1807 – La guerre des forteresses

La série de victoires rapides des Français contre la Prusse, en 1806, et les deux grandes batailles de 1807 – Eylau et Friedland – dominent la perception de ces deux campagnes, qu’il faut en réalité considérer comme un tout.

L’année 1807 est pourtant placée sous un signe complètement différent de celui généralement accepté lorsque l’on considère les deux campagnes de la Grande Armée en Prusse orientale. Les opérations militaires de loin les plus importantes, des rives de la Mer Baltique jusqu’aux régions montagneuses du Schleswig-Holstein, furent les sièges des forteresses prussiennes. Elles restent toutefois, au moins du point de vue français, dans l’ombre des glorieuses actions de l’armée de campagne sous les ordres de l’empereur Napoléon. Cette étude se consacre donc dans le détail aux opérations, parfois longues, qui couvrent le spectre total de cet « art de la guerre »

Du simple coup de main au siège en règle et à l’assaut, en passant par le blocus, tous les types d’attaque des places sont représentés durant cette campagne.

Après que, à l’automne 1806, de nombreuses forteresses du cœur de la Prusse se soient rendues aux Français, souvent sans un coup de canon, l’année suivante quelques places résistèrent jusqu’après la paix de Tilsit. La plus connue est la forteresse de Colberg, en Poméranie, que déjà les contemporains considéraient d’une façon particulière. Durant la dernière partie de la Deuxième Guerre Mondiale, elle fut montée au pinacle par la propagande : le film réalisé en 1944 par Veit Harlan, et présenté pour la première fois, en janvier 1945, dans la forteresse de Brest, est un des classiques du cinéma.

Le siège de Danzig trouve aussi dans l’historiographie française la plus grande attention. Pourtant  il faut noter que, comme d’ailleurs dans toutes les autres places de la guerre des fortifications de l’année 1807, la majorité des troupes engagées furent celles des royaumes et principautés alliées.  Bavarois, Wurtembergeois, Hessois, Saxons, Polonais, Italiens, Hollandais et Espagnols furent engagés sur ce terrain « secondaire » pour soulager les troupes françaises de l’armée principale. En 1807, la Grande Armée atteignait, pour la première fois, une dimension européenne.

Du côté prussiens, on ne trouve le plus souvent dans les places fortifiées que des unités de dépôts, les restes de régiments décimés de l’armée de campagne, ainsi que des réserves locales et des milices, ainsi que de nombreux corps francs, en partie levés a l’initiative privée.

Sur le plan uniformologique, les unités des protagonistes sont hautement intéressantes, car dans les armées de la Confédération du Rhin on trouve encore un grand nombre de ces uniformes particuliers dans leur coupe, leur couleur et leur façonnement, qui ne subiront l’influence française que l’année suivant. Chez les Prussiens, c’est l’improvisation pure qui domine. On s’empare de tout de que l’on peut trouver dans les dépôts, jusqu’aux casques moyenâgeux, aux pièces de butins et aux habits civils adaptés : de sorte que certaines unités sont considérées comme composées de « brigands » et, de ce fait, exclues du droit de la guerre.

Nous commencerons par étudier les deux grands sièges de la côte de la Baltique, puis les fortifications de la Vistule à Graudenz, les places de Silésie et finalement les fortifications de Stralsund et les combats en Silésie-Poméranie, qui durèrent jusqu’après la paix de Tilsit.

Danzig

Danzig, port et marché le plus important de la Baltique, a alors environ 60.000 habitants. Dès l’automne 1806, on s’est ici préparé à un siège.  Les faubourgs ont été rasés et occupés par des troupes, pour rendre l’approche de la ville plus difficile.

Le 18 février, Lefebvre a reçu l’ordre de se diriger sur Danzig, et, le 25, le maréchal atteint Dirschau, où il installe provisoirement  son quartier général. Comme pour tout siège, la tâche principale va incomber au génie et à l’artillerie. Napoléon ordonne donc à son meilleur général du génie, Chasseloup-Laubat et à une de ses plus habiles artilleurs, le général Lariboisière, de se rendre également à Danzig. Pour lui servir de chef d’état-major, l’empereur envoie à Lefebvre l’expérimenté général Drouet. C’est le général Kirgener qui est chargé de diriger l’attaque, mais celui-ci ne sera pas toujours en accord avec son supérieur Chasseloup-Laubat. Enfin, l’empereur envoie ses aides de camp Savary et Bertrand, pour qu’ils l’informent du développement des travaux de siège.

Comme lui-même ne se trouve pas très éloigné de Danzig et envoie les instructions les plus précises, on voit que Lefebvre n’a pas vraiment le pouvoir de décision et qu’en fait, on peut à bon droit considérer Napoléon comme le véritable commandant supérieur des troupes qui vont assiéger la ville.

Les travaux d’encerclement partiel des fortifications, commencés dès le 1er février, dureront jusqu’au 24 mai. Au début, Lefebvre dispose de 12.000 hommes, qui, peu à peu et surtout après l’arrivée des divisions saxonnes, formeront finalement un corps d’environ 26.000 hommes. [1]

Le manque de troupes, mais aussi de pièces de gros calibre, retarde au début le siège proprement dit. Pour que celui-ci soit efficace, il fallait au moins 100 canons de gros calibre, mais Napoléon n’en possédait pas, et il fallut se les procurer durant l’hiver, sur celles capturées dans les places de Silésie.

Les mauvaises routes et la distance ralenti énormément cette opération. Les canons sont amenés sur des chariots jusqu’à Thorn puis, de là, amenés par bateau sur la Vistule. Mais cette dernière opération ne pourra commencer qu’après le dégel, en mars.

Dans la place de Graudenz, que les bateaux doivent passer, les batteries sont dirigées vers la campagne, contre une éventuelle attaque. Seuls des Depressionsgeschütze ……. auraient pu, depuis le plateau haut d’environ 70 m, combattre efficacement contre les bateaux. Les batteries de la Vistule étaient trop faiblement armées pour barrer efficacement le passage à une flottille, mais là aussi le manque d’artilleur était flagrant. Une seule fois un bateau fut coulé, mais après plus de cent tirs.  Il fut également essayé de retarder le trafic des bateaux sur la Vistule en coulant des obstacles, mais, en raison surtout du manque de fiabilité de la garnison polonaise, le général de Courbiere renonça à son projet.

Napoléon fit donc assiéger les fortifications prussiennes avec des batteries lourdes prussiennes. Si Magdebourg et d’autres places n’avaient pas d’elles-mêmes ouvert leurs portes, et si les officiers prussiens  n’avaient pas signé de capitulation en rase campagne, la marche en avant de l’armée française se serait arrêtée dès la Vistule, n’ayant avec elle, comme à l’habitude, aucune pièce de gros calibre pour faire tomber les fortifications.

Les fortifications de Danzig se composaient des fortifications de la ville elle-même, du fort de l’embouchure de la Vistule et de befestigten Neufahrwasser ….., sur l’autre rive, également fortifié. Ces deux derniers points revêtaient une très grande importance, du fait de leur communication avec la mer. Les ouvrages des fortifications n’étaient pas en bon état et n’avaient été l’objet que de minimes améliorations depuis que les Prussiens en avaient pris possession en 1793.

Le gouverneur, le général von Manstein était, si l’on en croit le lieutenant von Blumen « un vieillard complètement au bout de sa vie, presque toujours malade », et Blumen pensait du commandant le général Hamberger, qu’il était « vieilli par l’âge et n’inspirait aucune confiance ».

L’émigré français de Bousmard, officier du génie, prit une part importante à la défense de la place. Il fut tué par un boulet, peu de temps avant la reddition de la place, lors de la défense des fossés sur le Bischofsberg. Comme le roi tenait beaucoup à la conservation des fortifications de la Vistule, il nomma alors, bien qu’il soit déjà âgé de 70 ans mais encore très actif, le général de cavalerie von Kalckreuth gouverneur de la place, ajoutant de sa main à cette nomination :

„Danzig est une des places les plus importantes et vous pourrez rendre à l’État, avec votre activité habituelle et votre connaissance de la guerre, les plus grands services. »

Le nouveau gouverneur arriva à Danzig, par la mer, le 11 mars 1807.

Les renforts continuaient d’arriver dans les fortifications, par la mer. La garnison fut à son maximum le 12 mars 1807, avec 15,587 hommes et 370 officiers.

On ne manque pas de nourriture, d’ailleurs la ville sera approvisionnée encore longtemps par la mer de tout ce qui lui sera nécessaire. Après la reddition de la ville, on trouvera encore des réserves impressionnantes. Le ravitaillement des assiégés fut excellent et, en conséquence, leur moral le fut aussi. Un officier prussien anonyme  rapporte que, en mars encore, le soldat recevait quotidiennement ½ livre de bœuf ou de porc, ½ « Metze » (ich glaube eine Fußnote ist hier notwendig) de pommes de terre, ½ « Metze » de pois, 1/8 de quart d’eau de vie, ¼ livre de tabac pour huit jours et 2 quarts de bière deux fois par semaine.

Les officiers recevaient le double de ces quantités, et, à la place de la bière, du vin, à la place de l’eau de vie, du rhum.

Ce n’est qu’après la bataille d’Eylau que Napoléon peut disposer de suffisamment de troupes et penser à un siège efficace, d’autant que l’artillerie lourde arrivait de plus en plus devant la place.  Depuis Osterode, plus tard depuis Finkenstein, l’empereur suit avec un grand intérêt les progrès du siège. Il comprend rapidement que la tâche primordiale est d’encercler totalement la ville par la mer, et écrit dans ce sens les 6 et 12 mars à Lefebvre.

„ J’apprends avec plaisir que vous avez encerclé Dantzig. C’est la première opération ; maintenant vous en avez encore trois à entreprendre :

Premièrement, lancer un pont sur le bras de la Vistule afin que vous puissiez avoir accès à la mer. Dans ce but j’ai donné l’ordre de vous envoyer un équipage de pont. Comme la Vistule est là large de 100 toises (environ 200 mètres), vous avez assez de matériel pour faire jeter un ou deux ponts.

La deuxième opération est de séparer le fort (Weichselmünde) de la ville, et ainsi empêcher tout trafic entre la ville et la mer.

La troisième opération est de maintenir vos communications avec Stettin afin que le parc d’artillerie puisse arriver. “

Les Français, sous le général Schramm, parviennent relativement facilement, compte tenu des circonstances, à franchir le fleuve et à s’emparer, le 20 mars, du cordon littoral, défendu par les 1.500 hommes sous les ordres du général prussien von Rouquette.  2 bataillons d’infanterie saxonne ont participé à cette opération. Le lieutenant Moritz note dans son Journal :

Le 20 mars à trois heures du matin, les bataillons Süßmilch et Maximilian, 1 bataillon français  d’infanterie légère, 2 compagnies de Polonais, une compagnie de chasseurs et de uhlans, sous le commandement du général Schramm et du colonel Braüer, se sont embarqués sur quelques canots sur la Vistule et ont débarqué sur le cordon littoral de Danzig sans aucune résistance.  Les troupes ont ensuite marché en colonnes le long de la Vistule, par les bois et par le bord de mer, pour déloger l’ennemi du cordon. Le sable léger de cette île rendit cette marche très difficile, mais les Prussiens ne firent pourtant aucune résistance, se retirant peu à peu. Une seule fois ils prirent position, pour se défendre quelque peu, mais, après avoir lancé quelques grenades et tiré quelques salves de mousquet, ils abandonnèrent de nouveau leur position, en se retirant toujours plus loin, finalement, par Heubude, jusqu’à Danzig. Notre bataillon n’eut pas à ouvrir le feu. [2]

La perte de cette position était un coup sévère pour les assiégés, car l’arrivée de renforts, et surtout la communication avec la mer, devenait encore plus difficile. Après la prise du cordon, les Français essayèrent  de couper totalement la communication avec la mer et s’installèrent dans l’île Holm, sur la rive occidentale opposée de la Vistule, de sorte que la navigation sur le fleuve devint, de jour, presque impossible.

