Correspondance de Napoléon – Juillet 1800

Juillet 1800

 

Paris, 3 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez les démarches nécessaires pour avoir, indépendamment des 7,000 hommes que j’ai demandés au Gouvernement batave, 2,000 hommes de cavalerie, artillerie et sapeurs. Songez aussi, je vous prie, qu’il est nécessaire à l’exécution de mes projets que ces 9,000 hommes soient présents sous les armes.

 

Paris, 3 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, un arrêté. J’avais déjà, de Genève, prévenu le général Augereau, qui est tout prêt. Donnez l’ordre au général Moreau de concentrer et de réunir toutes ses forces sur le Danube et en Bavière. L’armée d’Augereau appuiera son flanc gauche. L’armée de réserve occupera la Suisse, appuiera sa droite, et lui servira de communication avec l’armée d’Italie.

Si la cour de Vienne est animée par des dispositions pacifiques, il faudra commencer par un armistice général, mais que je ne désire conclure que lorsque l’armée de Batavie sera au milieu de l’Allemagne, afin de pouvoir, par l’aspect de tant de forces, briser les formes lentes et longues de la cour de Vienne, et la porter non-seulement à une paix raisonnable, mais encore à la conclure promptement.

 

Paris, 3 juillet 1 800

Au citoyen Fouché, ministre de la police

Dans votre bulletin du 8 messidor, Citoyen Ministre, vous me dites que tous les émigrés et espions anglais que vous avez fait arrêter à Calais sont munis de passe-ports de M. Jacobi. Je vous prie de me faire une note sur cet objet, en citant deux ou trois exemples, afin que le ministre des relations extérieures puisse faire connaître à M. Jacobi combien cette conduite est inconvenante.

Il est nécessaire que vous preniez des mesures telles qu’aucun étranger n’entre en France qu’avec votre autorisation.

 

Paris, 3 juillet 1800

ARRÊTÉ

Bonaparte, Premier Consul de la République, arrête:

ARTICLE ler. – A dater du 20 messidor, les 24e, 25e et 26e divisions militaires font partie de l’armée de Batavie.
ART. 2.. – Le général en chef Augerean se portera à Düsseldorf, avec un corps de 8,000 Bataves et de 6,000 Français de l’armée de Batavie, où il se fera joindre par 6,000 hommes qu’il retirera des 24e, 25e et 26e divisions militaires, et un parc d’artillerie composé au moins de cinquante pièces de canon.
ART. 3. –  Le lieutenant général Victor se rendra sur-le-champ en Batavie, pour y commander sous les ordres du général en chef Augereau.
ART. 4. – Le but du corps d’armée du général Augereau sera de menacer la Bohême, d’obliger l’Autriche à regarnir ses places, d’appuyer le flanc gauche de l’armée du Rhin, autant que  possible, et enfin d’obliger tous les petits princes d’Allemagne à faire leur paix séparée, après leur avoir imposé des contributions. Le général en chef ne s’éloignera cependant jamais à plus de huit à dix journées du Rhin, afin de pouvoir retourner à la défense des côtes.
ART. 5. – Le ministre de la guerre présentera un projet d’instructions qu’i1 donnera, à cet effet, aux généraux en chef.

 

Paris, 3 juillet 1800

Au général Augereau, commandant en chef l’armée en Batavie

Le ministre de la guerre vous aura fait passer, Citoyen Général, l’arrêté relatif à l’accroissement de votre armée et aux mouvements de nos troupes. Vous y verrez qu’au lieu de 7,000 Bataves je désire que vous en ayez 8 ou 9,000.  Le ministre des relations extérieures écrit en conséquence au citoyen Semonville, pour expliquer que les 1,000 hommes demandés étaient d’infanterie et présents sous les armes; et qu’il sera nécessaire d’y ajouter 1,500 hommes, cavalerie et artillerie.

