Correspondance de Napoléon – Janvier 1802

Janvier 1802

 

Paris, 2 janvier 1802

MESSAGE AU CORPS LÉGISLATIF

Législateurs, le Gouvernement a arrêté de retirer les projets de loi du code civil et celui sur le rétablissement de la marque pour les condamnés.

C’est avec peine qu’il se trouve obligé de remettre à une autre époque les lois attendues avec tant d’intérêt par la nation; mais il est convaincu que le temps n’était pas venu où l’on portera dans ces grandes discussions le calme et l’unité d’intentions qu’elles demandent.

 

Paris, 5 janvier 1802

A S. S. LE PAPE.

Très-saint Père, M. de Clermont-Tonnerre, ancien évêque de Châlons-sur-Marne, s’est comporté convenablement; il a répondu sans hésiter à rappel qui lui a été fait par Votre Sainteté: il a donné sa démission. Il se rend auprès d’elle. Je verrai avec plaisir tout ce qu’elle voudra bien faire pour ce prélat.

 

Paris, 6 janvier 1802

Au citoyen Aloys Reding, à Paris

(Alois Reding, 1765-1818, militaire et homme politique suisse. Fédéraliste convaincu, il fut deux fois, en 1801 et 1802, élu à la tête du gouvernement helvétique. essayera en vain de faire modifier la Constitution helvétique)

Citoyen Reding, depuis deux ans vos compatriotes m’ont quelque-fois consulté sur leurs affaires. Je leur ai parlé comme l’aurait fait le premier magistrat des Gaules, dans le temps où l’Helvétie en faisait partie.

Les conseils que je leur ai donnés pouvaient les conduire à bien et leur épargner deux ans d’angoisses; ils en ont peu profité. Vous me paraissez animé du désir du bonheur de votre patrie. Soyez secondé par vos compatriotes, et que l’Helvétie se replace enfin parmi les puissances de l’Europe.

Les circonstances de la guerre ont conduit les armées françaises sur votre territoire. Le désir de la liberté a armé vos peuples, et surtout ceux des campagnes, contre les privilégiés. Des événements de différente nature se sont succédé en peu d’années. Vous avez éprouvé de grands maux; un grand résultat vous reste, l’égalité et la liberté de vos concitoyens.

Quel que soit le lieu où naisse un Suisse aujourd’hui, sur les bord du Léman comme sur ceux de l’Aar, il est libre; c’est la seule chose que je voie distinctement dans votre état politique actuel.

La base du droit public de l’Europe est aujourd’hui de maintenir dans chaque pays l’ordre existant. Si toutes les puissances ont adopté ce principe, c’est que toutes ont besoin de la paix et du retour de relations diplomatiques et commerciales.

Le peuple français doit donc, autant qu’il est en lui, maintenir dans votre pays ce qui existe.

Il est vrai que vous êtes sans organisation, sans gouvernement, sans volonté nationale….. Pourquoi vos compatriotes ne feraient-il pas un effort ? Qu’ils évoquent les vertus patriotiques de leurs pères. Qu’ils sacrifient l’esprit de système, l’esprit de faction à l’amour du bonheur et de la liberté publique.

Alors vous ne craindrez pas d’avoir des autorités qui soient le produit de l’usurpation momentanée d’une faction; vous aurez un gouvernement, parce qu’il aura pour lui l’opinion et qu’il sera le résultat de la volonté nationale. Toute l’Europe renouvellera ses relation avec vous. La France ne sera arrêtée par aucun calcul d’intérêt particulier; elle fera tous les sacrifices qui pourront assurer davantage votre constitution, l’égalité et la liberté de vos concitoyens; elle continuera par là à montrer pour vous ces sentiments affectueux et paternels qui , depuis tant de siècles, forment les liens de ces deux parties indépendantes d’un même peuple.

 

Paris, 7 janvier 1802

ARRÊTÉ

Le premier Consul étant appelé à Lyon pour répondre aux vœu d’une république alliée et par divers objets  d’administration publique, les Consuls arrêtent qu’en l’absence du premier Consul tous les actes du Gouvernement seront signés par le second consul, lequel fera précéder sa signature de ces mots : En l’absence du Premier Consul.

 

Paris, 7 janvier 1802

MESSAGE AU SÉNAT CONSERVATEUR

Sénateurs, l’article 38 de la Constitution veut que le renouvellement du premier cinquième du Corps législatif et du Tribunat ait lieu dans l’an X, et nous touchons au quatrième mois de cette année. Les Consuls ont cru devoir appeler votre attention sur cette circonstance. Votre sagesse y trouvera la nécessité de vous occuper sans délai des opérations qui doivent précéder ce renouvellement.

 

Paris, 7 janvier 1802

Au général Berthier, ministre de la guerre

Quatre frégates et trois vaisseaux de guerre vont être prêts à Brest pour porter un corps de troupes à la Guadeloupe.

