Correspondance de Napoléon – Décembre 1805

Schönbrunn, 26 décembre 1805

37e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

Voici la position de l’armée aujourd’hui :

Le maréchal Bernadotte occupe la Bohème;
Le maréchal Mortier, la Moravie;
Le maréchal Davout occupe Presbourg, capitale de la Hongrie;
Le maréchal Soult occupe Vienne;
Le maréchal Ney occupe la Carinthie;
Le général Marmont, la Styrie;
Le maréchal Masséna, la Carniole;
Le maréchal Augereau reste en réserve en Souabe.
Le maréchal Masséna, avec l’armée d’Italie, est devenu le 8e corps de la Grande Armée.
Le prince Eugène a le commandement en chef de toutes les troupes qui sont dans le pays de Venise et dans le royaume d’Italie.
Le général Saint-Cyr marche à grandes journées sur Naples punir la trahison de la reine et précipiter du trône cette femme, criminelle qui, avec tant d’impudeur, a violé tout ce qui est sacré parmi les hommes.

On a voulu intercéder pour elle auprès de l’Empereur; il a répondu : Les hostilités dussent-elles recommencer, et la nation soutenir une guerre de trente ans, une si atroce perfidie ne peut être pardonnée. La reine de Naples a cessé de régner : ce dernier crime a rempli sa destinée; qu’elle aille à Londres augmenter le nombre des intrigants et former un comité d’encre sympathique avec Drake, Spencer Smith, Taylor, Wickham; elle pourra y appeler, si elle le juge convenable, le baron d’Armfeld, MM. de Fersen, d’Entraigues et le moine Morus.

  1. de Talleyrand est à Presbourg, où l’on négocie. Les plénipotentiaires de l’empereur d’Autriche sont : le prince Jean de Lichtenstein et le général Gyulai.

Le prince Charles a demandé à voir l’Empereur. Sa Majesté aura demain une entrevue avec ce prince à la maison de chasse de Stammersdorf, à trois lieues de Vienne.

L’Empereur passe aujourd’hui la revue de la division Legrand, près Laxenburg.

L’Empereur ne prend à Vienne aucun divertissement; il a reçu fort peu de personnes.

Pendant quelques jours le temps a été assez froid. La journée d’aujourd’hui est fort belle. L’Empereur a fait une grande quantité de promotions dans l’armée et dans la Légion d’honneur, mais les grades qu’il a à sa disposition peuvent difficilement récompenser tant de braves.

L’électeur de Wurtemberg a envoyé à l’Empereur le grand cordon de l’ordre de Wurtemberg, avec trois autres qui ont été donnés au sénateur Harville, premier écuyer de l’Impératrice, au maréchal Kellermann et au général Marmont. L’Empereur a donné le grand cordon de la Légion d’honneur à l’Électeur, au prince électoral et au prince Paul, ses fils, et à ses frères les princes Eugène-Frédérie-Henri et Guillaume-Frédéric-Philippe : il a connu ces deux derniers princes à son passage à Ludwigsburg et a été bien aise de leur donner une preuve de l’opinion qu’il a conçue de leur mérite.

Les électeurs de Bavière et de Wurtemberg vont prendre le titre de Roi, récompense qu’ils ont méritée par l’attachement et l’amitié qu’ils ont montrés à l’Empereur dans toutes ces circonstances.

L’Empereur a témoigné son mécontentement qu’on eût osé faire à Mayence une proclamation signée de son nom et qu’on a remplie de sottises. Elle est datée d’Olmutz, où l’Empereur n’a jamais été; et ce qu’il y a de plus surprenant, c’est qu’elle a été mise à l’ordre du jour de l’armée de Mayence. Quel que soit l’individu qui en est l’auteur, il sera puni selon toute la rigueur des lois. Est-il un plus grand crime dans un État civilisé que d’abuser du nom du souverain ?

L’empereur d’Autriche est toujours à Holics.

Un grand nombre de blessés sont guéris. L’armée est en meilleur état qu’elle n’a jamais été. Le prince Murat rend compte que sa cavalerie a presque doublé depuis la bataille d’Austerlitz. Tous les chevaux qui, par suite des marches forcées , étaient restés en route, sont rétablis et ont rejoint leurs corps. Plus de deux mille pièces de canon sont évacuées de l’arsenal de Vienne sur la France. L’Empereur a ordonné qu’il y aurait une salle au musée Napoléon destinée à recevoir les choses curieuses qui ont été recueillies à Vienne.

Il a fait rendre à la Bavière les canons et les drapeaux qui lui ont été pris en 1740. Les Bavarois faisaient alors cause commune avec la France; mais la France était gouvernée par un prêtre pusillanime.

