Correspondance de Napoléon – Décembre 1813

Paris, 26 décembre 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, il paraît qu’il n’y a pas de canonniers à Belfort. Donnez ordre qu’on y envoie en poste, de Besançon, deux officiers d’artillerie et douze sous-officiers, sergents ou vieux soldats canonniers, lesquels formeront sur-le-champ trois compagnies d’artillerie de 120 hommes chacune, savoir : de 120 hommes qui seront pris dans le 63e, de 120 hommes qui seront pris dans la cohorte, et du reste qui sera pris dans la garde nationale de Belfort.

Donnez ordre également qu’on expédie tout ce qui est nécessaire pour la défense de cette place, et que de Besançon un commissaire f soit envoyé pour faire entrer à Belfort des vivres de toute espèce et ce qu’il faut pour armer la place.

Ayez un petit chiffre comme celui qu’on avait à l’armée pour correspondre avec le commandant de Strasbourg et avec ceux de toutes nos places. Envoyez-le aux commandants de Belfort, de Blamont i de Besançon.

 

Paris, 26 décembre 1813.

Au maréchal Mortier, duc de Trévise, commandant la garde impériale à Namur.

Mon Cousin, l’ennemi a débouché sur Bâle et marche sur Belfort où son avant-garde a dû arriver le 24. Il est indispensable que ml Garde à pied et à cheval et mon artillerie de réserve se mettent ci marche pour se rendre à Reims. Envoyez-moi votre itinéraire. Vous devez comprendre que le but de celte démarche est de vous trouver sur la route de Paris à Bâle, avant qu’il soit possible à aucun de Cosaques d’y arriver, et en même temps de pouvoir vous rapprocher de la capitale et de Metz.

Tous les chevaux fatigués de la cavalerie et de l’artillerie seront remplacés dans les Ardennes par des chevaux frais. On donnera bons pour tous les chevaux que l’on prendra.

La cavalerie peut prendre les devants et l’infanterie marcher pat brigade, en gagnant de marche, afin de ne pas perdre un jour.

Je suppose que tous vos hommes ont quarante cartouches et que la cavalerie a aussi ses cartouches ; si vous en manquez, faites-en prendre à Mézières et dans les autres places où vous passez.

Vous pouvez faire un régiment de marche avec deux escadrons de chaque arme, qui prendront les devants avec les meilleurs chevaux. L’arrivée de ces troupes se propagera et tranquillisera les esprits.

Si les nouvelles deviennent plus pressantes, je donnerai des ordres pour que l’infanterie voyage en poste, mais, jusqu’à présent, n’est point nécessaire. Vous garderez sous le secret ces dispositions.

 

Paris, 26 décembre 1813.

NOTES.

Le prince de Neuchâtel ira au bureau de la guerre, afin de voir comment on pourrait former une armée de réserve qui devra être à Paris du 15 au 20 janvier; elle sera composée ainsi qu’il suit :

Infanterie.  Une division de la ligne, savoir: le 6e bataillon 29e léger; le 7e du 12e léger; un bataillon composé de deux compa­gnies du 5e bataillon de chacun des 2e, 14e et 15e légers; un batail­lon du 5e léger qui viendra de Cherbourg; total, quatre bataillons d’infanterie légère.

À nommer deux majors, quatre chefs de bataillon et un général de brigade.

Le 8e bataillon du 32e de ligne; le 6e du 58e; les 1er, 3e et 4e du 113e; un bataillon composé de deux compagnies du 5e bataillon du 135e deux compagnies du 155e; total, six bataillons.

À nommer deux majors et un général de brigade.

  1. Gérard verra à prendre dans les 14e, 15e, 13e, 12e et 22e di­visions militaires ce qui sera nécessaire pour compléter vingt-huit Bataillons.

Accélérez l’arrivée des bataillons que les dépôts doivent fournir à la Grande Armée et qui sont désignés pour arriver à Paris. Cela formera trois brigades commandées par un général de division.

Cavalerie.  Il y a dans la 1e division militaire (lacune) hommes et 5 à 600 chevaux. Les ordres seront expédiés aux commandants des dépôts pour que, sous trois jours, les préfets montent les hommes qui sont aux dépôts. M. Gérard les formera par escadrons et par compagnies. Ils se rendront à Versailles ; ils formeront une brigade sous les ordres d’un général qui sera désigné. A l’égard de ceux qui sont déjà à Paris, faire connaître à l’admi­nistration s’ils ont des selles au dépôt; en faire fournir à Versailles s’ils n’en ont pas.

Tout cela doit être prêt au 5 janvier.

Donner les mêmes ordres à MM. les préfets dans les 15e, 14e et 22e divisions militaires.

On donnera l’ordre aux préfets de prendre les chevaux des parti­culiers, motivé sur la nécessité de battre les plaines de Champagne. Ils se rendront à Versailles; ils formeront la 2e division de la réserve de l’intérieur.

