Correspondance de Napoléon Ier – Août 1810

Le maréchal Berthier demande si
l’Empereur a l’intention d’accorder
deux jours de repos, à Bayonne, à
chacune ~tes demi-brigades compo-
sant la division Drouet.

4459. DECISIONS ~).

On rend compte à Sa Majesté
que les officiers de santé en chef
des armées élèvent des prétentions
sur le droit à exercer par Les com-
missaires des guerres dans la par-
tie administrative du service de
santé.

Ces prétentions tendant à l’indé-
pendance, on propose à Sa Ma-
jesté, pour les faire cesser, de fixer
par un avis interprétatif les droits
des intendants généraux et com-
missaires des guerres pour cette
partie du service.

On propose à Sa Majesté de faire
confectionner 14 aigles et 14 dra-
peaux pour Fex-armee hollandaise.
Cette dépense s’élèvera à 4.382
francs.

4460. PREMIÈRE NOTE SUR L’ILE D’AIX (3).

Les retranchements du bourg n’ont que 200 toises de longueur
du côté de terre en les rectifiant, on doit les considérer comme à
abri d’un coup de main, parce qu’ils ont un fossé plein d’eau et un
chemin couvert avec place d’armes. Mais, si l’ennemi cheminait, on
sent qu’ils seraient d’une faible défense.

(!) Sans signature ni date; extraites du « Travail du ministre de l’administration
« e la guerre avec S. M. rEmpereur et Roi, daté du f août I8M ».
P) r’o la main de Maret, ainsi que la suivante.

(3) PfEsumée du 2 août i810, copie certifiée par le secrétaire général Fririon.

Saint Cteud, 31 juillet 1810.

Oui. Accordé deux jours de
repos à Bayonne à tous les
corps.

NAPOLÉON.

Renvoyé au Conseil d’Etat (2).

Après la nouvelle organisa-

tion. On fera sur ces 200 toises une fortification meilleure qui reve-
tue, coûtera 2 millions. Si on juge qu’une fortification aussi con.
sidérable aurait 1 inconvénient d’avoir 200 toises sur chacun de ses
flancs d’un faible profil et que même la batterie circulaire, qui n’a
point de terre-plein, qui n’est flanquée par rien, qui est dominée
par les vaisseaux de guerre, pourrait se trouver détruite par leurs
feux et qu’alors ce bel ouvrage, qui aurait coûté 2 millions, tom-
berait de lui-même, il faudra alors une place qui mette en équilibre
tout le pourtour avec le front de terre, ce qui occasionnera une dé-
pense de 7 à 8 millions, et cette dépense n’aura d’autre résultat
que de prolonger le siège de vingt ou trente jours, ce qui est
un mince résultat, parce que, dans l’état de faiblesse maritime où
nous sommes, nous ne pourrions le secourir ou le reprendre, et que
les bombes et l’artillerie, qui sont le grand moyen de réduire les
places, seront en abondance et à proximité sur la flotte ennemie.
Ainsi,’ 7 à 8 millions seraient mal dépensés.

Il faut avoir recours à un autre système, regarder les batteries
circulaires, les retranchements du bourg comme en équilibre, les
améliorer, établir un bon chemin couvert, bien palissadé, deux
bonnes places d’Armes, et rendre impossible à l’ennemi le débarque-
ment dans l’île.

En effet, depuis l’extrémité du fort jusqu’à la batterie circulaire,
l’île n’a que 1.000 toises. Sur ces 1.000 toises, près du tiers sont
employées par les fortifications. Ainsi, il reste donc 600 toises du
fort actuel à la mer. Il est donc clair que l’ennemi, qui débarquera
à la batterie Saint-Eulard ou au corps de garde de la tente, se
trouvera à 600 toises des coups de canon du retranchement du
bourg, c’est-à-dire qu’il ne pourra point asseoir là son camp, parce
qu’il sera accablé d’obus et de bombes il ne pourra non plus dé-
barquer à la batterie de Fougère ou de Jamblet; il n’y a égale-
ment que 600 toises.

En débarquant à la batterie du corps de garde du pont, il ne
débarquerait encore qu’à 800 toises ainsi donc, tous les points de
l’île sont soumis au canon de retranchement du bourg il faut
l’ennemi qui débarquera là. marche droit sur le faubourg et l’en-
lève s’il ne l’enlève pas, tout le camp qui sera établi dans l’~e se-
rait sans cesse inquiété par les bombes, obus et coups de canon~
ou 6 degrés de toute l’artillerie de la place ?

Mais l’île a différents niveaux, c’est ce qui avait donne TM~
d’établir un cavalier, qui donnerait du commandement et plug <~t-

fet & l’artillerie, dans toute l’étendue de l’île mais, pour faire ce
cavalier avec le bastion, il faudrait trop d’argent on propose donc
de ne pas en faire.

Ce cavalier, devant coûter considérablement d’argent, doit avoir
une propriété, c’est de ne pas dépendre entièrement des autres
points de l’enceinte actuelle ou bien d’être considéré comme pre-
mier travail d’une enceinte générale à faire. On voit, sous ce rap-
port, que ce sera un point qui coûtera 600.000 francs et qui entraî-
nera, pour le reste de 1 enceinte, dans la dépense de 7 à 8 mil-
lions citée plus haut.

D’où il résulte que ce cavalier doit être un fort isolé, formant fort
à lui seul. Mais ce cavalier devant coûter autant d’argent, ne se-
rait-il pas plus convenable de laisser les retranchements du bourg
tels qu’ils sont, en les améliorant toujours, pour les mettre parfai-
tement à l’abri d’un coup de main, et d’établir sur le point Z de la
hauteur un beau fort carré, avec une redoute en maçonnerie, la-
quelle ne coûterait pas 600.000 francs et rendrait impossible le dé-
barquement dans l’île. Or, on estime que rendre impossible le dé-
barquement dans l’île est plus facile que de retarder de quinze
jours la prise du fort, du moment que l’ennemi sera établi dans
t’ilc.

Il y a du point Z à la batterie d’Eulard. 200 toises.
A la batterie Neuve; .< i. 320
A la batterie du pont. 4&0 –
Au point le plus près du retranchement du bourg. 600 –
H faudrait faire un projet du fort de la manière suivante qu’il
y ait un point qui batte à 400 toises du côté du retranchement du
bourg, un autre à 200 toises de la batterie du corps de garde du
pont, et placer le réduit sur le point Z, de manière à avoir de la
domination à 200 toises du rivage cela formerait une couronne
fermée à la gorge, toute en terre, hormis le bastion isolé sur le
point Z, qui aurait le commandement d’un cavalier, qui contien-
drait des souterrains pour loger la garnison, les fours, les vivres,
les poudres.

On ne voit pas, dans cette situation, comment l’ennemi débarque-
rai dans l’île.

2° PROtET (1).

TI faudrait faire un camp retranché d’un millier de toises de tour,
(T.) Ce qui précMe constitue le 1″ projet.

au centre duquel on mettrait un fort en maçonnerie d’une quaran-
taine de toises de côté, contenant tous ces établissements. Il est
clair qu’une garnison de 1.200 hommes, qui est la force naturelle
qu’on laissera à l’île d’Aix, nécessaire même pour servir les ca-
nons, dont 800 hommes dans le camp et 400 hommes dans ]e
faubourg, avec le secours des pièces empêcheront l’ennemi de dé.
barquer.

3* PHOÏET.

Enfin, un autre projet serait de considérer 1 île entière comme un
camp retranché qui a été fait par la nature en effet, qu’est-ce
que l’île a de tour, sans y comprendre le faubourg qui est déjà
retranché ? 2.500 toises, formant une figure très irrégulière. Le
camp serait tout fait le jour où on fermerait toutes les batteries
à la gorge. Elles sont au nombre de huit, ce serait donc huit ou neuf
redoutes. Ces batteries sont très près les unes des autres, à moins
de 150 toises. Il n’y aura plus qu’à choisir le point où on construira
des redoutes en maçonnerie, où on fera des établissements le
point Z sur la hauteur, un autre point à mi-chemin entre le point Z
et le faubourg.

En faisant ces redoutes en maçonnerie, comme celles de Boulo-
gne, qui n’ont pas coûté, l’une portant l’autre, 200.000 francs, et
construisant un petit fort à étoile, on aura deux forts, qui seront à
200 toises des batteries~ qui seront entre eux à la distance de 200 ou
300 toises et à pareille distance du faubourg. Il y a là des combi-
naisons à faire, qui donneraient des résultats très avantageux et
réuniraient le faubourg et les deux forts par deux caponnières avec
fossés.

4461. DEUXIÈME NOTE SUR L’ILE D’AIX.

Samt-Ctoud,(I)aoûtl8YO.

Après avoir examiné le projet n° 1 de l’ile d’Aix, on pense qu’un
million ou ]. 500.000 francs, dépensés pour le pentagone qu’on a
tracé sur le mamelon Z, serait mal employé. Ce pentagone a, d’ail-
leurs, le grand défaut, qui répugne à tout homme de l’art, d’avoir
deux fronts qui tirent contre le bourg.

(1) Sans date de jour; présumée du 2. Copie certifiée par le secrétaire général
Fririon.

On préférerait donc un réduit capable de contenir 1.300 hom-
mes à l’abri de la bombe, les vivres, les poudres, munitions, etc.
Ce réduit se trouverait à 800 mètres du fort actuel, à 500 toises
de l’extrémité de l’île du coup du pont (sic) et à 300 toises du corps
de garde de la tente.
On supposera pour un moment que les retranchements du bourg
n’existent pas et qu’on occupe seulement la batterie circulaire,
qu’on achèverait comme fort fermé, soit en faisant passer de l’eau
dans les fossés, soit en achevant le revêtement de la gorge.
On occuperait encore par un fort ou redoute la batterie du corps
de pont.

En supposant qu’il n’existe que cela, on ne conçoit pas com-
ment l’ennemi débarquerait contre des batteries de pièces de 3G
éloignées de 800 toises l’une de l’autre, car il sera sous la mi-
traille, puisque la mitraille des pièces de 36 porte à 400 toises
de l’autre côté de 1 île, les pièces ne sont éloignées que de 500 toi-
ses. Ainsi, on met en fait que, ces trois points étant occupés, l’en-
nemi ne peut débarquer.

Mais il existe des retranchements qu’on est loin de vouloir démo-
lir, qu’au contraire on veut laisser exister et améliorer c’est un
camp retranché qui met tous les établissements à l’abri d’un coup
de main.

Cela rapproche les feux de 300 toises. Il faudra donc que l’ennemi
débarque dans un espace de 600 toises, c’est-à-dire qu’il sera éloi-
gné au plus de 300 toises de la mitraille.

On va plus loin on place autour de la redoute un chemin cou-
vert, qui soit de tous côtés à 100 ou 120 toises de la ligne magistrale
du réduit ce chemin couvert serait palissadé et couvert par un
avant-fossé.

Ce chemin couvert tracé, on prend un point du chemin cou-
vert A et on y établit une place d’armes, qui ne sera qu’à 130 toi-
ses du réduit et dans laquelle on pourra placer trois ou quatre
pièces de canon qui auront l’avantage de flanquer tout le front et
d approcher de 630 toises-le croisement des feux. Il n’y aurait donc
plus que 500 toises entre eux.

Cette place d’armes est établie de manière qu’elle flanque les
retranchements du bourg et bat l’anse par laquelle l’ennemi peut
venir et la plage d’ouest.

Une ou deux autres places d’armes ou batteries de côte seront
nécessaires à établir sous les feux du réduit sur quelques points.

On en ferait de bonnes redoutes en terre bien palissadées. Alors
les mouvements de terre seront de peu d’importance et pourront
se faire pour moins de 300.000 francs ce ne serait qu’un chcmm
couvert soutenu par quelques redoutes ou places d’armes.
Le réduit, en le supposant à 600.000 francs, ne coûtera que ce
que coûte une caserne qu’on veut mettre à l’épreuve de la bombe
on peut dire qu’on aura rendu le débarquement impossible avec
peu de dépense.

Dans les autres projets, qui coûteront 2 ou 3 millions, il faudra
encore dépenser 1 million pour les casernes c’est donc le meil-
leur moyen de résoudre le problème.

Il s’agit de bien tracer et de travailler sans délai au réduit qu’on
établira au point Z, qui a déjà du commandement et qui permettra
d’en donner au réduit sur les ouvrages qui l’environnent.
Il est impossible qu’on attaque ce réduit sans s’être emparé du
fort actuel ou de la batterie circulaire et alors même le réduit se
défendra et conservera sa communication avec la terre ferme par
la batterie du coup du (sic) pont.

Si on suppose qu’on attaque cette pointe et qu’on chemine par
là. sur le réduit, la batterie circulaire se défendra encore autant
qu’elle peut le faire aujourd’hui.

Mais, certainement, aucun des deux événements n’arrivera, et on
sera plus certain de conserver l’île d’Aix avec 600 hommes, qu’on
ne peut l’être aujourd’hui avec 3.000 hommes.

Aucune batterie du réduit ne doit être hasardée il y en a beau-
coup trop aujourd’hui. Il faut des batteries fermées à la gorge,
soumises au réduit ou au fort. S’il y a deux petites anses à surveil-
ler, il sera plus convenable d’y mettre des postes d’infanterie, avec
deux pièces de campagne.

En plaçant au fort actuel 400 hommes, qui sont nécessaires po~r
servir les batteries du reste de l’île, on aura l’immense résultat de
n’avoir aucune inquiétude avec 800 hommes. Nous y avons cons-
tamment entretenu plus de 2.000 hommes.

Ainsi, le fort de l’île d’Aix doit consister dans le fort actuel, dans
un réduit avec deux ou trois batteries de côte, fermées à la gorge et
soumises au réduit, enfin dans un chemin couvert, qui formera
camp retranché et mettra les baraques et tous les hommes à 1 abri.

Le général Clarke rend compte
d’ua~ demande du prince Eugène
tendant à ce que le dépôt du 14′
chasseurs, qui est à Pignerol, soit
réuni à ses escadrons de guerre en
Italie.

4463. – DECISION (1).

On prie Sa Majesté de faire con-
naître si Elle approuve qu’on lui
présente des officiers de gardes na-
tionales qui n’ont pu rentrer dans
le régiment des gardes nationales
de la garde pour des emplois de la
ligne analogues aux grades qu’ils
ont remplis dans les gardes natio-
nales.

4464. DECISIONS (2).

Avant de présenter à Sa Majesté
le budget du ministère de l’admi-
nistration de la guerre, on la prie
de décider que les frais d’adminis-
tration intérieure seront réunis et
classés dans le chapitre 16.

M. le comte Dejean a accordé
une somme de 1Û francs au conseil
d’administration du bataillon de ti-
railleurs corses pour chaque cons-
ent venant de 1& Corse.

il) Non signée; extraite du « Travail du minière de la guerre avec S. M. lEmpe-
pcreur et Roi. date du l* août 1810 ».

(2) Extraites du « Travail du ministre de radministration de la guerre avec
S. M. l’Empereur et Roi, daté du 1″ août 1810

4463. – DECIStON.

Saint-Cloud, 2 août KM.

En conséquence de cette de-
mande, ordonner que les esca-
drons de guerre quittent l’Italie
et se rendent en Piémont, car
les dépôts ne doivent jamais
marcher.

NAPOLÉON.

Saint-Cloud, 2 Mttt 1810.

M’en parler au Conseil. Me
faire connaître leur âge, s’ils
ont déjà servi et où ils ont servi.

Sao&tlSlO.

Appr6uvc<

Approuvé.

NAPOLÉON.

NAPOLÉON.

Sa décision est motivée sur la

longue route que ces conscrits ont

à parcourir d’Antibes à Deux-

Ponts.

On prie Sa Majesté de vouloir

bien confirmer cette décision.

Le 5′ bataillon auxiliaire a reçu Approuvé.
des magasins de Bayonne 6Û4 pai-

res de souliers.

On prie Sa Majesté de faire ooii~

naître si son intention est que cette

fourniture soit donnée à titre de

gratification.

On propose à Sa Majesté d’ap-
prouver l’acquisition, au prix de
9.500 francs, d’une maison parti-
culière à Flessingue, qui est desti-
née à servir de logement a huit off!-
ciers et à un employé du génie.
On demande les ordres de Sa
Majesté à l’égard de 102 militaires
de la ci-devant garde royale hol-
landaise, dont

19 sont proposés pour les vété-
rans

50 pour recevoir des congés de
réforme pour infirmités

33 pour recevoir des congés ab-
solus, leur temps de service

étant expiré.

103

Mon Cousin, le ministre de ta guerre donne ordre à la 3* et à la

(t~ Non signées; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. lEm
pereur et Roi, daté du 1″ août t810 x.

NAPOLËOX.

4468. DECISIONS (1).

3 août MM.

Approuvé.

Les admettre à la retraite on
aux vétérans avant leur départ.

4466. – AU MARECHAL BERTHIER.

Tnanon, 4 août 18M.

1″ demi-brigades légères, qui sont, l’une à Nantes et l’autre à Lo-
rient, de se rendre à Bayonne. Faites-moi connaître quand elles y
arriveront. Je destine ces troupes à tenir garnison permanente dans
la Biscaye, ce qui laissera disponible pour aller plus loin la division
du général Drouet.

NAPOLÉON.

4467. AU MARECHAL BERTHIER.

Trianon, 4 août 1810.

Mon Cousin, donnez l’ordre que le 5° régiment provisoire, qui ar-
rive le J7 à Bayonne, soit sous les ordres du général Thouvenot
pour tenir garnison à Saint-Sébastien ou à Tolosa;

NAPOLÉON.

4468. DECISION.

4aoûtl810.

Récompenses proposées par le
maréchal Berthier pour les régi-
ments qui ont pris part au siège de
Ciudad-Rodrigo.

Accordé pour le siège de Ciu-
dad-Rodrigo deux places de
commandeurs, quatre d’officiers,
.quatre-vingts de légionnaires.
Berthier me fera connaître qui
les a méritées et un décret me
sera soumis là-dessus.

NAPOLÉON.

4469. DECISION (Y).

On propose à Sa Majesté de
créer un emploi de portier-consi-
gne pour la porte du port de l’île
d’Aix.

4 août 1810.

Approuvé.

(t) N~n signée; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l’Empe-
‘eur et Roi, daté du 1″ août 1810

AU GÉNÉRAL CLARKE.

4aoûtt8M.
Monsieur le duc de Feltre, la 3° demi-brigade légère recevra 1 or-
dre de se diriger sur Bayonne. Elle prendra ses caissons, ses ça.
nons et sa compagnie d’artillerie à Nantes, où ils ont été réunis.
Les détachements de S50 hommes de ce régiment, qui devait arri-
ver & Nantes, le. (1) août, et celui de. (1) qui y arrive le 12 &ep-
tembfe, seront dirigés sur Tours, où ils attendront de nouveaux
ordres. Vous donnerez également l’ordre à la 1″ demi-brigade lé-
gère qui est à Lorient de se diriger sur Bayonne. Elle prendra ses
caissons, ses pièces et ses canonniers à son passage à Nantes. En-
voyez ces ordres par courrier extraordinaire.

Les 4&0 hommes de la 1″ demi-brigade qui doivent arriver dans
les premiers jours de septembre à Orléans se dirigeront sur Tours,
et, avec les détachements de la 3* demi-brigade légère, ils forme-
ront un bataillon de marche pour aller rejoindre ces corps.
NAPOLÉON.

4471. AU GENERAL CLARKE.

4MM18M.

Monsieur le duc de Feltre, le 4° bataillon du l »‘ régiment de ligne
tiendra garnison à Toulon, de sorte qu’il y aura à Toulon, le 1″ ba-
taillon du 1″ de ligne, qui sera complété à 600 hommes présents
le bataillon du 02% complété à 600 hommes; le 2′ bataillon du 2″ régi-
ment suisse, complété à 800 hommes; le o » bataillon du 16″ de ligne,
complété à 400 hommes et le bataillon du 33* léger, complété a
300 hommes, ce qui fera 2.700 hommes de garnison.

Vous donnerez ordre qu’on place au moins 600 hommes dans
les îles d’Hyères et que les batteries qui sont dans ces îles soient
mises dans le meilleur état de défense, de sorte que mon escadre de
Toulon venant à s’y réfugier, elle soit à l’abri de toute attaque de
l’ennemi.

Envoyez un général de brigade intelligent pour commander le
département du Var.

NAFOLÉOX.

(1) En blanc.

Le général Thouvenot demande
200.000 cartouches.

4473. DECISïONS (1).

Sa Majesté est priée de pronon-
cer soit sur la remise au roi de
Westphalie des effets et matériaux
existant dans les magasins de la
fortification, à Magdeburg, soit sur
l’évacuation de ces objets sur
Mayence, soit sur la vente de ces
mêmes effets au profit du domaine
extraordinaire.

On soumet à Sa Majesté un rap-
port du conseiller d’Etat directeur
général de la conscription, qui ex-
pose là nécessité de compléter les
compagnies de réserve et indique
les moyens de parvenir à ce but.

4474. DËCISÎON (2).

On a l’honneur de rendre compte
à Sa Majesté des mesures qu’on se
propose de prendre relativement
au désarmement du 9″ bataillon du
train des équipages militaires.
On la prie de vouloir bien faire
connaître si Elle les approuve.

(I) Non signées; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l’Ern-
pereur et Roi, daté du 25 juillet 1810 ».

(2) Extraite du « Travail du ministre de l’administration de la guerre ave~
S M. l’Empereur et Roi, date du I* août 1810 )i.

4472. DECISION.

Tnanon, 5 août 181&.

Approuvé.

NAPOLÉON.

Trianon, 5 août 18M.

Ces objets doivent être ache-
tas sur inventairp, par le roi de
Westphalie.

Me présenter un projet de dé-
cret.

Trianon, 5 août 1810.

Il faut laisser les hommes, les
chevaux et les caissons en Ita-
lie, les chevaux en les mettant
chez les paysans du côté de
Plaisance, ou les laissant à la
disposition de l’administration.
II faut bien se garder de dimi-
nuer ce qui reste disponible,

puisque cela serait difficile à ré.
tablir en Italie.

NAPOLËOX.

4475. AU GËNËRAL CLARKE.

5 MOt t8M.

Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au général Gudin, qui
est du côte de Magdeburg, de faire saisir tous les bâtiments de
transport chargés de marchandises (1) qui passeraient l’Elbe, pour
entrer en Westphalie ou dans les villes hanséatiques. Faites donner
cet ordre par le prince d’EckmùM.

NAPOLÉON.

4476. AU GENERAL CLARKE.

5 août 1810.

Monsieur le duc de Feltre, envoyez l’ordre par un courrier ex-
traordinaire au général Morand de faire partir une brigade de deux
régiments pour Rostock et Wismar, pour y confisquer toutes les
marchandises coloniales et anglaises qui s’y trouvent.
Donnez l’ordre, par courrier, au général Liébert de faire mettre
le séquestre sur toutes les marchandises coloniales qui se trouvent
à Stettin, vu que ces marchandises, venues sur bâtiments améri-
cains, ne sont autres que des marchandises anglaises qu’il doit
donc les confisquer toutes et n’en laisser sortir aucune, en laissant
entrer toutes celles qui arriveraient, parce qu’elles sont bonnes à
être conBsquées.

NAPOLÉON.

4477. AU GENERAL CLARKE.

Trianon, 5 août ~810.

Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que le 13° régiment de
chasseurs se rende à Niort.

Donnez ordre que les tirailleurs corses et les tirailleurs du Pô se
rendent à Boulogne, où ils feront partie du camp.

Donnez ordre que le bataillon du régiment irlandais, qui e?t à

(1) D’après une lettre de Mcncvat, du 8 août, il s’agit ici des marchandises s~
glaises.

Landau, se rende & Bois-le-Duc, où il fournira des postes à Wil-
lemstad.

Donnez ordre que le 1″ bataillon étranger, qui est à Cherbourg,
se rende en Hollande. 1

Le général Clarke soumet à
l’Empereur un rapport du direc-
teur général de la consenption sur
la nécessité de compléter les com-
pagnies de réserve.

Rapport du général Clarke rela-
tif au mode de recrutement des
bataillons étrangers.

Rapport du générât Clarke an
sujet des quartiers de cavalerie
des départements du Nord et du
Pas-de-Calais qui pourraient re-
cevoir le 1~ cuirassiers et le 1″
hussards hollandais.

Le général Clarke demande quel-

NAPOLÉON.

4478.–DECISION.

Trianon, 5 août 1810.

Renvoyé au ministre de la
guerre pour me présenter un
projet de décret.

NAPOLÉON.

4479. DECISION.

Trianon, 5 aoat Î810.

Me remettre l’organisation de
ces bataillons par compagnie,
combien d’officiers par compa-
gnie, le nom de ceux qui les
commandent. Il faudrait les pla-
cer de préférence en Hollande
et leur donner des commandants
hollandais.

NAPOLÉON.

4480. DÉCISION.

Trianon, 5 août 18M.

Placer les deux régiments
hollandais à Lille et à Arras.
NAPOLÉON.

4481. DECISION.

Trianon, 5 août I8M.

Mon intention est de’ lui don-

les sont les intentions de l’Empe-
reur ‘au sujet du numéro à attri-
buer dans l’armée française au 1″
régiment de cuirassiers hollandais.

Rapport du général Clarke au
sujet de la situation des finances
,de l’Ecole militaire de Saint-Ger-
rnain.

M. le maréchal duc de Reggio a
employé provisoirement le général
de brigade hollandais V ichery dans
la division Molitor et les généraux
de brigade Ferrière et Suden, éga-
lement Hollandais, dans celle de
Dessaix.

Il demande l’autorisation de con-
fier le commandement du 5* régi-
ment de cavalerie au général
Bruno, Hollandais.

On demande les ordres de Sa
Majesté.

On propose à Sa Majesté de
nommer au commandement de la
place d’Amsterdam le général de
division Durutte, qui est en congé
A Ypres.

(1) Non signées; extraites du Il Travail du ministre de la guerre avec S. M. FEta’
pfreur et Roi, daté du l* août 1810 t.

ner un numéro provisoire,
quand même j’organiserais ce
régiment; ainsi, il n’y a pas de
difficulté à appeler ce régiment
hollandais, le 14′ de cuirassiers.
NAPOt ÉON,

448S. DECISION

Trianon, 5 août 1&10.

Renvoyé au vice-connétable
pour prendre des mesures pour
que cette école ait des chevaux
et la faire marcher définitive-
ment.

NAPOLÉON.

4483. DECISIONS (1).

TrtMMHt, 5 aoitt 1810,

H faut me faire connaître les
généraux hollandais qu’il serait
convenable de faire venir en
France, en Italie, en Illyrie et
dans l’intérieur, et les généraux
Français qu’on enverrait en
Hollande.

Envoyer le général Colbert
prendre le commandement de la
cavalerie en Hollande.

Approuvé, mais comme com-
mandant seulement.

On met sous les yeux de Sa Ma-
jesté la demande que fait le géné-
ral de division Carra-Saint-Cyr,
employé t’armée d’Illyrte, pour
obtenir une autre destination.
On propose à Sa Majesté de
nommer au commandement du dé-
partement du Léman le général de
brigade Fiteau, qui n’est point en-
core assez bien rétabli pour être
envoyé à l’armée, mais qui peut
opendant être employé dans l’in-
térieur.

On propose à Sa Majesté de
nommer à l’emploi de comman-
dant d’armes de S* classe, à Fles-
singue, le général d’artillerie
Charies-François-Léger FavCreau
De nommer le chef d’escadron
Lavillette, commandant d’armes à
Bellpgarde, en la même qualité à
ColHoure

Le chef d’escadron en retraite
Crepia au commandement d’armes
de 4′ classe à Bellegarde.

Le général de division Verdier
demande l’autorisation de rester
dans ses foyers jusqu’à ce que sa
santé lui permette de retourner à
[‘armée.

Il désire conserver son traite-
ment.

Le général de brigade Au~ereau
est malade le maréchal duc de Ta-
 »eMc lui a accordé un congé de
<~u\ mois.

On soumet à Sa Majesté la de-
‘nandc d’un congé de quatre mois
~cc appointements, faite en fa-
veur du général de brigade Ba-

Le remplacer par un général
de division hollandais me faire
connattre lequel on pourrait
prendre.

Approuvé.

Refusé, pourquoi aHer cher-
cher des officiers réformés de-
puis longtemps, dont on n’en-
tend plus parler et qui sont cas-
sés, tandis qu’il y a tant d’offi-
ciers en activité dont On ne sait
que faire ?

Pourquoi chercher des ofa-
ciers réformés et en retraite? 2
Cela est inutile, il y a tant d’offi-
ciers en activité dont on ne sait
que faire.

Lui accorder les simples ap-
pointements de paix de son
grade<

Approuvé.
Accordé.

chelu par M. le maréchal duc de
Raguse,

Le général de brigade Amey,
employé A l’armée de Catalogue,
demande un congé de convales-
cence de six mois avec appointe-
ments,

Le ministre de la guerre et de la
marine du roi de Naples transmet
la demande que fait M. Taverne,
Belge et capitaine adjudant-major
au régiment d’Isembourg, de passer
au service de Naples, où un em-
ploi avantageux dans la cavalerie
lui est promis.

Le gouvernement anglais a ren-
voyé le lieutenant français Monta-
ron, sous condition d’échange con-
tre le lieutenant anglais Stanhope.
Le gouvernement anglais de-
mande le renvoi du sieur Hanning,
otage irlandais, âgé de 68 ans et
paralytique, par réciprocité de ce
qu~il renvoie les infirmes français.
M. Huet, capitaine au 4″ batail-
lon du 818 régime~ d’infanterie,
est mort après vingt-quatre ans
de services effectifs, par suite des
fatigues de la guerre, et a laissé
une veuve et sept enfants, dont
trois demoiselles l’un des quatre
garçons a été admis à la demi-
solde. Sa Majesté est priée de faire
connaître si Elle est dans l’inten-
tion d’accorder la même faveur aux
trois autres.

Le ministre de la guerre d’Espa-
gne a transmis, par ordre de son
souverain, la demande que font un
soldat du 116″ régiment et un sol-
dat du 117*, de passer dans la garde
royale d’Espagne.

L’employer en Hollande.
Le laisser entrer au service
du roi de Naples.

Refusé.

Refusé.

Approuvé.

Refusé.

M » » EmUie Coûtas sollicite l’au-
torisation nécessaire pour que le
sieur E.-P.-L. Lichtenstein, son
~s, âgé de 18 ans, puisse accepter
une sous-lieutenance dans les trou-
ves de S. M. le roi des Deux-Si-
dks.

Sa Majesté est priée de faire con-
M!tre ses intentions.

On rend compte à Sa Majesté
des observations qui ont été adres-
sées au prince archi-trésorier de
j’Empire par le ministre de la
guerre hollandais, sur le budget de
la guerre de la Hollande~ On fait
remarquer que ce budget avait été
établi dans la supposition (le plu-
sieurs réformes dans la garde et
les troupes hollandaises, qui n’ont
point été opérées.

Si ces réformes ne doivent pas
avoir lieu de suite, il faudra un
supplément au budget de 700.000
Borins.

On présente à Sa Majesté le rap-
port du directeur général des re-
vues et de la conscription au sujet
des résultats de l’exécution du dé-
cret d’amnistie il reste à poursui-
vre 32.686 réfractaires et 30.775
déserteurs.

448i. DÉCISIONS (1).

On renouvelle à Sa Majesté la
proposition d’autoriser l’envoi d’un
audileur au Conseil d’Etat près le
préfet de Morbihan, à l’effet d’éta-
Mr le compte de la masse de loge-

P) Sans signature ni date; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec
« empereur, du 8 Mût 1810 ».

Accordé, point de difficulté.

Il me semble qu’il n’y a pas

de difficulté de réformer quel-
ques officiers d’état-major; quant
à la garde, quand elle sera ici,
je lui donnerai urie direction il
me paraît qu’on a supprimé les
régiments qui étaient à réfor-
mer. Ainsi les réductions qu’il y
avait à faire ont été faites.

Faire connaître par départe-
ment et division militaire les
lieux où se trouvent ces 62.000
individus, aSn que dans les lieux
où il s’en trouve davantage, j’en-
voie des colonnes mobiles pour
les faire rentrer.

Envoyer un inspecteur aux
revues pour rester jusqu’à ce
que le travail soit fait.

ment de la gendarmerie, pendant
les années XI, XII et XIII, que ce
préfet n’a point encore rendu.
Sa Majesté est priée de faire con-
naître si son intention est que
M. Tardif, chef de bataillon, et
M. Mellinet, sous-inspecteur aux
revues, prévenus d’avoir reçu à
leur profit une surtaxe de 210.000
francs de France sur la levée des
sommes nécessaires à payer les
marchandises anglaises saisies à
Livourne, soient mis en jugement,

On fend compte à Sa Majesté du
résultat des ventes d’effets d’artil-
lerie proposés aux puissances
étrangères.

La Bavière seule demande à
acheter pour 254.000 francs.
Il n’a été fait dans l’intérieur de
soumission que pour 30.000 kilo-
grammes de bronze.

Je rappelle à Sa Majesté qu’EUe
m’a autorisé verbalement à lui sou-
mettre des observations relative-
ment aux retards qu’éprouvent
dans les corps les nominations aux
emplois vacants.

(1) De la main de Maret, ainsi que la précédente.

(2) Non signées; extraites du <[ Travail du ministre de la guerre avec S. M. t’E »
pereur et Roi, date du 8 août 1810 ».

A renvoyer à une commission
du Conseil d’Etat (1).

4485. – DECISIONS (2)

Trianon, 9 août 1810.

Ne pourrait-on pas vendre ce
bronze à la marine ?

H faut simplifier la manière
dont se fait aujourd’hui le tra-
vail du personnel le moyen est
simple, il faut que le ministre
me remette deux états, l’un où
les avancements sont proposés
selon les règles et dans les corps,
soit à l’ancienneté, soit par le
choix, l’autre par le choix dan~
les corps hors ligne pour passer
dans les autres corps, tels que
la Tour d’Auvergne, Isemhour~
et irlandais. Ceux-là seulement
donnent lieu à des observations.

AU MARECHAL BERTHIER.

Mon Cousin, donnez ordre que le 4″ bataillon du 50″ de ligne, qui
est au 8′ corps, passe au 6″ corps et que le 6° corps donne en place
le bataillon du 15° d’infanterie légère. Donnez ordre que les 7″ ba-
taillons des 36*, 66′ et §3* régiments, qui sont à la division Loison,
soient incorporés dans les premiers bataillons et que les cadres de
ces 7″ » bataillons soient renvoyés en France. Ces deux mesures sont
demandées parle duc d’Elchingen et toutes deux me paraissent con-
formes au bien du service.

Mandez également que, le cadre du 3′ bataillon du 6″ régiment
d’infanterie légère ayant été fait prisonnier de guerre, il serait bon
de renvoyer en France tous les officiers et sous-ofnciers, en gardant
ce qui reste de soldats pour renforcer les autres bataillons qu’au
surplus, le duc d’Elchingen peut faire à cet égard ce qu’il jugera le
plus convenable, seulement qu’il doit me faire connaître les motifs
du parti qu’il prendra.

Dtspositions proposées par le Approuvé.
maréchal Berthier pour alimenter

en hommes l’effectif des corps de

cavalerie de l’armée d’Espagne.

Cnrresp. Napoléon 1″. –

K

Les sous-lieutenants seraient
présentés par le corps pour leurs
sergents ou pris dans l’école mi-
litaire, ce qui est le canal de
droit.

D’autres seraient présentés
sur des renseignements particu-
liers du ministre.

