e division militaire les l5e et 37e de ligne, de quatre bataillons, qui continueront à avoir à bord de mon escadre chacun 1.500 hommes de garnison.

Le 47e sera réuni à Lorient et tiendra garnison à Belle-Île. Le 70e sera réuni à Saint-Brieuc et fournira des garnisons aux îles de Bréhat et aux autres points de la côte.

Ces quatre régiments cornpléteront leurs compagnies de grenadiers à 100 hommes, comme je l’ai déjà ordonné.

Les compagnies de grenadiers des 15e et 37e, commandées par un des chefs de bataillon de chacun de ces corps, formant deux bataillons, et celles des 47e et 70e, commandées par un des chefs bataillon de ces deux corps, faisant un seul bataillon, sous les ordres du général Girardon, avec 8 pièces d’artillerie, seront mobiles et prêtes à se porter partout où leur présence deviendrait nécessaire.

Vous me ferez connaître le jour où le 65e arrivera à Rennes et sera disponible.

Vous donnerez ordre au général de division Chambarlhac de se rendre à Bruxelles pour y prendre le commandement de la 24e division militaire.

Vous donnerez l’ordre au prince Louis, connétable, de prendre le commandement des troupes de la 1e division militaire, de garde nationale et de toutes les troupes qui dépendent du gouvernement de Paris.

Vous donnerez le commandement de la 2e division militaire général de division Canuel ;

Celui de la 7e division militaire, au général Desbureaux

Celui de la 10e division militaire, au général Chabran

Celui de la 12e, au général Legrand ;

Celui de la 16e, au général Girard, dit Vieux.

Vous me présenterez un officier pour commander la 11e division militaire.

Tous les traitements extraordinaires que j’avais accordés aux généraux commandnt les divisions, à cause du grand nombre de troupes qui s’y trouvaient, cesseront à dater du 1er vendémiaire, cette mesure de devant avoir lieu qu’à la paix, et non quand toutes les troupes sont à l’armée.

(Picard)

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1805

DÉCISIONS

Rapport du ministre de la guerre

J’ai l’honneur de rndre compte à l’Empereur que le ministre de la marine demande de faire passer au Ferrol trois détachements de 45 hommes chacun pour former la grnison des frégates la Guerrière, la Revanche et la Sirène.

Accordé
Il propose de faire fournir ces trois détachements par des troupes que l’escadre du vice-amiral Villeneuve a débarqué à Vigo Accordé
Je prie Sa Majesté de me faire connaître si son intention est que les troupes débarquées à Vigo fournissent ces trois détachements et si le restant de ces troupes doit être ensuite rappelé en France.

Le ministre de la marine demande aussi :

1° Deux autres détachements de 45 hommes chacun pour former la garnison ds frégates la Furieuse et la Libre à Flessingue.Le 1er bataillon colonial, qui est à Flessingue, pourrait fournir ces deux détachements.

Accordé
2° Un autre détachement de 45 hommes pour former la garnison de la frégate la Milanaise qui est à Dunkerque. Prendre des hommes du 17e de ligne
Il n’existe aucune troupe d’infanterie à Dunkerque; les 3e bataillons qui étaient restés dans la 16e division militaire viennent de recevoir l’ordre de se rendre sur le Rhin.

Il n’existe à portée de Dunkerque que les bataillons de dépôt qui font partie de l’Armée des Côtes et le bataillon de militaires français venus de l’étranger qui est à Bergues.

Je demande a cet égard les ordres de Sa Majesté.

Le ministre de la marine expose en outre qu’il est nécessaire de mettre à la disposition de la marine à Granville deux détachements d quinze hommes chacun pour former la garnison des deux bricks le Plumper et le Teaser qui vont être réarmés dans ce port.