Voir dans les dépôts de l’armée d’Espagne : il doit y avoir 3,000 pommes; les faire diriger sur Versailles, où ils formeront une division ou deux brigades de cavalerie.

On nommera un général de division et deux généraux de brigade pour les commander.

Savoir s’il y a des harnachements et équipements aux dépôts, ou y pourvoir à Paris. Voir les moyens d’avoir des chevaux, afin d’en avoir 6,000 à Versailles.

Il sera donc nécessaire que les ministres fassent faire six selles prêtes à Paris; les commander sur-le-champ.

Artillerie.   Voir le bureau  de  l’artillerie;  former trois batteries à pied de vingt-quatre pièces, deux batteries à cheval de douze pièces ; total, trente-six pièces. Le matériel doit exister à la Fère ; s’il n’y en a pas, faire venir des chevaux de Douai pour en amener des côtes de l’ouest. Tout cela devra être rendu du 5 au 10 à la Fère.

Faire connaître le lieu d’où l’on tirera les cinq compagnies; il est préférable de les tirer des côtes. Nommer un général d’artillerie pour commander.

Les harnais ne manquent pas à Paris. Un simple approvisionnement se trouvera réuni à Paris.

Les 5 à 600 chevaux d’artillerie, s’ils n’existent pas, seront levé dans les départements les plus à proximité de la Fère.

Pour cette armée on peut employer des généraux qui ne sont pas encore entièrement rétablis de leurs blessures.

Approvisionnements. Voir le bureau de l’artillerie; faire des dispo­sitions pour avoir à la Fère quinze à vingt mille coups de canon ci sept à huit mille à Vincennes, et un million de cartouches dans ces deux endroits.

Génie. Avoir à Vincennes et à la Fère 20,000 outils de pionniers. Les compagnies de sapeurs de la vieille Garde feront partie de cette armée. On créera de nouvelles compagnies de sapeurs à Paris.

Gardes nationales. Voir le ministre de l’intérieur, afin de lever dans les 1e, 14e et 15e divisions militaires autant de gardes nationales qu’on en a levé dans les départements de l’Alsace, population pour population, ce qui doit former environ 25,000 gardes natio­naux, qui feront partie de l’armée de réserve.

Administration. Voir le ministre de l’administration de la guerre; qu’il fasse monter des ateliers pour faire 30,000 habits. Quant aux capotes, on y pourvoira avec des draps de toute couleur et de toute  espèce.

À défaut de draps pour les habits, on ferait des vestes à manche en tricot, avec une capote.

On remplacera ce qui manquerait de buffleterie blanche par buffleterie noire.

Envoyer des estafettes extraordinaires aux préfets et aux cou mandants militaires pour presser l’arrivée des conscrits de la levée des 300,000 hommes qui doivent être fournis à la jeune Garde.

 

Paris, 26 décembre 1813 (date présumée)

ORDRE.

La Garde de réserve sera composée de la division de vieille Garde, de la division de tirailleurs qui arrive le 29 à Paris. On complétera les bataillons à 600 hommes.

Il sera formé une nouvelle division de la Garde composée, 1° de deux bataillons de fusiliers, l’un de grenadiers, l’autre de chasseurs, chacun de 600 hommes, dont les cadres seront composés des 5e et 6e bataillons ; à cet effet, on fera venir ces cadres en poste à Paris ; 2° de trois bataillons de flanqueurs, dont on fera venir les cadres en poste de Metz, hormis ceux qui se trouvent à Paris;  3° les quatre régiments provisoires de la jeune Garde seront constitués en régi­ments définitifs, sous la dénomination de 14e et de 15e de voltigeurs, 14e et 15e de tirailleurs; chaque bataillon ne sera que de quatre compagnies. Cela fera deux brigades.

Nommer un général de division et deux généraux de brigade pour les commander; les compléter à 9,600 hommes.

Cavalerie. La cavalerie sera composée de trois régiments de vieille garde. Les colonels généraux s’assembleront, afin que dans trois jours les hommes à pied soient montés, ce qui, avec la gendarmerie, fera une division d’élite de 5,000 chevaux; les mesures seront prises pour qu’au moins un escadron du Ier d’éclaireurs de la Garde,  un escadron du 2e et un escadron du 3e soient prêts avant le 10 janvier; ce qui formera un total de 5,700 chevaux.

Les deux régiments de lanciers polonais qui sont à Sedan feront partie de cette armée, de sorte que cela formera une augmentation de 1,500 chevaux. Ils seront sous les ordres du général Pac, qui recevra l’ordre de partir aujourd’hui pour Sedan, et qui sera lui-même sous les ordres du général Flahault.

Cette brigade polonaise fera partie de la Garde, ce qui portera la division de la Garde à 8,000 chevaux.