Si le travail était fait ainsi,
on n’éprouverait aucun retard
et les décrets pourraient être si-
gnés de suite.

Trianon, 10 août 1810.

NAPOLÉON.

4487. DECISION.

10 août 1810.

NAPOLÉON.

Rapport du général Clarke au
sujet de la formation de détache-
ments, tirés des dépôts des régi-
ments qui ont concouru à l’organi-
sation des 3~ et 4° régiments
provisoires et réunis à Versailles
pour, de là, être dirigés sur l’Es-
pagne.

On rend compte des dispositions
faites par M. l’intendant général
de l’armée d’Allemagne pour le ré-
tablissement de trois courriers,
dont un sur Salzburg, en vertu
d’une décision de Sa Majesté.
On prie Sa Majesté de faire con-
naître si Elle veut maintenir le per-
sonnel du service de santé des régi-
ments croates sur le même pied
que lorsque ces corps étaient au
service de l’Autriche, ou si Elle
veut, au contraire, qu’ils soient
rangés dans la classe des régiments
français pour cette partie de leur
organisation.

(1) Extraites du cc Travail du ministre directeur de l’administration de la gicrre
avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du S août 18M o.

4488. DËCISION.

Renvoyé au ministre de la
guerre pour donner ordre que
les dépôts des 44°, 56′, 75=, 50′,
5l », 55′, 25′, 28′, 36′ et 43″ régi-
ments envoient à Versailles de
quoi comploter à 140 hommes ce
qu’ils ont dans cette ville, de
sorte qu’au lieu de 400 hommes
ceci fasse 1.400 hommes. Par ce
moyen, ces quatre compagnies
seront reformées et pourront
composer un régiment de mar-
che qui pourra partir pour l’Es.
pagne dans le courant de septem-
bre prochain.

NAPOLÉON.

4489. – DËCISIONS (1).

Trianon, M août 1810.

Les supprimer. Nous n’avons
personne à Salzburg. Tout cela
est une dépense inutile.

NAPOLÉON.

Je ne connais pas assez ces
régiments pour avoir une opi-
nion. Mais si le gouverneur de-
mande qu’on lui envoie des chi-
rurgiens, il faut les lui envoyer.
II faudrait consulter sur tout
cela la députation d’Illyrie, Jans
laquelle il y a plusieurs officiers
de ces régiments.

L’intendant général de l’armée
de Portugal demande l’autorisa-
tion de faire organiser deux nou-
velles brigades de mulets à bât
pour le service de cette armée. On
pense que deux brigades d’aug-
mentation seraient utiles.

4490. AU GENERAL CLARKE.

Monsieur le duc de Filtre, faites-moi connaître si l’on pourrait
former à Turin un régiment de marche pour l’armée de Catalogne,
qui serait composé

De 200 hommes du 1″ régiment d’infanterie légère

1.00 – du –

&’00 – du S’ de ligne

~00 – du 7′

– 200 – du 37″

– 200 – du 42″

– 200 – du 56′ –

– ]00 du 67″ –

.-200 – dti 93° –

Le 16′, qui est à Toulon, pourrait envoyer 300 hommes à son
4′ bataillon à l’armée de Catalogue ce qui ferait pour cette armée
un secours de 2.000 hommes. Envoyez-moi un projet d’organisation

rait-il pas possible de compléter le 4* bataillon du 1~ léger et celui
du 42″, en tirant des dépôts du Piémont et du royaume d’Italie tous
les hommes qu’ils peuvent fournir, ce qui fournirait encore 1~600
hommes et porterait à 4.000 hommes le renfort qu’on enverrait à
-tannée de Catalogue? 7

Ne pourrait-on pas former pour les autres corps de l’armée d’Es-
pagne trois bataillons de marche de 1.000 hommes chacun, qu’on
tirerait des léger, 14″ de ligne, 19′ léger, 19″ de ligne, 28′ de ligne,
34°, 65° et 75, et des autres dépôts des régiments qui ont leurs ba-
taillons de guerre en Espagne ?

~’y aurait-il pas moyen d’envoyer en Espagne six bataillons for-
cés du 3″ bataillon du 3~ léger, du 4′ bataillon du 43′, du 3′ du 44′,

pléterait ces six bataillons avec ce qu’il y aurait de disponible aux 4″
bataillons dont les dépôts sont en France, et qui ont leurs bataillons
de guerre en Hollande, en Allemagne et sur les côtes; et si on parve
nait à les compléter, ce serait une force de 3.000 à 4.000 hommes, qui
avec les bataillons de marche ci-dessus demandés, formerait une di-
vision de 8.000 hommes. Cette mesure dégarnira la France du reste
des cadres des régiments de l’armée d’Espagne, permettra de faire
revenir d’Espagne les cadres des S* et 4″ bataillons, aun de n’être pas
au dépourvu en France, et d’avoir, si cela est nécessaire, des cadres
pour exercer nos levées. Cela aura l’avantage l » de fournir 4.000
hommes de renfort pour l’armée de Catalogne, et 8.000 hommes
pour l’armée d’Espagne; 2″ de diminuer le nombre des hommes pré-
sents sous les armes des régiments qui sont sur le pied de paix,
c’est-à-dire des régiments qui sont sur les côtes de France, en Alle-
magne, en Hollande, etc. ce qui diminuera la dépense.
NAPOLÉON.

4991. AU GENERAL CLARKE.

10 août 18M.

Monsieur le duc de Feltre, les 1″ et 3″ demi-brigades qui étaient
à Brest. ont reçu ordre de se rendre à Lorient et Nantes, pour de
là se porter sur Bayonne. 1.200 hommes tirés des dépôts de ces
corps sont en route pour les rejoindre et étaient dirigés sur la Bre-
tagne. Avez-vous ordonné que ces hommes fussent réunis sur la
Loire, pour y former des bataillons de marche et de là se diriger
sur Bayonne ?

NAPOLÉON.

4493. DECISIONS (1).

Trianon, M août 1810.

On prend les ordres de Sa Ma-
jesté sur la demande d’un congé de
convalescence de trois mois avec
appointements, faite en faveur du
général de division Friant, em-
ployé à l’armée d’Allemagne.

Il faut que la division ait pris
une position défmitive avant
qu’on puisse accorder un congé
au général.

(1) Non signées; extraites du « Travail du ministre de ]a guerre avec S. M. l’Ent
pereur et Roi, daté du 8 août 1810 N.

On rend compte à Sa Majesté
que M. le maréchal duc de Tarente
a autorisé l’adjudant commandant
Dembowski à retourner en Italie.
Le général de brigade Launay,
employé à l’armée de Catalogue, a
été autorisé à rentrer en France,
pour cause de santé, par M. le ma-
réchal duc de Tarente.

On demande à Sa Majesté si son
intention est d’accorder au général
Launay un congé do trois mois
avec appointements.

On met sous les yeux de Sa Ma-
jesté la demande que fait l’adju-
dant commandant Miollis pour
être admis à la retraite.

Sa Majesté est priée de vouloir
bien faire connaître ses intentions
sur la demande de M, le maréchal
Pérignon pour jouir de la solde de
retraite, quoiqu’il soit gouverneur
de Nice.

Sa Majesté est priée de faire eon-
nattre ses intentions sur la de-
mande du nommé Nani, ex-carabi-
nier, d’aller servir à Naples comme
domestique dans la maison du roi
et d’y toucher sa pension de re-
traite.

Le capitaine espagnol Marqué
s’est rendu à Bayonne avec une
permission de M. le maréchal duc
de Tarente pour rentrer en Espa-
gne, Cette permission porte qu’il a
prêté serment et a usé de tout son
crédit pour engager ses compatrio-
tes à la soumission. ·

Sa Majesté est priée de décider
s’il peut continuer son voyage et
aller à Saragosse.

Approuvé.

t

Accordé.

Accordé.

Je ne conçois pas comment il
peut avoir la solde de retraite
lorsqu’il est en activité de ser-
vice.

Accordé.

Approuve.

Un lieutenant, ex-prisonnier au-
trichien, invalide~ né à Mayence,
demande à retourner à Vienne,
n’ayant d’autre moyen d’existence
que la pension que lui fait ce gou-
vernement. Il est retenu à Stras-
bourg jusqu’à la décision de Sa
Majesté.

Le colonel général de la garde
du roi des Deux-Siciles a transmis,
par ordre de son souverain, la de-
mande que fait un conscrit de 1810
de passer au service de cette puis-
sance.

Le chargé d’affaïres du roi de
Saxe réclame comme né sujet de
son souverain un fourrier de la
1** compagnie du 1″ bataillon
étranger.

Le général Clarke rend compte
qu’il ne peut réunir à Bayonne que
600 chevaux, au lieu des 1.200 de-
mandés par Sa Majesté, et il de-
niande 8*11 faut compléter ce nom-
bre de J.200 en prenant des che-
vaux dans la garde ou à l’armée
d’Allemagne.

Le général Clarke rend compte
que l’artillerie des lignes d’Ams-
terdam a été évacuée sur Anvers,
et il propose de laisser cette artil-
lerie en Hollande pour l’armement
des côtes.

Le laisser passer sans consé-
quence.

Approuvé.

Accordé.

4493. – DÊCJ5ION.

Trianon, 11 août 1810.

En garder 600. Avec ces 600,
il faudrait avoir le personnel et
le matériel pour les atteler, pour
la division Seras.

NAPOLÉON.

4494.– DECISION.

Trianon, 11 août 1810.

Faites évacuer toutes les piè-
ces en bronze. Envoyez sur les
côtes toutes les pièces en fer,
mon intention est qu’il n’y ait
sur les côtes de Hollande que
des pièces en fer.

NAPOLÉON.

Le colonel du 116* régiment
d’infanterie demande que le dépôt
de ce corps, stationné à Aire, soit
transféré à Tarbes.

Sur la demande du ministre de
la marine, le général~ Clarke pro-
pose d’envoyer aux îles Saint-Mar-
couf une compagnie du 5″ d’infan-
terie légère.

Mon Cousin, répondez au prince d’Essling que Vous m’avez mis
sous les yeux sa lettre du (1) juillet et que je vous ai chargé de lui
faire connaître qu’il doit réprimer sévèrement tout désordre ou in-
subordination, qu’il a ie commandement, et qu’il n’y a pas de mo-
dification dans le commandement qu’il doit faire cesser le brigan-
dage et faire en sorte que les fonds provenant des contributions
soient employés au profit de l’armée et qu’il serait coupable d’avoir
la moindre négligence là-dessus.

Le général Clarke propose d’en-
voyer le 4″ bataillon du 3′ régi-
ment suisse dans l’île de Walche-
ren, où il rejoindrait le 3′ bataillon.

0) La datte manque.

4495. DËCÏSK)N.

4496. DÉCISION.

4497. AU MARECHAL BERTHIER.

4488.–DECISION.

Saint-Cloud, 14 août 1810.

Approuvé..

NAPOLÉON.

Sa’nt-Ctond. U août !810.

Approuvé. Il faudrait pour
être envoyé à Marcouf une demi-
compagnie d’artillerie de ligne.
NAPOLÉON.

Saint Ctoud, 14 août 1810.

NAPOLÉON.

Saint-CIoud, M août 18M.

Me faire connaître les troupes
qui sont dans l’île de Walche-
ren.

NAPOLÉON.

Le maréchal Berthier rend
compte qu’un. bataillon de marche
de la garde impériale se rend de
Paris à Bayonne, et il propose
d’envoyer de là les compagnies qui
le composent rejoindre en Espagne
les différents corps de la garde
auxquels elles appartiennent.

Le maréchal Berthier propose
de faire diriger sur le 3° corps de
l’armée d’Espagne an détachement
tiré du dépôt de la légion de la
Vistule, qui doit arriver à Bayonne
le 31 de ce mois.

Le colonel Drouot demande que
deux compagnies .provisoires du
tram de la garde, fortes ensemble
de 174 hommes et 348 mulets,
soient dissoutes les hommes ren-
treraient dans leurs compagnies et
les mulets seraient incorporés 90
dans la garde et 358 dans les ba-
taillons du train de la ligne em-
ployés à l’armée de Portugal.

L’adjudant commandant Lautour, Ajourné par Sa Majesté.
employé à l’armée d’Allemagne, Comte DE LoBAU.

(1) Extraites du « Travail tht ministre de la guerre avec S. M. l’Empereur et R<
daté du 15 août 1810 ?.

4499. DECISION.

` Saint-Ctoudj 14 août 1810.

Accordé.

NAPOLËOK.

4500. DECISION.

Saint-Cloud, 14 août 1810.

Renvoyé au major général
pour faire vérifier à Bayonne
que ce sont des Polonais et non
des Allemands, et, en ce cas seu-
lement, ordonner leur entrée en
Espagne.

NAPOLËOîT.

430t. DËCISÎON.

14 août 1810.

Accordé des demandes en ce
qui regarde les hommes. Le
prince d’Essling donnera ordre
que les 358 mulets soient incor-
pores dans l’artillerie de la gar-
de et que les 174 hommes re-
tournent à Bayonne.

NAPOLÉON.

4S02. DËCÏSIONS (1).

16 Août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je reçois votre lettre du 4 août. Je crains fort que le bataillon espagnol que vous mettrez à Monaco ne soit débauché et ne déserte. Je préférerais que vous le fissiez partir pour Alexandrie, où on le ferait travailler aux travaux de la place. Vous recommanderiez au com­mandant d’Alexandrie d’avoir soin que ce bataillon ne demeure point dans la citadelle. Vous pourriez envoyer le bataillon qui est à Lyon au fort Napoléon, si les travaux de l’île Perrache ne doivent point commencer. Ecrivez 1à-dessus au ministre de l’intérieur. Donnez ordre que tous les Espagnols qui se trouvent dans la légion portugaise qui est à Metz en soient ôtés et se dirigent sur le bataillon du régiment espagnol qui est à Anvers.

Lorsque cette opération sera faite, vous aurez soin que les Portugais viennent d’abord à Meaux, et après cela je verrai s’il est prudent de les diriger sur le Portugal.

Saint-Cloud, 16 août 1810

Au prince Lebrun, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Je ne sais pas si j’irai ou si je n’irai pas en Hollande. L’important est qu’on ne se ruine pas en dépenses inutiles et de n’exiger que ce qui est de très bonne volonté.

Saint-Cloud. 17 août 1810

NOTE DICTÉE EN CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA MARINE.

Le roi de Hollande avait appelé les enfants trouvés et ceux dont leurs familles ne pouvaient prendre soin, et il en avait formé des corps de pupilles royaux et de vélites. II les prenait à sept ans et les envoyait à La Haye; à quatorze ans, ils étaient places à Zootredick dans les vélites royaux. II y en a actuellement 500 qui ont passé quatorze ans, et la masse des deux corps est de 4,000 individus, réunis à raison de 500 par année. Si la Hollande fournit chaque année 500 individus provenant des enfants trouvés, la France en produirait donc 10,000, dont on donnerait la moitié à la marine pour son service et l’autre moitié à l’armée de terre, qui en formerait des régiments pour les colonies. Ce nombre de 10,000 est très hypothétique; mais rien n’est plus facile que d’avoir sur cela des notions positives. Un rapport sera demandé au ministre de l’intérieur.

Cette ressource ne doit point être négligée et doit concourir, avec les autres moyens, pour recruter les Equipages de la marine. Voici les bases du projet de sénatus-consulte ou de décret qu’on pourrait être dans le cas d’adopter :

TTTRE I

1° II sera appelé, pour le recrutement de l’armée de mer, 40,000 jeunes gens, savoir : 10,000 de l’âge de seize ans; 10,000 de dix-sept ans, 10,000 de dix-huit, et 10,000 de dix-neuf ans.

2° La moitié de ce nombre sera prise parmi les jeunes gens de la conscription des années 1794, 1793, 1792 et 1791; l’autre moitié sera prise parmi les enfants de marins et parmi les orphelins et autres enfants entretenus par le Gouvernement, à raison de 2,000 pour les enfants de marins et 3,000 pour les autres.

3° Les 2,000 appelés parmi les enfants des marins seront pris sur les côtes et répartis conformément à l’état ci-joint.

TITRE II.

4° Ces jeunes gens, sous le titre de novices, jouiront de telle solde et de telles rations.

5° Ils seront placés à la suite des bataillons, où l’on pourrait les mettre, à raison de 100 ou de 200. On pourrait aussi en former des corps réunis dans les différents ports; ce qui fournirait des hommes sur tous les petits bâtiments, etc.

La grande question est celle de la manière d’employer, d’instruire ces novices. Le conseil de marine discutera ce qui lui paraîtrait pré­férable, de les attacher aux bataillons ou d’en faire des corps particuliers qu’on appellerait brigades. II proposera toutes autres mesures qui pourraient offrir des avantages égaux ou supérieurs.

Si l’on adoptait le système des brigades, on pourrait supposer leur organisation de la manière suivante. On prend la brigade d’Anvers pour exemple. Un officier de marine capitaine de vaisseau, ou ayant un grade supérieur, serait colonel de la brigade. Elle aurait un quartier-maître, un chef ouvrier, etc., et ce qui serait nécessaire pour l’équipement et la comptabilité; elle serait composée de deux ba­taillons, chaque bataillon de dix compagnies et chaque compagnie de 150 hommes. Le 1er bataillon demeurerait à Anvers, où il serait caserné et on arriverait les recrues. On les habillerait et on les instruirait: 1° aux manoeuvres de l’infanterie; 2° à celles du canon; 3° à nager pendant trois ou quatre heures chaque jour sur vingt-quatre péniches qui seraient attachés au bataillon. Quand ils seraient habillés, dégourdis, qu’ils auraient appris les premières leçons du canon, on aurait un bâtiment, frégate ou vaisseau, où on leur apprendra à grimper sur les mats.

Ils passeraient ensuite sur le 2e bataillon. Chaque compagnie serait comme casernée sur un bâtiment de l’escadre. On exercerait ces jeunes gens à toutes les manoeuvres, même aux manoeuvres hautes; on leur ferait monter, tous les jours, trente ou quarante canonnières, des bricks, des frégates; on les emploierait aussi à fournir aux besoins d’Anvers, aux citernes, aux bâtiments de transport et à toutes les corvées. En supposant une compagnie par vaisseau, formant 140 hommes présents, si l’on en employait 40 pour les canonnières, il n’en resterait plus que 100, qui seraient utiles sur les vaisseaux.

Ainsi l’instruction à Anvers se diviserait en deux parties : une pre­mière, que les jeunes gens prendraient casernes à terre, et une seconde, qu’ils prendraient sur les vaisseaux et en faisant le service de Flessingue à Anvers. Les jeunes gens pourraient rester neuf mois dans le 2e bataillon et neuf mois dans le 1e. Ils sortiraient ensuite de la brigade pour entrer dans les Equipages de l’escadre comme novices. Les compagnies étant de 150 hommes, celles du 1e batail­lon pourraient former trois classes. Les jeunes gens passeraient successivement de l’une à l’autre. La première classe, celle des nouveaux arrives, s’exercerait, ainsi que la deuxième classe, à nager sur les péniches et aux manoeuvres du fusil et du canon. La troisième classe, qui aurait déjà douze mois, serait à la disposition du préfet et ferait tous les transports pour Flessingue, Amsterdam, etc. Sur dix-huit mois d’apprentissage, les jeunes gens seraient inutiles pendant six mois et seraient plus ou moins utiles pendant douze.

On pourrait établir deux bataillons à Amsterdam, deux à Boulo­gne, un à Cherbourg, deux à Brest, un à Lorient, un à Rochefort, deux à Toulon et un à Gênes; ce qui ferait quatorze bataillons et comprendrait l’effectif de 1,500 individus par bataillon, total, 21,000 hommes. En complétant les cinquante équipages de guerre à 150 hommes par équipage, on emploierait de plus 7,500 individus; ce qui formerait un total de 28 à 30,000 jeunes gens qu’on pourrait occuper sur-le-champ.

II vaudrait peut-être mieux avoir pour Anvers deux bataillons égaux entre eux et qui seraient placés l’un à Anvers, l’autre à Fles­singue. Chaque compagnie de 150 hommes serait divisée en trois escouades composées, la première de ceux qui auraient six mois d’apprentissage, la deuxième de ceux qui auraient de six à douze mois, la troisième de ceux qui auraient de douze à dix-huit mois. On aurait une péniche et une canonnière par compagnie.

Au lieu de placer un bataillon à Flessingue, on pourrait placer les deux bataillons d’Anvers à Anvers. Le tiers, c’est-à-dire jusqu’à six mois, serait employé à l’apprentissage de l’infanterie et du canon et à nager; le deuxième tiers servirait les caïques armés et les bâtiments de transport d’Anvers à Flessingue; le troisième tiers pourrait échanger quelques boulets avec l’ennemi; on pourrait même le faire monter sur l’escadre.

Le conseil de marine examinera ces diverses manières d’envisager l’institution. Elles lui sont renvoyées, sans aucune préférence pour l’une ou pour l’autre, et seulement comme devant être l’objet de ses discussions.

Saint-Cloud, 18 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, vous verrez par l’ordre ci-joint que je charge le général Morand d’occuper toute la partie de la Westphalie qui est située entre la côte et la ligne de la Wümme. Faites connaître au Roi que j’ai ordonné cette occupation comme mouvement militaire et pour que mon système de blocus soit complet sous la responsabilité des généraux. Communiquez cet ordre au duc de Cadore; communiquez-le au duc de Reggio, afin que le général Molitor, qui est chargé de surveiller la contrebande dans l’Ost-Frise, corresponde avec le général Morand.

Saint-Cloud, 18 août 1810

ORDRE

Le territoire de Lubeck, la principauté de Lauenburg, le territoire de Hambourg et tous les pays de la rive gauche de I’Elbe, depuis Wilhemsburg, en suivant la ligne de Die Sewe, Gross-Moor et de la Wümme, jusqu’a Bremen, enfin les principautés d’Oldenburg et d’Arenberg, seront occupés par la division aux ordres du général Morand, qui demeure charge de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la contrebande. II établira à cet effet une première ligne depuis le Holstein jusqu’à l’Ost-Frise et une seconde ligne en arrière.

Saint-Cloud, 10 août 18010

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Faites-moi un rapport sur la manière dont vit l’armée de Hollande, en me faisant connaître les corps qui sont payés sur le budget de la Hollande et ceux payés par la France.

Donnez ordre au 24° 1éger de partir sur-le-champ pour se rendre à Saint-Omer. Donnez ordre au 16e et au 67e de partir du lieu où ils se trouvent pour se rendre à Lille à petites journées. Vous me ferez connaître quand ces deux régiments doivent y arriver. Ainsi il n’y aura plus, en Hollande, que cinq régiments d’infanterie et quatre de cavalerie. Je désirerais que ces troupes, au 1er septembre, fussent casernées, nourries, payées et administrées sur le budget de la Hollande. J’augmenterai ce budget si cela est nécessaire. L’artillerie, les sapeurs et pontonniers resteront à Douai; vous me ferez connaître quand ils y seront arrivés. II ne restera plus en Hollande que cinq régiments d’infanterie; ce qui, avec cinq régiments hollandais fera dix régiments d’infanterie et quatre de cavalerie. L’artillerie et le train hollandais, tant au matériel qu’au personnel, feront le service de toute l’artillerie. Ces troupes seront payées toutes de même, et par le trésor de Hollande, sans que vous ni M. Mollien ayez à vous en mêler. Je pense que les hôpitaux, chirurgiens, commissaires des guerres pour les régiments français en Hollande, doivent être au service de Hollande. Cela fera une grande économie.

Saint-Cloud, 18 août 1810

A Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, à Cassel

Mon Frère, je viens d’ordonner que mes troupes occupent tout le pays depuis le Holstein jusqu’à la Hollande, et dans cette mesure se trouve compris le pays situé entre Bremen et Vulhenburg: je vous prie d’en retirer vos troupes. Les embouchures de l’Elbe, du Weser et de la Jahde sont dans ce moment l’objet de mes méditations les plus importantes; une division de mes chaloupes canonnières hollandaises va se rendre sur cette côte; il est nécessaire que le pays soit entre les mains des généraux français.

Saint-Cloud, 19 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je n’ai reçu aucun détail sur mon armée de Catalogue; j’ignore de quelle manière le duc de Tarente fait son mouvement, quelles troupes il a emmenées avec lui, et quels cantonnements il a laissés en arrière. Mon armée de Catalogue est la seule sur laquelle je ne sache rien. Faites dépouiller votre correspondance et mettez-moi cela sous les yeux.

Saint-Cloud, 19 août 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, je suis étonné que vous n’ayez pas encore de nouvelles du général Drouet. Faites-moi connaître quand ses troupes sont arrivées à Bayonne. Ecrivez au général Drouet, ainsi qu’au général Dorsenne, que je juge à propos de renforcer la Navarre de tout le régiment de lanciers de Berg; ce qui, avec le 9e de hussards, mettra sous les ordres du général Reille 1,500 hommes de cavalerie.

Je pense qu’il est également convenable d’envoyer au général Reille la brigade de la Garde qui est sous les ordres du général Demoustier. Ainsi Reille aura ses quatre régiments provisoires d’infanterie, le ler régiment de marche d’infanterie, les deux escadrons du 9e hussards, et enfin les quatre régiments de la Garde avec leurs canons et le régiment des lanciers.

Le général Drouet pourra remplacer les régiments de la Garde par une portion des troupes qu’il a amenées de France. Ecrivez-lui que je suis trop loin pour donner ces ordres d’une manière positive; que je le laisse maître de les faire exécuter ou d’en substituer d’autres qu’il jugera plus convenables; que ce qui me porte à envoyer les régiments de la Garde au général Reille, c’est qu’ils sont plus accoutumés à servir sous les ordres de cet officier, et que dès lors il y aura moins de difficultés dans les rapports de subordination; que d’ailleurs, la Garde étant destinée à faire une guerre active, elle se trouvera là employée d’une manière plus conforme à sa destination.

Les ordres pour le général Dorsenne, vous les enverrez tout ouverts au général Drouet, qui les lui fera passer, s’il le juge convenable.

Je désire que vous me fassiez un choix de quatre ou cinq colonels, colonels en second ou majors, tous hommes d’exécution, à envoyer à Reille pour commander ses colonnes mobiles; par exemple, des hommes comme le colonel Ameil, du 24e de chasseurs. Donnez ordre au général Bourke de se rendre en Navarre, pour y servir sous les ordres du général Reille. Recommandez-lui de ne pas se compromettre sur les routes d’Espagne, et de ne marcher qu’avec de fortes escortes.

Saint-Cloud, 19 août 1810

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Paris

Mon Cousin, faites-moi connaître quel est ce Damas qui commande en Hanovre. Est-ce I’ancien aide de camp de Kléber ?

Comment sont mes troupes en Westphalie ? Faites porter le quartier général de Compans à Hanovre; il sera là entre le général Gudin et le général Morand, et peut-être ferai-je avancer plus haut la divi­sion Friant.

Je désire que vous donniez ordre au général Morand de disposer de ses cinq régiments de manière à bien s’assurer de l’embouchure de l’Elbe, du Weser et de la Jahde. Recommandez-lui de se lier avec les troupes du général Molitor, qui est en Ost-Frise, d’avoir des troupes à Varel, et d’exercer sur toute cette côte une grande surveil­lance. Je donne ordre au duc de Reggio d’envoyer un régiment à cheval à Varel, où il sera à la disposition du général Morand; de sorte que j’entends que tout le pays qui s’étend entre l’embouchure de la Jahde et la Baltique soit gardé par le général Morand.

Je désire en outre que vous chargiez un officier intelligent de votre état-major d’aller reconnaître en détail toute la partie de la West­phalie et des cotes qui va être occupée et de venir vous en rendre compte. Un capitaine de vaisseau avec une division de chaloupes hollandaises doit se rendre sur ces côtes. II est donc nécessaire d’y faire établir des batteries à l’abri desquelles cette division puisse se retirer.

Saint-Cloud, 20 août 1810

Au prince Lebrun, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Mon Cousin, l’article ler de mon décret du 25 juillet 1810, portant qu’a dater du 1er août aucun navire ne pourra sortir de nos ports à destination d’un port étranger, s’il n’est muni d’une licence signée de notre main, s’applique à toute espèce de bâtiments français, neutres ou étrangers quelconques, avec cette exception que je n’accorde de licences qu’à des bâtiments français ; c’est-à-dire, en deux mots, que je ne veux aucun bâtiment neutre, et effectivement il n’y en a aucun qui le soit réellement. Ce sont tous bâtiments qui violent le blocus et qui payent rançon aux Anglais. Quant au mot étranger, cela veut dire étranger à la France. Ainsi, les bâtiments étrangers ne peuvent pas commercer avec nos ports ni en sortir, parce qu’il n’y a pas de neutres; et quant aux bâtiments français, ou ils partent pour un port de France, et alors ils prennent l’acquit-à-caution sti­pulé par l’article 2 du décret, ou ils partent pour des ports étrangers, et alors ils prennent des licences, parce qu’il est clair qu’ils vont en Angleterre, ou du moins qu’ils se font autoriser par les Anglais. Ce système est clair.

Saint-Cloud, 21 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je pense qu’il ne faut pas que le sieur Thiard ait aucune pièce officielle dans les mains, afin qu’en cas d’événement il ne soit surpris avec aucune instruction. II faut seulement lui remettre un itinéraire et régler ses frais de voyage. Comme il est dans mon intention de faire voyager un certain nombre de personnes, vous réglerez ces dépenses à tant par poste et par jour. Vous donnerez au sieur Thiard un chiffre dont il se servira pour correspondre toutes les fois qu’il le jugerait nécessaire. II ira d’abord à Francfort, où il restera le temps nécessaire pour observer ce qui s’y passe, prendre connaissance de ce qui est relatif, dans cette grande ville, au mouvement des marchandises anglaises, et apprendre ce qu’il pourra sur la contrebande avec la Hollande et la France. II ira de là à Nuremberg et de Nuremberg à Leipzig; il fera les mêmes observations dans ces deux villes. Voilà donc trois dépêches qu’il aura à vous faire. Vous lui recommanderez de ne vous écrire qu’après qu’il aura bien observé. II vous écrira directement par la poste sans signer, et en ne se servant de son chiffre que pour ce qu’il aurait d’important à mander. Il pourra vous parler de la manière dont est organisé le duché de Francfort et de l’esprit qui anime la partie de la Bavière qu’il visitera. II ira aussi à Bayreuth, pour voir si l’administration bavaroise est aimée, et ce qui s’y passe sons le rapport des domaines français. Je désire qu’il passe dans les cours de Saxe-Gotha, de Weimar et de Saxe-Cobourg, et qu’il observe quel esprit anime ces petites cours. Il ira ensuite à Dresde. Toutes ces recherches doivent être relatives à l’armée et servir à faire connaître sur quoi l’on pourrait compter à tout événement. De là, il pourra se rendre à Berlin, et enfin aller à l’armée russe de Moldavie, soit en passant par la Bohême, soit en passant par la Pologne. II enverra des états exacts des forces militaires, des notes sur les généraux et sur tout ce qui est relatif aux places. Quand il sera resté un mois à l’armée russe de Moldavie et de Valachie, il reviendra par Olmutz, Vienne et Prague.

On lui enverra des directions ultérieures.

Saint-Cloud, 21 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, si le duché de Varsovie manque de fusils, je ne suis pas éloigné de lui en faire fournir 50,000; mais il faudrait qu’on vint les prendre à Mayence et à Strasbourg. Je pourrais en faire remettre 15,000 de 18 à la livre et 15,000 de 22. Ecrivez au sieur Bourgoin dans ce sens. Si l’on a des moyens de faire trans­porter ces fusils, je les fournirai volontiers.

Saint-Cloud, 22 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie le croquis de la note de M. de Metternich. Vous y répondrez de même par une note non signée de vous, que vous me mettrez auparavant sous les yeux. Vous direz

« que chaque état a ses principes, et que nous considérons comme un principe fondamental qu’aucun Français ne peut porter les armes contre sa patrie. C’est aussi celui de l’Angleterre; il est avoué par la raison et appartient à tous les temps. Dans le régime féodal, un gentilhomme ne pouvait pas porter les armes contre son souverain. Ceci a été constamment la loi de I’Europe depuis les Romains, et il est inutile d’aller chercher plus loin. On n’attachait de l’importance qu’aux gentilshommes, parce que les autres sujets appartenaient à la plèbe. Ainsi aucun Français ne peut porter les armes contre sa patrie; le souverain même ne peut leur donner ce droit. Tous Français qui, depuis 1801, ont porté les armes contre la France, en Prusse, en Russie, en Autriche, la loi les condamne à mort.  II n’y a pour eux qu’un seul moyen de se soustraire à cette condamnation : une amnistie leur a été accordée; ils doivent en profiter. Ceux qui n’en profiteraient pas seraient condamnés par contumace. Le résultat d’une telle condamnation est la mort civile, la privation de tout droit et de toute possibilité de succéder, et, s’ils sont pris en France, la mort. Dans cette situation, le remède est simple : qu’ils profitent de l’amnistie, qui, pour la dernière fois, est accordée, et qu’ils rentrent en France. Cet objet est, en effet, un objet de discussion avec l’Autriche. L’Empereur l’a tellement senti, que, dans le traité de Vienne, il a fait insérer une clause qui veut que tous les Français dans ce cas soient renvoyés d’Autriche. S’il n’en a pas encore demandé l’exécution, c’est qu’il a accordé l’amnistie; mais les délais de cette amnistie expirés, nul doue qu’on ne demande, de la part de la France, l’exécution de 1’article du traité de Vienne.

Quant aux Belges, le traité de Campo-Formio leur a donné le droit de se rendre en Autriche et de vendre leurs biens, mais il ne leur a pas donné le droit de porter les armes contre la France. On ne peut pas autoriser un crime par la loi. Or s’exposer à combattre un neveu, un frère, sa patrie, c’est un crime. Par conséquent, les Belges servant depuis 1804 contre la France seront condamnés par contumace, a l’expiration de l’amnistie, et, quelles que soient les relations amicales des deux puissances, l’intention de la France est qu’aucun Français ni Belge qui a porté les armes contre elle depuis 1804 ne rentre dans l’Empire. Cette condescendance n’aurait pas même lieu en faveur des semestriers, car c’est en conséquence du mauvais effet qu’a produit l’apparition des semestriers, il y a plusieurs années, qu’on a senti la nécessité d’une telle mesure.

L’Empereur trouve bon que l’empereur d’Autriche fasse ce qu’il lui conviendra à l’égard de ceux de ses sujets qui peuvent être au service de France. Bien plus, dans les sentiments où il est envers l’Autriche, tout Autrichien au service de France sera sur-le-champ renvoyé. Le plus grand acte est fait; c’est l’amnistie accordée. Que l’empereur d’Autriche exige que tous les Français à son service en profitent. S’ils n’en profitent pas, ce sont des individus qui seront perpétuellement dans une fausse position. »

Saint-Cloud, 22 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je pense qu’il faut faire une note à M. de Kourakine contre le prince Bagration, relativement aux procédés qu’il a eus avec le secrétaire de 1’ambassadeur de Perse, et en demander satisfaction ; qu’il faut partir de là pour porter plainte contre le sieur Razumowski et autres Russes qui sont à Vienne, où ils intriguent de toutes manières; qu’il faut demander que 1’empereur, en fidèle allié, punisse ceux de ses sujets qui, au mépris de son autorité, portent atteinte à la tranquillité du continent et cherchent partout à déchaîner les passions en faveur de l’Angleterre. Cette note demande à être faite avec force, et bien faite.