Les peuples d’Italie ont montré beaucoup d’énergie. L’Empereur a dit plusieurs fois : Pourquoi mes peuples d’Italie ne paraîtraient pas avec gloire sur la scène du monde ? Ils sont pleins d’esprit et de passion : dès lors il est facile de leur donner les qualités militaires. Les canonniers italiens de la garde royale se sont couvert de gloire à la bataille d’Austerlitz et ont mérité l’estime de tous les vieux canonniers français. La garde royale a toujours marché avec la garde impériale et a été partout digne d’elle.

Venise sera réunie au royaume d’Italie.

Les villes de Bologne et de Brescia sont toujours les premières à se distinguer par leur énergie; aussi l’Empereur, en recevant les adresses de ces villes, a-t-il dit : Je sais que les villes de Bologne et Brescia sono mie di cuore.

L’Empereur a fort approuvé les dispositions du prince Louis pour la défense de la Hollande, la bonne position qu’il a prise à Nimègue et les mesures qu’il a proposées pour garantir la frontière du nord.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Monsieur Talleyrand, dans la journée, je vais avoir une entrevue avec le prince Charles; ainsi, il est probable que dans la nuit il fera connaître à ces messieurs que je ne lui ai rien accordé. A l’article 3, je ne voudrais point de ces mots : S. M. l’empereur d’Allemagne et d’Autriche reconnaît S. M. l’empereur des Français comme roi d’Italie; mais je voudrais que cet article fût ainsi rédigé : S. M. l’empereur des Français, roi d’Italie, convient que, conformément à la déclaration qu’il a faite au moment où il a accepté la couronne d’Italie, etc.  Vous sentez aisément qu’en faisant ce changement je veux n’avoir pas besoin qu’on reconnaisse ce que j’ai fait; comme dans le traité que j’aurai à faire avec la Russie, je n’accepterai point la reconnaissance qu’elle voudrait en faire.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au roi de Bavière

Monsieur mon Frère, je m’empresse d’instruire Votre Majesté que la paix a été conclue hier; que l’empereur d’Allemagne a cédé à Votre Majesté tout ce dont j’étais convenu avec elle. Elle trouvera ci-joint les articles qui la concernent. J’aurais peut-être obtenu davantage pour mes alliés; mais j’ai tout sacrifié au bien de la paix; un plus long séjour de mes troupes dans le pays aurait culbuté entièrement la monarchie autrichienne.

Indépendamment des articles déjà accordés à Votre Majesté, j’ai obtenu le Tyrol, Brixen et l’évêché de Trente ; mais je me suis engagé à obtenir d’elle la cession de la principauté de Würzburg, pour servir d’indemnité à l’électeur de Salzburg, dont l’électorat est réuni à la monarchie autrichienne. Il est, dans l’évêché de Trente, des positions nécessaires à mon royaume d’Italie; mais elles sont d’une très-petite population, et cela n’ira pas à plus de 6,000 âmes.

Ainsi, après une crise qui menaçait sa Maison de la destruction, elle en sort avec un nouveau lustre et un accroissement d’un tiers de puissance de plus. Si elle reste constamment fidèle au traité, recevra, dans d’autres circonstances, un nouvel accroissement. Je prie Votre Majesté de ne jamais douter de l’amitié que je lui porte.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au prince Joseph

Mon Frère, la paix a été signée à Presbourg, capitale de la Hongrie, ce matin , à quatre heures, entre M. de Talleyrand et M. le prince de Liechtenstein et le général Gyulai. Je vais avoir une entrevue avec le prince Charles. Je n’ai pas le temps de vous en écrire davantage. En fait de paix, il ne faut tirer le canon que lorsqu’elle est faite ; vous pouvez donc la faire annoncer par quarante coups de canon.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, je vous annonce que la paix a été signée à Presbourg, capitale de la Hongrie, ce matin, à cinq heures, entre M. Talleyrand et MM. le prince de Liechtenstein et le général Gyulai. La ville de Venise et ses États, tels qu’ils ont été cédés au traité de Campo-Formio, font partie de mon royaume d’Italie. Vous pouvez annoncer cet article du traité à mon peuple d’Italie. Faites annoncer la signature du traité par une salve de soixante coups de canon.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au roi de Wurtemberg

Monsieur mon Frère, la paix a été signée hier. Votre Majesté trouvera ci-joint les articles qui la concernent. Je me trouve heureux d’avoir procuré un nouveau lustre à sa Maison, et de lui témoigner de cette manière tout l’intérêt et l’amitié que je lui porte.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

A l’électeur de Bade

Mon Frère, j’ai conclu la paix; j’ai obtenu pour Votre Altesse l’Ortenau, le Brisgau et toutes les possessions de la noblesse immédiate. Voilà la seconde fois que j’ai le plaisir de procurer à sa Maison un accroissement qui la met aujourd’hui au niveau des grandes puissances. Plus que personne, elle connaît l’intérêt que je porte à sa Maison, et j’espère qu’elle et ses enfants continueront d’avoir pour la France les sentiments qui nous ont depuis longtemps réunis.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

