Calendrier

Vienne a, à l’époque du Congrès, environ 230 000 habitants, ce qui en fait alors la troisième capitale d’Europe. Alexandre a imposé Vienne, en signe de remerciement des Alliés envers l’Autriche qui a, durant deux décennies, et au travers des coalitions changeantes, conduit la résistance à l’expansionnisme révolutionnaire et impérial de la France, pris une part active aux “guerres de libération” (que l’on songe au soulèvement du Tyrol en 1809).

Ce sera l’ambiance la plus brillante que Vienne, malgré deux occupations récentes (1805, 1809), une banqueroute récente (1812), et un empereur François détestant la pompe et les dépenses, va offrir aux participants, monarques, diplomates et représentants de la société. Mais il y va du rang de l’Autriche, et du prestige de la dynastie. Alors, les fêtes, réservées aux différents membres des conférences, comités et autres commissions, resteront longtemps dans les mémoires, en particulier des artistes peintres.

De plus, les membres de la noblesse d’Autriche, de Hongrie et de Bohême ont été invité à réintégré, plus tôt que les autres années, leurs demeures princières de Vienne, rehaussant de leur présence le prestige de l’Autriche.

Le calendrier ci-dessous donne une bonne idée de la densité des occupations des membres du Congrès….

Mardi 13 septembre 1814.

Le comte Nesselrode (Russie) et Lord Castelreagh (Angleterre) arrivent à Vienne

Mercredi 14 septembre 1814.

Arrivée du baron von Stein (Russie)

Samedi 17 septembre 1814.

Aujourd’hui arrivent : le chevalier de Labrador (Espagne), le duc de Saxe-Weimar Charles Auguste, le duc de Campo Chiaro (Naples) et le prince von Hardenberg (Prusse)

Dimanche 18 septembre 1814. 

Arrivée du prince von Wrede (Bavière)

Metternich, qui vient de passer les dernières semaines à Baden, retourne à Vienne. Le soir début du congrès lors d’une séance plénière, réunissant les Quatre, Angleterre, Autriche, Prusse et Russie. (L’ouverture du Congrès avait en fait été prévue pour le 1er août, mais elle sera retardée au 1er novembre). Il est décidé que trois Comités vont s’occuper: des intérêts communs et de la politique étrangère en Europe (la France et l’Espagne vont être invitées); des affaires allemandes (en font partie Autriche, Prusse, Hanovre, Bavière, Württemberg); enfin des affaires suisses.

Mercredi 21 septembre 1814

L’empereur François est décoré de l’Ordre de la Jarretière.

Jeudi 22 septembre 1814. 

Dans la journée, les quatre ministres signent un premier protocole. 

Le soir, dîner chez la princesse Wilhelmine von Sagan.

Arrivée à Vienne des rois de Württemberg (Frédéric Ier) et du Danemark (Frédéric VI).

Vendredi 23 septembre 1814

Talleyrand et sa suite, qui sont partis de Paris le 16 septembre (c’est le marquis de Jaucourt qui assure l’intérim du ministère), pénètrent dans la cour du palais Kaunitz, dans la Johannesgasse. L’intérieur du palais est en piteux état. La literie, les tapis, les rideaux, tout est la proie des mites et doit être changé.

Samedi 24 septembre 1814

Arrivée du prince héritier de Würtemberg, du prince Guillaume de Prusse

Dimanche 25 septembre 1814. 

Arrivée d'Alexandre
Arrivée d’Alexandre

Très tôt, une canonnade réveille les viennois. Elle annonce que le tsar et sa suite vient de …. quitter la ville de Nikolsbourg et sera à Vienne dans les heures qui suivent ! 

L’empereur François, accompagné de son frère, l’archiduc Joseph, accueille, au pont de Thabor, le tsar Alexandre et le roi de Prusse Frédéric Guillaume III

Au pont de Thabor
Au pont de Thabor

L’endroit choisi est une maison d’hôte près d’une chapelle. Elle s’appellera plus tard : “Aux Trois Alliés”

Il les accompagne jusqu’à la Hofburg. La princesse Katharina, sœur du tsar, a quitté ce dernier pour rejoindre, incognito, Vienne. La tsarine, quant à elle, rend visite à des parents à Baden, et ne se rendra à Vienne que quelques jours plus tard.