Le général Nansouty recevra l’ordre d’être rendu le 10 janvier à Paris pour prendre le commandement de cette cavalerie de la Garde.

Artillerie. Voir le général Dulauloy et le général d’Aboville et prendre des mesures pour que l’artillerie de cette partie de la Garde soit composée ainsi qu’il suit : deux batteries d’artillerie à cheval ; deux batteries à pied de 12 (elles sont au corps); deux batteries de vieille Garde (il en existe une); quatre batteries de jeune Garde; total, dix batteries ou soixante et seize pièces de canon.

Le matériel doit exister à la Fère, on ne doit rien tirer de Metz s’il manque quelque chose, le tirer des côtes et non de Metz.  S’il manque des caissons, on les fera faire à Paris, en prenant à cet effet le modèle de Magdeburg. Les soldats du train existent à la Fère.

Si les compagnies d’artillerie n’existent pas à la Fère, demander les ordres de l’Empereur pour les faire venir de Metz. S’il n’y a pas de chevaux, les prendre par réquisition.

 

Paris, 27 décembre 1813.

Au comte Daru, directeur de l’administration de la Grande Armée, à Paris.

Monsieur le Comte Daru, il faut avoir 7,000 selles à Paris] savoir : 1,000 de cuirassiers; 2,000 de dragons; 3,000 de chevau-légers; 1,000 de chasseurs et hussards.

Vous en avez aujourd’hui à Paris 900; à Orléans, 87; vous avez 4,000 à Charlemont; on en fera venir en poste 2,000 quand le moment sera opportun. Mon intention est que vous fassiez monter des ateliers à Paris pour fabriquer 100 selles par jour. Vous pourrez en avoir 3,000 d’ici au 30 janvier, c’est-à-dire 1,000 tous les dix jours. Avec les selles il faut tous les harnachements complets. Don-I nez les ordres nécessaires avant de vous coucher.

Aussitôt que les bureaux de la guerre vous auront fait connaître de quelle arme sont les 6,000 hommes qui se portent à Versailles, où ils doivent être remontés, vous verrez quelle espèce de selles il faut faire venir de Charlemont. Vous en mettrez le rapport sous mes yeux, pour que j’ordonne le départ en poste, s’il y a lieu.

Les 400 habits que vous faites confectionner chaque jour ne sont pas suffisants. Il faut faire confectionner 3,000 habillements par jour savoir : 1,000 habits complets avec capotes, etc. ; 2,000 habillements avec vestes à manches et capotes sans habits; de sorte que chaque dix jours, on habille et on mette sous les armes 30,000 hommes, dont un tiers en habits avec capotes, et deux tiers en vestes manches avec capotes. Donnez tous les ordres avant de vous coucher. Faites faire en même temps les shakos, gibernes, et tout ce qui est nécessaire pour habiller tous ces hommes. II faudrait faire confectionner 3,000 shakos par jour.

 

Paris, 28 décembre 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Avez-vous envoyé des canonniers à Genève ? Le 24, il n’y avait encore aucune pièce de canon sur les remparts, ni aucun grain de blé dans les magasins.

 

Palais des Tuileries, 28 décembre 1813.

Au vice-amiral comte Émeriau, commandant l’escadre de la Méditerranée.

Monsieur l’Amiral Émeriau , commandant notre escadre de la Médi­terranée, nous voyons, par les rapports qui ont été mis sous nos yeux, que, depuis le 10 du mois dernier, l’escadre ennemie dans la Méditerranée a cessé d’être aperçue en force, et que, d’après les incursions de plusieurs divisions de cette escadre sur divers points de nos côtes, il paraît qu’elle s’est séparée, et chacune de ses divisions pourrait être avantageusement surprise par nos forces ou partie de nos forces navales, sous votre commandement.

Nous vous écrivons la présente pour vous faire savoir que, lorsque vous aurez avis qu’une des divisions ennemies se trouve sur un point où vous pouvez l’attaquer avec succès, et avant qu’elle ait le temps d’être renforcée par d’autres divisions, nous vous autorisons à appareiller, avec notre escadre ou partie de notre escadre, pour recher­cher l’ennemi avec des forces supérieures, le combattre, le prendre ou le détruire.

Nous vous recommandons toutefois de n’user de la présente auto­risation qu’autant que, par les renseignements que vous vous serez procurés sur les mouvements et les positions de l’ennemi, et par votre expérience de la guerre et de la navigation, vous vous serez assuré des plus grandes probabilités de succès, de la facilité d’un retour dans nos ports, et surtout de la probabilité qu’une division enne­mie qui serait battue par vous mettrait le reste de l’escadre anglaise dans un état d’infériorité relative telle, qu’elle vous laisserait peu de chances à en redouter.