Entre-temps, les assiégeants se sont rapprochés des fortifications proprement dites de la ville. Chasseloup-Laubat reconnaît le Hagelsberg comme l’endroit le plus approprié pour une attaque, et, après un conseil de guerre présidé par le maréchal, la nuit du 1er au 2 avril est choisie pour ouvrir les premiers boyaux sur le Zigankenberg, qui lui fait face. Le Hagelsberg et le Bischofsberg sont certes fortement défendus, mais comme ces deux hauteurs dominent la ville, leur chute entraînera nécessairement celle de l’ensemble des fortifications.

Les murs de la ville sont à cet endroit bien protégés par la Vistule, des inondations et des marais, et ne sont constitués que d’un simple mur dans le style hollandais.  Dans la nuit du 7 au 8, le premier boyau est également percé devant le Bischofsberg.

Le lieutenant saxon Moritz raconte

Quartier général de Pietzkendorf,  le 10 avril 1807

Grande Armée – Xe corps.

Le Corps est informé que le quartier général de Son Excellence le maréchal Le Fevre (sic) est à Pietzendorf. A partir d’aujourd’hui, Messieurs les Généraux y enverront leurs rapports et y feront conduire les prisonniers et les déserteurs. Le corps se compose désormais de quatre divisions.

A 1e, sous les ordres du général de division Michaud, est formée du 44e régiment d’infanterie, de la Légion du Nord,  sous les ordres des généraux de brigade Puthod et Dufour (etwas fählt hier ?) ainsi que de l’infanterie saxonne, sous les ordres de ses généraux de brigade ;

La 2e, sous les ordres du Grand-Duc Héritier de Baden, est composée de l’infanterie badois, sous les ordres des généraux Clausmann et Vinzenti, et du 19e de ligne, sous  les ordres du général Menard ;

La 3e, sous les ordres du général Gielgud, est composée de l’infanterie polonaise et du 2e bataillon du 2e léger, sous les ordres des généraux von der Weydt und Koschinski ;

La 4e, sous les ordres du général de division Gardanne, secondé par le général de brigade Schramm. Elle est formée du 1er bataillon du 2e régiment d’infanterie légère, de 2 bataillons saxons, de 3 bataillons polonais, d’un escadron du 19e Chasseurs et d’un détachement de lanciers polonais.

Le général v. Polenz conserve sous ses ordres le général Sokolnitzki et le général v. Besser, et commande l’ensemble de la cavalerie. Le lieutenant-colonel Stockhorn, au service de Bade, est Tranchée Major au centre et reste à Zingankendorf.

Formier d’Albe ( ?)

Le 10 avril. Les 3 batteries de la première tranchée (Parallele) sont terminées. A l’aile gauche se trouvent les Saxons, puis les Badois, chacun avec 4 pièces de 24, sur la gauche les Polonais, avec 2 pièces de 24….

 

Extraits de 2 ordres du jour du 11 avril

1 – Les redoutes sont équipées de canons. Le général s’occupe de l’aile gauche et de la redoute n° 3. A partir d’aujourd’hui, les travailleurs n’emporte plus leurs havresacs (Tornister ?) dans les tranchées.

2 – Tous les jours, 1 général et 1 officier d’état-major commanderont l’attaque du Hagelsberg et du Bischofsberg. Ils prendront leur service à midi, et seront relevés à la même heure. Personne ne doit sortir des tranchées durant ces 24 heures.

3 – La division Gielgud fournira chaque jour 400 hommes en soutien, dont 200 hommes dans les tranchées, 100 hommes dans la redoute n° 1 et 100 hommes dans la redoute n° 2. Elle fournira 300 travailleurs. Tous se rassembleront à 4 heures du matin et à 6 heures du soir derrière la redoute n° 1.

4 – La division du prince de Baden fournira 600 hommes, dont 300 dans les boyaux et devant la 1e tranchée (Parallele) et 300 en réserve, elle fournira également une garde dans la n° 3. Cette division fournira de plus 300 travailleurs, qui se rendront tous les jours à 4 heures du matin et à 6 heures du soir à Zigankendorf.

5 – La division Michaud fournira une garde de 600 hommes pour la garde des  tranchées, dont 300 seront répartis dans les lignes de communication et 300 seront en réserve dans la 1e (Parallele), une garde dans la n° 4. 200 travailleurs seront de plus envoyés à Zigankenberg, à 4 heures du matin et à 6 heures du soir. Le général de tranchées assure le commandement des travailleurs, des sentinelles et des réserves et les organisera, le cas échéant, pour la défense.

(Wenn hier das Original zu Verfügung steht, wäre es sicher besser !)

 

Le 11 avril.

Dans la nuit du 10 au 11, un commando (von Sänger) et de l’infanterie française ont fait prisonnier la garnison d’une nouvelle redoute construite par les Prussiens sur l’aile gauche de la première tranchée (Parallele), 1 capitaine et 60 soldats, le reste ayant pris la fuite. Cette redoute se trouvait sur une colline isolée, dont les Prussiens voulaient s’emparer, et d’où ils auraient pu infliger beaucoup de dommages à nos travaux de tranchées. On s’est emparé de 200 carabines, quelques Doppelhaken, des havresacs et beaucoup d’outils. La redoute a été aussitôt rasée et abandonnée. A deux heures et demi du matin, un feu violent a éclaté sur le Hagelsberg et la Neugartenthor, où l’on s’attendait à une sortie, qui ne s’est pas produite. Avec la cavalerie, nous sommes allés en position et sommes revenus à 6 heures. Les batteries ont été équipées de canons. Le général Lariboisière commande l’artillerie, le général Kirgener le génie.

Le 12 avril.

Les Gardes de Pari, venant de Ohra et Maschkau, où ils se trouvaient hier, sont arrivés au camp de Zigankendorf. Le major Thielmann est arrivé comme aide de camp chez nous. Le soir, à huit heures, tirs de canons et fusillade sous le Bischofsberg et le Hagelsberg. Nous avons reculé, les cuirassiers sont restés à Wonneberg. J’ai du chevaucher jusqu’à Stolzenberg et dans la tranchée sur le Zigankenberg, pour avoir des nouvelles du combat, qui at été sérieux Les Prussiens s’étaient de nouveau installés dans la redoute que nous avions rasée le 10. L’attaque a eu lieu ici et sur la Kalkschanze. La Légion du nord a occupé les tranchées.

Le 13 avril. Dans la nuit, la redoute prussienne a été attaquée et prise ; mais les Prussiens l’ont reprise, nous l’avons de nouveau attaquée, prise et occupée. Le lieutenant-colonel Cerrini, le major Keiserlinge, l’enseigne Häußler et le capitaine Thalwitz ont été faits prisonniers et emmenés jusqu’à Danzig. Le lieutenant Kracht a été blessé et le lieutenant Westin fait prisonnier. Le capitaine Britzki, les enseignes Klösterlein, Hille, Dürfeld, Bauern, le major  Kaintz, le capitaine Guden ont été blessés.

A huit heures du matin, je suis allé à cheval avec le lieutenant-général  et le major Thielmann à la redoute de Ohra et sur toute la position, dans la tranchée, par Langfurth et Neuschottland, pour être de retour à 2 heures. A Fahrwasser, il y avait des Français en marche

Le 14 avril.

Dans la nuit, entre 11 et 12 heures, fusillade dans l’allée qui mène à Langfurth, il semble que les Prussiens ont tenté une sortie.

Toutes les troupes se sont avancées. Le lieutenant-général m’a envoyé sur la position de la cavalerie à Zigankendorf. Il faisait nuit noie, avec mon ordonnance nous nous sommes perdus, sommes d’abord arrivés à Stolzenberg, puis au bivouac polonais et sommes ensuite retournés au camp saxon, en passant par Schiedlitz. Tout le monde était sous les armes, les bataillons rentrés, et comme tout était calme, nous sommes restés avec les généraux et les aides de camp  dans la baraque de service, jusqu’à ce que le jour vienne. Le maréchal avait traversé le camp saxon au pas de course avec les régiments de ligne. Mais tout est resté calme et il ne s’est rien passé.

Jusqu’au 24 avril, 72 pièces de sièges sont mises en position, dont quelques mortiers de 50. Sur l’ordre du général Lariboisière, ces batteries ouvrent le feu le 24, à une heure du matin, sur les ouvrages ennemis.

L’empereur vient lui-même le 25 à Marienburg et Dirschau, mais retourne le soir du 26 à Finkenstein. Ce soir là, 4 compagnies saxonnes des régiments Sänger et Prince Anton, repousse victorieusement une attaque prussienne sur la grande redoute, au cloître des Jésuites. Bien que les assiégés font souvent des sorties, les Français réussissent à continuer les travaux d’approche du Hagelsberg.

Le lieutenant Moritz  nous renseigne sur les installations et les conditions des bivouacs,

Tous les bivouacs sont maintenant embellis et améliorés, et vraiment remarquables. La où les où on peut trouver du bois d’arbres en quantité suffisante, on a convenablement charpenté les baraques, revêtues extérieurement et intérieurement de planches, le sols revêtu de plancher et dotées de portes et de fenêtres. On a des fours ou des cheminées, que les soldats ont, dans les villages, les faubourgs, les maisons et les fermes, incendiés par les Prussiens, sauvés des flammes  ou récupérés dans les bâtiments à demi calcinés.

Lorsque le terrain le permet, les soldats ont préparé des allées et des tonnelles de verdure, ainsi que des pelouses, des bordures, des plates bandes et autres enjolivements. Dans les bivouacs français on voit en particulier beaucoup d’arrangements artistiques, et les monticules sur lesquels sont installés les aigles et les tambours, ainsi que les râteliers sont toujours artistiquement recouverts de gazon. Souvent, il y a des petits jardins près des baraques des officiers, entourés de clôtures.

Maintes baraques sont revêtues de tentures, et sont décorées de miroirs, de tableaux et de meubles. A l’extérieur, on a apporté des décorations et des signes distinctifs. Par exemple, une baraque a comme enseigne un soleil doré, un ours brun, une étoile et une main dorée, d’autres sont décorées avec boutons de balustrades ou de lit dorés, avec des personnages en plâtre, des statues, des bustes, des peintures. Dans le camp français de Ohra on a apporté des jardins plusieurs statues et des grenadiers peints. Sur le toit d’une baraque trône un Socrate, sur un autre la tête de celui-ci.  Dans le camp des Badois, les neufs Muses ont été installés. On a des Krepelstühle et des sofas, des canapés, des chaises, des tables, des pianofortes et des garde-feux. On peut voir dans les jardins des kiosques et de grands parasols venant des jardins. Assiettes, plats, poêlons et pots en porcelaine, comme les verres et les carafes sont assez habituels.

Lefebvre est particulièrement actif. Il se rend souvent dans les boyaux, pour encourager ses soldats, car dans son corps d’armée il n’y a pas seulement que de très jeunes soldats, mais également des troupes de la Confédération, dont la motivation est faible[3].

Le maréchal préférerait prendre les ouvrages d’assaut, et, souvent, il dit à ses officiers du génie et de l’artillerie :

„ Je n’entends rien de votre affaire, mais fichez moi un trou et j’y passerai. “

Durant un conseil de guerre, la question d’un assaut est soulevée, mais, après une longue discussion, il est décidé de demander d’abord l’avis de l’empereur. Ce dernier n’est pas vraiment d’accord avec l’impatience du maréchal, car il sait que les fortifications de Danzig ne pouvaient être prises qu’après un siège en règle. Agacé, il écrit à Lefebvre :

„ Vous ne savez que vous plaindre de vos alliés et modifier votre avis au gré d’idées venues d’on ne sait où. Vous voulez des troupes : je vous en ai envoyé quelques-unes unes, je prépare aussi de nouveaux envois. Comme un ingrat vous continuez à vous plaindre, sans même penser à me remercier. Vous traitez les alliés, et surtout les Badois et les Polonais, sans la moindre considération. Ils ne sont pas habitués au feu, mais cela viendra avec le temps. Croyez-vous qu’en 1792 nous étions aussi courageux que maintenant après 15 années de guerre ? Ayez de l’indulgence, vieux soldat, avec les jeunes gens, qui commencent seulement et qui n’ont pas encore au milieu des dangers la présence d’esprit nécessaire…

La poitrine de vos grenadiers, que vous voulez utiliser partout, ne casse aucun mur. Laisser faire vos ingénieurs, écoutez les conseils du général Chasseloup, qui est un homme habile, et vous ne devez pas lui retirer votre confiance sur les dires du premier critique venu, qui veut porter un jugement sur ce qu’il est incapable de comprendre. Garder le courage de vos grenadiers pour le moment où la science vous dira qu’il peut être utilement employé, et en attendant armez-vous de patience. Quelques jours de perdus, dont du reste je n’aurai pas du tout l’usage, ne valent pas, que vous fassiez tuer quelques milliers d’hommes, que l’on peut garder en vie. Montrez du calme, de l’esprit de suite et l’attitude ferme qui sied à votre âge. Votre gloire repose sur la prise de Dantzig. Prenez cette place et vous serez satisfait de moi.“ [4]

De leur coté, les alliés russes et prussiens reconnaissent de plus en plus la valeur des importantes fortifications de la Vistule dans le dos de Napoléon, et, en conséquence, des renforts sont constamment envoyés à Danzig. En mars, 3.000 hommes sont arrivés, et le général comte Kamenskii, le fils du maréchal, doit y conduire 7.000 Russes et Prussiens.