PROCLAMATION A L’ARMÉE

Soldats, la paix entre moi et l’empereur d’Autriche est signée. Vous avez dans cette arrière-saison fait deux campagnes; vous avez rempli tout ce que j’attendais de vous. Je vais partir pour me rendre dans ma capitale. J’ai accordé de l’avancement et des récompenses à ceux qui se sont le plus distingués. Je vous tiendrai tout ce je que vous ai promis. Vous avez vu votre Empereur partager avec vous vos périls et vos fatigues; je veux aussi que vous veniez le voir entouré de la grandeur et de la splendeur qui appartient au souverain du premier peuple de l’univers. Je donnerai une grande fête aux premiers jours de mai, à Paris; vous y serez tous, et après nous verrons où nous appelleront le bonheur de notre patrie et les intérêts de notre gloire.

Soldats, pendant ces trois mois qui vous seront nécessaires pour retourner en France, soyez le modèle de toutes les armées : ce ne sont plus des preuves de courage et d’intrépidité que vous êtes appelés à donner, mais d’une sévère discipline. Que mes alliés n’aient plus à se plaindre de votre passage, et, en arrivant sur ce territoire sacré, comportez-vous comme des enfants au milieu de leur famille; mon peuple se comportera avec vous comme il le doit envers ses héros et ses défenseurs.

Soldats, l’idée que je vous verrai tous avant six mois, rangés autour de mon palais, sourit à mon cœur, et j’éprouve d’avance les plus tendres émotions. Nous célébrerons la mémoire de ceux qui, dans ces deux campagnes, sont morts au champ d’honneur, et le monde nous verra tous prêts à imiter leur exemple, et à faire encore plus que nous n’avons fait, s’il le faut, contre ceux qui voudraient attaquer notre honneur ou qui se laisseraient séduire par l’or corrupteur des éternels ennemis du continent.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

PROCLAMATION AUX HABITANTS DE VIENNE

Habitants de la ville de Vienne, j’ai signé la paix avec l’empereur d’Autriche. Prêt à partir pour ma capitale, je veux que vous sachiez l’estime que je vous porte, et le contentement que j’ai de votre bonne conduite pendant le temps que vous avez été sous ma loi. Je vous ai donné un exemple inouï jusqu’à présent dans l’histoire des nations : 10,000 hommes de votre garde nationale sont restés armés, ont gardé vos portes; votre arsenal tout entier est demeuré en votre pouvoir, et, pendant ce temps-là, je courais les chances les plus hasardeuses de la guerre. Je me suis confié en vos sentiments d’honneur, de bonne foi, de loyauté : vous avez justifié ma confiance.

Habitants de Vienne, je sais que vous avez tous blâmé la guerre que des ministres vendus à l’Angleterre ont suscitée sur le continent. Votre souverain est éclairé sur les menées de ces ministres corrompus; il est livré tout entier aux grandes qualités qui le distinguent, et désormais j’espère pour vous et pour le continent des jours plus heureux.

Habitants de Vienne, je me suis peu montré parmi vous, non par dédain ou par un vain orgueil; mais je n’ai pas voulu distraire en vous aucun des sentiments que vous deviez au prince avec qui j’étais dans l’intention de faire une prompte paix. En vous quittant, recevez, comme un présent qui vous prouve mon estime, votre arsenal intact, que les lois de la guerre ont rendu ma propriété; servez-vous-en toujours pour le maintien de l’ordre. Tous les maux dont vous avez soufferts, attribuez-les aux malheurs inséparables guerre; et tous les ménagements que mon armée a apportés dans vos contrées, vous les devez à l’estime que vous avez méritée.

 

De mon camp impérial de Schönbrunn, 27 décembre 1805 (publié au Moniteur le 1er février 1806)

PROCLAMATION A L’ARMÉE

Soldats, depuis dix ans, j’ai tout fait pour sauver le roi de Naples : il a tout fait pour se perdre.

Après la bataille de Dego, de Mondovi, de Lodi, il ne pouvait m’opposer qu’une faible résistance. Je me fiai aux paroles de ce prince, et je fus généreux envers lui.

Lorsque la seconde coalition fut dissoute à Marengo, le roi de Naples, qui le premier avait commencé cette injuste guerre, abandonné à Lunéville par ses alliés, resta seul et sans défense. Il m’implora; je lui pardonnai une seconde fois.