Notre intention est donc de tirer tout le parti possible contre l’en­nemi de la témérité avec laquelle vous auriez reconnu qu’il divise ses forces, mais cela sans compromettre celles que nous vous avons confiées.

Vous pouvez toutefois disposer des frégates sous votre comman­dement d’une manière active, quand vous jugerez pouvoir le faire avec avantage, sans attendre, pour les excursions que vous leu ordonnerez, des chances aussi assurées que celles que nous vous recommandons pour nos vaisseaux de guerre, la conservation des frégates important moins à noire service que celle de nos vaisseaux.

Pour l’exécution des dispositions contenues dans la présente, vous pourvoirez à ce que l’escadre ait à bord trois mois de vivres et d’eau, et qu’elle continue à être prêle à appareiller à votre premier signal.

 

Paris, 28 décembre 1813.

Aux vice-amiraux Allemand et Missiessy, commandants des flottilles de l’Escaut.

Nous vous faisons savoir qu’ayant reconnu que les circonstances présentes exigent sur l’Escaut un développement de nos forces navales auquel suffirait difficilement un seul commandant en chef, nous avons décrété la division en deux commandements distincts de nos flottilles de l’Escaut.

L’une de ces flottilles prendra le nom de flottille d’Anvers, et nous en conservons au vice-amiral Missiessy le commandement en chef; la seconde prendra le nom de flottille de Flessingue, et nous en con­férons le commandement au vice-amiral Allemand.,

Nous nous référons à notre décret de ce jour sur la composition et l’équipement de chacune de ces flottilles et sur la délimitation des parages assignés à chacune d’elles.

Le quartier général du commandant en chef de la première sera à Anvers.

Celui du commandant en chef de la seconde flottille sera à Flessingue.

Toutefois l’un et l’autre devront se porter, sur tel bâtiment qu’ils jugeront convenable, dans tous les parages où leur présence leur paraîtra nécessaire.

Le service de chacune des flottilles a pour objet de défendre la partie de l’Escaut qui lui est assignée, d’y protéger la navigation des bâtiments français, d’y rechercher et détruire tous les bâtiments de l’ennemi de quelque espèce qu’ils soient, d’y organiser des escortes pour le cabotage, et des croisières pour la destruction de l’ennemi.

Des flottilles devront aussi coopérer aux opérations des armées, lorsqu’elles marcheront sur les pays insurgés.

À cet effet, l’un et l’autre des commandants en chef des flottilles se concerteront entre eux et avec les généraux commandant les armées, pour établir le service sur le fleuve de manière que cha­cune des flottilles se seconde et se renforce mutuellement, dans tous les cas où il sera avantageux de le faire, et seconde, toutes les fois qu’il y aura lieu, les opérations de nos généraux.

Nous recommandons particulièrement au commandant en chef de la flottille d’Anvers tout ce qui concerne la défense de cette place, celle du canal de Berg-op-Zoom et du fort de Bath.

Le cas arrivant où la place d’Anvers serait investie, nous enten­dons que le vice-amiral Missiessy s’y renferme et consacre à sa défense tous les moyens maritimes qui lui sont confiés.

Nous recommandons également au commandant en chef de la flot­tille de Flessingue la défense de l’île de Cadzand et de lu Zélande, et, le cas arrivant où la place de Flessingue serait investie, nous entendons que le vice-amiral Allemand s’y renferme et consacre à sa  défense tous les moyens maritimes qui lui sont confiés.

Nous comptons sur votre expérience militaire et maritime, sur votre courage et sur votre dévouement à notre personne pour l’em­ploi le plus utile des forces qui vous sont confiées, pour faire res­pecter notre pavillon sur l’Escaut, y assurer la sécurité de notre navigation, y détruire celle de l’ennemi, empêcher les communica­tions de l’une à l’autre rive, pour concourir, ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, à la défense des points les plus importants du fleuve, et pourvoir exclusivement à tout, en cas de besoin, à la défense de la place de Flessingue, ainsi qu’à la défense de la place d’Anvers.

Paris, 29 décembre 1813.

Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, dans les dix-huit bataillons de la divi­sion de réserve de Paris, vous comprenez le 144e, qui est à Chalon-sur-Saône, le l6e léger, qui est à Mâcon, et le 23e léger, qui est à Auxonne. Il serait plus convenable de réunir ces trois bataillons à Auxonne, où ils sont nécessaires pour défendre ce point important, et où ils formeraient une petite brigade sous les ordres du commandant de la 18e division. Ce sera donc trois bataillons qui manqueront. Il faut les remplacer par trois autres, qu’on peut tirer des 11e, 12e et 13e divisions; je crois même qu’au lieu de trois vous en pourrez trouver sept ou huit.

