1807 -Le siège de Graudenz – Le Consulat et le Premier empire

Carte du siège de Graudenz
Carte du siège de Graudenz

Une deuxième place de la Vistule, quoique plus petite, Graudenz, résista durant toute la durée de la guerre. Elle se situait à environ 1.300 mètres au nord de la ville, sur une hauteur, dans une région  située en dehors du grand théâtre d’opérations.

Durant la fuite devant les troupes napoléoniennes, le roi et la reine de Prusse avaient séjourné à Graudenz, du 2 au 16 novembre, ayant souvent l’opportunité de s’entretenir de l’éventualité d’un prochain siège, avec le gouverneur de la place, nouvellement nommé, le général d’infanterie de l’Homme de Courbière, alors âgé de 74 ans.

Au côté de celui-ci, se trouvait, avec rang de premier commandant, le colonel d’artillerie von Schramm, et, comme deuxième commandant, le lieutenant-colonel Borell du Vernay. En dehors des officiers, la garnison était forte de 5.700 hommes, parmi lesquels de nombreux Polonais. Avec 205 canons et 7.800 Zentner de poudre, et un ravitaillement suffisant, il y avait là de quoi être confiant de résister longtemps.

 

Le siège commence

L’ennemi se présente pour la première fois le 12 décembre, mais le siège ne commence véritablement que le 22 janvier 1807, lorsque les troupes de Hesse et de Darmstadt, sous les ordres du général von Werner, s’emparent de la ville de Graudenz. Le commandant des troupes de siège, le général Rouyer, adresse, le 23 janvier, une sommation au gouverneur prussien,  mais celle-ci est repoussée.

Lorsque les Russes s’avancent en Prusse orientale, l’encerclement de Graudenz est, le 29 janvier, levé. Mais, dans la nuit du 10 au 11 février, une nouvelle attaque est lancée contre la ville, par 4 bataillons de Darmstadt, emmenés par le général von Schäffer, qui donne de nouveau la ville dans les mains des forces de siège.

Toutefois, Napoléon est alors trop occupé pour véritablement s’occuper de Graudenz, sans véritable signification stratégique, et il ne laisse que peu d’hommes pour surveiller les fortifications.

Ce n’est qu’après la chute de Danzig que commence le véritable siège. La vie à l’intérieur de cette place dût être tout à fait supportable, car, jusqu’en avril 1807, la garnison prussienne reçut du ravitaillement venant des villages voisins, pourtant le nombre de soldats diminua fortement, car, petit à petit, 827 soldats la quittèrent sans autorisation.

Troupes hessoises (Knötel)
Troupes hessoises (Knötel)

De nouveaux renforts arrivant devant la place, le corps de siège sous les ordres du général Victor, est, au début du mois de juin, ainsi composé :

Division Hessois v.Werner Régiment de la Garde 2  bataillons   825 hommes
Fusiliers   de la Garde 1  bataillon   403 hommes
Régiment du Corps 1  bataillon   391 hommes
Fusiliers   du Corps 1  bataillon   393 hommes
Régiment de Berg 2  bataillons 1.344 hommes
2e régiment polonais 1  bataillon    792 hommes
4e régiment polonais 1  bataillon    764 hommes
Régiment Wurtzbourg 2  bataillons 1.991 hommes
                                               Détachement Chevau-légers de Berg        99 hommes
Artillerie      90 hommes
Génie    490 hommes

 

Le gouverneur de la place est de nouveau sommé de se rendre, une fois même par le général Savary, que Napoléon a envoyé à Graudenz spécialement à cet effet.

Mais l’aide de camp de l’empereur essuie lui aussi un refus, accompagné de la célèbre phrase :

 S’il n’y a plus de roi de Prusse, il reste encore un roi de Graudenz

mais il reste toujours à éclaircir si le général pensait alors à lui ou au roi Frédéric-Guillaume III !

Le siège de Graudenz
Le siège de Graudenz

Finalement, dans la nuit du 27 au 28 juin, les assiégeants commencent les premiers travaux de sape. Mais avant que quoique ce soit de sérieux soit entrepris  contre les fortifications, les tirs se taisent le 30 juin, car l’annonce du cessez-le-feu est arrivée.

Le 1er juillet, un officier prussien confirme cette heureuse nouvelle. Rarement un siège se déroula ainsi sans effusion de sang, comme à Graudenz. Le vieux général s’étant montré jaloux de la promotion de Kalckreuth au grade de Feldmarschall, le roi le convoque auprès de lui, et lui accorde, le 22 juillet 1807, cette plus haute distinction militaire.