Les évènements d’Italie et du Rhin sont tels qu’il est probable que nous ne tarderons pas avoir un armistice germinal. J’en retarderai la conclusion le plus qu’il me sera possible, afin de vous donner le temps de vous établir au milieu de l’Allemagne; il ne faut donc pas perdre un instant.

Le général Victor va se rendre en qualité de lieutenant général à votre armée. Vous lui confierez, sous vos ordres et pendant votre absence, le commandement de la Batavie.

Mettez vos troupes en, marche et rendez-vous le plus tôt possible à Mayence; aussi bien, je crois que cette place a besoin d’une inspection extraordinaire. Cependant si vous désirez passer à Paris sans que cela retarde considérablement votre marche, je serai fort aise de vous voir. Vous connaissez l’amitié que j’ai pour vous.

Je vous salue affectueusement.

 

Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand. ministre des relations extérieures

Le Premier Consul n’a fait que parcourir les Lettres d’un envoyé à La Diète germanique, mais il ne voit pas d’inconvénient à les faire imprimer en forme de brochure. I1 faudrait avoir soin de prendre du papier d’Allemagne, et de se servir des caractères du genre allemand. On les daterait de Francfort.

Je désirerais également que vous fissiez faire une caricature qui représenterait le ministre Thugut entre le doge de Venise et un directeur cisalpin. L’allusion devrait rouler sur ce qu’il dépouille l’un en conséquence du traité de Campo-Formio, et emprisonne l’autre parce qu’il ne reconnaît pas le traité de Campo-Formio.

 

Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

La cour d’Espagne, Citoyen Ministre, parait piquée de ne pas connaître le but de l’armement de la division du contre-amiral Lacrosse qui devait sortir de Brest. Je désire que le citoyen Alquier insinue que cela n’avait pour but que l’exercice des équipages, et d’accoutumer à la mer les conscrits que l’on avait embarqués, afin que tout fût  prêt lorsque l’armement serait achevé.

I1 serait essentiel d’avoir une entrevue avec l’ambassadeur turc pour connaître la réponse à ces deux questions:

1° A-t-il toujours les moyens d’écrire à Constantinople?
2° Dans le cas qu’il en eût les moyens, pourquoi ne s’en servirait- il pas pour faire connaître au Grand Seigneur la situation de l’Europe et le convaincre qu’il ne doit avoir aucune inquiétude sur l’Égypte, qui lui sera restituée dès l’instant que la Porte voudra reprendre ses anciennes relations avec la France?

Je désire quo vous donniez à M. Priocca, otage piémontais, l’ordre de se rendre ä Paris.

 

Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand

Je désire, Citoyen Ministre, que vous me fassiez connaître de quelle manière nous pourrions faire faire à l’empereur de Russie cette déclaration:

“Le Premier Consul de la République, voulant donner une preuve de sa considération personnelle à l’empereur de Russie, et le distinguer des autres ennemis de la République, qui se battent par un vil amour da gain, désire, si la garnison de Malte est contrainte par la famine à évacuer cette place, la remettre entre les mains du Czar, comme grand maître de l’ordre; et, quoique le Premier Consul soit certain que Malte a des vivres pour plusieurs mois, le Premier Consul désire que Sa Majesté Impériale fasse connaître les conventions qu’elle voudrait faire et les mesures qu’elle veut prendre pour que, le cas échéant, ses troupes puissent entrer dans cette place.”

Ne serait-il pas convenable d’écrire directement sur ce sujet au ministre des relations extérieures à Petersbourg? Si vous le pensez, présentez-moi un projet de lettre.

 

Paris, 4 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de me faire connaître si, dans ce moment-ci, nous avons en France des généraux, colonels on lieutenants-colonels russes, prisonniers de guerre. De quels régiments sont les prisonniers russes, en quel nombre et dans quelles villes se trouvent-ils?

 

Milan, 4 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République arrêtent:

Il sera formé deux divisions d’artillerie pour la garde des Consuls: une composée de six pièces de 12, et l’autre de quatre pièces de 8 et de deux obusiers. Ces deux divisions auront double approvisionnement.

