Correspondance de Napoléon – Mai 1801

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Carnot, membre de l’Institut national

J’ai reçu, Citoyen, votre ouvrage sur la corrélation des figures de géométrie. Je le lirai avec l’intérêt que je prends aux sciences mathématiques et à vous.

J’ai fait donner des ordres pour que, toutes les fois que vous viendrez à la Malmaison. . . .(la minute s’arrête ici)

 

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Forfait, ministre de la marine et des colonies

Je reçois, Citoyen Ministre, votre état de situation de la flotte. Il est. impossible d’attacher avec régularité des troupes aux différents bateaux et chaloupes, si préalablement vous n’organisez pas en divisions, si vous ne nommez les capitaines et lieutenants de marine qui doivent commander les sections, et si vous ne faites numéroter chaloupes et bateaux par section et division. Cela fait, les numéros ne doivent plus changer, et on attachera les troupes à tels numéro de manière à éviter la confusion.

Je vois que vous n’avez que vingt-six canonnières; il me parait impossible qu’il n’y en aura pas un plus grand nombre dans les différents ports, spécialement à Brest. Vous ne portez aucun bâtiment canonnier à Boulogne; par des renseignements que jai’, il y en a au moins soixante.

 

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Forfait

Je désire, Citoyen Ministre, que le vaisseau la République-Française, de 118 canons, qui est à Rochefort , et le Brutus, de 74 qui est à Lorient, soient lancés à la fin dé messidor, pour qu’ils puissent mettre à la voile dans le courant de fructidor. Autorisez à cet effet les préfets à prendre toutes les mesures qui seraient jugées nécessaires, mais il faut qu’ils réussissent.

 

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Forfait

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner les ordres à Lorient, Rochefort et Nantes, pour que le vaisseau le Scipion et deux frégates prises soit à Lorient, soit à Nantes, le Héros et deux frégates prises parmi celles qui sont à Rochefort, indépendamment de celles qui sont dans l’escadre de l’amiral Bruix, soient prêts à mettre à la voile dans la dernière décade de prairial, avec six mois de vivres, tant pour les équipages que pour 400 hommes par vaisseau, et 900 hommes par frégate, de troupes de passage.

Vous ferez connaître aux préfets maritimes que je désire qu’ils prennent tous les moyens, lèvent tous les obstacles, pour remplir les instructions du Gouvernement.

Donnez l’ordre an préfet maritime à Toulon de faire partir, le 15 prairial, si le temps le permet, les frégates la Muiron, le Succès et la Bravoure, pour se rendre devant Livourne, où elles trouveront, chez le général Murat, des instructions pour leur destination ultérieure.

Vous donnerez l’ordre que l’on mette en chasse sur chaque frégate deux pièces en bronze d’un calibre supérieur à 24approvisionnées à 1,000 boulets. Chaque frégate embarquera :

1°0 un affût de siège pour ces pièces;
2° trois grils à rougir les boulets avec les ustensiles nécessaires;
3° quatre pièces en bronze de même calibre et supérieur à 3 livres de balles, chaque pièce approvisionnée à 1,000 coups, avec leurs affûts de campagne;
4° et 500 fusils.

La grande quantité de pièces de bronze provenant de Venise, et qui sont dans l’arsenal de la marine, mettra le préfet maritime à même de se passer du secours de la terre.

Il faut que le préfet prenne toutes les mesures nécessaires pour que ces frégates partent avant le 15 prairial. Il pourra se concerter avec le général commandant la division pour faire, s’il le faut, une levée extraordinaire de matelots.

 

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Forfait

Je vous prie, Citoyen Ministre, d’écrire au ministre de la marine de la République batave pour lui demander l’état de l’artillerie de campagne embarquée à bord de l’escadre batave. Faites-lui connaître qu’il me paraît convenable qu’il y ait au moins deux pièces de campagne par bâtiment de guerre, avec double approvisionnement. Je désire aussi que l’on embarque sur cette escadre six pièces de 24 en bronze avec leurs affûts, approvisionnées à 1,000 coups par pièce; deux mortiers à la Gomer de 12 pouces, avec 500 bombes par mortier; on y joindra une quantité considérable d’outils de pionniers. Les escadres française et espagnole ont embarqué également une grande quantité dé ces objets.

 

Paris, 19 mai 1801

Au citoyen Forfait

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter, le 1er prairial :

1° Le projet d’arrêté sur les travaux à faire au port de Boulogne pour que, dans le courant de thermidor, ce port puisse contenir toute la flottille légère;
2° Un mémoire sur les préparatifs qu’avaient faits les Hollandais pour la première descente, et sur ce qu’ils pourraient faire aujourd’hui.