Donnez l’ordre au général Gobert (Jacques-Nicolas Gaubert, 1760-1808) de se rendre en toute diligence à Brest, pour y réunir ce corps de troupes et préparer tout ce qui est nécessaire pour cette expédition, qui sera commandée par un général de division, deux généraux de brigade, et composée des deux bataillons de la 66e, qui seront complétés à 1,600 hommes, d’un bataillon de la 15e de ligne complété à 700 hommes, d’un bataillon de la 82e complété à 600 hommes, d’un bataillon expéditionnaire composé des compagnies garde-côtes les plus près de Brest, complété à 500 hommes, de 100 canonniers et huit pièces de canon de campagne, douze ouvriers d’artillerie, 200 cartouches par homme, un chef de brigade d’artillerie, un chef de brigade du génie et quatre capitaines ou lieutenants de chaque arme. Vous ferez embarquer également un millier d’outils à pionniers, un commissaire ordonnateur, deux commissaires des guerres, deux adjudants commandants et six adjoints à l’état-major.

Vous tiendrez secret le but de cette expédition. Incessamment je vous ferai connaître le général de division qui devra commander en chef.

 

Paris, 7 janvier 1802

Au général Berthier

Il va partir de Brest, Citoyen Ministre, trois vaisseaux de guerre armés en flûte, pour porter les hommes qui n’ont pu s’embarquer, appartenant à l’expédition de Saint-Domingue, ainsi que les différents objets d’habillement, de vivres et d’artillerie nécessaires à l’expédition. Vous donnerez l’ordre que, lorsque l’on aura fait embarquer tous les hommes qui étaient au dépôt des bataillons qui sont embarqués, qu’on y joigne jusqu’à la concurrence de 1,500 hommes, en faisant marcher un détachement de 100 ou 200 hommes, de chacune des 31e, 38e, 71e et 79e demi-brigades, et d’y joindre tout ce qui appartient à la légion expéditionnaire ou à la légion de la Loire.

 

Paris, 7 janvier 1802

ARRÊTÉ

ARTICLE 1er. – Il sera formé un escadron de 150 Mameluks.
ART. 2. – Cet escadron sera organisé comme un escadron de hussards. Il sera commandé par le chef de brigade Rapp.
ART. 3. – Les soldats et officiers seront tous pris parmi les Mameluks, Syriens et Coptes venant de l’armée d’Orient, et qui ont fait la guerre avec l’armée française.
ART. 4. – Il y aura deux officiers français, dont l’un sera chargé de l’administration , de l’habillement , l’autre de la police et de l’instruction du corps, un quartier-maître français et deux secrétaire interprètes, un par compagnie, qui auront le traitement de caporal fourrier.
ART. 5. – Leur solde et leurs masses seront réglées de manière qu’ils ne coûtent pas davantage qu’un escadron de chasseurs de 1a garde. A cet effet, on diminuera leur solde pour augmenter leur masse d’habillement.
ART. 6. – Il leur sera donné le même uniforme que portent les Mameluks, et, pour marque de récompense de leur fidélité à l’armée française, ils porteront le turban vert.
ART. 7. – Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

 

Paris, 7 janvier 1802

ARRÊTÉ

ARTICLE 1er. – Tous les individus grecs, coptes, égyptiens ou syriens, qui ont suivi l’armée française en Orient, formeront un bataillon divisé en autant de compagnies qu’il y aura de fois quatre-vingts hommes. Il sera organisé et soldé comme un bataillon d’infanterie légère.
ART. 2. – Tous les officiers et soldats devront être natifs , d’Orient, s’être battus avec l’armée française et l’avoir suivie dans sa retraite, ou avoir fait partie des légions coptes ou grecques qui étaient en Égypte au service de la République.
ART. 3. – Il y aura un quartier-maître français et, par compagnie, un caporal-fourrier interprète.
ART. 4. – Le ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent arrêté.

 

Paris, 7 janvier 1802, Il heures du soir

Au citoyen Joseph Bonaparte

Je pars demain, à minuit, pour Lyon. Je ne resterai que onze à douze jours.

Je crois que le général Bernadotte s’est rendu à Amiens. Qu’il y soit ou non, je désire qu’il le fasse connaître s’il lui convient d’aller à la Guadeloupe comme capitaine général. Cette île prospère, sa culture est dans la plus grande activité; mais Lacrosse, s’étant indisposé les habitants et n’ayant avec lui que cinq cents blancs, en a été chassé, et un mulâtre s’est mis à la tête de la colonie. Ils ignoraient alors la paix. On fait partir trois vaisseaux, quatre frégates et 3,000 hommes de bonne infanterie, afin de désarmer les noirs et de rétablir pour toujours la tranquillité. C’est une mission importante et agréable sous tous les points de vue, puisqu’il y a aujourd’hui quelque gloire à acquérir et un grand service à rendre à la République, en faisant rentrer pour toujours cette colonie dans l’ordre. D’ailleurs, c’est une position d’où l’on peut partir pour aller prendre possession de la Louisiane, et même de la Martinique et de Sainte- Lucie.

