Friedrich Franz Xavier Prince de Hohenzollern-Hechingen (1757-1844)

 Friedrich Franz Xaver von Hohenzollern-Hechingen - Lithographie de Josef Lanzedelli d. Ä.
Friedrich Franz Xaver von Hohenzollern-Hechingen – Lithographie de Josef Lanzedelli d. Ä.

Friedrich Franz Xavier Hohenzollern-Hechingen naît le 31 mai 1757, au château de Gheule, près de Maastricht. Il est le deuxième fils du comte Franz Xavier, que ce dernier a eu de Marie Philippine don Hoensbroech.

A l’âge de 18 ans, il entre dans un régiment de cavalerie hollandais, mais, l’année suivante, il passe au service de l’Autriche, comme lieutenant dans le régiment de cuirassiers Archiduc Maximilien (le “propriétaire” “Inhaber” en est alors son oncle Friedrich Anton). En 1778, il participe à la campagne contre la Prusse (c’est la guerre de Succession Bavaroise) et la même année est promu 2e Rittmeister. 

En 1788, Hohenzollern devient major et participe à la guerre contre les Turcs, dans le régiment de cuirassiers Nassau, et notamment au siège de Belgrade. Deux ans plus tard, il est lieutenant-colonel dans le régiment de cuirassiers de son oncle, puis colonel, le 1er janvier 1793, du régiment de cuirassiers Kavanagh. C’est à leur tête qu’il participe à la bataille de Neerwinden (19 mars 1793). Suivent un certain nombre de combats où on le retrouve : Rume, Mouchin, Sainghin, Pont à Marque, Ensoing, enfin Wattignes (16 octobre 1793) , durant lesquels il montre ses capacités et son courage. 

Durant la campagne de 1794, il est au siège de Charleroi (19 – 25 juin). En mars 1796, il est promu General Major et rejoint l’armée autrichienne en Italie, commandée à ce moment là par Beaulieu. Il se distingue à Oliosi (30 mai), couvre la retraite sur l’Adige (début juin), puis conduit l’avant-garde dans les durs combats de Marostica (6 novembre), où il décide de la victoire, enfin combat à la première bataille de Caldiero (12 novembre). 

En janvier 1797, envoyé en Italie, il sert dans le corps d’armée du Feldmarschall-Lieutenant Provera, dont il conduit l’avant-garde. Celle-ci atteint Mantoue lorsque le reste de l’armée autrichienne rencontre les Français à Rivoli (14/15 janvier 1797); encerclé à San Giorgio il doit se rendre après une résistance acharnée (il sera décoré de l’Ordre de Marie-Thérèse.

Durant la campagne de 1799, Hohenzollern ne se comporte pas avec moins de bravoure. A San Massimo (26 mars) , il résiste farouchement aux Français, qui ont rompu l’armistice et met en déroute trios divisions. Suivent des mouvements intelligents à Sommacampagna, Povegliano, Isollalta et Dossobuono, du 2 au 21 avril, durant lesquels il trompe les Français sur ses intentions, ou les bat lorsque l’avantage numérique est en sa faveur. Il occupe finalement Crémone, faisant un butin considérable (16 drapeaux, 45 officiers, plus de mille prisonniers). Le 11 mai, il s’empare de la forteresse de Pizzighetone, et le 24, de Milan.

Hohenzollern reçoit la tâche de couvrir le siège de Mantoue, mais avec moins de succès, devant un ennemi largement supérieur, de sorte  qu’il doit se jeter dans Modena, le 12 juin, ce qui empêche la jonction des troupes de Macdonald et de Moreau, et permet aux Alliés (Melas et Souvarov) de vaincre les Français à San Giovanni (17 juin) et sur la Trebbia (20/25 juin) (1). Hohenzollern avance maintenant en Toscane et en Romania. Le 2 octobre il a connaissance de sa nomination comme feldmarschall-lieutenant. 

Hohenzollern est envoyé sur les Alpes, où Soult se tient à la Boccheta, s’empare, les 6 et 7 avril 1800, de plusieurs retranchements français, puis prend une part effective à la prise de Gênes, où Masséna s’est retranché, qui tombe le 4 juin après de sanglants combats. Après avoir été pour un court temps gouverneur de la place, Hohenzollern doit cependant évacuer la place après la bataille de Marengo (14 juin 1800), et rejoint l’armée principale autrichienne. Le 25 décembre, c’est la bataille de Pozzolo (2), c’est-à-dire 2 jours après l’armistice de Steyr.

Après la paix de Lunéville (9 février 1801) Hohenzollern reçoit le commandement d’une division (deux brigades de cavalerie), à Cracovie, en Galicie. En 1804, Hohenzollern est nommé conseiller secret à la Cour et, en juin 1805, commandant militaire de la Galicie occidentale. 

Lorsque la guerre reprend entre la France et la Troisième Coalition, en 1805). Hohenzollern reçoit le commandement d’une division en Haute-Autriche, sous les ordres du feldmarschall-lieutenant baron Werneck. Le 2 octobre, les hostilités commencent et Hohenzollern est déjà au coeur des combats à Günzburg, le 9 octobre. Le 10, il entre dans Ulm, le 14 c’est la piteuse reddition de Mack. Mais il réussit à traverser les lignes françaises et à rejoindre l’archiduc Ferdinand (3). La retraite en direction de la Bohême est parsemée d’escarmouches, mais Hohenzollern atteint finalement Eger le 22 octobre. Le 5 décembre, il remporte une victoire face aux bavarois de de Wrede, à Stecken. Ces derniers n’interrompent leur poursuite qu’à l’annonce de la victoire de Napoléon à Austerlitz, le 2 décembre.