A cheval, les trois souverains se rendent par le Prater jusqu’à la Hofburg, entre une haie de soldats. Les cloches des églises sonnent à toute volée, des orchestres jouent sur leur passage, des milliers de badauds assistent au spectacle.

Le soir, tous les souverains (François I d’Autriche, Alexandre I de Russie, Frédérique VI de Danemark, Frédérique I de Württemberg, Frédérique Guillaume de Prusse – seul manque à l’appel le roi de Bavière, Maximilien I Joseph, qui ne va arriver à Vienne que le lendemain) se retrouvent pour un dîner à la Hofburg.

Mardi 27 septembre. 

Arrivée à Vienne du roi de Bavière (Maximilien Ier Joseph), mais aussi du peintre Jean-Baptiste Isabey

Jeudi 29 septembre 1814.

Arrivée d’Eugène de Beauharnais. Le soir, feu d’artifice au Prater.

Vendredi 30 septembre 1814

François I offre un réception de gala à la Hofburg (salle des cérémonies).

Samedi 1er octobre 1814

Réception chez la princesse Bagration, à laquelle participe le tsar, après la représentation de gala au Burgtheater, à laquelle il a assisté.

Dans la journée, Talleyrand a envoyé un Mémorandum aux Quatres

Dimanche 2 octobre 1814

Arrivée du Grand-duc de Baden, du comte Löwenhielm (Suéde), du comte Capodistria (Russie)

Messe en plein air, sur le glacis, précédée d’un défilé de l’infanterie et de la cavalerie, qui se forment en carré autour de l’autel.

Le soir, première “Redoute” à la Hofburg : il s’agit d’un bal masqué, en costumes et dominos. 12 000 personnes se pressent dans les salons. 3 000 cuillères à thé d’argent, aux armes impériales, vont disparaître !

Lundi 3 octobre 1814

Dîner chez le prince Razumowsky en l’honneur du tsar et premier “lundi” des Metternich, à la Chancellerie d’État.

Mardi 4 octobre 1814.

Manœuvres d’artillerie à Simmering.

Mercredi 5 octobre 1814.

Talleyrand et Hardenberg ont leur célèbre altercation sur “le droit des peuples”

Chasse à Auhof.

Dîner cher Alfred Windisch-Gratz. Sont invités : Talleyrand, Gentz, Wilhelmine et Dorothée von Courlande, Wenzel Liechtenstein. Talleyrand informera Louis XVII d’une “longue et sérieuse conversation”, conduite par Gentz après le repas.

Jeudi 6 octobre 1814

Arrivée de Lord Stewart (Angleterre) – Fête populaire dans les jardins d’Augarten

Vendredi 7 octobre 1814.

Arrivée de Marie-Louise, qui va loger au château de Schönbrunn.

Samedi 8 octobre 1814.

Après 10 jours de séances de travail, le Congrès s’ajourne jusqu’au… 1er novembre.

Dimanche 9 octobre 1814

Arrivée du Grand-duc Constantin.

Messe et parade militaire. Chasse à Laxenburg.

Bal masqué offert par le couple impérial à la Hofburg, dans la Manège d’hiver, transformé pour la circonstance en palais de glaces, faites de cristal et d’argent. Les dames sont en blanc ou rose, les hommes en uniforme ou en frac noir et bleu.

Lundi 10 octobre 1814

L’archiduc Charles fait visiter le champ de bataille d’Aspern au tsar Alexandre et au roi Frédérique Guillaume III de Prusse.

Les souverains assistent à une représentation de l’opéra “Moses”, au Theater an der Wien.

Souper de 250 couverts à la Chancellerie d’État, continué par une soirée dansante.

Mardi 11 octobre 1814

Les souverains sont à Schönbrunn, le soir ils assistent à une représentation de l’opéra “Johann von Paris”, puis soupent à l’Orangerie.

Mercredi 12 octobre 1814

Arrivée de Vincent de Salis-Sils, président de la Suisse, et de Sir Sidney Smith (Angleterre)

Chasse à Laxenburg et bal dans la salle Apollon.

Jeudi 13 octobre 1814

Bal à la Hofburg

Dimanche 16 octobre 1814

Représentation de l’opéra “Samson”, de Haendel, au Manège d’Hiver.

