30-31 juillet 1812 – La bataille de Gorodetschna

Forces russes à Gorodetschna

1)Stephen Herold, M.A. Ph.C. -Traduction : Robert Ouvrard

Les forces russes comprennent la troisième armée du général de cavalerie Tormasov, moins les groupes détachés Czaplitz, Malissino et du prince Khovanski. Au vu des forces numériquement supérieures des corps autrichiens de Schwarzenberg et du VIIe corps de Reynier, Tormasov rassemble, à Gorodetschna,  les corps de Markov, de Kamenski et de Lamber, un total de 18.000 hommes.

Corps KamenskiMajor-General PrinceTtcherbatov Infanterie Vlaniminski
Infanterie Tambovski
Infanterie Dneprovski
Infanterie Kostromski
28e fusiliers
Dragons Starodoubovski
Dragons Taganrogski
Dragons Tverski
12 canons
Corps Markov Infanterie  Nachebourgski
Infanterie Vitebski
Infanterie Kozlovski
Infanterie Riajski
10e fusiliers
Hussards Pavlogradski
4 escadrons de lanciers tartares
Cosaques Kalmouck
6 canons
Comte Lambert Infanterie Kourinski
14e fusiliers
Hussards Alexandriiski
6 canons

La position russe est couverte à l’avant et vers la droite par un ruisseau et un marais difficile, et du côté gauche par une forêt dense. Le front ne peut être atteint que  par trois passages, là les chemins de terre traversent le ruisseau et le marais. La nuit du 30 juillet Schwarzenberg est avant Gorodetschna et Reynier est à Jabino, avec un total de 40.000 hommes entre eux. La position russe est tenue par le corps de Kamenski, avec de l’infanterie de ligne; le 28e fusiliers couvrant les ailes, et les dragons dans un angle du côté gauche, observant la plaine. Deux batteries de 12 pièces ouvrent un feu dense sur le passage de gauche venant de Poddoubie pour empêcher l’infanterie saxonne, qui apparaît juste, de traverser le marais.

Carl Philipp von Schwarzenberg. Artiste inconnu
Carl Philipp von Schwarzenberg. Artiste inconnu

Le 31 juillet, Schwarzenberg décide de tourner la gauche russe gauche avec le corps de Reynier et les deux brigades autrichiennes. Dans l’avant-garde se trouve un bataillon d’infanterie légère, une batterie légère d’artillerie, les chevau-légers Polentz, les lanciers prince Clemens et les hussards saxons, soutenus par la division Hohenzollern et les chevau-légers O’Reilly. Ils sont suivis, dans l’ordre, par la division Lecocq et la brigade Sahr (de la division Funck). La division autrichienne Siegenthal approche le passage venant de Poddoubie, en appui.

Tormasov a maintenant tourné le front du corps de Kamenski par la gauche, laissant les hauteurs de Poddoubie défendues seulement par l’infanterie de Vladimirski. Le corps de Kamenski fait face à la forêt, d’où Reynier a commencé de  déployer ses troupes. L’infanterie russe se met en ligne et le bataillon du 28e fusiliers se place entre l’ancienne et la nouvelle position , afin de garder le contact avec l’infanterie de Vladimirski. Une batterie de 24 pièces est installée sur la nouvelle position. Les dragons Starodoubev et Taganrog restent en arrière, échelonnés vers la gauche.

Général Jean-Louis Reynier (1771-1814)
Général Jean-Louis Reynier (1771-1814)

Le front de Reynier est sans cesse renforcé et s’étend sur sa droite avec – de droite à gauche — l’avant-garde saxonne, la division Lecocq, la brigade Lilienberg et la division Funck, qui s’appuie sur le marais. La brigade Hessen-Homburg (de la division Bianchi) et la cavalerie autrichienne sont derrière le marais autour de Poddoubie, sur la route de Tscherechevo, la division Siegenthal est à Poddoubie, la division Trautenberg et le reste de la cavalerie autrichienne se trouvant à Gorodetchna.