Hohenzollern prend position sur la ligne de démarcation (avec 7 bataillons et 12 escadrons), et y reste jusqu’à la fin de janvier 1806. Il reprend alors son commandement à Cracovie.

En 1809, Hohenzollern prend le commandement du IIIe corps d’armée de Bohême (28 bataillons, 16 escadrons, 99 canons). Le 19 mars, il se met en mouvement en direction de la Bavière, par Budweis, Linz, Wels et Ried. Le 19 avril, c’est la rencontre avec les Français, à Teugen-Hausen. Hohenzollern conduit ses troupes avec beaucoup de bravoure, mais ne peut éviter une sévère défaite (4). Cette défaite est suivie d’autres combats, les 21 et 22 avril, mais Hohenzollern reçoit bientôt les commandement du IIe corps d’armée, situé sur la frontière nord-ouest de Bohême. Le 6 mai, l’empereur François le décore lui-même de la croix de Commandeur de l’Ordre de Marie-Thérèse.

Hohenzollern conduit son corps d’armée en direction de Vienne, où il arrive juste à temps pour participer à la bataille d’Essling (21/22 mai). Le premier jour de la bataille, il commande la 3e colonne autrichienne, qui résiste vaillamment aux attaques répétées de la cavalerie française de Marulaz. Le lendemain, l’attaque principale des Français est dirigée sur l’aile gauche de Hohenzollern, qui résiste héroïquement. Puis il participe de façon active à la reprise du village, s’y maintenant jusqu’au retrait des Français. L’archiduc Charles lui sert la main sur le champ de bataille.

Durant la première journée de la bataille de Wagram, le 5 juillet Hohenzollern commande le centre du dispositif autrichien, à la tête de ses cavaliers. Il défend, jusqu’à la nuit, avec bravoure le village de Baumersdorf  (5) (aujourd’hui Parbasdorf). Le lendemain, les Autrichiens ne peuvent éviter la défaite, mais Hohenzollern se distingue encore durant la retraite, et se met en travers des Français à Znaïm, le 10 juillet 1809.

Après le cessez-le-feu, Hohenzollern est nommé General der Cavalerie (maréchal) par l’empereur François I, puis, après la paix de Schönbrunn, commandant général en Autriche de l’Inn et au Tyrol. Le 10 janvier 1810 il entre dans Graz à la tête de ses troupes.

En 1812, l’Autriche doit fournir un corps d’armée durant la campagne de Russie. Hohenzollern prend le commandement du corps de réserve rassemblé en Galicie. Mais en 1813, il reprend son commandement de l’Autriche de l’Inn et du Tyrol. Durant les campagnes de 1813 et de 1814, il ne participe pas aux combats mais est chargé des affaires administratives, chargé de lever rapidement un corps de 30.000 hommes qui sont envoyés combattre en Italie. 

Durant la campagne de 1815, Hohenzollern est mis à la tête de la deuxième corps d’armée allemand, qui doit défendre le duché de Bade, le Wurtemberg et la Suisse. Un peu plus tard, son corps d’armée est chargé d’encercler Strasbourg, tenu par environ 21.000 Français sous les ordres de Rapp (6). Le 9 juillet, il repousse une sortie de ce dernier. Le prince va rester avec ses troupes jusqu’au début octobre , avant de retourner, à la dissolution de celui-ci, à Graz, où il reste encore dix ans, jusqu’au 16 octobre  1825, date à laquelle il est nommé Président du Conseil aulique de la guerre. Un an plus tard, le 9 octobre 1826 (il vient de fêter ses 50 ans de services), l’empereur le nomme dans l’Ordre de la Toison d’Or. Le 18 septembre 1830, il est promu Feldmarshall et est décoré de la grande Croix de l’Ordre de Léopold.

Friedrich Franz Xavier Hohenzollern-Hechingen meurt le 6 avril 1844, à Vienne, à l’âge vénérable de 87 ans. (7)

 

NOTES

 

(1) Les Français perdent plus de 12.000 hommes

(2) Les Autrichiens perdent 4.000 hommes

(3) Werneck, lui, se rendra aux Français

(4) 15 officiers et 500 soldats sont tués, 76 officiers et 2400 soldats blessés. Le feldmarschall-lieutenant Lusignan et le prince Alois Liechtenstein sont tués, le prince Moritz Liechtenstein blessé.

(5) C’est le GM  Hardegg qui défend pied à pied le village, que les Français (IIe corps d’armée et Armée d’Italie) ne parviendront pas à prendre.

(6) Rapp commande au 10e léger, aux 32e, 36e et 40e de ligne, à plusieurs bataillons de Garde Nationale, aux 11e et 19e dragons, aux 2e et 7e chasseurs à cheval. Il dispose de 32 canons. Les Alliés disposent de leur coté de 8.000 hommes et de 12 canons. Le siège dure du 28 juin au 30 juillet.

(7) Le prince s’était marié en 1783 avec Marie-Thérèse von Wildenstein, dont il eut quatre enfants : deux fils (Friedrich Anton, 1790-1847 – Friedrich-Adalbert, 1793-1826) et deux filles (Friedricke-Julie, née en 1792 – Fredericke-Josephine, née en 1795)