La division de réserve sera commandée par le général Gérard. Il est indispensable que vous teniez ce général à Paris, ou que vous le rappeliez s’il en était parti. La division de réserve se réunira à Meaux. Il faut donc diriger sur Meaux tout ce qui est relatif à la formation de cette division. Immédiatement après la revue que je passerai, dans les premiers jours de janvier, des troupes qui seront à Paris, on les fera partir pour Meaux. 4,000 hommes arrivent du 31 décembre au 4 janvier à Soissons, Beauvais, Troyes, Orléans et Rouen; il faut diriger tous ces hommes sur Meaux, où on les incorporera dans les cadres qu’on aura. Accélérez toutes ces mesures, puisque ce sera déjà un commencement, si on peut avoir d’ici au 10 janvier 10 à 12,000 hommes de cette division, avec deux batteries d’artillerie. Donnez le détail de tout cela au général Gérard, qui s’en occupera avec son zèle accoutumé.

Au lieu de tirer un détachement des 15e de ligne, 70e, 149e, etc., que vous portez dans l’état joint à votre dépêche du 28, ne pourrait-on pas retirer des bataillons entiers ? Le 15e, le 70e le 149e, le 86e et le 47e, etc., doivent avoir des bataillons entiers dans la 15e divi­sion : on pourrait les faire venir.

 

Paris, 29 décembre 1813.

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Paris.

Mon Cousin, donnez ordre au duc de Valmy de réunir la division de la jeune Garde qui a 6,000 hommes sur Nancy, en lui donnant deux batteries, et, s’il le croit nécessaire, de se porter lui-même sur Nancy pour surveiller les mouvements de l’ennemi.

 

Paris, 30 décembre 1813.

REPONSE DE L’EMPEREUR AU SÉNAT.
(Cette réponse fut faite au Sénat présentant en corps à l’Empereur l’adresse votée dans la séance du 29 décembre. On trouvera ci-après ce document poli­tique, ainsi que le rapport à la suite duquel l’adresse du Sénat avait été adoptée.)

 

Sénateurs, je suis sensible aux sentiments que vous m’exprimez. Vous avez vu, par les pièces que je vous ai fait communiquer, ce que je fais pour la paix. Les sacrifices que comportent les bases préliminaires que m’ont proposées les ennemis, et que j’ai acceptées, je les ferai sans regret : ma vie n’a qu’un but, le bonheur des Français. Cependant, le Béarn, l’Alsace, la Franche-Comté, le Brabant sont entamés. Les cris de cette partie de ma famille me déchirent l’âme ! J’appelle les Français au secours des Français ! J’appelle les Français de Paris, de la Bretagne, de la Normandie, de la Champagne, de la Bourgogne et des autres départements au secours de leurs frères ! Les abandonnerons-nous dans leur malheur ? Paix et délivrance de notre territoire doit être notre cri de ralliement. À l’aspect de tout ce peuple en armes, l’étranger fuira ou signera la paix sur les bases qu’il a même proposées. Il n’est plus question de recouvrer les conquêtes que nous avions faites.

Extrait du Moniteur du 31 décembre 1813.

 

RAPPORT DU COMTE DE FONTANES AU SÉNAT.

Séance du 27 décembre 1813.

Monseigneur, Sénateurs, le premier devoir du Sénat envers le monarque et le peuple est la vérité. Les circonstances extraordinaires où se trouve la patrie rendent ce devoir plus rigoureux encore.

L’Empereur invite lui-même tous les grands corps de l’État à manifester leur libre opinion. Pensée vraiment royale ! Salutaire développement de ces institutions monarchiques où le pouvoir concentré dans les mains d’un seul se fortifie de la confiance de tous, et qui, donnant au trône la garantie de l’opinion nationale, donne aux peuples, à leur tour, le sentiment de leur dignité, trop juste prix de leurs sacrifices !

Des intentions aussi magnanimes ne doivent point être trompées.

En conséquence, la commission nommée dans votre séance du 22 décembre, et dont j’ai l’honneur d’être l’organe, a fait le sérieux examen des pièces offi­cielles mises sous ses yeux d’après les ordres de Sa Majesté l’Empereur, et communiquées par M. le duc de Vicence.

Des négociations pour la paix ont commencé; vous devez en connaître la marche. Il ne faut point prévenir votre jugement. Un récit simple des faits, en éclairant votre opinion, doit préparer celle de la France.

Quand le cabinet d’Autriche quitta le rôle de médiateur, quand tout fit juger que le congrès de Prague était prêt à se rompre, l’Empereur voulut tenter un dernier effort pour la pacification du continent.

  1. le duc de Bassano écrivit à M. le prince de Metternich.

Il proposa de neutraliser un point sur la frontière et d’y reprendre la négo­ciation de Prague dans le cours même des hostilités.

Malheureusement ces premières ouvertures ont été sans effet.