Si ceci tente l’ambition de Bernadotte, comme il parait que cela est, il faut que tu me le fasses promptement connaître; car l’expédition partira dans pluviôse, et ces missions aux colonies sont demandées par les généraux qui ont le plus de réputation.

J’attends le retour du courrier pour y nommer.

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Il est utile que tu gardes le secret sur tout cela.

 

Lyon, 13 janvier 1802

Au consul Cambacérès

J’ai reçu, Citoyen Consul, vos deux lettres des 19 et 20 nivôse (9 et 10 janvier). J’ai mis soixante heures pour arriver à Lyon; de Lyon à Paris tout est couvert de gel.

Je suis arrivé à Lyon à neuf heures du soir, et j’ai lieu d’être extrêmement satisfait des preuves d’attachement que me donnent les Lyonnais, et du mouvement que je vois dans toutes les têtes et dans tous les ateliers pour relever cette première ville manufacturière la République.

Je désire que vous causiez avec le ministre de la guerre, pour qu’il prenne des mesures efficaces pour habiller promptement les troupes de l’armée d’Orient, qui, par le froid qu’il fait, sont encore avec des pantalons de toile.

Il est impossible d’être plus coupable que l’a été le maire Bruxelles; il a manqué aux principes qui servent de base à la société et à l’autorité. Il doit constamment être, sous notre gouvernent, un homme à surveiller, et jamais à employer. Une fois destitué je ne crois pas convenable qu’il retourne de sitôt à Bruxelles.

Faites mon compliment au ministre de la police sur l’arrestation de cet escroc faiseur de bulletins. Il est nécessaire que l’on fasse arrêter à la poste toutes les lettres qui lui sont adressées, et que, conformément à l’usage établi, on les ouvre devant lui, en gardant.

L’indignation est générale en France contre la mauvaise conduite du Tribunal.

On témoigne ici un grand mécontentement contre les jeux. Je désirerais que l’on fit discuter au Conseil d’État la question de supprimer les jeux dans toute les villes de la République, hormis Paris; c’est un objet de scandale.

Plusieurs inspecteurs qui sont ici n’ont pas trouvé à leurs corps des chefs de brigade; il est nécessaire que le ministre de la guerre leur donne l’ordre de les rejoindre.

J’ai reçu de l’empereur de Russie une lettre qui est extrêmement bien et dans laquelle il me promet de protéger notre commerce.

Il y a ici un monde considérable qui afflue des environs. Les vivres y sont généralement abondants.

 

Lyon, 14 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je reçois, Citoyens Consuls, votre lettre du 21.

Il fait ici un froid excessif, et je passe les matinées, de midi à six heures, à recevoir les préfets et les notables des départements voisins. Vous savez que, dans ces sortes de conférences, il faut parler longtemps.

Ce soir, la ville de Lyon donne un concert et un bal; je vais y aller dans une heure.

Les travaux de la Consulte avancent.

Les troupes de l’armée d’Orient arrivent à force à Lyon; je prends des mesures pour les faire habiller; je compte en passer la revue le 28.

Je continue à être extrêmement satisfait de tout ce que je vois, soit du peuple de Lyon, soit du midi de la France.

Les négociations d’Amiens me paraissent avancer.

Je vous félicite de la manière dont tout marche dans vos mains.

Joseph m’a écrit que lord Cornwallis lui avait dit que le cabinet britannique avait reçu des nouvelles de Saint-Domingue favorables à l’escadre française, que la division s’était manifestée dans l’armée de Toussaint.

 

 Lyon, 16 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

J’ai reçu, Citoyens Consuls, vos dépêches des 22 et 23 nivôse.

Je ne vois pas d’inconvénient à autoriser le ministre du trésor public à traiter avec la famille d’Iranda aux meilleures conditions possibles. Cependant, je persiste toujours à penser qu’il nous faudrait 1,500,000 francs.

Il faudra attendre la dépêche du préfet maritime de Toulon sur l’objet de la lettre de l’amiral Reith, pour pouvoir y répondre.

Il n’y a aucune espèce de doute que, dès l’instant que les 21 compagnies de grenadiers de la marine arriveront à Toulon, elles ne doivent rejoindre leurs corps respectifs.

Les Lyonnais nous ont donné une fête très-distinguée; vous en trouverez ci-joint le détail, ainsi que les vers qui ont été chantés.

Je vais très-lentement dans mes opérations, car je suis obligé de passer toutes les matinées à recevoir des députations des départements voisins.

Il fait aujourd’hui très-beau, mais très-froid.

Le bien-être de l’intérieur de la République est sensible depuis deux ans. Lyon, pendant les années VIII et IX, a vu accroître sa population de plus de 20,000 âmes, et tous les manufacturiers que j’ai vus de Saint-Étienne, d’Annonay, etc., m’ont dit que leurs fabriques sont en grande activité.

Toutes les têtes me paraissent pleines d’activité, non de celle qui désorganise les empires, mais qui les recrée et produit leur prospérité et leur richesse.