Il y a peu de mois, vous étiez aux portes de Naples. J’avais d’assez légitimes raisons de suspecter la trahison qui se méditait et de venger les outrages qui m’avaient été faits. Je fus encore généreux. Je reconnus la neutralité de Naples; je vous ordonnai d’évacuer le royaume; et pour la troisième fois la Maison de Naples fut affermie et sauvée.

Pardonnerons-nous une quatrième fois ? Nous fierons-nous une quatrième fois à une cour sans foi, sans honneur, sans raison ? Non ! non ! La dynastie de Naples a cessé de régner; son existence est incompatible avec le repos de l’Europe et l’honneur de ma couronne.

Soldats, marchez, précipitez dans les flots, si tant est qu’ils vous attendent, ces débiles bataillons des tyrans des mers. Montrez au monde de quelle manière nous punissons les parjures. Ne tardez pas à m’apprendre que l’Italie tout entière est soumise à mes lois ou à celles de mes alliés; que le plus beau pays de la terre est affranchi du joug des hommes les plus perfides; que la sainteté des traités est vengée, et que les mânes de mes braves soldats égorgés dans les ports de Sicile à leur retour d’Égypte, après avoir échappé aux périls des naufrages, des déserts et des combats, sont enfin apaisés.

Soldats, mon frère marchera à votre tête; il connaît mes projets, il est le dépositaire de mon autorité, il a toute ma confiance; environnez-le de toute la vôtre.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au maréchal Berthier

Mon Cousin, donnez ordre à M. Villemanzy de se rendre dans le Tyrol pour y prendre connaissance de la levée des contributions qui y a été faite, et des magasins, soit de sel, soit de tabac, qui y existent, appartenant à l’armée, afin de pouvoir en tirer parti au profit de l’armée. Donnez ordre à M. Petiet de voir les agents de Bavière, de Wurtemberg et de Bade; ils savent le pays qu’ils doivent avoir; il leur fera connaître que je n’accorderai l’évacuation de ces pays par mes troupes, et leur prise de possession, que lorsque les contributions seront payées; que, s’ils veulent se charger de les payer, il est probable que je me résoudrai à leur faire remettre sur-le-champ les pays qui doivent leur revenir. Il pourra faire, en conséquence, un traité pour le payement des contributions en lettres de change sur Paris, payables en trois mois.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au maréchal Berthier

Mon Cousin, vous êtes autorisé à conclure une convention avec le général que nommera l’empereur d’Allemagne, pour l’exécution des dispositions portées dans l’article 23 du traité de paix, et notamment à déterminer, d’un commun accord, l’espèce et la nature des objets qui, appartenant à S. M. l’empereur d’Allemagne et d’Autriche, devront, en conséquence, rester à sa disposition, et convenir, soit de la vente au royaume d’Italie de l’artillerie impériale et des munitions, soit de leur échange contre une quantité d’artillerie ou d’objets de même ou d’autre nature qui seraient laissés par l’armée française dans les États héréditaires; c’est-à-dire qu’on laissera à Vienne et à Braunau la même quantité d’artillerie et de munitions que l’empereur d’Allemagne laissera à Venise.

Il sera tracé une route d’étapes de Vienne à Linz par la rive gauche du Danube, une autre route de Brünn à Linz en passant par Iglau, ce qui, avec la grande route de Vienne à Linz par la rive droite, formera les trois lignes d’évacuation de l’armée.

Le maréchal Augereau a reçu l’ordre de prendre ses cantonnements dans le pays de Darmstadt, où il attendra de nouveaux ordres et où il vivra par réquisitions, en délivrant des bons.

Le maréchal Ney se rend à Salzburg, où il restera jusqu’à nouvel ordre.

Le général de Wrede, du corps du maréchal Bernadotte, fait partir sur-le-champ une brigade de troupes bavaroises pour se rendre à Munich; cette brigade sera suivie de tout le reste des troupes bavaroises.

Les troupes de l’électeur de Wurtemberg ont reçu l’ordre de rétrograder de Linz sur Stuttgart;

Celles de l’électeur de Bade, de rétrograder de Braunau et Augsbourg sur Bade.

Les troupes bataves du corps du général Marmont ont l’ordre de se mettre en marche dimanche, 8 nivôse (29 décembre), pour se rendre en Hollande, prenant le chemin de la rive droite du Danube et passant par Ingolstadt et Mayence; cependant, avant de continuer leur route, elles attendront de nouveaux ordres à Ingolstadt.

Conformément aux articles séparés du traité, l’empereur d’Allemagne doit faire verser huit millions en argent au moment de la ratification du traité. Avant que les troupes françaises évacuent Presbourg, vous vous assurerez que cette somme est versée, et aussitôt vous la ferez mettre en route et conduire, sous bonne escorte, à Paris, pour être versée dans la caisse d’amortissement; si ladite somme est payée en traites, le sieur la Bouillerie l’adressera également au sieur Mollien.