Ces deux détachements pourraient être fournis par le 28e régiement d’infanterie légère qui est à Granville. (paragraphe biffé par Napoléon)

Prendre le 112e de ligne

(Picard)

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1805

A M. Lacépède

  1. Lacépède verra le conseiller lzquierdo. Il lui dira que les circonstances ont changé; que la guerre du continent menace d’avoirlieu; que de grands coups sont portés contre la Maison d’Autriche; que je désirerais que 2,000 Espagnols fussent envoyés à Livourne pour garder la reine d’Étrurie; que les Toscans sont autrichiens, que, s’il arrivait une retraite à l’armée d’Italie, un simple régiment autrichien, et peut-être le peuple, chasserait la Reine; qu’il est donc nécessaire d’envoyer 2,000 ou 3,000 hommes à Livourne et Florence, suffisants pour empêcher l’armée autrichienne de rien tenter, car elle n’aura que des succès très-éphémères et aura des ennemis en tête et en queue qui ne lui laisseront point le temps de réduire un détachement comme celui-là; que, si cela ne contrariait pas le roi d’Espagne, il fournît 15,000 hommes qui viendraient me joindre au Rhin, ou 6,000 hommes qui aideraient à la défense de Boulogne où est l’immense matériel de la flottille, et qui me permettraient de retirer 6,000 hommes de mes troupes pour les mettre au Rhin; ce ne le mettrait point en guerre avec l’Autriche, qui ne garde plus d’ailleurs de ménagements, et peut-être serait-il politique à l’Espagne d’envoyer sur un de ces deux points des troupes qui se battraient et rapporteraient chez elle l’expérience de la guerre et une bonne discipline; enfin, que l’escadre fit un mouvement dans la Méditerranée; le prince de la Paix peut être sûr que mes ennemis seront rapidement et promptement confondus; que j’ai été très-satisfait la conduite des Espagnols; que je ne l’ai pas été autant de mon amiral; que, s’il avait montré plus d’énergie, il nous aurait fait remporter une grande victoire.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1805

ORDRE

La division de Nansouty, qui est arrivée le 29 fructidor (16 septembre) à Pirmasenz, se rendra à Oggersheim par Kaiserslautern (vis-à-vis Manhein) le 3 vendémiaire (25 septembre), à la petite pointe du jour; elle passera le pont et se portera en avant de Mannheim jusqu’à Heidelberg.

La 1e division du maréchal Davout, qui arrivera le 3 vendémiaire (25 septembre) à Dürkheim , passera le 4 à Mannheim, et, le 4 (26 septembre), le général Davout établira son quartier général à Mannheim.

Toutes les divisions du maréchal Davout se rendront de Dürkheim en droite ligne sur Mannheim. Le 15e d’infanterie légère, qui est à Landau, se rendra à Mannheim le 3 (25 septembre), pour soutenir la division Nansouty; il devra donc être arrivé le ler vendémiaire (23 septembre) vis-à-vis Mannheim. La cavalerie légère du maréchal Davout, à mesure qu’elle sera arrivée, se portera en avant, jusqu’à Sinsheim.

La division du général Klein, qui passera le Rhin le 3 (25 septembre), à la pointe du jour, à Germersheim , protégera l’établissement du pont et se rendra à Bruchsal.

La 1e division du général Soult passera du moment que le pont sera établi, et il devra l’être le 3 vendémiaire (25 septembre) avant midi; elle ira coucher à Bruchsal.

La division de dragons du général Klein poussera jusqu’à Bretten, et du moment que la division y sera arrivée, elle prendra position à Bretten, où elle passera la nuit.

Le 4 (26 septembre), le quartier général de l’armée du maréchal Soult se rendra à Bruchsal.

L’armée du maréchal Ney passera à Seltz, où il sera jeté un pont qui sera terminé, avant midi, le 3 vendémiaire (25 septembre); l’établissement du pont sera protégé par la division des dragons du général Bourcier, qui ira coucher, le ler vendémiaire (23 septembre), à Strasbourg, et le 3 (25 septembre), avant le jour, passera le Rhin à Kehl, et se portera le long de la rivière de Murg.

La 1e division du général Ney passera le pont sans s’arrêter, et se rendra le 3 (25 septembre) à Rastadt.

Le 4 (26 septembre), le quartier général de l’armée du maréchal Ney sera à Rastadt.

La division de dragons de Bourcier se rendra à Durlach dès le 4 (25 septembre).

La division de dragons du général Beaumont se rendra à Strasbourg le 2 (24 septembre) au soir, et passera le Rhin à la pointe du jour. La division de grosse cavalerie de d’Hautpoul se rendra à Strasbourg le 2 (24 septembre) au soir, et passera à la pointe du jour, et se rendra à Oberkirch; celle de Beaumont se rendra à Offenburg.

La division de grenadiers d’Oudinot, le 3 (25 septembre), à la pointe du jour, passera le Rhin, et prendra position à une lieue de Kehl.