Je passerai en revue, le 28, près de six demi-brigades de l’armée d’Orient.

 

Lyon, 16 janvier 1802

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

J’ai reçu, Citoyen Ministre, votre rapport du 23. Je désire que Fouilhoux soit interrogé devant un juge de paix, afin de mettre au jour la conduite indigne de M. de Markof. Vous m’enverrez par un courrier extraordinaire ces interrogatoires, que vous ferez faire avec soin, mon intention étant de les envoyer directement à Alexandre. Faites-les-moi passer le plus tôt possible.

 

Lyon, 17 janvier 1802

Je reçois, citoyen consul, votre lettre du 24.

Vous trouverez ci-joint deux notes que je désire que vous fassiez insérer dans le Moniteur ; elles nous viennent, par un courrier extraordinaire, de Constantinople. Quoique avec beaucoup de difficulté le citoyen Sebastiani a eu son audience du sultan Selim.

Le froid est encore aujourd’hui considérablement augmenté. La Saône est prise et le Rhône le sera probablement cette nuit.

J’ai tous les jours de grandes conférences avec les préfets.

Le travail de la Consulte avance.

Les troupes d’Égypte ne seront passablement habillées que décadi et je compte ce jour-là les passer en revue.

 

Lyon, 18 janvier 1802

Au consul Cambacérès

Je viens de recevoir la députation de Bordeaux. Elle m’a remis une pétition pour me solliciter de passer dans leur ville, ce que je leur ai promis de faire, lorsque leurs relations seraient en pleine activité avec les Antilles et l’île de France.

Votre lettre du 25 m’a instruit des délibérations du Sénat. Je vous prie de tenir la main à ce qu’on nous débarrasse exactement des vingt et des soixante mauvais membres que nous avons dans les autorités constituées. La volonté de la nation est que l’on n’empêche point le Gouvernement de faire le bien, et que la tête de Méduse ne se montre plus dans nos tribunes ni dans nos assemblées.

La conduite de Sieyès dans cette circonstance prouve parfaitement qu’après avoir concouru à la destruction de toutes les constitutions depuis 1791, il veut encore s’essayer contre celle-ci. Iil est bien extraordinaire qu’il n’en sente pas la folie. Il devrait faire brûler un cierge à Notre-Dame pour s’être tiré de là si heureusement et d’une manière si inespérée. Mais plus je vieillis, et plus je m’aperçois que chacun doit remplir son destin.

J’imagine que vous aurez pris toutes les mesures pour démolir le Châtelet.

Si le ministre de la marine a besoin des frégates du roi de Naples, il peut s’en servir. Il serait même bon qu’il les fit partir le plus tôt possible pour l’Amérique. Tout s’arrangera après avec le roi de Naples.

Le froid a beaucoup diminué aujourd’hui.

Le général Jourdan, qui est arrivé aujourd’hui du Piémont, me rend un compte assez satisfaisant de cette province.

Les opérations de la Consulte avancent. Toutes les lois organiques se rédigent.

J’ai conféré une partie de la matinée avec les préfets.

Je vous recommande de voir le ministre de la marine pour vous assurer que les vivres de Saint-Domingue sont partis.

Le chef de brigade qui devait fait porter plainte était le chef du 22e chasseurs, l’inspecteur ne l’ayant pas trouvé à son inspection. J’ai vu hier différents ateliers. J’ai été satisfait de l’industrie et de la sévère économie dont j’ai cru entrevoir que la fabrique de Lyon use envers ses ouvriers.

Je devais aujourd’hui faire ma parade, mais je l’ai remise au 5 pluviôse, les troupes de l’armée d’Orient n’étant pas encore habillées; j’ai l’espoir, au contraire, que le 5 elles le seront; ce qui offrira un coup d’œil satisfaisant.

J’ai vu avec grand plaisir l’arrêté que vous avez pris sur le Châtelet. Si les temps devenaient rigoureux , je ne vois pas que la mesure que vous avez prise de donner 3,000 francs pour les ateliers extraordinaires soit suffisante. Il serait nécessaire que vous ordonnassiez qu’indépendamment des 100,000 francs que le ministre de l’intérieur donne par mois aux comités de bienfaisance, on y joignît 25,000 francs d’extraordinaire pour distribuer du bois; et, si le froid revenait, il faudrait, comme en 89, faire allumer du feu dans les églises et autres grands établissements pour chauffer beaucoup de monde.

Je compte être à Paris dans le courant de la décade. Je vous prie de voir s’il ne serait pas convenable de mettre dans Le Moniteur ledernier message au Sénat, et de mettre à la fin deux lignes pour dire que le Sénat a nommé une commission qui a fait son rapport dans la séance du ……… et qu’il a décidé qu’il procéderait au renouvellement conformément à l’article 38 de la Constitution, etc.