Il doit aussi être versé quarante millions, en bons ou en lettres de change acceptées sur les places désignées dans les articles séparés, et payables aux époques déterminées.

Vous n’évacuerez Vienne que quand vous vous serez assuré que les dispositions ci-dessus sont exécutées et les traites remises au sieur la Bouillerie, receveur général.

On n’évacuera Graz que quand on saura que Venise est occupée par les troupes françaises, à l’époque déterminée par le traité; le reste sera évacué, jour par jour, comme il est stipulé audit traité.

On commencera à évacuer sur-le-champ, le plus possible, les blessés qui sont à Brünn et ceux qui sont à Vienne; on se servira, pour cette évacuation, des caissons de la compagnie Breidt.

Il sera expédié des ordres au général Marmont pour se rendre en Italie avec ses deux divisions françaises, et il prendra possession du Frioul et de la ligne de l’Isonzo.

La division aux ordres du général Dupont suivra immédiatement le mouvement des troupes bataves par la rive droite du Danube; mais, arrivée à Braunau, elle prendra la route de Munich.

Les grenadiers de la division Oudinot, à l’exception des bataillons des 9e, 13e et 81e de ligne, rentreront sous les ordres du maréchal Mortier; à cet effet, ils partiront de Vienne et prendront la route de Stockerau, Freystadt et Linz, où ils passeront le Danube et feront l’arrière-garde du maréchal Mortier.

La division de cuirassiers du général d’Hautpoul et celle de dragons du général Klein suivront le mouvement de la division de grenadiers.

Ces divisions de cavalerie marcheront à petites journées et prendront leurs cantonnements sur la ligne de défense de l’Enns, pour y attendre et y laisser expirer le temps de l’évacuation, de manière à ce qu’elles aient quinze à vingt jours de repos dans ces cantonnements.

La ville de Linz ne sera évacuée que lorsqu’on saura que l’Istrie et la Dalmatie ont été mises en notre pouvoir.

Le corps d’armée du maréchal Davout quittera Presbourg à l’époque déterminée, et suivra sa route par la rive droite du Danube jusque derrière l’Enns.

La division du général Caffarelli rentrera sous les ordres du maréchal Davout; mais, pour éviter qu’elle passe à Vienne, elle marchera directement sur Krems et traversera le Danube pour rejoindre le maréchal Davout.

L’état-major général de l’armée partira trois jours avant le corps du maréchal Soult.

Le général Nansouty se mettra en route pour prendre position derrière l’Enns, et se placera de manière à ne pas gêner le passage.

Le corps du maréchal Soult formera l’arrière-garde de toutes les troupes qui suivent la rive droite du Danube, et il évacuera Vienne au terme fixé par le traité, si les conditions sont remplies.

La brigade du général Milhaud se réunira à la cavalerie du maréchal Soult.

On se servira de tous les chevaux d’artillerie et de transport pour les évacuations successives.

La division du général Gazan évacuera par la route de la rive gauche du Danube, celle qui suit le plus près la rivière, sur Linz.

Les deux divisions françaises du maréchal Bernadotte évacueront sur Linz par la rive gauche, et pourront être placées entre les débouchés de l’Inn et de l’Enns, au moment où le maréchal Mortier occupera les cercles de l’Autriche sur la rive gauche du Danube.

La division de dragons du général Beaumont et celle du général Walther évacueront par la route de la rive gauche qui passe par Iglau.

Le maréchal Mortier, avec sa division, formera l’arrière-garde de tout ce qui passe par les deux routes de la rive gauche. On aura soin que les troupes qui marcheront par la rive gauche soient toujours une marche en avant par rapport au corps du maréchal Soult, qui marche par la rive droite.

Lorsque les troupes tiendront la ligne de l’Enns, on aura soin de tenir aussi sur la rive gauche toutes les provinces de l’Autriche qu’on n’est pas obligé d’évacuer.

Lorsqu’on sera assuré que la Dalmatie et l’Istrie sont évacuées les Autrichiens, on évacuera la ligne de l’Enns, pour prendre celle du Lech, où l’armée recevra des ordres pour l’évacuation ultérieure, ce qui dépendra des circonstances où se trouvera alors l’Europe.

On ne mettra les électeurs de Bavière et de Wurtemberg en possession des pays qui leur reviennent par le traité, que lorsque les contributions frappées sur ces pays auront été acquittées, soit en argent, soit en lettres de change, sans excepter les pays que doit occuper l’électeur de Bade dans le Brisgau et dans l’Ortenau; il n’en sera mis en possession que par un ordre particulier de l’Empereur.