Mardi 18 octobre 1814

Grande parade militaire au Prater, pour célébrer l’anniversaire de la bataille de Leipzig.

Fête pour l'anniversaire de Leipzig
Fête pour l’anniversaire de Leipzig

Ce fut l’une des plus grandes fêtes du Congrès, organisée, dans l’esprit de l’empereur François, à remercier les soldats. Dès le matin, par un temps radieux, les spectateurs se sont pressés dans le Prater. Lorsque les monarques, l’empereur François Ier d’Autriche, le tsar Alexandre Ier de Russie et le roi François-Guillaume III de Prusse, apparaissent, les troupes forment un double carré, au centre duquel une tente est dressée. Une messe solennelle est dite. Les souverains prennent ensuite place non loin de la Lusthaus, et assistent à la parade militaire.

Repas à la Lusthaus
Repas à la Lusthaus

Sur longues tables, autour de la Lusthaus et dans la prairie de Simmering, un repas , préparé sur place dans des cuisines roulantes, est servi à la garnison de Vienne. Le lieu de la fête est entouré, par sécurité, de filets de pêcheurs. Une immense pyramide, faite d’armes et de drapeaux, a également été érigée.

Cet évènement fut largement commenté et illustré et un grand nombre de tableaux et dessins traitant le sujet fut offert aux acheteurs (voir: le Congrès en images).

L'empire honore ses guerriers
L’empire honore ses guerriers

Le soir, bal chez les Metternich

 

Mercredi 19 octobre 1814

Le tsar Alexandre déjeune chez le prince Rasumovsky.

Jeudi 20 octobre 1814

Le baron von Gagern invite la délégation anglaise à Laxenburg et Baden.

Chasse au Prater – Bal donné par la mairie de Vienne, à la Mehlgrube (célèbre salle de bal)

Soirée privée en l’honneur des souverains russes, chez le comte Stackelberg.

Samedi 22 octobre 1814

Bal chez le comte Zichy

Dimanche 23 octobre 1814

Bal à la Cour – Redoute – Bal chez Schönborn.

Lundi 24 octobre 1814

Brouille entre Metternich et le tsar Alexandre.

Début du voyage de l’empereur François, du tsar Alexandre et du roi Frédérique Guillaume, à Budapest (jusqu’au 27)

Mercredi 26 octobre 1814

Bal chez Stackelberg

Dimanche 30 octobre 1814

Séance d’ouverture des Dix-Huit. Séance des Huit. Vérification des pouvoirs.

Concert de 20 pianistes. Bal chez Metternich.

Lundi 31 octobre 1814

Séance de travail des “Six” (La France et l’Espagne ont été conviées à se joindre aux discussions), le prince Metternich est élu président du Congrès, sur proposition de Talleyrand et avec l’accord de l’empereur François.

Le soir, bal en l’honneur des souverains, chez le prince Rasumowsky

Mardi 1 novembre 1814. 

Ouverture solennelle du Congrès.

Le soir, réédition du concert du 30.

Mercredi 2 novembre 1814

Arrivée du comte de Noailles.

Jeudi 3 novembre 1814

Le tsar Alexandre est malade. Le soir, bal à la Cour

Dimanche 6 novembre 1814

Le soir, concert de la guitariste prodige Franziska Bolzmann (9 ans)

Mardi 8 novembre 1814

Bal masqué chez les Metternich, auquel participent 1500 invités. C’est ce soir là que lady Castelreagh porte dans sa coiffure l’Ordre de la Jarretelle de son mari ! La soirée, l’une des plus belles du Congrès, ne se termine qu’à l’aube.

Jeudi 10 novembre 1814

Chasse dans le parc de Lainz. Grande Redoute au Manège d’hiver.

Lundi 14 novembre 1814.

Bal à la Cour.

Jeudi 17 novembre 1814

Bal donnée par la municipalité de Vienne, à la Mehlgrube, au cours duquel le tsar Alexandre a un malaise.

Dimanche 20 novembre 1814

Envol de Montgolfières au Prater.