Tormasov donne l’ordre au corps de Markov de se déployer sur la gauche du corps de Kamenski. Les troupes du comte Lambert sont rangées plus loin vers la gauche, afin de retenir l’avance de Reynier. Lambert occupe les hauteurs devant la droite de Reynier avec le 14e fusiliers et les hussards Alexandriiski, tandis que l’infanterie de Kourinski retourne à Markov. Entre Markov (formé sur deux lignes) et Lambert sont placés 4 escadrons des Lanciers Tartares et les Cosaques Kalmouck. Sur la gauche de Lambert se trouvent les hussards Pavlogradski. Cela permet de défendre la route venant de Gorodetschna, contre Trautenberg, rien qu’avec l’infanterie de Riajski, les dragons Tverski et une seule batterie.

On remarque ici la prudence naturelle des généraux autrichiens et, le résultat de l’accord  visant à éviter les combats entre les Autrichiens et le Russes. Tormasov n’aurait jamais du pouvoir désengager un corps entier, le faire marcher  devant le front ennemi (même en étant protégé par un marais) et se reformer tranquillement sur un nouveau flanc. Lorsque Masséna avait fait cela à Wagram, cela avait été considéré comme  un exploit magistral d’un grand général. L’objectif de l’attaque, comme le fait Schwarzenberg avec la division Trautenberg, est de détacher autant de troupes ennemies que possibles, avec des attaques répêtees. Au contraire, deux divisions autrichiennes entières sont    chacune par un seul régiment russe. Ce qui permet à Tormasov d’utiliser ses forces inférieures avec la meilleure efficacité.

Les chevau-légers Hohenzollern et Polenz Chevau-légers, essayant de tourner la gauche de Lambert, sont attaqués de front par les hussards Pavlov et sur leur flanc et l’arrière par les hussards Alexandre et repoussés. Contre la droite de la ligne russe, Reynier envoie la division Funck, formée en colonnes et soutenu par deux batteries de 6 canons,  par l’artillerie de Lecocq et par une batterie de pièces autrichiennes, qui est à Poddoubie. L’attaque est repoussée et le 2e régiment saxon infanterie légère est forcé, par les dragons russes, de former le carré. Le soir, la division Funck lancera encore une attaque, emmenée par le régiment autrichien d’infanterie d’Alvinzy de la brigade Lilienberg et l’infanterie légère de la livision Lecocq. 

Pendant ce temps, un bataillon du régiment Colorado-Mansfeld de la brigade Hessen-Homburg, n’a pu traverser le marais de Poddoubie à l’appui de l’attaque. L’autre bataillon de ce régiment a été attaché à la division Funck et a, pendant un moment, tenu les hauteurs de Poddoubie, mais a, un moment plus tard, été repoussé, lorsque Tormasov a envoyé l’infanterie Nachebourg, Viotebs et Kozlov et 4 escadrons des lanciers Tatares. Au même moment, le 10e fusiliers attaque l’arrière de la colonne de Saxons, qui elle-même attaque l’aile gauche de Markov. L’infanterie Riajs couvrant avec succès le passage de Gorodetschna, résiste à toutes les tentatives d’attaque menées par la division Trautenberg, à travers le marais, tout au long de la journée.

Les Russes ont maintenant du mal à maintenir tous leurs fronts contre des forces supérieures. Bien que repoussant toutes les attaques par des contre-attaques vigoureuses, l’armée russe sent bien la pression constante des attaques concentriques par Schwarzenberg et Reynier. Se rendant compte que la situation est dangereuse et la position intenable, Tormasov se retire sur Kobrin, dans la nuit du 31 juillet au 1er août.

Les pertes sont d’environ 4.000 hommes pour les Russes et 5.000 pour les austro-saxons. Cette une bataille a représenté environ 60% de toutes les pertes autrichiennes durant la campagne 1812, reflétant la nature intense du conflit et à quel point les Autrichiens et les Russes se sont évités la plus part du temps. Napoléon fut suffisamment impressionné par la manière avec laquelle Schwarzenberg avait conduit cette bataille, que celui-ci, à la demande de Napoléon, fut promu Feld-Marshall par l’empereur François.

De source russe.


 

References   [ + ]

1. Stephen Herold, M.A. Ph.C. -Traduction : Robert Ouvrard