Le 8e corps, aux ordres du maréchal Masséna, recevra l’ordre de retourner en Italie. Il mettra en marche tous ses dragons pour rejoindre l’armée de Naples, ainsi qu’une de ses trois divisions d’infanterie à son choix ; immédiatement après, le maréchal Masséna se rendra à l’armée de Naples, dont il prendra le commandement. Le général de brigade Mortières, à la tête des 9e, 13e et 81e bataillons de grenadiers, partira dimanche, 8 nivôse (29 décembre), pour se rendre en Italie, par Graz.

La division de cuirassiers aux ordres du général Pully prendra position du côté de Trévise et de Padoue. Toutes les autres troupes du corps d’armée du maréchal Masséna rentreront en Italie aux ordres du prince Eugène.

Toute la cavalerie française et italienne qui se trouve devant Venise, avec le général Partouneaux, deux régiments d’infanterie les plus forts, et la plus grande partie de l’artillerie de campagne, se mettront en marche pour renforcer l’armée de Naples.

Le général Molitor, avec trois régiments de sa division, prendra possession de la Dalmatie. Le général Duhesme, avec trois régiments de sa division, prendra possession de l’Istrie. Comme ces divisions ont quatre régiments, les deux régiments qui resteront se rendront à Venise, aux ordres du général Miollis, qui prendra possession de cette ville.

Toutes les troupes en Dalmatie, en Istrie, dans le pays de Venise et en Italie, seront sous les ordres du prince Eugène.

Dans tous les cas imprévus, le général Lauriston, commissaire pour prendre possession des nouveaux pays cédés en Italie, demandera les ordres du prince Eugène pour les arrangements avec l’Autriche.

L’intendant général de l’armée donnera des ordres pour assurer les subsistances sur toutes les lignes d’étapes, en raison de la quantité de troupes qui doit y passer, et il lui sera remis les états nécessaires.

Aussitôt après le départ de l’Empereur, le général Andréossy sera envoyé à Holics , afin de connaître le commissaire de l’empereur d’Allemagne qui doit traiter de tous les objets.

  1. Talleyrand ne doit pas quitter Presbourg que ce commissaire ne soit nommé.

L’intendant général de l’armée, le général Songis, le général Marescot , ne quitteront Vienne qu’avec l’état-major général.

Le général Dumas sera envoyé en Dalmatie; il fera la reconnaissance de ce pays.

Le général Marescot sera envoyé à Venise, pour connaître la place et les moyens de défense.

Enfin le secrétaire d’État vous expédiera des pleins pouvoirs pour traiter de toutes les évacuations.

Le traité, les articles particuliers, vous seront remis. Vous communiquerez les dispositions du traité en ce qui concernera les diverses administrations de l’armée, mais vous tiendrez secrets les articles particuliers.

RÉSUMÉ

Le maréchal Ney évacuera sur Salzburg, et se nourrira dans cet électorat, tout le temps que l’armée mettra à passer l’Enns.

La division du général Dupont forme une avant-garde isolée, qui se rend sur-le-champ à Munich.

Le maréchal Davout forme la première ligne d’évacuation sur l’Enns, et le maréchal Soult forme la seconde ligne.

Le maréchal Bernadotte, avec ses divisions françaises, forme la première ligne d’évacuation sur la rive gauche ; le maréchal  Mortier forme la seconde sur la même rive.

Si le maréchal Ney ne reçoit pas l’ordre de se diriger sur l’Italie, il évacuera sur Kufstein, sans passer ni à Munich ni à Augsbourg.

Quant au second mouvement d’évacuation, les maréchaux Davout et Soult passeront à Munich et à Augsbourg.

Le maréchal Bernadotte et le maréchal Mortier passeront à Ingolstadt, Neuburg, Bain et Donauwoerth.

Quant an troisième mouvement, cela dépendra de la direction définitive que l’on donnera aux troupes.

Le général Marmont et le maréchal Masséna rentrent en Italie.

Le général Lauriston est commissaire pour prendre possession de l’Istrie et de la Dalmatie, conformément à l’article 23 du traité.

Le général Andréossy est commissaire pour traiter avec les généraux autrichiens de tout ce qui est relatif à l’évacuation de l’Allemagne.

  1. A. S. le prince Eugène est lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée d’Italie.
  2. A. I. le prince Joseph est lieutenant de l’Empereur, commandant en chef l’armée de Naples.

Vous m’enverrez tous les jours un courrier, et vous recevrez également tous les jours mes ordres.