Mercredi 23 novembre 1814

Le carrousel impérial
Le carrousel impérial

Carrousel impérial, à l’École Impériale d’Équitation (Hofreitschule). Après de longs préparatifs, cet évènement, qui met en jeu des moyens considérables, prend place dans le Manège d’hiver. Le clou de la fête est un combat simulé, dont les règles, cependant, interdisent les blessures. Pour cette occasion, l’archiduc Rodolphe avait commandé à Ludwig van Beethoven, une musique, qui a disparu, sans laisser d’autre trace que cette lettre:

“Je vois que Votre Altesse Impériale veut encore faire essayer les effets de ma musique même sur les chevaux. Soit, voyons si de la sorte les cavaliers pourront faire quelques culbutes adroites. Ha ! Ha! je ris de la façon qu’a Votre Altesse Impériale de penser à moi, même en cette occasion. Aussi serai-je ma vie durant, votre serviteur empressé.

P.S. La musique de cheval demandée arrivera au plus grand galop chez Votre Altesse Impériale”

Ce Carrousel sera répété trois fois.

Le carrousel impérial
Le carrousel impérial

A l’issue de ce Carrousel, bal masqué.

Jeudi 24 novembre 1814

Bal costumé dans le palais Augarten.

Samedi 26 novembre 1814

Bal chez les Zichy.

Dimanche 27 novembre 1814

Souper des monarques à la Cour.

Mardi 29 novembre 1814

Ludwig van Beethoven
Ludwig van Beethoven

Dans la salle des Redoutes, devant tous les monarques présents à Vienne et six mille spectateurs (!) Ludwig van Beethoven dirige un concert de ses oeuvres. Au programme, la Septième Symphonie, la Bataille de Wellington à Vittoria Wellington à Vittoria (Antoine Salieri dirige la canonnade, Johann Nepomuk Hummel les percussions, tandis que le jeune Meyerbeer s’occupe de la machine à faire le tonnerre !) ainsi que, en première audition, la cantate Der glorreiche Augenblick (le glorieux moment). Cette oeuvre vaudra au musicien, à la fin de la même année, le titre de “bourgeois honoraire de la ville de Vienne”. Le concert est un triomphe, même si la symphonie de Beethoven n’a pas fait grande impression, et est répété le 2 décembre.

Samedi 3 décembre 1814

Metternich souffrant

Mardi 6 décembre 1814

Bal chez le prince Rasumovsky

Jeudi 8 décembre 1814

Célèbre sermon, en l’église de Fransiskaner, par le père Zacharias Werner.

Le soir, souper chez le tsar Alexandre.

Vendredi 9 décembre 1814

Première représentation de théâtre amateur, en français, organisée sous la direction du peintre Isabey et de l’architecte Moreau (“Le pacha de Suresnes”). Vont suivre une série de “tableaux vivants”, d’après des tableaux de maîtres alors exposés à Vienne, comme L’entrée à Gand de l’empereur Maximilien et de son épouse, d’Anton Petter. (Nouvelle représentation le 21 décembre)

Dimanche 11 décembre 1814

Concert Louis Spohr, dans la petite Redoutensaal.

Mardi 13 décembre 1814.

Le prince de Ligne
Le prince de Ligne

Le prince de Ligne s’éteint. Originaire d’une célèbre famille noble de Belgique, Charles-Joseph prince de Ligne était né en 1735, à Bruxelles. Il entre au service de l’Autriche en 1755, accompli, en qualité d’officier, de vaillantes campagnes  durant les guerres de cette période. Entré en diplomatie, sa sympathie pour les rebelles belges lui en ferme la porte.  Lors de l’annexion par la France en 1792, ses biens sont confisqués. Il va alors vivre assez pauvrement, ne s’occupant plus que d’art et de science. Il correspond alors avec Rousseau, Voltaire, Goethe, Frédérique II et la tsarine Catherine II. Cette dernière, pour améliorer sa situation, le fait feld-maréchal russe et lui fait cadeau d’une terre en Crimée. Le crépuscule de sa vie se déroule au moment du Congrès, dont il devient le “maître des plaisirs”. “C’est une chose étrange qu’on voit ici, pour la première fois, le plaisir conquiert la paix” fois, le plaisir conquiert la paix” dit-il à son ami Talleyrand. Il était surnommé “le prince rose – der rosarote Prinz”, en raison de son amour pour cette couleur: ses calèches, sa livrée, son papier à lettres et sa maison de la Mölker Bastei, à Vienne, étaient en rose ! Auteur du célèbre “Le congrès danse beaucoup, mais il ne marche pas” (Der Kongreß tanzt viel, aber er geht nicht weiter) le feldmarshal meurt dans sa 79ème année, après avoir dit “il manque encore une chose au Congrès: l’enterrement d’un feld-maréchal – je vais m’en occuper”.