Saint-Cloud, 22 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, mon intention est que vous donniez pour instruction à mes ministres à Berlin et dans toute l’Allemagne, qu’ils ne doivent intervenir en rien sur ce qui regarde l’ancien roi de Suède; que, si on les consulte, ils doivent répondre que cela ne les regarde pas; que je suis parfaitement indifférent sur ce qui concerne ce prince; que je ne m’occupe pas de lui; qu’ainsi on fasse ce qu’on veut.

Saint-Cloud, 22 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, il est nécessaire de faire une note à M. Armstrong pour lui faire connaître que je viens de recevoir des rapports de M. Turreau (Turreau de Linieres, ministre de France à Washington), et que je désire savoir quelle est la répa­ration qui me sera donnée par les Etats-Unis, tant pour les insultes faites à mon pavillon que pour celles dont j’ai à me plaindre dans la procédure qui a suivi. II faut faire cette note de manière qu’elle puisse servir de date et de pièce à leur opposer lorsqu’ils réclameront tous les bâtiments que j’ai arrêtés.

Envoyez au ministre de la marine tout ce qu’il y a dans la correspondance d’Amérique relativement à la colonie de Java.

Saint-Cloud, 22 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, comme vous ne pouvez pas suffire aux détails de 1’affaire du Valais, je désire qu*une commission, composée du sénateur Roederer, du conseiller d’Etat Corsini et du maître des requêtes Helvoet soit chargée par vous d’entendre les députés du Valais, de prendre connaissance de la situation actuelle des affaires de ce pays, de ce qu’il y a à faire pour les arranger et des moyens à employer pour mettre fin à l’influence qu’y exercent les prêtres. La commission leur fera sentir le bien que j’ai fait à leur pays, en dépensant tant d’argent pour ouvrir leurs communications et les établir d’une manière sûre; enfin elle examinera avec ces députés l’organisation actuelle du Valais et s’il y a moyen d’en substituer une autre plus convenable.

Saint-Cloud, 22 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre lettre du 17 août, par laquelle vous me faites connaître qu’on a retiré 200 Anglais du régiment irlandais. Je crois vous avoir fait connaître que mon intention était qu’on ne recrutât plus ce régiment, et même que je me propo­sais de licencier toutes ces troupes auxiliaires. Donnez-moi le détail du nombre d’Irlandais qui restent dans ce régiment, avec l’indication des dépôts où on les a pris et de l’armée anglaise dont ils faisaient partie quand on les a faits prisonniers.

Saint-Cloud, 22 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je suis instruit que des déserteurs des corps étrangers, repris avec les Espagnols, sont recrutés, habillés à mes frais et renvoyés à leurs corps. Réitérez les ordres pour qu’on n’envoie aucun étranger en Espagne. Vous devez avoir donne l’ordre également qu’aucun Napolitain ne soit dirigé sur la Catalogne. Espagnols, Allemands, Suisses, Italiens, Français même, tout ce qui a été pris servant contre nous, je ne veux pas qu’on le renvoie en Espagne. Présentez-moi un décret portant peine de mort contre tout déserteur qui servirait chez les Espagnols, soit Français, soit étranger.

Saint-Cloud, 22 août 1810

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris

Je vous renvoie votre rapport sur les services en Hollande. Vous devez avoir connaissance de mes décrets qui font rentrer en France, au 1er septembre, toute l’infanterie, artillerie, sapeurs, cavalerie, etc., que j’ai en Hollande, en n’y laissant que cinq régiments d’infanterie et quatre de cavalerie, et du décret qui fait entrer également en France la garde royale hollandaise. Vous devez donc répondre au ministre de Hollande que le budget doit être fait sur ces bases, savoir : que l’armée française en Hollande ne doit être comprise que jusqu’a la concurrence de 6,000 hommes, tant pour la nourriture que pour la solde, jusqu’au 1er septembre; qu’ainsi tout ce qu’il aurait payé au-delà de cette proportion doit être considéré comme avance et régularisé, que, depuis le 1er septembre, vous pourvoirez à la garde, au 14e de cuirassiers et au régiment de chasseurs , et lui devra pourvoir aux quatre régiments de cavalerie et aux cinq régiments d’infanterie restant en Hollande.

II est donc nécessaire que vous remboursiez très exactement ce que vous devez à la Hollande, sans quoi ils ne pourraient pas faire leur service. Ainsi pressez cette régularisation, afin de payer ce que vous leur devez. Je désire que vous envoyiez copie de cette décision au ministre de la guerre, afin qu’il fasse la même chose.

Saint-Cloud, 22 août 1810

Au comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes, à Paris

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, je vous renvoie votre décret sur 1’institution d’une congrégation de femmes. II n’y a rien sur la régie religieuse de cette congrégation.

Saint-Cloud, 22 août 1810

Au comte Aldini, ministre du royaume d’Italie, en résidence à Paris

Il est nécessaire que vous voyiez le duc de Bassano, le ministre de l’intérieur et les bureaux de la marine, pour recueillir des renseignements 1° sur mes décrets du 3 juillet ; 2° sur les nouveaux tarifs des douanes ; 3° sur les principes généraux et sur la manière de procéder de la marine envers les bâtiments; 4° sur les licences que je donne dans mes différents ports de France. Quand vous aurez tous ces renseignements, vous me ferez un rapport  sur les moyens d’appliquer ces mesures à l’Italie.

II est nécessaire que toutes les semaines vous me fassiez remettre les matricules, pour faire connaître 1° le prix des différents grains sur les principaux marchés du royaume; 2° le prix des différentes denrées coloniales dans les différentes places de commerce. Je désire que tout cela soit réduit en mesures et valeurs françaises, afin que je puisse d’un coup d’oeil saisir  l’ensemble de ces renseignements et en faire la comparaison avec ceux de France.

Saint-Cloud, 22 août 1810

A Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, à Cassel

Mon Frère, je reçois votre lettre du 17 août. Je vous remercie de ce que vous me dites pour ma fête.

Les troupes que j’ai en Westphalie se plaignent de n’être pas payées et que la solde des mois de juin, juillet et août leur est due.

J’ai ordonné au prince d’Eckmühl de porter son quartier général à Hanovre, parce que la division Friant doit bientôt se rendre dans le Mecklenburg.

Saint-Cloud, 23 août 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je reçois votre lettre du 14 août. Les soies du royaume d’Italie vont toutes en Angleterre, puisqu’on ne fabrique pas les soies en Allemagne; il est donc tout simple que je veuille les détourner de cette route au profit de mes manufactures de France; sans cela, mes fabriques de soie, qui sont une principale ressource du commerce de France, éprouveraient des pertes considérables. Je ne saurais approuver les observations que vous faites. Mon principe est: la France avant tout. Vous ne devez jamais perdre de vue que, si le commerce anglais triomphe sur mer, c’est parce que les Anglais y sont les plus forts; il est donc convenable, puisque la France est la plus forte sur terre, qu’elle y fasse aussi triompher son commerce; sans quoi tout est perdu. Ne vaut-il pas mieux pour l’Italie de venir au secours de la France, dans une circonstance importante comme celle-ci, que de se voir couverte de douanes? Car ce serait mal voir que de ne pas reconnaître que I’Italie n’est indépendante que par la France; que cette indépendance est le prix de son sang, de ses victoires, et que l’Italie ne doit pas en abuser; qu’il serait surtout fort déraisonnable d’aller calculer si la France obtient ou non quelques avantages commerciaux.

Le Piémont et le Parmesan ont aussi de la soie; j’en ai cependant défendu de même 1’exportation pour toute autre destination que la France. Quelle différence doit-il y avoir entre le royaume d’Italie et le Piémont ? S’il devait y en avoir, ce serait en faveur du Piémont; les Vénitiens ont combattu la France, les Piémontais l’ont aidée : ils étaient parvenus à former un parti contre leur roi. Mais laissons tous ces faits. J’entends mieux que personne la politique de l’Italie. II faut que l’Italie ne fasse pas de calculs séparés de la prospérité de la France; elle doit confondre ses intérêts dans les siens; il faut surtout qu’elle se garde bien de donner à la France un intérêt à la réunion; car, si la France y avait intérêt, qui pourrait l’empêcher ? Prenez donc aussi pour devise : la France avant tout.

Si je perdais une grande bataille, un million, deux millions d’hommes de ma vieille France accourraient sous mes drapeaux, toutes les bourses m’y seraient ouvertes, et mon royaume d’Italie lâcherait pied. Je trouve donc singulier qu’on ait quelque répugnance à venir au secours des manufactures françaises dans une mesure qui a aussi pour but de faire tort aux Anglais. II y a beaucoup de soie dans les trois légations; il y en a beaucoup dans le Novarais. Par quels faits le royaume d’Italie a-t-il mérité ces accroissements de 700,000 et de 400,000 âmes ? Et comment ces réunions peuvent-elles tourner contre mes intentions ? Au lieu de la moitie du droit, les marchandises françaises ne devraient rien payer à leur entrée en Italie

J’ai chargé Aldini de prendre tous les renseignements relatifs à l’acte de commerce et à la qualification des bâtiments maritimes. Je l’ai aussi chargé de me faire un prompt rapport sur ce qui est relatif aux licences.

Saint-Cloud, 23 août 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je mets 50,000 francs à votre disposition sur le trésor de la Couronne. Vous les distribuerez entre les dames qui ont fait le dernier voyage de Paris. Quant aux hommes, je trouve qu’il serait abusif de leur donner quelque chose.

Saint-Cloud, 24 août 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, je viens de signer le décret de distri­bution pour le service du mois de septembre en Hollande. J’ai pensé que le plus prudent était de ne rien changer. J’ai supprime l’article relatif au traitement extraordinaire de 1’architrésoreir, parce que je désire qu’il soit soldé avec l’argent de la France. Vous pouvez en faire faire l’avance par la caisse de service; on le portera ensuite dans les dépenses de Hollande; cela entrera donc le budget de la liste civile 1810.

Vous dites dans votre rapport que l’arriéré des lettres de change montait, au 1er août, à 5,136,000 florins; au ler octobre on aura payé 1,626,000 florins ; il ne restera donc plus à payer que 3,510,000 florins, ou 7,800,000 francs. Ces lettres de change forment un compte payé et soldé et échoient en octobre, novembre, décembre, janvier et février. Je remarque, d’un autre côté, que l’arriéré sur les ordonnances monte à 5,582,000 florins; sur quoi je donne la somme de 282,000 florins; il reste donc 5,900,000 florins, je suppose que cette dette n’est plus susceptible de discussion ; puisqu’on la présente comme déjà ordonnancée, elle est donc réellement due.

Par les états joints aux rapports, il n’est pas possible de distinguer les exercices : je demande des états par exercices; pour chaque exercice, par ministère, et pour chaque ministre, par chapitres. Mais on voit qu’au moins la moitié de ces 5,300,000 florins appartient aux six premiers mois de 1810, c’est-à-dire à l’exercice courant. Mon intention serait qu’à dater du mois d’octobre prochain aucune lettre de change ni ordonnance ne fut soldée par le trésor. Je voudrais même faire sortir des états ces 8,810,000 florins ou 18,500,000 francs, et les faire solder par la caisse d’amortissement. Je vous prie de demander des renseignements à M. Gogel et de rédiger ensuite le projet de décret dont je vais indiquer les bases. On l’enverra ensuite à l’architrésorier et aux ministres pour avoir leurs observations avant la distribution d’octobre. On fera, en attendant, les bons, afin qu’ils puissent partir en même temps que le décret.

BASES DU PROJET DE DECRET.

TITRE Ier.

Article premier. — Il est crée 20 millions de bons de la caisse d’amortissement.

Ces bons formeront dix séries, savoir :

1° Cinq séries composées chacune d’une somme égale au montant de chaque échéance des lettres de change à rembourser en octobre, novembre, décembre, janvier et février. Ces cinq séries feront une somme totale de 3,300,000 florins, montant des lettres de change;

 

2° La sixième série sera d’une somme de 561,000 florins, montant de l’argent emprunté sur les girofles ;

3° Quatre autres séries complétant la somme de 20 millions de francs et servant à rembourser définitivement les ordonnances qui ont été délivrées et que le trésor n’aurait pas payées, faute de fonds, au 1er octobre 1810.

Art. 2. — Ces bons porteront intérêt à 5 pour 100 à dater, savoir : pour la première série, du mois d’octobre; pour la seconde, du mois de novembre; pour la troisième, du mois de décembre; pour la quatrième, du mois de janvier; pour la cinquième, du mois de février, c’est-à-dire en partant du jour de l’échéance des lettres de change; pour la sixième série, conformément aux conditions de l’emprunt qui avait été fait par le Roi; et pour les quatre autres séries, à dater du 1er janvier 1814.

Art. 9. — La partie de l’intérêt pour les trois derniers mois de 1810 sera payée au 1er janvier. On payera ensuite l’intérêt par semestre, c’est-à-dire de janvier en juillet et de juillet en janvier.

Art. 4. — Les dix séries seront remboursées en quatre ans, à raison de 5 millions par an à dater de 1812.

TITRE II.

Art. 5. — La caisse d’amortissement sera remboursée de ses 20 millions : 1° par la cession qui lui sera faite de 1,900 milliers de girofle au prix de           (II faut faire un bon prix pour que la caisse d’amortissement trouve à la vente de quoi couvrir les intérêts qu’elle aura payés. Les girofles sont estimées 10 millions de francs.) 2° par la cession d’une somme de 10 millions sur les premières rentrées de l’arriéré des contributions. (Il faut déterminer cet arriéré exercice par exercice, et bien spécifier les opérations.)

Moyennant ce décret le service des trois derniers mos deviendra facile et pourra être très abondant. Comme j’ordonnerai à la caisse du domaine extraordinaire d’escompter au pair tous les bons qui se présenteront, ils équivaudront à de l’argent comptant et cela arrangera les fournisseurs, qui recevront ici beaucoup d’argent. Il ne restera à régler que l’arriéré des ministères et celui de la dette, questions qui n’embarrasseront pas le service pendant les derniers mois de cette année. II est urgent cependant d’avoir enfin une idée nette du service de la Hollande. On ne peut se former cette idée si l’on n’établit pas d’abord le budget de 1810. Il faut écrire au ministre des finances pour qu’il l’établisse tel qu’il croit qu’il sera réellement; nous touchons au huitième mois de l’année, il doit être assez avancé pour établir avec certitude les recettes de l’année.

Quant à la dépense, le service est réglé; on a adopté pour les pen­sions la réduction du Roi. La liste civile finira en 1810. La dépense du Corps législatif est terminée. La garde de Hollande, le régiment de hussards et celui de cuirassiers ne se payent que depuis l’entrée des troupes jusqu’en septembre. On paye ensuite cinq régiments d’infanterie française et quatre régiments de cavalerie en remplacement de la garde et des régiments qui ont été ôtés. Ainsi le budget en dépense est facile à faire. II faut ensuite faire connaître tout ce qui est rentré pendant le mois de juillet; en septembre, on fera connaî­tre ce qui sera rentré dans le mois d’août, et en octobre, ce qui sera rentré en septembre, et ainsi de suite. Ainsi on se trouvera parfaitement au fait de la recette. On fera connaître également ce qui a été dépensé au 1er juillet, ce qui a été dépensé dans le mois de juillet, dans le mois d’août; et il faut avoir soin de ne pas confondre les dépenses de 1810 avec celles de 1809 et années antérieures.

II faut ainsi établir le budget en recette et en dépense des exercices arriérés pour connaître le déficit, ainsi que le budget des ministres présentant ce qu’ils ont dépensé, les crédits qui leur restent, ou l’insuffisance des crédits. La trésorerie de Hollande étant très-petite, elle connaît bien ses affaires; il ne faut que lui envoyer des modules d’états, et dans le courant de septembre nous pourrons avoir des notions positives sur le service.

En envoyant le décret de distribution pour septembre, vous ferez remarquer que j’ai donné à la marine plus qu’on n’avait demandé à cause de la dépense des vélites et des pupilles royaux, qui a été mise à sa charge; que la guerre se trouvera déchargée des vélites, des pu­pilles royaux, de la garde, du régiment de hussards et du régiment de cuirassiers; que cela compensera l’entretien des cinq régiments d’infanterie et des quatre régiments de cavalerie, d’autant plus qu’on a ôté aussi toute l’artillerie, les sapeurs, etc., que cependant, s’il devait en être autrement, on le verrait par le budget; qu’il faut établir ce budget pour tout 1810, et qu’on donnerait en octobre ce qui aurait manqué en septembre.

Saint-Cloud, 26 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, passez une note au prince Kourakine dans laquelle vous vous plaindrez de la conduite du sieur Bethmann, consul de Russie à Francfort. Vous partirez de la lettre de M. de Narbonne, du 15 août, pour raconter le fait et porter plainte contre ce consul. Portez plainte également à M. de Metternich de la con­duite de l’agent de la légation d’Autriche qui est à Ratisbonne.

Ecrivez à M. de Lesseps et réitérez au Duc de Vicence que toute signature de mes consuls en Amérique qui serait présentée est fausse; que notamment la pièce qu’il a envoyée est fabriquée, et que le bâtiment doit être confisqué.

Saint-Cloud, 26 août 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, le 17 août on ne connaissait pas encore à Ancône votre décision qui ordonne de ressaisir les bâtiments ottomans et de les remettre sous le séquestre, laquelle décision vous me dites avoir ex­pédiée le 2 août. D’autres bâtiments ottomans étaient arrivés. Que tous restent sous le séquestre. Je me réserve seul le droit de statuer sur leur libération, par la connaissance que j’aurai de leurs papiers.

Saint-Cloud, 26 août 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je reçois votre lettre du 20. Vous avez eu tort de prendre votre décision du 26 juillet qui libère les bâtiments Ottomans. Le ministre des finances ne vous disait pas que vous y étiez autorisé, il vous faisait connaître les renseignements qu’il fallait prendre; mais ces renseignements ne se composent pas des seules déclarations des
individus. Je me suis réservé exclusivement la connaissance de cette affaire. Aucun bâtiment ottoman ne peut être libéré sans un décret de moi. II faut que les douanes d’Italie soient mises sur le pied de celles de France; sans cela je ne vous cache pas que je réunirai le royaume d’Italie. La seule considération des douanes m’a obligé à réunir la Hollande. Si donc mes voeux n’étaient pas remplis, je n’aurais d’autre moyen que de couvrir l’Italie de mes douanes. Par exemple, l’Italie est inondée de marchandises suisses; les toiles peintes et les colonnades viennent toutes de Suisse, tandis que la France est encombrée de ces étoffes. Mon intention est que les toiles peintes, etc., d’Allemagne ou de Suisse ne soient point admises en Italie et ne puissent venir que de France. Faites-moi un rapport là-dessus.

Saint-Cloud, 26 août 1810

Au prince Lebrun, lieutenant général de l’Empereur, à Amsterdam

Ne serait-il pas convenable de donner aux hôpitaux les enfants qui sont dans les pupilles royaux et qui ont moins de douze ans ? Ce serait 8 ou 900 enfants dont on se débarrasserait, sauf à les reprendre lorsqu’ils auraient plus de quatorze ans; car il me semble que, de toutes les manières d’élever les enfants, la plus coûteuse et la plus préjudiciable est de les tenir réunis; il vaut mieux les répartir daos les campagnes, au compte des hôpitaux. Ne pourrait-on pas, pour ceux qui ont plus de treize ans, soit dans les vélites, soit dans les pupilles, les mettre à bord des vaisseaux de guerre ? Ce serait un fonds de 2,200 hommes qui augmenteraient nos équipages; ce qui serait une chose avantageuse.

Saint-Cloud, 27 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie la note à remettre à M. de Kourakine. La fin est à changer. Je vous renvoie également les deux projets de convention avec l’Autriche et le projet de lettre avec le prince de Schwarzenberg.

Saint-Cloud, 27 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Il faut savoir qui a donné l’ordre qu’on fit un approvisionnement de siège à Danzig. Ordonner une semblable opération sans mon ordre, c’est un véritable crime, c’est mettre l’alarme dans le Nord. Si c’est l’ordonnateur qui a pris cela sur lui, il est bien coupable. Eclaircissez cette affaire.

Saint-Cloud, 27 août 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.

Je vous prie de donner des ordres sur-le-champ pour que tous les malades qui arrivent dans l’île de Walcheren soient envoyés sans délai à Bruges et à Gand. Envoyer des hommes à l’hôpital de Middelburg, c’est les envoyer à la mort. Cet hôpital est parfaitement inutile; il est d’ailleurs dans l’endroit le plus malsain de l’île.

Saint-Cloud, 27 août 1810

Au commandant Deponthon, secrétaire du cabinet de l’empereur, en mission en Hollande

J’ai reçu vos différents rapports et le dernier que vous m’avez envoyé d’Amsterdam. Je désire que vous alliez parcourir la côte depuis l’endroit où vous vous êtes arrivé jusqu’au Holstein ; que vous visitiez l’embouchure du Weser et de l’Elbe, le port de Cuxhaven ; que vous reconnaissiez l’emplacement des batteries nécessaires pour favoriser le cabotage. Vous irez reconnaître le canal de Toeningen, qui com­munique de la Baltique à la mer du Nord, pour en bien connaître tous les détails; le canal de Lauenburg, qui communique de la Bal­tique à l’Elbe, et les différents autres canaux qui débouchent dans ces mers ou communiquent de l’Elbe au Weser.

Saint-Cloud, 21 août 1810

A Louis-Charles-Auguste, prince royal de Bavière, à Munich

Mon Cousin, j’ai lu avec plaisir la lettre que Votre Altesse m’a adressée lors de mon mariage. Je ne doute pas que votre alliance avec la princesse Thérèse (Thérèse de Saxe-Hilburghausen) ne vous donne le bonheur que vous méritez; et il me sera fort agréable d’apprendre que vous êtes heureux, car l’attachement que je vous porte ne finira jamais.

Saint-Cloud, 27 août 1810

Au prince Clément Wenceslas, ancien électeur de Trèves

J’ai reçu avec plaisir les félicitations que vous m’avez adressées à l’occasion de mon mariage. Vos sentiments pour l’Impératrice et pour moi m’étaient déjà connus; j’en ai trouvé, dans la lettre de Votre Altesse, de nouvelles preuves, et je l’en remercie.

Saint-Cloud, 27 août 1810

A la princesse Cunégonde (sœur de l’ancien électeur de Trêves)

Je vous remercie des félicitations et des voeux que contenait la lettre que vous m’avez écrite lors de mon mariage. J’ai été sensible à cette marque de l’attachement de Votre Altesse; et elle peut compter sur les sentiments avec lesquels je prie Dieu qu’il ait Votre Altesse en sa sainte et digne garde.

Saint-Cloud, 28 aout 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, donnez les ordres les plus positifs à mes agents commerciaux de ne délivrer aucun certificat d’origine de marchandises quelconques, si les bâtiments ne sont destinés pour la France, et de n’en délivrer aucun pour l’étranger, sous quelque prétexte que ce soit. Réitérez l’instruction à mes consuls, surtout à ceux qui sont en Russie et dans le Nord, que tous certificats d’origine de mes consuls en Amérique, pour marchandises coloniales ou venant d’Angleterre, sont argués de faux, vu que les Anglais ont des fabriques publiques de ces papiers à Londres.

Saint-Cloud, 28 août 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je vous renvois toutes les pièces relatives à la négociation de Morlaix; je vous envoie également la note et le projet de convention ; expédiez-les demain à mon commissaire. J’en ai ôté les articles 12 et 13, qui me paraissent inutiles. Vous ferez connaître à M. de Moustier qu’il ne doit donner les bases de la convention qu’après la note. II laissera M. Mackensie faire les observations qu’il aura à faire, et, après cela, il dira qu’après avoir écouté les observa­tions il a rédigé un projet qu’il croit propre à concilier les différentes préventions.

Vous ferez connaître au sieur de Moustier que la grande quantité de prisonniers espagnols qui arrivent tous les jours, tels que la garnison de Ciudad-Rodrigo, bientôt celle d’Almeida, change à chaque instant la base d’un échange en masse; que cependant, pour ne pas être les premiers à nous désister, nous voulons encore suivre cette base dans la négociation; mais que, si le gouvernement britannique élève de nouvelles difficultés, nous nous refuserons à l’admettre, et que, si les choses traînent, nous n’admettrons l’échange que homme pour bomme et grade pour grade.

NOTE (Cette note porte les traces de nombreuses corrections de la main de l’Empereur)

Le soussigné a mis sous les yeux de son gouvernement la note et l’article additionnel que M. Mackensie lui a remis le 1er de ce mois. II est chargé d’y faire la réponse suivante :

Au lieu de proposer le principe de la libération générale des pri­sonniers de guerre des deux masses belligérantes, le gouvernement français était en droit de demander au gouvernement britannique l’échange, homme par homme et grade par grade, de tous les pri­sonniers français détenus en Angleterre, contre pareil nombre de prisonniers anglais, espagnols et portugais détenus en France, et la justice de cette proposition ne pouvait être contestée.

En effet, comment ces régiments de la Romana qui servaient en Galice lorsque le général Moore commandait les deux armées, et qui, pris en combattant pour couvrir la retraite de ce général, sauvèrent son arrière-garde, ne seraient-ils pas regardés comme ses propres prisonniers ?

Comment considérer autrement les troupes de la Cuesta qui, à la bataille de Talavera, formaient la droite de l’armée dont les Anglais formaient la gauche, et qui, après cette bataille, ont été prises sur le Tage, où elles couvraient la retraite du général Wellington ?

Comment les Espagnols de la garnison de Ciudad-Rodrigo qui défendaient cette place par ordre du même général, et qui, s’ils n’avaient suppléés dans cette défense aux troupes britanniques, en eussent laissé tomber pareil nombre au pouvoir des Français, comment ces Espagnols ne seraient-ils pas traités comme les Anglais mêmes ?

Comment les prisonniers faits sur les Portugais qui combattent mêlés dans les divisions britanniques, comment ceux faits sur les garnisons d’Almeida et de Cadix dans les sorties journalières qu’elles font avec les Anglais, ne seraient-ils pas comptés comme les prisonniers anglais ?

C’était donc le droit de la France d’exiger que ces prisonniers concourussent, homme par bomme et grade par grade, à l’échange des prisonniers français. Cette marche était la plus naturelle. Mais déjà le gouvernement britannique avait présenté des difficultés sur l’échange de 17,000 Hanovriens de la capitulation du comte de Wallmoden. On avait à discuter le rang des voyageurs anglais arrêtés en France en représailles des voyageurs français, tout aussi étrangers à la guerre, arrêtés sur l’Océan, et l’on pouvait prévoir encore d’autres incidents qui amèneraient au moins des lenteurs dans la négociation.

Un seul moyen se présentait de terminer et prévenir toute discus­sion : c’était de livrer en masse, sans petits calculs et sans autre sentiment que celui de l’humanité, tous les prisonniers qu’on avait de part et d’autre. L’idée en était grande et généreuse. Le gou­vernement français s’y arrêta, et la pensée de saisir cette occasion d’un sacrifice de ses intérêts pour faire fléchir le caractère d’exaspération qu’a pris la guerre entra pour quelque chose dans sa détermination.

Le principe de la libération générale fut donc proposé le 25 mai. L’accueil que cette communication reçut du commissaire britannique à qui elle fut remise fit espérer que la libéralité de cette proposition serait sentie et secondée en Angleterre. On pensa qu’une disposition aussi noble, dans laquelle le gouvernement français avait numériquement plus à donner qu’à recevoir, et qui, d’un seul mot, terminait les malheurs de plus de 130,000 hommes, serait adoptée avec empressement. Mais cette espérance fut bien déçue par le projet de convention que le soussigné reçut le 23 juin. Autant la proposition française était illimitée et avait le caractère de l’abandon et de la libéralité, autant le projet de convention remis en réponse portait celui du calcul et des réserves, quoiqu’il commençât par adopter le principe proposé.

Le gouvernement britannique demandait d’abord l’échange de tous les prisonniers anglais contre pareil nombre de Français; il arguait sur le nombre et les assimilations de grade, et les estimations numériques des hommes à renvoyer de part et d’autre; et, quant au surplus des prisonniers français qui resteraient en son pouvoir et des Espagnols qui resteraient à celui de la France, il s’en remettait aux invitations qui seraient faites aux juntes d’accéder à la libération, ou aux conventions qui pourraient avoir lieu à cet égard entre le gouvernement français et les juntes.

On ne s’étendra pas ici sur la réplique que le gouvernement français fit faire à cette proposition par la note que le soussigné remit à M. Mackenzie le . . . juillet. Elle faisait remarquer que l’instabilité, la faiblesse, la division des juntes et leur dépendance des volontés populaires ne permettaient pas de traiter avec elles, et qu’on ne pouvait faire dépendre le sort de plusieurs milliers de Français des décisions de pareilles assemblées. On proposait enfin de ne pas leur en déférer sur un objet aussi important pour l’humanité, lorsque le résultat auquel on aspirait ne dépendait réellement que des gouvernements français et britannique, el que le premier, sous peine de mettre dans une position désespérée plusieurs milliers de ses sujets, ne pouvait adhérer à la proposition anglaise. Le gouvernement bri­tannique parait avoir senti jusqu’à un certain point la justesse de ces observations par l’addition jointe à la dernière note de M. Mackensie; mais, au principal, ce n’en est pas moins toujours la même propo­sition, savoir : l’échange immédiat de toute la masse des prisonniers anglais contre pareil nombre de Français, la libération ou l’échange du reste des Français restant ajournée à une époque où il est proba­ble qu’il n’y aurait plus en France de prisonniers anglais.

On ne s’arrêtera pas ici sur ce qu’allègue l’Angleterre de la néces­sité de consulter, sur le terme du malheur de tant d’individus, des hommes renfermés dans une place assiégée ou ils dépendent absolument de l’Angleterre, ne subsistent et ne se défendent que par elle; mais on ne peut s’abstenir de quelque étonnement de ce que le gouvernement britannique croit avoir encore besoin de trois mois pour connaître leur pensée sur un principe qui lui a été communiqué le 25 mai et sur lequel son adhésion est parvenue en France le 22 juin.

C’est ici l’occasion de sortir de toute incertitude sur les intentions des deux gouvernements et de convenir franchement si l’on peut ou non s’entendre.

Si l’intention du gouvernement britannique est seulement de parvenir à la libération de tous les Anglais contre un nombre égal de Français, et de laisser le sort du surplus des prisonniers français à l’incertitude de l’avenir, il est impossible de traiter, parce que ce serait porter le désespoir chez les Français qui resteraient en Angleterre et leur ôter la garantie de leur délivrance, qui consiste dans la conservation en France des prisonniers anglais. Mais, si le gouver­nement britannique veut sincèrement libérer sans distinction tous les prisonniers de guerre, le but peut en être atteint immédiatement, et la libération simultanée de tous les Français et de tous les Anglais peut se concilier avec le délai de trois mois que l’Angleterre demande pour consulter les juntes.

Pour cela, l’une et l’autre puissance se renverront de part et d’autre, a raison de 3,000 Français contre 1,000 Anglais, tous les prison­niers de l’une et l’autre nation qui sont en leur pouvoir, et l’on ne considérera comme échangés définitivement qu’un nombre de Français égal à celui des Anglais renvoyés par la France; le surplus des Français renvoyés en France y sera prisonnier sur parole, et ne pourra servir qu’après échange définitif.

Les prisonniers espagnols destinés à cet échange seront tenus en France en dépôt à I’entière disposition du gouvernement britannique, pour être envoyés en Angleterre et en Espagne dès que ce gouverne­ment le voudra.

Par ce moyen, le bienfait de la libération générale atteindra en même temps tous les prisonniers Français et britanniques, et les Espagnols n’auront à l’attendre qu’autant que le voudra l’Angleterre. L’option lui est donc laissée sur tous les moyens d’appliquer le principe de la libération générale, pourvu que celle de la masse des prisonniers Français marche de front avec celle des prisonniers anglais.

L’Angleterre veut-elle une libération absolue et en masse, telle qu’elle a été proposée par le gouvernement Français ? II y consent.

Veut-elle libérer simultanément tous les Français et tous les Anglais avec limitation d’échange à des nombres égaux, et n’échanger les Espagnols que lorsqu’elle aura consulté les juntes ? Le gouvernement Français y consent.

Veut-elle un échange simultané, grade par grade, homme par homme, indistinctement entre les deux masses belligérantes ? Le gou­vernement Français ne demande pas mieux.

Enfin le gouvernement Français veut tout ce que voudra le gouver­nement britannique, pourvu que sa volonté soit avouée par la justice et la raison, seuls arbitres entre deux puissances grandes et indépendantes.

Cependant, comme la France n’a proposé le principe de la libération générale, qui lèse ses intérêts, que pour faciliter la négociation, et que, au lieu d’atteindre son but, ce principe la fait traîner en longueur en donnant lieu à des propositions qui, si elles étaient admises, aggraveraient le sort du plus grand nombre des prisonniers Français, le soussigné a ordre de déclarer à M. Mackensie que les propositions contenues dans cette note paraissent au gouvernement Français les seules que comporte la franche et juste application du principe convenu, et que, si le gouvernement britannique refuse d’y adhérer, le gouvernement Français retire la proposition qu’il a faite de ce principe et rentre dans le droit commun d’un échange d’homme par homme et grade par grade, sans distinction entre les Espagnols, Portugais, Anglais, Allemands, Français et tous alliés de la France.

Le soussigné a ordre de déclarer, en même temps, que le gouver­nement Français sera toujours dispose à s’entendre pour un échange proposé sur cette base d’homme par homme, sans distinction autre que celle des grades, ou sur la base du cartel de 1780.

Saint-Cloud, 28 août 1810

Au comte de Montalivet, ministre de l’intérieur, à Paris

Je reçois votre rapport sur les maisons des orphelins. Le principal est de commencer par en avoir une. Je ne pense pas qu’il convienne d’en avoir une à Paris, car, ordinairement, les établissements à Paris sont très coûteux. Cependant, si l’on devait mettre le chef-lieu à Paris, je crois qu’il faudrait le mettre au Marais, où il y a beaucoup de maisons et où l’on pourrait l’établir avec économie.

Saint-Cloud, 28 août 1810

Au comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes, à Paris

Monsieur le Comte Bigot Préameneu, il paraît que le nombre des curés qui ont refusé de prêter le serment dans les départements de Rome et du Trasimène est de 500, et que le nombre de ceux qui font prêté est de 900. Je crois qu’on pourrait réformer ces 500 curés sans inconvénient, et que les 900 curés assermentés seront plus que suffisants.

Saint-Cloud, 28 août 1810

Au général Duroc, grand-maréchal du palais, à Paris

Monsieur le Duc de Frioul, je trouve que le décret propose par le comte Daru pour l’administration des biens de la Toscane donne trop à la grande-duchesse, et que l’organisation actuelle ne lui donne pas assez. La grande-duchesse se plaint que les payements ne peuvent se faire que par ordonnances de Paris, ce qui cause beaucoup de retard, et que le budget n’est pas aussi bien fait qu’il pourrait l’être. II fau­drait ordonner que dans le courant d’octobre l’intendant soumettra à mon approbation le budget de l’année suivante des biens qui m’appartiennent en Toscane, et il enverra ensuite à la grande-duchesse avec mes observations. L’intendant en Toscane ordonnancera, tons les mois, toutes les dépenses des gages et autres, sans avoir besoin de l’ordonnance de l’intendant général de notre maison.

Causez avec la grande-duchesse pour savoir si elle peut désirer quelque autre chose. Tout ce qu’elle pourra économiser dans le budget de la Maison ou dans l’administration des biens, je consens à le lui donner par le budget général; c’est tout ce que je puis faire.