L’époque de cette démarche pacifique est importante. Elle est du 18 août dernier. Le souvenir des journées de Lützen et de Bautzen était récent. Ce vœu contre la prolongation de la guerre est donc, en quelque sorte, exprimé à la date de deux victoires.

Les instances du cabinet français furent vaines; la paix s’éloigna, les hosti­lités recommencèrent; les événements prirent une autre face. Les soldats des princes allemands, naguère nos alliés, ne montrèrent plus d’une fois, en com­battant sous nos drapeaux, qu’une fidélité trop équivoque; ils cessèrent tout à coup de feindre et se réunirent à nos ennemis.

Dès lors les combinaisons d’une campagne ouverte si glorieusement ne purent avoir le succès attendu.

L’Empereur connut qu’il était temps d’ordonner à ses Français d’évacuer l’Allemagne.

Il revint avec eux, combattant presque à chaque pas, et, sur l’étroit chemin où tant de défections éclatantes et de sourdes trahisons resserraient sa marche et ses mouvements, des trophées encore ont signalé son retour.

Nous le suivions avec quelque inquiétude au milieu de tant d’obstacles dont lui seul pouvait triompher. Nous l’avons vu arec joie revenir sur sa frontière, non avec son bonheur accoutumé, mais non pas sans héroïsme et sans gloire.

Rentré dans sa capitale, il a détourné les yeux de ces champs de bataille où le monde l’admira quinze ans. Il a détaché même sa pensée des grands desseins qu’il avait conçus; je me sers de ses propres expressions; il se tourne vers son peuple, son cœur s’est ouvert, et nous y avons lu nos propres sentiments.

II a désiré la paix, et, dès que l’espérance d’une négociation a paru possible, il s’est empressé de la saisir.

Les circonstances de la guerre ont conduit le baron de Saint-Aignan au quartier général des puissances coalisées. Là il a vu le ministre autrichien, M. le prince de Metternich, et le ministre russe, M. le comte de Nesselrode. Tous deux, au nom de leur cour, ont posé devant lui, dans un entretien confi­dentiel, les bases préliminaires d’une pacification générale. L’ambassadeur anglais, lord Aberdeen, était présent à cette conférence. Remarquez bien ce dernier fait, Sénateurs, il est important.

  1. le baron de Saint-Aignan, chargé de transmettre à sa cour tout ce qu’il avait entendu, s’en est acquitté fidèlement.

Quoique la France eût le droit d’espérer d’autres propositions, l’Empereur a tout sacrifié au désir de la paix.

Il a fait écrire à M. le prince de Metternich, par M. le duc de Bassano, qu’il admettait pour base de la négociation le principe général contenu dans le rapport confidentiel de M. de Saint-Aignan.

  1. le prince de Metternich, en répondant à M. le duc de Bassano, a paru croire qu’il restait un peu de vague dans l’adhésion donnée par la France.

Alors, pour lever toute difficulté, M. le duc de Vicence, après avoir pris les ordres de Sa Majesté, a fait connaître au cabinet d’Autriche qu’elle adhérait aux bases générales et sommaires communiquées par M. de Saint-Aignan. La lettre de M. le duc de Vicence est du 2 décembre ; elle a été reçue le 5 du même mois. M. le prince de Metternich n’a répondu que le 10. Ces dates doivent être soigneusement relevées; vous jugerez bientôt qu’elles ne sont pas sans quelque conséquence.

On peut concevoir de justes espérances pour la paix en lisant la réponse de M. le prince de Metternich à la dépêche de M. le duc de Vicence; seulement, à la fin de sa lettre, il annonce qu’avant d’ouvrir la négociation il faut en conférer avec les alliés. Ces alliés ne peuvent être que les Anglais. Or leur ambassadeur assistait à l’entretien dont M. de Saint-Aignan avait été témoin. Nous ne voulons point exciter de défiance, nous racontons.

Nous avons marqué avec soin la date des dernières correspondances entre le cabinet français et le cabinet autrichien; nous avons dit que la lettre de M. le duc de Vicence avait dû parvenir le 5 décembre, et qu’on n’en avait ac­cusé réception que le 10.

Dans l’intervalle, une gazette, aujourd’hui sous l’influence des puissances coalisées, a publié dans toute l’Europe une déclaration qu’on dit être revêtue de leur autorité. Il serait triste de le croire.

Cette déclaration est d’un caractère inusité dans la diplomatie des rois. Ce n’est plus aux rois comme eux qu’ils développent leurs griefs et qu’ils envoient leurs manifestes : c’est aux peuples qu’ils les adressent. Et par quels motifs adopte-t-on cette marche si nouvelle ? C’est pour séparer la cause des peuples et celle de leurs chefs, quoique partout l’intérêt social les ait confondues. Cet exemple ne peut-il pas être funeste ? Faut-il le donner surtout à cette époque où les esprits, travaillés de toutes les maladies de l’orgueil, ont tant de peine à fléchir sous l’autorité qui les protège en réprimant leur audace ? Et contre qui cette attaque directe est-elle dirigée ? Contre un grand homme, qui mérita la reconnaissance de tous les rois, car, en rétablissant le trône de France, il a fermé ce volcan qui les menaçait tous.