On a donné l’ordre au général Marmont qu’avec ses deux divisions françaises il prenne possession du Frioul et de la ligne de l’Isonzo, en attendant de nouveaux ordres; mais, avant de s’y rendre, lui ordonner d’occuper le comté de Goritz, Trieste et la Carniole, jusqu’à ce que la division française qui doit occuper la Dalmatie et l’Istrie en soit en possession. Par le traité de paix, les Autrichiens ont deux mois pour rendre la Dalmatie et l’Istrie; mais le  moyen d’avoir ces deux provinces tout de suite, ce serait d’occuper Goritz, Trieste et la Carniole avec beaucoup de troupes, pendant les deux mois que nous avons pour évacuer cette partie, en disant aux autrichiens que nous évacuerions sur-le-champ ces pays qui leur tiennent tant à cœur, parce que cela gêne leur commerce, au moment où eux-mêmes évacueraient la Dalmatie et l’lstrie.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au général Dejean

J’ai destitué les commissaires des guerres Grobert et Masséna. Écrivez à l’ordonnateur de faire connaître, par rapport détaillé, tout ce qui est à sa connaissance; c’est là son métier.

S’il est d’autres commissaires des guerres qui se soient mal comportés, il faut les destituer.

L’armée du Nord doit être entièrement nourrie, soldée, habillée par la Hollande. Écrivez au Grand Pensionnaire, et faites-lui sentir qu’au milieu des énormes dépenses que je suis obligé de faire, il faut que la Hollande m’aide.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au général Songis

Mon intention est que vous fassiez évacuer sur Palmanova cent pièces de canon de siège et cinquante pièces de canon de campagne, toutes en bronze. Vous les ferez partir en deux convois. Vous ferez partir en même temps leurs affûts. Vous disposerez à cet effet, pour chaque convoi, de 400 chevaux des parcs de Vienne. Vous enverrez un officier au général Marmont, pour qu’il prenne ces objets à Neutadt et les fasse conduire jusqu’à Cilli, où ils seront pris par des chevaux de l’armée du maréchal Masséna pour être conduits jusqu’à Palmanova.

Demain partira le premier convoi, et après-demain le second.

Au retour des 800 chevaux, qui doivent faire leur route en deux jours, vous ferez partir 12,000 fusils.

Après le transport de ces 12,000 fusils, vous ferez partir des mortiers, les fers coulés, les affûts, les divers ornements de pièces, etc.

Voous évacuerez ensuite des canons de fer, dont j’ai grand besoin pour armer les côtes de Venise et de la Dalmatie.

Enfin ces évacuations continueront pendant tout le temps que les Français seront ici.

Ainsi donc vous emploierez 800 chevaux, que vous prendrez dans le parc général on dans celui du maréchal Soult, pour établir des relais jusqu’à Neustadt. Marmont aura des relais à Neustadt, Graz et Marburg; ces relais seront de 300 chevaux chacun.

Vous ferez partir l’officier d’artillerie Pernety pour Budweis, afin d’évacuer tout ce qui s’y trouve et de le transporter sur Passau. Vous ferez transporter également tous les effets d’artillerie qui se trouvent à Iglau. Le maréchal Bernadotte aura ordre de faire faire ces transports jusqu’à Linz. Le général Eblé établira, à cet effet, les relais nécessaires.

Vous enverrez un chef de bataillon dans le Tyrol, pour prendre connaissance de tous les objets d’artillerie qui s’y trouvent et les faire évacuer sur l’Italie, en les dirigeant sur la tête du lac de Garde ou sur le premier point où l’Adige commence à porter bateau.

Je vous recommande de suivre exactement ces dispositions.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

A M. Talleyrand

Monsieur Talleyrand, j’ai reçu votre lettre et le traité.

J’ai vu ce soir le prince Charles. Nous avons causé, deux heures, militaire; après quoi il s’en est allé. Il n’a refusé qu’indirectement deux ou trois articles sur lesquels je n’ai fait que plaisanter. La Styrie est bien grande; vous me la faites évacuer bien vite, en dix jours. J’ai laissé tous mes pouvoirs au maréchal Berthier. Vous recevrez demain mes ratifications. Je pars dans la journée de demain. J’attendrai à Munich de savoir l’échange des ratifications. Adressez-y votre courrier. Demandez quelqu’un pour concerter avec le maréchal Berthier les détails de l’évacuation du pays. J’ai nommé Lauriston commissaire pour l’évacuation de Venise et de la Dalmatie. Restez à Vienne jusqu’à ce que le commissaire de l’empereur soit arrivé. J’ai laissé l’instruction au maréchal Berthier de ne point laisser évacuer Presbourg que les huit premiers millions ne soient payés, et la ville de Vienne que les quarante millions ne soient acquittés, soit en lettres de change, soit en bons.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, la paix est conclue, comme je vous l’ai déjà mandé par le dernier courrier. Je charge M. Maret de vous en adresser, pour vous seul, les conditions. J’ai nommé Lauriston mon commissaire pour l’occupation de Venise et de la Dalmatie. Berthier vous fera connaître toutes les dispositions que j’ai faites. Vous aurez en Italie sous vos ordres Marmont et Molitor. Chargez Miollis de l’occupation de Venise. Vous ne devez y aller que lorsqu’il n’y aura plus d’Autrichiens. Faites lever toutes les difficultés par Miollis et Lauriston. Écrivez-moi à Munich et à Paris par duplicata. Je fais évacuer cent cinquante pièces de canon sur Palmanova. Si Rapp est encore avec vous, qu’il vienne me joindre à Munich par le Tyrol.