Ses obsèques sont accompagnées par des milliers de viennois.

Dimanche 18 décembre 1814

Souper des monarques à la Cour.

Mardi 20 décembre 1814

Concert à la Cour

Vendredi 23 décembre 1814

Concert à la Cour

Samedi 24 décembre 1814

35e anniversaire du tsar Alexandre Ier : messe solennelle (orthodoxe), banquet et concert de gala à la Hofburg, célèbrent l’évènement. L’empereur François revêt, pour cette occasion, un uniforme d’officier russe.

Dimanche 25 décembre 1814

Concert Beethoven et, le soir, bal “intime” à la Hofburg.

Lundi 26 décembre 1814

Départ du roi de Wurtemberg, Frédérique Ier

Mardi 27 décembre 1814

Metternich est élu président du Congrès.

Jeudi 29 décembre 1814

Réunion des Quatres.

Pique-nique au palais Augarten.

Vendredi 30 décembre 1814

Bal chez le prince Razumowsky.

Samedi 31 décembre 1814. 

Grande fête de Saint-Sylvestre chez les Zichy.

Un incendie éclate, juste avant un bal que le tsar Alexandre voulait offrir aux délégations diplomatiques présentes au Congrès, dans le palais du prince Rasumofsky, ambassadeur de Russie, détruisant tous les bâtiments ainsi que les collections. François se rend à cheval sur les lieux du sinistre. Il apprend que le système de chauffage, ultra moderne, est sans doute à l’origine du désastre. “Voilà où mène le modernisme” dit-il, en gage de consolation !

Dimanche 1 janvier 1815

Ludwig van Beethoven dirige, devant les invités du Congrès, un orchestre de 1000 musiciens.

Réception et bal à la Hofburg. C’est l’impératrice qui reçoit les invités, car l’empereur François est souffrant. Le prince Schwarzenberg le remplacera pour l’ouverture du bal.

Lundi 2 janvier 1815.

Ludwig van Beethoven, décidément très actif, donne son dernier récital de pianiste, devant un parterre d’empereurs et de rois.

Mardi 3 janvier 1815

Signature, entre l’Angleterre, l’Autriche et la France, du traité secret de défense, dirigé contre la Prusse et la Russie.

Lundi 9 janvier 1815

Fête costumée chez les Metternich (renouvelée le 23 janvier suivant). Le tsar Alexandre n’y assiste pas, malgré l’invitation.

Mercredi 18 janvier 1815

A l’occasion  de l’anniversaire de la reine d’Angleterre, bal chez les Stewart

Samedi 21 janvier 1815

Dans la cathédrale Saint-Étienne, devant l’ensemble des participants au Congrès, cérémonie à la mémoire de Louis XVI. Isabey et Moreau ont dessiné le catafalque, érigé au centre de la nef, et flanqué de statues de plâtre représentant la France, l’Europe, la Religion et l’Espoir.

C’est l’évêque de Vienne, Sigismond Anton Hohenwarth qui officie. Sigismond von Neukomm, élève de Joseph Haydn, et maître de chapelle de Talleyrand (qui a eu l’idée de cette célébration),  a composé un requiem; le testament du roi décapité est lu par le curé français de l’église Sainte-Anne, qui prononce également le sermon.

Après la cérémonie, réception au palais Kaunitz, avec banquet. Le soir, plusieurs centaines d’invités participent au “Cercle”. Les Zichy donnent un bal.

Dimanche 22 janvier 1815. 

Sortie en luges
Sortie en luges

Sortie en luge pour les congressistes.