En attendant, le chef d’état-major de Lefebvre, le général Drouet, a, dans la nuit du 6 au 7 mai, lancé une attaque sur l’île Holm, au nord de la ville et s’est emparé, le jour suivant, de cette importante position. Les défenseurs de l’île, 1.500 Russes et 200 Prussiens, sont pour la plupart faits prisonniers. [5]

Napoléon a trouvé le temps de préparer des mesures de précaution et, le 12, donné l’ordre à Oudinot et à ses grenadiers de se diriger immédiatement sur Danzig, pour être en mesure, le 15, de soutenir les attaques.

Désormais Danzig est entouré de tous les côtés et les communications avec la mer totalement interrompues. Plusieurs évènements malheureux retardent l’arrivée de Kamenskii à Neufahrwasser. L’absence de vent a empêché le départ des troupes, prévu pour le 8 mai à Pillau. Finalement, les vaisseaux ont été sortis du port tirés par des barques et ont pris la mer, par des vents contraires. La flotte s’est enfin rassemblée.

2 frégates anglaises de 18 et 24 canons, 1 brick anglais de 16 canons et 2 cutters, ainsi que le vaisseau de ligne suédois Adolph Friedrich, de 71 canons, et 5 vaisseaux de commerce.

La persistance des vents défavorables fait que les vaisseaux n’atteignent Neu-Fahren, en ordre dispersé, qu’entre les 11 et 14 juin. Le dernier jour, 3 chaloupes basses anglaises de 20 canons et un cutter suédois armé de 12 canons se joignent à la flotte.

Lorsque, finalement, l’attaque, de nombreuses fois repoussée, depuis l’embouchure de la Vistule de l’île d’Holm est lancée, elle est repoussée par les Français. [6]

Le terrain est très favorable à ces derniers. Un bois épais, avec des fossés et des marais, entoure le fort devant l’embouchure de la Vistule. Il est par ailleurs entouré de redoutes.

Le général Schramm se trouve dans les retranchements de l’embouchure, Lannes et Oudinot sur la rive gauche de la Vistule, Lefebvre avec la réserve dans les boyaux du Hagelsberg.

Les colonnes d’attaque russes ne peuvent, en raison des obstacles du terrain, se déployer, de sorte qu’un combat de position s’engage, ce qui est un désavantage pour les Russes. Bientôt, la menace que présente sur leur flanc gauche les grenadiers d’Oudinot les décident à rompre le combat.

Le lieutenant Moritz raconte :

“d. 15 Mai

früh 5 Uhr wurde aus Münde heftig kanonniert, alle Truppen rückten aus. Ich ritt mit Hauptmann Lehmann vor in No. 6. Unsere Batterien vom Holm und auf der Nehrung feuerten heftig. Die Russen hatten einen Ausfall gemacht, das kleine Gewehrfeuer war besonders nach der See zu sehr stark. Man brachte schon verschiedene Gefangene. Ich ritt dahin, um Erkundigung einzuziehen. Grenadiers von Clemens brachten 9 Russen. Nachdem ich dem General Lieutenant Meldung gemacht hatte, wurde ich mit Lehmann nach der Insel geschickt, wir schifften uns mit einem fran­zösischen Bataillon in i o Kähne ein und fuhren über die Weichsel nach dem Holm und gingen durchs Holz nach Münde zu. Das Gefecht dauerte noch fort, es wurde noch stark gefeuert. Die Russen waren aber schon einmal zurückgeworfen und fingen jetzt an zu retiriren. Das Camp de bataille war mit Russen bedeckt, es waren auch verschiedene Sachsen ge­blieben und blessiert worden. Aus Münde wurde immer noch heftig auf uns geschossen. Ich machte einen Russen gefangen, welchen ich auch mit ins Hauptquartier nahm. 4000 Mann Russen hatten den Angriff ge­macht, welcher so gänzlich verunglückt war, daß die Hälfte auf dem Platz geblieben und die andere Hälfte blessiert oder gefangen worden war. Major Klitzing, Capitaine Taube, Lieutenant Planitz, Funke, Franken, Wolfersdorf und Taubenheim waren blessiert.”

Le 15 mai

A cinq heures du matin, forte canonnade depuis l’embouchure, toutes les troupes sont parties. Je suis allé à cheval, avec le capitaine Lehmann, dans notre batterie n° 6. Notre batterie d’Holm (fehlt hier was ?) et sur le cordon littoral tirait vivement. Les Russes avaient fait une sortie, la fusillade était particulièrement forte du côté de la mer. On apportait déjà des prisonniers. Je galopais jusque là, pour recueillir des renseignements. Des grenadiers von Clemens amenèrent 9 Russes. Après avoir informé le lieutenant-général, je fus envoyé, avec Lehmann, dans l’île, nous embarquâmes, avec un bataillon français, dans ( ?) embarcations et traversâmes la Vistule en direction de Holm, et nous dirigeâmes vers l’embouchure. Le combat continuait, on tirait encore fortement. Mais les Russes avaient déjà été repoussés une fois et commençaient à retraiter. Le champ de bataille était couvert de Russes, plusieurs Saxons blessés étaient également restés.  Depuis l’embouchure on tira encore sur nous vivement. Je fis prisonnier un Russe, que je ramenais au quartier général. 4.000 Russes avaient participé à l’attaque, qui s’était terminée si malheureusement, que la moitié était restée sur le terrain, l’autre moitié étant blessée ou faite prisonnière. Le major Klitzing, le capitaine Taube, les lieutenants Planitz, Funke, Franken, Wolfersdorf et Taubenheim étaient blessés.

Bien que, grâce au télégraphe optique entre Danzig et Neufahrwasser, Kalckreuth se soit trouvé en contact permanent, celui-ci a omis de lancer la sortie[7] prévue dans les dispositions de bataille, et qui aurait pu poser de grand problèmes aux Français

Les Russes et les Prussiens perdent environ 1.500 hommes, soit un tiers de leur effectif, se répartissant ainsi : Russes: 14 officiers, 422 hommes tués ; 41 officiers, 895 hommes blessés ; Prussiens: 2 officiers, 42 hommes tués ; 4 officiers, 110 hommes blessés. Total: 61 officiers, 1.469 hommes.

Bien que les tentatives de secours aient été victorieusement repoussées, Lefebvre est découragé par la longue résistance des Prussiens, et comme le général Kirgener le harcèle de trouver un autre point d’attaque, il questionne l’empereur, ce qui lui vaut de violents reproches pour sa versatilité. [8]

Le lieutenant Moritz nous renseigne sur l’avancement du siège :

19 mai. Une demie heure après mon arrivée, il y eut une alarme, les troupes s’avancèrent. C’était une frégate anglaise qui remontait la Vistule depuis l’embouchure, pour arriver jusqu’à Danzig par la force. Le bateau avait 24 canons, ils tirèrent avec violence sur nos défenses, mais ce fut encore mieux de notre côté.  Finalement, le bateau perdit son gouvernail, en dessous du pont de pontons qui avait été jeté sur la Vistule en direction de l’île Holm ; il tourna sur lui-même et s’échoua. Aussitôt il ramena ses voiles et hissa un drapeau blanc. 300 hommes furent faits prisonniers de guerre, on s’empara de1.600 Zentner de poudre, de boulets et de beaucoup de nourriture.

Le 20 Mai. A trois heures du matin je suis allé, avec 40 hommes, occuper la grande redoute, j’avais encore avec mois un officier, le lieutenant v. Schubart von Maximilian et 40 hommes. Le commandant français de la redoute était le capitaine La Bouche. Jour et nuit on tira, depuis l’embouchure sur le bateau qui avait été capturé, de temps en temps sur la redoute, d’où on nous répondit souvent

Le 21 mai. A trois heures du matin j’ai été remplacé dans notre bataillon par le lieutenant Ueditritz. A six heures du matin je suis revenu au camp. Dans l’après-midi, les bataillons saxons ont été remplacés par un régiment de Wurzbourg. Par la forêt, nous avons marché jusqu’à Heubude, et nous avons marché jusqu’à la nuit. Depuis les redoutes des écluses, on nous a tiré dessus avec violence. Sur le Hagelsberg et sur l’île de Holm il y avait un violent combat, qui parvint jusqu’à nous. Nous bivouaquâmes le reste de la nuit.

Devant Danzig, tout était prêt pour l’attaque, elle allait même commencer, lorsque le colonel Lacoste, qui avait été envoyé en parlementaire, indiqua que le général Kalckreuth (…) voulait capituler (…) ; ce fut accepté.

Le 22 mai, on prit nos quartiers dans des maisons. Il y avait un cessez-le-feu.

Dès le 24 avril, lorsque le vrai bombardement de la ville par les Français avait commencé, Lefebvre avait offert au gouverneur prussien de se rendre, mais le maréchal avait reçu une réponse négative.

Jetzt, nachdem die Aussichten eines Entsatzes von der Land- oder Seeseite aus immer geringer wurden, und alle Versuche, Pulver in die Festung zu bringen, fehlgeschlagen waren, glaubte Kalckreuth, die ihm nochmals angetragene Aufforderung, sich zu ergeben, nicht abweisen zu können. Ehe die Franzosen sich zum Sturm anschickten, sandte Lefebvre unter einem Vorwand einen Unterhändler an den preußischen Gouverneur, der sich aber nur unter der Bedingung ergeben wollte, daß man ihm mit seiner Garnison freien Abzug gewährte.

Maintenant, l’espoir d’être secouru par la terre ou par la mer diminuant de plus en plus, et toute les tentatives d’approvisionner la place en poudre ayant échoué, Kalckreuth pense qu’il ne peut pas une nouvelle fois repousser l’offre de se rendre. Alors que les Français se préparent à l’attaque, Lefebvre envoie, sous quelque prétexte, un négociateur au gouverneur prussien, qui n’accepte cependant de se rendre qu’à la condition que lui et sa garnison seront libres.

 (…) mais selon les conditions de la capitulation de Mayence (1793), que la garnison de Danzig méritait, après sa belle défense, et qu’il pouvait aussi bien revendiquer qu’alors le maréchal Boufflers….[9]

Lefebvre ne veut cependant rien promettre, tant qu’il n’aura pas reçu une réponse de l’empereur. Lannes prend sur lui de se rendre à Finkenstein, pour prendre connaissance des souhaits de l’empereur. Napoléon se montre prêt à accepter, et le 24 mai les 24 articles de la capitulation sont finalisés.

Il est convenu que, si aucun renfort ne parvient avant le 26, la garnison pourra sortir sans contrôle et se rendre à Pillau, mais elle devra toutefois promettre sur l’honneur ne pas combattre contre les Français, durant une année.

Le 26 mai, Napoléon approuve les conditions de la reddition.

Comme les Russes se trouvant à Neufahrwasser ne peuvent plus s’y maintenir longtemps, Kamenski les fait rembarquer dans la nuit du 25 au 26 mai.

La garnison de l’embouchure de la Vistule, dont les unités viennent en grande partie de Pologne, se mutine le 26 mai et une partie passe du côté des français. Selon les termes de l’accord de reddition, les Français occupent ce jour là un certain nombre de position importantes des défenses.

Le 27 mai, à 9 heures du matin, la garnison sort de la place, avec ses armes et ses bagages, drapeau déployé, musique en tête et… (brennenden Lunten)

Dès le départ des Prussiens, Lefebvre fait une entrée triomphale dans la ville. Les maréchaux Lannes et Mortier, et le général Oudinot ne veulent pas diminuer le triomphe de leur collègue et se tiennent à l’écart des festivités.