 

Paris, 19 mai 1801

DÉCISION

Rapport du ministre de la marine sur un conflit entre le préfet maritime de Toulon, le chef et le conseil d’administration; il s’agissait de décider dans quel sens devait être interprété l’article 86 du règlement du 7 floréal an VIII.Le premier Consul décide qu’à tort le chef d’administration, l’inspecteur et le conseil ont refusé d’obéir aux ordres du préfet, dans les mains de qui le règlement remet la plénitude des pouvoir. Chaque chef peut recevoir les offres des fournisseurs aussi bien que le préfet : le conseil seul accepte, le chef d’administration rédige. Il n’y a nulle équivoque dans le règlement, et il ne peut résulter nul inconvénient de l’exécution littérale.

 

Paris , 19 mai 1801

A l’amiral Bruix, à Rochefort

Vous trouverez dans le Moniteur, Citoyen Général, les nouvelles que les Anglais publient sur l’Égypte; les nouvelles ultérieures que reçois de Constantinople portent qu’ils se sont retranchés dans la presqu’île d’Aboukir, attendant de nouveaux renforts  et je crois que le Gouvernement anglais fait des dispositions pour les y envoyer.

C’est donc uniquement dans vos talents que je me confie aujourd’hui pour porter des secours en Égypte. Mettez à la voile sans retard. Vous vous renforcerez à Cadix d’au moins trois vaisseaux français et des cinq espagnols. Vous trouverez probablement Ganteaume dans la rade de Tarente.

A votre arrivée à Cadix, vous trouverez des instructions. Tous les ports de la Sicile et de l’Italie sont ouverts à nos escadres.

Dumanoir me mande, en date du 8 floréal, que les officiers et les équipages arrivent. Mais il n’y a plus une heure à perdre.

 

Paris, 19 mai 1801

Au vice-amiral Rosily

Je vous prie, Citoyen Général, de me faire passer toutes les notes et mémoires que vous aurez sur Surinam, la Trinité et autres îles du Vent. Vous m’apporterez cela vous-même, le 4 prairial, à midi.

 

Paris, 21 mai 1801

Au général Berthier, ministre de la guerre

J’apprends, Citoyen Ministre, que Porto-Ferrajo ne s’est point encore rendu. Envoyez au général Murat un courrier extraordinaire pour lui faire connaître l’urgence d’approvisionner en munitions de guerre et de bouche Porto-Longane, et d’y mettre du monde en assez grand nombre pour pouvoir soutenir un long siège et rester maître de l’île jusqu’à l’arrivée de forces plus considérables; que je mets entièrement ma confiance en lui; qu’il y enverra les officiers d’artillerie et du génie qu’il jugera nécessaires.

Il y a eu, dans l’an VII, dans l’île d’Elbe, des événements militaires dont je désirerais un précis et connaître un des officiers qui y ont eu part.

 

Paris, 21 mai 1801

Au général Berthier, ministre de la guerre

Trois vaisseaux de l’escadre du général Ganteaume, Citoyen Ministre, sont rentrés à Toulon; ils étaient tourmentés par une maladie épidémique.

Il est probable que les troupes qu’ils avaient à bord seront fatiguées. Ordonnez au général Cervoni de se rendre à Toulon et de former 1,500 hommes en trois bataillons, dont 200 d’artillerie, et de les embarquer sur-le-champ sur les trois vaisseaux, sous les ordres d’un général de brigade et d’un adjudant commandant, de ceux qui composent sa division.

Faites-lui sentir qu’il est de la plus grande importance qu’il ne retarde pas d’un instant le départ du contre-amiral Linois.

 

Paris, 21 mai 1801

Au citoyen Forfait, ministre de la marine et des colonies

Je donne l’ordre au ministre des finances, Citoyen Ministre, de faire partir sur-le-champ 500,000 francs en or pour Toulon.

Donnez l’ordre au général Vence de faire partir sur-le-champ le contre-amiral Linois, avec ses trois vaisseaux et deux frégates, pour Cadix. En supposant que, pour les assainir, on ait débarqué de ces trois vaisseaux le matériel, on le rembarquera, ainsi que 1,000 hommes de troupes.

Le préfet maritime donnera au contre-amiral Linois un paquet à décacheter en mer, dans lequel il lui fera connaître qu’il trouvera à Cadix l’amiral Bruix, sous les ordres duquel il se rangera.

Vous recommanderez au préfet maritime de marquer au contre- amiral Linois de garder ce secret pour lui-seul, et de n’en rien communiquer à qui que ce soit de son équipage, afin qu’à tout événement l’ennemi ne soit point prévenu de la destination de l’amiral Bruix.

Faites connaître au préfet Vence que l’amiral Bruix est en rade de Rochefort avec cinq vaisseaux et cinq frégates, n’ayant plus aucune communication avec la terre; il est donc indispensable que le contre-amiral Linois parte sur-le-champ.

 

Paris, 21 mai 1801

A l’amiral Bruix, à Rochefort

J’ai reçu ce matin,, Citoyen Général, votre courrier.

