Claparède, Michel Marie (1770-1842)

La bataille d’Austerlitz – François Gérard
Le général Claparède
Le général Claparède

Michel Claparède, pair de France et lieutenant-général, nait à Gignac en Languedoc , en 1770

Il embrassa la carrière militaire, en 1792, et commença à servir comme volontaire dans un des bataillons du département de l’Hérault. S’étant fait distinguer par son intelligence et sa valeur, il est bientôt appellé au grade de capitaine, par le choix unanime de ses frères d’armes.

Il fait les première campagnes de la révolution françaie aux armées d’Italie, de l’Ouest et d’Allemagne, et mérita le grade de chef de bataillon, qui lui est accordé. Promu au grade d’adjudant-général , le 15 septembre 1800, il fsit, en cette qualité, partie de l’armée d’expédition envoyée à St-Domingue, et qui sortit des ports de France, le 14 décembre de la même année.

L’adjudant-général Claparède, ayant été chargé d’occuper la partie de l’île, réussit complétement dans cette mission ; prenant de Saint-Yago, qui lui ouvrit ses portes, et envoya au Cap les généraux Clervaux et Toussaint-l’Ouverture , qui se rangèrent, avec leurs troupes, sous les ordres du capitaine-générai Leclerc. Cette opération étant ainsi heureusement terminée , Claparède est récompensé par le grade de général de brigade, qui lui est conféré, le 27 novembre 1802.

Il est nommé, la même année , commandant de la ville du Cap, et ne quitte ce poste que pour aller commander l’avant-garde du corps d’armée envoyé dans le nord de l’Île. Il conserve ce commandement jusqu’à son retour en France. Il fait partie de l’expédition qui, du port de Rochefort, en 1804 , arrive, le 22 février 1805, en vue de l’île de la Dominique, appartenant aux Anglais. L’attaque de l’île ayant été décidée, le général Claparède fait gravir rapidement par sa troupe un morne escarpé; s’empare du fort qui le défend, et concourt par ce moyen à la prise de la Dominique.

Revenu en France avec l’armée expéditionnaire, Claparède est employé, dans la même année 1805 , à la Grande-Armée d’Allemagne, et se trouve à la bataille d’Ulm, au mois d’octobre.

Napoléon, se préparant à la bataille, qui sera livrée , le 2 décembre suivant (Austerlitz), avait reconnu une position très-favorable dite le Santon, et, la considérant comme la clef de ses opérations offensives, il la fait fortifier avec le plus grand soin et garnir de 18 pièces de canon. La garde de ce poste important est confié au régiment d’infanterie légére de la division du général Suchet,  commandé alors par le général de brigade Claparède.

Le iour de la bataille  d’Austerlitz, le prince Bagration, à la tête de la colonne de droite de l’armée alliée, vient attaque la position du Santon ; mais tous ses efforts pour s’en emparer sont inutiles, et cette colonne, se trouvant écrasée par l’artillerie française, est obligée de rétrograder sur Posoritz.

Claparède se trouve, en 1806, aux combats de Wertingen, de Saalfeld, et à la bataille de Iéna, gagnée sur les Prussiens, le 14 octobre.

La bataille de Pultusk
La bataille de Pultusk

Il combat avec distinction à Pultusk, le 26 décembre , et y est blessé.

En 1807, il continue de servir à la Grande Armée; durant la campagne de Pologne. Chargé de défendre , avec la brigade qu’il commande, la tête de pont de Drewkenowo , sur l’Omulow, il est attaqué dans cette position, en juin, par une forte colonne de l’armée russe ; mais il soutient avec la plus grande fermeté l’attaque de l’ennemi, et donne par ce moyen le temps au général Masséna d’arriver sur la ligne avec des renforts.

Il est nommé général de division, le 8 octobre 1808. Employé en cette qualité à la Grande-Armée,  en 1809, il y fait la campagne contre l’Autriche, sous les ordres du maréchal Oudinot. Marchant en tête du corps d’armée de ce maréchal, Claparède rencontre, dans la matinée du 5 mai, l’arrière-garde autrichienne en avant d’Ebersberg (Ebelsberg), et la fait attaquer par la brigade du général Cœhorn, qui attaque hardiment l’anemi, au moment où celui-ci s’avance sur le pont qui traverse la Traun pour gagner la rive droite de cette rivière. Le mouvement des Autrichiens étant protégé par une nombreuse artillerie, la brigade Coehorn, qui s’était élancée plusieurs fois avec impétuosité, avait été arrêtée par la violence du feu de batteries

Le général Claparède s’avance alors avec le reste de sa division, et appuye ainsi les bataillons des tirailleurs du Pô et des voltigeurs (brigade Coehorn), qui  continuaient à faire des prodiges de valeur. Bientôt cette masse armée, s’avançant sur le pont qui était d’une longueur considérable,  parvint à culbuter dans la Traun canons, caissons, chariots et Autrichiens.