Dans les places de Danzig, de l’embouchure de la Vistule et de Neufahrwasser les Français trouvent 778 pièces d’artillerie de tous calibres et de tous types[10], 108.881 boulets ou grenades, 45.000 livres de poudre, 15.600 cartouches, 170.000 balles, plus 285.000 Zentner de blé, plusieurs milliers de bouteilles de vin de Bordeaux, de la farine, du drap, des tissus etc., le plus souvent chez les habitants, car les réquisitions, ordonnées par le gouvernement prussien, n’avaient pas été effectuées.

Le roi de Prusse, estimant que Kalckreuth a fait plus que son devoir, le nomme feld-maréchal après son retour au quartier général prussien. La chute de Danzig tombe à point pour Napoléon, car il peut ainsi considérablement renforcer son armée de campagne.

Le 28 mai, il nomme Lefebvre duc de Danzig. C’est fut le premier titre ducal qu’il décerne, lequel toutefois ne sera officiellement confirmé que le 10 septembre 1808.

Napoléon veut voir lui même les fortifications conquises et ses ouvrages extérieurs. Le 31 mai, il part à 5 heures du matin de Finkenstein, arrivant le soir à l’abbaye d’Oliva. Le jour suivant il visite les fortifications de Danzig, de l’embouchure de la Vistule et de Neufahrwasser, ainsi que les travaux français, qui ont finalement conduit la chute de la place.

Après avoir nommé le général Rapp gouverneur de Danzig, il quitte la ville le matin du 2 juin, passe la nuit au château de Marienbourg, et retrouve Finkenstein le 3, à 7 heures du soir.

 

 

Colberg

Les petites fortifications de Colberg[11], en Poméranie, qui se situe loin des routes empruntées par les troupes françaises, commencent à gêner ces dernières dès le siège de Danzig, car la route  Stettin – Köslin – Stolp – Danzig passe seulement à 25 km de Colberg.

La place se trouve à deux kilomètres de la mer, sur la rive droite de la rivière Persante, et, bien que dans un état d’abandon désolant, est bien protégée par des fossés et des inondations. Elle consiste en un mur principal bastionné, avec ouvrages extérieurs, quelques ouvrages avancés, des escarpes et contre escarpes, tout ceci en terre et équipés de fossés remplis d’eau. Le gouverneur de la place est le vieux colonel von Lucadou, âgé de 65 ans, natif de Genève ; il est secondé par le capitaine von Waldenfels.

Le 13 février 1807, la garnison est forte de 66 officiers et 3.716 hommes, qui, avec le temps, seront presque 6.000.

Le 7 mai arrivent les derniers renforts. A ce moment, la garnison se compose ainsi[12] :

 

Bataillon de Grenadiers Waldenfels                        850 hommes

Bataillon de Fusiliers Möller                                       750 hommes

2e Bataillon de Réserve  de Poméranie                  540 hommes

3e Bataillon de Réserve  de Neumark                     420 hommes

3e Bataillon de Mousquetaires von Owstien        800 hommes

3e Bataillon de Mousquetaires von Borcke           800 hommes

5 compagnies Infanterie, Corps Franc de Schill    750 hommes

2 compagnies de Chasseurs (Dobrowolsky, Otto)      300 hommes

Dépôt  des Cuirassiers de Baillidoz                           110 hommes

1 escadron cavalerie du Corps Franc de Schill      113 hommes

Artillerie                                                                            400 hommes

 

L’artillerie suffit à peine pour occuper utilement le mur principal, et se compose de :

8 pièces  de  24 en bronze

4 pièces  de  20 en fer

40 pièces de 12 en fer

6 pièces de 6 en fer

6 obusiers de 10 en fer

3 mortiers de 25 en fer

5 mortiers de 50 en fer

 

Avec les 4 pièces de 3 régimentaires, une demie batterie attelée est formée, pour ainsi disposer de canons mobiles.

Avant l’arrivée des premières troupes d’encerclement, il sera également possible de faire entrer dans la place de Danzig, 6 pièces de 12 en bronze, de Stralsund, 6 pièces de 12 en fer.

Par ailleurs, des provisions et des armes, venant d’Angleterre et de Suède, entrent dans Colberg, en particulier 2.000 fusils suédois démodés, dont d’ailleurs seulement une partie est utilisable, mais au moins le bataillon de grenadiers Waldenfels peut être armé.

Après le cessez-le-feu du 18 avril, il n’est plus possible de compter sur l’aide de la Suède. Lorsque les Suédois effectuent une sortie de Stralsund, une étroite coopération avec les troupes prussiennes se trouvant dans Colberg sous Lucadou aurait été très souhaitable, mais, comme dans des cas similaires, cela ne se produit pas.

Tandis que l’on manque d’armes, l’approvisionnement en nourriture est assuré. Par l’accès direct à la mer, des transports pourront également arriver pendant le siège.

Un rapport au roi du capitaine von Waldenfels, à la mi-mai, décrit le ravitaillement comme suit :

Pour une garnison de 7.000 hommes : du pain jusqu’au début août, viande et lard jusqu’au 10 juillet, eau-de-vie jusqu’au 19 juillet, pois, orge et gruau jusqu’au 1er octobre.

 

Début janvier, le second-lieutenant Schill, du régiment des dragons de la reine, commence activement à former un corps franc dans les environs de Colberg et à mener une guerre de partisans  contre les Français.

L’un des résultats les plus spectaculaire est la capture du général Victor, alors qu’il se rend vers Stettin et qui est amené à Danzig. Il sera peu après échangé contre le général Blücher, mais cet évènement va retarder le siège de Colberg, ordonné par Napoléon.

L’habillement de son infanterie, de sa cavalerie et de son artillerie se heurte à de grosses difficultés, de sorte qu’il lui faut improviser et faire appel à des vêtements civils.  Cela conduit au début à une apparence extrêmement colorée. Si bien que les Français les prennent pour des brigands, auxquels aucun pardon ne peut être accordé.

Les uniformes vont s’améliorer au cours du siège, et finalement on pourra reconnaître les différentes armes à leurs uniformes.

Entre le 19 et le 24 février les troupes de Schill se trouvent engagées  à Naugardt et Stargardt dans des combats, quelquefois violents, contre les troupes françaises et italiennes (en particulier le 1er de ligne italien)

C’est alors que commence l’encerclement de la place, par des troupes italiennes, commandées par le général Teulie.

Le 28 février arrive le 1er bataillon du 1er léger et le 1er de ligne italiens, ainsi que 2 escadrons des dragons de la Reine et 12 canons.

Le 25 mars, c’est au tour du commandant de l’armée de siège, le général Loison, d’arriver à Colberg (il a reçu sa nomination depuis le 9 mars).

Fin mars, les combats d’avant-postes se durcissent et il y a pratiquement chaque jour des combats dans les faubourgs alentours, dont deux doivent finalement être incendiés, ce qui naturellement suscite la colère de leurs habitants contre le commandement.

Le 5 avril, le maréchal Mortier arrive devant la place avec le 72e de ligne et 600 cavaliers du 2 cuirassiers hollandais et le 3e chasseur à cheval. En conséquence, les attaques sur Fichtkamp et Maykuhle se durcissent.

Lorsque, le 8 avril, arrive la nouvelle d’une attaque victorieuse des Suédois à Stralsund, le maréchal s’y rend aussitôt  avec le 72e de ligne et le 2e bataillon du 1er de ligne italien, laissant Loison devant Colberg, avec 4.000 hommes, 10 canons et 84 cavaliers.

Peu après, les défenseurs lancent une grande sortie, le 12 avril, s’emparant les redoutes de Neu Werder, qu’il s’empresse de raser aussitôt. Les bivouacs des assiégeants, derrière les redoutes, sont également mis en flammes.

Entre-temps, Napoléon a envoyé des renforts, pour remplacer les troupes parties à Stralsund : un régiment polonais, un wurtembergeois et un italien, ainsi que les contingents des ducs de Saxe. Pour ces derniers, il s’agit du bataillon de Saxe-Weimar et de Gotha-Altenburg (Meiningen). En raison d’une très forte désertion (105 et 202 hommes respectivement), les deux contingents ont été fondus en un seul régiment avec un bataillon léger (Weimar) et deux faibles bataillons de lignes.

Les troupes prennent leurs cantonnements dans un camp de huttes, qui se trouvent dans un endroit où la nappe phréatique se trouve être très haute. L’eau qui suinte de partout entraîne bientôt l’apparition de fièvres chez les soldats. La situation est encore plus aggravée par les nécessités du service de siège et par l’alarme permanente.

Par suite du manque d’artillerie lourde, il n’est pas possible d’effectuer un bombardement en règle des fortifications. On se contente donc d’attaques d’avant-postes et de se défendre contre les nombreuses sorties sur les ouvrages avancés, essayant de cette façon d’encercler complètement la place. Mais comme on ne dispose pas du moindre bateau ni même de marins et d’embarcations, le côté mer reste en permanence ouvert, permettant l’arrivée non seulement de ravitaillement, mais également de petits renforts en troupes.

Le 24 avril, les assiégeants essayent de dériver le cours de la rivière (Persante), afin d’assécher la zone d’inondation et d’ensabler le port. Le terrain difficile met rapidement un terme à cette tentative, malgré tous les efforts engagés dans cette entreprise.

Gneisenau, nommé par le roi, le 10 avril, nouveau gouverneur, et qui est arrivé le 29 avril, ne se contente pas de mesures défensives, mais cherche à rendre le travail des assiégeants difficile, au moyen de nouveaux ouvrages et de sorties répétées, et à les tenir éloignés du cœur des fortifications.

Ainsi que l’écrit le général Chambarliac :

” Une justice à rendre à M. le major Neissnau (sic) Gouverneur de la place, est qu’il a fait une défense très bien entendue. Ses sorties ont été fréquentes  et hardies; enfin, il a profité des ressources que lui ont fourni le terrain environnant Colberg pour nous retarder par une foule d’ouvrages avancés qui nous ont fait perdre beaucoup de monde et de temps” [13]

Par exemple, l’entreprenant gouverneur fait construire sur le Wolfsberg une forte redoute, dont le général Teulié est chargé de s’emparer, dans la nuit du 17 au 18 mai, mais son attaque est repoussée. Ce n’est que 11 juin que les assaillants parviennent à prendre possession de cet important ouvrage.

Après que des renforts soient arrivés, le général  Loison, le 4 mai, réparti le corps de siège en 4 brigades.

1re Brigade : Général Berndes (Württemberg)

Infanterie Polonaise Prince Sulkowski – 1200 hommes

2 bataillons wurtembergeois  – 1500 hommes

 

2e Brigade : Colonel Fontane

1er Ligne italien Colonel  Valleriani

Régiment combiné des Ducs de Saxe –  600 hommes

3e Brigade : Colonel Castaldini

3e Léger italien (2 bat.) –  1686 hommes

4e Brigade : Général Bonfanti

1er Léger italien (2 bat.) –  1380 hommes

 

L’ensemble des compagnies de grenadiers se trouve, en réserve, au quartier général. Loison envoie bien ces troupes jusqu’à Bullenwinkel, Altstadt et Sellnow, mais en même temps fait reculer les avant-postes qui se trouvent entre Alt-Weder et la côte. Les positions du corps de siège sont alors les suivantes :

Aile droite : infanterie polonaise (régiment Sulkowski) à Stadtwald, près de la plage, sa gauche se liant au régiment wurtembergeois ;

Aile gauche (à Bullenwinkel) : le contingent des ducs de Saxe.

Derrière les redoutes à Klosterfeld : le 2e léger et le 1er de ligne italiens, sur la rive gauche de la Persante le 1er léger italien.

Le 5 mai arrive un nouveau renfort, le 4e de ligne italien.

Une attaque en règle, menée par 1.600 hommes (Italiens, Wurtembergeois, Polonais) sous le commandement du général Teulie, est lancée dans la nuit du 17 au 18 mai contre la redoute encore en construction sur le Wolfsberg, défendue par 160 hommes du bataillon de réserve de Poméranie.