Le contre-amiral Ganteaume, se trouvant à la hauteur de l’île d’Elbe, a séparé son escadre en deux. Il s’est dirigé vers l’Égypte avec quatre vaisseaux de guerre et deux frégates, et a renvoyé le contre-amiral Linois avec le Formidable, l’Indomptable et le Desaix, à Toulon, où ils sont arrivés le 26 floréal. La raison de cette séparation est une maladie épidémique qui s’est déclarée dans ces trois vaisseaux.

Le contre-amiral Linois va partir pour vous rejoindre à Cadix. Il prendra deux frégates à Toulon.

Je m’empresse de vous apprendre cet événement pour votre gouverne, et pour que, si vous arrivez à Cadix avant lui, vous manœuvriez, de concert avec les Espagnols, pour que ces trois vaisseaux ne courent aucun danger dans le détroit.

Tout ce qui me revient de la Méditerranée m’apprend que les Anglais ont été battus dans une seconde bataille, et que leurs équipages sont extrêmement fatigués.

 

Paris, 21 mai 1801

INSTRUCTIONS A SIGNER PAR LE GÉNÉRAL LANNES,
COMMANDANT EN CHEF DE LA GARDE DES CONSULS

L’adjudant supérieur de la garde qui se rend à Toulon, après avoir remis les 500,000 francs en or au payeur de la marine, verra le préfet maritime. Il visitera le lazaret, les trois vaisseaux, le bassin, l’arsenal, mais sous le prétexte de curiosité. Il tiendra note de ce qu’il verra, pour le remettre, à son arrivée, au Premier Consul.

Dans tous les discours qu’il tiendra à bord des vaisseaux, il aura toujours soin d’encourager les équipages et les officiers de marine, en leur parlant de l’importance que le Gouvernement et la France attachent au succès de leur expédition. Quarante-huit heures après son arrivée à Toulon, il écrira par la poste au Premier Consul pour lui faire connaître la situation des vaisseaux de guerre et frégates qui sont en rade, et l’époque où l’on pense que ces bâtiments pourront mettre à la voile.

Après avoir passé cinq jours à Toulon, il se rendra aux îles d’Hyères; il visitera les batteries, et tiendra note du nombre de canons de chacune, des approvisionnements, du nombre d’hommes de chaque batterie, des commandants, et de la manière dont se fait le service.

A son retour des îles d’Hyères à Toulon, il adressera un second rapport au Premier Consul.

Il passera cinq autres jours à Toulon. Il visitera les hôpitaux, la boulangerie de la marine, recueillera l’esprit qui anime les différents corps de troupes, la manière dont elles sont vêtues et nourries, et surtout si les vivres de la marine sont de bonne qualité.

Avant de partir de Toulon, il adressera au Premier Consul un troisième rapport sur ces objets.

Après quoi, il se rendra à Marseille, où il restera cinq jours, verra le préfet, le commandant de la place, continuera ses observations, ira voir le château d’If pour s’assurer de quelle manière il est approvisionné et armé. Avant de partir de Marseille, il adressera un quatrième rapport au Premier Consul.

Après quoi, il reviendra à Paris, en s’arrêtant un jour à Avignon pour recueillir des observations sur l’esprit du département, sur celui qui anime les troupes, la manière dont se fait le service, etc. Il fera les mêmes observations à Montélimar sur la 11e de ligne et le 3e de dragons. Il adressera au Premier Consul un rapport d’Avignon et de Montélimar.

Il restera cinq jours à Lyon pour y faire les mêmes observations d’où il adressera un rapport au Premier Consul, et de là se rendra en droiture à Paris.

Sa mission étant toute d’observation, il ne doit jamais affecter aucune importance, ni faire jamais apercevoir qu’il se mêle de rien ou observe par ordre. Il pourra s’habiller en bourgeois toutes les fois qu’il le jugera à propos.

 

Paris, 22 mai 1801

Au citoyen Chaptal, ministre de l’intérieur

Comme dans les départements, Citoyen Ministre, les préfets, par zèle, ont outre-passé ce qu’ils devaient faire pour le comte et la comtesse de Livourne (Il s’agit du prince Louis de Parme et de son épouse, l’infante Marie-Louise), je désire que vous fassiez connaître au préfet de la Seine qu’aucune autorité civile de Paris ne doit faire de visite à ces voyageurs.

 

Paris, 22 mai 1801

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

Le commissaire général de police à Bordeaux a eu la bêtise de laisser chanter des couplets en l’honneur du roi de Toscane. Comme il s’appelle Louis, cela a donné lieu à des allusions malveillantes. Je n’ai pas besoin de vous recommander de prendre toutes les mesures pour qu’il ne soit ni lu ni chanté aucun vers sur les théâtres ou dans les autres assemblées publiques.