Les dragons à pied du général Baraguey d’Hilliers passeront sur le pont qui sera établi dans la journée du 3 (25 septembre) à Neuf-Brisach et coucheront le 3 (25 septembre) à Fribourg. Baraguey d’Hilliers aura sous ses ordres la division de dragons du général Walther, lequel avancera des reconnaissances sur Donaueschingen et se mettra en communication avec la division qui est à Offenburg.

Chacune de ces divisions de dragons, d’infanterie et de cavalerie devra avoir son artillerie, que le général Songis fera trouver au pont de leur passage, et sur la rive gauche du Rhin.

Le corps d’armée du maréchal Lannes devra passer par la route dite de Kniebis, par Sand, Oberkirch, Freudenstadt, Rottenburg, Reutlingen, Urach et Ulm. Sa division de cavalerie légère, qui arrivera le ler à Strasbourg, poussera sur-le-champ des reconnaissances sur cette route pour la bien connaître.

La division de dragons à pied qui arrive à Sainte-Marie-aux-Mines, le quatrième jour complémentaire, se rendra droit  à Strasbourg, où elle arrivera le ler (23 septembre). Le 3 (25 septembre), à la pointe du jour, elle passera le Rhin.

La division Gazan , qui arrive le 6 (28 septembre) à Saverne, se rendra le 7 (29 septembre) à Strasbourg, de manière que le général Lannes avec sa division de grenadiers, la division Gazan , sa cavalerie légère et son artillerie, soit au delà du Rhin le 7 (29 septembre) vendémiaire.

Ce jour-là même ses grenadiers et sa cavalerie légère se mettront en marche pour Ulm; il y a cinquante lieues, il lui faut dix jours : il n’arrivera que le 17 (9 octobre) vendémiaire.

Le maréchal Ney a ses trois divisions, qui arriveront du 3 au 4 (25/26 septembre): son premier régiment de hussards est déjà arrivé. Ce sera le premier régiment qui passera le pont de Kehl pour se porter à Rastadt. Ainsi le maréchal Ney, qui prendra la route de Durlach, Pforzheim, Stuttgart, Esslingen , Göppingen , Geislingen et Ulm , a cinquante lieues à faire. En partant le 5 (27 septembre), il y sera le 15 (7 octobre), deux jours avant le maréchal Lannes.

Le corps du maréchal Soult, qui passe à Germersheim, suit la route de Bruchsal, Bretten, Vaihingen, Ludwigsburg, Schorndorf, Gmünd, Aalen ; il sera arrivé, n’ayant qu’une cinquantaine de lieues le . . . , sa 1e division arrive le 2 (24 septembre); sa 2e peut arriver le 3 (25 septembre), en se rendant droit au pont; sa 3e ne peut guère arriver que le 5 (27 septembre); sa 4e division ne peut arriver que le 6 (28 septembre): ainsi elle ne peut partir que le 7 (29 septembre). Il ne sera donc que le 17 (9 octobre) à Aalen.

Le maréchal Davout ne pourra partir également que le 7 (29 septembre). Il passe par Mannheim, Heidelberg, Sinsheim, Heilbronn, Oehringen, Hall Ellwangen, Nördlingen; il ne pourra y être que le 18 (10 octobre).

Le corps d’armée de Bernadotte et de Marmont, qui sera le 6 à Würzburg, et qui n’a qu’une quarantaine de lieues, sera à Weissenburg le 17 vendémiaire (9 octobre). Il faudra donc qu’il parte le 8 ou le 10 (30 septembre/2 octobre) à Würzburg. Ainsi, le 17 (9 octobre), les corps du général Ney et du général Lannes seraient à Ulm; le corps du général Soult serait à Aalen; celui du général Davout à Nördlingen; celui des généraux Bernadotte et Marmont à Weissenburg; la réserve de cavalerie, le parc, les grenadiers de la garde à Gmünd.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1805

Au maréchal Brune, commandant en chef l’armée de Boulogne

Mon Cousin, je vois avec plaisir, par votre lettre du 27, que vous êtes satisfait de la situation de votre armée. Portez la plus grande activité dans les travaux des fortifications. Avec l’immense quantité d’artillerie, le grand nombre d’officiers de marine et de matelots que vous avez, chacun de ces ports de campagne exigerait un siège, et vos troupes, avec la partie la plus instruite de la marine, seront disponibles pour attaquer l’ennemi et le mettre en défaut.