La position est rapidement conquise, mais une contre-attaque immédiate la retourne aux mains des Prussiens. Dans cette action, la cavalerie et une compagnie de chasseurs sont envoyées par la plage, pour menacer le flanc des Français.

Les combats prennent fin à 4 heures du matin, avec des pertes sensibles des deux côtés. Mais la position est restée aux mains des défenseurs.

Le 20 mai, un important transport anglais d’armes arrive, à bord d’un brick, dans le port de Colberg. C’est le capitaine Petersdorff qui en a négocié, en Angleterre, la livraison. Il comprend : 10.000 fusils anglais en parfait état, accompagnés de leurs cartouchières et Bandeliers, 300 cartouches et 30 pierres à feu pour chaque fusil, 6.000 sabres de cavalerie, 30 tubes de canons en fer et 10 obusiers, également en fer, chacun avec 300 obus.

Tous les charrons, mécaniciens et forgerons de la ville sont mobilisés pour remplacer les vieux et inutilisables canons par les nouveaux. Gneisenau utilise une partie de ces armes pour équiper de neuf le corps franc de Schill, et envoie 6.000 fusils et leurs accessoires, ainsi que les sabres, au général Blücher qui se trouve à Stralsund.

Depuis quelque temps, une frégate suédoise se trouve devant la côte, mais, compte tenu de son tirant d’eau trop important, ne peut intervenir dans les combats, mais ses pièces de 24 et 32 gêne considérablement les assiégeants. On voit ici combien l’absence d’une flotte française de siège fut alors importante.

Vers la mi-mai, le parc de siège s’est renforcé, et les bombardements de la ville et des fortifications s’intensifient.  Mais, surtout, du côté prussien l’épuisement et le manque de munitions pour l’artillerie commencent à se faire sentir.

Einschub folgt

 

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Entre le 21 et le 30 juin, les assiégeants reçoivent de nouveau des renforts : les 3e léger et 93e de ligne français, ainsi que le contingent de Nassau.

De jour en jour la situation de la place se détériore. Loison entoure désormais la ville de tous les côtés, et, à l’est, en est très proche, jusqu’aux ouvrages intérieurs. De sorte que, dès le 1er juillet, à 3 heures du matin, le bombardement de la ville peut s’effectuer avec toutes les batteries.

Le résultat de cette journée est la prise de la Maykuhle, sur la rive gauche  de la Persante, jusqu’aux défenses de la ville et au faubourg de Gelde. Sur la rive droite, les Français arrivent jusqu’à la deuxième ligne de défense.  Le bombardement continue toute la nuit et la matinée suivante, comme si l’attaque finale doit se passer à la fin de la journée.  Pourtant, vers 4 heures de l’après-midi, les tirs ralentissent, car un officier est arrivé, envoyé par le roi de Prusse, avec la nouvelle d’un cessez-le-feu ainsi que la nomination de Gneisenau au grade de lieutenant-colonel.

D’après les sources officielles, les Prussiens ont perdu 55 officiers, 2.806 soldats et environ 65 miliciens.  Selon les estimations prussiennes, les Français ont à déplorer 8.000 tués ou blessés, 1.632 prisonniers et 200 déserteurs. Mais il est permis de fortement douter de ces chiffres.

Mais on peut voir, à l’occasion de ce siège, comme partiellement durant celui de Danzig et quelques autres en Silésie, que le déroulement de la guerre avec Napoléon, malgré les défaites en Thüringe, aurait été totalement différent, si les commandants des places et ceux qui étaient sous leurs ordres avaient fait leur devoir. Les sous-officiers et les hommes de troupes ne manquèrent pas, pour la plupart, de bonne volonté.

 

Graudenz

Une deuxième place de la Vistule, quoique plus petite, Graudenz, résista durant toute la durée de la guerre. Elle se situait à environ 1.300 mètres au nord de la ville, sur une hauteur, dans une région  située en dehors du grand théâtre d’opérations.

Durant la fuite devant les troupes napoléoniennes, le roi et la reine de Prusse avaient séjourné à Graudenz, du 2 au 16 novembre, ayant souvent l’opportunité de s’entretenir de l’éventualité d’un prochain siège, avec le gouverneur de la place, nouvellement nommé, le général d’infanterie de l’Homme de Courbière, alors âgé de 74 ans. Au côté de celui-ci, se trouvait, avec rang de premier commandant, le colonel d’artillerie von Schramm, et, comme deuxième commandant, le lieutenant-colonel Borell du Vernay. En dehors des officiers, la garnison était forte de 5.700 hommes, parmi lesquels de nombreux Polonais. Avec 205 canons et 7.800 Zentner de poudre, et un ravitaillement suffisant, il y avait là de quoi être confiant de résister longtemps.

L’ennemi se présente pour la première fois le 12 décembre, mais le siège ne commence véritablement que le 22 janvier 1807, lorsque les troupes de Hesse et de Darmstadt, sous les ordres du général von Werner, s’emparent de la ville de Graudenz. Le commandant des troupes de siège, le général Rouyer, adresse, le 23 janvier, une sommation au gouverneur prussien,  mais celle-ci est repoussée. Lorsque les Russes s’avancent en Prusse orientale, l’encerclement de Graudenz est, le 29 janvier, levé. Mais, dans la nuit du 10 au 11 février, une nouvelle attaque est lancée contre la ville, par 4 bataillons de Darmstadt, emmenés par le général von Schäffer

Toutefois, Napoléon est alors trop occupé pour véritablement s’occuper de Graudenz, sans véritable signification stratégique, et il ne laisse que peu d’hommes pour surveiller les fortifications. Ce n’est qu’après la chute de Danzig que commence le véritable siège. La vie à l’intérieur de cette place dût être tout à fait supportable, car, jusqu’en avril 1807, la garnison prussienne reçut du ravitaillement venant des villages voisins, pourtant le nombre de soldats diminua fortement, car, petit à petit, 827 soldats la quittèrent sans autorisation.

De nouveaux renforts arrivant devant la place, le corps de siège sous les ordres du général Victor, est, au début du mois de juin, ainsi composé :

 

Division Hessois v.Werner Régiment de la Garde 2  bataillons   825 hommes
Fusiliers   de la Garde 1  bataillon   403 hommes
Régiment du Corps 1  bataillon   391 hommes
Fusiliers   du Corps 1  bataillon   393 hommes
Régiment de Berg 2  bataillons 1.344 hommes
2e régiment polonais 1  bataillon    792 hommes
4e régiment polonais 1  bataillon    764 hommes
Régiment Wurtzbourg 2  bataillons 1.991 hommes
                                               Détachement Chevau-légers de Berg        99 hommes
Artillerie      90 hommes
Génie    490 hommes

 

Le gouverneur de la place est de nouveau sommé de se rendre, une fois même par le général Savary, que Napoléon a envoyé à Graudenz spécialement à cet effet.

Mais l’aide de camp de l’empereur essuie lui aussi un refus, accompagné de la célèbre phrase :

 S’il n’y a plus de roi de Prusse, il reste encore un roi de Graudenz

mais il reste toujours à éclaircir si le général pensait alors à lui ou au roi Frédéric-Guillaume III !

Finalement, dans la nuit du 27 au 28 juin, les assiégeants commencent les premiers travaux de sape. Mais avant que quoique ce soit de sérieux soit entrepris  contre les fortifications, les tirs se taisent le 30 juin, car l’annonce du cessez-le-feu est arrivée.  Le 1er juillet, un officier prussien confirme cette heureuse nouvelle. Rarement un siège se déroula ainsi sans effusion de sang, comme à Graudenz. Le vieux général s’étant montré jaloux de la promotion de Kalckreuth au grade de Feldmarschall, le roi le convoque auprès de lui, et lui accorde, le 22 juillet 1807, cette plus haute distinction militaire.

 

Les forteresses de Silésie

Lorsque l’armée saxo-prussienne s’était rassemblée en Thuringe, on tenait pour assuré, au quartier –général, que les fortifications lointaines et de toutes façons dirigées contre l’Autriche, puissent être menacée par les Français. Elles n’avaient donc pas été mises sur le pied de guerre. Ce n’est que le 20 octobre, lorsque fut connue la défaite prussienne, que l’ordre de les armer fut donné.

Comme Napoléon, de son côté, supposait que la prise de la Silésie serait une chose aisée, il avait transmis le commandement des troupes à son plus jeune frère, tout en prenant la précaution de mettre au côté de celui qui n’était alors âgé que de 22 ans, l’expérimenté général Vandamme.

Après que les troupes se soient rassemblées, la cavalerie est tirée des divisions et de nouveau formée en brigades

Général Mezanelli: 1er chevau-légers bavarois und 1er dragons.

Général Lefebvre-Desnouettes :    2e et 3e chevau-légers bavarois et 2e dragons

Général Montbrun : les trois régiment de cavalerie wurtembergeois.

Le 7 novembre, la forteresse de Glogau ne se rendant pas à la cavalerie française qui se présente devant la ville, le prince la fait encercler, le 10, par la division Deroy[14]. Celui-ci ne reste cependant pas là longtemps, car l’empereur le fait appeler, avec ses deux divisions bavaroises, avec l’ordre de se rendre à Kalisch.

C’est au tour de Vandamme et de ses divisions wurtembergeoises (général Freiherr von Seckendorff[15]) de mener le siège.

 

Division wurtembergeoise Général Seckendorff

1e Brigade Lilienberg

                        Régiment Prince Héritier         813 hommes

                        Régiment Seckendorff             815 hommes

                        Régiment Lilienberg                  819 hommes

2e Brigade Schröder                                      

                        Régiment Prince Guillaume    818 hommes

                        Régiment Schröder                   817 hommes

Brigade légère Colonel Neubronn            

                        1er Chasseurs Hügel                 725 hommes

                        2e Chasseurs Scharfenstein   744 hommes

                        1er bataillon léger Neubronn       753 hommes

                        2e  bataillon léger Brüssel      384 hommes

                        1e Batterie (Kaspers)                109 hommes

Brigade cavalerie légère Lieutenant-colonel L‘Estocq           

                        1er Chevau-légers                     455 hommes

                        2e  Chevau-légers                      462 hommes

                        1er Chasseurs à Cheval            348 hommes

                        Batterie montée,  Besner        130 hommes

                        Batterie a pied                            214 hommes

Total : 8.642 hommes

 

Jusqu’ici, la place n’a été bombardée que par des pièces de campagne ; le 28 octobre arrive l’artillerie  lourde de siège[16], avec laquelle le bombardement des fortifications commence.

 

Garnison de Glogau

Les 3e bataillons de mousquetaires des régiments Vac. Grevenitz, Tschepe und Zastrow : 2388 hommes

Reste du régiment d’infanterie Zenge : 88 hommes

4 compagnies d’invalides : 235 hommes

Artillerie : 358 hommes

Chasseurs frontaliers[17] : 91 hommes

Mineurs : 16 hommes

Cavaliers de différents dépôts : 52 Mann

Total : 3.228 hommes

 

Alors que le vice-gouverneur, le général von Reinhardt, a jusqu’ici repoussé toutes les sommations à se rendre, il accepte désormais de négocier et se rend le 3 décembre, avec sa garnison composée essentiellement de Polonais, de sorte que Vandamme peut, le jour suivant, lever le camp, et commencer le siège de Breslau. Les invalides sont libérés, le reste des défenseurs sont emmenés prisonniers.

Entre-temps, le roi de Prusse a nommé le prince von Anhalt-Pleß gouverneur général de Silésie, lui envoyant, pour le seconder, son aide de camp le major Graf Goetzen. Les commandants des places de Silésie sont informés de ces nominations, et invités à se défendre le plus farouchement possible, sous peine de mort.

Le gouverneur général ne se montre pas particulièrement à la hauteur de ses nouvelles fonctions, tandis que von Goetzen déploie de son côté une activité remarquable, pour fournir aux places tout ce dont elles ont besoins et de renforcer les garnisons avec des recrues et des isolés. Il parvient ainsi à renforcer de 22.000 hommes les six places encore libres d’ennemis.  Il prépare également un plan pour tirer des places les meilleures troupes et en former un corps indépendant pour combattre efficacement l’ennemi.