Saint-Cloud, 29 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, envoyez à Cassel le nouveau tarif que j’ai arrêté pour les marchandises coloniales, et écrivez au sieur Reinhard pour qu’il engage le Roi à faire suivre ce même tarif par ses douanes, surtout du côté de Prusse, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour appliquer ce tarif à toutes les denrées coloniales qu’on a fait passer par ses Etats. II faudrait faire faire la même chose en Saxe. Cela produirait de grands revenus pour ces pays. Vous aurez bien soin de faire connaître que cette mesure du tarif ne veut pas dire que les marchandises coloniales doivent entrer, mais seulement que celles qui existent soient frappées de cette contribu­tion. Faites faire la même insinuation en Prusse, en Russie. En saisissant ce moyen sur-le-champ, la Prusse gagnera bien des millions. Faites faire la même chose par le prince Primat et par tous les prin­ces de la Confédération. Je désirerais que le même jour chaque prince tarifât les marchandises coloniales dans ses Etats. Ce serait pour tous un grand avantage, et la perte retomberait partie sur le commerce anglais et partie sur les contrebandiers. II est nécessaire surtout que MM. Caulaincourt et Lesseps soient bien informés à cet égard, et qu’ils puissent éclairer le gouvernement russe; jusqu’a présent ils ont été fort peu en état de le faire.

Réitérez l’ordre que, dans toutes les places du Mecklenburg et de l’Oder, les marchandises coloniales soient confisquées.

Mandez à mes agents à Francfort, et autres villes de commerce, de vous faire connaître la quantité de marchandises coloniales qui s’y trouvent et le lieu où il faudrait les saisir.

Saint-Cloud, 29 août 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, faites-moi connaître les instructions  que vous avez données à mon consul à Stettin. Je vous envoie une lettre du général Liebert avec plusieurs pièces de sa correspondance avec ce consul; vous y verrez que votre bureau du consulat ne fait pas son devoir; qu’on ne transmet aucune instruction à mes consuls; qu’ils errent et ne savent que faire. Cependant mes principes vous sont bien connus : toutes marchandises coloniales arrivant sur bâtiments américains ou autres soi-disant neutres viennent évidemment d’Angleterre, et doivent être confisquées. Mais on ne donne pas à mes consuls les instructions qu’ils réclament, et j’offre le bizarre spectacle du passage des marchandises coloniales protégées par mes consuls, à travers mes places fortes. Je vous ai admis au conseil de commerce pour que vous connaissiez bien nos principes sur ces matières. Vous devez en transmettre la connaissance à vos chefs de bureau, et ceux-ci doivent s’en servir dans toutes leurs correspondances et veiller sans cesse à ce que mes intentions soient partout suivies. Je vous prie de faire en sorte que je n’aie plus de plaintes de cette espèce à faire aux relations extérieures. Donnez des instruc­tions détaillées à vos chefs, et particulièrement à votre bureau de consulat. Je vous ai ordonné d’envoyer des instructions aux consuls, je vous réitère cet ordre. Je vous envoie un projet de circulaire.

Saint-Cloud, 29 août 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, je vous autorise à acheter de la Banque autant d’actions que vous pourrez au prix de 1,260 francs; en calculant que juillet et août porteront 12 francs pour la valeur de l’ac­tion, ce ne serait que 1,248 francs. Vous pouvez en acheter à ce taux autant qu’il s’en présentera.

Saint-Cloud, 29 août 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Monsieur le Comte Decrès, je vous envoie un rapport du ministre de la guerre et un travail du premier inspecteur sur Cherbourg. Je désire que vous me présentiez, en conséquence, un projet de décret conformément à ce que j’ai déjà décidé. II faut qu’on puisse fortifier le port séparément de la ville, que les cales soient établies à la proximité du bassin. On placera les magasins soit dans l’intérieur, soit à l’extérieur, parce qu’en cas de siège on pourra toujours facilement retirer les bois; on en aura toujours le temps pendant que 1’ennemi prendra les forts avancés; et enfin ce serait une médiocre perte. Mais il est nécessaire que l’ennemi ne puisse ni faire sauter mes bassins, ni brûler à la main les dix-huit vaisseaux de guerre qui s’y trouveront, ni enlever les approvisionnements de fer, de canons, d’artillerie, qui seront dans mes magasins, ni faire sauter les batardeaux, voussoirs et autres ouvrages principaux, ni incendier les vaisseaux sur le chantier, etc. Far conséquent, il faut que tous ces établissements soient renfermés dans une enceinte. Tous les officiers du génie se réunissent sur l’impossibilité de fortifier une trop grande enceinte, qui exigerait un nombre trop considérable de troupes pour la garder. Je suis donc décidé à m’en tenir au plan adopte dans le dernier conseil pour l’arsenal de marine. Vous pourrez, s’il est nécessaire, appeler le général Dejean; vous pourrez aussi mettre à la suite de mon décret le croquis que j’ai fait faire par le général Bertrand, et qui doit être dans vos papiers.

Veillez bien à ce que l’ingénieur, pendant que je discute la ques­tion, n’aille pas faire de nouveaux travaux qui m’embarrassent.

Saint-Cloud, 29 août 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE LA MARINE

Les affaires de la famille de Fleurieu doivent être traitées de la manière suivante :

Prendre tout ce qui est intéressant pour la marine, la veuve ne pouvant être que dupe si elle traitait particulièrement.

Compter de clerc à maître avec elle, comme si M. de Fleurieu avait travaill6 pour le gouvernement, et rembourser toutes les avances qu’il a faites.

Quant à la peine qu’a prise M. de Fleurieu et à son travail person­nel, on en rendra compte à Sa Majesté, qui les appréciera.

Ainsi sa famille sera bien traitée, ses filles auront de quoi se marier, et la marine aura ce qu’il lui importe d’avoir.

Saint-Cloud, 29 août 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

La route d’Auxerre est très mauvaise. La route de Tortone à Plaisance est détestable. Les voyageurs aiment mieux emprunter le territoire du royaume d’Italie et faire 4 milles de plus pour alter à Plaisance, que de faire 4 milles de moins sans passer la frontière, mais en prenant la mauvaise route de Tortone. La route de Florence à Rome est aussi en fort mauvais état. On dit qu’on vole dans les travaux de la route de la Corniche; qu’on travaille les parties les plus faciles et qu’on laisse en arrière les plus difficiles. Il faut terminer enfin la question des routes. Les ingénieurs des départements sont chargés, en même temps, des routes et des travaux d’art. Ils ne peuvent mettre à surveiller les routes assez de temps et d’intérêt. II faut former une commission qui propose le nouveau système à adopter, soit celui des cantonniers, soit tout autre. Dans beaucoup de pays, où l’on ne tire pas vanité des routes comme on le fait en France, elles sont très bonnes, parce qu’on a un système, et nous n’en avons pas.

Saint-Cloud, 29 août 1810

Au général Savary, duc de Rovigo, ministre de la police générale, à Paris

J’ai remarque dans l’état des dépôts de la police générale des articles très anciens; il faut régulariser cette comptabilité. Les espèces monnayées doivent être portées en recette extraordinaire dans votre budget et dans la situation de la caisse de la police. Les effets en bijoux d’or et d’argent, ainsi que les diamants, dont le dépôt est antérieur à l’exercice courant, doivent être convertis en espèces pour entrer également en recette. Si, malgré les longs délais qui se sont écoulés, il survenait lieu à restitution de quelques articles, les resti­tutions, faites après avoir reçu mon approbation, seraient portées en dépense.

Quant aux valeurs fausses, telles que faux billets, fausses monnaies et autres corps de délit, ces documents doivent être retirés de la caisse et mis en dépôt dans les archives de votre ministère.

A la fin de chaque année, vous suivrez cette marche en portant sur vos budgets toutes les sommes provenant des dépôts non réclamés de l’année.

Saint-Cloud, 29 août 1810

Au prince de Bénévent, vice grand électeur, à Paris

Monsieur le Prince de Bénévent, j’ai reçu votre lettre. Sa lecture m’a été pénible. Pendant que vous avez été à la tête des relations extérieures, j’ai voulu fermer les yeux sur beaucoup de choses. Je trouve donc fâcheux que vous ayez fait une démarche qui me rappelle des souvenirs que je désirais et que je désire oublier.

Saint-Cloud, 29 août 1810

A Joachim Napoléon, roi des Deux-Siciles, à Naples

J’apprends avec plaisir que vous allez mettre à l’eau un vaisseau de 74; mais je ne vois pas que vous mettiez en construction des vaisseaux de 80. Cependant vous en sentez l’importance; il vous faut une division de quatre ou cinq vaisseaux de guerre et de trois ou quatre frégates. Quand vous aurez cette division, vous serez beaucoup plus fort que la marine de Sicile, et vous commencerez à prendre rang parmi les puissances maritimes.

Saint-Cloud, 29 août 1810

A Alexandre Ier, empereur de Russie, à Saint-Pétersbourg

Monsieur mon Frère, le prince Alexis Kourakine partant pour se rendre auprès de Votre Majesté Impériale, je ne veux pas laisser passer cette occasion sans lui réitérer tous mes sentiments. Ceux que je porte à Votre Majesté, comme les considérations politiques de mon Empire, me font désirer chaque jour davantage la continuation et la permanence de l’alliance que nous avons contractée. De mon côté, elle est à l’épreuve de tout changement et de tout évènement. J’ai parlé franchement au prince Alexis Kourakine sur plusieurs questions de détail. Mais je prie Votre Majesté de lui accorder surtout confiance lorsqu’il lui parlera de mon amitié pour elle et de mon désir de voir éternelle l’alliance qui nous lie.

Saint-Cloud, 30 avril 1810

NOTE DICTÉE EN CONSEIL D’ADMINISTRATION DES FINANCES.

Le ministre des finances invitera la section de l’intérieur du conseil hollandais à faire un projet de division du territoire, en portant la frontière orientale jusqu’à l’Ems. Wesel ferait aussi partie de la Hollande. La frontière suivrait le Rhin jusqu’à Wesel; elle remonterait la Lippe jusqu’à Munster, et de là suivrait l’Ems jusqu’à l’endroit où cette rivière entre dans l’Ost-Frise. Cette ligne serait la ligne réelle des douanes. On pourrait joindre à cette ligne celle du grand-duché de Berg, et ce qui resterait du pays d’Arenberg, qui serait onéré par une simple ligne de douanes. Il faut examiner quelle serait, dans ce plan, la partie du territoire qu’il y aurait à ajouter à la Hol­lande, et l’indemnité en rentes qu’on serait dans le cas de donner au prince d’Arenberg et aux princes de Salm, auxquels il parait que la portion dont il s’agit appartient. Cette opération, ne fut-elle point exécutée, mais étant prévue pour l’avenir, permettrait de former en Hollande neuf départements.

Saint-Cloud, 30 août 1810

NOTE SUR LA CORSE, DICTÉE EN CONSEIL DADMINISTRATION DES FINANCES.

Sa Majesté fait les observations suivantes :

Les douanes sont supprimées.

Quant à l’enregistrement, il serait nécessaire d’avoir en détail ce que rapporte chacun des droits qui le composent, et les dépenses de chaque perception. Suivant les états, il rend 180,000 francs de produit brut, et il coûte 109,000 francs. Il convient de chercher, par une organisation à part, le moyen d’obtenir le même produit avec une dépense annuelle de 18 à 20,000 francs pour les frais de perception.

Les postes coûtent plus qu’elles ne rapportent. Leur produit brut est de 35,000 francs. Il convient qu’à dater de 1811 elles ne coûtent que 35,000 francs. On ne voit pas qu’elles soient un sujet de dépense. Autrefois elles donnaient un produit net.

Quant aux forêts, il est aussi nécessaire d’avoir plus de détails. Il parait facile de diminuer les dépenses.

Si l’on ne peut parvenir à réduire les frais de l’enregistrement, comme on se le propose, on serait obligé de supprimer l’enregistrement, en conservant seulement le papier timbre et les droits de greffe, dont il parait qu’on peut tirer parti en les faisant percevoir par les agents des tribunaux.

On supprimerait aussi les droits réunis. Cette suppression avec celle de l’enregistrement ferait une somme d’environ 260,000 francs, qui pourrait être couverte, du moins en partie, par une augmenta­tion, soit sur la contribution foncière, soit sur la contribution personnelle, soit sur toute autre contribution. Le ministre fera, jeudi prochain, un rapport sur cet objet.

En général, la Corse doit rapporter 600,000 francs. On voit dans les comptes de M. Necker qu’elle rapportait 550,000 francs. Est-ce brut ? Est-ce net ?

La somme de 600,000 francs que rapporterait la Corse serait affectée à ses dépenses, qui ne doivent pas aller au delà, la défense du pays non comprise. Pour cela, il faut régler les dépenses avec soin, faire connaître ce que la Corse a produit et ce qu’elle a dépensé en 1807, 1808, 1809; donner les détails des dépenses de l’intérieur; savoir comment elles s’élèvent à 600,000 francs, et quelles mesures on peut prendre pour les réduire.

Il faut aussi donner à la Corse tous les privilèges de douanes pos­sibles pour l’introduction des denrées de son cru en France. La France est l’Europe pour elle, puisque Marseille, Gênes et Livourne sont français. Si l’on ne peut pas entrer des denrées sans payer les droits, ou avec quelques avantages notables, elle ne pourra s’en dédommager en les portant ailleurs. II ne parait pas que ces avantages puissent avoir de l’inconvénient, puisque la Corse ne produit aucune denrée du genre des denrées coloniales, et que ses productions ordinaires sont des huiles, des vins, des bois de chauffage, de la cire, du miel, des raisins secs, des peaux de chèvre, etc.

Saint-Cloud, 31 août 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Venise

Mon Fils, aussitôt qu’on a connu à Gênes mon dernier tarif sur les denrées coloniales, les négociants de ces pays ont envoyé toutes leurs marchandises en Italie Mais, si vous avez mis à exécution mon décret, quand vous l’aurez reçu, vous leur aurez fait payer les mêmes droits dans mon royaume d’Italie. Ainsi il n’y aura eu à cela aucun mal.

On dit que la récolte en Italie est mauvaise ; veillez à ce qu’on n’exporte pas trop de blé et à ce qu’on ne nous mette pas dans l’embarras.

1 – 15 septembre 1810.

Saint-Cloud, 1er septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, faites connaître au ministre de Dane­mark tout ce qui est relatif aux licences que j’ai accordées pour l’ex­portation des denrées d’Allemagne et des villes hanséatiques, licences que je n’ai accordées qu’avec la condition que les bâtiments qui en seraient porteurs n’importeraient rien d’Angleterre, mais serviraient seulement à exporter des blés et des produits du sol de l’Allemagne, et reviendraient sur leur lest en France pour y prendre des marchan­dises françaises et les exporter dans le Nord. Dites bien que mes décrets de Berlin et de Milan ne sont pas rapportés; que tous les rai­sonnements des journaux anglais et toute assurance qu’on donnerait là-dessus sont faux; que j’ai dit que je rapporterais au mois de novembre mes décrets si l’Angleterre renonçait à ses arrêts du conseil et à son système de blocus, mais qu’il ne paraît pas que l’Angleterre soit disposée à devenir juste.

Saint-Cloud, 2 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Faites connaître au duc de Raguse que tous les bâtiments chargés de marchandises coloniales sont de bonne prise, soit qu’elles vien­nent sur bâtiments ottomans, soit américains ou autres; que j’ap­prends qu’on en souffre à Trieste; que les certificats d’origine ne servent de rien, qu’ils sont tous faux.

Écrivez la même chose au maréchal Pérignon et au chef d’état-major à Naples. Faites-leur bien comprendre que nous faisons par là une guerre ruineuse au commerce anglais; que nous y réussissons partout; ce qui produit déjà beaucoup de tort en Angleterre.

Je désire que vous demandiez aux ministres de l’intérieur et des finances des connaissances sur cette matière, et que vous en fassiez l’objet d’une circulaire à mes généraux en pays étrangers. Je désire même que les commandants d’armes vous envoient un bulletin des bâtiments et marchandises qui entrent et qui sortent de leurs places. Cela me servira ici à contrôler les douanes. J’ai besoin surtout de savoir ce qui se passe à Venise, Ancône, Trieste, Naples. Après avoir recueilli toutes les lumières sur cette matière, formez votre corres­pondance pour pouvoir m’instruire sûrement et promptement.

Saint-Cloud, 3 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je reçois votre lettre du 29. J’entends beaucoup de personnes se récrier sur la destination de l’Ulysse pour les Indes. On me présente la construction de ce vaisseau comme ancienne et tellement vicieuse que son armement n’offrirait aucune chance de succès. Je désire avoir un rapport là-dessus. Dans tous les cas, je désire qu’il aille armé en guerre, c’est-à-dire avec tous ses canons.

Si l’Ulysse doit partir, je désire qu’une expédition composée de l’Ulysse et d’une frégate parte, et, quelque temps après, une autre expédition composée de deux frégates. Si l’Ulysse ne doit pas partir, je désire que les trois frégates partent à la fois. En substituant du charbon au bois, du riz à la farine, en remplaçant une partie du vin par de l’eau-de-vie, l’Ulysse doit porter 1,000 hommes, dont 350 ma­telots et 650 hommes de troupes. Les frégates doivent porter 500 hommes, dont 200 matelots et 300 hommes de troupes. Si l’Ulysse part, les deux expéditions porteront 950 hommes de troupes et 550 matelots, ce qui fera 1,500 hommes. Si l’Ulysse ne peut pas partir, les frégates porteront 800 hommes, dont 500 hommes de troupes et 300 matelots; elles compléteront leurs équipages aux colonies, où elles prendront l’équipage de l’Ulysse s’il part pour aller en croisière.

Je tiens à l’expédition de Rochefort, et je désire que le Tourville soit armé en guerre. Je pense qu’il doit pouvoir porter 1,000 hommes dont 350 matelots et 650 hommes de troupes, et qu’il doit partir avec deux frégates, ce qui ferait pour les trois bâtiments 1,500 hom­mes. Comme le Tourville est destiné à rester à l’Ile de France, son équipage servira à compléter ceux des deux frégates. Par ce moyen il y aura 5 bonnes frégates en croisière aux Indes.

Mon intention est que la flûte la Revanche soit armée de caronades de 36 et de quelques pièces de 12, de manière à être plus forte qu’un brick ou une corvette. Elle pourra porter 400 hommes de troupes; elle partira avec la frégate la Pregel; ce qui fera une troisième expédition, qui portera de 4 à 600 hommes.

Vous ferez partir de Nantes une quatrième expédition (la Nymphe et la Méduse), qui serait destinée en droite ligne pour Batavia.

Une des frégates de Rochefort ferait une cinquième expédition, qui serait destinée également en droite ligne pour Batavia.

La Sapho, de Bordeaux, formerait une sixième expédition, des­tinée en droite ligne pour l’île de France.

La Coquille, corvette de Bayonne, formerait une septième expédi­tion ; elle partirait en compagnie de la Panthère ou d’une grosse gabare chargée de ce qui pourrait être nécessaire pour Batavia.

Résumé. — Je vais raisonner dans l’hypothèse que l’Ulysse ne puisse pas partir.

Une expédition partant de Brest et portant 900 hommes pour l’Ile de France avec de la poudre, du plomb et des fusils; une deuxième expédition pour l’Île de France, composée d’un vaisseau et de deux frégates de Rochefort, portant 1,100 hommes avec des fusils et des munitions; une troisième expédition, de Saint-Malo pour Batavia, composée d’une flûte et d’une frégate, portant de 4 à 600 hommes; une quatrième, de deux frégates partant de Nantes, portant de 4 à 600 hommes pour Batavia; une cinquième expédition, de Rochefort, portant 200 hommes pour Batavia, ce qui ferait 1,000 hommes de renfort à la colonie de Batavia ; une corvette, de Bordeaux, pour l’Île de France; une corvette et flûte, de Bayonne pour Batavia, portant des hommes et des fusils; ce qui ferait un total, pour les Indes, de 3 à 4,000 hommes de renfort avec des fusils et des munitions.

Je désire connaître le lieu où doit se rendre chaque expédition des­tinée pour Batavia et l’Île de France, selon les circonstances qui peuvent survenir; j’y désire employer des officiers hollandais qui connaissent Batavia et les Indes, et surtout qu’il y ait des lettres pour Batavia; que tout soit organisé de manière qu’elles puissent détruire les établissements de l’île de Rodriguez, et mouiller aux Iles de France et de la Réunion et dans les petites îles, ou à Madagascar, pour y rafraîchir leur eau. Si l’Île de France était prise, toutes les expéditions se rendraient à Batavia; de sorte que, si elles réussissent et que l’Île de France soit prise, ce sera 3,000 hommes à Batavia; si l’Île de France n’est pas prise, ce sera 2,000 à l’Île de France et  1,000 pour Batavia. Il faut faire un projet d’aménagement pour les vaisseaux qui iront aux Indes, pour en ôter tout encombrement.

Faites de manière que ces expéditions ne s’engagent ni à l’Île de France ni à Batavia sans être bien sûres de la situation des choses. Il parait qu’à Batavia on a besoin d’officiers pour mettre à la tête des troupes du pays. Il me semble qu’il faut avoir soin de pourvoir à cela.

Saint-Cloud, 2 septembre 1810

Au maréchal Davout, duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

Commandant l’armée d’Allemagne, à Paris

Mon Cousin, j’ai vu avec plaisir, dans la correspondance du ministre de la guerre, qu’on a saisi dans le Mecklenburg douze bâtiments chargés de marchandises coloniales. Donnez ordre qu’elles soient toutes confisquées et envoyées à Cologne, où elles seront vendues.

Je vous prie de prendre des informations sûres pour m’éclairer sur ce qui se passe à Hambourg, entre autres choses sur ce que fait le sieur Bourrienne, qu’on soupçonne de faire une immense fortune en contrevenant à mes ordres. Y a-t-il des magasins de marchandises coloniales à Hambourg, et en quelle quantité ? Y en a-t-il dans le Mecklenburg ? La contrebande continue-t-elle aux embouchures de l’Elbe et du Weser ? N’y a-t-il pas une ligne de douanes qui empêche de venir du Holstein ? Y a-t-il des troupes aux portes de Lubeck, et des mesures ont-elles été prises pour confisquer les marchandises colo­niales ? Même chose pour la Poméranie suédoise. Partez du principe que toute marchandise coloniale, soit qu’elle vienne sur bâtiments américains, danois, suédois, russes, soit qu’elle soit accompagnée de certificats d’origine, est de bonne prise. Les certificats d’origine ne signifient rien, même ceux de mes consuls, parce que mes consuls ont défense d’en donner et n’en donnent pas, et que tous les certifi­cats sont faux et de fabrique.

Donnez des ordres en conséquence au général Compans et aux généraux qui sont dans le Nord. Faites envoyer, s’il est nécessaire, des détachements de cavalerie, des officiers d’état-major. Prescrivez qu’à Stettin, à Kûstrin, à Glogau, on ne souffre le passage d’aucune marchandise coloniale; que toutes celles qui tenteraient de passer soient confisquées, et qu’il vous en soit sur-le-champ rendu compte. Occupez-vous spécialement de cela. Envoyez des agents dans le pays d’Oldenburg, dans le Mecklenburg, aux embouchures de l’Elbe et du Weser, et dans les places de l’Oder, aux frontières du Holstein.

Comme Danzig est dans votre commandement, envoyez-y un offi­cier avec une lettre pour le général Rapp. Vous lui  la plus grande vigilance, de ne pas souffrir la corruption, car tout le monde reçoit de l’argent, qu’il ait une surveillance sévère là-dessus; que de recevoir de l’argent là, c’est comme si l’on en recevait devant l’ennemi ; que c’est donc me trahir, puisque la guerre qu’on fait au commerce anglais, c’est la plus funeste qu’on puisse faire à l’Angle­terre, et qu’il en résulte déjà un tort immense pour elle.

L’officier que vous enverrez ira voir ce qui se passe à Kœnigsberg et à Elbing et vous remettra un mémoire détaillé.

Saint-Cloud, 2 septembre 1810

DÉCISION.

Sire, Votre Majesté sait qu’il existe      à Saardam une cabane qui fut habitée pendant deux ans par Pierre le Grand. Le roi Louis avait annoncé  l’intention de l’acquérir pour en assurer la conservatîon, mais cette idée n’a eu ancune suite.

La cabane du czar Pierre est construite en planches ; elle se compose de deux chambres; elle n’est isolée que de trois côtés; par le quatrième elle touche à une autre maison; un très-petit ter­rain en dépend.

S’il entrait dans les intentions de Votre Majesté d’acquérir cette cabane, il parait qu’on pourrait l’acheter pour deux on trois mille florins.

Je suis, etc.

Daru

Renvoyé à M. le comte Daru. Je n’attache aucune importance  à cela.

NAPOLEON

Amsterdam, le 28 août 1810

DECRET.

Palais de Saint-Cloud, 2 septembre 1810.

Article premier. — II est accordé à la dame veuve Mallard, nour­rice de Louis XVI, une pension annuelle et viagère de douze cents francs.

Art. 2. — Cette pension sera payée par semestre, à dater du 1er juillet dernier.

Art. 3. — Nos ministres des finances et dutrésor public sont chargés de l’exécution du présent décret.

Napoléon.

Palais de Saint-Cloud.

2 septembre 1810

DÉCRET.

Article premier. — Il est accordé à la dame veuve Laurent, nour­rice de la fille de Louis XVI, une pension de douze cents francs, pour en jouir sa vie durant.

Art. 2. — Ladite pension sera payée à domicile, par semestre, à dater du 1er juillet dernier.

Art. 3. — Nos ministres des finances et du trésor public sont cbargésde l’exécution do présent décret.

Napoléon.

Sant-Cloud, 3 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, le 9e corps de l’armée d’Espagne sera composé de deux divisions : la le commandée par le général de division Claparède; la 2e par le général Conroux, qui est inutile en Catalogne. Le général Couin commandera l’artillerie, le colonel de Breuille le génie ; le général de brigade Fournier commandera toute la cavalerie; le général de brigade Gérard sera employé dans une de ces divisions; le général Duppelin, ancien colonel du 85e, recevra ordre de se rendre à la division Friant. Proposez-moi un autre général de brigade à sa place.

Je n’approuve point que les pièces de 12 soient remplacées par des pièces de 8; ce sont des pièces de 12 que je veux; elles sont plus utiles en Espagne qu’ailleurs, parce qu’elles peuvent servir contre un couvent, on pour ouvrir l’enceinte d’une petite ville. Il y a beaucoup de pièces de 12 à Burgos; en donnant au général Drouet des canonniers, des chevaux, des munitions, il pourra prendre là des pièces de 12.

Tirer les compagnies d’artillerie de Boulogne, c’est trop loin ; n’en avez-vous pas à Toulouse, aux îles de Ré et d*Oléron ?

J’approuve que vous envoyiez quelques officiers du génie hol­landais.

Je ne veux point du train de l’armée du Nord pour Bayonne, c’est le tirer de trop loin.

Retenez 300 chevaux sur le train qui devait aller à Seville.

Je trouve que la 5e compagnie du 2e bataillon de mineurs et la 5e compagnie du 1er bataillon de sapeurs, que vous tirez d’Alexandrie, viennent de trop loin ; prenez-les plus près que cela.

Il est nécessaire d’avoir à la suite du corps d’armée quelques cais­sons d’outils du génie; tout cela doit se trouver à Metz.

Saint-Cloud, 3 septembre 1810

Au prince Lebrun, lieutenant général de l’empereur en Hollande, à Amsterdam

Je suis fàcbé que vous donniez à la terre les vélites que j’ai desti­nés à la marine. Je n’ai pas besoin de recruter la terre, mais j’ai besoin d’hommes pour la marine. Je désire donc que les 250 vélites que vous avez donnés à la terre soient mis à la disposition de la ma­rine. En Hollande tout le monde est marin, et des jeunes gens de vingt à vingt-cinq ans y sont aussi propres que d’autres à servir sur les vaisseaux.

Saint-Cloud, 5 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, vous trouverez ci-joint un autre projet de circulaire (les projets de circulaire dont il est question dans cette lettre n’ont pas été retrouvés) pour l’envoi du nouveau tarif. La lettre est adressée au duc de Vicence; vous y ferez les modifications néces­saires pour les autres puissances. Pour la Prusse vous demanderez que le tarif soit adopté, du moins pour les sucres, cafés et cotons d’Amérique, et pour les bois de teinture. Par ce moyen la Prusse se fera des ressources considérables ; ces denrées seront maintenues à un prix élevé, et cela établira une égalité de système sur le continent. Demandez la même cbose en Saxe, en Westphalie, dans le Mecklenburg, en Danemark, en Suisse, à Naples, en Bavière, dans le Wur­temberg et à tous les autres princes d’Allemagne. Recommandez à tous mes agents de bien faire connaître ces principes et d’en deman­der l’application avec plus ou moins de modifications selon les pays.

Je vous renvoie sous le n° 2 la circulaire relative aux Français employés au service étranger; je n’y ai fait aucun changement.

J’ai fait faire à la circulaire n° 3 des corrections qui sont copiées en marge. J’en ai fait faire également au projet de note pour la Porte.

Saiat-Cloud, 5 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, A PARIS.

L’Empereur désire que le ministre lui présente un décret général sur l’établissement des consuls. Il n’a besoin en Amérique que d’un consul général et de deux ou trois consuls pour les permis. 1l n’en a besoin pour le Levant que dans les ports où il veut autoriser le com­merce. Il veut en avoir dans le Mecklenburg, les États prussiens, le Holstein, le Danemark, la Suède, la Russie, et en général dans toute la Baltique. Ils doivent être placés de manière à former une chaîne de sentinelles qui instruisent de tout ce qu’il peut être impor­tant de savoir. Il faut coordonner les consuls généraux, consuls et vice-consuls, de manière que ce service soit complet sans coûter plus d’argent. On placera tous les consuls qui peuvent servir, et l’on donnera des retraites aux autres.

Sainl-Cloud, 5 septembre 1810

NOTES POUR LES MINISTRES DES FINANCES ET DE L’INTÉRIEUR.

Le ministre des finances enverra au ministre de l’intérieur des exemplaires du projet de règlement sur les douanes des provinces illyriennes. On rapportera à ce projet les observations des chambres de commerce.

Les douanes des provinces illyriennes doivent être considérées sous trois points de vue : 1° comme produit de ces provinces, 2° comme moyen de communication entre la France et la Turquie et entre la Turquie et la France, 3° comme moyen de communication entre la mer et l’Autriche.

Les a-t-on considérées dans le projet de règlement sous ces trois rapports ?

Sous le premier, ce serait une erreur de croire qu’un tarif élevé donne un grand revenu, puisque plus le tarif sera haut et moins il y aura de commerce. On doit donc concevoir un tarif modéré qui, en multipliant les affaires, multiplie le produit.

Il faut régler le transit de Gènes, Turin et Livourne par le royaume d’Italie. Il faut qu’il ne coûte presque rien.

On doit établir le transit par l’lllyrie jusqu’à Laybach ou à la Save. On aura alors la communication avec la Turquie et la mer Noire, où l’on pourra envoyer des marchandises, et d’où l’on pourra en rece­voir. Aujourd’hui ce commerce se fait par Vienne. Gènes doit être considérée comme le vrai point de départ de ce transit. On commu­nique de la France à Gènes par le cabotage; de Gênes à Alexandrie ou à Casatisma, il n’y a que trois journées de transport par terre; de Casatisma les marchandises vont par le Pô à Ponte di Lagoscuro; de là à Trieste par un cabotage facile. De Trieste les marchandises vont à Laybach, où elles s’embarquent sur la Save et vont dans la Servie, la Dalmatie, la Bosnie, l’Albanie, la Turquie, etc. Le retour se fait de même par le Danube, la Save, Trieste, etc. Ce commerce est plus direct et doit être plus court, plus sûr et moins cher que celui qui se fait par Vienne, en donnant à nos négociants l’habitude d’aller à Triesle, ils finiront par approvisionner nou-seulement la Turquie, mais aussi la Styrie, l’Autriche, la Hongrie.

Il faut donc examiner si un bâtiment français qui s’embarquerait sur le Pô et qui irait rompre charge à Ponte di Lagoscuro pourrait entrer et sortir sans payer les douanes. Il faut aussi que les douanes d’Illyrie ne fassent rien payer aux marchandises qui iraient s’embar­quer sur la Save pour la Turquie, la Bosnie, etc.

Une fois la route tracée pour parvenir en Illyrie, il faut connaître quelles sont les marchandises qui peuvent être en concurrence avec les nôtres, afin de les gêner. Nos draps, nos soieries, nos étoffes de toute espèce vont à Milan, à Florence, à Naples par terre. Toutes ces marchandises auront très-peu de frais à faire pour aller à Trieste, et de Trieste approvisionner l’Illyrie, l’Allemagne, la Turquie. Cette route facile présente tous les avantages imaginables, mais le commerce ne la prendra pas si on ne l’aide et l’éclaire.

Quant au troisième point de vue relatif à l’approvisionnement de l’Autriche par mer, cette question est réglée par le dernier traité, dont le ministre des relations extérieures donnera communication au ministre de l’intérieur. En général, nous avons un grand intérêt à tenir le plus haut possible le transit jusqu’à la ligne de concurrence par les autres frontières.

Après avoir traité la question sous ces trois points de vue, il faut indiquer les objets que le commerce français doit envoyer à Trieste pour approvisionner les provinces d’Illyrie et, par suite, l’Autriche et la Hongrie, la Bosnie, l’Albanie, la Servie, et s’introduire jusque dans l’intérieur de la Turquie. Il est donc convenable que le transit pour l’aller et le retour soit permis par le royaume d’Italie en plusieurs sens.

La question du transit d’Italie conduit à examiner celle du transit de Cività-Vecchia et de Livourne sur Ancône. D’Ancône à Raguse le passage offre des chances raisonnables, puisqu’on peut le faire en deux nuits et que tous les ports sont à nous. La Méditerranée peut donc communiquer facilement avec Raguse, Cattaro et les autres ports d’Illyrie, soit par Gènes et le Pô, soit par Cività-Vecchia et Livourne par terre sur Ancône.

Sainl-Cloud, 5 septembre 1810

NOTE POUR LE MIMSTRE DE l’INTÉRIEUR

L’Empereur désire que le ministre de l’intérieur s’occupe avec toute l’activité possible du travail relatif aux prisons. La question a été si longtemps débattue, que les personnes qui s’en occupent doivent avoir, sur cette matière, des idées claires et toutes formées.

L’Assemblée constituante avait établi une base, qui fut générale­ment approuvée. Qu’a-t-elle proposé ? Que convient-il d’adopter dans son système ? Que convient-il de rejeter ou de modifier ? C’est ce qu’il faut examiner.

Au reste, le but qu’on se propose, c’est que les prisonniers soient bien, que les prisons soient salubres, que les prévenus ne soient pas confondus avec les condamnés, etc. Quant à l’exécution, il parait convenable d’adopter la même marche que pour les dépôts de men­dicité. L’Empereur affectera à la dépense une forte portion des fonds des communes qui sont à la caisse  d’amortissement ; les départements fourniront le reste.

L’Empereur désire que le ministre de l’intérieur lui présente le travail général mercredi prochain, et y joigne le travail particulier pour la constitution des prisons d’un ou de plusieurs départements.

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, mon intention est de porter les fron­tières de Hollande sur l’Ems, de venir ensuite sur la Lippe et de descendre cette rivière jusqu’à Wesel. Cette nouvelle limite va com­prendre des pays qui appartiennent au grand-duché de Berg et aux princes d’Arenberg, de Bentheim et de Salm. Concertez avec les agents que ces princes ont à Paris les mesures à prendre pour les indemniser, et faites-moi un rapport.