I1 ne faut pas dissimuler qu’à certains égards ce manifeste extraordinaire est d’un ton modéré. Cela prouverait que l’expérience des coalitions s’est per­fectionnée.

On s’est souvenu peut-être que le manifeste du duc de Brunswick avait irrité l’orgueil d’un grand peuple. Ceux mêmes en effet qui ne partageaient point les opinions dominantes à cette époque, en lisant ce manifeste injurieux, se sentirent blessés dans l’honneur national.

On a donc pris un autre langage. L’Europe, aujourd’hui fatiguée, a plus besoin de repos que de passions.

Mais, s’il y a tant de modération dans les conseils ennemis, pourquoi, parlant toujours de paix, menacent-ils toujours des frontières qu’ils avaient promis de respecter quand nous n’aurions plus que le Rhin pour barrière ?

Si les ennemis sont si modérés, pourquoi ont-ils violé la capitulation de Dresde ? Pourquoi n’ont-ils pas fait droit aux nobles plaintes du général qui commandait cette place ?

S’ils sont si modérés, pourquoi n’ont-ils pas établi un cartel d’échange conformément à tous les usages de la guerre ?

S’ils sont si modérés, enfin, pourquoi ces protecteurs des droits des peuples n’ont-ils pas respecté ceux des cantons suisses ? Pourquoi ce gouvernement sage et libre, qui s’était déclaré neutre à la face de l’Europe, voit-il dans ce moment ses vallées et ses montagnes paisibles ravagées par tous les fléaux de la guerre ?

La modération n’est quelquefois qu’une ruse de la diplomatie. Si nous vou­lions employer le même artifice, en attestant aussi la justice et la bonne foi, qu’il nous serait aisé de confondre nos accusateurs par leurs propres armes !

Cette reine échappée de la Sicile, et qui, d’exil en exil, a porté ses infor­tunes chez les Ottomans, prouve-t-elle au monde que nos ennemis aient tant de respect pour la majesté royale ?

Le souverain de la Saxe s’est mis à la disposition des puissances coalisées : a -t-il trouvé les actions d’accord avec les paroles ? Des bruits sinistres se répandent en Europe; puissent-ils ne pas se réaliser ! Voudrait-on punir la foi des ser­ments sur ce front royal vieilli par l’âge et les douleurs et couronné de tant de vertus ?

Ce n’est point du haut de cette tribune qu’on outragera les gouvernements qui se permettraient même de nous outrager; mais il est permis d’apprécier à leur juste râleur ces reproches si anciens et si connus, prodigués à toutes les puissances qui ont joué un grand rôle depuis Charles-Quint jusqu’à Louis XIV, et depuis Louis XIV jusqu’à l’Empereur. Ce système d’envahissement, do prépondérance, de monarchie universelle, fut toujours un cri de ralliement pour toutes les coalitions; et du sein même de ces coalitions, étonnées de leur imprudence, s’éleva souvent une puissance plus ambitieuse que celle dont on dé­nonçait l’ambition.

Les abus de la force sont marqués en caractère de sang dans toutes les pages de l’histoire. Toutes les nations se sont égarées, tous les gouvernements ont commis des excès; tous doivent se pardonner.

Si, comme nous aimons à le croire, les puissances coalisées forment des vœux sincères pour la paix, rien ne s’oppose à son rétablissement.

Nous avons démontré, par le dépouillement des pièces officielles, que l’Empereur veut la paix et l’achètera même par des sacrifices où sa grande âme semble négliger sa gloire personnelle pour ne s’occuper que des besoins de la nation.

Quand on jette les yeux sur cette coalition formée d’éléments qui se re­poussent, quand on voit le mélange fortuit et bizarre de tant de peuples que la nature a faits rivaux ; quand on songe que plusieurs, par des alliances peu réflé­chies, s’exposent à des dangers qui ne sont point une chimère, on ne peut croire qu’un pareil assemblage d’intérêts si divers ait une longue durée.

N’aperçois-je pas au milieu des rangs ennemis ce prince né avec tous les sentiments français dans le pays où ils ont peut-être le plus d’activité ? Le guer­rier qui défendit autrefois la France ne peut demeurer longtemps armé contre elle.

Rappelons-nous encore qu’un monarque du Nord, et le plus puissant de tous, mettait naguère au nombre de ses titres de gloire l’amitié du grand homme qu’il combat aujourd’hui.

Nos regards tombent avec confiance sur cet empereur que tant de nœuds joignent au nôtre, qui nous fit le plus beau don dans une souveraine chérie, et qui voit dans son petit-fils l’héritier de l’Empire français.