La prise de Glogau a fourni à Vandamme une telle quantité de pièces d’artillerie lourde, accompagnées de leurs munitions, qu’il peut sans attendre commencer le siège de Breslau. Le 4 décembre, il envoie en avant-garde le général Montbrun, à la tête de la cavalerie wurtembergeoise, le suivant lui-même avec l’infanterie. Le 5 décembre, Jérôme et la division Wrede quittent Kalisch[18].  Le 6 décembre, Jérôme et la cavalerie arrivent devant la capitale de la Silésie, installant son quartier général à Lissa. Le jour suivant arrive également la division Wrede et la division wurtembergeoise : la ville est alors complètement encerclée. Trois jours plus tard, le bombardement commence et les trois semaines suivantes il y a de nombreux affrontements, qui, en général, tournent à l’avantage des Prussiens.

 

Garnison von Breslau

Gouverneur Général : Lieutenant Thile,  Commandant Général : Major Kraft

Infanterie Régiment Thile : 89 Officiers, 3.909 hommes

3e bataillon de mousquetaires Hohenlohe

3e bataillon de mousquetaires Treuenfels

Fusiliers  du dépôt de Greifenberg

Chasseurs : 1 Officier, 74 hommes

Invalides : 10 Officiers, 363 hommes

Cavalerie : 9 Officiers, 641 hommes

Artillerie : 26 Officiers, 854 hommes

Total : 135 Officiers, 5.841 hommes, 240 chevaux

 

Après l’arrivée à Neiß du gouverneur général, divers plans sont étudiés pour la suite des opérations. Le capitaine Heinrich von Lüttwitz est partisan de réunir la plus grande partie des troupes qui se trouvent dans les places de Silésie, et, avec environ 16.000 hommes, de marcher sur Breslau, et d’y anéantir les troupes de la Confédération qui se trouvent devant la ville.

Au contraire, Goetzen propose de les affaiblir par de petites opérations, ce qui est finalement accepté. 6.000 hommes et 40 chasseurs sont ainsi réunis, qui se rassemblent le 22 décembre à Grottkau (au sud-est de Breslau) et s’avancent sur la ville.  Mais, du fait d’une mauvaise préparation et de l’inexpérience de leur chef, ce contingent, déjà faible, fond rapidement et, après quelques affaires malheureuses, il doit être retiré.

Le 20 décembre, sur l’ordre de Napoléon, Jérôme se rend à Varsovie.

Il confie le commandement des opérations à son chef d’état-major, le général Hédouville, un habile homme de cour, mais ne pouvant être comparé, du point de vue militaire, à Vandamme. Quoiqu’il en soit, Vandamme parlemente de lui-même avec le gouverneur de la ville, le général von Thiele, lequel ne veut, au début, rien savoir d’une reddition.

Le 30 décembre, une nouvelle tentative de lever le blocus échoue, en particulier parce qu’une sortie de la garnison ne se produit pas. La résistance de Thiele est à son terme. Il parlemente de nouveau, et, le 5 janvier 1807, il rend la plus importante place forte du pays. Deux jours plus tard, les vainqueurs entrent dans la ville.

Jérôme avait bien eut vent des négociations, mais il arrive trop tard de Varsovie pour recueillir les honneurs de la prise de la place. Ce n’est que le 8 janvier qu’il fait son entrée triomphale dans la capitale de la Silésie, non sans avoir destitué, encore à Varsovie, le général Vandamme. Par décret du 5 janvier, les troupes de Jérôme deviennent désormais le IXe corps de la Grande Armée.

Les journaux ne tarissent pas de louanges pour fêter l’entrée du prince impérial. Le docteur Friedrich Friese note, le 8 janvier, dans son Journal :

A une heure et demie, Son Altesse royale, avec une forte escorte de cavalerie, est arrivée aux portes, où elle est aussitôt montée sur un cheval richement paré et, au son de 24 canons et entourée d’une parade de soldats, a fait son entrée en bel ordre, saluée par la musique de tous les régiments. La suite était nombreuse et brillante… ses deux aides de camp étaient le prince héritier de Hohenzollern-Hechingen et le prince de Salm…. Le soir, à 7 heures, la ville fut illuminée et, à l’opéra, on présenta l’opéra Fauchon.  [19]

Sur l’ordre de Berthier, du 7 janvier 1807, l’occupation de la Province doit être, si possible, terminée pendant l’hiver. Pour cela, Jérôme doit bloquer, d’abord Schweidnitz, puis Brieg et Kosel, lui-même restant à Breslau. C’est ce qu’il fait, naturellement, avec plaisir, et la noblesse de Silésie se met en quatre pour organiser des bals et des festivités en son honneur, afin de lui rendre son séjour à Breslau aussi agréable que possible.

Jérôme laisse la 2e division bavaroise Wrede – placée, en raison de la maladie de ce dernier, sous les ordres du général Menucci – à Breslau. Deroy, avec la 1e division et la brigade de cavalerie Mezzabelli, au total 6.000 fantassins, 900 cavaliers et 44 pièces d’artillerie, est d’abord chargé du siège de Brieg, puis de Kosel.  Enfin, la division wurtembergeoise, sous les ordres de Vandamme, et la cavalerie de Montbrun (6.000 fantassins, 700 cavaliers, 20 pièces d’artillerie) doivent s’emparer de Schweidnitz.

Le 8 janvier Deroy se présente devant Brieg. Le 15, le bombardement commence. [20]. Comme la place n’a qu’une faible garnison, et que, de plus, les fortifications sont en mauvais état, elle capitule dès le jour suivant.

 

Garnison de Brieg
3e bataillon de mousquetaires Malschitzky 12 officiers, 768 hommes
Recrues der Landbataillone 193 hommes
Bataillon  de retraités (invalides ?) Ranzionierte 7 officiers, 220 hommes
Artillerie 3 officiers, 50 hommes
Artilleriehandlanger et Invalides 158 hommes
Dépôt de hussards Pleß 50 hommes
Chasseurs 62 hommes
Total 22 officiers, 1.501 hommes

 

Deroy laisse à Brieg seulement un bataillon, pour se rendre ensuite à Kosel.

A Kosel, c’est le colonel de 71 ans von Neumann qui commande. A ses côtés, le colonel d’artillerie von Puttkamer, un an plus jeune. Mais, malgré leur âge et de nombreuses infirmités, les deux officiers montrent une énergie de fer pour conserver au pays cette place.

Le 23 janvier, Deroy se présente avec 6.000 hommes devant la forteresse, dont les défenseurs sont au nombre d’environ 4.000 :

 

Garnison de Kosel
3e bataillons des régiments Sanitz und Pelchrzim      2.000 hommes
Rekruten und Ranzionierte     1.480 hommes
2 compagnies d’invalides        107 hommes
Artillerie – Génie       294 hommes
Dragons – Dépôt von Osten         75 hommes
Cuirassiers –  Dépôt von Bünting       162 hommes
Total  : 41 cavaliers ,  4.178 hommes

Neumann repousse toutes les propositions de reddition, et Deroy n’a pas d’autre solution qu’un siège en règle. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 1807, les travaux d’approche commencent et le 4 février, ce sont les premiers bombardements.  Mais, suite à des ordres mal interprétés, Jérôme fait transférer les pièces d’artillerie du siège à Glogau, et le siège se transforme en une simple blocus et, après le départ d’une partie des Bavarois, en une opération d’observation[21]

La chute rapide et inattendue de Brieg a un effet accablant sur le prince de Anhalt-Pleß ; il se retire avec le reste de ses troupes, sur Glatz.

Entre-temps, Vandamme, a commencé, le 10 janvier, le blocus de la place de Schweidnitz, l’une des plus puissantes de Silésie. Ici commande le lieutenant-colonel von Hacke, avec à ses côtés le major du génie von Humbolt. La garnison se monte à environ 6.000 hommes et 242 pièces d’artillerie.

 

Garnison de Schweidnitz
3e bataillon de mousquetaires des régiments :
Schimonski 17 officiers/1194 hommes
Strachwitz 13 officiers/ 976  hommes
Kropf 28 officiers/ 495 hommes
Restes du régiment Alvensleben 1 Officier/18 hommes
Dépôt de fusiliers de Silésie 5 officiers/808 hommes
Compagnie nationale Jungbluth 3 officiers/ 177 hommes
Chasseurs 3 officiers / 162 hommes
Jäger vom Lande 92 hommes
Invalides 2 officiers/ 279 hommes
Recrues der Land-Reserve 980 hommes
Artillerie 7 officiers/202 hommes
Ingenieurs 3 officiers/3 hommes
Mineurs 3 officiers/90 hommes
Cuirassiers du dépôt Heysing 1 officier/255 hommes
Bataillon de cavalerie Reisewitz 10 officiers/334 hommes
Total                                                              96 officiers – 6.065 hommes
Avec les malades et les individus aux arrêts                           6.391

 

Le 10, Vandamme somme encore le commandant de se rendre, et, ayant reçu une réponse négative, fait d’abord bombarder la ville avec des obusiers, ce qui ne cause pas de gros dégâts. Lorsque, le 3 février, les pièces de gros calibre arrivent, le véritable bombardement peut commencer. Napoléon attachant une grande importance à la chute rapide des places de Silésie, il a chargé le général Bertrand de surveiller le siège.

Dès le 8 février, les deux commandants se déclarent près à la reddition [22], même si la place a peu souffert du bombardement, les fortifications elles-mêmes n’ayant pas été atteintes, mais la garnison, en raison de désertions permanentes, est réduite à tout juste 400 hommes.

Ils signent une convention et se déclarent près à rendre la place le 16, si aucun secours n’arrive d’ici cette date.

Goetzen ayant reçu du roi l’ordre de se rendre à Vienne, pour essayer de gagner l’Autriche à la Coalition, le prince de Anhalt-Pleß étant passé lui aussi sur le territoire de Bohème, c’est le major Stössel qui est chargé d’une telle entreprise  Mais la petite troupe de 1.500 hommes d’infanterie, 2 escadrons et 6 canons est défaite, le 16 février, en plusieurs petites affaires, et en partie forcée de trouver son salut sur le territoire autrichien.

Après la chute de Schweidnitz, Vandamme s’avance, avec les Wurtembergeois, en direction de Neiße, où il arrive, le 23 février, avec 5.600 fantassins et 180 cavaliers.  C’est le gouverneur général von Steensen qui commande la place, un homme des plus vaillant, mais très malade. Neiße est bien approvisionnée et dispose de plus de 350 canons, obusiers et mortiers, avec 6.156 Zentner de poudre, ainsi qu’une grande quantité de projectiles de toutes sortes. Mais, au lieu des 12.000 hommes réglementaires, la garnison n’en a qu’à peine la moitié.

 

Garnison de  Neiße
3e bataillon de mousquetaires von Müffling        1.000 hommes
Régiment d’infanterie Pelchrzim        1520 hommes
Landreservisten et recrues (4 bataillons, 1 compagnie de grenadiers)        2600 hommes
4 compagnies d’invalides          416 hommes
Artilleurs et volontaires sans armes (hommes de main)          206 hommes
Mineurs            60 hommes
Hussards Schimmelpfennig            50 hommes
Chasseurs          100 hommes
Total                                                                         5.952 hommes

 

Les travaux d’approche commencent le 2 mars, mais le siège ne peut se dérouler comme on le souhaitait, car l’empereur veut renforcer son armée en Prusse occidentale, qui s’est fortement éclaircie, et tire autant de troupes qu’il peut des  théâtres d’opérations  secondaires (cf. ci-dessus).

Ce n’est que le 5 avril qu’il ordonne la reprise du siège de Neiße et un blocus plus étroit de Kosel.

En mai, le prince Jérôme, nommé le 14 mars, pour ses  « services », général de division, se rend de Breslau au camp devant Neiße, et somme le gouverneur de se rendre. Il reçoit une fin de non recevoir. Finalement, on ouvre, du côté prussien, des négociations, et, le 30 mai, les deux parties trouvent un accord, par lequel Neiße et le Fort Prußen seront remis le 16 juin aux Français, si aucune aide n’arrive avant cette date.

Bien que von Goetzen, nommé entre-temps gouverneur général de Silésie, soit revenu d’Autriche, et conseille fortement de tenir encore longtemps la place, ce qui reste de la garnison – 4.000 hommes et 133 officiers – met, le 16 juin, bas les armes.

Certes, Vandamme a reconnu la défense habile de la place, mais ce fut irresponsable de la part du gouverneur d’avoir rendu les fortifications, alors que seulement 3 officiers et 91 hommes avaient été tués et 137 hommes blessés.