Plusieurs renseignements qui me sont venus me porteraient croire que Caprara exige que des prêtres signent des formulaires ou professions de foi, à peu près en ces termes : ” Aimons d’ailleurs faire ici une profession solennelle d’un respect filial, d’une soumission parfaite, d’une obéissance ponctuelle envers. . . . . ” Ces renseignements me sont venus, entre autres, de Maëstricht. Je vous prie d’en conférer avec Portalis. Cette formule paraît bien inconcevable.

 

Lyon, 20 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je désirerais, Citoyens Consuls, que le ministre du trésor public envoyât dans la 16e division militaire le citoyen Roger, pour y vérifier la comptabilité du payeur et des principaux receveurs des départements qui composent cette division. Je désirerais également que le ministre du trésor public envoyât à Rennes un homme comme le citoyen Roger, pour faire la même opération dans la 13e division militaire.

Faites aussi partir les conseillers d’État Thibaudeau et Fourcroy, l’un pour la 13e division militaire et l’autre pour la 16e, pour inspecter ces divisions comme ils l’ont l’ait déjà dans leur précédente mission. Une partie des plaintes vient de ce que le ministre de la guerre n’a pas fait toucher aux officiers l’indemnité de fourrage et de logement pour le premier trimestre de l’an X; de ce que les receveurs gardent longtemps les fonds et que les payeurs payent le plus tard qu’ils peuvent. Recommandez au ministre de la guerre de porter une attention toute particulière à ces deux divisions, pour leur faire toucher l’indemnité de fourrage et de logement.

Les payeurs et les receveurs forment la plus grande plaie de l’État. Dans les 7e, 19e, 18e divisions militaires, il n’y a aucune plainte relative à la solde.

Je désire que le ministre du trésor public écrive à Semonville pour lui faire connaître qu’ayant disposé pour le service de nivôse des six millions que nous doit la Batavie, il est instant qu’il envoie le plus promptement possible, comme il en a été chargé par le ministre des relations extérieures, les acceptations de la Batavie, afin que nous puissions négocier ces six millions.

 

Lyon, 20 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

D’après ce que m’ont dit ici différents agents comptables, il m’a paru que la manière de faire le service de la recette des loteries est extrêmement onéreuse; il en coûte 2 pour l00 pour avoir des sommes à Paris que l’on renvoie ensuite à Lyon. Il serait bien plus simple d’ordonner que l’argent provenant des loteries dans les quatre grandes communes fût versé, chaque décade, dans la caisse du payeur, qui ne l’emploierait que d’après les dispositions de la trésorerie. Si le procès-verbal de versement était fait en présence du préfet, du payeur et de l’agent de la loterie, il n’en coûterait rien pour ce service.

L’opération ordonnée par le ministre des finances pour restituer aux receveurs de l’enregistrement les sommes que ceux-ci auraient avancées pour solder les frais de prisons et de justice dans les premiers mois de l’an X, moyennant les envois d’argent que vous avez faits aux payeurs, n’a pas encore eu lieu; ce qui fait que, si cela est de même dans toute la République, cela nous fait un retard sept à huit millions. Il est nécessaire d’envoyer une instruction aux payeurs, et que le citoyen Duchâtel envoie aux receveurs une instruction sur cet objet

Presque tous les receveurs ont besoin d’être vérifiés.

 

Lyon, 20 janvier 1802

Au général Berthier, ministre de la guerre

Les trois demi-brigades helvétiques, Citoyen Ministre, sont réduits à presque rien, puisqu’elles ne forment que 400 ou 500 hommes chacune. Prenez, je vous prie, les mesures pour les compléter. est inutile de dépenser beaucoup d7argent à maintenir des trous alliées dans lesquelles il n’y aurait q-ne des officiers.
Il serait bon aussi de leur donner un autre uniforme que l’ha bleu; elles pourraient reprendre le rouge; ce qui rendrait leur habillement plus facile.

 

Lyon, 21 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je reçois votre courrier du 28. Démeunier et Berruyer étaient l’un et l’autre bons pour le Sénat.

Recommandez au ministre de la marine de ne pas laisser séjourner à Brest la flotte batave.

Portez une grande attention à ce que les vingt mauvais membres du Tribunat soient ôtés. Vous pouvez très-certainement assurer que tant que des hommes comme Thiessé (Nicolas-François Thiesse, 1759-1834. Il s’oppose aux rétablissement des tribunaux criminels spéciaux, et va être éliminé du Tribunat), Chazal (Jean-Pierre Chazal, 1766-1840. C’est lui qui a remplacé Lucien Bonaparte aux Cinq-Cents, lors de la séance du 18 brumaire. Opposé au Code civil, il va bientôt être éliminé du Tribunat), Chénier (Marie-Joseph Chénier, 1764-1811. Opposé à Bonaparte, il va aussi être éliminé et nommé inspecteur général de l’instruction publique) et Garat (Jacques-Joseph Garat-Mailla, 1767-?) seront au Tribunat, je ne présenterai aucun projet de loi.

J’ai été hier pendant une heure à un bal qu’a donné le commerce à ma femme; il était fort beau.