Avec tant de motifs pour s’entendre et se réunir, la paix est-elle si difficile ?

Qu’on fixe tout à l’heure le lieu des conférences ; que les plénipotentiaires s’avancent départ et d’autre avec la noble volonté de pacifier le monde; que la modération soit dans les conseils, ainsi que dans le langage. Les puissances étrangères elles-mêmes l’ont dit dans cette déclaration qu’on leur attribue : « Une e grande nation ne doit pas déchoir pour avoir éprouvé à son tour des revers dans cette lutte pénible et sanglante où elle a combattu avec son audace accoutumée. »

Sénateurs, nous n’aurions point rempli les devoirs que vous attendez de votre commission, si, en montrant, avec une si parfaite évidence, les intentions pacifiques de l’Empereur, nos dernières paroles ne rappelaient au peuple ce qu’il se doit à lui-même, ce qu’il doit au monarque.

Le moment est décisif. Les étrangers tiennent un langage pacifique; mais quelques-unes de nos frontières sont envahies, et la guerre est à nos portes. Trente-six millions d’hommes ne peuvent trahir leur gloire et leur destinée. Des peuples illustres, dans ce grand différend, ont essuyé de nombreux revers; plus d’une fois ils ont été mis hors de combat; leurs plaies sanglantes ruissellent encore. La France a reçu aussi quelques atteintes; mais elle est loin d’être abattue; elle peut être fière de ses blessures comme de ses triomphes passés. Le découragement dans le malheur serait encore plus inexcusable que la jactance dans le succès. Ainsi donc, en invoquant la paix, que les préparatifs militaires soient partout accélérés et soutiennent la négociation. Rallions-nous autour de ce diadème où l’éclat de cinquante victoires brille à travers un nuage passager. La fortune ne manque pas longtemps aux nations qui ne se manquent pas à elles-mêmes.

Cet appel à l’honneur national est dicté par l’amour même de la paix, de cette paix qu’on n’obtient pas par la faiblesse, mais par la constance; de cette paix enfin que l’Empereur, par un nouveau genre de courage, promet d’accorder au prix de grands sacrifices. Nous avons la douce confiance que ses vœux et les I nôtres seront réalisés, et que cette brave nation, après de si longues fatigues et tant de sang répandu, trouvera le repos sous les auspices d’un trône qui eut assez de gloire, et qui ne veut plus s’entourer que des images de la félicité publique.

 

Deux jours après la lecture de ce rapport, le Sénat adoptait à l’unanimité l’expression suivante de ses vœux patriotiques.

ADRESSE DU SÉNAT A L’EMPEREUR.

Palais du Sénat, 29 décembre 1813.

Sire, le Sénat vient présenter à Votre Majesté Impériale et Royale l’hommage de son respectueux dévouement et de sa reconnaissance pour les dernières com­munications qu’il a reçues par l’organe de sa commission. Votre Majesté adhère aux propositions mêmes de ses ennemis, qui lui ont été transmises par un de ses ministres en Allemagne : quel gage plus fort pouvait-elle donner de ses vœux sincères pour la paix!

Vous avez cru sans doute, Sire, que la puissance s’affermit en se bornant, et que l’art de ménager le bonheur des peuples est la première politique des i rois. Le Sénat vous en rend grâce au nom du peuple français.

C’est au nom de ce même peuple aussi que nous vous remercions de tous les moyens légitimes de défense que prendra votre sagesse pour assurer la paix.

L’ennemi vient d’envahir notre territoire. Il veut pénétrer jusqu’au centre de nos provinces. Les Français, réunis de cœur et d’intérêt sous un chef tel que vous, ne laisseront point abattre leur énergie.

Les empires, comme les hommes, ont leurs jours de deuil et de prospérité; c’est dans les grandes circonstances qu’on reconnaît les grandes nations.

Non, l’ennemi ne déchirera point cette belle et noble France, qui, depuis quatorze cents ans, se soutient avec gloire au milieu de tant de fortunes diverses, et qui, pour l’intérêt même des peuples voisins, sait toujours mettre un poids considérable dans la balance de l’Europe; nous en avons pour gage votre héroïque constance et l’honneur national.

Nous combattrons pour notre chère patrie entre les tombeaux de nos pères et les berceaux de nos enfants.

Sire, obtenez la paix par un dernier effort digne de vous et des Français, et que votre main tant de fois victorieuse laisse échapper ses armes après avoir signé le repos du monde.

Tel est, Sire, le vœu du Sénat, tel est le vœu de la France, tel est le vœu et le besoin de l’humanité.

L’assemblée arrête que l’adresse ci-dessus sera présentée par le Sénat en corps à Sa Majesté Impériale et Royale.

Extrait du Moniteur du 31 décembre 1813.