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relatins extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie le rapport de la commission du Valais. Je désire qu’elle s’engage dans toutes les dis­cussions sur la situation du pays et sur toutes les questions relatives à ce qu’il y a à faire pour concilier les intérêts de la France et de l’Italie avec son indépendance, surtout pour former la fusion des deux parties du Valais, pour donner le plus d’influence qu’il sera possible au bas Valais sur le haut, et pour détruire entièrement l’in­fluence du clergé; et pour tout ce qui est relatif à l’organisation de la justice, aux impositions et à l’administration publique. Selon les résultats que vous me présenterez, je verrai ce qu’il me sera possible de faire.

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

A M. Gaudin, duc de Gaète, ministre des finances, à Paris

Je vous prie de vous faire rendre compte de la quantité de mar­chandises coloniales qui ont été séquestrées à Emden. Il me semble que l’Ost-Frise fait exception, et que le tarif de 50 pour 100 ne doit pas être applicable à cette province, car l’Ost-Frise n’est pas la Hol­lande, et j’ai des renseignements certains qui me font savoir que la plus grande partie des marchandises d’Emden y sont en dépôt pour le compte de négociants anglais. Ces gens-là feraient un gain considérable si l’on admettait leurs marchandises au même taux que les marchandises de Hollande. Faites-moi un rapport là-dessus.

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

Au prince Lebrun, duc de Plaisance, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Je pense à envoyer force secours à Batavia de mes ports de Bre­tagne et de Poitou. Je désire envoyer à Batavia des troupes hollan­daises, à cause de la langue et parce qu’elles sont plus accoutumées au pays. Je désirerais donc former un petit bataillon qui serait des­tiné pour s’embarquer à Saint-Malo, composé de quatre compagnies de 120 hommes chacune. Vous ferez prendre des officiers de bonne volonté. On nommera pour commandants des hommes sûrs et qui, s’il est possible, aient des relations dans le pays.

On ferait un second bataillon pour Nantes. Le lieu d’embarquement n’est que pour vous; il ne faut pas que cela se sache. J’ai pris un décret qui vous parviendra par le ministre de la guerre. Ce sera autant de temps de gagné. Vous ferez réunir sans délai ces bataillons à Bois-le-Duc. Vous n’avez pas un moment à perdre.

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

Au prince Lebrun, duc de Plaisance, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Je vous envoie une note du ministre de la marine et des pièces relatives à l’île de Java. Envoyez-moi les chartes de Schimmelpenninck, la correspondance du général Daëndels, l’état de ce qu’il demande et tous les renseignements sur les besoins de la colonie qu’on aura à Amsterdam ; la note des jurisconsultes et officiers que l’on pourrait y envoyer. J’ai l’intention de faire partir un grand nombre de frégates pour cette colonie.

 

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

A la princesse de Ponte-Corvo, à Paris

Ma Cousine, je reçois votre lettre du 4 septembre. Vous devez être persuadée depuis longtemps de l’intérêt que je porte à votre famille. Je ne doute pas que les bons sentiments que vous inspirés à votre fils ne le rendent digne des hautes destinées auiquelles il est appelé.

 

Saint-Cloud, 6 septembre 1810

A Charles XIII, roi de Suède, à Stockholm

Monsieur mon Frère, le comte de Rosen m’a remis votre lettre datée du 21 août. Votre Majesté me fait connaître que la diète a nommé le prince de Ponte-Corvo prince royal de Suède, et elle me demande que je lui permette d’accepter. J’étais peu préparé à cette nouvelle, puisque Votre Majesté m’avait fait connaître qu’elle voulait proposer et faire élire un frère du dernier prince royal. J’ai cepen­dant apprécié les sentiments qui ont porté la nation suédoise à donner cette preuve d’estime à mon peuple et à mon armée. J’autorise le prince de Ponte-Corvo à accepter le trône où l’appelle le vœu réuni de Votre Majesté et des Suédois. Les sentiments que je porte à Votre Majesté et à la Suède me font renouveler mes vœux pour son bonheur et pour sa tranquillité.

Napoléon.

 

Saint-Cloud, 1 septembre 1810, une heure du matin

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous envoie l’original de la lettre du roi de Suède et une copie de ma réponse, que je signerai demain à mon lever. Vous devez envoyer cette lettre en original et ma réponse au duc de Vicence. Quand le duc de Vicence les aura bien montrées à Romanzof et à d’autres, qu’il en aura même laissé prendre des copies, il vous les renverra. Vous écrirez au duc de Vicence que je ne suis pour rien dans tout cela, que je n’ai pu résister à un vœu unanime ; que j’avais désiré voir nommer le prince d’Augustembourg ou le roi de Danemark. Vous appuierez sur ce que cela est l’exacte vérité ; qu’il doit donc le déclarer d’un ton noble et sincère sans y revenir; que si l’on élevait quelque doute, il doit continuer à tenir le même langage, car cela est vrai, et qu’on doit toujours soutenir la vérité. Vous ajouterez que, loin de vouloir prendre la moindre part à tout cela, ayant appris que le sieur Désaugiers se mêlait trop ouvertement de l’élection et donnait des conseils à droite et à gauche, je l’ai rappelé. Le duc de Vicence assurera du reste que le prince de Ponte-Corvo est déjà âgé et ne désire que vivre tranquille ; qu’il ne s’occupera que de comprimer l’anarchie qui désole ce pays, et que je ne pense pas que ce doive être un sujet d’inquiétude pour la Russie. Expédiez sans délai votre courrier au duc de Vicence; vous n’avez plus besoin de moi pour cela.

1)« Sa Majesté, étant couchée, a ordonné que cette lettre partit sans signature. » Méneval.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie les pièces espagnoles avec six observations pour vous servir de base. Je vous expliquerai de vive voix plus en détail mes intentions. Mais ce qui me parait impor­tant, c’est que vous meniez la négociation doucement. Vous devez déclarer net d’abord mon sentiment sur la convention de Bayonne, ensuite sur le Portugal, enfin sur ce que me coûte ce pays ; les laisser réfléchir sur cela ; et ce n’est qu’au bout de quelques jours que vous leur ferez connaître que je veux la rive gauche de l’Èbre pour indem­nité de l’argent et de tout ce que me coûte l’Espagne jusqu’à cette heure. Je crois que, comme dans toutes les négociations, il ne faut pas se montrer pressé.

Il est convenable que vous fassiez bien comprendre à ces ministres qu’ils nous font beaucoup de tort et se rendent ridicules aux yeux de TEurope par leurs dépêches qui sont toutes dans les journaux anglais ; qu’ils peuvent écrire tout ce qu’ils veulent, mais qu’ils doivent écrire en chiffre.

Napoléon.

P. S. Je ne réponds pas à votre projet de traité avec l’Espagne. Il faut voir avant ce que diront les ministres espagnols et ce qui résultera de leur conversation.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie votre rapport sur les avances faites à la Russie. L’état me paraît incomplet ; faites-le re­faire article par article. On n’a pas seulement fourni la solde aux Russes, mais aussi le pain et tout ce qui rentre dans l’administration de la guerre. Je ne vois pas dans cet état les avances faites aux troupes revenues de Corfou; cet état ne comprend donc pas tout ce qui a été fourni. Il faut le faire plus détaillé.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, il est nécessaire de faire une circu­laire à mes ministres et agents à l’étranger sur l’élection du prince de Ponte-Corvo, pour qu’ils fassent sentir que je n’y suis pour rien, que c’est la volonté de la nation qui a tout fait, et pour qu’ils démentent tous ces bruits d’argent que j’aurais donné, etc.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Chamapgny, duc de Dadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, il faut me faire connaître où nous en sommes pour les affaires du Hanovre avec la Westphalie. La cession est-elle consommée ? N’ai-je pas encore quelque acte à ratifier; pour­quoi ne l’est-il pas ? Quelles sont les prétentions du Roi, soit sur la solde, soit sur les domaines impériaux ? Proposez-moi les moyens de lever tous les obstacles.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, faites faire des démarches en Prusse pour que cette puissance mette un droit sur le transit des marchandises coloniales entre elle et la Russie.

Envoyez la lettre du consul de Memel au duc de Vicence, pour qu’il fasse voir de quelle manière on suit en Russie le système de confiscation des marchandises anglaises.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vous renvoie votre rapport sur les discussions entre Bade et Wurtemberg. Je ne puis prendre une décision, parce que les prétentions des deux parties n’y sont pas expri­mées. Lorsque je connaîtrai la nature des prétentions de part et d’autre, que je saurai ce que voudrait donner le roi de Wurtemberg, ce que voudrait avoir le grand-duc de Bade, alors je pourrai décider entre les deux.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Témoignez mon mécontentement au général Marmont de ce qu’il a laissé partir les bâtiments ottomans qui étaient entrés dans les provinces illyriennes. J’avais ordonné qu’ils fussent séquestrés et qu’il m’en fût référé, me réservant seul de statuer sur ceux qui devaient être libérés et ceux qui devaient être confisqués.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A M. Gaudin, duc de Gaète, ministre des finances, à Paris

Je vous envoie une note sur la contrebande dans le voisinage du Rhin. Il parait que la contrebande trouve à Mayence un débouché facile, tandis que le service se fait rigoureusement à Trêves. Il fau­drait envoyer des agents secrets des douanes à Düsseldorf, à Franc­fort et sur la frontière, pour avoir une connaissance parfaite de ces dépots de marchandises anglaises, parce que je pourrai bien les faire enlever un jour à la fois dans toutes ces villes.

 

Saint-Clond, 9 septembre 1810

A M. Gaudin, duc de Gaète, ministre des finances à Paris

Je vous envoie l’état des certificats d’origine délivrés par mon consul à Milan depuis le 1er janvier. Je vois qu’il arrive des cotons venant soi-disant du Levant par l’Italie. Présentez-moi demain au conseil du commerce un décret pour confisquer, séquestrer ces mar­chandises, à moins qu’elles ne viennent par l’Illyrie, la Save et la Bosnie; mais celles prétendues débarquées à Ancône et Venise, je ne les admettrai point. Je désire appliquer la même mesure aux cotons du Levant venant par le royaume de Naples. Je ne veux rece­voir aucunes denrées coloniales ni de Naples ni d’Italie; elles doivent venir dans mes ports directement. Je ne recevrai de Naples, par le cabotage ou autrement, que des cotons de Naples ou marchandises napolitaines.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésore public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, je vous prie de me faire un rapport sur ce qui a été envoyé pour le payement de la solde en Espagne, depuis le commencement de l’année. Il serait nécessaire de faire passer deux ou trois millions pour payer la solde de l’armée de Portugal.

 

Saint-Cloud, 9 septembre 1810

A Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, à Cassel

Je reçois vos différentes lettres. Ma prétendue lettre à la reine de Naples, dont vous m’envoyez la copie, est bien ridicule. Si vous aviez lu les journaux anglais, vous en verriez bien d’autres; ils ne sont pleins que de mensonges et d’absurdités.

 

Saint-Cloud, 10 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Donnez des ordres au commandant du génie et au commandant de la place à Anvers pour que 600 ouvriers et terrassiers soient remis, dans les douze heures de la réception de votre lettre, aux génieurs des ponts et chaussées pour les travaux du bassin. Tous les inconvénients qui pourraient arriver à mon escadre leur seront aputés, et ils en seront responsables s’ils ne se conforment pas exactement à votre ordre. Les travaux du bassin doivent passer avant les travaux de terre et tous autres. Faites partir ce soir votre ordre par estafette.

 

Saint-Cloud, 10 septembre 1810

DÉCISION.

Sire, j’ose m’adresser à Votre Majesté pour la prier de me faire la grâce d’augmenter la pension qu’elle me fait de 600 francs le mois. A présent que le couvent n’a plus ses revenus, cela n’est pas suffisant pour mon entretien , ayant bien des besoins à cause de la santé, qui n’est pas trop bonne, et ayant perdu tous les subsides de mes parents.

Je sais combien Votre Majesté Impériale a de bonté à écouter ceux qui s’adressent à elle, et j’en ai des preuves par ce que vous avez fait à ma sœur qui est restée à Parme.

J’ai l’honneur d’être, avec la plus parfaite soumission, Sire, de Votre Majesté Impériale et Royale, la très-humble, très-obéissante servante et consine, Giacinte-Dominique Barbon.

Saints Dominique et Sixte, Rome, ce 10 septembre 1810.

Renvoyé au ministre des finances pour me proposer de la traiter comme une autre sœur.

 

Saint-Cloud, 10 septembre 1810.

Au maréchal Bernadotte, prince de Ponte-Corvo, à Paris

Mon Cousin, j’ai donné l’ordre au grand juge de rédiger les lettres patentes qui vous autorisent à accepter la nouvelle dignité à laquelle vous êtes appelé par le roi et par la diète de Suède. Je vous souhaite succès et bonheur pour vous et les Suédois.

Napoléon.

 

Saint-Cloud, 11 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, écrivez au sieur Bourrienne que je suis étonné de l’explication qu’il donne sur le visa qu’il a mis au bas des ridicules certificats du sénat de Hambourg; qu’il ne devait pas se permettre cette démarche sans instruction; qu’il ne doit mettre sa signature nulle part ; que depuis longtemps on me porte plainte des opérations peu régulières qui auraient lieu à Hambourg ; qu’il doit éviter de s’attirer mon mécontentement. Vous lui réitérerez que la signature de mes ministres est trop importante pour l’exposer à être compromise ; que ce n’était pas à lui à légaliser la signature du sénat, et que, au lieu de favoriser les moyens de tromper mes agents, il aurait dû protester contre ces ridicules certificats, qui ne disent rien et n’ont aucun but utile.

 

Saint-Cloud, 11 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Mandez au général Donzelot que, comme il a une escouade de mineurs et qu’on ne peut lui en envoyer davantage, il est nécessaire qu’il la complète à 40 hommes, soit en prenant dans l’artillerie, soit en prenant les sapeurs les plus habiles, et les fasse exercer à faire des globes de compression et autres détails de cette arme, afin que, le cas arrivant, la mine puisse jouer un rôle et que ces hommes soient tous stylés.

Je suppose que le général Donzelot a fait exercer ses 80 sapeurs aux manœuvres du canon ainsi que les ouvriers de la marine, de sorte que les 600 canonniers qu’il a, joints aux 200 hommes de troupes du génie, lui font 800 hommes exercés à la manœuvre du canon. Je ne comprends pas dans ce nombre les deux compagnies septinsulaires.

 

Saint-Cloud, 11 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Monsieur le Comte Decrès, je vous renvoie le rapport du pilote de Bayonne sur le port du Passage. Faites-moi un projet d’amélioration de ce port, afin que je donne des ordres pour le fortifier. Il paraît qu’il peut donner refuge à quatre frégates. Je désire avoir des réponses sur les questions suivantes.

1° Si un vaisseau de 74 se présentait devant Bayonne poursuivi par des forces supérieures, il n’aurait d’autre moyen de leur échapper que de s’écbouer ; et dès lors il serait perdu.

S’il se présentait devant Saint-Jean-de-Luz, il y trouverait refuge et serait protégé par les batteries ; il n’aurait rien à craindre : il n’y aurait que l’inconvénient qu’il se trouverait dans un très-mauvais mouillage, où la mauvaise saison lui serait funeste.

Qu’arriverait-il s’il cherchait le port du Passage ? Pourrait-il s’y placer de manière à ne pas être endommagé et à pouvoir sortir dans une autre occasion ?

2° Étant obligé de transporter les bois de Bayonne par Rochefort, et ne sachant que faire des bois des Pyrénées, je désirerais transpor­ter au Passage tous les bois de Bayonne. Pourrait-on construire au Passage un vaisseau de 74, l’armer et l’en faire partir dans des cir­constances favorables, même pour un grand voyage ? Pourrait-on y construire un vaisseau à trois ponts ?

Parlez-moi dans votre rapport de la situation actuelle du port, et ensuite des travaux qu’on pourrait y faire et que comportent les localités.

 

Saint-Cloud, 11 septembre 1810

A Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, à Cassel

Mon Frère, je reçois vos lettres des 26 et 27 août et du 1er sep­tembre. Vous devez partir du principe que rien ne peut me porter à réduire les 18,500 hommes que j’ai en Westphalie, pendant tout le temps que les circonstances de l’Europe voudront que j’aie des gar­nisons dans les places de l’Oder et des postes sur les côtes. Les finances de la Westphalie doivent vous suffire, si vous les gouvernez bien, si vous ne faites pas de rassemblements inutiles de vos soldats. Je vous ai recommandé de former votre contingent doucement et à mesure que votre monarchie s’organise. De toutes les troupes alliées, les vôtres sont celles dont je dois me méfier le plus. Présentement elles ont déserté par bandes en Espagne, mais encore se sont battues contre moi. Je doute que vous en tiriez grand parti contre la Prusse, d’ici à quelques années. Si je devais compter les 30,000 hommes que vous pouvez avoir pour 30,000, je serais fort trompé. On ne réussit dans le monde que par des choses positives et bien calculées. Mon système serait en grand péril si je regardais les Westphaliens comme soldats sûrs. Ce n’est donc pas un grand nombre de troupes que vous devez vous appliquer à avoir, mais un petit nombre de bonnes troupes que vous devez former progressivement.

Quant au Hanovre, je n’ai pas ratifié l’acte de cession. Mes dona­taires sont ruinés par les mesures que vous prenez, quoique mon in­tention ait été de leur donner un revenu franc. Un grand nombre de familles fondent leur existence là-dessus. Elles sont à la veille de tout perdre. Ces récompenses, mes soldats les ont gagnées dans des ba­tailles qui ont fondé votre royaume. C’est une dette sacrée et que je dois protéger. Je sais qu’il y a des donataires, qu’on veut rendre res­ponsables pour les dettes de leurs prédécesseurs, lorsque je leur ai donné des biens libres de toute charge. Ces vexations sont pénibles pour moi, c’est à vous à les faire cesser et à ne pas écouter l’esprit de localité. Vos ministres ne voient pas en grand. Les États ne se fondent que par la politique. Je vais ajouter une chose : je suis prêt à reprendre le Hanovre et à regarder le traité comme nul, puisqu’il vous paraît onéreux. Je ne suis pas éloigné de ne pas ratifier l’acte de mise en possession. Toutefois partez du principe qu’il faut que mes donataires ne perdent rien, soit en Westphalie, soit en Hanovre. Arrangez-vous comme vous voudrez; cela ne peut pas être autrement.

La solde de mes troupes est arriérée de trois mois ; cela ne doit pas être, surtout ces troupes étant casernées. Il n’y a aucune présomp­tion de guerre. Qui est-ce qui empêche que vous envoyiez les trois quarts de vos troupes en semestre ? Par là vous feriez une grande économie !

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES.

Le ministre des relations extérieures écrira à M. Otto pour que son langage soit clair sur ce qui concerne les Français auxquels s’ap­plique le décret du 6 avril 1809. Indépendamment de la circulaire qu’il a reçue sur ce sujet et des principes qui y sont établis, il doit se pénétrer des conditions suivantes : les Belges qui ont été autorisés à quitter la France par suite du traité de Campo-Fonnio n’ont pas reçu de cette autorisation le droit de porter les armes contre leur patrie; on a seulement voulu les soustraire aux lois révolutionnaires, et il n’en résulte pas une exception à la règle générale. Il eut été insensé, lors du traité de Campo-Formio, de les obliger à rentrer en France, où les lois les condamnaient à mort. Aujourd’hui ils doivent renoncer à l’amnistie pour conserver leurs droits et être habiles à succéder en France. Quoi qu’en puisse dire l’Autriche, nous ne les regardons pas comme Autrichiens, et ils ne cessent pas d’être exposés à l’application du décret.

Quant aux officiers retirés, s’ils se font amnistier, ils seront autorisés à jouir en France de leurs pensions de retraite qu’ils ont obte­nues en Autriche, ainsi que cela a été accordé dans le temps.

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1810

NOTE POUR LES MINISTRES DE L’INTÉRIEUR ET DES CULTES.

Puisque les ministres de l’intérieur et des cultes se sont concertés pour ce qui regarde les bâtiments nécessaires au service et aux mi­nistres des cultes, Sa Majesté attend ce travail pour fixer son opinion.

Il convient de diviser ce travail de la manière suivante : logements des évêques, logements des séminaires, églises à acheter, églises à bâtir, églises auxquelles il faut faire de fortes réparations équivalentes à reconstruction, enfin logements des curés et desservants.

Ce dernier article, qui parait être la principale dépense, doit être donné avec l’évaluation de la dépense et des projets où l’on mettra l’économie convenable.

Ce ne sera pas le gouvernement qui bâtira, pour éviter la néces­sité de proportionner la dépense à la dignité impériale; mais ce seront les communes, auxquelles on donnera les secours nécessaires.

Il faudrait prendre pour règle d’adosser les maisons des desser­vants aux églises, et de ne pas dépasser pour chaque presbytère la somme de 2,000 francs. Les presbytères qu’on a fait reconstruire dans la Vendée n’ont pas coûté la moitié de cette somme.

La moitié de la dépense des presbytères serait payée par les com­munes, l’autre moitié sur le fonds du dixième.

Les maisons des évêques et celles des séminaires et les églises seraient payées moitié sur les départements, moitié sur le fonds du dixième. On adopterait des modifications pour les départements qui sont très-riches, comme ceux de la Belgique.

Les fonds seraient mis à la disposition des préfets avec affectation spéciale, et de manière à savoir dans combien de temps le travail serait terminé.

Le fonds du dixième s’augmentera tous les ans de l’intérêt à 3 pour 100 que paye la caisse d’amortissement.

Aussitôt que le travail pour les divers genres de dépenses indiqués au commencement de cette note sera dressé pour chaque église, évêché, séminaire, presbytère, on fera le projet de distribution des 4 millions qui sont en caisse et des 1,400,000 francs de produit annuel.

Ce travail présentera dans diverses colonnes l’objet de la dépense, l’estimation de la dépense, ce que doit payer la commune ou le département, enfin le secours à accorder sur le fonds du dixième. Pour les villages pauvres, toute la dépense sera supportée parce der­nier fonds.

On pourrait faire, dès cette année, le travail pour les presby­tères et les églises du département de la Seine.

 

Saint-Clond, 12 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il paraît qu’il est nécessaire de réunir de nouvelles forces en Catalogne.

Vous donnerez ordre que les trois bataillons qui sont à Toulouse et les quatre bataillons qui sont à Avignon soient complétés à 840 hom­mes chacun, ce qui fera 5,800. Les trois bataillons de marche de l’armée de Catalogne qui seront réunis le l2 septembre à Turin for­meront 3,400 hommes. Les deux escadrons de marche qui se réu­nissent à Perpignan, et le régiment de dragons qui se forme à Turin formeront 1,300 chevaux. Cela seul fera 9,200 hommes d’infanterie et 1,300 chevaux, que vous pouvez diriger sur la Catalogne. Je pense qu’il faut ordonner aux 16e et 67e de ligne de continuer leur route, en les dirigeant sur Orléans; vous me ferez connaître le temps où ils arriveront : alors vous me proposerez d’en former quatre ba­taillons et de les envoyer en Catalogne. Par ce moyen, on compléterait une division de 12,000 hommes d’infanterie et 1 ,300 chevaux.

Il faut presser le vice-roi de former un bataillon de marche des hommes les plus exercés de ses dépôts, pour renforcer les régiments italiens.

Pressez le départ de Genève des hommes qui doivent recruter les sept bataillons de Foix et d’Avignon, afin de porter ces bataillons au complet.

Il parait que cette nouvelle division, ayant de l’infanterie et de la cavalerie, n’aura pas besoin d’artillerie, le gros de l’armée en ayant suffisamment.

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Faites-moi connaître comment est composée la légion de gendar­merie de Catalogne et quand elle sera organisée.

Je vois dans le livret de l’armée d’Espagne qu’elle est composée de vingt brigades à pied, formant 120 hommes, et de cent brigades à cheval, formant 600 hommes. Si cela était, ce serait une bien mau­vaise composition pour la Catalogne. Elle doit être composée, au contraire, de cent brigades à pied, 600 hommes, et de vingt brigades à cheval, 120 hommes.

Je suppose que l’état que j’ai sous les yeux est fautif; faites-moi un rapport là-dessus.

 

Saint-Cloud, 12 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, donnez ordre qu’à leur arrivée à Bayonne les déta­chements des régiments de la Vistule venant de Sedan soient passés en revue, afin que les hommes qui ne seraient pas Polonais en soient ôtés, et que les autres rejoignent sans délai leurs corps.

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il sera formé une division de réserve de l’armée d’Espagne, qui sera composée de trois brigades.

La 1e brigade sera composée,

1° Du 1er régiment de marche de l’armée du Midi, lequel se for­mera à Limoges et sera composé de deux bataillons de marche de l’armée du Midi. Le 1er bataillon sera composé de la manière sui­vante : 100 hommes du 21e léger, 100 du 28e, 100 du 34e de ligne, 100 du 40e, 100 du 64e, 100 du 88e; total, 600 hommes.

Le 2e bataillon sera composé de 100 hommes du 100e de ligne, 100 du 103e, 100 du 54e, 100 du 63e, 150 du 32e, 150 du 58e; total, 700 hommes.

Ce 1er régiment sera commandé par un colonel en second, deux chefs de bataillon et les officiers nécessaires.

Les officiers destinés à rejoindre l’armée du Midi auront emploi dans ces régiments. Vous me proposerez d’y envoyer douze jeunes gens de l’école militaire de Saint-Cyr, qui rejoindront à Limoges et auront des brevets de sous-lieutenants pour les douze régiments dont les détachements forment ce régiment de marche. Les détachements faisant partie de ce régiment, qui se forment à Orléans, recevront l’ordre de continuer leur route sur Limoges.

Il est nécessaire que ce régiment soit bien constitué, parce qu’il se passera beaucoup de temps avant qu’il puisse être dissous et rejoindre ses corps sous Cadix.

2° Du bataillon de marche de l’armée d’Aragon, fort de 900 hom­mes, qui est à Blois. Ce bataillon sera passé en revue le 20 septem­bre, et, lorsqu’il sera complet en officiers et sous-officiers, vous le mettrez en marche pour Limoges. Vous y enverrez trois élèves de l’école de Saint-Cyr pour remplir des emplois de sous-lieutenants. On prendra dans les chevau-légers polonais huit sous-officiers pour être employés comme sous-lieutenants dans les quatre régiments de la Vistule, à raison de deux pour chaque régiment. Ces officiers marcheront avec le bataillon de marche de l’armée d’Aragon, où il y a un détachement de 400 Polonais.

3° Du 4e bataillon du 43e qui se forme à Tours. Ce bataillon sera passé en revue à Tours le 5 octobre, et lorsqu’il sera complet en officiers et sou s-officiers, vous le dirigerez sur Limoges.

Les quatre bataillons composant cette 1e brigade de la division de réserve seront cantonnés à Limoges. Un général de brigade ira en prendre le commandement.

Il sera passé la revue de cette brigade le 10 octobre, mon inten­tion étant qu’elle soit complétée, pour cette époque, en officiers et sous-officiers, et qu’elle soit en état de faire la guerre.

La 2e brigade sera composée de quatre bataillons de marche de l’armée de Portugal, tels qu’ils ont été destinés.

Le 1er et le 2e bataillon, c’est-à-dire celui qui se réunit le 13 à Bordeaux et celui qui sera réuni le 15 à Nantes, formeront le 1er régiment. Le 3e et le 4e bataillon, celui qui se réunit à Paris et celui qui sera réuni le 29 septembre à Orléans, formeront le 2e.

Le 1er régiment se formera à Bordeaux, et le 2e à Orléans. Chacun de ces régiments sera commandé par un colonel en second.

La revue du 1e bataillon sera passée à Bordeaux le 25 septembre. Le 2e bataillon, qui doit être à Nantes le 15, se rendra immédiate­ment à Bordeaux, où il sera également passé en revue le 3 octobre. Le 3e bataillon se rendra de Paris à Orléans, où il se réunira au 4e bataillon, qui se rassemble dans cette place.

On prendra à Saint-Cyr dix-huit sous-lieutenants pour être placés dans les dix-huit régiments qui fournissent à la composition des quatre bataillons de cette 2e brigade.

Lorsqu’on m’aura rendu compte de la revue qui sera passée des deux derniers bataillons à Orléans, je les ferai partir pour Bordeaux, où ils formeront, avec les deux premiers bataillons, la 2e brigade de la division de réserve.

La 3e brigade sera composée du 3e bataillon du 50e régiment d’infanterie de ligne et du 3e bataillon du 25e léger, qui se réunissent à Tours, et de deux bataillons de gardes nationales de la Garde.

Cette 3e brigade, qui sera ainsi forte de 3,000 hommes, sera passée en revue le 8 octobre, à Tours. Il faudra m’assurer qu’à cette époque elle ne manquera ni d’officiers ni de sous-officiers. Un général de brigade sera nommé pour commander cette 3e brigade.

La brigade de cavalerie du général Fournier, composée des 1eet 2erégiments provisoires de cavalerie légère qui se réunissent à Tours, fera partie de cette division et se dirigera sur Niort, afin de désen­combrer Tours. Les deux escadrons de marche qui se forment à Tours se rendront à Niort et feront partie de la brigade du général Fournier, qui sera chargé de veiller à leur organisation.

Le général qui commandera cette division sera le général de divi­sion Caffarelli, mon aide de camp. Proposez-moi les troi généraux de brigade et un adjudant commandant à attacher à cette divi­sion. Je désire qu’elle puisse être réunie, du 15 au 20 octobre, à Bayonne.

Faites-moi connaître quand le 13e régiment de chasseurs arrive à Bayonne.

 

Sainl-Cloud, 13 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je lis votre rapport sur une proposition de fondre cent pièces de 12, deux cents pièces de 6 et quatre cents de 3, et, avec le bronze provenant de cette fonte, de faire couler vingt pièces de 48, quatre-vingts de 24 et trente mortiers à plaque.

Je vois que j’ai en Hollande deux cent vingt-huit pièces de 24 en bronze et cent huit de 18; je ne veux pas de nouvelles pièces de 24.

Je vois qu’il y a vingt-cinq mortiers de 15 pouces et point de bombes, cent quinze mortiers de 11 pouces et 37,000 bombes, ce qui ne fait que 300 coups par pièce, et cent trente mortiers de 7 1/2 pouces avec 35,000 bombes, ce qui ne fait que 270 coups par pièce.

Mon intention est que vous envoyiez à La Haye les vingt-cinq mor­tiers de 15 pouces, cinquante-cinq mortiers de 11 pouces et soixante et dix de 7 1/2 pouces. Par ce moyen il ne restera plus en Hollande que soixante mortiers de 11 pouces et 37,000 bombes, soixante mortiers de 7 1/2 pouces et 35,000 bombes. Vous ne conserverez également que soixante obusiers de 7 pouces, et, à cet effet, vous ferez fondre les soixante-quatre autres. Vous ne garderez que soixante obusiers de 5 pouces ; en conséquence vous en ferez fondre trente-sept.

J’approuve que vous fassiez fondre également les cent soixante et dix-huit pièces de 3, de siège, et je désire qu’avec cette fonte vous puissiez faire huit pièces de 48 et quarante mortiers à plaque à grande portée et à la Gomer.

Il ne vous échappera pas que j’ai mesuré le nombre de pièces sur le nombre des projectiles que vous avez portés à la colonne Existant.

Je ne saurais approuver qu’on fondit cent canons de 12, puisque c’est l’arme qui défend les places, ni deux cents pièces de 6.

J’approuve que la marine vous fournisse soixante-trois pièces de 36, ce qui, avec les trente-sept, fera cent, et cent pièces de 24. Ce sera donc cent trente-sept pièces de gros calibre à demander à la marine. La marine ne peut pas les vendre. Vous lui donnerez du bronze et cuivre pour même valeur, dont elle se servira pour doubler ses vaisseaux, etc.

Après vous avoir fait connaître mes intentions sur l’objet de ce rapport, je dois vous faire connaître ma pensée sur l’organisation générale de l’artillerie de la Hollande. Ma pensée est qu’après une campagne malheureuse sur le Rhin on pourrait perdre la Hollande. Il ne faut donc laisser à Amsterdam et dans les autres places de Hollande que l’indispensablement nécessaire pour leur défense; que tout le reste de l’artillerie soit renvoyé sur Maastricht, sur Anvers et sur Wesel d’abord; et après, et insensiblement, une partie sera dirigée sur Lille, Metz et la Fère.

J’aimerais à avoir toute l’immense artillerie que j’ai à Strasbourg, à Mayence, à Wesel, en Hollande, réunie dans les trois places de dépôt importantes de Lille, Metz et la Fère.

De Metz je pourrais réapprovisionner toute ma frontière de Hol­lande.

Je désire donc qu’en novembre ou décembre prochain vous me fassiez un projet pour, en plusieurs années, conduire toute l’artillerie inutile dans mes places dans les trois grands dépôts.

Les six cents mortiers à la Cochorn sont, je suppose, des mor­tiers de 6 pouces. Ces mortiers sont fort utiles, et je pense qu’il serait avantageux que vous les dirigeassiez en grande partie sur Stras­bourg et Lille.

Résumé. — 1° Diriger d’abord sur Anvers, Maastricht et Wesel toutes les pièces sans affûts ; je vois qu’il y a deux mille trois cents affûts et trois mille huit cents pièces; 2° préparer le travail pour ne laisser en Hollande que l’artillerie nécessaire à la défense, et diriger tout le reste sur Anvers, Wesel et Maastricht; 3° préparer un projet pour diriger ce qui existe^ et se trouver à Mayence, Wesel, Stras­bourg, Maêstricht et Anvers, sur les grands dépôts de Metz, Lille et la Fère, en raisonnant dans les différentes suppositions, ou que la Hollande peut être envahie par l’Angleterre, ou se révolter, ou être coupée de la France par une armée qui viendrait de la Meuse.

Le dépôt de la Fère, je le considère comme s’il était à Paris. Les communications par eau sont à l’abri de toute interruption. Un des événements supposés arrivant, on évacuerait ce qu’il y aurait à la Fère sur Paris et la Loire.

Dans ce sens il devrait y avoir une salle d’armes de cent mille fusils à la Fère, et, considérant l’arsenal de la Fère comme l’arsenal de Paris, il faudrait voir s’il y a quelques bouts de chemin à faire pour faciliter autant que possible les transports. Chargez les officiers d’artillerie de ce travail; car nous n’avons point de système, et après quelques revers nous nous trouverions compromis. Mon intention est d’arrêter ce système cet hiver, car, pour l’exécution, c’est l’ou­vrage de plusieurs années.

 

Saint-Cloud,  13 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris.

Monsieur le Comte Mollien, je vois par votre rapport du 12 que vous avez envoyé en Espagne, depuis le 1er janvier, 22 millions pour la solde et 4,200,000 francs pour les ordonnances des ministres. Faites-moi connaître le détail de ces ordonnances, par ministère et par chapitre, et combien, sur les 22 millions envoyés pour la solde, il reste encore de fonds à Bayonne.

 

Saint-Cloud, 13 septembre 1810

NOTE DICTÉE EN CONSEIL D’ADMINISTRATION DES FINANCES.

Sa Majesté juge convenable que tout ce qui concerne cette matière soit réuni en un seul décret divisé en plusieurs titres.

Le titre 1er, De la recette, sera subdivisé en deux parties : 1° re­cettes des exercices antérieurs jusqu’au 1er janvier 1811; 2° recettes des exercices 1811 et postérieurs.

Le titre II traitera De la dépense. La dépense se fera sur les fonds de la caisse d’amortissement et sera portée en distribution dans le décret de chaque mois.