 

De toutes les places prussiennes, il ne restait désormais plus que Glatz, Kosel et Silberberg dans les mains prussiennes. Lorsque von Goetzen retourne à Glatz, il y trouve tout dans le plus misérable état. Malgré le refus qu’il a reçu en Autriche, il décide de remettre la place en état de se défendre et de lever des troupes.

Les troupes françaises et de la Confédération en Silésie n’étant pas très importantes – à la fin mai chacune se monte à environ 17.000 hommes – il essaye un coup de main sur Breslau et de libérer Neiße, mais ces deux tentatives échouent.

Dans le même temps, quelques corps isolés mènent une efficace petite guerre derrière les lignes françaises.

Comme celle-ci est, en général, dirigée par des officiers subalternes, on parle ici de « la guerre des lieutenants » [23]

Pendant ce temps, le siège de Kosel se prolonge. En réalité, il ne s’agissait que d’un simple blocus de la place, les Français manquant de pièces de siège. Après la mort, le 16 avril, de von Neuhommes, le colonel von Puttkamer prend le commandement.  La situation des assiégés, en raison des maladies et des désertions, s’aggravant de jour en jour, il se décide à entrer en discussion avec le commandant des troupes d’encerclement, le général Ralgovich. On se met d’accord, que la place sera rendue le 16 juillet, si d’ici là aucun secours n’arrive. A cette date, le cessez-le-feu général a été signé, de sorte que la place ne tombe pas, de facto, dans les mains de l’ennemi.

Après la chute de Neiße, les Français transfèrent toutes leurs forces – environ 13.000 hommes à la mi-juin – devant Glatz, où, après déduction des malades et des hommes sans armes, se trouvent encore environ 5.800 hommes.

 

Garnison de Glatz  
Infanterie de ligne de divers régiments. 3600 hommes
Artillerie, Mineurs , ouvriers 1200 hommes
Compagnie de chasseurs Ehrenberg 150 hommes
Compagnies de tirailleurs Polczinski, Clausewitz, Stengel, Freyburg, Ingenheim, Berswordt, Stillfired zusammen 680 hommes
Grenadierschützen Sell 80 hommes
5 escadrons montés 555 hommes
Cavalerie de réserve démontée 300 hommes
Total : 6.565 Hommes  –  483 chevaux

 

Le 20, l’attaque commence sur le camp fortifié de Glatz, dont Goetzen a conseillé la mise en place, mais qui n’est pas encore terminé lorsque les Français apparaissent. Malgré une violente fusillade, le camp est attaqué dans la nuit du 24. Les Prussiens perdent plus de 800 hommes. Lorsque, au matin du 24 juin, Jérôme fait dire à Goetzen qu’il fera bombarder la ville, si celui-ci n’accepte pas un cessez-le-feu, le gouverneur ne pense pas devoir refuser, car une entrée en guerre rapide de l’Autriche, et donc la seule aide possible, lui parait invraisemblable. Il est difficile d’imaginer que la situation de la place ait été si défavorable que Goetzen ait été conduit à craindre un siège.  Quoiqu’il en soit, des négociations personnelles ont lieu entre Jérôme et Goetzen, qui se terminent le 25 juin. Sur la base de ces négociations, la place sera rendue le 26 juillet, si elle n’est pas secourue avant.  Entre temps, le cessez-le-feu général portera une fin à toutes les entreprises guerrières.

C’est ainsi qu’il ne restait donc plus qu’à assiéger la dernière et la plus petite, mais aussi la plus éloignée des fortifications, Silberberg im Eulengebirge. Lorsque Deroy propose à son commandant, le colonel comte von Schwerin un accord semblable à celui qui a été conclu pour la remise de Glatz, ce dernier refuse. Les forces dont il dispose sont d’environ 2.000 hommes.

 

Infanterie de ligne 1.200 hommes
Servants de pièces d’artillerie 400 hommes
Compagnies de tirailleurs Reichmeister, Rekowski, Offeney   410 hommes
3 escadrons de cavalerie de différents régiments 215 hommes 215 chevaux
Total                                                                              2. 225 hommes

 

Le 27 juin, les fortifications et la ville sont encerclées, et l’attaque commence le jour suivant, qui va se terminer par l’incendie de la ville. C’est l’annonce du cessez-le-feu général qui termine, ici aussi, les combats.

 

Stralsund – Poméranie suédoise

Le roi Gustave-Adolphe IV de Suède – également duc de Poméranie – était devenu, après l’exécution du duc d’Enghien, un ennemi irréductible de Napoléon, mais il n’avait encore jamais trouvé l’occasion de se mesurer, les armes à la main, à son ennemi. 

En janvier 1807, après avoir terminé sa tâche en Allemagne occidentale et occupé Hambourg, le maréchal Mortier, suivant en cela les ordres reçus, marche sur Stralsund, avec les divisions Grandjean (anciennement Dumonceau) et Dupas, pour d’abord y mettre le blocus[24]. Sa troisième division, composée exclusivement de Hollandais, occupe les embouchures du Weser, de l’Elbe ainsi que Travemünde.

A Stralsund se trouvent environ 15.000 hommes de troupes suédoises.

  1. Knötel, dans les „Mittheilung“, donne quelques extraits de lettres d’un officier français

Le soldat suédois, surtout le natif, est grand et, dit-on, solide, puissant, résistant, imperturbable, docile, obéissant mais peu réfléchi, gauche, lourd et pas vêtu ; l’artillerie, surtout l’artillerie attelée, et les hussards allemands sont l’exception, qui, chacun à leur façon forment de belles troupes,  très rapidement exercées ; le reste de la cavalerie, surtout en ce qui concerne leur aspect extérieur, est exempt de toute critique. Les officiers sont très maniérés. Ils portent au bras gauche un brassard blanc, en partie en souvenir de la Révolution de 1772, en partie pour être reconnus de leurs soldats. Mais cela les désignait aussi d’autant plus à nos tireurs, qui tiraient sur les brassards, ce qui explique que beaucoup d’officiers suédois furent blessés au bras. [25]

Le commandant est le gouverneur de la province, le baron von Essen. Mais c’est un aussi mauvais chef d’armée que son second, le général von Armfelt[26].

En mars 1807, Napoléon donne au maréchal Mortier le commandement sur toute la région côtière, y compris celle de Colberg, et au milieu du mois, il lui ordonne de prendre lui-même le siège  de Colberg en main. Mortier laisse donc Grangean[27] devant Stralsund et marche avec les autres régiments en direction de l’est.

Cela convient parfaitement aux Suédois et, le 1er avril, les généraux Essen, Armfelt et Cardell font une sortie, rejetant les Français hors de Stettin. Dès le 3 avril, la Poméranie suédoise est libre d’ennemis, et 2.000 Français sont prisonniers des Suédois. Ceux-ci se sont avancés jusqu’à Pasewalk. Cette sortie aurait pu avoir de très désagréables conséquences pour les Français, si elle avait été menée avec plus de troupes, et si un chef plus entreprenant et plus circonspect l’avait dirigée.

 Lorsque Napoléon apprend la sortie des Suédois, il prend aussitôt les mesures pour y remédier. Le 10 avril, Mortier reçoit les ordres de l’empereur, et, dès le lendemain, il se met en route de Colberg avec quelques régiments. En route, il fait sa jonction avec ceux de Grandjean, d’autres qui sont alors en marche, ainsi qu’avec quelques autres envoyés en renfort depuis Berlin[28].

Sans tarder, il attaque, le 16 avril, Armfeld, à Ferdinandshof, le rejetant sur Anklam et Greifswald. Mais il fait les choses à moitié et se laisse entraîner, le 18 à Schlatkow, dans un cessez-le-feu avec Armfeld, aux termes duquel les rivières Peene, Trebel et Recknitz doivent former la ligne de démarcation entre les deux armées. Les Français obtiennent la permission d’occuper les îles Usedom et Wollin ; les Suédois promettent en plus de ne pas envoyer d’aide à Colberg. Napoléon ne se montre pas satisfait de ce cessez-le-feu signé pas Mortier, mais fini par l’autoriser.

Le 29 avril, l’empereur forme un nouveau „Corps d’Observation“, fort d’environ 38.000 hommes, dont 14.000 Hollandais, les divisions françaises Molitor et Boudet, et le contingent espagnol du marquis de La Romana. Il en donne le commandement au maréchal Brune.

 

 

Ce corps d’armée a pour mission de défendre les embouchures de l’Ems, du Weser et de l’Elbe contre les entreprises anglaises et suédoises.  L’empereur forme également un corps de réserve de la Grande Armée, dont il donne le commandement au maréchal Lannes, remis de ses fatigues.

Mais Brune ne semble pas à la hauteur de la situation. Le 4 juin, il accepte de rencontrer le roi de Suède. Comme on peut l’imaginer, Gustave Adolphe IV cherche à le détourner de Napoléon. Il n’y réussi pas, mais la réunion n’apporte rien de quoique ce soit favorable à la France.

Pendant la guerre de presque 9 mois entre la Prusse et la France, aucune aide anglaise notable ne s’était manifestée, les deux pays, en raison du Hanovre, se trouvant de facto encore en guerre. Pourtant, le 17 juin, les Anglais se décident pour une intervention militaire directe et signent un traité avec la Suède.

20.000 Anglais doivent venir en aide aux 16.000 Suédois de Stralsund.

 

             

Armée suédoise en Poméranie  – 4 août 1807
1er régiment d’artillerie de campagne        246 hommes
1er régiment d’artillerie de campagne 235 hommes
Artillerie de Forteresse             687 hommes
Artillerie de Réserve   563 hommes
Hussards de la Garde 207 hommes
Dragons de Smaland   217 hommes
Carabiniers de  Scanie 407 hommes
Hussars de Mörner      600 hommes
3e Brigade
Grenadiers 204 hommes
Bataillon Uppland                      600 hommes
Bataillon Jonköpping  600 hommes
Batallion Dahl                600 hommes
Bataillon Westgöta      600 hommes
Bataillon Bohuslans     600 hommes
Bataillon Westhommesland  600 hommes
4e Brigade
Bataillon Skaraborg     600 hommes
Bataillon   Söderhommesland 600 hommes
Bataillon Elfsborg                       600 hommes
1er Bataillon Värmland             600 hommes
2e Bataillon Värmland 600 hommes
Chasseurs de Värmland 290 hommes
5e Brigade
Régiment de la Reine 1200 hommes
Regiment Engelbrechten         1200 hommes
Garde Bourgeoise de Stralsund 1402 hommes
Landwehr de Poméranie 1648 hommes

 

En dépit des discussions de Tilsit et de l’absence de perspective favorable d’une nouvelle guerre avec Napoléon, le roi de Suède dénonce, le 3 juillet, le traité signé avec Mortier. Deux jours plus tard, la 1e division anglo-allemande, forte de 3.000 hommes, sous les ordres du général von Drechsel, débarque à Mönchgut, sur l’île de Rügen, et, le 7 juillet, le commandant en chef des forces anglaises, Lord Cathcart, arrive à Stralsund, à la tête de 5.000 hommes supplémentaires, commandés par le général de division von Linsingen. Avec Blücher et ses troupes, qui se trouvent à Stralsund depuis le 29 mai, le roi de Suède dispose donc d’environ 30.000 hommes. Mais la joie des alliés est bientôt troublée, car, du fait du cessez-le-feu franco-prussien, ces derniers  quittent Usedom le 12 juillet.

Dès le lendemain survient l’attaque de Brune sur les positions suédoises. La division Molitor attaque à Damgarten, celle de Boudet à Tribsee, celle de Loison à Demmin et celle de Grandjean à Anklam. Après plusieurs combats, les Suédois sont repoussés sur Stralsund.

 

Notre témoin français (Gewährshommes) raconte :

 « L’infanterie fit, le 14 juillet, ses mouvements très exactement, avec sang-froid et en ordre, les attaques avec fermeté, mais leur feu ne fut pas autant fourni et soutenu qu’il aurait dû l’être.  Je crois que, plus habitués à un feu réel et plus dense, il se serait battu de façon exemplaire. » [29]

Brune dispose d’environ 30.000 hommes, Français, Italiens, Hollandais, Espagnols ainsi que de troupes de la Confédération.  Hollandais et Espagnols auraient dû, selon les ordres de Napoléon, retourner à Hambourg[30]. Au lieu de cela, les Espagnols ont, le 5 août, leur baptême du feu[31].

