2 avril 1801 – La Bataille de Copenhague

La bataille de Copenhague
La bataille de Copenhague
La bataille de Copenhague

La Grande-Bretagne n’était pas normalement présente dans la mer Baltique, lorsque, en 1800, le tsar Paul ressuscite la Ligue de Neutralité Armée.  Celle-ci comprend, en plus de la Russie, la Suède, le Danemark et la Prusse qui s’unissent contre la Grande-Bretagne à cause de sa politique de “stop et recherche”, destinée à empêcher commerce avec la France.  Le Tsar Paul détenant des vaisseaux de commerce britanniques dans des ports russes; les anglais pensent qu’une attaque sur le Danemark rompra la Ligue.  Le Danemark est plus proche de la Grande-Bretagne et donc plus facile à attaquer.  Il est donc décidé qu’une flotte prendra voile pour la Baltique, sous le commandement de l’amiral Sir Hyde Parker, avec Lord Nelson comme commandant en second.

L’expédition quitte Yarmouth le 12 mars, ayant embarqué le 49ème Régiment, deux compagnies de fusiliers et un détachement d’artillerie sous le Colonel Stewart. Nicholas Vansittart a été envoyé en avance de la flotte, pour essayer de persuader les Danois d’adopter une politique plus amicale envers la Grande-Bretagne. 

La flotte s’approche du Cattegat; jetant l’ancre, attendant de voir ce que la diplomatie pourra réaliser. Les Danois auraient sans doute entendu raison si l’envoyé anglais était apparu avec la flotte anglaise derrière lui. Mais cette dernière était hors de vue.  Si Copenhague devait être attaqué l’approche pouvait être faite de plusieurs façons. Un conseil de guerre est tenu, à la fin duquel Nelson dira : ‘ je me f… par quel passage nous irons, pourvu que nous nous battions avec eux. ‘ Il tenait en effet beaucoup à finir l’affaire avant que les Russes ne puissent arriver.

L'amiral Horatio Nelson
L’amiral Horatio Nelson

A un nouveau Conseil de Guerre, le 31 mars, il a offert d’annihiler les Danois avec dix vaisseaux de la ligne. Après quelque hésitation, Hyde accepte l’offre de Nelson, mais lui donne deux vaisseaux de 50, ainsi que quelques frégates et d’autres navires, y compris des ketchs armés de canons et fireships, au total vingt-quatre navires.  Sir Hyde Parker garde huit vaisseaux en réserve, apparemment pour se prémunir d’une apparition possible des russes ou des suédois. 

Le port, l’arsenal et les docks de Copenhague s’approvisionnent dans la ville même de Copenhague, dont l’entrée est gardée par la formidable batterie Trekroner. Il y a d’autres batteries le long du rivage vers le sud et la flotte Danoise a été amenée sur les hauts finds devant la ville. Il s’agit de deux ponts, réunis par des barges et d’autres batteries improvisées. 

Comme à la bataille du Nil, Nelson doit faire face à une flotte ennemie à l’ancre, mais cette fois il est en infériorité numérique. De plus, les Danois vont  défendre leur position, être renforcés par le rivage, de plus en plus d’hommes venant remplacer les blessés.  Toutefois, la flotte ennemie étant à l’ancre, cela permet à une flotte attaquante de se concentrer sur une partie de la ligne de l’ennemi, laissant certains de ses vaisseaux sans adversaire. Nelson décide de naviguer devant de Copenhague par la ******* et d’attaquer ensuite par le sud, l’extrémité la plus faible de la ligne danoise.

Son escadre est en position  le 1 avril et la bataille a lieu le jour suivant. Ironie du sort, le tsar Paul Ier a été assassiné le 25 mars; son successeur Alexandre Ier adopte une politique étrangère différente et l’Alliance du Nord commence bientôt  à se désagréger avant que la bataille n’ait eu lieu. 

Le 2 avril l’escadre anglaise se lance à l’attaque. C’est un désastre immédiat, le Bellona et le Russel s’échouant et l’Agamemnon ne réussissant pas à gagner sa position. Nelson engage les vaisseaux restants dans la bataille et se trouve bientôt engagé avec les vaisseaux danois et les batteries flottantes. Après trois heures de canonnade de chaque côté la bataille était toujours indécise. Voyant cela et trouvant que les vaisseaux qu’il a envoyé pour renforcer Nelson progressent lentement contre le vent, Parker envoie le signal : “cesser le combat” à l’ensemble de la flotte.

Chaque bateau doit obéir au signal sans attendre qu’il soit répété du vaisseau amiral de Nelson, l’Éléphant. Pour les bateaux, obéir au signal auraient été un suicide : placé en face de leurs adversaires, ils ne pouvaient pas se retirer sans que l’on n’ait fait taire le feu de l’ennemi.

Le retrait signifiait cesser le feu et envoyer les hommes pour mettre à la voile, présentant chaque bateau au feu de l’ennemi et à un feu d’enfilade, qui aurait redoublé quand les Danois auraient vu la retraite anglaise. Cela aurait impliqué des dommages et des dégâts épouvantables,  et aurait permis aux danois de revendiquer une victoire, détruisant  le prestige anglais en Europe du Nord. 

A ce moment de la bataille (c’est du moins ce que l’on raconte), Nelson met son télescope à son oeil aveugle, disant ‘ je ne vois pas vraiment le signal! ‘ Il maintient son propre signal pour une action plus rapprochée et tous les vaisseaux de la ligne lui obéissent, ignorant le Commandant en chef.  Il est alors 12 h30, et la canonnade continue pendant encore une heure ou à peu près.

Il est alors clair que les anglais ont gagné la bataille, de plus en plus de vaisseaux danois cessant le feu ou se rendant. Vers 14 h 00, le bombardement diminue et Nelson envoie un drapeau blanc, suggérant que les hostilités doivent cesser. C’est le seul moyen de sauver les vies des nombreux danois à bord des batteries flottantes. Le feu cesse, et, à 15 h 15, le vaisseau amiral de Nelson hisse la flamme de cessez-le-feu. La bataille était finie.

Il n’y a aucun compte rendu connu de la manière dont Sir Hyde Parker reçu Nelson après la bataille. Il aurait pu exiger une cour martiale contre Nelson pour avoir désobéi à un ordre. Il se peut que Parker fut conscient que sa propre contribution à la victoire avait été négative et potentiellement désastreuse. Son autorité, de toute m,anière, avait été affaiblie dès l’instant qu’il avait commencé de commander de l’arrière. Toutefois, l’exemple des danois, qui avaient subi des pertes très lourdes, ne fut pas perdu par d’autres adversaires potentiels. 

Les négociations eurent lieu à Copenhague et le cessez-le-feu se transforma en armistice. Les nouvelles de la mort du Tsar avait été officiellement confirmée et on disait que le nouveau tsar désirait rendre tous les vaisseaux anglais qui avaient été retenus. Peu après les ordres arrivèrent du Conseil de l’Amirauté ordonnant à Parker de remettre son commandement à Nelson et de retourner en Angleterre. Une fois à terre, il devra attendre. Parker n’aura plus d’autre commandement. 

Nelson est désormais commandant en chef dans le Baltique. Une fois le contact établi avec Alexandre Ier, Nelson fut assuré que l’embargo sur les navires marchands anglais serait levé et que des relations amicales seraient reprises entre la Russie et l’Angleterre.