Le ministre de l’intérieur remettra au ministre du trésor l’état des fonds disponibles et de ceux dont il a l’intention de disposer. Le ministre du trésor rédigera en conséquence la distribution, et le ministre des finances, à qui elle sera transmise, fera faire les verse­ments par la caisse d’amortissement.

Le titre III contiendra les attributions ou affectations des fonds. Il sera divisé en chapitres.

Chapitre Ier. — Le fonds provenant du prélèvement de 10 pour 100 sur le revenu des communes affecté au culte sera spécialement affecté, 1° à l’acquisition des six maisons d’orphelins; 2° à l’achèvement de l’église de Macon ; à l’exécution du décret du 8 août 1808, relatif au rétablissement des édifices du culte dans les départements de la Vendée ; en conséquence, il ne sera plus fait de fonds sur cet objet à dater de 1811 ; 4° à concourir, pour une partie de la dépense, au rétablissement des églises et presbytères; la portion qui sera acquittée sur ce fonds sera déterminée suivant les circonstances et la nature des travaux à faire, dont les projets seront soumis à Sa Majesté.

Chapitre II. — II sera fait un prélèvement de 60 pour 100, évalué à 8 millions, sur le montant du fonds provenant de l’excédant disponible du budget des communes, versé à la caisse d’amortissement, jusques et y compris l’exercice 1810.

Il sera fait un prélèvement de 80 pour 100, évalué à 8 millions, sur les produits provenant des coupes des bois des communes, versés à la caisse d’amortissement, jusques et y compris l’exercice 1810.

Total des deux prélèvements, 11 millions.

Chapitre III. — Ce fonds de 11 millions, acquis au 1er janvier 1811, sera susceptible d’augmentation au moyen des prélèvements qui pourront avoir lieu sur les produits des exercices postérieurs, et sur le compte qui en sera rendu à Sa Majesté.

Le montant des prélèvements sur 1810 et années antérieures sera employé au rétablissement ou à l’amélioration des prisons, maisons de détention, et à la mise à exécution des dispositions bienfaisantes des lois sur cette matière, tant pour Paris que pour les dépar­tements , à raison de 3 millions pour Paris et de 8 millions pour les départements.

Sa Majesté fait ensuite les observations et prescrit les dispositions «mantes, tant sur la comptabilité des ponts et chaussées que sur celle des différents travaux de la ville de Paris.

La comptabilité des ponts et chaussées est très-imparfaite.

Ce service reçoit des fonds de plusieurs manières : 1° sur les fonds généraux du trésor public ; ils entrent dans la comptabilité du payeur des dépenses diverses ; 2° sur les centimes de la contribution foncière; 3° sur les droits de bac, de navigation et autres de même nature.

Partie des fonds de ces deux dernières espèces entre au trésor comme ayant une affectation spéciale. Ils font partie de la comptabi­lité du payeur des dépenses diverses, et cet objet parait dès lors en règle; mais une autre partie de ces fonds est versée à la caisse d’amortissement. Le trésor n’en ayant pas connaissance, ils n’entrent pas dans la comptabilité du payeur des dépenses diverses. Il est vrai que la caisse d’amortissement en compte, mais les comptes de la caisse d’amortissement n’ont point de rapport avec ceux des travaux, et cela est sujet à beaucoup d’inconvénients.

Le décret du 13 août 1810, qui établit une caisse spéciale des canaux, comprend le paragraphe 7 de l’article 6, qui établit la composition de cette recette, « tous les fonds affectés aux dépenses » des canaux autres que ceux qui sont portés par le budget à la charge » des fonds généraux du trésor public ». 1° II ne s’agit là ni des routes, ni des ponts, ni de tant d’autres travaux publics. 2° Le trésor ayant aujourd’hui l’habitude de porter dans une colonne à part les fonds spéciaux, cela donnera lieu à beaucoup d’embarras. 3° L’ar­ticle 0 portant que les comptes de la caisse des canaux seront envoyés à la cour des comptes, il n’y aura aucun ensemble dans la compta­bilité. Ne serait-il pas convenable de donner à la caisse des canaux le titre de caisse des ponts et chaussées, et de lui faire faire recette de tous les fonds des travaux publics quelconques ? Le trésor se ser­virait de cette caisse pour faire payer ce qui est affecté aux ponts et chaussées. Cette méthode paraîtrait d’autant plus utile que Sa Ma­jesté n’obtient pas par les ponts et chaussées la connaissance de ce qui devrait être, mais de ce qui est. Il n’y a de centralisation que chez le directeur des ponts et chaussées, et la centralisation serait chez le trésorier, qui aurait l’état de tout ce qu’il doit recevoir et qui ferait counaître dans ses comptes ce qu’il n’aurait pas reçu. On con­tinuerait à verser à la caisse d’amortissement tout ce qui appartient aux communes et n’a pas d’affectation obligée pour les travaux pu­blics ; mais au moment où un décret spécial aurait affecté tel fonds aux travaux publics, la caisse d’amortissement en ferait le versement chez le trésorier des ponts et chaussées. Elle ne s’embarrasserait pas de l’emploi et serait déchargée par un simple reçu. Alors la compta­bilité tout entière des ponts et chaussées serait à la caisse des ponts et chaussées, et le trésor, dont elle serait une caisse spéciale et qui porterait dans ses états les fonds qu’elle pourrait avoir, y trouverait aussi, au besoin, l’argent qui pourrait lui être nécessaire pour des mouvements de fonds.

Le ministre de l’intérieur s’entendra avec le ministre du trésor pour examiner : 1° s’il est nécessaire que cette caisse compte à la cour des comptes ; alors le payeur des dépenses diverses serait libéré de 25 millions sur un simple reçu du trésorier des ponts et chaussées ; 2° s’il est préférable que le ministre du trésor, par qui passeront toutes les ordonnances, les porte en recette spéciale, quels que soient le titre et l’origine des fonds; alors le trésorier des ponts et chaussées rendrait compte au payeur des dépenses diverses.

Voilà pour l’avenir.

Il resterait à régler ce qui concerne les exercices antérieurs et l’exercice de 1810 jusqu’à 1811.

Il faudrait que le décret à rédiger déterminât que la caisse des ponts et chaussées se charge en recette : 1° de tous les fonds spé­ciaux provenant des centimes imposés par des lois pour des travaux publics, versés à la caisse d’amortissement et qui ont été employés; 2° de tous les fonds spéciaux provenant d’affectations faites par décrets, soit sur les droits à la sortie des grains, soit sur le produit des coupes des bois communaux, soit sur le produit des amendes imposées aux fraudeurs, soit sur les recettes de la police, etc. Par ce moyen, le trésorier des ponts et chaussées deviendrait comptable de ces fonds, et il recevrait, sur récépissé, toutes les pièces de la caisse d’amortissement. Il convient que le trésorier devienne comp­table de ces recettes antérieures, parce que ses opérations à venir seront une continuation des mêmes affaires et des mêmes travaux, et qu’on n’établira véritablement une bonne comptabilité que quand elle sera telle que, dans cinq ans, on pourra savoir tout ce qu’aura coûté tel canal, telles ou telles opérations, tels ou tels travaux.

Après les recettes et les dépenses propres à la caisse des ponts et ebaossées, viennent les travaux faits à Paris par le ministère de l’in­térieur, tels que la colonne et la place Vendôme, le Panthéon, l’église Saint-Denis, les greniers publics, la Bourse, les tueries, le Jardin des Plantes. Ces travaux ne regardent pas les ponts et chaussées. Il faudrait donc prévoir, dans le même décret, ce qu’il faut faire pour 1811 et pour les années antérieures.

Ce qu’on doit faire pour 1811 parait être que toutes les recettes faites en vertu des décrets entrant au trésor; que le trésor ait autant de chapitres de recette que de décrets, et autant de chapitres de dépense que de grands travaux. On ferait un budget de fonds spé­ciaux disposés de la même manière que le budget ordinaire.

A cette occasion, Sa Majesté observe que cette partie est organisée d’une manière très défectueuse à Paris, et qu’il paraîtrait convenable d’avoir un homme de goût, bon administrateur, qui se chargerait de ces détails et qui dispenserait le ministre de l’intérieur de s’en occuper. Faute de cette institution l’on a perdu beaucoup d’argent.

On a, par exemple, dépensé à Saint-Denis beaucoup plus qu’il ne fallait, et encore aurait-on dépensé bien davantage si Sa Majesté n’était pas allée visiter ces travaux. Il faudrait donc charger de tout cela un maître des requêtes sous les ordres du ministre de l’intérieur. Peut-être aussi conviendrait-il de lui donner les travaux de la capi­tale qui dépendent des ponts et chaussées, comme le pont d’Iéna, le pont de Saint-Cloud, etc. Dans les départements, la surveillance des grands travaux de cette espèce est confiée aux préfets. A Paris, le préfet, déjà ordonuateur d’une dépense de dix-huit à vingt mil­lions, a beaucoup trop d’occupations; il est d’ailleurs un personnage trop considérable pour travailler avec le directeur des ponts et chaus­sées. On pourrait même diviser ces objets entre deux maîtres des requêtes : l’un serait chargé de la direction et de la surveillance de tout ce qui est relatif aux monuments, aux constructions publiques, aux statues, et l’autre des travaux des ponts et chaussées qui se font à Paris. Cela aurait l’avantage de former un plus grand nombre de sujets, parmi lesquels on choisirait pour les premières places qui viendraient à vaquer.

Le ministre de l’intérieur fera, mercredi prochain, un rapport sur ces divers objets. Il présentera aussi l’organisation de la comptabi­lité des canaux et des travaux divers dont il est question dans cette note, en stipulant d’abord, pour l’avenir, à partir de 1811, et, pour le passé, à commencer de l’an VIII. Il aura grand soin de distinguer l’article de la recette de l’article de la dépense.

On ne voit pas figurer, dans le tableau qu’il a fourni des crédits ouverts sur différentes caisses pour les mouvemenls et pour divers travaux publics, le temple de la Victoire, dont les fonds sortent de la caisse de l’extraordinaire. Ces fonds doivent sortir de cette caisse par une ordonnance du ministre, mais ils doivent être versés dans la caisse du trésor, où devraient se trouver l’ordonnance du ministre et les pièces.

L’approvisionnement de Paris a coûté 2,500,000 francs; il n’y en a aucune trace au trésor, de sorte qu’on ne voit pas d’où vient cet argent. Cela doit être versé en recette au trésor comme fonds spécial provenant du droit à la sortie des grains, et se trouver en dépense i l’intérieur existant en grains.

Dans la nomenclature des fonds dont le trésor et la caisse des canaux ou des ponts et chaussées doivent se rendra comptables, le ministre aura grand soin de porter dans une colonne particulière les fonds dont le trésor s’est déjà rendu comptable, tels que ceux de la police, etc.

Le décret du 29 octobre 1808, sur le budget des ponts et chaussées de l’exercice 1809, porte, titre 11, chapitre vm, la distribution d’un fonds d’un million entre les travaux de la place Vendôme, de ïéglise Saint-Denis, du Panthéon, de la machine de Marly, du Jar­din des Plantes et des greoiers publics. Une note ujoutée à cet article annonce que cette somme sera prise sur le fonds de dix millions réservé, par le paragraphe 2 de l’article 5 du décret du 31 mars pré­cédent, pour des constructions utiles qui contribuent à l’amélioration et à F embellissement de la capitale.

Le décret du 21 mars porte effectivement, article 5, que les 17 millions qu’on suppose rester sur le produit de la vente des canaux seront employés, savoir: 10 millions à des constructions utiles a l’embellissement de la capitale, et 7 millions au canal de l’Ourcq et à l’amélioration des moyens de communication avec Paris par la navigation.

L’article 7 dit quev sur le fonds de 10 millions, une somme de 3 millions sera dépensée en 1808, savoir : 2 millions pour l’em­bellissement de la capitale et 1 million pour l’amélioration de la navigation.

Sa Majesté désire connaître quelle estf sur ces 17 millions» la somme qui a été employée pour les travaux de Paris et pour ceux de la navigation.

Le décret du 20 février 1810 a changé cet étal de choses, parce que la vente des canaux n’a pas produit ce qu’on en attendait. Dans ce décret, on porte la recette à 60 millions et la dépense àpareille somme, savoir: 10,300,000 francs pour les avances faites anté­rieurement; 32,098,000 francs dont l’emploi est spécifié travaux par travaux, année par année, dans l’article 17, et 17,602,000 francs formant le surplus des 60 millions pour le canal de Bourgogne. Sur quoi donc se propose-t-on de prendre trois ou quatre millions qui auront été employés, soit en vertu du décret du 29 octobre 1808, pour la place Vendôme, l’église Saint-Denis, le Panthéon, etc., soit en vertu du décret du 21 mars de la même année, à améliorer la navigation de la Marne et les autres communications de Paris ? Ils avaient été donnés dans la supposition que les canaux laisseraient 17 millions de lihres, et on ne les a pas fait entrer dans l’affectation qoe le décret du 20 février a faite des fonds provenant de la vente des canaux. Il y a donc un déficit. Il faut donc savoir sur quels fonds on a transporté les affectations qui avaient été faites sur les 17 millions supposés disponibles des canaux. Dans le décret du 20 février 1810, qui distribue les dépenses année par année, on ne voit figurer que le canal de l’Ourcq Y et assurément on n’aura pas mis sous ce titre les travaux de la place Vendôme, de l’église Saint-Denis, du Pan­théon, etc. Cet éclaircissement est indispensable pour la rédaction du décret qui doit régler toute cette comptabilité arriérée. On peut, ou ajouter par un article l’obligation de cette dépense à celles qui sont imposées au fonds des canaux par le décret de 1810, ou bien la rembourser.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1810

A l’Impératrice Joséphine, aux eaux d’Aix, en Savoie

Mon amie, je reçois ta lettre du 9 septembre. J’apprends avec plai­sir que tu te portes bien. L’impératrice est effectivement grosse de quatre mois ; elle se porte bien et m’est fort attachée. Les petits princes Napoléon se portent très-bien ; ils sont au pavillon d’Italie, dans le parc de Saint-Cloud.

Ma santé est assez bonne. Je désire te savoir heureuse et con­tente. On dit qu’une personne chez toi s’est cassé la jambe en allant à la glacière.

Adieu, mon amie, ne doute pas de l’intérêt que je prends à toi et des sentiments que je te porte.

 

Saint-Cloud, 14 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

Si l’idée était nouvelle, Sa Majesté pourrait prendre un décret pour la constater (Projet d’ouvrir une rue allant en ligne directe du Louvre au faubourg Saint-Antoine), mais elle est aussi ancienne que la ville de Paris. Il existe plusieurs gravures de la colonnade du Louvre dans lesquelles cette rue est représentée comme si elle existait. Il ne faut donc dé­créter cette grande entreprise qu’au moment où on voudra l’exécuter. Mais, avant de l’exécuter, il faut savoir ce qu’elle coûtera. Il est pro­bable que la dépense s’élèvera au delà de vingt millions. Ainsi, pour l’exécuter au moment où elle serait ordonnée, il faudrait avoir vingt millions disponibles. Ce n’est pas lorsqu’on a déjà entrepris de donner à Paris des eaux, des égouts, des tueries, des marchés, des greniers d’abondance, etc., qu’on peut s’engager dans une si grande opération.

Elle ne pourra être faite qu’au moyen des centimes de l’octroi qui sont affectés au canal de l’Ourcq, ou bien lorsque la paix générale exis­tera et qu’on sera dans un moment de prospérité qui permette d’affecter à ce grand travail 4 à 5 millions par an, pour le terminer en cinq ans.

Les projets auxquels il pourrait paraître convenable de songer dès ce moment seraient la construction de l’Hôtel de Ville, l’arrangement d la place de la Bastille et de la gare, et la formation d’une place dvant le Louvre.

La réception du souverain à l’Hôtel de Ville est une chose trop populaire pour qu’on doive regarder à la dépense. Le souverain ne peut, dans les grandes fêtes, aller qu’à l’Hôtel de Ville, au Sénat, ou au grand établissement de la Garde, à l’École militaire. Les con­structions en bois sont ruineuses, dangereuses et ridicules. Celles qu’on a faites chaque fois à l’Hôtel de Ville ont tous ces inconvénients et sont de plus insuffisantes. Avec une dépense de 4 millions en quatre ou cinq ans, on pourrait avoir un hôtel de ville convenable pour la ville de Paris, et qui, lors des circonstances ordinaires, donnerait de vastes salles pour les assemblées du conseil général, les collèges électoraux, etc. La grande rue à ouvrir doit passer près de l’Hôtel de Ville. La manière naturelle de s’en occuper c’est de coordonner les travaux qu’on ferait à l’Hôtel de Ville avec ce projet, dont l’exécution serait considérée comme probable.

On coordonnerait également à ce projet la détermination définitive de tout ce qui concerne la place de la Bastille.

On propose, à l’entrée de la nouvelle rue devant le Louvre, une place demi-circulaire qui est mesquine. On peut dès à présent déter­miner l’exécution de cette place, lui donner une autre forme et arrêter tout ce qui y est relatif. Si Perrault est considéré comme ayant un nom assez illustre dans les arts, on pourrait donner son nom à cette place. On peut dès à présent déterminer son étendue, arrêter les impositions et désigner le jour où l’église Saint-Germain-l’Auxerrois cessera d’appartenir au service du culte.

Au moyen de ces arrangements, qui tous supposeront l’existence probable de la grande rue, on établit que ce projet est connu et ap­prouvé, et on évite le ridicule de rendre un décret qui ne serait suivi pendant longtemps d’aucune exécution.

Ainsi on peut faire un décret en trois titres : le premier, De la place du Louvre ou De la place Perrault ; le deuxième, De la construction le l’Hôtel de Ville ; le troisième, De l’établissement de la gare et de la place de la Bastille, etc. Il pourrait être dit que ces travaux se coordonneront au plan général joint au décret et qui sera exécuté lorsque les travaux déjà entrepris pour l’utilité ou l’embellissement de la capitale seront terminés.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris.

Monsieur le Comte Mollien,  donnez  un million au prince de Ponte-Corvo sur la caisse de service ; cela sera régularisé ensuite.

 

Saint-Cloud, 15 septembre 1810

Au comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes, à Paris

Monsieur le Comte Bigot de Préameneu, il paraît que le traitement de 600 francs fait aux chanoines et aux curés de Plaisance est trop considérable ; cela leur donne plus qu’ils n’avaient. Il est nécessaire, 1° de diminuer ce traitement ; 2° de l’ôter à ceux qui, étant âgés de plus de soixante ans, sont retournés chez eux. Il faudrait aussi qne les pensions accordées aux moines défroqués ne leur fussent payées qu’autant qu’ils prêteraient serment.

 

Saint-Cloud,  15 septembre 1810

A Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, à Napoleonshoehe

Mon Frère, je reçois vos lettres du 12 septembre. Il ne se fait aucun mouvement de troupes dans le Nord, et le Danemark n’a pas 20,000 hommes sous les armes. Vous pouvez en toute sûreté faire donner vos semestres, cela soulagera vos finances. Ne faites aucun camp ; cela vous coûterait et alarmerait vos voisins. Je suis en paix avec tout le monde, et rien ne menace la tranquillité du continent.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, écrivez au prince d’Essling que je désire qu’en entrant en Portugal il laisse sur ses derrières tous les régiments provisoires de dragons, qui serviront à garder les plaines de Salamanque et de Valladolid ; qu’il ne faut pas qu’il emmène en Portugal une trop grande quantité de cavalerie, qu’il ne pourrait pas la nourrir; tandis que ces régiments provisoires sont importants pour garder ses derrières.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au prince de neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, écrivez au général Suchet que, après la prise de Tortose et de Tarragone, Valence sera sans doute le but de ses opé­rations, si les circonstances ne s’y opposent pas; mais que, les affaires s’avançant du côté du Portugal, il est probable que je me déciderai à le faire marcher contre Valence, ces deux places étant prises. Vous lui ferez connaître que j’ai lu le mémoire du colonel du génie Haxo ; que, dès qu’il est possible de garder avec 1,000 hommes la citadelle et les fortifications de Lerida, je consens à ne point dé­molir l’enceinte de cette place; mais qu’il faut armer et approvisionner les forts et ne mettre sur l’enceinte de la place que de la petite artil­lerie, afin qu’on puisse l’évacuer sur la citadelle, si cela était néces­saire, et que l’artillerie et la vraie défense soient dans les forts.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, écrivez au général Girard une lettre en mon nom pour lui témoigner ma satisfaction sur sa bonne conduite dans l’affaire de Villagarcia, et faites mettre à l’ordre du jour que j’ai reconnu dans cette circonstance la bravoure ordinaire des troupes du 5e corps. Proposez-moi les récompenses que demande le général Girard, soit pour la Légion d’honneur, soit pour l’avancement.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, je suis instruit qu’un grand nombre d’Espagnols envoient leurs mérinos en France, et qu’un troupeau de 10,000 mou­tons est en route pour s’y rendre. Donnez des ordres à tous mes généraux et autres autorités pour qu’on protège le mouvement de ces animaux sur la France.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, j’avais ordonné que tous les receveurs des différents gouvernements d’Espagne vinssent à Paris rendre compte de leur comptabilité. Faites-moi un rapport sur les contributions qui ont été levées en Espagne et sur ce qu’on pourrait tirer de ces rece­veurs sur les dilapidations qui auraient été commises.

 

Saint-Cloud, 16 septembre 1810

Au comte de Montalivet, ministre de l’intérieur, à Paris

Je vous prie de me faire rédiger un projet de décret par les Hol­landais pour organiser le Waterstaat, en laissant le plus possible les choses comme elles sont aujourd’hui. Je désire aussi y laisser les mêmes ingénieurs et y envoyer le moins de Français possible.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Pourquoi l’Impérial, le Tibre et le Romulus ne sont-ils point encore commencés à Toulon ? Il faudrait mettre sur le chantier en place du Sceptre un autre vaisseau. Je voudrais avoir en 1812 quatre vaisseaux de plus à Toulon, l’Impérial, celui qui sera mis sur le chantier en place du Sceptre, le Tibre, le Trident et le Romulus. L’Agamemnon à Gênes n’avance pas. Je voudrais pouvoir avoir, à la fin de 1812, vingt-cinq vaisseaux à Toulon.

 

Saint-Clond, 17 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Monsieur le Comte Decrès, je vous ai fait connaître que je dési­rerais avoir à Cherbourg une réunion de forces assez considérables pour menacer les îles de Jersey et obliger l’ennemi à y tenir des troupes. L’arrivée d’une division à Cherbourg a déjà fait un bon effet. Mais je désire que les deux grosses flûtes du Havre soient armées sans délai et qu’elles puissent se rendre le plus tôt possible à Cher­bourg; ces transports, avec la frégate et les deux vaisseaux qui se trouvent dans ce port, pourraient faire craindre à l’ennemi que 6 ou 8,000 hommes ne se portassent sur les îles. D’ailleurs, ces bâtiments, étant à Cherbourg, se trouveront là prêts pour toute expédition. Les Anglais seront obligés de bloquer cette division tout l’hiver, et cela leur emploiera plusieurs vaisseaux. Comme l’écluse de chasse va jouer, je désire connaître quand on peut espérer que ces flûtes et la frégate seront prêtes à Cherbourg.

J’ai ordonné, par mon décret du 15 juillet dernier, la construction d’une flottille de transport dans la Méditerranée. Je vous prie de me faire connaître où en est cette flottille et ce qu’elle pourra porter. Quand aurai-je les moyens de porter en Egypte, par exemple, cinq divisions de troupes de ligne composées chacune de huit bataillons ou de 6,000 hommes, formant 30,000 hommes d’infanterie, 4,000 hommes d’artillerie et génie et 6,000 hommes de cavalerie, total 40,000 hommes, avec cinq cents voitures d’artillerie et 2,000 che­vaux d’artillerie et de cavalerie ?

Faites-moi connaître l’espèce de bâtiments qu’on peut construire à Dordrecht; je voudrais y faire construire une flottille capable de porter en Irlande ou en Ecosse une expédition de quatre divisions, de dix bataillons chacune ou de 8,000 hommes, formant 32,000 hommes d’infanterie, 4,000 hommes d’artillerie et génie et 6,000 hommes de cavalerie, total 42,000 hommes, avec 3,000 chevaux d’artillerie et de cavalerie et cent vingt pièces de campagne, faisant sept cents voitures. Je suppose qu’on ne mettrait sur les vaisseaux que juste ce qu’il faudrait pour ne point les embarrasser. Apportez-moi au conseil de vendredi prochain un rapport sur cette expédition, sur l’espèce de bâtiments et sur leur tonnage (moins le nombre en sera grand et plus cela sera avantageux), et sur la composition des écuries calculée de manière à en avoir également le moins possible.

Je vous prie de me faire un autre rapport sur la situation où l’on peut espérer que nous nous trouverons en 1812. Tout me porte à croire qu’avant ce temps nos prisonniers seront échangés. Je pense qu’au mois d’août 1812 j’aurai, en rade du Texel, neuf vaisseaux au Texel, six à l’embouchure de la Meuse, vingt-six à l’embouchure de l’Escaut, six à Cherbourg, quatre à Brest, y compris l’Ulysse, total cinquante et un; huit vaisseaux à Lorienl, dix à Rochefort (mon intention est que cet hiver et l’hiver prochain on cherche à réunir les vaisseaux de Lorient et de Rochefort à Brest, ce qui ferait vingt-deux vaisseaux dans ce dernier port et recréerait cette escadre), vingt-quatre vaisseaux à Toulon ; ce qui, avec les trois qu’aura le roi de Naples à Naples, et les huit que le royaume d’Italie et la France auront à Ancône ou à Pola, fera cent quatre vaisseaux de ligne.

Si ces cent quatre vaisseaux sont soutenus par une flotte de trans­port dans l’Escaut portant 42,000 hommes, composée comme ci-dessus, par une flotte de transport dans la Méditerranée portant 40,000 hommes, par la flottille de Boulogne capable de porter 60,000 hommes, par une flottille vis-à-vis la Sicile capable de porter 20,000 hommes, par une flotte de transport à Cherbourg capable de porter 12,000 hommes, enfin par des bâtiments de transport pris en Hollande, escortés par les escadres du Texel et de la Meuse, ce qui ferait 200,000 hommes, les Anglais se trouveraient dans une position bien différente de celle où ils sont aujourd’hui.

C’est là mon plan de campagne pour 1812. J’attendrai le rapport que vous me remettrez au conseil prochain. Il ne faut point perdre de vue que c’est à ce résultat qu’il faut arriver.

Ainsi donc je désire créer une flotte de transport dans l’Escaut, une au Havre pour l’expédition de Cherbourg ; en avoir une dans la Méditerranée, et en même temps diminuer ma flottille de Boulogne de manière qu’elle devienne un objet de diversion et d’accessoire, ne devant plus opérer seule et pouvant menacer de jeter 60,000 hommes sur le territoire de l’ennemi dans le temps qu’il serait occupé ailleurs.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

L’intention de Sa Majesté est de détruire pour 1811 les centimes variables et fixes, en laissant seulement les centimes de non-valeur et les centimes additionnels. Un rapport sur ce sujet doit être déjà au Conseil d’Etat. Toutes les dépenses deviendront impériales. Cela est d’autant plus naturel qu’elles se règlent toutes à Paris. Les écri­tures seront simplifiées, et on aura mis un terme aux fonds de caisse qui existent sans utilité dans les départements.

En jetant un conp d’œil sur les centimes fixes et variables, on voit qu’ils sont employés à acquitter beaucoup de dépenses qui pourraient être mises à la charge des communes, comme une partie de celles des enfants trouvés, l’entretien des bâtiments, des prisons et maisons d’arrêt lorsqu’ils auront été mis en bon état; enfin les dépenses d’entretien des tribunaux connues sous les noms de menus frais, réparations locatives, etc. Cette dernière disposition à l’égard des tribunaux offre beaucoup d’avantages. Lyon, Turin, Rome, etc., ayant des revenus considérables, ne regarderaient pas à ces dépenses et mettraient de l’amour-propre à ce que leurs tribunaux fussent bien tenus. Les petites villes porteraient de l’ordre dans ces dépenses pour les mettre dans la proportion de leurs moyens. La contribution fon­cière et l’État feraient ainsi une économie de 1,200,000 francs.

Sa Majesté fait connaître, pour le ministre de l’intérieur seul, son système à l’égard des communes. Elles sont, en général, trop riches. Elles ont organisé les lycées, concouru à la dépense des dépôts de mendicité et déposé des sommes considérables à la caisse d’amortis­sement. Elles ont, en général, trop de dépenses de luxe. Celles de premier ordre donnent des sommes considérables à leurs maires, qui se trouvent mieux payés que les préfets, tandis que leurs fonctions, purement municipales, doivent être gratuites. Et comment ne seraient-elles pas riches ? On leur a abandonné les octrois qui, dans tous les pays et dans tous les temps, formaient, du moins pour la plus grande partie, une portion du revenu du souverain. Il y a donc à choisir entre deux partis : ou déclarer le produit des octrois une recette impériale et prélever 50 pour 100, ou affecter le payement des dépenses locales sur ce produit. Il est d’autant plus naturel de faire payer les dépenses des tribunaux sur les octrois, que les tribunaux, attirant beaucoup de monde dans les villes, contribuent à augmenter la recette de l’octroi.

Sa Majesté désire qu’on lui présente un tableau comparatif des dépenses dont il s’agit et des revenus des villes qui devraient les sup­porter, et que le ministre joigne au rapport qu’il fera un projet de décret qui réglera cet ordre de choses à commencer du 1er janvier 1811. Sa Majesté verra alors si l’on ne peut pas prendre le même parti à l’égard des menus frais des justices de paix.

Ce travail fait d’abord pour les tribunaux, Sa Majesté en désire un complet sur les communes, afin de mettre à leur charge toutes les dépenses locales qu’elles pourront supporter. Les communes ont déjà été chargées du casernement, ce qui fait 800,000 francs d’éco­nomie pour le ministère de la guerre. Les dépenses des tribunaux feraient une économie de 1,200,000 francs. On ignore quelle serait celle de l’entretien des prisons après qu’elles auront été mises en bon état de réparation. Ces trois objets, qui paraissent les plus impor­tants, ne font pas ensemble une somme très-considérable.

Cependant, si cela était nécessaire, lorsque le système des affec­tations pour dépenses locales sera complet, on ne verra pas d’inconvénient à faire contribuer les arrondissements ou les départements. On prendrait ou le tiers ou le cinquième du revenu commun, et on ferait sur ce fonds commun les dépenses qui se fout aujourd’hui avec les centimes fixes et variables. Il est bien entendu qu’on ne comprend pas dans cette mesure le traitement des abonnements de préfec­ture, etc., qui doivent être ordonnancés par le ministre de l’intérieur. Tout le reste serait payé par les communes. Ces fonds n’entreraient pas au trésor public; ils pourraient être ordonnancés sur-le-champ par les préfets, pourvu qu’ils se conformassent au budget. Ce serait une manière facile de pourvoir aux dépenses imprévues, et un sou­lagement pour le ministre de l’intérieur, qui n’aurait à s’occuper que de ce qui est dépense fixe.

Ce système soulagerait d’impositions directes, procurerait une économie assez notable à l’État et déplairait moins aux communes que si, par une seule mesure, on déclarait impériale une forte por­tion de leur octroi.

On pourra même cesser de percevoir le dixième pour le pain de soupe et les autres prélèvements de cette nature.

Il faudrait donc former un état des revenus des communes par arrondissement et par département, et des dépenses locales à mettre à leur charge.

 

Saint-Cloud, 17 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, des exactions de toute espèce se commettent en Espagne; on y trafique de la libération des prisonniers. Envoyez par un officier la lettre que vous devez écrire au général Kellermann. Écrivez en même temps au prince d’Essling pour qu’il fasse arrêter les individus coupables de ces crimes. Envoyez des officiers interro­ger la garnison de Ciudad-Rodrigo, et notamment le commandant de l’artillerie, auquel on assure qu’il a été demandé 200,000 réaux pour laisser aller la garnison. Chargez le général Buquet de faire une enquête sur cette affaire. Il est temps de mettre un terme à ce brigandage.

Le prince d’EssIing, par une de ses lettres du 30 août, dit qu’il vous a envoyé l’état des contributions levées par le duc d’Elchingen et que ce maréchal n’a pas versées; vous ne m’avez point mis cet état sous les yeux. Faites-moi un rapport là-dessus.

 

Fontainebleau, 17 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, le bruit d’un prétendu mariage du prince Ferdinand avec une princesse d’Autriche s’accrédite beaucoup. Il est important que vous écriviez à tous les commandants des corps d’armée en Espa­gne pour les prévenir que ce bruit est un enfant de l’oisiveté de Paris et un bavardage qui occupe les Parisiens ; qu’ils doivent rejeter avec indignation la seule idée d’un pas rétrograde; qu’il n’a jamais été question de rien de pareil.

 

Fontainebleau, 18 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Le roi de Naples a mis à l’eau un très-bon vaisseau. On m’assure qu’on y a employé des bois qui auraient pu servir à faire un trois-ponts. Le roi de Naples fait construire deux autres vaisseaux, mais, comme il est obligé à beaucoup de dépenses, il ne peut pas faire davantage. Cependant, puisqu’il faut que j’avance de l’argent pour de nouvelles constructions, je préfère les faire à mon compte. Faites-moi connaître si l’on peut faire construire un vaisseau à trois ponts, un de 80 et un de 74, à Naples ou à Castellamare. En payant bien, ce seraient trois vaisseaux que je pourrais avoir l’année prochaine.

Je les armerais avec des matelots napolitains; j’enverrais seulement des garnisons et des officiers. Par ce moyen le Roi aura trois vaisseaux, moi trois; ce qui ferait six vaisseaux qui se joindraient dans ces mers à mon escadre de Toulon.

Donnez donc des ordres positifs au prince Borghese pour que l’Agamemnon à gêns soit lancé en avril; jusqu’à cette heure il n’avance pas. Il y a longtemps qu’il traîne. Faire connaître les mesures pour le faire finit.

Le Rivoli a été mis à l’eau à Gênes. On m’assure que ce vaisseau est très-beau et qu’il a très-bien réussi.

 

Fontainebleau, 18 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, je vois que le général Kellermann montre la plus grande insouciance, et que, loin de placer ses forces de manière à appuyer l’armée de Portugal, il tient ses troupes disseminées.

Il me semble que j’ai compris la province d’Avila dans l’arrondissement de l’armée du centre.

Écrivez de nouveau au général Drouet que j’attache la plus grande importance à avoir des nouvelles de l’armée de Portugal; que le principe d’occuper tous les points est impossible à exécuter; qu’il faut se contenter d’occuper les points où sont les dépôts et les hôpitaux, et avoir ses troupes dans la main pour les porter où cela est nécessaire, et surtout sur les derrières de l’armée de Portugal.