 

Paris, 23 mai 1801

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez connaître à M. de Lucchesini, à la première occasion où il voudra vous parler d’affaires, que l’intention du Gouvernement est de traiter toutes celles qu’il aurait avec la Prusse, à Berlin, par le canal du citoyen Beurnonville; expédiez-lui un courrier extraordinaire pour lui faire connaître cette détermination; le général Beurnonville en fera part au ministère de Berlin, en lui disant que mon mécontentement sur la conduite, les liaisons, les inconséquences multipliées de M. de Lucchesini, et les intelligences qu’on est fondé à lui supposer avec les Anglais, le rendent peu agréable au Gouvernement français; que l’on doit se défier à Berlin de tout ce qu’il pourrait écrire; que la froideur que lui montre le Premier Consul à ses audiences n’a aucun rapport avec la politique; que le Premier Consul verrait avec grand plaisir et regarderait comme une chose utile aux relations entre les deux États, que l’on rappelât M. de Lucchesini, qui n’est plus considéré aujourd’hui par le Gouvernement français que comme propre à gâter les affaires et non à les arranger; que, cependant, cette démarche ne doit être regardée que comme une insinuation secrète et confidentielle, et non comme une demande formelle.

Le général Beurnonville ne manquera pas de faire sentir qu’il est, en effet, inconvenant qu’un gentilhomme lucquois, qui prend continuellement un si grand intérêt aux plus petites affaires d’Italie, représente une des premières puissances de l’Allemagne.

Si le roi de Prusse rappelait M. de Lucchesini, on ne pourrait pas nous faire un plus grand plaisir que de nous envoyer un seigneur prussien

 

Paris, 23 mai 1801

Au citoyen Talleyrand

Je vous prie, Citoyen Ministre, d’avoir une conférence avec le citoyen Charbonnel, chef de bataillon d’artillerie, et de lui donner une mission auprès d’Ali-Pacha, pour connaître les dispositions de ce prince et s’il est disposé à favoriser un mouvement en Grèce.

 

Paris, 28 mai 1801

Au citoyen Talleyrand

Je désire, Citoyen Ministre, que vous expédiiez sur-le-champ un courrier extraordinaire à Londres, au citoyen Otto, pour lui accuser réception de sa lettre du 6 prairial.

Vous ferez connaître à M. Otto que ces insinuations de lord Hawkesbury, que les personnes les plus influentes qui entourent le Premier Consul veulent la paix, doivent être regardées comme des insinuations de gens à anecdotes; qu’il dise bien à ce lord Hawkesbury que le cabinet est un, veut la paix, sans doute, mais une paix honorable et fondée sur l’équilibre des mers et des différentes parties du monde;

Qu’il est temps que le Gouvernement français connaisse d’une manière précise ce qu’il doit penser de la prétendue modération des ministres anglais.

Vous remettrez, en conséquence, à lord Hawkesbury une note portant que le Gouvernement français voit avec peine que, malgré la proposition du Gouvernement anglais de vouloir envoyer un plénipotentiaire à Paris, rien n’est encore avancé, et que le Gouvernement français désirerait que les négociations prissent un caractère officiel par l’échange de notes, aidé de conversations;

Que, si le ministère anglais adopte cette manière, le Citoyen Otto prie lord Hawkesbury de faire connaître par une note les propositions que devait faire au Gouvernement français le ministère anglais, et enfin les bases que Sa Majesté Britannique veut adopter pour le rétablissement de la paix définitive et générale;

Que c’est mal connaître, du reste, et l’esprit de la nation française et le caractère particulier du Premier Consul, que de croire qu’il pourrait être effrayé par une crainte quelconque; et qu’il paraît que les sentiments d’Alexandre 1er et de son cabinet sont mal connus à Londres, si l’on croit qu’il trahisse jamais la cause des puissances continentales;

Que les événements qui se passent en Égypte, étant des événements de guerre, ne doivent retarder aucunement, quelle que soit la manière dont ils tournent, les négociations générales;

Que les armées française et espagnole étaient déjà entrées en Portugal, et que, si le ministère anglais abusait de la grande prépondérance qu’il a sur mer pour obliger les Français à des coups extraordinaires, on verrait se renouveler les exemples donnés depuis dix ans et non encore arrivés dans l’histoire moderne;

Que, quant au petit nombre d’assassins qui pourraient agir dans l’intérieur par l’instigation de l’Angleterre, ils sont très-peu redoutables, et le Gouvernement anglais ne doit pas fonder un grand espoir sur leur secours ;

Que le Premier Consul ne signera jamais qu’une paix honorable;

Qu’il est donc à la disposition du ministère anglais de finir en peu de jours la négociation, et dès lors prouver son amour pour l’humanité et le repos du monde, que, jusqu’à cette heure, il s’est contenté de proclamer dans ses discours.