La cour du château d’Ebelsberg aujourd’hui
La cour du château d’Ebelsberg aujourd’hui

Déjà une partie de la division Claparède était arrivée aux portes d’Ebersberg, lorsque les premières arches du pont, du côté de cette ville , furent coupées par le feu qui s’y était communiqué de quelques maisons incendiées. Par cet événement, les forces de la division se trouvèrent séparées au moment où elles avaient à lutter contre Autrichiens, que le général Hiller avait formés en bataille sur les hauteurs en arrière de la ville.

Cependant la division Claparède , forte seulement d’environ 100 combattants, soutint un engagement, aussi inégal qu’il fut long, avec une résolution et une intrépidité au-dessus de tout éloge. Une poignée de braves, qui était au-delà du pont, aurait infailliblement  succombés, si les communications n’avaient été rétablies par les autres divisions de l’armée , qui accoururent au secours de celle du général Claparède.

Les Français perdent 1 001 tués, 1 758 blessés et 800 prisonniers. De leur côté, les Autrichiens déplorent 7 339 hommes tués, blessés ou prisonniers. Ils abandonnent également aux Français deux pièces d’artillerie et un drapeau

Claparède se trouve ensuite aux batailles d’Essling, les 21 et 22 mai, et de Wagram, le 6 juillet. Il est créé grand-officier de la Légion-d’Honneur, le 17 du même mois, et revêtu ensuite de la dignité de comte.

Employé à l’armée de Portugal , en 1810, il y battit, en plusieurs occasions, le corps d’armée du général Silveyra, qui manœuvrait pour inquiéter les communications entre les différents corps de l’armée française ; l’arrêta dans son mouvement ,  et le força de repasser le Duero à Lamégo, le 15 ianv.ier 1811.

Après cette expédition, la division Claparède, qui se trouvait isolée du reste de l’armée, fut livrée à elle-même pendant trois mois dans un pays occupé et parcouru en tous sens par différents corps de milices , et de levées en masses, commandés, pour la plupart, par des officiers anglais.

Malgré les obstacles de toute espèce que le général Claparède eut à vaincre , ses opérations militaires entre le Duero et le Tage furent couronnées par des succès importants.

Appelé à la Grande-Armée , en 1812 , il y eut le commandement en chef d’un corps polonais au service de la France; fit en cette qualité la campagne de Russie ; se trouva à la bataille de la Moskowa, le 7 septembre ; partagea avec l’armée tous les dangers et les fatigues de la fatale retraite de Moscou ; combattit au passage de la Bérésina , le 28 novembre, et y fut blessé.

Il continua d’être employé à la grande-armée, en 1813, et soutint, le 23 août, un combat glorieux sur les hauteurs de Giezubel contre l’ennemi qui débouchait de la Bohême. Il concourut, le 17 octobre suivant, à l’enlèvement des positions retranchées que les Russes occupaient sur les hauteurs de Racknitz, près de Dresde.

Étant rentré en France avec l’armée, en 1814, il commande sous Paris une division d’infanterie composée de 6 régiments.

Après la restauration du trône des Bourbons, le général Claparède est fait chevalier de Saint-Louis, le 8 juillet de la même année 1814.

Louis XVIII le fait grand’croix de l’ordre royal de la Légion-d’Honneur, le 17 janvier 1815.

Le comte Claparède prend, le 8 juillet de cette dernière année, le commandement de la place de Paris, et le quitte, le 18 novembre suivant, époque à laquelle il est nommé inspecteur-général des troupes stationnées dans la division militaire.

En 1815, il est l’un des membres du Conseil de guerre chargé d’instruire l’affaire du maréchal Ney. En 1816, il est aussi membre des conseils de guerre qui jugèrent le contre-amiral Linois , le colonel Boyer et le lieutenant-général comte Delaborde.

En 1818, il est désigné pour concourir à la formation du corps royal d’état-major. Créé pair de France, par ordonnance royale du 5 mars 1819, il est reçu et prête serment en cette qualité, le 15 du même mois. On lui confie, en 1820, la nouvelle organisation de l’infanterie dans le 4e arrondissement de l’inspection générale de cette arme.

Appelé à la Chambre des pairs, il meurt à Montpellier (Hérault) le 23 octobre 1842 et est inhumé au cimetière de Gignac (Hérault)