 

Saint-Cloud, 18 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, vous m’avez envoyé un plan sur Ancône qui n’a pas le sens commun. L’ingénieur qui l’a fait n’est pas un homme d’assez de mérite pour faire des plans. Faites exécuter celui que je vous ai envoyé et tenez-vous-en là. Ce que propose l’ingénieur d’Ancône ne se ferait pas pour 30 millions.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, vous verrez par mon décret que je n’ai établi que deux divisions militaires en Hollande, ainsi que deux directions du génie et deux directions d’artillerie. Plus un pays s’éloigne, plus il est nécessaire que les choses se centralisent. Je n’admets point le projet de détruire les fabriques de poudre ni de changer les manufactures d’armes. Jusqu’à un rapport particulier et circonstancié, tout doit rester dans l’état actuel. La Hollande est un pays bien administré, qu’il faut maintenir provisoirement. Cependant je désire que Delft soit supprimé par la suite ; il me semble que les arsenaux de Strasbourg, Metz, Mayence, Anvers, Douai sont suffi­sants; ils peuvent tous communiquer avec la Hollande par eau. Ma politique doit être d’ôter à la Hollande tous les moyens de guerre pour lui ôter toute envie de se révolter un jour. D’ailleurs, à la moindre trouée que l’ennemi opérerait par Bonn et Cologne sur Bruxelles, je me trouverais coupé de tous les établissements de la Hollande, et à quoi bon ces établissements puisque tous les bois et fers que l’on y met en œuvre viennent de France ? Anvers est un point qu’il est dans mon intérêt d’occuper plus fortement que jamais ; bientôt le sort de trente à quarante vaisseaux dépendra de cet établis­sement. C’est là que je dois centraliser mes moyens de défense et d’activité, de manière que, l’ennemi venant à faire cette trouée par Cologne sur la Belgique, le point d’Anvers reste inexpugnable. Je vous ai fait connaître que toute l’artillerie qui serait inutile à l’arme­ment des places conservées devait être évacuée sur la France. Je sup­pose que le génie et l’artillerie auront fait reconnaître toutes les places et forteresses du pays, et qu’au conseil de décembre on pourra me faire connaître les places utiles à conserver et celles qu’il faudra aban­donner. Je crois que vous avez donné des ordres pour qu’à cette époque des officiers, chargés de ces reconnaissances et porteurs des plans, puissent être prêts à répondre à tout ce qu’on leur demandera.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, j’approuve que vous fassiez entrer dans les corps de l’artillerie et du génie de l’armée tous les individus qui formaient l’artillerie et le génie en Hollande. J’ai dit que vous me présenteriez l’état de tous ces officiers et leur nouvelle destination; je n’ai pas besoin de rendre un nouveau décret à ce sujet. Quant aux officiers qui seront employés dans les places, je ne veux point, autant que possible, de nouvelles nominations; les Hollandais connaissent leur pays et peuvent y être utiles; on pourra seulement mettre des Hollandais dans les places sur le Rhin, et replacer en Hollande les Français qui occupaient des places sur le Rhin.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810.

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur de Champagny, la situation topographique des districts de Windisch-Matrey et de Tefferecke, qui appartenaient autrefois à l’évéché de Salzburg quoique enclavés dans le Tyrol, est telle, que je ne conçois pas qu’on ait pu un instant mettre en doute que ces enclaves ne dussent pas suivre le sort des vallées du Tyrol dans les­quelles elles sont placées; en cédant le pays de Salzburg, je n’ai jamais voulu céder des portions de territoire qui en sont séparées par la nature. J’approuve le travail de la limitation en conséquence du­quel les districts de Windisch-Matrey et Tefferecke resteront réunis à la portion du Tyrol cédée à mes provinces illyriennes. Le petit excédant de population qui se trouve en ma faveur est trop peu de chose pour qu’il en soit davantage question. Concertez-vous avec M. Marescalchi pour qu’il charge M. de Narbonne de dire à la cour de Bavière que mon intention n’est point d’accorder d’indemnités pour ces deux districts, dont je n’avais point abandonné la possession.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

Sa Majesté désire que le ministre de l’intérieur présente au conseil des ponts et chaussées qui aura lieu au mois de novembre un rapport sur les travaux à faire en 1811 au bassin d’Anvers, afin qu’il puisse contenir, en novembre 1811, vingt-cinq vaisseaux de guerre et des frégates, ou trente vaisseaux de guerre. Cette augmentation est aussi importante que les travaux que l’on a faits cette année. En 1812, on continuerait les travaux pour douze ou quinze vaisseaux de guerre de plus. L’intention de l’Empereur est qu’en temps de grande guerre on puisse, indépendamment des autres bassins de l’Escaut, placer au moins quarante vaisseaux dans le bassin de la place d’Anvers, qui doit devenir le boulevard du Nord. Sa Majesté désire que le ministre de l’intérieur lui fasse promptement connaître où en est le pont de Mayence.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

NOTE POUR LES MINISTRES DU TRÉSOR PUBLIC, DE LA GUERRE ET DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE.

Sa Majesté désire que le ministre du trésor lui fasse connaître ce qui a été ordonné relativement aux contributions des provinces espa­gnoles occupées par les troupes françaises.

Sa Majesté a nommé des receveurs. Elle a ordonné que ceux qu’ils remplacent vinssent à Paris pour rendre compte. Les premiers sont à leurs postes; les derniers sont-ils en France ?

Il faudrait envoyer des commissaires dans chaque gouvernement pour prendre connaissance des recettes qui ont été opérées, ou du moins des inspecteurs aux revues forts et bien appuyés.

Cette matière importante ayant besoin d’être bien combinée, les ministres de la guerre, de l’administration de la guerre et du trésor, se réuniront pour présenter un projet de décret. Ils présenteront aussi un projet de circulaire de chaque ministre à ses agents.

Pour l’Andalousie, par exemple, le duc de Dalmatie fait-il verser, dans la caisse du payeur français, l’argent qu’il retire du pays, et retire-t-il ensuite de ses caisses, sur les ordonnances de l’intendant ou de l’ordonnateur, l’argent nécessaire pour pourvoir aux besoins de l’armée ? Si cela est ainsi, il n’y a rien à dire; si, au contraire, il fait verser directement l’argent dans la caisse du génie pour les forti­fications, ou dans la caisse particulière de tout autre service, cette méthode ne peut être que très-suspecte. Il faut que le duc de Dalma­tie soit le maître; mais il faut en même temps que les formes de la comptabilité soient suivies, c’est-à-dire que toutes les recettes soient versées chez le payeur et que toutes les dépenses soient acquittées sur les états de distribution du général en chef et sur les ordonnances de l’ordonnateur. Les instructions qui ont été envoyées par le trésor sont intempestives. Le prince d’Essling et l’intendant de l’armée de Portugal ont été forcés à des violations de caisse pour avoir des fonds qui ne venaient pas du trésor. Il a dû arriver que le général en chef a dit : « Je ne ferai pas verser dans la caisse du payeur, puisque je ne puis rien retirer de cette caisse sans écrire à Paris, qui n’a rien de commun avec les fonds qui y sont versés, et qu’on n’envoie pas de crédit. »

Cela n’arriverait pas si le payeur, après avoir reçu les fonds pro­duits par le pays, payait sur les ordonnances délivrées d’après les ordres du général qui commande en chef dans le pays.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, faites partir demain un officier porteur d’une lettre pour le prince d’Essling, dans laquelle vous lui ferez connaître que mon intention est qu’il attaque et culbute les Anglais; que lord Wel­lington n’a pas plus de 18,000 hommes, dont seulement 15,000 d’infanterie, et le reste de cavalerie et d’artillerie; que le général Hill n’a pas plus de 6,000 hommes, infanterie et cavalerie; qu’il serait ridicule que 25,000 Anglais tinssent en balance 60,000 Fran­çais; qu’en ne talonnant pas et les attaquant franchement après les avoir reconnus on leur ferait éprouver de grands échecs.

Quant aux troupes qu’il doit laisser sur ses derrières, il faut qu’il laisse les régiments provisoires de cavalerie. L’armée a 12,000 hom­mes de cavalerie; il n’y en a pas besoin de plus de 6,000 en Portu­gal; c’est donc 6,000 à laisser entre Ciudad-Rodrigo, Alcantara et Salamanque. Le prince d’Essling doit laisser à cette cavalerie quel­ques pièces d’artillerie; l’artillerie est le complément de la cavalerie. Le prince d’Essling a quatre fois plus d’artillerie qu’il ne lui en faut contre l’armée ennemie. Je suis trop éloigné, et la position de l’ennemi change trop souvent, pour que je puisse donner des con­seils sur la manière de mener l’attaque; mais il est certain que l’ennemi est hors d’état de résister.

D’après les nouvelles les plus sûres, que l’on tient de l’espion­nage à Londres,  si l’on joint à l’armée anglaise dans la péninsule 4,000 hommes qui sont à Cadix, on trouvera qu’elle est de 28,000 hommes; ce qui est toute la force des Anglais, qui ont renforcé leur armée de Malte et de Sicile.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

NOTE POUR LE GÉNÉRAL BERTRAND.

De Bâle à Wesel le système des frontières est suffisamment connu. Il ne faut s’occuper que de la portion de frontière comprise entre Wesel et la mer, c’est-à-dire un espace d’environ 50 lieues.

On trouve d’abord Schenkenschanz en première ligne, ensuite Grave, Gorinchem ou Gorkum, enfin Bois-le-Duc, Geertruidenberg, Breda, Willemstad.

Le petit fort de Gorinchem a pour avantage de conserver une tête de pont sur la Merwede; il serait utile d’avoir une place sur le second bras du Rhin, le Leck, du côté de Vianen, pour assurer les commu­nications avec la Hollande et Amsterdam. On irait de Geertruiden­berg à Schoonhoven (il faudrait savoir ce qu’est Schoonhoven).

Si la Hollande était prise et qu’il fallût repasser le Rhin, le théâtre de la guerre aurait pour points d’appui à gauche Anvers et à droite Maastricht. En supposant encore qu’on dût abandonner ces deux points et les laisser investir par l’ennemi, les deux armées viendraient se réunir entre Bruxelles et Liège. Ainsi, à mesure que l’armée enne­mie avancerait, sa ligne de fond serait fort augmentée.

Anvers, Flessingue, Ostende et même Dunkerque seraient le point d’appui de toute l’armée sur la gauche, tandis que Wesel, Venloo, Grave, Maastricht et Juliers le seraient sur la droite.

Parlons maintenant de la frontière qui couvre la Hollande du côté de l’Allemagne.

Au premier aspect, on voit deux lignes : l’une de Wesel à Coeverden, 30 lieues; l’autre de Coeverden à Groningen, 14 lieues.

Ces trois places seraient le point d’appui de trois corps d’armée. Si pendant le siège de Coeverden on était plus faible, on se retirerait de Wesel sur le fort de Schenkenschanz et les derrières de l’Yssel ; on aurait devant soi Zutphen et Deventer pour secourir Coeverden.

La défense de Groningen fait un objet distinct; elle doit s’appuyer sur l’Ems. Groningen, Coeverden et Zutphen sont donc des postes importants, car, si l’on était sur la défensive, la véritable ligne du Rhin pourrait s’appuyer derrière l’Yssel; alors on couvrirait Amster­dam et le Texel.

Je demaude donc que le général Bertrand voie avec attention ce plan : d’abord Groningen comme centre d’un État à part et d’une petite armée; il faudrait bien reconnaître les marais qui couvrent ce pays vers l’Ems ; ensuite Coeverden , considéré comme point de départ d’une armée qui marcherait vers l’Ems et le Hanovre; Coever­den serait en même temps un point de défense; enfin la véritable ligne de Wesel par Schenkenschanz et Rijssen, derrière l’Yssel.

Il faudrait bien reconnaître l’Yssel, voir à remettre en état Zutphen comme tête de pont, et même Zwolle, si cela est possible. En supposant la France fortement occupée, il est dans la nature des choses de croire qu’une armée ennemie viendrait par le nord pour menacer Amsterdam, dans le temps qu’une flotte anglaise attaquerait le Texel et chercherait à faire sa jonction avec l’armée du Nord.

Résumé. — On doit considérer l’Yssel comme le prolongement de la véritable ligne défensive du Rhin.

Il faut me faire un mémoire détaillé à ce sujet.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je reçois votre lettre du 13, par laquelle vous me deman­dez si l’entrée des marchandises spécifiées dans le décret du 5 août sera permise sans certificats d’origine, sous quelques pavillons qu’elles arrivent, à l’exception du pavillon ennemi. Voici ma réponse. Il n’y a plus de pavillons neutres, puisque tous payent une contribution aux Anglais pour avoir la liberté de naviguer, et, par cette soumis­sion aux Anglais, sont dénationalisés en vertu de mon décret de Milan. Ainsi aucune denrée coloniale quelconque ne peut arriver dans les ports de ma domination, même avec des certificats d’origine, qui ne servent de rien. Le sucre, le café, le coton des colonies ne peu­vent entrer par mer dans mes ports, même sous pavillon français. Cependant, lorsque le sucre, le café, le coton, sont le produit de prises faites par des corsaires italiens ou français, alors seulement ils peuvent être admis. Lorsqu’ils sont le résultat des confiscations de marchandises saisies dans les ports de Trieste ou de Venise, ils peu­vent également être admis. C’est pour ces deux cas seulement que j’ai pris le décret qui hausse le tarif de ces marchandises. Vous de­mandez comment le royaume d’Italie s’approvisionnera de coton, de café et de sucre : je vous répondrai que, quant au sucre, il y en a pour plusieurs années en Italie, puisque c’est l’Italie qui en fournit à la Bavière et à la Suisse, et que d’ailleurs la consommation en diminuera tous les jours; que, quant au café, il en vient assez du Levant; que, pour du coton, l’Italie en a peu besoin, et que d’ail­leurs les cotons de Rome, de Naples, et ceux qu’on cultivera dans la Romagne, suffiront à la consommation. Mais, indépendamment du sucre, du café, du coton, direz-vous, il y a d’autres marchandises nécessaires au royaume d’Italie, telles que les bois de teinture, la cochenille, l’indigo, le cacao, la soude, la potasse; or, pour ces objets, j’ai accordé des licences aux ports d’Ancône et de Venise, mais pour des navires italiens, faits avec des bois du pays, montés par des équipages composés des deux tiers d’Italiens et chargés pour le compte de sujets italiens. Les bâtiments étant porteurs d’une li­cence ont le privilège d’importer dans mes ports d’Italie des denrées coloniales et d’en exporter une quantité équivalente de denrées du pays. Je viens d’accorder des licences en vertu desquelles des bâti­ments ottomans peuvent venir dans mes ports de Livourne, de Mar­seille, de Gènes, importer des marchandises du Levant. Je vais vous en envoyer pour Venise et Ancône; ils pourront y apporter des cotons du Levant, du café moka et autres denrées du levant. Quant aux sucres, cafés et cotons d’Amérique, j’ai accordé des permis à un certain nombre de bâtiments américains, et j’ai pris des précautions spéciales pour m’assurer qu’ils n’apportent que des produits d’Amé­rique, telles que des lettres en chiffre de mes consuls, etc. Quand cette opération sera plus avancée, j’en accorderai aux négociants de Venise et d’Ancône, au moyen desquelles ils pourront correspondre avec les négociants américains. Il n’y a plus d’accès aujourd’hui dans mes ports d’Italie que pour le pavillon français, napolitain et otto­man. Quand je dis le pavillon, j’entends le bâtiment et son équipage. Aujourd’hui le pavillon français parcourt les mers d’Angleterre; il va jusqu’à Londres, mais il se masque. Sous ce déguisement l’Angle­terre le reçoit, et je lui fais la loi par le besoin pressant qu’elle a de communiquer. Les bâtiments français venant des ports de l’Illyrie ne peuvent venir dans les ports de l’Italie que par le cabotage, c’est-à-dire en évitant les croisières anglaises. Les bâtiments napolitains n’y peuvent venir également que par le cabotage, c’est-à-dire sans avoir communiqué avec les Anglais. Le cabotage de Naples et de l’Illyrie ne comporte ni mouvement de coton colonial, ni mouvement de sucre, de café ou autres denrées des colonies. Toutes les fois qu’il en apporte, on doit les mettre en entrepôt et me consulter. Les bâtiments ne peuvent sortir pour la grande navigation qu’avec des licences, parce qu’ils ne peuvent faire la grande navigation sans être visités par les Anglais et sans avoir une licence anglaise ; dès ce mo­ment ils ont besoin de la mienne. Tout bâtiment ottoman arrivant sans licence doit être séquestré, et il doit m’en être rendu compte. Aucun bâtiment français venant de Marseille, de Livourne, de Gênes ou autre port de France, ne peut venir dans les ports d’Italie sans licence, puisqu’il ne peut naviguer qu’avec la permission des Anglais et sans avoir été visité par eux. Aucun bâtiment américain ne peut venir dans mes ports d’Italie, s’il n’a une licence de moi.  Ainsi, hormis le cabotage d’Illyrie et de Naples, lequel ne doit jamais por­ter ni sucre, ni café, ni coton des colonies, ni aucune espèce de denrées coloniales, mais seulement des denrées du cru de ces pays, tous les bâtiments doivent être séquestrés à leur arrivée dans mes ports, s’ils n’ont une licence de moi. Ici, il faut vous redire ce que vous aurez déjà compris,  savoir ce que c’est qu’une licence. Une licence est une permission accordée à un bâtiment, qui remplit les conditions exigées par ladite licence, d’importer et d’exporter telle espèce de marchandises spécifiées dans cette licence. Pour ces bâti­ments, les décrets de Berlin et de Milan sont nuls et non avenus. Pour bien comprendre cette matière, il faut avoir sous les yeux mes décrets de Berlin et de Milan. Vous voyez qu’au moyen de ces deux décrets et des arrêts du conseil anglais, il ne peut plus exister de neutres, et que l’Angleterre n’en souffre aucuns s’ils ne lui paye un tribut, comme mes décrets les dénationalisent s’ils s’y soumettent. Mes licences sont un privilège tacite de s’affranchir de mes décrèts, en se conformant aux règles prescrites par lesdites licences. Le besoin de naviguer des Anglais est tel, qu’ils sont obligés d’adhérer à tout ce que je fais,  et qu’ils donnent des licences à ceux qui ont les miennes. L’effet en est tel que, depuis ces licences, il n’y a point d’exemple, hormis les Ottomans, qu’ils aient fait payer personne sur l’Océan. Je crois que ma réponse satisfera à votre demande et vous donnera des lumières suffisantes sur ce système si compliqué, dont je retire les plus heureux résultats par l’occupation d’une immense étendue de côtes du Mecklenburg, des villes hanséatiques et des principaux ports d’Allemagne. L’Angleterre est réellement aux abois, et moi je me dégorge des marchandises dont l’exportation m’est né­cessaire, et je me procure des denrées coloniales à leurs dépens. Les Anglais laissent naviguer dans la Tamise les bâtiments français, qui seulement se masquent sous pavillon américain, ou prussien, ou autre; moi je ne donne des licences qu’à des bâtiments français, construits en France, ou devenus français (provenant de prises) par un acte appelé naturalisation, qui est une espèce de baptême que reçoivent ces bâtiments, et dont le patron et les deux tiers de l’équi­page sont français.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je reçois vos lettres du 13. Je vois que les quatre régi­ments de cavalerie italienne ont chacun à peu près 700 chevaux, hormis le régiment du Prince Royal, qui n’en a que 400. Il faudrait renforcer ce régiment. Je pense qu’il est inutile d’avoir des chevau-légers, mais qu’il vaut mieux former deux régiments de chasseurs. J’ai pris un décret en conséquence, qu’Aldini vous enverra. Je vois qu’il manque 12,000 hommes à l’armée italienne pour être au com­plet. Je vois que vous n’avez que 12,000 hommes en congé; faites-moi connaître s’il y aurait de l’inconvénient à accorder un plus grand nombre de congés cet hiver. Vous pourriez en donner au mois de décembre à la moitié des officiers, au tiers des sous-ofiieiers et au cinquième des soldats. Ce serait une grande économie; ils iraient chez eux et reviendraient au mois de juin pour les manœuvres. Vous avez en Italie, présents, trente et un bataillons; je ne compte pas les 5e bataillons. Que coûterait-il d’établir auprès de Brescia un camp de dix bataillons, au mois d’octobre, et un autre de dix ba­taillons, au mois de novembre ? Vous y réuniriez les généraux de division et de brigade et autres officiers, et l’armée italienne se for­merait là aux manœuvres. Vous pourriez réunir également dix esca­drons de cavalerie. Vous auriez soin qu’il y ait le plus d’officiers et de sous-officiers possible à ces manœuvres. Par ce moyen, l’armée italienne aurait eu un bon exercice, et, à la fin de décembre, vous feriez délivrer les congés. Il faut connaître, avant de donner aucun ordre là-dessus, combien cela coûterait, et en quel état sont les camps d*Osoppo. Je vois que le 6e régiment de ligne italien est un régiment bien négligé. Il faudrait le faire rentrer, et, si l’on a besoin en Italie de se défaire de quelques mauvais sujets, il vaudrait mieux en former à l’île d’Elbe un bataillon colonial.

 

Saint-Cloud, 19 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, j’estime que l’armée italienne doit être organisée de manière à présenter une force de 27,000 hommes d’infanterie de ligne, présents sous les armes, et de 3,000 hommes de la garde, total 30,000 hommes d’infanterie, et de 3,000 hommes de cavalerie. Son artillerie doit être composée, pour l’infanterie, de vingt pièces de 3 à raison de deux par régiment, et de dix pièces de 3 pour la garde, à raison de deux par bataillon, ce qui fait trente pièces de 3 pour l’artillerie des régiments ; de douze obusiers de 6 pouces, de vingt-quatre pièces de 6 , de quatre obusiers et de huit pièces de 12, pour la réserve; de quatre obusiers et de huit pièces de 6, pour les deux divisions de cavalerie ; de quatre obusiers, de quatre pièces de 6 et de quatre pièces de 12, pour la réserve de la garde. L’artillerie de l’armée italienne doit donc être organisée de manière à avoir vingt pièces de 3, vingt obusiers, trente-deux pièces de 6 et huit pièces de 12; total, quatre-vingts pièces de canon pour l’armée de ligne; et pour la garde, dix pièces de 3, quatre pièces de 6, quatre pièces de 12 et quatre obusiers; ce qui fait plus de cent pièces et cinq cents caissons, compris ceux de cartouches d’infanterie, ce qui suppose 2,500 chevaux d’artillerie.

 

Saint-Cloud, 20 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, écrivez en Prusse et parlez ici à M. de Krusemark pour faire connaître que je désirerais que le gouverne­ment prussien mit à la sortie des grains des ports de Memel, Kœnigsberg, Stettin et Kolberg, le même droit qu’à Danzig. L’Angleterre ayant besoin de blé, c’est une imposition qu’il sera utile et agréable à la Prusse de lever sur l’Angleterre. Expliquez cette théorie à mon chargé d’affaires et à mes consuls. Faites connaître également à Danzig que ce droit doit être perçu dans les autres ports de la Baltique.

 

Saint-Cloud, 20 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, vous n’auriez pas dû envoyer 2,100,000 francs à Madrid sans mon ordre : je n’ai rien à Ma­drid; mes troupes sont en Portugal, en Andalousie, en Aragon. 500,000 francs à Madrid auraient été suffisants; il eût été plus à propos d’envoyer cet argent à l’armée de Portugal et quelque chose en Aragon. Je vous ai mandé d’envoyer un convoi d’argent à l’armée de Portugal. Faites-moi connaître ce qui a été envoyé jusqu’aujour­d’hui à la partie de ma Garde qui est en Espagne. Si vous avez des états de situation de la solde dans tous les corps de l’armée d’Espa­gne, envoyez-les-moi. Toutes les fois qu’il vous arrivera des propo­sitions d’envoyer de l’argent en Espagne, soumettez-les avant à mon approbation. Recommandez à votre payeur à Madrid de ne payer, sur les 2,100,000 francs que vous avez envoyés, que ce qui est dû à chaque corps pour la solde, et de faire sur ce fonds un envoi de 700,000 francs au 2e corps, que commande le général Reynier à l’armée de Portugal; ce qui, joint aux 2,300,000 francs envoyés à cette armée, ferait 3 millions qu’elle aurait reçus.

 

Saint-Cloud, 20 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je désire que vous me présentiez le projet de deux expéditions, une pour Corfou et l’autre pour Barcelone.

L’expédition de Corfou se composerait de deux frégates ; elle aurait pour but de transporter beaucoup d’objets d’artillerie dont cette île a besoin. Vous vous concerterez à ce sujet avec le ministre de la guerre. Mon intention serait que le complément de leur chargement fût en blé. Peut-être même, si je puis disposer d’une flûte de 800 tonneaux, consentirai-je à l’envoyer chargée de blé sous l’escorte des deux frégates.

Quant à Barcelone, je désire y faire passer 60,000 quintaux de grains ou farine. Faites-moi connaître combien de bâtiments il faudra, en prenant les plus gros qui puissent entrer à Barcelone, et quelle direction on devra prendre pour réussir dans cette expédition, à la­quelle j’attache une grande importance. Comme ces 60,000 quintaux forment un objet considérable, je désire en partager les risques en trois expéditions, chacune de 20 à 25,000 quintaux. La première partirait dans le courant d’octobre, la seconde dans le courant de novembre et la troisième dans le courant de décembre. Faites-moi un rapport là-dessus.

 

Saint-Cloud, 20 septembre 1810

NOTE POUR LE GÉNÉRAL DUROC, GRAND MARÉCHAL DU PALAIS,  A PARIS.

Un grand nombre de militaires sont dans le besoin, soit eux, soit leurs femmes, soit leurs enfants. Les fonds que je donne au grand aumônier sont distribués à de vieux prêtres et à de vieilles gens d’une classe différente des militaires.

Je désire qu’à compter du 1er octobre le grand maréchal ne remette au grand aumônier que la moitié de la somme qu’il lui remettait précé­demment, et que l’autre moitié, qu’il gardera par devers lui, soit portée à une somme de 20,000 francs par mois, ce qui fera 240,000 francs par an. Le grand maréchal restera dépositaire de ce fonds, et, toutes les semaines, il me présentera un projet de distribution de 5,000 francs, soit à des militaires, soit à des femmes veuves ou enfants de mili­taires, tant à ceux dont je lui ferai renvoyer les pétitions qu’à ceux qu’il trouvera lui-même dans le besoin.

 

Saint-Cloud, 20 septembre 1810

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, à Paris

Mon Cousin, j’aurai dimanche parade à Paris. La légion portugaise qui est à Meaux, le bataillon de marche de la division d’arrière-garde de l’armée d’Espagne, la garde hollandaise et ma Garde française, y compris le régiment qui est à Fontainebleau, se trouveront à cette parade. Ma Garde donnera le même jour à dîner à tous les soldats portugais, et vous, vous donnerez à diner aux officiers.

 

Saint-Cloud, 21 septembre 1810

A M. de Champagny, duc de Cadore, ministre des relations extérieures, à Paris

Monsieur le Duc de Cadore, je vois dans une lettre de Stuttgart que vous avez autorisé mon ministre à se concerter avec le ministre d’Autriche pour faire des démarches relativement à la restitution des biens du comte de Melternich. Cela est contre ma dignité. Lorsque j’ai affaire aux princes de la Confédération, je n’ai besoin de l’intervention de personne. Je désapprouve tout concert direct ou indirect de mes ministres avec les ministres d’Autriche auprès des princes de la Confédération du Rhin.

 

Saint-Cloud, 21 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

L’idée d’envoyer des Espagnols à Corfou est mauvaise. Donnez ordre que ces Espagnols, qui sont à Toulon, soient renvoyés dans l’intérieur et attachés à un bataillon du régiment Joseph-Napoléon. Il faut bien se garder de les envoyer à Corfou, ils ne feraient qu’y con­sommer des vivres et trahiraient à la première circonstance. Le batail­lon septinsulaire pourrait plutôt se recruter parmi les Dalmates, les Italiens et les Napolitains.

 

Saint-Cloud, 21 septembre 1810

Au comte Mollien, ministre du trésor public, à Paris

Monsieur le Comte Mollien, j’ai beaucoup d’argent en Hollande ; j’ai intérêt de le dépenser dans le pays pour éviter les pertes résultant des retours, et de le dépenser promptement pour ramener la circula­tion. Déjà 8 millions vont être remis en circulation, en conséquence des dernières dispositions qui ont été prises pour la caisse d’amortissement. La marine doit beaucoup en Hollande sur tous les exercices et sur l’exercice courant. Je crois qu’elle doit à Dordrecht 4 à 500,000 francs. Faites-vous remettre par la marine l’état de ce qu’elle doit en Hollande et de ce qu’elle doit pour l’exercice courant à Anvers, et présentez-moi un projet de décret pour mettre ces sommes à la disposition du ministre, en distinguant les exercices, et ce qui est crédit de ce qui est autorisation pour porter en distribution, afin de payer et de remettre quelques millions dans la circalation en Hollande.

 

Saint-Cloud, 22 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je reçois votre lettre du 21. Je ne suis point satisfait de son con­tenu. Je ne veux pas du 4e bataillon de Prusse. Il faut en diriger les recrues sur les régiments hollandais. J’ai ordonné que les deux batail­lons qui sont en Espagne fussent réduits à un ; ainsi ce régiment n’aura plus que deux bataillons, un en France et l’autre en Espagne.

Donnez le recrutement des villes hanséatiques aux régiments hol­landais. Je veux qu’on recrute parmi les Allemands, mais que ce soit pour les régiments hollandais ou d’Isembourg et de la Tour-d’Auvergne. Les régiments étrangers ne me rendent aucun service et me coûtent beaucoup ; ce qui ne s’arrange pas avec l’économie que je veux mettre dans les dépenses de la guerre.

 

Saint-Cloud, 22 septembre 1810

NOTE DICTÉE PAR L’EMPEREUR.

Choses à faire. — 1° Les comptes des finances, savoir : le compte de 1809, le compte de 1810 et un coup d’œil sur le service de 1811. Le ministre des finances est chargé de ce travail. Il n’attend plus que les détails sur les affaires de Hollande, et ils sont en délibération au Conseil d’État.

2° Les affaires de Hollande. Il reste à régler le budget des dépenses de la justice et de l’intérieur, et à arrêter le grand décret sur les douanes ; ce décret est au Conseil.

La division en départements et en divisions militaires est terminée, ainsi que l’organisation du génie et de l’artillerie.

3° Un nouvel arrangement sur les centimes fixes et variables. Cet objet est au Conseil d’État.

4° Un grand décret pour régulariser les fonds spéciaux pour le passé et pour l’avenir ; le ministre du trésor en est chargé.

5° Faire marcher et organiser la Société maternelle.

6° Organiser l’Ordre des Trois Toisons. 2)Cet ordre ne verra finalement pas le jour

Objets à mettre en train.

1° Sénatus-consulte pour la réunion de la Hollande.

2° Sénatus-consulte pour une levée de conscrits pour la marine.

3° Décret pour cette levée.

4° Décret pour le nombre des équipages à former avec l’indication des vaisseaux qu’ils doivent monter.

Le sénatus-consulte sur la réunion de la Hollande sera préparé par l’archicbancelier, qui tiendra à cet effet un conseil où il réunira les ministres d’État.

Beaucoup de choses ont été dites qui peuvent servir à la rédaction des motifs, mais il faut y ajouter les démarches faites auprès de l’An­gleterre, à l’occasion de la Hollande, pour la porter à la paix. Il est bon de publier ces pièces. Écrire à ce sujet au duc de Cadore.

 

Paris, 23 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Je lis avec surprise la lettre du major du régiment irlandais. Je n’ai point ordonné que les Irlandais qui s’étaient battus pour moi à Flessingue et qui ont été mutilés à mon service fussent renvoyés parmi les prisonniers; que les déserteurs de la marine et des régi­ments anglais fussent renvoyés à Givet. J’ai ordonné que les hommes recrutés parmi les prisonniers anglais fussent renvoyés au dépôt. Je ne conçois donc rien à ce bavardage. Il serait contraire à ma volonté que les déserteurs ou les Irlandais qui m’ont servi fussent mis parmi les prisonniers. Je ne sais donc pas ce que veut dire ce major.

 

Paris, 24 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je vous envoie des lettres de M. l’architrésorier sur l’arrivée du général Sandol-Roy, de Batavia. Je vous prie, aussitôt que ces in­dividus arriveront, de me faire un rapport sur ces affaires.

 

Paris, 24 septembre 1810

Au prince Lebrun, duc de Plaisance, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Je reçois vos lettres du 20 septembre. J’attends avec intérêt les dépêches chiffrées de Batavia pour prendre un parti sur cette colonie. On prépare des expéditions par lesquelles j’envoie 10,000 fusils. J’attends également vos deux bataillons pour les y faire passer, ainsi que les deux compagnies d’artillerie. J’envoie également de fortes expéditions à l’île de France.

Vous dites que Batavia n’aura pas besoin d’argent si l’on ouvre le continent aux denrées de ce pays. Donnez-moi des explications là-dessus. Quelles sont ces denrées ? Que faut-il faire ? Et comment arriveraient-elles en France ?

 

Paris, 24 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je reçois votre lettre du 20. Je vous prie de porter la plus grande attention à l’exécution de mon décret sur l’exportation des blés. Vous n’avez pas assez d’expérience sur cette matière. Ce n’est pas en France qu’a été le blé qui est sorti du royaume d’Italie, mais à Malte, à Cadix et encore en Sicile. Mais le fait est que Rome, Gènes, Florence et le Piémont ont le plus grand besoin de blé. Vous recevrez un décret que j’ai pris pour exempter de tout droit l’exportation des blés d’Italie en France. Les fermiers du royaume d’Italie pourront exporter leur blé en Piémont et en France. Comme j’ai prohibé la sortie des ports de France, il n’y a rien à craindre; mais, si la sortie des blés sur Turin, Gènes et Kome devenait trop considé­rable, vous auriez soin de m’en prévenir et je l’arrêterais.

La question des blés est la plus importante et la plus délicate pour les souverains. Les propriétaires ne sont jamais d’accord avec le peuple. Le premier devoir du souverain dans cette question est de pencher pour le peuple, sans écouter les sophismes des propriétaires.

 

Paris, 25 septembre 1810

Au prince Lebrun, duc de Plaisance, lieutenant général de l’Empereur en Hollande, à Amsterdam

Mon Cousin, vous me parlez des plaintes des habitants d’Amster­dam, de leurs inquiétudes, de leur mécontentement. Est-ce que les Hollandais me prendraient pour le grand pensionnaire Barnevelt ? Je ferai ce qui est convenable au bien de mon empire, et les clameurs des hommes insensés qui veulent savoir mieux que moi ce qui con­vient ne m’inspirent que du mépris.

 

Fontainebleau, 26 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

On visite trop facilement nos arsenaux, surtout celui de Toulon. A Toulon, on va trop facilement en pleine rade. La police du port de Toulon, en général, est mauvaise. Donnez des ordres pour que tout prenne une figure plus sévère. On se plaint que le port est d’une grande malpropreté.

 

Fontainebleau, 26 septembre 1810

A M. Gaudin, duc de Gaète, ministre des finances, à Paris

Monsieur le Duc de Gaëte, je désire que vous formiez une com­mission composée des présidents de section de mon Conseil d’État et des deux conseillers d’État hollandais, pour rédiger un projet de décret qui règle toutes les affaires de Hollande, savoir :

1° La division en départements, les divisions militaires, les direc­tions d’artillerie et du génie, et ce conformément à ce que j’ai arrêté, en ayant soin de n’y pas comprendre les deux départements réunis avant la réunion générale de la Hollande, enfin tout ce qui complète la division du territoire en arrondissements, cantons, etc.

2° L’organisation du système d’impositions pour 1811, ayant tou­jours soin de séparer les deux anciens départements des cinq nou­veaux. Les deux premiers auront la même administration que la France ; cela est convenable pour que la ligne des douanes soit mieux placée, et beaucoup de mesures ont déjà été prises pour donner l’administration française à ces deux départements. Quant aux finan­ces, tout ce qui concerne ces deux départements sera réglé à part.

3° Ce projet de décret réglera tout ce qui est relatif aux payements de la dette publique et aux douanes pour 1811.