Cette sortie avait été préparée de longue date par la Cour, mais avait du être plusieurs fois reportée en raison du mauvais temps. Un magnifique cortège, composé de 35 traîneaux de bois et d’or, aux banquettes de velours rouge à pompons dorés, escortés militairement, quitte, d’abord à petite allure, la Josefplatz, traversant la ville, pour ensuite prendre le galop en direction de Schönbrunn, où les attends un grand bal. Une fanfare ouvre la marche, le cortège est mené par le prince Trauttmanndorf, maître de cérémonie. Puis viennent l’empereur accompagnée de la tsarine, le tsar et la princesse Auersperg, le roi du Danemark et la grande duchesse de Weimar, le roi de Prusse et la comtesse Julie Zichy. La tsarine et les sœurs du tsar sont habillées d’hermine, de hautes toques de fourrure et portent des broches en brillants. Les hommes sont bien sûr en uniforme. Les chevaux, la tête ornée de plumes d’autruche, sont protégés du froid par des peaux de tigre

Une luge d'apparat
Une luge d’apparat

Ce cortège doit montrer la richesse de l’empire. Le spectacle attire certes de nombreux badaux, qui s’étaient déjà pressés, depuis le matin, pour admirer les luges. Mais des voix aussi s’élèvent, pour fustiger la dépense. L’impôt sur le revenu vient, le 1 janvier, d’être augmenté de 50%. Alors les viennois, toujours prêts à la boutade, appellent ces traîneaux, les “cinquante pour cent”

Le soir, à Schönbrunn, représentation de l’opéra “Aschenbrödel”

Mercredi 25 janvier 1815

Souper des Monarques à la Cour, à l’occasion de l’anniversaire de l’impératrice de Russie, suivi d’un concert de gala dans la salle des cérémonies.

Samedi 28 janvier 1815.

Bal à la Cour et réception chez les Palffy, à Hernals

Lundi 30 janvier 1815

Rappel de Lord Castelreagh

Mardi 31 janvier 1815

Départ de la reine de Bavière et de sa suite.

Mercredi 1er février 1815

Banquet de soixante couverts chez Talleyrand, en l’honneur de l’arrivée du duc de Wellington, qui va remplacer Castlereagh, jusqu’à la fin du Congrès

Jeudi 2 février 1815

Grande redoute et bal chez le prince de Schwarzenberg.

Dimanche 5 février 1815

Dîner chez Metternich en l’honneur du duc de Wellington, suivi d’une réception.

Mardi 7 février 1815

Bal chez les Metternich, pour la fin du Carnaval. Tous les participants, quel que soit leur rang, sont costumés et masqués.

Mercredi 8 février 1815

Déclaration commune sur l’abolition de l’esclavage.

Mercredi 15 février 1815

Départ de Lord Castelreagh

Dimanche 26 février 1815

Talleyrand fait un voyage à Presbourg (le même jour : Napoléon s’enfuit de l’île d’Elbe)

Mercredi 1er mars 1815:

Messe anniversaire de la mort de Leopold II

Samedi 4 mars 1815.

La Cour se rend au Prater et à Augarten, pour y entendre l’opéra “Agnès Sorel”

Dimanche 5 mars 1815

Représentation de l’opéra “Le Christ au Mont des Oliviers” de Ludwig van Beethoven.

Mardi 7 mars 1815

Le Congrès apprend le retour de Napoléon de l’île d’Elbe.

Dans la nuit précédente, les discussions s’étaient prolongées jusqu’à 3 heures du matin, et Metternich avait interdit qu’on le réveille. Pourtant, vers 6 heures, un serviteur viole la consigne. Il est porteur d’un message du consul d’Autriche à Vienne. Metternich met de coté la lettre, tente de se rendormir, finit par l’ouvrir. Elle rapporte qu’un navire anglais était entré dans le port de Gênes; sa mission était de savoir où se trouvait Napoléon, qui avait quitté Elbe.

“Nous étions à un bal chez Metternich, lorsqu’on nous apprit le débarquement de Napoléon à Cannes et ses premiers succès.(..) Ce fut comme si des milliers de bougies s’éteignaient soudainement… les valseurs s’interrompirent; l’orchestre  jouait dans le vide…” (de la Garde)

Pour le Congrès, le retour de Napoléon, et son rétablissement sur le trône de France sont intolérables: il est proscrit, dans une proclamation que l’empereur François a atténué, jugeant les termes proposés par Talleyrand trop brutaux.

Le soir même, représentation théâtrale à la Hofburg. On joue une pièce en un acte de Kotzebue “Die alten Liebschaften”, avec Dorothée von Courlande, Marie Metternich, Selina Meade, Ilora Wrbna et Gabriel Auesperg. C’est au moment où le rideau doit s’ouvrir que la nouvelle de l’évasion, jusqu’ici gardée secrète, se répand dans le public. 