 

Paris, 4 jui1let 1800

Au général Bernadotte commandant en chef l’armée de l’ouest

Je vous envoie, Citoyen Général, mon aide de camp chef de brigade d’artillerie Lauriston, que je vous prie de faire passer à Belle-Île, afin qu’il visite la place et parle aux soldats et aux habitants. A son retour, il vous rendra d’abord compte de ce qu’il aura vu; après quoi il reviendra à Paris.

Votre aide de camp m’a rencontré à Saint-Jean-de-Maurienne; je l’attends à Paris; je vous le renverrai avec une réponse détaillée sur toutes vos lettres.

Deux demi-brigades, et spécialement la 92e, sont en marche pour vous rejoindre.

On me donne beaucoup d’inquiétudes sur les approvisionnements de Brest; dites-moi, je vous prie, ce qu’il en est et ce qu’il faut faire. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’il faut faire l’impossible.

Faites donc arrêter et fusiller dans les vingt-quatre heures ce misérable Georges.

Faites-vous remettre sous les yeux la liste de tous les officiers qui sont à Belle-Île, et faites changer ceux qui y seraient depuis trop longtemps. I1 nous faut là des bommes bien sûrs. L’or est le grand moyen des Anglais.

Je vous salue et vous aime.

 

Paris, 5 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

I1 sera écrit, par le ministre de la guerre, une lettre de satisfaction à tous les généraux qui ont été blessés à la bataille de Marengo. Cette lettre sera écrite sur parchemin, en forme de brevet, avec le sceau de la République.

 

Paris, 6 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures

Je  vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître aux magistrats de Hambourg que je suis extrêmement mécontent de la protection qu’ils donnent à tous les libelles qui s’impriment contre la France, et notamment à l’impression d’un journal, appelé le Censeur ; que j’exige que non-seulement ce journal ne paraisse plus, mais que la police en connaisse les auteurs et imprimeurs, et les arrête sur-le-champ; et si, dans l’espace de quinze jours, lesdits auteurs ne sont point traduits dans prisons de Hambourg, à ma disposition, je traiterai le sénat de Hambourg en ennemi.

 

Paris, 6 juillet 1800

ARRÊTÉ

Les Consuls de la République, voulant donner une preuve toute particulière de la satisfaction du peuple français au général de division Victor, commandant la gauche de 1’armée à la bataille de Marengo, lequel s’est conduit avec autant de bravoure que d’intelligence, arrêtent ce qui suit:

Le ministre de la guerre fera donner an général Victor un sabre sur lequel seront inscrits ces mots: Bataille de Marengo, commandée en personne par le Premier Consul. – Donné par le Gouvernement de la République au général Victor.

 

Paris, 7 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l’ordre an général Chasseloup de se rendre en Italie pour commander le génie de l’armée d’ltalie.

Il choisira, entre Saint-Jean-de-Maurienne et la Mont Cenis, un emplacement où l’on pourrait construire un petit fort pour défendre la vallée de la Maurienne. I1 laissera un officier du génie pour lever le plan du terrain, jusqu’à 500 toises du fort. 11 visitera la fort de Montmélian, et tracera les ouvrages qui seraient nécessaires pour occuper la hauteur, mon intention étant que ce fort soit réarmé et mis dans la meilleur état de défense.

Arrivé en Italie, je désirerais, autant que les opérations de l’armée pourront le lui permettre, qu’il choisît l’emplacement et fit le projet d’une forte place sur la Pô, à peu plus à la hauteur de l’embouchure de l’Oglio. Cette place, à cheval sur le Pô, serait, par sa position, maîtresse de l’Italie.