Le temps s’est tout à fait adouci.

 

Lyon, 22 janvier l802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je n’ai reçu, Citoyens Consuls, votre courrier du 29 (19 janvier) qu’aujourd’hui à trois heures après midi. Le dégel et les inondations ont retardé de quelques heures votre courrier.

Le service des fourrages est entièrement désorganisé dans le département de la Drôme; il faudrait retenir 10,000 francs sur l’ordonnance de pluviôse, jusqu’à ce que ce service soit au courant.

Les hôpitaux civils, auxquels il n’est accordé que 14 sous pour les journées des militaires malades, se plaignent de n’avoir encore rien reçu pour l’an X. Celui de Valence réclame même, avec l’an X, le moisde fructidor an IX.

Le travail de l’organisation des troupes piémontaises, que j’ai signé, il y a plus d’un mois, n’est pas encore arrivé à Turin; ce qui met de l’incertitude parmi ces troupes. En général, il y a du retard et peu d’activité dans le département de la guerre; c’est l’opinion de tous ceux qui ont affaire avec ce département.

Il est indispensable que le ministre de la guerre envoie un ancien bon ordonnateur à Turin.

On paraît content de l’ordonnateur qui est à Lyon; il n’est cependant point compris dans le travail. Je désire qu’il y soit compris et qu’on le laisse à Lyon.

Toutes les principales dispositions de la Consulte sont arrêtées.

Je compte toujours être dans le courant de la décade à Paris.

Il serait à désirer que le Sénat nommât une douzaine de préfets, soit au Tribunat, soit au Corps législatif; celui du Mont-Blanc serait du nombre.

Je désirerais que vous fissiez mettre dans les journaux plusieurs articles pour relever l’escroquerie de Fouilhoux, et tourner en ridicule les gobe-mouches étrangers qui répandaient des bruits absurdes, tous fondés sur le bulletin d’un petit escroc qui n’avait pas de quoi dîner et qui les a dupés. Il est bon de revenir plusieurs fois sur cet objet.

 

Lyon, 22 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Tous les renseignements qui me viennent, Citoyens Consuls, des Alpes-Maritimes, me portent à désirer que le commissaire des guerres, l’inspecteur aux revues, les commissaires de la marine soient changés. Le ministre de la guerre recommandera au général commandant la division de changer la garnison de Nice, afin de mettre un terme à toutes les divisions qui existent dans ce département.

 

Lyon, 23 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

J’ai reçu, Citoyens Consuls, votre lettre du 30. J’ai fini aujourd’hui mon dernier conseil d’administration avec les préfets du Midi.

Tous les officiers de l’armée d’Orient que je vois ici paraisse confirmer les rapports qui avaient été faits contre plusieurs généraux de cette armée.

Le dégel qui continue me fait craindre de trouver de très-mauvais chemins.

Je vous enverrai demain une copie de la Constitution cisalpine qui est enfin arrêtée. Je m’occupe actuellement de la nomination de leurs autorités, ce qui n’est pas une petite besogne.

J’imagine qu’à l’heure qu’il est Azara sera parti pour Amiens.

Je ne vois pas d’inconvénient à ce que l’archevêque d’Aix et l’évêque de Lescar se rendent à Bruxelles; nous serons ensuite à mêmede voir ce qu’il faudra faire.

 

Lyon, 24 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je reçois votre lettre du ler pluviôse (21 janvier); j’y vois avec peine la note qu’y a insérée le citoyen Lebrun. J’imagine que je serai à Paris à fin de la décade, et que je pourrai faire connaître moi-même au Sénat la situation où l’on se trouve. Je ne crois pas qu’il soit possible de continuer à marcher, lorsque les autorités constituées sont composé d’ennemis; le système n’en a pas de plus grand que Daunou, et puisque enfin toutes ces affaires du Corps législatif et du Tribunal ont fait un esclandre, la moindre chose que puisse faire le Sénat, c’est d’ôter les vingt membres dissidents et d’y mettre vingt hommes bien pensants.

Le moindre résultat que pourraient avoir dans ce moment-ci les mauvais choix du Sénat serait que, d’ici à une ou deux années, on ne présenterait plus aucun projet de loi, ce qui, nécessairement, pousserait à bout la patience de la nation. Je désire beaucoup que vous vous en expliquiez dans ce sens.

Demain je passe la revue des troupes d’Égypte. Le 6, toutes les affaires de la Consulte seront terminées, et il est probable que le 7 je me mettrai en route.

 

Lyon, 25 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Je reçois, Citoyens Consuls, votre lettre du 2 pluviôse.

J’ai eu aujourd’hui parade sur la place Bellecour. La journée a été superbe, le soleil était comme au mois de floréal. La Consulte a nommé un comité de trente individus, qui lui a fait un rapport, que, vu les circonstances intérieures et extérieures de la Cisalpine, il était indispensable de me laisser gérer la première magistrature, jusqu’à ce que les circonstances permettent et que je juge convenable de nommer un successeur. Demain je compte me rendre à la Consulte réunie; on y lira la Constitution, les nominations, et tout sera terminé. Je serai à Paris décadi.