Je vais prendre des mesures pour lever les gardes nationales des départements environnants, afin qu’en cas d’événement une masse de bons citoyens puisse venir à votre secours.

Je pense qu’il est convenable que, dès aujourd’hui, vous assigniez un capitaine de vaisseau au commandement de chaque fort, afin qu’il sache qu’il l’a à défendre et s’occupe sans cesse à en faire activer la fortification.

Je vous recommande les fusils; j’ai ordonné qu’on envoyât à Saint-Omer ceux qui ont besoin de réparations; ayez-en un grand soin; vous savez combien on en use à la guerre.

J’ai donné ordre que l’adjudant commandant que vous demandez vous soit envoyé.

Je vous ferai fournir de la cavalerie; nos régiments sont faibles, et nos opérations offensives nous forcent d’en employer la plus grande quantité; toutefois, vous ne tarderez pas à être satisfait.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1805

Au vice-amiral Decrès

Monsieur Decrès, la croisière de Sainte-Hélène me paraît parfaite; les deux frégates qu’on enverra à l’île de France pour y rester seront d’un très-bon effet. J’estime qu’elle doit être la plus forte possible, de 9 ou 10 vaisseaux, si cela peut se combiner avec le second objet que je me propose. Il faut donner des instructions larges à l’amiral, le laisser maître de se porter sur le Cap ou sur Sainte-Hélène, pour qu’en définitive tout se rallie et arrive à la Martinique, et trouve là ainsi qu’à la Guadeloupe, six mois de vivres. Si des circonstances navigation ne s’y opposent, peut-être devrait-il prendre langue à Cayenne, croiser à La Barbade un ou deux mois pour intercepter tout ce qui viendrait d’Europe, et, après cela, partir bien approvisionné de la Martinique pour retourner à Sainte-Hélène. C’est dans cette croisière qu’on trouvera des matelots. En ne retournant à Sainte-Hélène que quatre mois après en être parti, la croisière n’y trouvera plus l’ennemi. Ce sont ces croisières bizarres et incalculables qui feront un très-grand mal à l’ennemi. Ainsi donc, deux mois pour aller à Sainte-Hélène, trois mois de croisière, un mois pour venir à la Martinique, deux mois pour rester à la Martinique, voilà huit mois; un mois pour retourner à Sainte-Hélène, trois mois pour rester et deux mois pour retourner en Europe, voilà une croisière quatorze mois. Employez-y 9 bons vaisseaux et 4 à 5 frégates; vous ferez un grand tort à l’ennemi, qui ne peut pas le prévoir, et le résultat sera de former de bons officiers et des matelots.

En supposant que cette croisière parte en brumaire, elle serait à la Martinique en germinal; vous avez donc tout l’hiver pour envoyer à la Martinique les vivres nécessaires, et peut-être le plus court serait-il de hasarder des vivres de Rochefort au milieu de cet hiver et de les y envoyer.

La seconde croisière, composée de 5 ou de 6 vaisseaux, se rendrait droit à Santo-Domingo, y jetterait un millier d’hommes, des armes et des vivres. En supposant qu’elle parte en brumaire, elle pourra croiser deux mois devant la Jamaïque, si elle est la plus forte; aux îles du Vent; de là se rendre au banc des Soles, y manger jusqu’à son dernier biscuit, et rentrer à Lorient ou à Rochefort.

La troisième croisière doit être composée du vaisseau le Régulus, d’une frégate et de 2 bricks; elle ravagerait toute la côte d’Afrique. Si cette expédition ne consomme pas ses six mois de vivres, elle irait les manger où elle voudrait, reviendrait s’approvisionner sur côte d’Afrique, et aurait la liberté entière de se porter partout où jugerait sa présence utile, mais ne rentrerait qu’après quatorze mois.

Enfin, on enverrait la Furieuse et la Libre ravager les côtes d’Irlande, et croiser devant le Môle et le Cap, pour brûler les bâtiments des noirs et faire du mal aux brigands. Elles se mettraient en correspondance avec Santiago ou se porteraient à Santo-Domingo, si elles ne peuvent faire autrement, et prendraient manœuvre indépendante pendant quatorze mois si elles trouvent à s’approvisionner quelque part. Toute croisière calculée pour rentrer après six mois en France sera une mauvaise croisière.