(En France, Napoléon vient d’entrer dans Grenoble)

Mercredi 8 mars 1815 – Dimanche 12 mars 1815 

Talleyrand, Metternich et Wellington font un voyage à Pressbourg

Jeudi 9 mars 1815

Départ de l’impératrice de Russie pour Karlsruhe

Lundi 13 mars 1815

Napoléon déclaré hors la loi

Jeudi 16 mars 1815

Départ du président de la Suisse. Salis-Sils

Vendredi 17 mars 1815

Réunion des chefs militaires chez le duc de Wellington.

Samedi 18 mars 1815

Représentation de théâtre français.

Dimanche 19 mars 1815 (dimanche des Rameaux)

Dîner chez Wilhelmine von Sagan, auquel participe Talleyrand, Metternich, Wellington, Gentz, Louis Rohan et les secrétaires des ambassades anglaises et françaises.

Samedi 25 mars 1815

Départ du prince Guillaume de Prusse

Révision du traité de Chaumont.

Lundi 27 mars 1815

Signature du traité d’alliance

Redoute à la Hofburg, à laquelle participe tous les souverains.

Mardi 28 mars 1815

Le télégraphe sémaphore apporte la nouvelle de l’arrivée de Napoléon à Paris.

La France adhère au traité de Chaumont

Le soir, réception chez Wilhelmine von Sagan pour le départ du duc de Wellington. Il partira le lendemain pour les Pays-Bas, afin de prendre le commandement suprême des forces alliées.

Mercredi 29 mars 1815

Départ de Wellington pour les Pays-Bas – Départ de Sir Sidney Smith

Jeudi 30 mars 1815

Proclamation de Murat sur l’unité italienne.

Lundi 3, mardi 4, mercredi 5 avril 1815

Réunions des Cinq

Vendredi 7 avril 1815

Départ du roi de Bavière, du prince héritier de Württemberg, d’Eugène de Beauharnais.

Samedi 8 avril 1815

Départ du prince héritier de Bavière

Lundi 10 avril 1815

Réunion des Cinq, qui examinent les demandes territoriales de l’Autriche.

Jeudi 20 avril 1815

Réunion des Cinq

Le soir représentation de l’oratorio “Le Messie” de Haendel (nouvelle représentation le 23)

Dimanche 23 avril 1815

Départ du comte de Noailles.

Lundi 24 avril 1815

Départ du prince de Wrède

Jeudi 27 avril 1815

Départ de l’archiduc Jean pour l’Italie.

Dimanche 30 avril 1815

Réunion des Cinq, au cours de laquelle sont discutés les subsides anglais.

Samedi 12 mai 1815

Le Congrès déchoit Napoléon de sa couronne.

Mercredi 16 mai 1815

Départ du roi de Danemark et de sa suite

Mercredi 23 mai 1815

Metternich chargé de la rédaction de l’Acte final du Congrès.

Samedi 26 mai 1815

Alexandre I et Frédérique-Guillaume III quittent Vienne. Le roi de Prusse se dirige sur Berlin, le tsar rejoint le quartier général des alliés à Heilbronn.

Dimanche 27 mai 1815

Départ de François I et de son épouse Maria-Ludovica, pour Heilbronn.

Approbation de l’Acte final

Lundi 28 mai 1815

Départ de la duchesse Katharina d’Oldenbourg (la sœur du tsar), du duc de Saxe-Weimar, du baron von Stein.

Vendredi 8 juin 1815

Le Congrès adopte la fondation de la Confédération Germanique.

Départ du comte Nesselrode

Samedi 9 juin 1815

Lecture, dans la grande salle des cérémonies de la Hofburg, du document final, devant tous les participants, pour la seule fois réunis dans leur ensemble. La réception qui suit est présidée par Metternich, au nom de l’empereur François I

L’acte final du Congrès est signé, sur le document original, par les ministres respectifs . C’est la fin officielle du Congrès.

Dimanche 10 juin 1815

Départ de Talleyrand, d’Hardenberg

Lundi 11 juin 1815

Fin officielle du Congrès.

Départ de Lord Stewart

Mardi 12 juin 1815

Départ de Metternich, qui rejoint, le lendemain 13, le quartier-général impérial, à Heidelberg. C’est là que va lui parvenir la nouvelle de Waterloo, le 18 juin 1815