Vous devez avoir actuellement presque toutes les listes; comme tous les citoyens ont été en mouvement pour faire ces listes, je crois qu’il ne serait pas convenable de ne pas les suivre, d’autant plus que l’on m’assure que partout elles sont bien faites. Je ne pense pas qu’il soit convenable que je présente un message pour ne pas choisir dans les listes.

Les généraux qui sont à Lyon ont pensé devoir donner un grand bal, ce soir, à ma femme; je compte y passer une demi-heure.

Les lettres d’Alger nous apprennent que la paix est enfin conclue avec le dey d’une manière convenable.

 

Lyon, 26 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

J’ai reçu, Citoyens Consuls, votre lettre du 3 pluviôse (23 janvier). Je crois qu’il est bon d’attendre la signature de la paix à Amiens, avant de lever l’état de siège de la ville de Brest.

A deux heures, je me suis rendu dans la salle des séances de la Consulte extraordinaire; j’y ai prononcé en italien un petit discours dont vous trouverez ci-joint la traduction française. On y a lu la Constitution, la première loi organique, celle relative au clergé; le différentes nominations ont été proclamées.

Je vous enverrai demain le procès-verbal de toute la Consulte dans lequel se trouvera la Constitution.

Les deux ministres, quatre conseillers d’État, vingt préfets, des généraux et officiers supérieurs m’ont accompagné. Cette séance a eu de la majesté, une grande unanimité, et j’espère du congrès de Lyon tout le résultat que j’en attendais.

Je crois qu’il est inutile, si l’on ne fait pas courir dans les journaux de fausses nouvelles sur le congrès de Lyon, que vous publiiez rien avant l’arrivée du courrier que je vous expédierai demain. Ce ne serait que dans le cas on l’on aurait répandu que la Consulte m’a nommé président que vous pourriez faire imprimer les deux pièces ci-jointes qui font connaître la véritable tournure qu’ont prise les choses.

Je passerai la journée de demain à Lyon pour terminer tout, je partirai dans la nuit. Je serai décadi à Paris.

Je vous renvoie la lettre du ministre de la marine. Puisque la réparations à faire aux frégates napolitaines sont si considérables, il faut les laisser comme elles sont, jusqu’à ce que l’on décide quelque chose.

Ordonnez au ministre de la guerre de donner des instructions pour que tout reste à Flessingue comme cela a existé jusqu’à cette heure. Le traité de la Haye est positif, et nous n’avons aucune raison de nous en relâcher. On doit choisir pour commander à Flessingue un homme de tête et considéré, qui ne se laisse pas influencer par les Bataves, et qui sache toujours garder sa juste position.

On a frappé à Lyon une médaille relative à la Consulte; je vous envoie deux; on en a frappé à Milan que l’on m’a envoyées: je vous en envoie deux en or; je vous prie de donner les trois en argent aux citoyens Portalis, Roederer et Regnier. Vous pouvez faire mettre dans le Moniteur les rapports ci-joints du ministre de la police générale

 

Lyon, 26 janvier 1802

DISCOURS PRONONCÉ DEVANT LA CONSULTE EXTRAORDINAIRE

La République Cisalpine, reconnue depuis Campo-Formio, a déjà éprouvé bien des vicissitudes.

Les premiers efforts que l’on a faits pour la constituer ont mal réussi.

Envahie depuis par des armées ennemies, son existence ne paraissait plus probable, lorsque le peuple français, pour la seconde fois, chassa, par la force de ses armes, vos ennemis de votre territoire.

Depuis ce temps, on a tout tenté pour vous démembrer …..

La protection de la France l’a emporté.

Vous avez été reconnus à Lunéville.

Accrus d’un cinquième, vous existez plus puissants, plus consolidés, avec plus d’espérances!

Composés de six nations différentes, vous allez être réunis sous le régime d’une constitution plus adaptée que toute autre à vos mœurs et à vos circonstances.

Je vous ai réunis à Lyon, autour de moi,  comme les principaux citoyens de la Cisalpine. Vous m’avez donné les renseignements nécessaires pour remplir la tâche auguste que m’imposait mon devoir, comme premier magistrat du peuple français et comme l’homme qui a le plus contribué à votre création.

Les choix que j’ai faits pour remplir vos premières magistratures l’ont été indépendamment de toute idée de parti, de tout esprit de localité.

Celle de président, je n’ai trouvé personne parmi vous qui eût encore assez de droit sur l’opinion publique, qui fût assez indépendant de l’esprit de localité et qui eût enfin rendu d’assez grands services à son pays, pour la lui confier.

Le procès-verbal que vous m’avez fait remettre par votre comité des trente, où sont analysées avec autant de précision que de vérité les circonstances extérieures et intérieures dans lesquelles se trouve votre patrie, m’a vivement pénétré.