 

Schönbrunn, 27 décembre 1805, 11 heures du soir

Au prince Eugène

Mon Cousin, vous êtes dans l’indépendance la plus parfaite du maréchal Masséna. Mettez la plus grande activité à vous faire informer de la quotité des contributions qui ont été levées dans toute l’étendue du pays vénitien, et faites-moi connaître l’usage qu’on en a fait. J’ai destitué les commissaires des guerres Grobert et Masséna, dont mes sujets d’Italie avaient à se plaindre. Portez, dans la recherche des dilapidations qui auraient été commises, la plus grande surveillance et la plus grande rigidité.

Venise doit être réunie à mon royaume d’Italie. Il faut que le ministre des finances, M. Prina , parcoure le pays et me propose un projet d’organisation des finances à y établir ; il faut également prendre des mesures pour les monnaies et l’établissement des douanes. Enfin il est convenable que vous m’envoyiez un mémoire qui me fasse connaître à combien se montera le revenu du pays vénitien, en y établissant le même système de finances que dans le royaume d’Italie.

 

Munich, 31 décembre 1805

Au prince Joseph

Mon Frère, je suis arrivé à Munich. J’y resterai quelques jours pour recevoir la ratification de la paix et donner les derniers ordres relatifs à mon armée; après quoi je me rendrai à Paris.

Mon intention est de m’emparer du royaume de Naples. Le maréchal Masséna et le général Saint-Cyr sont en marche avec deux d’armée sur ce royaume. Je vous ai nommé mon lieutenant commandant en chef l’armée de Naples.

Partez quarante heures après la réception de cette lettre pour vous rendre à Rome; et que votre première dépêche m’apprenne votre entrée à Naples, que vous en avez chassé une cour perfide, et rangé cette portion de l’Italie sous nos lois.

Vous trouverez au quartier général de ladite armée vos instructions et les décrets relatifs à votre mission.

Vous prendrez l’uniforme de général de division. Le titre de mon lieutenant vous donne le commandement sur les maréchaux.  Votre commandement ne s’étend pas au delà de l’armée et du territoire de Naples. Si ma présence n’était pas nécessaire à Paris , j’aurais marché en personne sur Naples; mais, avec les généraux que vous avez et les instructions que je vous donnerai, vous ferez ce que j’aurais pu faire. Ne dites pas où vous allez ; qu’on ne l’apprenne que par vos premières lettres de l’armée; n’en prévenez que l’archichancelier seul.

 

Munich, 31 décembre 1805

Au prince Joseph

Mon Frère, j’ai demandé la princesse Auguste, fille de l’électeur de Bavière, qui est une très-jolie personne, en mariage pour prince Eugène. Le mariage est arrêté. J’ai demandé une autre princesse pour Jérôme. Comme vous l’avez vu le dernier, faites-moi connaître si je puis compter que ce jeune homme fera ce que je voudrai. J’ai également arrangé un projet de mariage de votre fille aînée avec un petit prince qui deviendra un jour un grand prince. Comme ce dernier mariage n’aurait lieu que dans quelques mois, j’aurai le temps de vous en entretenir. Je vous charge de faire connaître de ma part à ma mère le mariage du prince Eugène avec la princesse Auguste. Je ne désire pas qu’on en dise rien publiquement.

 

Munich, 31 décembre 1805

Au maréchal Berthier

Mon Cousin, ce n’est pas l’Inn, mais l’Enns qui est la première ligne d’évacuation.

Faites mettre à l’ordre du jour ce qui suit :

“L’Empereur a passé la revue de la division Legrand. Il a été content de la belle tenue de cette division, et lui a témoigné sa satisfaction sur la bonne conduite que les bataillons qui la composent ont tenue à la bataille d’Austerlitz”

Le mariage entre le prince Eugène et la princesse Auguste de Bavière est arrêtée. La princesse m’a parue fort bien. Ce sera, j’espère, un joli couple. Je vous écrirai plus en détail demain.

 

Munich, 31 décembre 1805

Au prince Eugène

Mon Cousin, je suis arrivé à Munich. J’ai arrangé votre mariage avec la princesse Auguste. Il a été publié. Ce matin, cette princesse m’a fait une visite, et je l’ai entretenue fort longtemps. Elle est très-jolie. Vous trouverez ci-joint son portrait sur une tasse, mais elle est beaucoup mieux.

Je recevrai demain la députation, qui est encore à Munich.