4° Ce qui est relatif à la liste civile. Vous appellerez à cet effet le comte Daru, qui connaît mes intentions là-dessus.

5* Ce qui est relatif à l’administration de la justice.

Le même jour vous m’apporterez un projet de décret pour les deux départements des Bouches-de-l’Escaut et du Rhin, qui com­plétera rétablissement de notre législation et de notre administration dans ce pays.

Il faut que ces deux décrets complètent entièrement tout ce qu’il y a à faire pour la Hollande, et que je n’aie plus à m’en occuper.

 

Fontainebleau, 27 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Présentez-moi un projet pour le Prytanée. Les 14,000 francs que vous demandez sont trop. Les élèves qui arrivent doivent avoir leur trousseau.

Les bâtiments peuvent être réparés en plusieurs années. 30,000 francs doivent suffire. La pension à 800 francs est trop forte. Cal­culez pour que la pension coûte 800 francs aux pensionnaires, mais je ne dois payer que 600 francs pour les élèves.

 

Fontainebleau, 27 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, mon intention est de former à Avi­gnon une division de l’armée de Catalogne, composée de deux bataillons du 67e, de deux bataillons du 16e de ligne et de deux bataillous du 3e léger.

Donnez ordre au 102e de former son 2e et son 3e bataillon à 840 hommes chacun, et de les mettre en marche de Savone et de Port-Maurice, commandés par le colonel, pour se rendre à Avignon.

Ces huit bataillons, complétés à 840 hommes, feront près de 7,000 hommes.

Je vous ai donné l’ordre de mettre en marche un bataillon du 18e léger, un du 5e, un du 23e, un du 81e et un du 11e  de ligne; ce qui forme huit bataillons avec les trois bataillons qui sont à Foix. Donnez ordre au général commandant à Perpignan de se servir de ces bataillons pour marcher au secours des postes qui seraient blo­qués à Figuières ou ailleurs.

Donnez ordre que le 4e bataillon du régiment suisse, qui est à Marseille, soit dirigé sur la côte pour remplacer le 11e de ligne et occuper les postes qu’occupait ce régiment.

Remettez-moi un état qui me fasse connaître la situation, 1° des bataillons de marche italiens, 2° des escadrons de marche, 3° des sept bataillons qui étaient à Toulouse, 4° des huit bataillons actuel­lement en marche, afin que je voie la quantité de troupes qui vont renforcer l’armée de Catalogne. Si le régiment de marche destiné à cette armée est assez fort, il faut en former deux régiments.

 

Fontainebleau., 27 septembre 1810

NOTE POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR.

L’intention de Sa Majesté est qu’au 15 décembre le ministre de l’intérieur et le graud maître de l’Université puissent lui rendre les comptes de l’Université et lui présenter les renseignements, les mé­moires, les rapports nécessaires pour connaître et déterminer ce qu’il faut faire pour compléter l’organisation.

Sa Majesté désire : 1° que le ministre fasse faire un rapport sur les procès-verbaux du conseil de l’Université pour connaître quelles sont les attributions que le grand maître et le conseil se sont données et les principes d’après lesquels ils ont opéré; 2° que les comptes en recette et en dépense soient traités de manière qu’on connaisse toutes les recettes avec les époques où elles ont été effectuées, les dépenses faites et les dépenses restant à faire, de sorte qu’on puisse compléter les moyens de recette pour les mettre en équilibre avec les dépenses nécessaires; 3° que le ministre charge le grand maître et le conseil de l’Université de préparer un travail, divisé par département et par arrondissement, qui présentera le nombre des lycées, des collèges, des écoles secondaires et des institutions particulières, le nombre des élèves dans chaque lycée, dans chaque collège, celui des élèves nommés et à nommer, etc.; 4° que le ministre demande également au grand maître et au conseil de l’Université un travail qui fasse connaître les inconvénients que peuvent avoir les règlements actuelle­ment existants, les entraves qui peuvent en résulter pour le grand maitre et le conseil, et ce qu’il y a à faire pour rendre plus facile, plus prompte et plus sûre la marche de l’institution ; 5° que le ministre profite du mois d’octobre et du mois de novembre pour recueillir, par le moyen des préfets, des renseignements complets sur tout ce qui est relatif à l’organisation, à l’administration, à l’instruction dans les écoles et au personnel des officiers employés dans toutes les parties de l’enseignement. Ces renseignements doivent servir de contrôle pour ceux que remettra l’Université et donner l’éveil sur les abus qui pourraient exister.

A dater du 15 décembre, Sa Majesté tiendra tous les huit jours un conseil d’administration auquel le grand maître sera appelé. C’est dans ce conseil que l’Université sera réellement et définiftivemest organisée.

 

Fontainebleau, 27 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, j’ai lu avec le plus grand intérêt votre rapport du 11 septembre sur l’introduction des marchandises étrangères dans mon royaume d’Italie et le projet de décret qui y était joint. Ce projet est susceptible de beaucoup de discussions; je ne pourrai donc y statuer que dans huit à dix jours. En attendant, voici ce que mon intention est que vous fassiez :

1° Faire venir en entrepôt réel dans les douanes, soit de Vérone, soit de Milan, soit des autres frontières, toutes les marchandises et coton et denrées qui viennent d’Allemagne, soit qu’on les dise mar­chandises françaises, soit qu’on les dise marchandises du grand-ducher de Berg. Vous les laisserez dans cet entrepôt réel jusqu’à ce qu’on ait pu vérifier si elles sont véritablement marchandises françaises on marchandises du grand-duché de Berg, et par là on portera un coup sensible aux manufactures suisses.

2° Ne plus admettre aux droits modifiés pour les marchandises françaises que dans un ou deux bureaux de douanes, sur la frontière de France, tels que le bureau de Verceil et celui vis-à-vis Pavie, sur le Pô. Quant aux marchandises de Bavière, il me semble que je n’ai pas ratifié le traité de commerce. Ainsi vous ne laisserez entrer dans mon royaume d’Italie aucunes denrées ni étoffes étrangères que par les deux bureaux de Verceil et du Pô, vis-à-vis Pavie, et vous mettrez en entrepôt réel tout ce qui arrivera par l’Allemagne ; car je crois que, dans le décret que je vous enverrai d’ici à huit jours, je rap­porterai tout ce qui est relatif à la Bavière et au grand-duché de Berg, et que je n’accorderai l’entrée dans mon royaume d’Italie que par les deux bureaux de douanes les plus voisins de la France, où la surveillance sera sévèrement exercée pour qu’il n’y ait plus d’abus. On sera certain que les marchandises sont françaises, d’abord parce qu’elles viendront de France, ensuite parce que je n’accorderai ce privilège qu’à un petit nombre de fabricants dont je serai sûr, et que des bordereaux bien en règle constateront la quantité et l’origine des marchandises qu’il leur sera permis d’exporter.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je vous envoie ma réponse. Rédigez-la et remettez-la-moi sous les yeux. On ne peut nier qu’il n’y ait quelque rapprochement, mais nous sommes loin du but. Les Anglais tournent comme des enfants, et d’une manière assez ridicule, autour de la difficulté.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Monsieur le Comte Decrès, je reçois votre lettre sur le ravitaille­ment de Barcelone. D’abord je ne veux risquer aucun de mes vaisseaux de ligne, je ne veux employer que des frégates. J’approuve le projet de deux expéditions, en ôtant le vaisseau de guerre. Tout ce que j’ai demandé est en quintaux ancienne mesure et non en quin­taux métriques. Les circonstances du cabotage ne sont plus les mêmes qu’il y a deux ans. Nous avons aujourd’hui le port de Rosas, et la côte de Saint-Félix est occupée par mes troupes. En mettant un homme intelligent à la tête de ce cabotage, et saisissant le moment où nous aurons regarni toute la côte, il y aura moins de chances à courir. Il resterait un autre moyen, qui consisterait à faire passer les grains, tartane par tartane, en les expédiant de la Ciotât, de Cassis, et même de Marseille. Si l’on en faisait partir cinq de Marseille, cinq de la Ciotat et deux de Cassis, ou même de Bouc, ne pensez-vous pas que de ces bâtiments sans escorte, conduits par des patrons qui connaissent Barcelone, il pourrait en arriver dans ce port au moins trois sur douze ; ce qui ferait 9,000 quintaux ? On pourrait d’ailleurs intéresser les patrons en leur permettant de faire leur retour pour leur compte avec un chargement de sucre, de coton et autres denrées coloniales qui sont à Barcelone. Ainsi on pourrait préparer à Toulon deux expéditions, escortées par des frégates, de six ou huit tartanes portant 40,000 quintaux. Il faudrait en même temps faire partir 20,000 quintaux sur neuf tartanes armées à Mar­seille et à la Ciotat, lesquelles prendraient la côte d’Espagne, au-dessus de Barcelone, et y arriveraient ensuite comme venant d’un port d’Espagne. Cela ferait 60.000 quintaux qui partiraient de Tou­lon, et, avec les 15,000 quintaux qui doivent partir du Havre, 75,000 quintaux ancienne mesure. Il faudrait y joindre une quantité de riz et de sel proportionnée. Je mets à votre disposition un million pour cet objet, dont vous me rendrez un compte particulier. Avec ce million, vous pourrez faire partir 75,000 quintaux de blé ou de farine, et y joindre encore quelques milliers de quintaux de riz. S’il n’en arrivait que le tiers, ce serait de l’argent parfaitement employé.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au vice-amiral comte Decrès, ministre de la marine, à Paris

Je réponds à votre lettre du 25 septembre. La quantité de poudre à envoyer à Corfou est peut-être trop considérable; on peut la réduire. Deux frégates et la flûte la Thémis me paraissent un envoi de bâti­ments trop considérable pour Corfou. Ne pourriez-vous pas armer la Thémis de manière à être plus forte qu’un brick ? Ce qui, avec une bonne frégate, serait suffisant pour n’avoir rien à craindre d’une fré­gate ennemie, et même d’une frégate et d’un brick.

Vous donneriez l’ordre que la Thémis fût réarmée à Corfou avec les équipages du pays, et les deux frégates qui sont à Corfou pour­raient venir prendre position à Ancône.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au général Lacuée, comte de Cessac, ministre directeur de l’administration de la guerre, à Paris

J’ai lu avec attention votre rapport sur Corfou du 10. Je vois avec plaisir qu’il y a pour 320 jours de pain, 350 jours de riz et légumes, et pour 40 jours de bœuf. Corfou acquérant tous les jours une nouvelle importance, puisque les Anglais, en étant maîtres, le seraient de l’Adriatique, et craignant qu’à la fin de l’hiver ils n’y tentent quel­que chose, j’ai pris un décret que vous recevrez pour fixer l’approvisionnement du siège de Corfou.

Quant aux envois à faire à Corfou, je pense qu’il faut les faire, non par le roi de Naples, qui ne les ferait pas, mais par un de vos agents, qui se rendra à Ancône et à Otrante et fera des marchés avec des maisons de commerce pour l’achât et pour le transport. Indépendamment du nolis ordinaire, vous leur passerez un droit de 40 pour cent pour les risques de la navigation. C’est le moyen de bien faire cette opération. Pour tant de riz et de blé porté à Corfou, vous payerez tant.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au comte Daru, intendant général de la maison de l’Empereur, à Amsterdam

J’ai lu avec attention votre lettre d’Amsterdam du 4 septembre, relative à l’exécution de mon décret sur la liste civile du Roi.

Je vois que l’actif se compose : du restant en caisse, 12,000 florins; des arrérages des domaines, 60,000 florins; de l’estimation du mobilier, 1,300,000 florins; des versements du trésor public jusqu’au moment de l’extinction de la liste civile, 375,000 florins; acquisitions d’immeubles, 1,300,000 florins; et cet actif, vous le réduisez à 2,922,000 florins ; que le passif se compose : de 200,000 lorins dus pour le personnel, de 550,000 pour le matériel, et de 42,000 florins dus pour les bons du Roi; de 1,489,000 de l’emprunt du Roi, et de 55,000 pour avances du trésor public; total, : 414,000 florins.

Je vois que sur le passif vous avez déjà payé 184,000 florins.

Je désire que vous ayez une explication avec M. Mollien sur l’emprunt du Roi, pour savoir s’il n’a pas été confondu avec les autres emprunts ou s’il en a été séparé.

Il reste un million de dû et qu’il faut payer sur-le-champ. Sur ce million de florins, je vois que 12,000 florins étaient en caisse; que le trésor public devait 375,000 florins, qui probablement étaient pour les traitements de juillet et d’août; enfin qu’il reste à espérer 600,000 florins de l’arriéré des domaines. Cela étant, il y aurait donc de quoi payer toutes les dettes.

Présentez-moi donc un projet de décret pour payer ces dettes e( pour constituer définitivement la liste civile, car, avant tout, je veux qu’il n’y ait que la même dette.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au comte Daru, intendant général de la maison impériale, à Amsterdam

Monsieur le Comte Daru, les dépenses de l’écurie me paraissent exorbitantes. Il faut qu’il y ait bien des abus et une mauvaise admi­nistration. Il n’y a plus de bornes pour que cela s’arrête. Je vois qu’on a dépensé cette année 268,000 francs pour les voitures; j’avais accordé 120,000 francs et un supplément do 44,000 francs. J’ai donné je ne sais combien sur le budget du Sacre. Ce serait 4 à 500,000 francs que j’aurais dépensés cette année en voitures. Faites vérifier l’état des voitures, ce qu’elles ont coûté et qui a réglé les mémoires; ils doivent être susceptibles d’une grande réduction.

Pour la nourriture de 900 chevaux, on me demande 546,000 francs: c’est plus de 600 francs par cheval par an. Combien la ration doit-elle me coûter ? A ce taux, ce serait 34 ou 35 sous la ration.

Quant à l’équipage de transport, je vois qu’on laisse à Bayonne des chevaux qui coûtent 3 francs la ration. Il me semble que, pour peu que l’intendant eût eu soin, il eût envoyé ces chevaux à Auch, qui est à trois marches de là, et ils n’auraient coûté que la moitié de ce qu’ils coûtent. Pourquoi me demande-t-on 31,000 francs pour l’habillement des hommes de l’équipage de transport, et 105,000 francs de gages ? Je ne sais pas ce que c’est que cet argent que l’on me de­mande pour l’Impératrice Joséphine. Donnez sur-le-champ l’ordre que les chevaux de transport de Bayonne soient envoyés à cinq ou six marches dans l’intérieur, où les fourrages sont à meilleur marché. Il n’y a jamais eu réellement de budget des écuries. Présentez-moi le projet de ce budget. Il y a trop d’articles sur lesquels on est obligé d’intervenir. Il faudrait le diviser en plusieurs chapitres, et les cha­pitres en articles. Le trésorier ne connaîtrait que les chapitres. Je ne veux pas que mon écurie en 1811 me coûte plus de 2,500,000 francs; je ne dépenserai pas davantage. Voyez le commandant de l’écurie, le comte Fouler, et arrangez cela avec lui. Je dis 2,500,000 francs, parce que l’extraordinaire des voyages, quelques présents que je fais aux ambassadeurs, puisque cela est passé en usage, portent bientôt mon budget à trois millions. Ce doit être là le maximum de ma dé­pense. En 1809 et 1810, j’ai dépensé au delà de ce qui me convient. Cette continuation de dépense mettrait du désordre dans ma maison.

Je crois que beaucoup de choses se font d’une manière trop dispendieuse. Vous devez tout faire rentrer dans l’ordre. Le haras est trop nombreux. Je désire garder des étalons qui m’ont servi, mais les juments, on peut les envoyer aux haras des provinces. Cela fera déjà une économie assez notable. Le haras avait été porté à 100 chevaux ; il peut facilement être réduit à 60. Il faut aussi réduire le nombre des chevaux de mes écuries, et ne garder que ce qui est nécessaire. Il y a beaucoup de chevaux qu’on ne monte point, qu’on peut réformer.

Je vous renvoie votre rapport. Présentez-moi un travail complet sur cette partie de mon service.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant l’armée d’Allemagne, à Paris

Mon Cousin, il faut mettre plus d’ordre dans la surveillance des côtes qui s’étendent de la Hollande à la Baltique. Je pense donc que vous devez donner les ordres suivants : envoyer un général de brigade de la division Gudin établir son quartier général à Oldenburg, et le charger de la garde de toutes les rives de la Jahde depuis le village d’Ellenserdam, où finit la Hollande, jusque près de Cuxhaven. Trois bataillons et un régiment de cavalerie doivent suffire à ce général ; mais, s’il était nécessaire, on lui donnerait deux régiments d’infan­terie et six pièces de canon ; il aurait un directeur des douanes sous ses ordres et se concerterait avec l’officier de marine qui commande les chaloupes canonnières chargées de garder les embouchures de l’Elbe, du Weser et de la Jahde. Un autre général de la même division résiderait à Cuxhaven, et sa surveillance embrasserait toutes les rives de l’Elbe jusque vis-à-vis Hambourg ; de sorte que la Jahde, le Weser et l’Elbe seraient bien exercés. La division Morand garderait la  ligne depuis l’Elbe jusqu’à la Baltique, en chargeant un général de brigade d’exercer tout le Mecklenburg. Le général Gudin serait également chargé de fournir un régiment qui renforcerait la seconde ligne depuis la rive gauche de l’Elbe jusqu’aux portes de Rees sur le Rhin. Je désire que vous voyiez le ministre de la marine et le comte de Sussy. Le ministre de la marine vous donnera connaissance de toutes les cha­loupes canonnières que j’ai envoyées pour garder les embouchures de la Jahde, du Weser et de l’Elbe. Vous concerterez avec le directeur général des douanes l’organisation des différentes brigades de douanes d’une manière correspondante avec votre organisation militaire, pour surveiller les côtes, les embouchures des trois fleuves, ainsi que la seconde ligne. Les deux divisions que je conserve dans le Nord n’ont plus que ce but à atteindre, et il est très-important. Il faut qu’aucun bâtiment anglais ne puisse venir mouiller à l’embouchure de la Jahde, du Weser et de l’Elbe; que tous les postes qu’ils y occupent soient repris ; que sur les côtes les batteries nécessaires pour protéger mes chaloupes canonnières soient établies, et que Helgoland soit aussi menacé.

Concertez-vous avec le duc de Reggio pour le placement de vos postes ; envoyez des agents dans la Poméranie ; vous avez beaucoup d’officiers d’état-major, faites-les courir. Enfin je vous charge absolu­ment d’empêcher la contrebande et la navigation anglaise depuis la Hollande jusqu’à la Poméranie suédoise; faites-en votre affaire. Aus­sitôt que vous aurez connaissance des brigades de douanes et des divisions de chaloupes canonnières qui sont employées sur cette ligne, vous présenterez un projet d’organisation qui mette tout cela sous vos ordres. Vous ferez des demandes de fonds pour toutes les dépenses extraordinaires, frais de prise, de surveillance et de mission, qui seront nécessaires, et je les ferai acquitter par la caisse des douanes sur les fonds provenant des prises. Vous devez vous occuper de répri­mer les abus des douaniers, veiller à ce que les marchandises saisies soient confisquées et à ce que tout se passe conformément à mes intentions. Je désire que les soldats aient part dans les prises. Faites encore votre affaire de cet objet.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Allemagne, à Paris

Mon Cousin, donnez l’ordre au général Drouet de se porter sans délai à Valladolid, de sa personne, pour prendre, sous le titre de commandant du 9e corps de l’armée d’Espagne, le commandement des troupes qui sont dans la Vieille-Castille, et protéger Almeida, Ciudad-Rodrigo, Salamanque, Astorga. Vous donnerez ordre aux généraux Kellermann, Seras, aux commandants de Ciudad-Rodrigo, d’Almeida et à tous les commandants, quelque titre qu’ils aient, de mes forces sur les derrières de l’aqrmée de Portugal, d’obéir aux ordres du général Drouet.

Vous ferez connaître à ce général qu’il aura sous ses ordres d’abord la division Seras, composée du 113e de ligne, du 4e régiment de la 1e légion de la Vistule, du 4e bataillon du 12e léger, des 32e et 58e de ligne, et des 2e, 4e, 5e et 7e bataillons auxiliaires, et de la 4e brigade de dragons, composée des 9e et 10e régiments provisoires, ce qui fait 6 à 7,000 hommes d’infanterie et 1,500 chevaux et qu’il aura, de plus, un bataillon de la garde de Paris, quatre bataillons suisses et 1,200 dragons des 6e et 7e régiments provisoires. Il aura donc plus de 3,000 hommes de cavalerie. Indépendamment de ces forces, il aura son corps d’armée. Avec cette cavalerie, le général Drouet sera maître de la campagne, et pourra ramasser tous ses postes pour mar­cher au secours de Ciudad-Rodrigo et d’Almeida et revenir ensuite au secours d’Astorga. Il est convenable que les hôpitaux et établisse­ments qui se trouveraient à Benavente et ailleurs soient renfermés dans les places fortes ou dans Valladolid.

Les troupes ci-dessus énumérées sont trop faibles sans doute pour garder tous les points de la Vieille-Castille, mais le général Drouet, avec une colonne de 8,000 hommes d’infanterie et de 2,000 chevaux, sans dégarnir les postes les plus importants, pourra empêcher que Ciudad-Rodrigo et Almeida soient bloqués, ou du moins en faire lever le blocus. Le prince d’Essling doit avoir laissé plusieurs milliers de chevaux sur ses derrières, puisqu’il a eu l’ordre de laisser les brigades provisoires de dragons. Je compte que le général Drouet sera rendu à Valladolid dans les premiers jours d’octobre pour être à même de faire les mouvements convenables.

Vous donnerez l’instruction au général Drouet d’expédier, en quit­tant Vitoria, l’ordre à la division Claparède, composée de cinq demi-brigades provisoires, de partir pour Valladolid, ainsi qu’aux 20e et 7e de chasseurs et au 13e de chasseurs, qui est arrivé le 25 à Bayonne. Ces trois régiments lui donneront plus de 1,500 hommes de cavalerie d’élite.

Quant à sa seconde division, les deux demi-brigades qui sont arri­vées à Bayonne et qui ont eu ordre de se rendre à Vitoria y serviront pour maintenir la tranquillité de la province et attendront l’arrivée des deux autres demi-brigades.

La brigade Dumoustier et la division du général Reille renforcée du 5e provisoire, qui doit déjà y être incorporé, formant 12,000 hommes sont plus que suffisantes pour contenir la Navarre.

Les deux autres demi-brigades qui arrivent incessamment à Bayome se joindront aux deux autres à Vitoria, et reformeront la 2e division; et, comme une division est en marche pour se rendre dans la Biacaye, le général Drouet pourra retirer cette 2e division.

Résumé. — Le général Drouet partira 24 heures après la réception de votre ordre, que vous lui enverrez par un officier. Il mettra sur-le-champ en marche pour Valladolid les cinq demi-brigades formant sa première division et ses six escadrons de cavalerie.

En passant à Burgos, la 1e division se fera rejoindre par le bataillon de Neuchâtel avec les deux canons qu’a ce bataillon.

Donnez ces ordres sur-le-champ.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810, au soir

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, je vous ai donné tout à l’heure des ordres pour le mouvement du général Drouet. L’artillerie que j’avais ordonnée pour le 9e corps n’est pas encore formée, mais les cinq demi-brigades doivent chacune avoir leurs pièces de 6, le bataillon de Neuchâtel a deux pièces de 4 ; ainsi le général Drouet aura douze pièces de canon. Le général Seras a, je crois, aussi deux pièces de canons. Cela fera quatorze pièces de canon. Mais ce sont des pièces de bataillon, et il n’a pas d’obusiers ; donnez ordre au général Dorsenne de lui fournir quatre obusiers et deux pièces de 6 ou de 8 avec un approvisionnement et demi ; donnez ordre également au général Dorsenne de fournir au général Drouet des caissons pour compléter l’approvisionnement de ses pièces de bataillon à 200 coups par pièce, et également de lui fournir dix caissons d’infanterie. Le matériel, le général Dorsenne le trouvera à Burgos ; s’il n’y est pas, il le fournira de la Garde. Les attelages seront formés par les 600 chevaux du train qni doivent être arrivés à Burgos, puisqu’ils sont partis le 18 septembre de Bayonne, ou qui y arrivent, puisque 350 sont partis le 27 septembre de Bayonne, et que 100 autres en partent le 28 ou le 29. Ces chevaux seront servis par différents détachements du train. Ainsi le général Drouet aura les moyens d’organiser convenablement son parc.

Quant au service des six pièces, il sera fait par la compagnie qui est à Burgos, savoir : la 16e compagnie du 7e régiment d’artillerie à pied, forte de 73 hommes, et dans laquelle on incorporera le déta­chement du 7e régiment, fort de 35 hommes, qui fait partie d’une colonne de canonniers dirigée sur l’armée de Portugal et partie le 28 de Bayonne. Il pourra aussi se servir de 200 hommes d’artillerie des­tinés à l’armée de Portugal et partis de Bayonne le 28. Ces hommes compléteront son artillerie, et il les emploiera dans les places d’Almeida et de Ciudad-Rodrigo. Ainsi le matériel est probablement dans le château de Burgos; mais, au pis aller, le matériel de la Garde le fournira. Les attelages, je viens et vous faire connaître comment ils existent, et, quant au personnel, je viens d’y pourvoir.

Je ne sais si le général Couin est à Borgos; s’il n’y est pas, le général Drouet pourra prendre à Ciudad-Rodrigo ou à Almeida l’of­ficier supérieur d’artillerie que le prince d’Essling y a laissé. Il pourra prendre le premier chef de bataillon d’artillerie qu’il trouvera, et même, s’il est nécessaire, un chef de bataillon d’artillerie de la Garde.

Ainsi le général Drouet aura quatorze pièces de 6 et une division de six pièces, dont quatre obusiers, total vingt bouches à feu, et tout cela approvisionné à plus de 200 coups, plus dix caissons d’infanterie.

Pour vous mettre mieux à même d’expédier vos ordres, je vous communique les deux états de mouvements ci-joints. Je n’ai donc plus d’iuquiétude sur l’artillerie du général Drouet.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810, au soir

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, je vous ai fait connaître par mes deux lettres de ce soir la nouvelle destination que je donne au général Drouet et l’intérêt que je porte à ce qu’il soit rendu le plus tôt possible, de sa personne, à Valladolid, afin de veiller sur les derrières de l’armée de Portugal. Je vous ai fait connaître que le général Reille, qui est en Navarre, avait sous ses ordres la division d’arrière-garde, composée de quatre régiments provisoires et forte de plus de 8,000 hommes, et la division Dumoustier, de la Garde, forte de plus de 6,000 hommes, ce qui fait 14,000 hommes; les deux escadrons du 9e de hussards, forts de 900 hommes, et du grand-duché de Berg, forts de 800 hommes. Le général Reille a donc 15,000 hommes. Donnez-lui ordre de s’organiser une division de six pièces de canon ; ce qui, joint à l’artillerie du général Dumoustier, lui composera un corps capable de traverser toute l’Espagne.

Les cinq régiments qui forment la division Claparède recevront l’ordre de se diriger sur Valladolid. Les deux escadrons du 20e de chasseurs, du 7e idem, du 13e idem, formant 1,500 hommes, sui­vront le même mouvement. Le bataillon de Neuchâtel se joindra à cette division. Le général Dorsenne y réunira des caissons d’infanterie, quatre obusiers et deux pièces de canon, avec de quoi compléter toutes les pièces du général Drouet à 250 coups par pièce.

Ce renfort de 10 à 12,000 hommes joints à la division Seras et à 4 à 5,000 hommes de cavalerie rendra le général Drouet assez fort pour culbuter tous les corps espagnols qui viendraient à se présenter, pour garder fortement Ciudad-Rodrigo et Almeida, pour marcher au secours d’Astorga et maintenir ses communications avec le général Bonet. Pendant ce temps, la seconde division, dont deux demi-bri­gades sont depuis longtemps arrivées à Bayonne, se rendra en toute diligence à Vitoria; les deux autres demi-brigades les suivront. Assu­rez-vous bien que ces quatre demi-brigades ont leurs pièces de cam­pagne. Ainsi donc la Biscaye sera gardée, mais elle a besoin d’un commandant supérieur. Donnez ordre à mon aide de camp le général de division Caffarelli, que je destinais à commander la division de réserve de Catalogne, de partir dans la journée de demain pour se rendre à Vitoria, où il prendra le commandement des trois provinces de Biscaye et de Santandcr. Vous lui donnerez pour instructions de se concerter avec les généraux Reille, Dorsenne et Bonet pour main­tenir la tranquillité sur les derrières et assurer toutes les communica­tions. Vous lui donnerez connaissance des troupes qui sont en Bis­caye et des demi-brigades qui s’y rendent, et vous donnerez ordre aux généraux Thonvenot et Barthélémy de reconnaître ce général.

Le ministre de la guerre donne ordre aux 1e et 2e régiments pro­visoires de cavalerie légère qui arrivent aujourd’hui à Niort d’en partir pour se rendre en droite ligne à Vitoria. Par ce moyen, le général Caffarelli aura sous ses ordres, en Biscaye, deux régiments d’infan­terie formant six bataillons et quatre escadrons de cavalerie.

Il est nécessaire de prévenir le général Drouet que si, avant l’ar­rivée de la division Claparède et de la cavalerie du général Fournier, il était obligé de réunir du monde pour marcher contre des corps qui inquiéteraient les places de Ciudad-Rodrigo et d’Almeida, il ait à replier tous ses petits postes. Dans ce cas, la communication avec Madrid se ferait plus lentement ; il diminuerait le nombre des courriers et des estafettes ; afin qu’ils arrivent plus sûrement, il les ferait partir une fois par semaine ou deux fois, s’il était possible, avec de gros convois. Dîtes au général Drouet de prendre le général Thiebault pour chef d’état-major. Ce général, qui connaît la Galice et le Por­tugal, peut lui être très-utile. Faites connaître au général Thiebault que j’attends qu’il secondera de tous ses moyens le général Drouet, et que je compte n’avoir qu’à me louer des services qu’il rendra dans cette circonstance.

Écrivez au général Drouet pour qu’en passant par Burgos il prenne un des escadrons de gendarmerie qui s’y trouvent.

Vous feriez bien de renouveler à Bayonne l’ordre d’en faire partir les deux demi-brigades du général Gonroux, et les deux autres au fur et mesure qu’elles y arriveront.

Il faut renouveler également l’ordre aux 600 chevaux du train de partir de Bayonne pour Burgos, s’ils n’étaient pas déjà partis.

 

Fontainebleau, 28 septembre 1810

A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Monza

Mon Fils, je vous prie de voir auprès de quelque maison de com­merce d’Ancône ou de Venise si l’on pourrait faire le traité suivant avec elle : vingt mille quintaux de blé seront fournis par vous à des négociants qui les feront passer à Corfou, sur bâtiments ottomans, ou tous autres, à leurs risques et périls, et vous leur payerez un droit de passage proportionné à ces risques. Je suppose que le prix ordi­naire du passage est d’un franc par quintal ; vous pourrez le doubler, le tripler, même le quadrupler. Au bout d’un temps déterminé, cette maison devrait vous présenter le reçu du général commandant à Corfou, ou vous payer l’équivalent de votre blé. Rendez-moi un compte là-dessus.

 

Fontainebleau, 30 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, les instructions que vous donnez pour la marche du convoi de Barcelone sont trop précises. Il faut laisser le général Baraguey d’Hilliers maître de la modifier selon les circonstances. Recommandez-lui de faire arriver le convoi à Barcelone, mais de bien choisir le moment. Cinq bataillons, qui ne font pas 2,000 hommes, peuvent n’être pas suffisants pour aller à Barcelone. Des ordres de ce genre, quand ils viennent du ministère, demandent à être faits d’une manière vague et circonspecte. Mes troupes doivent être ménagées, et il faut éviter toute occasiou de les compromettre. Ce serait une perte irrréparable si ces cinq bataillons de bonnes troupes venaient à éprouver un échec.

 

Fontainebleau, 29 septembre 1810

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre au général Rapp de vérifier pourquoi le consul général de France a permis à un navire danzigois de sortir du port de Danzig. Mes consuls ne peuvent point donner ces permis; ce ne peut être qu’une affaire d’argent, et il y a évidemment corruption. Faites bien connaître au général Rapp qu’il doit surveiller sévèrement ces désordres; que je ne veux point souffrir de corrup­tion; que je m’occupe beaucoup des affaires de commerce, et que je veux qu’on exécute strictement mes ordres. Envoyez la lettre du géné­ral Rapp au ministre des relations extérieures pour qu’il prenne des informations sur la conduite de ce consul général. Vous donnerez ordre qu’à son arrivée à Bordeaux le capitaine de navire soit arrêté et envoyé sous bonne escorte à Paris.

 

Fontainebleau, 29 septembre 1810

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris

Mon Cousin, il faut donner l’ordre au duc de Dalmatie de se porter avec le 5e corps constamment sur la Romana, de manière à le tenir en échec s’il voulait passer par le Tage ou marcher sur les derrières de l’armée de Portugal. Vous lui ferez connaître que les Anglais se sont affaiblis dans Cadix pour renforcer leur armée de Portugal; qu’il a plus de monde là qu’il ne lui en faut ; que son premier but doit être de faire diversion et de s’appuyer à l’armée de Portugal.

Vous écrirez au Roi que je forme une armée du centre qui sera composée de sa garde et de tous les Espagnols à pied et à cheval, du 2e régiment de chasseurs, des chasseurs hanovriens, hollandais, westphaliens, et de la division de dragons du général Lorge, ce qui fait près de 4,000 hommes de cavalerie, et de deux divisions d’in­fanterie, la première composée des régiments français de la division Dessolle ou, en remplacement de cette division, des bataillons qui sont dans l’arrondissement de l’armée du centre, formant 6,000 hom­mes, et la deuxième division, des troupes de la Confédération du Rhin, formant également 6,000 hommes, ce qui fera toujours plus de 15,000 hommes; qu’il est nécessaire d’organiser une division d’artillerie pour joindre à cette armée, afin qu’elle soit en état de se porter où il serait nécessaire.

Vous ferez également connaître au Roi que le duc de Dalmatic a ordre d’être sur les talons de la Romana, et de ne pas le laisser passer le Tage, et de le contenir.

Vous ferez connaître au Roi et au duc de Dalmatie que le général Drouet se rend à Valladolid avec le 9e corps pour prendre le com­mandement du pays sur les derrières de l’armée de Portugal ; que le géuéral Caffarelli se rend à Vitoria pour prendre le commandement des provinces de la Biscaye et de Santander; que j’attends la nouvelle de la prise de Tortose; que la prise de Tarragone la suivra; ce qui mettra à même de faire marcher 25,000 hommes sur Valence.

 

Fontainebleau, 30 septembre 1810

A François II (sic), empereur d’Autriche, à Vienne

Monsieur mon Frère et très-cher Beau-Père, j’ai vu plusieurs fois le comte de Metternich. Je lui ai parlé des sentiments que je porte à Votre Majesté Impériale. J’espère qu’il retourne près d’elle bien per­suadé du vif intérêt que je prends à elle et à sa monarchie. J’ai été satisfait de son séjour ici. Nos relations actuelles me rassurent paraitement sur les dispositions de Votre Majesté : je n’attache plus de prix à l’exécution des articles secrets du traité de Vienne, relatifs à son armée. Je désire qu’elle voie dans mon désistement de ces arti­cles mon désir de lui plaire et de lui donner de nouvelles preuves de mon estime et de ma haute considération.

Napoléon


 

 

 

References   [ + ]

1.« Sa Majesté, étant couchée, a ordonné que cette lettre partit sans signature. » Méneval.
2.Cet ordre ne verra finalement pas le jour