Les Suédois, l’après-midi, font une sortie de reconnaissance, mais se retrouvent sous le tir croisé d’unités espagnoles et sont repoussés par les dragons de Villaciosa.

Le 6, Molitor donne l’ordre aux troupes espagnoles de se porter sur la ville, jusqu’à la position prévue pour la deuxième tranchée (parallèle ?) Les dragons et l’infanterie légère mènent cette attaque, le 2e de ligne attaque plus tard, en soutien. Ils combattent ici, en particulier, contre les régiments de ligne 6, 7 et 8 de la King German Legion (KGL). La brigade sera félicitée pour cette action par Brune.

Les pertes espagnoles sont relativement faibles : 5 tués et 8 blessés pour l’infanterie légère catalane, dont deux officiers, le lieutenant Camilleri et le second-lieutenant Pineiro.

Les dragons perdent 2 tués et 2 blessés, ainsi que 8 chevaux.

Le 15 août, les premières tranchées peuvent donc être ouvertes devant la ville.

Les troupes anglaises s’étaient, le 8 août, réembarquées, pour participer à l’attaque de Copenhague.

Comme, désormais, la défense apparaît inutile aux Suédois, et que, de plus, la ville en souffrirait beaucoup, ils se retirent d’eux-mêmes, dans la nuit du 19 au 20 août, sur Rügen.

 

A Rügen du 21 juillet  au 31 juillet 1807
Carabiniers Skanska 447 hommes
Hussards Mönerska 335 hommes
Régiment Abolans                     609 hommes
Régiment Björneborg 604 hommes
Régiment Nyland 606 hommes
Landwehr de Bergen 620 hommes
Régiment du Roi[32] 35 hommes
Artillerie 80 hommes
Etat- major 25 hommes

 

Le soir du 25 août, les Français prennent possession de Stralsund. [33]

C’en est fini désormais de la domination suédoise sur la Poméranie. Le 9 septembre, le roi Gustave Adolf IV s’embarque à Nordperd, et, le 27, les derniers Suédois quittent l’île de Rügen ; les derniers Anglais étaient partis plus tôt. C’est au tour des Français d’occuper l’île, sans résistance.

Brune commet l’erreur d’autoriser le général Toll d’emmener les troupes suédoises dans leur patrie.  Cela lui vaut la disgrâce de l’empereur et de ne plus recevoir de commandement. Il se retire alors sur ses terres à Saint-Just, et, même en 1813, malgré ses nombreuses demandes, il n’en recevra pas non plus.

 

 

 

Annexes

Série des mots d’ordre et de ralliement, par le journal du Lieutenant Moritz.

Le  1. Avril.     Auguste – Arras –  Arrêt.

  1. Cinna- Compiègne –  Constitution
  2. Rodrigue – Rouen-  Richesse.
  3. Achille- Alençon-  Assistance.
  4. Titus- Toulon-  Tentative.
  5. Enée- Épinay-  Étude.
  6. Caton- Cahors-  Correction.
  7. Scevola- Sarreguemine-  Santé.
  8. Bérénice- Bruxelles-  Bonté.
  9. Socrate- Sarrelouis-  Silence.
  10. Charles- Chalons-  Charité.

12              Pompée-  Paris-  Patience.

13              Gaston-  Grenoble-  Gloire.

14              Montfort-  Mayence-  Maxime.

  1. Constantin- Chartres-  Courage.
  2. Agricola- Amsterdam-  Ambition

17              Bajard-  Bourges-  Bouleau.

  1. Condé- Castres-  Charité.
  2. Desaix- Dinan-  Distance.
  3. Épaminondas- Evian-  Erreur.
  4. Fabres- Frankfort-  Fortune.
  5. Guibert – Gal – Guide.

23              Hoche-  Hambourg – Honneur.

  1. Jeanbert- Jérusalem-  Jurement.

25 .            Kléber-  Kéle-  Kiosque.

  1. Léonidas- Laon-  Lumière.

27              Maillebois-  Marseille-  Mainbasse.

  1. Nemours- Nismes-  Nation.
  2. Octave- Orléans-  Occupation.
  3. Pompée-  Paris-  Prudence.

 

Matelots anglais :

1, 4, 5 und 6 Matelots, d’après des dessins contemporains de Carrington Bowles, Ibbetson und Fairbarn

2 Matelot avec un bonnet en fourrure pour les journées froides

3 „Cadet de la flotte“ (Seekadett) – Dessin de Jellicoe, in Collingwoods Geschichte

7 Cuisinier de marine – Invalide avec une jambe de bois

 

 

Bibliographie

 

  1. Barsewitsch – Geschichte des großherzoglich badischen Leib- Grenadier- Regiments – 1803-1871, Karlsruhe 1893

Bellangé, H. Die Generale der französischen Republik und des Kaiserreichs, Leipzig 1846

Bleibtreu, C.  Die Grosse Armee, 1. Band, 1805-1806-1807, Stuttgart 1906

Höpfner,v.E. Der Krieg von 1806 und 1807, Berlin 1850

Hoeven, M.van der. Van de Weser tot de Weichsel, Amsterdam 1994

Kausler. F. Die Kriege von 1792 bis 1815 in Europa und Aegypten in gedrängter Darstellung nach den zuverlässigsten Quellen bearbeitet, Karlsruhe und Freiburg 1840

Lettow-Vorbeck, O.v. Der Krieg von 1806 und 1807, 3 vol. Berlin 1893

Nafziger, George & Weselowski, Mariusz T., “Poles and Saxons of the Napoleonic Wars” (Chicago 1991)

Panckoucke C.L.F. (ed.), “Victoires, Conquêtes, Désastres, Revers et Guerres Civiles des Français, de 1792 à 1815”, Tome 17me (Paris 1820) pp. 84-135.

Petre, F.L. Napoleon‘s Campaign in Poland 1806-7, Reprint, London 1976

Posselt, R. Europäische Annalen, Stuttgart 1807

Postel, R. (Hrsg.)  – Unter Napoleon gegen Preußen, Köln 1975

 

[1] Les données concernant les troupes du siège sont très variables. Plusieurs sources prussiennes (Goltz, Jany, Lettow-Vorbeck) donnent environ 12.000 hommes au début du siège, les sources françaises (Madelin, Dumas, Sauzey) vont jusqu’à 18 000. Durant les mois qui suivirent, le nombre d’assiégeants atteignit 23 -27 000 hommes (23.423 selon le lieutenant saxon Moritz)

[2] cf. Note 4.

[3] L’historique du régiment de grenadiers de la garde raconte : „Un soir, il se mit à la tête d’un bataillon badois, fit battre la charge, et conduisit la colonne par monts et par vaux, les ramenant, en sueur, au camp… Il s’exclama : „Voilà comment il faudra faire lorsqu’on vous enverra au combat ! ».

[4] Napoléon fit l’éloge de l’engagement des Alliés : „Les Saxons, les Polonais ainsi que les Badois depuis que le prince héréditaire de Bade est à leur tête, rivalisent entre eux d’ardeur et de courage.“ Correspondance, T.XV  S.117

[5] Kalckreuth confirme que la situation de Danzig se détériora après perte des îles de la Vistule : „Cette nuit a été la plus malheureuse durant toute la défense“. La rapide défaite de la garnison russe engendra aussitôt des rumeurs de trahison. 

[6] Le plan avait été déjà préparé en avril. La perte de Holm resta inconnue de Kamenskij.  

[7] „la garnison de Danzig a fait une sortie par la Neugartener Tor, avec toutes les forces disponibles, dont une grande partie de cavalerie. Celle-ci doit frayer son chemin jusqu’au troupes de secours, l’infanterie de la garnison ne réussissant pas à entrer en liaison étroite avec celles-ci. Höpfner Bd 3. S. 477

[8] „Attaquez le Hagelsberg: maître du Hagelsberg, vous l‘êtes de la place“  Napoléon à Lefebvre, 18 mai, de Finckenstein,  Correspondance. 12 600

[9] Höpfner Bd. 3 S. 517

[10] Cela montre que plus de la moitié des canons disponibles pour la défense n’étaient plus utilisables. Beaucoup dataient du siège de 1734.

[11] Aujourd’hui Kolobrzeg

[12] Höpfner Bd. 4 S. 579

[13] Relations du siège de Colberg par le Général du Génie Chambarliac, Archives du Génie, manuscrits relies, tome V

[14] De la division Deroy, le 6e de ligne se trouvait devant les fortifications de Plassenburg, à Kulmbach. La garnison, forte de seulement 360 hommes, sous les ordres du général von Uttenhofen, capitula le 25 novembre, avant que ne commence le bombardement. Le 6e, renforcé du 14e et du 5e léger et d’artillerie, rejoindra plus tard le reste des troupes bavaroises. (Höpfner Bd. 4 S.16) 

[15] Seckendorff sera démis de son commandement en avril et remplacé par le général von Camerer.

[16] 6 mortiers légers et 8 lourds, ainsi que 4 obusiers lourds. 

[17] Une sorte de gendarmerie.

[18] Ici reste la division Deroy et la cavalerie, amputée cependant du 1er régiment de chevau-légers, envoyé à la grande Armée, remplacé par le 2e

[19] Kircheisen, Napoléon, S. 299-300

[20] 21 canons français tirent, jusque dans l’après-midi, 1.500 boulets sur les fortifications.

[21] Le 23 février, Jérôme doit se séparer de la 2e division bavaroise, commandée par le prince héritier Louis de Bavière. Elle est dirigée sur Varsovie.  

[22] Les négociations sont, du côté français, menées par le prince de Hohenzollern-Hechingen, un membre de la Confédération. Les deux officiers prussiens furent, en raison de cette capitulation, condamnés à mort par un tribunal de guerre, la sentence étant commuée en prison à vie. 

[23] M. Lezius, Der Leutnantskrieg in Schlesien, copie d’un article se trouvant dans la succession H. Knötel, WGM Rastatt

[24] Ce blocus commence le 28 janvier 1807

[25] „Über die schwedische Armee im Jahre 1807“ – in Mittheilungen zur Geschichte der militärischen Tracht, Als Beilage zu seiner Uniformkunde herausgegeben von Richard Knötel, N° 6, Rathenow Juni1895

[26] „Essen était un homme bien intentionné et populaire, mais tranquille et sans expérience de la guerre; Armfeldt un homme vivant et plein d’esprit qui malheureusement manquait tout autant de pondération que de la moindre bravoure. “  O. Francke, Aus Stralsunds Franzosenzeit, Stralsund o.J., S.6 . La coopération entre les deux hommes fut d’autant plus difficile que Armfeldt, plus ancien, était mis sous les ordres de Essen.

[27] 1er et 5e Ligne, 2e et 7e  Ligne; 1er bat. 8e Ligne, 3e Hussards hollandais, 2 Batteries Artillerie attelées

[28] Contribution hollandaise à l’offensive sur Stralsund:

Divison Grandjean: 2e, 7e de ligne, 1er bat. 8e de ligne, 1e batterie attelée

Division Dupas : 2e batterie attelée

Cavalerie (Général Lorge) : 3 esc. 2e Hussards hollandais ; 2 esc. 2e Régiment Cavalerie van der Hoeven.  Van de Weser tot de Weichsel, S. 92

[29] „Mittheilungen“,  op. cit

[30] Napoléon écrit le 22  juillet à brune : „Pressez le siège de Stralsund. Si vous n’avez pas besoin des Hollandais et des Espagnols, renvoyez-les du côté de Hambourg. “ Correspondance. 12 941 T. XV

[31] Sous le commandement du général de brigade Juan Kindelan: Dragons Villaviciosa,  1 bataillon léger de catalogne,  régiment de ligne Zamora et Guadalajara 

[32] Régiment  du Roi Louis XVIII, formé en 1806  par Louis- Marie Céleste d’Aumont, duc de Piennes, unité d’émigrés, qui ne dépassera jamais la force de 40 hommes.

[33] Le 19 août, Napoléon avait fait écrire à Brune, par Berthier, lui réclamant une nouvelle fois le retour des espagnols. Correspondance. 13 056, T. XV