J’adhère à votre vœu. Je conserverai encore, pendant le temps que ces circonstances le voudront, la grande pensée de vos affaires.

Au milieu de ces méditations continuelles qu’exige le poste où je me trouve, tout ce qui vous sera relatif et pourra consolider votre existence et votre prospérité ne sera point étranger aux affections les plus chères de mon âme.

Vous n’avez que des lois particulières : il vous faut désormais des lois générales.

Votre peuple n’a que des habitudes locales : il faut qu’il prenne des habitudes nationales.

Enfin vous n’avez point d’armée; les puissances qui pourraient devenir vos ennemis en ont de fortes; mais vous avez ce qui peut les produire, une population nombreuse, des campagnes fertiles, l’exemple qu’a donné dans toutes les circonstances essentielles le premier peuple de l’Europe.

 

Lyon, 26 janvier 1802

Au citoyen Fouché, ministre de la police générale

J’ai reçu, Citoyen Ministre, vos différents rapports, les deux interrogatoires de Fouilhoux, ainsi que le premier rapport sur les papiers de Bayreuth (Il s’agit de la correspondance des agents du comte d’Artois, saisie à Paris). Je verrai avec plaisir imprimer, comme vous le proposez , tout ce qui résultera du dépouillement de ces papiers.

J’imagine que vous aurez fait arrêter le chevalier d’Antibes, de vous saisir de ses papiers et l’interroger. Vous aurez aussi fait arrêter la colporteuse du bulletin de cet escroc.

La reddition de Rohu et de sa bande, dans le Morbihan, aurait effet funeste, si on lui accordait une amnistie. Il pourrait servir utilement en l’envoyant en Amérique; mais ni lui ni sa bande doivent espérer rester en France.

Je désirerais que vous me fissiez un rapport sur ces 2,400 fusils que vous avez confisqués, dont je ne me souviens que confusément.

 

Lyon, 26 janvier 1802

Aux consuls Cambacérès et Lebrun

Vous trouverez ci-joint, Citoyens Consuls, le procès-verbal de tout le congrès de Lyon, avec la Constitution et les différentes nominations. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que l’on fasse de cela une petite brochure.

Vous trouverez ci-joint copie de la lettre que j’ai écrite aux maires de Lyon, en leur remettant trois écharpes; vous pouvez la faire mettre dans le Moniteur.

Je pars demain à sept heures du matin; j’irai coucher à Roanne afin d’avoir le temps de voir l’emplacement du pont. Le 9, j’irai à Nevers. Je serai décadi, fort tard, à Paris.

Je recevrai probablement vos derniers courriers à Nevers.

 

Lyon , 27 janvier 1802

Aux maires des trois municipalités de Lyon

Citoyens Parent-Munet, Sain-Rousset, Bernard Charpieux, maires de la ville de Lyon, je suis satisfait de l’union et de l’attachement au Gouvernement qui animent Lyon depuis que vous êtes maires. Je désire que vous portiez cette écharpe de distinction, et qu’elle soit un témoignage pour la ville du contentement que j’y ai éprouvé pendant mon séjour.

 

Lyon, 27 janvier 1802

ARRÊTÉS

ARTICLE ler. -Le gouvernement constitutionnel de la République italienne entrera en fonctions le 20 pluviôse.
ART. 2. – La commission du gouvernement provisoire, la Consulte législative et le général Murat sont chargés de mettre à exécution le présent arrêté.

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ARTICLE 1er. – Le citoyen Melzi, vice-président de la République italienne, remplira les fonctions attribuées par la Constitution au président.
ART. 2. – Le président se réserve directement la signature des projets de lois et arrêtés relatifs aux objets suivants : nomination et révocation des ministres, prorogation ou convocation du Corps législatif, convocation des collèges et présentation du budget.

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Le citoyen Marescalchi, membre de la Consulta di Stato, est nommé ministre des relations extérieures de la République italienne.

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Le citoyen Marescalchi, ministre des relations extérieures de la République italienne, les conseillers…. se rendront à Paris pour y remplir les fonctions de leurs places.

 

Lyon, 27 janvier 1802

Aux citoyens Ruga et Sommariva

Citoyens Ruga et Sommariva, composant le comité de gouvernement de Milan, la Constitution ayant établi un gouvernement définitif, le vice-président, la Consulta di Stalo et le Conseil législatif entreront en fonctions le 20 pluviôse, époque à laquelle cesse votre gouvernement. Je désire que d’ici à ce temps-là il ne soit fait aucune opération extraordinaire, et je connais trop votre zèle pour douter que vous ne donniez au vice-président et aux conseillers qu’il désignera toutes les instructions et consignations nécessaires. Je vous ai personnellement donné une marque d’intérêt en vous nommant l’un et l’autre, membres des différents collèges. Je désire que, l’instant que votre mission vous laissera le temps convenable, vous me fassiez connaître toutes les opérations de finances et d’administration que vous avez faites pendant le temps qu’a duré votre gouvernement.