 

Paris, 10 juillet 1800

DÉCISION

Bonaparte, Premier Consul de la République française, d’après le compte qui lui a été rendu de la conduite distinguée et de la bravoure éclatante du citoyen Wadeleux, capitaine aide-de-camp du général Lecourbe, à l’affaire qui a en lieu ä Hochstaedt, la 30 prairial an VIII, au succès de laquelle il contribua efficacement, en retenant les troupes françaises an poste important de Schwenningen, et en se précipitant ensuite, malgré la feu de l’artillerie la plus soutenu, an milieu d’une colonne ennemie, où il alla saisir la commandant et la ramena prisonnier aux acclamations des compagnons de sa valeur,

Lui décerne, à titre de récompense nationale, un sabre d’honneur. I1 jouira des prérogatives attachées à ladite récompense par l’arrêté du 4 nivôse an VIll.

 

Paris, 10 juillet 1800

Au général Bernadotte, commandant en chef l’armée de l’ouest

Je vous ai écrit, Citoyen Général, par un courrier extraordinaire, prévoyant que votre aide de camp vous arriverait un peu tard.

J’attends un rapport du ministre de la guerre sur l’armement de la gendarmerie et sur votre administration.

Je crains, comme vous, que Bourmont et les chefs des chouans ne se conduisent mal; d’ailleurs il ne doit pas y avoir un État dans l’État. Georges est un de ceux qui se conduisent le plus mal. Faîtes-le saisir et fusiller.

Je vous salue et vous aime.

 

Paris, 10 juillet 1800

Au citoyen Talleyrand, Ministre des Relations extérieures

Vous trouverez, Citoyen Ministre, différentes lettres des ministres du gouvernement à Turin et à Milan. Faites leur connaître, ainsi qu’à celui qui est à Gênes, qu’ils doivent correspondre avec vous.

Écrivez leur qu’ils doivent faire tous leurs efforts pour procurer au général Massena les subsistances pour son armée.

Le Piémont pourrait-il procurer deux millions par mois à la caisse de l’armée.

Quelles ressources peut offrir Gênes? Cette république avait autrefois 4 ou 5 mille hommes de troupes soldées; n’est-il pas juste qu’une partie équivalente de troupes francaises soient habillées, nourris et soldes?

Lettres à Talleyrand

 

Paris, 11 juillet 1800

Au citoyen Carnot, ministre de la guerre

D’après la Convention, Citoyen Ministre, faite entre le général Berthier et je général Melas, la moitié des approvisionnements qui se trouvaient dans nos places fortes que les Autrichiens ont évacuées devait leur appartenir; l’autre moitié est à l’armée française.

Les inventaires ont été faits; les Autrichiens ont proposé de vendre leur moitié à l’armée française. Donnez les ordres pour que cette proposition soit acceptée, et pour quo les magasins des places de Tortone, Alexandrie, Gavi, Turin, Pizzighettone, soient le plus promptement possible complétés de la manière suivante:

Alexandrie, pour 3,000 bommes
Tortone. .  . . . .. . . .. . . 1,800,
Gavi . . . . . . . . . .. . . . . . 500
Turin . . . . . . .. . . . . . 1,800
Pizzighettone . . . . . . 600
(pendant six mois.)

Désignez un général, un officier supérieur d’artillerie, un officier supérieur du génie, un commissaire des guerres, un garde-magasin qui seront attachés à chacune de ces places, et ne pourront être changés  que par un ordre de vous.

Donnez an citoyen Daru, inspecteur aux revues, l’ordre de faire dresser, dans chacune des places désignées, un procès-verbal, signé par le commissaire des guerres et le garde-magasin attachés à la place, les approvisionnements existants, et ceux manquants et nécessaires. Ordonnez de compléter ces derniers. On peut prendre les objets nécessaires dans les places non conservées.

Prenez des mesures pour vous assurer de la prompte démolition des places non conservées, et spécialement du château de Bard, des citadelles d’Ivrée et de Milan.