Quant à la croisière qui va à Santo-Domingo, il faut la laisser maîtresse de ravager les côtes d’Irlande, ou de passer un ou deux mois sur le banc des Soles, ou devant le Ferrol, ou devant Bordeaux, où certainement elle trouvera des frégates et des corvettes à prendre.

Mon intention est que M. Jérôme commande un vaisseau de la première expédition.

Quant à l’escadre de Cadix, si elle réussit à venir à Toulon, je l’augmenterai des vaisseaux construits à Gênes et à Toulon; si elle n’y vient pas, je me déciderai à la disséminer à la croisière; tous points sont bons. Si près d’Europe, il faut qu’elles ne séjournent pas, mais ne fassent que courir; à moins d’être en égalité de forces, le mieux est de longer les côtes et de bloquer une île un mois, quinze jours.

Je désirerais envoyer à Cayenne les 3 frégates que j’ai à Vigo; elles croiseraient devant les possessions hollandaises. Faites la même chose pour la Canonnière et la Piémontaise; qu’elles se dirigent sur Santiago et croisent là et ailleurs, de manière à faire tout le mal possible à l’ennemi. Peut-être vaudrait-il mieux leur donner rendez- vous au Sénégal avec le Régulus; une croisière d’un vaisseau, de 3 frégates et de 2 bricks bien équipés, ayant manœuvre indépendante, ferait un furieux mal aux Anglais. Il n’y a pas de convoi dans ces mers qui ait une escorte aussi forte que cela. Peut-être l’escadre qui va à Santo-Domingo devrait-elle, après avoir croisé un mois à la Jamaïque, au Môle, au Port-au-Prince, se séparer en trois croisières, courir les côtes d’Amérique et y rester un mois. Il y arrive beaucoup de bâtiments anglais, qu’elles enlèveraient; elles pourraient, là, s’approvisionner et se porter ailleurs. Le commerce anglais est partout : il faut tâcher d’être sur le plus de points possible pour lui faire du mal. Les instructions des différentes croisières seront que, si elles peuvent s’approvisionner, elles doivent rester en mer pendant quatorze mois.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1805

INSTRUCTIONS POUR LE VICE-AMIRAL ROSILY

Monsieur le Vice-Amiral Rosily, ayant résolu de vous confier le commandement de nos forces navales combinées avec celles dé Sa Majesté Catholique, vous partirez sans délai pour vous rendre, en toute diligence, au port de Cadix, où vous prendrez ledit commandement avec le titre d’amiral.

Nous chargeons notre ministre de la marine de vous faire connaître le nombre, les noms et la force des vaisseaux et autres bâtiments il guerre , qui composent les forces navales réunies dans ce port et celui de Carthagène.

Notre intention étant d’opérer une diversion puissante en dirigeant dans la Méditerranée les forces que nous vous confions, vous devez aussitôt que vous aurez pris le commandement de l’armée, saisir la première occasion favorable pour appareiller et vous porter dans cette mer.

Des ordres sont donnés pour que chaque bâtiment soit pourvu d’au moins deux mois et demi de vivres, et plus, s’il est possible

Vous vous porterez d’abord vers Carthagène, pour y rallier l’escadre espagnole, qui se trouve dans ce port.

Vous vous dirigerez ensuite sur Naples et vous débarquerez , sur un point quelconque de la côte, le corps de troupes passagères qui sont à bord, pour joindre l’armée aux ordres du général Saint-Cyr.

Si vous trouvez à Naples quelques bâtiments de guerre anglais ou russes, vous vous en emparerez.

L’armée navale sous votre commandement restera dans les parages de Naples tout le temps que vous jugerez nécessaire pour faire le plus de mal à l’ennemi, et intercepter un convoi qu’il a le projet d’envoyer à Malte.

Après cette expédition, l’armée se rendra à Toulon pour se ravitailler et se réparer.

Notre intention est que, partout où vous trouverez l’ennemi en forces inférieures, vous l’attaquiez sans hésiter et ayez avec lui un affaire décisive.

Il ne vous échappera pas que le succès de ces opérations dépend, essentiellement de la promptitude du départ de l’armée; et non comptons entièrement sur votre activité, vos talents, votre courage et votre attachement à notre personne dans la mission important que nous vous confions.