Faîtes connaître au général Masséna qu’il paraît que la cour de Vienne suit son système accoutumé de gagner du temps. Dites-lui de se tenir prêt à déclarer, au commencement de thermidor, à M. de Melas, que les hostilités recommenceront le 10, puisque le temps pour le retour da courrier est passé et que la cour de Vienne ne répond pas; qu’il fasse ses dispositions en conséquence, et qu’un courrier, qui partira d’ici le 26 , portera au général Masséna les derniers ordres du Gouvernement sur cette déclaration.

Faites-lui sentir combien il est important qu’avant le commencement des hostilités il ait fait sauter les citadelles de Milan et de Plaisance et transporter en France et à Gênes l’artillerie qui serait dans ces deux places et à Pavie.

Recommandez-lui de faire approvisionner ses différentes places fortes de manière qu’elles puissent tenir.

 

 Paris , 11 juillet 1800

Au général Moreau, commandant en chef l’armée du Rhin

Je vous félicite, Citoyen Général, sur les brillants succès de votre campagne. Les deux lettres que vous m’avez écrites ont été me chercher à Milan et viennent d’arriver à Paris.

Nous attendons à chaque instant la réponse de Vienne; et, si elle tarde encore quelques jours, nous recommencerons les hostilités en Italie.

Quoique nous soyons menacés de plusieurs débarquements et que les escadres anglaises couvrent nos côtes, un corps considérable composé de Bataves et de Français, va marcher au delà de Mayence.

On active autant que possible l’organisation de la seconde armée de réserve.

 

Paris, 12 juillet 1800

Au général Brune, commandant en chef l’armée de Réserve

Je reçois, Citoyen Général, votre lettre du 20 messidor.

Le fait est que vous allez occuper la Suisse; tout le reste n’est que des mots. Mon intention est, si les circonstances ne s’y oppose pas, de faire marcher votre armée en corps.

J’ai pris un arrêté pour que les troupes campées aient les vivres de campagne.

Je vais donner l’ordre que l’on fasse passer encore des fonds à votre armée.  Avant de faire marcher vos corps, habillez-les.

Je désire fort apprendre que vous avez commencé l’organisation de votre artillerie.

 

 Paris, 13 juillet 1 800

Au citoyen Forfait, ministre de la marine

Je vois avec peine, Citoyen Ministre, dans le rapport quo vous me faites, quo l’on a sacrifié l’armement de l’escadre à celui d’an grand nombre de petits bâtiments. Je vous prie de prendre toutes les me sures nécessaires pour qu’au commencement de fructidor les escadres de Brest, Lorient et Rochefort soient armées, dans le cas de se réunir et en état de tenir la mer.

Faites-moi un rapport sur les mesures que vous prendrez pour l’exécution de cet ordre.

 

Paris, 13 juillet 1800

Au citoyen Forfait

Vous voudrez bien, Citoyen Ministre, témoigner le mécontentement du Gouvernement au commandant des armes et à l’ordonnateur de 1a marine à Dunkerque, de ce qu’ils n’ont pas mis dans la rade des chaloupes canonnières qui auraient pu empêcher le brûlots d’avancer et protéger les frégates.

Il est également nécessaire de rendre an Gouvernement un compte exact pourquoi ces frégates n’étaient pas encore rendues à Flessingue. C’était évidemment les exposer quo de les faire séjourner autant de temps dans la rade de Dunkerque.

 

Paris, 14 juillet 1800

ALLOCUTION AUX GÉNÉRAUX PORTEURS DES DRAPEAUX PRIS SUR L’ENNEMI.

Les drapeaux présentés au Gouvernement devant le peuple de cette immense capitale attestent le génie des généraux en chef Moreau, Masséna et Berthier, les talents militaires des généraux leurs lieutenants, et la bravoure du soldat français.

De retour dans les camps, dites aux soldats que, pour l’époque du ler vendémiaire, où nous célébrerons l’anniversaire de la République,
le peuple français attend ou la publication de la paix, ou, si l’ennemi y mettait des obstacles invincibles, de nouveaux drapeaux, fruits de nouvelles victoires.